Disclaimer : L'univers de Diablo appartient à Blizzard
Le titre est un fameux adage et aussi une petite référence à mon perso préféré du Seigneur des Anneaux (livres évidemment) ;-P.
Acte 2 - Troisième partie : Luth Golheim
Chapitre 3 : Tout ce qui brille n'est pas d'or
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Le reste de la traversée se fait dans une ambiance tendue. Nous sommes tous sur le qui vive. Nous subissons deux nouvelles attaques de serpents aux abords des oasis, mais nous les repoussons aisément grâce à la magie de glace des sorcières. Et d'autres créatures dangereuses nous attaquent en chemin.
Comme l'avait suggéré Rolf, d'autres bêtes ont subi des métamorphoses anormales. En effet, nous tombons sur une espèce de scarabées géants résistant à la magie et des fourmillions surdimensionnés. Astrid nous aidera grandement à repousser les premiers. Pour les seconds, les sorcières s'en sortiront à coups de jets de flammes puissants. Si dans les combats, mes flèches ne servent à rien, j'aide le groupe grâce à ma vision en repérant les ennemis de loin. Et l'air de rien, garder sa concentration aussi longtemps est épuisant.
Pendant tout ce temps, Rofl poursuit son enquête sur ces créatures du désert et nous informe que les insectes ont, selon lui, muté sous une influence démoniaque pas humaine.
- "Quelle différence, cela fait?" S'énerve Warriv après une attaque qui a mis les nerfs de tout le monde à vif. "Tuez-les, c'est tout…"
- "Cela fait toute la différence." Répond le druide calmement. "Nous sommes en présence de deux factions malfaisantes. D'un côté un démon, de l'autre un humain. Leurs objectifs ne sont peut-être pas les mêmes."
- "Je ne vois qu'une menace. Celle qui pèse sur ma caravane et mes investissements."
- "Et si quelqu'un avait engagé un mage pour lutter contre les créatures qui menacent la cité et qu'il était arrivé à cette solution de lever une armée de serpents en pensant pouvoir la contrôler et qu'en se faisant il ait rajouté un danger supplémentaire dans le désert. N'est-ce pas vous qui disiez que des choses étranges se passaient au palais?" Demande Rolf sur un ton légèrement condescendant. Warriv grimace. Il semble soudainement très mal à l'aise.
- "Il nous reste quelques jours avant d'arriver à Luth Golheim. Je vous laisse à vos théories. Protégez la caravane, c'est tout ce que je vous demande." Il nous lance un regard circulaire, avant de s'éloigner.
- "Laissez tomber. Il est borné." Dit Aziza en s'approchant de nous. "Mais ce que vous dites m'intéresse, druide. L'histoire des mages du Khéjistan est riche en récits qui ressemblent à ce que vous avez déduit. De nombreux mages se sont adonnés à des expériences sur les animaux pour les transformer en armée, en copiant ce que les démons peuvent faire sur nous. Khasdras, succubes et bien d'autres mélangent des caractéristiques animales au corps humain." Elle marque une courte pause. "L'un d'entre eux, un Vizjerei très puissant, a même tenté de convertir des armées démoniaques déjà formées pour les soumettre à sa volonté. Mais toutes ces expériences se sont soldées par des échecs cuisants qui ont provoqué d'énormes pertes."
- "Ce mage, qui est-il ?" Je demande intriguée.
- "Il s'appelait Horazon. C'était un fou si vous voulez mon avis. Mais nous vous inquiétez pas de lui. Il est mort, il y a plusieurs siècles. C'était pendant la première invasion démoniaque. Il a été dévoré par sa propre armée à ce qu'on dit."
- "Merci pour vos lumières. Warriv semble peu enclin à parler de ces sujets." Déclare Rolf en jetant un regard dans la direction que le caravanier a prise.
- "Je pense qu'il est mal à l'aise avec l'idée que ce qui arrive soit en partie la faute d'un homme." Soupire la sorcière.
- "Je vous trouve bien indulgente." Dis-je. Aziza hausse les épaules.
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Alors que nous approchons de notre destination, la théorie comme quoi deux maux différents sévissent semble se confirmer. Nous ne subissons plus aucune attaque d'insectes géants, cependant les serpents sont plus nombreux et plus féroces. D'aucun dirait qu'ils semblent vouloir nous empêcher de passer. Ceux-là ont un comportement moins prévisible et attaquent jusqu'au dernier plutôt que de fuir devant la menace. Cette fois-ci encore, je remarque à plusieurs reprises des ombres glisser hors des cadavres. Je ne sens aucune présence démoniaque cependant. J'en parle à Rolf et Astrid mais ces derniers n'ont rien noté de particulier. Je commence à me demander si j'hallucine où si vraiment ma vision est différente des autres.
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Le trajet m'épuise, autant physiquement que nerveusement. Proche de notre destination, je me sens observée. Aussi bien dans la tente qu'à l'extérieur. Je devine aisément que Warriv profite de nous, mais il n'y a pas que cela. J'en parle à Astrid. Elle a l'air sincèrement désolée mais elle me demande de prendre mon mal en patience encore quelques jours. Tant que la cité n'est pas en vue, nous ne pouvons nous passer de l'expertise du caravanier. La tension est palpable chez tout le monde. Je surprends même Rolf et Astrid avoir une discussion mouvementée un soir, sans pour autant en entendre le contenu. Les jours qui ont suivi, le druide s'est éloigné de la caravane. C'était à peine si on le voyait marcher au loin, derrière nous. Cette quasi absence me pèse sur le moral. Heureusement, l'arrivée à Luth Golheim efface une bonne partie de la tension que j'éprouvais jusque-là.
Nous arrivons de nuit sur un large plateau qui délimite la fin des terres sauvages. En contrebas, après une immense étendue de sable, se trouve la cité. Je suis bouche bée devant ce spectacle incroyable. Luth Golheim s'étale à perte de vue sur la côte tel un ruban scintillant se reflétant sur la mer. Les lumières de la ville font presque ombrage aux étoiles qui constellent l'obscurité. J'en ai les larmes aux yeux. Cain me sourit lorsqu'il voit mon expression. Il avait raison, cette cité est un joyau.
Warriv nous laisse apprécier le spectacle quelques instants avant de conduire notre caravane le long de l'escarpement. Nous contournons lentement le plateau et descendons dans la zone intermédiaire par un petit chemin rocailleux très raide. Si la descente est rapide, rejoindre la ville est plus long que je l'imaginais. Les distances sont trompeuses dans le désert.
Il nous faut plusieurs heures pour atteindre les portes de la cité. Le matin se lève sur les hauts remparts couleurs sable lorsque nous y arrivons enfin.
La porte principale est gardée par de nombreux piquiers en tuniques rouges. Warriv se présente à eux. Les gardes viennent vérifier le chargement et nous autorisent à entrer. Nous pénétrons dans l'enceinte de la ville. J'ai soudainement une impression bizarre. Pas aussi maléfique qu'à Tristram, mais il y a quelque chose de pesant dans l'air.
Toutefois, cette sensation dérangeante est masquée par l'émerveillement de la découverte. Je n'ai toujours connu que l'architecture Khandurane classique. Le dépaysement est total. Ici pas de gris terne. Pas de pierres épaisses et de formes lourdes. A la vérité, c'est par comparaison que je trouve l'architecture de ma région ainsi. Ici, même les maisons les plus modestes du quartier par lequel nous entrons semblent avoir bénéficié d'un savoir faire plus grand pendant leur construction.
A part, l'avenue que l'on emprunte, les rues sont étroites et ombragées, pourtant les façades recouvertes à la chaux donnent au lieu une luminosité incroyable. Mon regard se perd dans ces petites maisons blanches qui s'élèvent en étages de chaque côté.
Warriv nous emmène progressivement jusqu'au cœur de ville. A mesure que nous avançons, les bâtiments deviennent plus grands et plus ornementés. La chaux fait place aux briques colorées, lorsque ce n'est pas des carreaux de céramique peinte. La population se fait plus dense aussi. Je n'ai jamais vu autant de monde à la fois. J'en viens à me demander pourquoi la bourgade sinistre de Tristram était la capitale et non pas cet endroit plein de vie.
Nous passons à proximité d'une grande place très animée. Je me tords presque le cou pour voir ce qui s'y passe. De nombreux marchés sont en train de se monter. Des étales de fruits, de légumes et d'épices éveillent les sens. Je respire à plein poumons toutes ses senteurs qui se mélangent. A notre passage, le caravanier salue les marchands. Aux sourires qui se peignent sur les visages, je devine qu'il est assez connu et apprécié ici. Nous nous arrêtons aux abords du palais du vizir dans un établissement où nous déchargeons les paquets que nous transportons. J'ai à peine le temps d'apercevoir la haute bâtisse surmonté d'un toit arrondi magnifique. Ma frustration est grande mais je me contente de suivre le mouvement et d'aider au déchargement.
- "Si ça ne vous dérange pas. Je pense que nous devrions parler à Warriv." Nous dit Rolf qui nous rejoint alors que nous apprêtons à quitter lieux, après que le personnel de l'entrepôt a pris le relai. "J'ai quelques petites choses que je souhaite tirer au clair."
Le druide a l'air très sérieux, je dirai même plus concerné. Nous restons donc un peu à l'écart, avec les sacs qui contiennent nos affaires, en attendant que le caravanier se libère. J'observe Rolf, pendant que Warriv s'occupe de la paperasse et des transactions. Il le fusille du regard. Je ne me doutais pas que son ressentiment était si grand. Je reporte mon attention sur le marchand. Ça ne devrait plus tarder maintenant. Il est en train de payer ses mercenaires.
Aziza nous rejoint d'ailleurs peu après avoir reçu son salaire.
- "Nous allons avertir les membres du clan Esu comme nous l'avions promis. De nombreux clans de mages sont présents de manière permanente en ville." Nous informe-t-elle. "Peut-être devriez-vous essayer de les contacter."
- "Merci pour votre aide." Dis-je simplement. Elle me sourit avant de partir.
Elle quitte l'entrepôt de stockage suivie des autres sorcières. Ne reste plus que le caravanier, avec ses bêtes un peu plus loin. Le reste du personnel est affairé avec les marchandises derrière les grandes portes de l'entrepôt. Nous nous approchons.
- "Qu'allez-vous faire maintenant?" Demande Astrid pour engager la conversation. Warriv se tourne vers nous, il n'a pas l'air enchanté de nous voir.
- "Du commerce. J'ai toutes ces marchandises à vendre et d'autres à acheter et livrer." Répond-il tout de même.
- "Vous allez engager d'autres sorcières?" Je le regarde en biais. Il fait de même. Je crois que je viens de le contrarier.
- "Écoutez jeune fille. Ce que je fais de mon argent ne regarde que moi. J'ai respecté ma parole, en vous conduisant à Luth Golheim. Vous avez fait votre part du travail. Nous sommes quittes. Je ne veux plus vous voir."
- "Je ne crois pas, monsieur." Dit Rolf, toujours de sa voix calme, mais tout dans son langage corporel est menace. "Vous savez des choses qui nous seraient très utiles."
- "Si c'est de l'intimidation, ça ne marche pas." S'emporte le marchand.
- "Pendant le voyage, je suis resté calme et poli, bien que vous m'écœuriez au plus haut point, monsieur." Je comprends au ton de sa voix qu'il a vu les travers du caravanier. La suite ne fait que le confirmer. "J'ai supporté votre puanteur d'âme tout ce temps, bien que l'envie de vous crever les yeux m'ait traversé l'esprit plusieurs fois." Je vois le visage de Rolf se déformer légèrement. Le loup en lui ressort alors qu'il perd son calme légendaire. Warriv déglutit. "J'ai exposé mes théories sur les monstres du désert et vous n'avez pas voulu répondre. Je sais que vous avez des informations. Je peux sentir quand quelqu'un me ment." Il se met à humer l'air. "Et quelque chose me dit que vous avez plus peur de ce savoir que vous détenez que de la possibilité que je vous tue."
Warriv se met à regarder de tous les côtés. Rolf a raison. L'homme a l'air de paniquer, mais malgré sa présence menaçante et ses traits lupins qui s'affirment, ce n'est de pas lui que le marchand a le plus peur. Il parle moins fort, comme s'il craignait que quelqu'un l'entende.
- "Écoutez… Luth Golheim est peut-être une fleur délicate et splendide dans le désert mais elle a des épines et est vénéneuse. Je me moque de savoir ce que vous avez à faire ici, mais mon conseil est que vous laissiez ce qui dort dans l'ombre tranquille."
- "Je crois que je n'ai pas été assez clair." Dit Rolf en s'avançant. Le marchand recule. Il touche presque le mur derrière lui. "Peut-être que ce qui est arrivé au monastère des sœurs ne vous a pas ouvert les yeux sur le danger qui menace notre monde."
- "Écoutez, pour nous les sœurs ne sont qu'un revenu parmi d'autres. On sait que vous êtes riche. C'est la seule raison qui nous pousse à faire halte chez vous. Vous avez toujours été de bonnes clientes dans l'absolu. Mais votre univers est bien différent de ce qui existe partout ailleurs dans le monde. Je suis certain que même Tristram était sujette à plus d'intrigues politiques que votre sororité lisse et bien disciplinée." Je le fusille du regard, mais je ne peux nier qu'il a raison dans le fond.
- "Les intrigues politiques de Tristram étaient liées à l'agissement d'un puissant démon." Je sens le sceau s'agiter en moi alors que je prononce ces paroles. "Il menace aussi votre belle cité. Nous sommes là pour empêcher qu'il arrive la même chose qu'à Tristram."
- "C'est bien jeune fille." Je n'aime pas son ton condescendant. Il transpire toujours la peur cependant. "Mais vos règles ne s'appliquent pas… ou plus, je devrais dire." Rolf se fait un peu plus menaçant afin d'inviter le marchand à parler. "De ce côté des montagnes, Luth Golheim est la cité la plus puissante du Khanduras. Le vizir fait sa loi. Et depuis que le roi Léoric est mort, disons que les choses ont bien changé. Je…" Il se tord les mains nerveusement. "J'ai des contacts en ville. Des gens haut placés, avec qui je partage… disons… des loisirs communs." Je frissonne de dégoût. Je vois le corps de Rolf devenir plus animal. Il retrousse les lèvres comme un loup retrousse ses babines. Ses canines sont anormalement développées. "Ils… ils… racontent des choses parfois…" Continue Warriv en se collant contre le mur, maintenant effrayé par l'aspect du druide. "Le vizir a des envies de grandeur. Les terres vertes de l'Ouest lui font envie. Luth Golheim est stratégique sur le plan commercial et son armée est puissante, mais géographiquement la cité est acculée au flanc de la mer et surplombée par la muraille de roche par laquelle nous sommes passés. Le désert nous a toujours protégé des invasions venant de la terre mais, comme notre histoire le prouve, nous avons essuyé de nombreuses tentatives de prises venant de la mer. Nous avons toujours résisté, mais les dommages sont souvent très longs à réparer. Ce désert, qui nous protège, nous étouffe aussi. Il faut un temps considérable pour que les matières premières nous parviennent. Nous ne pourrons monter en puissance qu'avec un accès rapide à ce qui nous fait défaut aujourd'hui et que nous compensons par le commerce."
- "Le vizir souhaite créer une voie dans le désert?" Demande Astrid. Warriv acquiesce. Je ne dis rien, même si j'entrevois les enjeux, je ne vois pas pourquoi le marchand a peur pour sa vie d'avoir connaissance d'un tel projet.
- "Sans le roi Léoric, les terres riches de l'Ouest sont accessibles et les avant-postes sont en train de progressivement tomber sous le contrôle du vizir. L'argent et la promesse d'un accès aux richesses de l'orient ont fait chavirer les cœurs bien vite…"
- "Mais le désert reste le désert." Je rétorque. "Les caravanes n'iront pas plus vite." Warriv grimace.
- "Oh je vois…" dit soudainement Astrid. "Il a entrepris de changer magiquement le désert." Warriv acquiesce.
- "Entrepris, mais cela ne s'est jamais concrétisé. Il a engagé une armée de Vizjereis pour créer une coulée verte dans le désert. Notre voie rapide, si vous voulez. Mais ses plans ont été contrecarrés lorsque les monstres sont apparus. Pas les serpents. Je parle des insectes. Il y a plusieurs mois déjà les scarabées de foudre et les fourmillions géants ont commencé à pulluler. Habituellement, les insectes qui sont les plus sensibles à la magie ne grandissent pas aussi vite. Il faut que la source soit très puissante pour les faire muter ainsi." Je repense un instant aux araignées dans la cathédrale de Tristram. "Le tracé de la coulée verte était censé justement contourner les régions riches en insectes pour éviter cet effet de bord et que les monstres créés restent contrôlables. Mais visiblement quelque chose nous a devancé…"
- "La magie qui a transformé vos insectes est démoniaque. Les Vizjereis n'ont rien à voir là dedans." Précise Rolf. Warriv hoche la tête. Il parle plus bas encore.
- "Le désert d'Aranoch est le tombeau de très nombreux secrets anciens. Sa dangerosité en fait l'endroit idéal pour laisser pourrir ce qu'on ne veut pas qui se sache. Vous pourriez passer le reste de vos jours à chercher à découvrir ses secrets sans jamais les trouver. Mais si quelqu'un ou… quelque chose venait à les réveiller, rien ne pourrait arrêter les monstres qu'il renferme. On dit même qu'un démon a été enfermé dans un tombeau… il y a très longtemps." Je coule un regard vers Cain. Le vieil Horadrim semble soucieux.
- "Et les autres monstres?" Demande Rolf. "Ceux créés de la main de l'homme."
- "Je ne sais pas, je le jure. Ils sont apparus plus récemment. J'en ai croisé quelques fois sur des traversées au Sud cet automne, et aucun lorsque je suis allé jusqu'à votre campement." Il me regarde. "Notre traversée à l'aller fut bien plus tranquille qu'à notre retour. J'imagine que les choses ont dégénéré."
- "Vous disiez que palais du vizir avait fermé les portes même avant votre départ." Fait remarquer Astrid. Warriv pince les lèvres. Je vois la sueur sur son front.
- "Je ne peux rien dire." Dit-il nerveusement. Rolf referme une main griffue sur son épaule.
- "Pourquoi?"
- "Ils sauront que c'est moi qui ai parlé si je vous dis ce que je sais."
- "Vos amis… aux plaisirs partagés?" Je demande avec dégoût. Warriv me fusille du regard.
- "Pensez ce que vous voulez de moi, petite sainte ni touche. Vous ne connaissez rien à la vie ici. Votre sororité bien disciplinée me fait bien rire." J'ai envie de le frapper. Je sers les poings. "Ici même les ombres ont une ombre. Cette ville va vous manger tout cru." Dit-il d'un air mauvais, avant de se dégager brusquement du druide. "Allez-y tuez moi. Mais si vous le faites, vous ne saurez jamais ce qui aura eu votre peau en retour."
Sur ces paroles, il rejoint l'entrepôt où continuent d'être traitées ses marchandises.
- "Partons d'ici." Dit Cain nerveusement. "Trouvons un endroit tranquille où nous poser."
Alors que le vieil homme prend la direction du centre ville, suivi par Asrrid, je m'approche de Rolf et lui demande à voix basse.
- "Qu'est-ce qui vous a retenu de punir Warriv pendant la traversée?" Il lève les yeux vers l'amazone.
- "La nécessité…" Il soupire. "Cet homme abuse de sa position de force en milieu hostile. Sans lui, nous ne serions jamais arrivés jusqu'ici." Je pince les lèvres. "Je sais ce que vous pensez et je suis de votre avis vraiment. Hélas la chasse est plus importante que nos vies. J'ai préféré ne rien voir pour ne pas l'égorger, si je l'avais pris une seule fois de plus sur le fait... Croyez bien que j'ai honte de moi et que quoiqu'en dise la "nécessité"..." Il accroche mon regard. "... je ne referai pas ce choix. Je trouverai un autre moyen…"
Je lui souris. Au fond de moi, je sais qu'il tiendra parole. Et savoir qu'il ne se détournera plus et restera à mes côtés me rassure au plus au point.
Note sur Warriv:
Il s'est montré très discret pendant qu'il était au campement puis au monastère, de peur que les sœurs le punissent. La vision intérieure qui leur offre une perception augmentée est connue des gens comme lui, car avant les événements, les sœurs étaient souvent payées par les caravaniers pour la protection des convois. Mais j'ai fait de Warriv un opportun. Une fois en position de force dans le désert, il s'est adonné à ses plaisirs de pervers voyeurs autant qu'il l'a pu.
Vous comprendrez aussi le point de vue de "la nécessité" un peu plus tard et je ferai sans doute un petit commentaire le moment venu, car ce thème est complexe en vérité.
Bref... Je me sers aussi de Warriv pour amorcer le mystère que j'ai brodé sur l'histoire d'origine. J'espère que cette intrigue vous plait.
En tout cas, bienvenue à Luth Golheim :-)
