Nouveaux Horizons

Chapitre 13

L'année avait touché à sa fin. Les élèves célébraient l'arrivée de l'été. Eugene, plus triste, avait fait remarquer qu'il ne verrait plus Albus et Scorpius.

-Comme si on n'allait pas t'inviter à la maison pendant l'été ! Avait renchéri le fils Potter

Il avait d'ailleurs reçu l'adresse de Marina, ainsi elle pourrait lui envoyer une carte de vacances de Dunkerque, là où vivaient ses grands-parents car elle était franco-britannique. Hermione, quant à elle, avait indiqué à Drago qu'il y avait une vacance ministérielle au mois d'août et qu'elle ferait en sorte qu'ils sortent quelque part tous les deux. Hélas, juillet risquait d'être un peu chargée pour elle entre rattraper ce qu'il s'était passé et parfaire la formation de représentante de Miss Watson.

Ils regrettaient de ne pas pouvoir s'embrasser pour se dire au revoir : cela vendrait la mèche de leur relation.

Leurs yeux se chargèrent de ce travail impossible.


-Père, Mère, voudriez-vous me rejoindre dans notre petite bibliothèque ?

Face à l'air de sa mère, lequel semblait dire qu'il pouvait leur parler dans le salon, Drago se sentit obligé de préciser que c'était assez important et que Scorpius y était déjà. Il les rassura en ajoutant qu'il n'y avait rien de grave, de mortel, simplement il tenait absolument à le leur dire à tous en même temps. La sorcière abandonna son crochet, son époux la lecture de son journal et ils se rendirent dans la pièce où, en effet, l'adolescent était assis, profitant d'une limonade faite maison par leur elfe de maison.

-Merci, Skully. Elle est délicieuse.

L'elfette sembla rougir.

-Le jeune maître est trop gentil avec Skully. C'est le travail de Skully et Skully doit toujours faire un bon travail, sinon elle ne serait pas une bonne elfe de maison, indigne de sa maison.

-Et c'est normal de t'en remercier, Skully.

Voyant les adultes arriver, elle demanda s'ils avaient besoin de son assistance. Constatant que la table était prête pour eux, le professeur de défense contre les Forces du Mal indiqua que non et qu'elle pouvait retourner à ses occupations.

-Que se passe-t-il de si important pour que tu nous fasses un conseil de famille ? Demanda Lucius

-Je n'irai pas par quatre chemins. Scorpius, Père, Mère… Je fréquente une femme.

Narcissa eut un sourire lumineux qui éclaira ses traits. Lucius, moins expansif, ne cacha cependant pas sa surprise. Scorpius, lui, eut une réaction plus nuancée : il y avait dans ses yeux la joie de savoir son père heureux mais aussi la douleur. Le voir avancer, c'était faire un peu plus le deuil de sa mère, cela allait faire seulement un an… et s'il savait que c'était faux, l'espace d'un instant, il eut le sentiment qu'elle ne comptait plus, qu'elle était oubliée. Son père parut s'en apercevoir car il posa sa main sur son épaule.

-J'ai aimé ta mère de tout mon cœur. Je l'aimerai toujours. Elle est irremplaçable et je refuse de l'oublier : cela serait criminel. Elle a été mon premier amour et elle m'a fait le plus beau cadeau en faisant de moi ton père.

-Elle le sait, la nouvelle dame ?

-Elle le sait. Je le lui ai dit. Elle le comprend et ne m'aurait jamais demandé d'oublier ta mère.

C'était donc une bonne personne, en déduisit la matriarche. Il était difficile de rentrer dans une relation avec des enfants, encore plus quand il y avait le fantôme de la mort au-dessus du noyau familial. Savoir que cette femme était au courant, comprenait ou à défaut essayait de comprendre, c'était un soulagement : Scorpius n'aurait pas à enterrer sa mère tout au fond de son cœur.

-La connaissons-nous ? S'enquit son époux

-Oui, vous la connaissez, vous la connaissez même bien.

Quand le nom d'Hermione Granger traversa les lèvres de leur fils, le couple eut un moment d'arrêt. Lady Malefoy réalisa que son pressentiment lors du réveillon de la Saint Sylvestre avait été le bon. Son mari, lui, tentait d'assimiler la nouvelle :

Son fils, veuf depuis presque un an, avait retrouvé l'amour…

Dans les bras d'une née-moldue…

Qu'il avait traitée de Sang de Bourbe dans leur enfance…

Et qui avait été torturée sous leur toit lors de la dernière guerre.

Par la Barbe de Merlin, la Vie avait l'air de vouloir leur faire subir toutes les ironies !

Cependant, Hermione Granger avait été bonne pour Drago comme pour Scorpius.

Pour son petit-fils, elle avait offert patience et compréhension, gentillesse et douceur.

Pour son fils, elle avait offert son âme toute entière.

-Te rend-elle heureuse?

La question surprit Drago. Elle était rare dans la bouche de son père.

-Oui, elle me rend très heureux. Nous allons doucement, nous ne voulons rien précipiter. Mais je trouvais cela important de vous le dire.

Scorpius eut l'air un peu plus rassuré et il eut la certitude que si sa mère avait été un fantôme, elle serait en train de sourire.


Hugo était aux anges : sa mère lui avait fait la surprise, avec Rose, de l'emmener manger une glace chez Madame Rosemerta! Ces moments étaient d'autant plus précieux pour lui qu'ils étaient rares. Sa mère était toujours très occupée, ce qu'il comprenait et il ne lui en voulait pas : elle essayait toujours de trouver du temps pour eux. Rose s'était d'ailleurs réconciliée avec Albus, ce qui le réjouissait : de tous ses cousins, Al était son préféré alors le savoir en froid avec son aînée!

-Les enfants, je dois être honnête avec vous : je ne suis pas seulement ici pour vous emmener manger une glace. Même si c'est évidemment l'une des priorités. Avoua Hermione

Rose semblait sur la défensive. Les relations mère-fille étaient encore tendues parfois.

-Je dois vous parler de quelque chose d'important et j'ai peur de ne pas pouvoir le faire après.

L'adolescente s'apaisa légèrement.

-Votre père est au courant, je lui en ai parlé.

Cela avait l'air plus destiné à sa soeur qu'à lui.

-Voilà. Je fréquente quelqu'un.

-Fréquenter, du genre un petit-ami? Questionna l'enfant

Hermione lui sourit.

-On ne se voit pas encore comme des petits-amis. Mais c'est l'idée, oui.

-Pourquoi pas?

-Parce qu'on ne veut pas précipiter les choses. Il faut parfois prendre son temps. Et puis, lui comme moi, on a des enfants. On veut aussi que cela se passe bien pour vous.

-Ca veut dire que vous allez vous marier?

La ministre éclata de rire.

-Non, Hugo, ça ne veut pas dire qu'on va se marier. Pour l'instant, ce qu'il faut savoir, c'est que je vois quelqu'un en amoureux. Qu'il a aussi un enfant et donc, nous voulons que vous le sachiez, comme ça, vous ne l'apprenez pas par accident. Vous, de votre côté, pour l'instant, ça ne change rien du tout à votre vie.

-On le connaît? Lança Rose

-Oui, vous le connaissez.

Quand elle leur annonça qu'il s'agissait de Drago Malefoy, le père de Scorpius, le "meilleur ami d'Albus", la jeune fille eut un mouvement de recul qui effraya un peu sa mère.

-Je...

-Rose. Quoi que tu aies sur le coeur, tu peux tout me dire et tout me demander. Je pense savoir ce qu'il y a dans ta tête. Mais je n'y suis pas. Alors, si tu le veux, parle-moi.

-C'est un ancien Mangemort.

-Oui. Il a été mangemort, entraîné dans la guerre pour protéger sa mère parce que son père était alors à Azkaban et la vie des siens était menacée par Voldemort qui doutait de leur loyauté.

-Il t'a traitée de Sang de Bourbe.

-Oui, quand nous avions douze ans. Il m'a demandé récemment pardon pour ses paroles. Il les regrette profondément.

-Et Papa est d'accord?

Hermione haussa un sourcil.

-Ton père et moi sommes divorcés, Rose. Il n'a pas à être d'accord ou non. Mais oui, il sait que je fréquente Drago. Je le lui ai dit.

-Et... Il te traite bien, le Professeur Malefoy? Il est gentil avec toi? Il ne te pique pas, il ne t'insulte pas et il n'insulte pas Papy et Mamie Granger?

Elle lui sourit.

-Il me traite très bien. Il est très gentil, il se soucie de moi, me demande souvent de vos nouvelles. Il ne me pique pas, il ne m'insulte pas, il ne dénigre pas vos grands-parents. Il a changé, Rose. Véritablement changé.

Elle lui frotta l'avant-bras.

-Je sais que c'est beaucoup. C'est aussi pour ça que lui et moi, on veut y aller doucement. Scorpius a perdu sa mère, vous, votre père et moi sommes divorcés. Tout est frais. On veut y aller doucement pour nous mais aussi pour vous. Parce que vous êtes nos enfants et nos enfants passeront toujours avant notre relation. N'est-ce pas ce que tu as fait avec Scorpius? Lui laisser une chance parce qu'il est l'ami d'Albus?

-Moi, tant qu'il est gentil avec toi, ça me va. Répliqua Hugo en prenant un morceau de son sorbet. Papa dit toujours qu'un homme qui est méchant avec sa femme, c'est pas un vrai homme. Et s'il la tape, c'est un gros naze qui mérite le baiser des Détraqueurs.

Rose avala un peu de sa bièraubeurre.

-Maman.

-Oui, ma chérie?

-Je dis pas, je trouve ça bizarre... Mais s'il a changé et que tu lui as donné une chance, je veux bien essayer aussi. Juste... j'ai juste besoin d'encaisser.

-Je le sais et je le comprends. Je sais que ce n'est pas facile. Et je suis heureuse que tu nous laisses cette chance. Je suis heureuse et fière, fière de vous deux.

La boule de glace lui parut étonnamment plus douce après tout cela.

Le bonheur, ça rendait toujours tout plus doux.

A Suivre