Bonjour à toutes !

Nous voici déjà au chapitre 6 ! Vous êtes de plus en plus nombreuses à suvire cette histoire et je vous en remercie ! Un grand merci également à toutes celles qui prennent le temps de m'écrire un commentaire pour laisser leur avis, c'est un plaisir de vous lire !

Bonne lecture de ce chapitre ! =)

RAR anonymes

Ivy : C'est qu'il a la peau dure ce Severus ! Heureusement que les lions sont têtus ;) Merci pour ton commentaire !

Guest : Ravie que cela te plaise =) Bonne lecture ;)

Sarah Maes : Contente que cela te plaise toujours, merci pour tes commentaires =)


Chap 6 : Perte d'appétit

Il n'avait pas fallu longtemps pour que la Gryffondor ne comprenne que le conflit ouvert était déclaré. Les jours suivants, les rouge et or n'avaient pas manqué faire les frais de la « partialité habituelle » de Severus, telle que l'avait qualifiée Granger. Si les diamants et les saphirs avaient cessé leur chute vertigineuse dans les sabliers du hall d'entrée du château, les rubis avaient quant à eux précipité leur descente. Mortifiés, les élèves de Lupin s'étaient laissés gagner par la résignation et le dépit, et ne cherchaient même plus à se motiver pour faire gagner des points à leur maison, tant l'écart qui les séparait des autres sabliers était grand.

Remis sur pieds, le lycanthrope avait à son tour rendu visite à Severus, n'ignorant pas ses intentions, mais le Serpentard s'était contenté de nier en bloc, arguant qu'il n'y pouvait rien si la bêtise et l'imbécilité étaient devenues les nouvelles valeurs de la maison des lions. Il n'avait, somme toute, pas grandes représailles à craindre, car aucun des deux Gryffondor n'était capable de retirer une si grande quantité de points aux élèves de Serpentard en guise de vengeance, eux dont la vertu les empêchait de s'en prendre à des innocents.

Granger avait eu beau répéter avec verve ses discours d'encouragements aux élèves de sa maison, ceux-ci s'étaient bel et bien démotivés pour la coupe des Quatre Maisons, et avaient également essuyé un revers en Quiddich, puisqu'après l'arbitrage du match Gryffondor - Poufsouffle par le directeur de Serpentard le week-end suivant, les rouge et or avaient été définitivement mis hors jeu pour la première place du tournoi. Rolanda avait eu beau tempêter et hurler son désaccord à Minerva, arguant qu'elle ne voulait pas retrouver les disputes de ses collègues sur le terrain, la directrice n'avait rien pu faire, le planning des arbitrages s'étant décidé lors de la réunion de pré-rentrée de septembre.

Sachant pertinemment que la Gryffondor ne s'intéressait guère au sport sorcier malgré l'intérêt qu'y avaient porté ses deux meilleurs amis durant leur scolarité, Severus ne s'attendait guère à une réaction de sa part. Aussi n'avait-il pu masquer tout à fait sa surprise lorsqu'elle avait débarqué dans sa salle de classe à la fin des cours, le lendemain du match, remontée comme un coucou.

Le Serpentard était assis à son bureau, entrain de corriger des copies, lorsque la porte de chêne s'était brutalement ouverte sur la jeune femme. Le regard déterminé et l'expression tranchante, elle s'était dirigée droit sur lui et n'avait, cette fois, aucun bocal de friandises dans les mains.

- Granger, quel déplaisir, avait lâché Severus, laconique, en retournant à ses copies comme si sa présence l'indifférait tout à fait.

- Vous ! L'avait-elle interpelé d'un ton tremblant de colère qui l'avait quelque peu surpris.

Il ne se rappelait pas l'avoir déjà vu si furieuse, alors même qu'ils ne s'étaient pas confrontés de la journée. D'ailleurs, c'était également la première fois qu'elle lui épargnait le « Professeur Rogue » avec lequel elle le saluait habituellement. En y réfléchissant, elle venait de quitter deux heures de cours avec les septièmes de Gryffondor, dont plusieurs élèves faisaient partie de l'équipe de Quiddich. Nul doute que ses compatriotes lui avaient touché deux mots de leur déception de la veille.

- Vous attendiez-vous peut-être à trouver quelqu'un d'autre ici ? Avait-il demandé, ironique. Vous n'êtes pas venue le bon jour, je le crains. C'est la seule soirée où je n'ai aucun élève de votre maison en retenue.

Nullement amusée par ses sarcasmes, et sans prendre la peine d'y répondre, la jeune femme avait abattu ses deux mains sur le bureau du Serpentard avec fracas, faisant trembler son encrier et rouler quelques rouleaux de parchemins posés là.

- Vous savez parfaitement pourquoi je suis ici ! Avait-elle ragé, excédée par son attitude désinvolte.

Severus n'avait pas répondu. N'avait même pas relevé la tête vers elle, d'ailleurs. Les lèvres pincées, il avait pris le temps de considérer la rature qu'elle venait de lui faire faire en tapant ainsi sur le plan de travail de son bureau, et qui ornait à présent le parchemin d'un élève de Serpentard sur lequel il planchait depuis dix minutes déjà. En d'autres circonstances, cela ne l'aurait guère dérangé de mettre zéro à l'exercice à présent illisible, mais en pleine guerre froide contre Gryffondor, cela lui semblait difficilement envisageable. Surtout si la mauvaise note était du fait, même indirect, de Granger.

Si la jeune femme avait noté son irritation palpable suite à cette brusque interruption, cela ne l'avait pas réfrénée pour autant, et lorsqu'enfin l'alchimiste avait relevé ses yeux noir d'encre sur elle, la colère qui illuminait les pupilles noisette était aussi intacte que lorsqu'elle était entrée dans la pièce.

- Si vous êtes venue plaider la cause de votre maison et vous excuser pour votre comportement déplacé, sachez que c'est inutile, avait-il répondu d'une voix dangereusement basse. Lupin est déjà venu dema…

La Gryffondor avait haussé les sourcils, interdite, avant d'éclater d'un rire cassant qui avait fait se crisper tout à fait le Serpentard. On était bien loin du son cristallin et chaleureux du rire qu'elle avait eu ce soir-là, dans les couloirs sombres près de la salle des professeurs.

- « M'excuser » ? avait-elle répété, railleuse. Parce que vous pensez vraiment que je suis venue m'excuser ?

Le regard de Severus s'était assombri davantage à ces mots chargés de mépris et de colère, et un rictus furieux avait déformé ses lèvres fines.

- C'est à cette seule condition que j'accepterais de revenir sur mon acharnement à ne rien laisser passer aux élèves de votre maison, avait-il sifflé en réponse, venimeux.

Nouvel éclat de rire sans joie. Severus avait senti son cœur se serrer sans qu'il n'en comprenne vraiment la raison.

- Et pour quoi voudriez-vous que je m'excuse, au juste ? Pour avoir osé dire ce que je pense ? Pour vous avoir contredit ? Peut-être même pour avoir tenté de me montrer plus aimable à votre égard ?

- Plus aimable ? S'était étranglé Severus, estomaqué. Et à quel moment, exactement, je vous prie ? Quand vous passez des heures à rire à mes dépends avec Lupin, peut-être ? Quand vous venez expressément me déranger à table pour me faire profiter de vos plaisanteries de mauvais goût ? A moins que cela ne soit quand vous prenez un malin plaisir à me défier en pleine réunion ou en interrompant des conversations qui ne vous concernent nullement ?

Si la Gryffondor avait d'abord froncé les sourcils aux premiers mots, interdite par la virulence de ses propos, il était clair, à la fin de ceux-ci, qu'elle ne savait plus quelle attitude adopter. La colère semblait l'avoir soudainement quittée, et le sang s'être retiré de son visage, conférant à ses joues un aspect pâle et blafard à des lieues des rougeurs qui les avaient colorées ce fameux soir où elle était venue lui souhaiter son anniversaire. La bouche ouverte dans un hoquet de stupéfaction muet, elle avait dévisagé le Serpentard de plus en plus furieux en face d'elle, subissant son emportement et sa rancœur de plein fouet, prise de cours par la véhémence de ses propos.

Peut-être aurait-elle trouvé quelque chose à répondre pour tenter de l'apaiser ou de nuancer ses reproches, si toutefois il lui en avait laissé l'occasion. Malheureusement, à présent que les vannes étaient ouvertes, Severus était tout bonnement incapable de s'arrêter, et il avait déversé le flot de ressentiment et d'agacement trop longtemps contenu, aiguillonné par ces sensations inconnues et contradictoires que la demoiselle faisait naître en lui depuis des semaines, des mois, sans qu'il ne réussisse à bien en saisir la nature.

Ou qu'il ne veuille réellement la comprendre.

Il lui semblait tellement évident qu'il la détestait. Elle, et tout ce qui allait avec

Qu'elle soit dans les petits papiers de Minerva alors qu'elle n'enseignait que depuis quelques mois à peine. Que tous ses collègues soient en admiration devant son prodige, alors que personne n'avait daigné lui faire le même accueil, vingt ans plus tôt. Qu'elle s'obstine à se montrer sociable avec lui alors qu'il savait pertinemment que tout ceci n'était que du vent, que de la poudre aux yeux pour donner le change.

Ce pouvoir qu'elle avait acquis sur lui sans qu'il ne sache comment, comme si elle maîtrisait dorénavant la fréquence de son rythme cardiaque et la chaleur de son sang. Cette sensation étonnante qui lui tordait le bas du ventre chaque fois qu'elle le narguait, et dont il n'était pas parvenu à déterminer si elle était plaisante ou désagréable. Cette façon dont elle parvenait à mettre sans dessus-dessous son esprit habituellement si cartésien et discipliné.

- Vous ne cessez de vous pavaner devant Minerva en étalant vos soit-disant idées d'enseignement révolutionnaires, qui ne sont rien d'autre qu'un laxisme couplé à une mauvaise foi évidente ! Avait-il poursuivi en se levant à son tour, de plus en plus tranchant, de plus en plus rageur. Et de vous jouer de tous pour vous faire accepter dans cette équipe, alors que tout le monde ici sait pertinemment que vous n'êtes qu'une petite arriviste qui a joué de ses relations et des sentiments de Minerva pour obtenir le poste !

Tout à son amertume et sa rancœur, il n'avait pas prêté attention à la lueur blessée qui avait soudain terni l'éclat noisette de ses yeux, ni au tremblement de sa bouche qu'elle avait pincée avec force pour le réprimer, fébrile. Tandis qu'elle encaissait sans broncher toute la hargne qu'il déversait sur elle, masquant sa douleur d'entendre ces mots si durs derrière le courage qui lui avait permis de rejoindre Gryffondor presque quinze ans plus tôt, les défenses de la jeune femme avaient lentement cédé du terrain.

- Mais qu'est-ce que je vous ai fait, par Merlin ? Avait-elle doucement demandé de nouveau, effarée de son hostilité à son égard.

Un nouvel éclat de colère avait traversé les pupilles d'obsidienne tandis que l'agacement du Serpentard montait à son paroxysme. N'avait-elle rien écouté de ce qu'il venait de dire ?

- Vous m'insupportez, Granger ! avait-il durement assené, à bout de nerf et de patience. Et si vous n'avez pas compris cela, c'est que vous n'avez pas le dixième de l'intelligence que l'on vous prête !

La Gryffondor avait tiqué, cette fois, et alors que le Serpentard se taisait enfin, essoufflé de sa longue tirade enflammée, il avait seulement alors réalisé dans quel état se trouvait la jeune femme face à lui. Le visage blême, le corps tremblant, le mouvement de recul qu'elle n'avait su réprimer aux derniers mots. Ses lèvres habituellement si rouges et si pleines, qui n'étaient plus qu'une fine ligne blanche, tant elle les serrait pour masquer ces émotions qu'elle était néanmoins entrain d'échouer à contenir. Le regard douloureux qui avait croisé le sien, si différent de celui malicieux et espiègle qu'il avait si souvent admiré, et dont il avait aussi fait les frais, au cours des derniers mois.

- J'ignorais que ma présence était un tel fardeau pour vous, avait-elle articulé d'une voix cassée et tremblante, révélatrice des sanglots qui obstruaient sa gorge.

Désemparé par cette vulnérabilité soudaine qui avait été la sienne, et par la vue de toutes ses défenses qui s'étaient morcelées les unes après les autres avant qu'elle n'ait totalement tourné les talons en vue de sa sortie à venir, Severus avait ouvert la bouche pour répondre, pour tenter de rattraper ses mots, de réparer les paroles. Trop tard, cependant.

- Bonne soirée, Professeur R…, avait-elle balbutié avant de s'enfuir en direction opposée.

Le reste de son nom de famille était resté coincé dans sa gorge, et elle avait disparu dans la lumière déclinante du couloir sans réussir à le prononcer jusqu'au bout.


Voici pour aujourd'hui !

Autant j'adore écrire les moments piquants entre ces deux là, mais j'aime tout autant leurs disputes, et faire sortir Severus de ses gonds ! En général il m'échappe un peu dans ces moments là et je suis obligée de prendre plus de temps que prévu pour que la scène me convienne, il a tendance à s'enflammer un peu trop sinon !

N'hésitez pas à me faire part de vos retours en commentaire ;)

A bientôt pour la suite =)