Disclaimer : L'univers de Diablo appartient à Blizzard
Chapitre plus complexe qui n'y parait. J'y mets le petit disclaimer qui va bien car il y a un peu de gore mais surtout parce qu'il s'agit d'une allégorie d'un sujet assez costaud... Quand vous l'aurez compris, vous comprendrez la violence de ce que je raconte vraiment...
Bonne lecture.
Acte 2 - Quatrième partie : Les terres corrompues
Chapitre 9 : Bon sang ne saurait mentir
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Alors que nous avançons vers le temple, les braseros qui bordent la route s'embrasent tout seul. Il n'y a rien de naturel dans ce phénomène. Méphisto joue avec les arcanes qui flottent dans l'air pour générer les flammes. C'est un jeu de faux semblant.
C'est un paradoxe, car je ressens clairement sa peur, mais il continue de vouloir paraître maître de la situation. Il sait que je… enfin nous… venons pour le détruire. Je pense qu'il essaie de gagner du temps. Mais pourquoi fait-il cela? Et où sont ses frères? Ont-ils disparu dans un espace alternatif comme celui où se cachait Andariel? Est-ce comme cela qu'ils cachent leurs armées?
Nous passons le portique du temple en silence. Aussitôt la pénombre apportée par le bâtiment brise la vague de chaleur insupportable causée par le soleil brûlant. Cette fraîcheur soudaine me fait du bien. Cependant, je ne peux m'empêcher de me retourner une dernière fois pour voir la lumière naturelle. Pourquoi ai-je la désagréable sensation que je ne reverrai plus jamais la lumière ?
L'entrée couverte donne sur une sorte d'autel à la base duquel un escalier qui s'enfonce vers l'intérieur du temple. La structure est étrange et inattendue et renforce ma sensation de malaise.
Nous descendons les marches. A l'intérieur il fait froid et humide. Une multitude de braseros illuminent l'endroit, projetant sur les murs et piliers une lumière ocre étrangement chaleureuse mais étirant les ombres de manière inquiétante. Les surfaces sont bien plus riches qu'à l'extérieur. La base et le haut des piliers sont recouverts de dorures. Encore une fois, de nombreuses gravures agrémentent les pierres mais ici les symboles du Zhakarum se mêlent à l'histoire plus antique des Khéjistanis. Le côté très figuratif des fresques rend la compréhension assez aisée. Avancer dans ce temple, c'est comme revivre la genèse du culte.
- "Ne trouves-tu pas amusant que le berceau du culte de la Lumière soit aujourd'hui l'endroit le plus corrompu de Sanctuaire?" Me susurre Méphisto pendant que j'observe un bas relief représentant des hommes se prosternant devant un ange. "Le cœur des hommes est si friable. Toujours leur yeux se tournent vers la lumière mais ils succombent si facilement aux ténèbres."
Cette phrase me rappelle le journal de Lazare. Je préfère ignorer cette voix doucereuse et poursuivre ma progression. Les sorcières forment un arc de cercle devant moi. Astrid ferme la marche. Elle semble, elle aussi, fascinée par les fresques qui décorent le lieu.
Je remarque sur certains murs, que de longues et épaisses racines ont défoncées les pierres. Par endroit, elles sortent du plafond et s'enfoncent plus loin dans le sol après avoir zigzagué sur les parois. J'imagine que c'est à partir de là que Méphisto diffuse sa corruption à la nature alentour. L'image d'une nappe phréatique souillée me traverse l'esprit.
Mis à part la première salle et les quelques couloirs que nous empruntons ensuite, à mesure que nous progressons, l'architecture se fait étrangement plus labyrinthique. Je me rapproche d'Aziza.
- "Est-ce que les Horadrims ont participé à l'élaboration du lieu?" Je lui demande discrètement. Ma voix sonne creux. Comme si le son partait dans le lointain. Étrange pour un temple.
- "C'est probable." Me répond-elle. "Après tout, ils n'étaient qu'une élite sélectionnée par Tyraël. Ils restent des serviteurs de la Lumière. Pourquoi me demandez-vous cela?"
- "Je retrouve la même structure que dans la cathédrale de Tristram et le tombeau de Tal Rasha. J'ai l'impression que le temple de Travincal a été pensé comme une prison Horadrique."
- "C'est une théorie intéressante, mais je ne pense pas que c'était le cas, cependant." Ajoute la sorcière. "Ce lieu était visité comme un lieu de culte et il était le siège de formation des paladins. En tant que sorcière du clan Esu, je connais mal les rites de la Lumière mais je doute que l'on formait les futurs adeptes Zakharumites dans un lieu piégé."
Je hoche la tête. Je suis de son avis. Pourtant, la sensation persiste.
Je reconnais quelques salles que j'avais vues dans la vision d'Akara. Elles sont vides et silencieuses aujourd'hui, mais c'est là que j'y avais vu et entendu des prêtres prier. Nous trouvons bientôt un escalier étroit qui descend plus profondément dans les entrailles du temple. Je me souviens de ce chemin aussi. J'avais vu Lazare l'emprunter pour rejoindre la pierre d'âme de Méphisto. Je sais que nous sommes sur le bon chemin. De plus, une forte concentration arcanique émane du lieu.
- "Nous devrions faire plus attention." Je déclare à voix basse, en serrant mon arc plus fort qu'avant.
Astrid s'arme de sa lance à nouveau et se tient prête à combattre. Aziza ouvre la marche et nous empruntons l'escalier à la queue leuleue. Plus nous descendons, plus une odeur désagréable vient me taquiner les narines. Il y a quelque chose qui pourrit là-dessous.
Nous débouchons dans un nouveau dédale qui ressemble au précédent, à la différence que les racines courent maintenant sur presque toutes les surfaces. Les grosses racines que je voyais à l'étage se subdivisent à l'infini. Ici elles ont littéralement infesté le lieu. Certains murs sont tellement déformés par la pression que les racines exercent sur eux qu'ils semblent menacer de s'effondrer à tout moment. C'est un miracle que l'édifice soit encore debout. J'imagine que les immenses piliers qui soutiennent le tout y sont pour beaucoup.
Cependant, je remarque une nouvelle horreur alors que j'observe les larges soutiens de pierres. Au milieu des racines qui s'entremêlent, il y a souvent des excroissances qui déforment la base. Je m'approche de l'un deux pour mieux voir. Je retiens un cri d'horreur lorsque je vois qu'il s'agit d'hommes et de femmes. Je devine ça et là des habits de prêtre. Ainsi, ils n'ont pas simplement quittés les lieux. Ils ont été piégés ici par le démon. Je grimace. Ils sont morts depuis quelques temps déjà, au vue de l'état de putréfaction des corps, mais c'est également plus récent que je l'imaginais. Quelques semaines, tout au plus.
- "Difficile de déterminer ce qui les a tués." Déclare froidement Astrid en se penchant sur l'un des corps. "Ils montrent d'énormes déformations." Ajoute-t-elle en désignant la poitrine et l'épaule de la victime qui lui fait face.
- "Cela ressemble à une mutation inachevée." Explique Aziza. "On dirait qu'ils ont été pris dans les racines avant d'avoir pu muter ou que les racines ont provoqué une partie de la mutation lorsqu'elles ont traversé les corps."
Elle a raison. Les racines semblent avoir littéralement poussé au travers des malheureux. Je m'éloigne et regarde vers le fond de la pièce. Les braseros sont plus espacés et les ombres plus denses. Je ressens toujours de la peur chez Méphisto. Il redoute la confrontation à venir. Mais il y a quelque chose d'autre dans ses pensées. Quelque chose de plus sournois. De plus vile. Il fait trop sombre ici pour que je détermine avec précision les mouvements dans la corruption et utiliser ma vision intérieure ici serait de la folie, mais je suis presque certaine.
- "Je crois que c'est un piège." Je murmure aux autres.
- "Que voulez-vous dire ?" Demande Aziza.
- "Dès lors que nous aurons suffisamment avancé. Il attaquera mais pas de front. Est-il possible que ces malheureux piégés dans les racines se relèvent ?"
- "Nous pourrions préventivement détruire les corps." Répond la sorcière. Je hoche la tête.
Sans un mot ses sœurs se déploient et forment un cercle presque parfait autour de nous. A l'unisson, elle lance un sort d'orbe gelé tourbillonnant qui balaie une large portion de la salle. Comme je l'avais redouté, les corps accrochés aux piliers s'agitent. Ni morts ni vivants, ils tentent de nous atteindre. Certains succombent immédiatement sous les pieux gelés qui se plantent en eux, d'autres moins touchés s'arrachent littéralement de leur piliers pour nous attaquer. Ils sont étrangement vifs et ceux qui réchappent de la première attaque des sorcières se dispersent dans la pièce. Ce que je n'avais pas anticipé toutefois c'est que ces monstres soient capables de magie. Pourtant, j'aurai dû le deviner. En y repensant, il s'agissait de prêtres.
Les sorts pleuvent sur nous en retour de nos actions et nous n'avons la vie sauve que par le réflexe miraculeux des sorcières qui dressent un bouclier magique autour de notre groupe. L'une d'entre elle parle précipitamment dans leur langue secrète, ce qu'Aziza nous traduit par :
- "Courrez! Il faut tuer Méphisto. Il manipule les morts. Mes sœurs les retiendront."
Sans attendre d'autres instructions, Astrid et moi prenons la suite d'Aziza et courons à travers la salle pour rejoindre l'autre côté. La sorcière repousse toutes les magies qui viennent des morts qui essaient de nous barrer la route et nous traversons en bloc ce qui ressemble à un immense portique intérieur. Une barrière magique se dresse alors dans notre dos, bloquant toute retraite ou une intervention des autres sorcières restées en arrière. J'ai peur pour elles. J'ignore combien de temps elles pourront tenir contre ces prêtres dégénérés. Je croise le regard d'Aziza et j'y devine le même sentiment. Seule Astrid semble toujours sereine. Comme j'aimerai me maîtriser comme elle le fait.
Une odeur âcre et métallique flotte dans l'air et m'agresse les narines. Devant nous, je devine dans l'obscurité de grands bassins entourés de colonnades qui soutiennent un plafond qui m'est impossible de voir. Il n'y a que peu de sources de lumières ici. Quelques braseros flambent sur les côtés et ce qui ressemble à un portail flotte dans les airs au loin mais nous ne pouvons pas l'atteindre car il se trouve de l'autre côté des bassins dont nous ignorons la profondeur ou le contenu. L'eau est très sombre. Il nous faut faire le tour.
Nous choisissons de contourner les obstacles par la droite. C'est lorsque nous nous approchons des bassins que je comprends ce qu'est l'odeur désagréable qui me gêne. L'eau s'il en reste encore est saturée de sang. Je suis prise d'un haut le cœur violent. Plus loin, je devine même flotter à la surface de nombreux corps nus.
- "Un sacrifice nécessaire." S'exclame Méphisto à voix haute, en sentant probablement mon écœurement.
C'est la première fois que j'entends sa voix réellement et l'effet est le même sinon pire que ce que je ressentais auparavant. J'éprouve une profonde répulsion pour cet être. J'essaie toutefois de me concentrer sur sa localisation. Bien que puissante, sa voix est lointaine et il joue délibérément avec les ombres. Il se cache de nous. Je distingue finalement un mouvement, à proximité du portail.
- "Vous êtes malignes." Continue-t-il avant de glisser encore un peu plus loin. "Je me suis laissé berner par votre illusion. Il n'y a rien de Néphalem en vous, pitoyables créatures." Je pense que c'est la première fois qu'il prend conscience de notre nombre réel.
- "Pourtant nous avons mis en échec votre armée." Rétorque Aziza piquée au vif et certainement encore exaltée par notre victoire impressionnante.
Astrid lui fait signe de se taire. Elle ne fait que jouer le jeu du démon en s'emportant de la sorte. Nous continuons de nous approcher, avec un mélange d'empressement dû à l'inquiétude que nous éprouvons pour les sorcières restées en arrière et de prudence induite par la menace démoniaque qui se tapit dans l'ombre. Nous essayons comme lui de rester loin de ce que l'on considère être son champ de vision.
Après quelques contournements de piliers, nous arrivons de l'autre côté du bassin. Un mur protège notre avancée. Je jette un rapide coup d'œil de l'autre côté. Je ne vois plus le démon, cependant le portail m'apparaît maintenant clairement. Je remarque alors qu'il ne ressemble à aucun autre portail que j'avais pu emprunter jusque là. Il est d'un blanc laiteux bouillonnant et j'ignore s'il s'agit d'un effet d'optique mais, il me semble parfois distinguer des visages hurlants se dessiner dans les méandres arcaniques qu'il génère. Mon regard glisse à nouveau vers le bassin au-dessus duquel il flotte. Une digue de corps enchevêtrés sert de passerelle jusqu'à la terre ferme. Un frisson d'horreur me parcourt l'échine.
- "C'est exactement ce que vous pensez que c'est." Susurre Méphisto avant de glisser à nouveau dans la pénombre. Je vois maintenant par intermittence la lueur verte de sa pierre d'âme. "J'ai arraché le corps éthéré de ces prêtres idiots pour canaliser le chaos à ma place et ouvrir la porte vers Pandemonium."
Je ne supporte plus cette voix suintante de machiavélisme. Elle me glace le sang. Sentant probablement l'effet qu'il a sur moi, Méphisto décide enfin de sortir de sa cachette, sans pour autant venir dans notre direction. Il se place dans la lumière émise par le portail. L'effroi que j'éprouve face à lui est indescriptible. Je perds tous mes moyens. Je suis incapable de bouger ou de parler. Astrid et Aziza semblent en état de choc également.
Le corps du démon est incomplet, comme s'il n'avait pas eu le temps de se reformer complètement. Il est d'une maigreur cadavérique. Ses chairs peinent à recouvrir ses os et ses muscles sont presque à vif. Son tronc se termine au niveau des hanches par des lambeaux de chair qui pendent dans le vide tandis qu'il repte sur le sol sur sa propre colonne vertébrale, qui formait avant probablement une longue queue comme celle de Diablo. Dans son dos, ce qui ressemble vaguement à deux ailes squelettiques s'agitent faiblement pour contrebalancer son poids lorsqu'il se déplace. Elles brassent lentement une sorte de fine brume blanchâtre qui flotte tout autour de lui. Je vois briller d'une lueur verdâtre ses yeux, ainsi que sa poitrine. La pierre d'âme semble être profondément ancrée dans son corps mais son éclat puissant traverse ses chairs.
Il me faut un petit moment pour réaliser qu'il ne nous voit pas malgré la proximité. Son regard semble nous chercher. Sans doute ne fait-il que ressentir notre présence. Peut-être est-il aveugle ou sa vue est très mauvaise. Ou peut-être que la lumière du portail l'éblouit tout simplement. Son apparition était sans doute un simple coup pour nous affaiblir psychologiquement avant la confrontation. Je dois dire que c'était plus qu'efficace. Mais je me reprends. Il va falloir tirer avantage de cette pseudo cécité et rapidement.
Je glisse hors de ma cachette et bande mon arc. Ce dernier répond à mon désir de voir détruit le démon séant. L'aura d'Auriel m'enveloppe et ma flèche se nimbe de lumière. Méphisto se tourne aussitôt vers moi, mais je tire avant qu'il n'ait pu réagir. La flèche traverse sa maigre poitrine juste à côté de la pierre que je devine sous sa peau. Le démon glisse en arrière sous l'impact. J'ai touché au cœur, j'en suis certaine. Du moins s'il avait été un homme ce serait le cas.
Mon trait de lumière a fait de gros dégâts. Le corps de Méphisto est trop frêle pour résister à un tel coup. Ce qui est une bonne nouvelle en soi et me rend plus confiante pour la suite. C'est sans doute à cause de cette faiblesse qu'il redoute la confrontation. Il se sait fragile. Je regarde satisfaite, le sang noir du démon couler à flot par le trou béant qui reste du passage de ma flèche. Il siffle mais ne semble étrangement pas souffrir plus que cela de cette blessure aussi grave soit-elle. Sans attendre qu'il réagisse, je tire à nouveau. Une, deux, trois fois. Auriel ne vient pas renforcer mon attaque mais j'enchante mes traits. Ils atteignent leur cible et le réseau d'affaiblissement se dessine déjà sur ce corps répugnant. Très vite Méphisto recule face à mon assaut furieux et cherche l'abri de l'ombre à nouveau.
Jamais je n'aurai pensé qu'il serait aussi facile de vaincre ma nemesis. Mon initiative donne du courage à Astrid et Aziza qui me rejoignent. Nous quittons toutes l'abri des piliers pour avoir un meilleur angle d'attaque et nous coordonnons pour poursuivre efficacement le démon qui nous fuit.
Dès qu'elle en a la possibilité, la sorcière déchaîne alors ses sorts de glace sur lui dans des angles qui lui empêchent toute retraite. Ses aiguilles gelées le transpercent de nombreuses fois. Je ressens une sorte d'alacrité à le voir ainsi saigner et se débattre. Je me déplace un peu plus sur sa gauche pour contourner le bassin et avoir un angle de tir propre. C'est lorsque je le vois soudainement lever les bras et que je vois son propre sang se mettre à flotter dans l'air en face de lui que je comprends le danger. Le liquide se transforme en un clin d'œil en pieux sombres qui sont projetés dans notre direction. Pour ma part, je ne dois la vie sauve qu'à un réflexe chanceux. Plusieurs pieux m'effleurent au niveau des bras et du torse. La brûlure sur ma peau est horrible mais heureusement passagère. Mais, Lorsque j'entends le hurlement d'Aziza, je comprends qu'elle n'a pas eu ma chance. Elle a été touchée. Je me retourne vers elle et découvre avec horreur qu'elle a subi l'attaque de plein fouet. Elle est épinglée sur un pilier par plusieurs pieux de sang noir. Elle hurle de douleur et essaie de s'arracher à la pierre en vain.
Méphisto s'élance alors à travers la pièce avec une vitesse qui me surprend. D'un coup d'aile puissant, il balaie Astrid. Elle décolle du sol de plusieurs mètres et je la vois retomber au milieu des corps dans le bassin sacrificiel. L'instant d'après, le démon se jette sur moi. Ses mains squelettiques me désarment sans le moindre effort et m'agrippent ensuite à la gorge. Méphisto me soulève alors du sol pour que je sois à hauteur de son visage de cauchemar. Il replie ses ailes autour de moi et ses griffes se plantent dans le bas de mon dos afin de me soutenir et m'empêcher de suffoquer dans sa prise. Je hurle de douleur.
- "Vous êtes si crédules, humains. Vous pensiez que me saigner à blanc suffirait pour me vaincre?" Ses yeux luisent mais je distingue ses pupilles reptiliennes qui ne sont plus que deux fines fentes. Il me détaille. "Mon sang est un poison. Mon sang est une arme. Tu devrais le savoir, toi qui possède mon héritage." Il me renifle. "Même si j'ignore par quel maléfice cela est possible..."
Je suis pétrifiée. Il accroche mon regard et la seconde suivante je sens qu'il tente de forcer mon esprit. Le sceau des sœurs s'active aussitôt et le repousse sans peine.
- "Ah… parce que tu penses que ce petit artifice va me retenir?"
Ses mains quittent ma gorge. Je dois me retenir à la force de mes bras sur les ailes osseuses qui m'enveloppent pour que ses griffes ne s'enfoncent pas plus profondément dans ma chair. Il pose une de ses mains au niveau de sa pierre d'âme et l'autre s'aventure sur mon corps. Ses doigts squelettiques palpent mon ventre et remontent jusqu'à ma poitrine. J'essaie de me débattre mais je n'y arrive pas. Il trouve rapidement l'emplacement du sceau. Il place sa main juste sous mon sein gauche et fait pression. Je sers les dents. Il ouvre la bouche et la même brume diffuse qui l'enveloppe s'en échappe. Plus dense. Alors qu'elle se diffuse, je distingue des formes humaines se dessiner dans ses méandres. Je réalise qu'elle est de même nature que le portail et qu'elle est sans doute composée des corps éthérés qu'il a arraché à ses victimes. Une horreur indicible me saisit et je fais tous les efforts du monde pour retenir ma respiration. Malheureusement, il ne lui faut que quelques secondes pour me forcer à reprendre mon souffle. Il fait jouer ses griffes dans ma chair et je cède au premier cri que je lâche.
Dès ma première inspiration, je suis prise d'un vertige. C'est comme ces brumes arcaniques qui me rendent malade, mais c'est plus vicieux que cela. Je sens comme une multitude de vies m'envahir. Et au milieu de ces âmes errantes, il y a lui. Je le sens ramper dans mes poumons, s'inflitrer dans mes veines comme un poison. A chaque respiration, j'aide Méphisto à prendre le dessus sur moi. Je perds progressivement pied avec la réalité. Les hurlements d'Aziza sont de plus en plus lointains et ma vision se trouble. Je suis tétanisée. Je sens le démon insidieusement atteindre mon cœur. La pression sur ma poitrine augmente alors que ses doigts appuient à l'endroit où se trouve le sceau. Et il ne lui faut que quelques secondes pour le briser. L'instant suivant il est dans ma tête. Il fouille dans mes souvenirs sans que je puisse l'arrêter. Il remonte dans mon histoire. Se délecte de mes peines et douleurs. Mais que veut-il ? Pourquoi ne me tue-t-il pas ?
- "Parce que tu peux m'être utile vivante, mortelle." Il entend mes pensées. Je crie mentalement puisque mon corps ne me répond plus.
- "Mais que cherchez vous dans mes souvenirs?"
- "Le secret de ton origine et ça…" Je revois le moment où Tyraël nous dit qu'il part rejoindre les barbares. "Voilà qui est intéressant… Mes frères sont souvent présomptueux. Ils m'ont juré que l'archange était mort. Mais ils sont partis avant d'en être certains. Même affaibli, Tyraël est une épine dans mon flanc." Je sens sa haine corrosive qui suppure en moi. J'ai envie de vomir.
- "Les forces de Sanctuaire vous arrêteront." Je siffle en serrant les dents.
- "Ta conviction et ta confiance dans ton peuple est touchante, mais je ne crois pas, non."
Il force dans mon esprit la vision des armées démoniaques. Pendant quelques secondes, j'entrevois des légions de monstres avancer dans une terre désolée et aride qui ne ressemble à rien de ce que je connais en Sanctuaire.
- "Nous marcherons dans Pandemonium vers un endroit où nos réalités se rejoignent. Mes frères déchirerons ce voile qui nous séparent et marcherons sur la terre des Barbares. Nous savons où se trouve la Pierre Monde grâce à la mémoire de Tal Rasha. Même si Tyraël trouve le moyen de nous affaiblir, nous vaincrons. Il ne fait que retarder l'inévitable."
Je ne comprends plus rien. Pourquoi quitter Sanctuaire pour revenir avec des armées? Pourquoi n'ont-il pas déjà envahi complètement notre monde?
- "Sanctuaire n'est qu'une étape. Vous êtes l'outil, pas la finalité."
J'essaie de le repousser de toutes mes forces, le faire sortir de mon esprit. Il se produit alors une chose étrange. J'ignore si ce sont mes efforts ou ma nature démoniaque, mais il me semble que je finis par entrer dans son esprit à son insu. J'entrevois des bribes de souvenirs des retrouvailles des trois frères. Puis j'entends Méphisto s'esclaffer sinistrement.
- "J'aurai dû m'en douter. Nos sangs s'appellent. Nos esprits aussi. Viens là petite mortelle. Je t'en prie, regarde. Apprécie mon œuvre."
Il n'oppose alors pas la moindre résistance et me laisse entrer dans sa tête pour quelques instants. Et je suis comme piégée à l'intérieur.
Je vois un Aidan monstrueux. Son corps humain ne semble plus qu'une fine enveloppe grisâtre craquelée. Même son regard a perdu l'éclat de la vie. Baal est toujours dans le corps émacié de Tal Rasha. Quant à l'enveloppe charnelle de Méphisto, elle est encore plus squelettique. Il est un tas d'os et de chairs parcellaires. Il donne l'impression qu'il se régénère de l'intérieur vers l'extérieur, par strates. J'imagine que son corps finira par se reconstituer en entier avec le temps. Il n'y a qu'une heure ou deux au grand maximum qui séparent cette vision de son aspect actuel.
Je vois les démons accomplir un rituel infâme qui nécessite le sacrifice de tous les membres du Zhakarum présents. Les prêtres semblent comme hypnotisés et ne réagissent pas, même en voilà les leurs se faire tuer. J'ai un haut le cœur en découvrant comment les eaux des bassins ont changé de couleur. Méphisto semble aspirer l'âme de ses victimes mourantes et la recracher sous cette forme de brume indistincte devant lui. Bientôt la masse se met à tourbillonner dans le vide et le portail se forme.
Alors Aidan s'avance.
- "Va mon frère." Siffle Méphisto. "Les armées attendent ton commandement. Guide les jusqu'à la frontière des mondes. Le passage se trouve dans les terres de Pandemonium et te mènera aux portes de Sescheron. La capitale barbare. Si Sescheron tombe, le reste ne sera qu'une formalité."
Aidan s'écroule soudainement en hurlant devant le passage magique. Il tombe à genoux et la cape de voyage qu'il revêt se met à ondoyer. Sa silhouette se déforme de manière anarchique. Puis, le tissu gris est soudainement percé par de très nombreux pics chitineux sombres, et le corps d'Aidan se craquelle comme une mue de serpent pour laisser la chose imposante qu'il contenait en émerger. Diablo renaît du dernier souverain du Khanduras, plus fort que jamais. Il se débarrasse de son ancienne enveloppe en s'ébrouant. Les restes du corps d'Aidan se décrochent de lui et glissent à ses pieds jusque dans le bassin aux eaux carmines dans lesquelles ils disparaissent. La bête féroce est en tout point identique à celle que j'avais combattu sous la cathédrale de Tristram, à l'exception de la pierre d'âme que je vois luire est maintenant au milieu de sa poitrine. Sans hésiter, Diablo passe le portail.
Puis Méphisto me montre un endroit que je ne peux que me représenter que comme le royaume angélique. Des tours nacrés s'élèvent au-dessus des nuages, défiant de leur éclat le soleil lui-même. Il me montre ensuite un ange debout face à des portes démesurées qui semblent faites dans les matières les plus pures. Ce n'est pas Tyraël. Cet ange est encore plus massif et armé d'une lance. Son armure et son aura d'or rayonne d'une puissance phénoménale. Il est auréolé d'un anneau d'or et de flamme. S'agit-il d'Imperius ? Celui que même les autres archanges craignent? Le démon me confirme son identité avant de me plonger dans une autre vision.
Celle-ci est un pur fantasme de sa part. Je n'ai aucun mal à le deviner et il me rend malade. Je vois les armées infernales marcher dans la cité angélique. Parmi les monstres, je vois des hommes et des femmes partiellement transformés. Ainsi, il compte nous convertir et se servir de nous pour renforcer son armée. J'en frissonne d'horreur.
Des milliers d'anges gisent sur le sol, piétinés par ces monstres et nous-même. Leur sang de lumière se mêle à la boue dans une vision extrêmement dérangeante dans sa beauté macabre. Diablo est à la tête de la charge sur le dernier bastion angélique. Il affronte le plus puissant des archanges dans un combat qui déchaîne des forces qui me dépassent. Sa victoire ne fait aucun doute. Elle est brutale et sale. Le sang de lumière d'Imperius se répand sur les mur d'albâtre du bastion alors qu'il finit empalé à la plus haute flèche de la tour. Le bâtiment entier se met à luire là où ruisselle la vie de l'archange. Pourquoi ce spectacle sinistre dégage-t-il une forme de poésie?
La vision est interrompue abruptement. Je reprends douloureusement pied avec le monde réel. Je sens les griffes de Méphisto dans mon dos et sa main sur ma poitrine. Cependant, il y a quelque chose d'étrange. Ma vision brouillée par les larmes et la douleur m'empêche de voir correctement, mais il me semble distinguer quelque chose dépasser du torse étique du démon. Je vois les lignes d'affaiblissement de mes flèches fichées dans son corps se mettre à briller plus fort. C'est au moment où sa main squelettique quitte ma poitrine pour se saisir de ce que je devine l'avoir traversé que je comprends de quoi il s'agit. C'est la lance d'Astrid. Sachant ce qui va suivre, je raffermis ma prise pour éviter de reposer totalement sur les griffes qui me maintiennent à sa hauteur.
Le corps du démon me cache la vue, mais je vois le rayonnement de l'aura de l'amazone qui grandit dans son dos. Elle retire sa lance brutalement, et le seigneur de la haine vacille. Il tombe vers l'avant, se retenant à un pilier. Ses griffes quittent brutalement mon corps alors qu'il déploie ses ailes pour se soutenir et je glisse en arrière dans le même mouvement. L'air se bloque dans mes poumons lorsque je tombe à plat sur le dos, sur la pierre sombre du temple. La douleur menace de m'envoyer pendant une seconde dans l'inconscience mais je me maîtrise.
Méphisto est penché sur moi et respire bruyamment. La brume éthérée qui l'enveloppe s'effiloche alors qu'il perd le contrôle. Son sang noir, s'échappant subitement à flot des anciennes blessures comme de la nouvelle, se répand sur moi comme une poix nauséabonde. Je résiste à l'envie de vomir. Mes mouvements désordonnés pour m'enfuir me font patauger dans cette mélasse ignoble.
- "Qu'est-ce que… tu m'as fait… mortelle?" Dit-il dans un râle, comprenant que j'ai précipité sa fin.
Il me regarde un instant incrédule avant de se redresser pour faire face à ce qui menace sa vie. Il se jette sur Astrid avec une vivacité qui m'étonne, étant donné ses blessures. L'amazone reste statique, elle s'apprête à esquiver les coups. Elle fait peur à voir. Même au travers son aura je peux voir, le sang qui la recouvre en grande partie. Dans un coin de mon esprit, j'espère que cela ne vient que du bassin dans lequel le démon l'avait propulsée.
Je cherche du regard mon arc. Il se trouve un peu plus loin, au sol, au pied d'un pilier. J'ai du mal à me relever mais après quelques tentatives, j'y arrive enfin. Les mains crasseuses, je me saisis de mon bien et me mets en position sur mes pieds chancelants. Je sens mon propre sang couler lentement dans mon dos. Mes blessures ne sont pas si graves que cela, mais elles sont très douloureuses et elles m'affaiblissent grandement. Mon arc me paraît un peu trop lourd et je tremble. Je n'ai plus la force de me battre efficacement, pourtant je le dois.
Je vois Astrid qui résiste passivement, dans cet art de combattre particulier qui est celui des Askaris, mais je sais que l'esquive ne marche qu'un temps. Il faut que j'agisse. J'ai besoin d'Auriel maintenant. J'ai besoin de ma part angélique, mais mon corps est toujours infesté de l'essence de Méphisto, et seule ma part démoniaque répond à ma supplique silencieuse.
Je sens la brûlure de la haine envahir mon cœur et je sens mes forces revenir. Je sais que je ne fais pas ce qu'il faut, mais je n'hésite pas un instant. J'encoche une nouvelle flèche et je bande mon arc. J'ai à peine conscience de produire un enchantement. Je suis surprise moi-même de la couleur des filaments arcaniques qui se sont formés autour de ma flèche. C'est un trait de glace nimbé d'énergie noire qui quitte mon arc. Il atteint le démon au milieu des chairs pendantes, à la base de la queue de vertèbres sur laquelle il repose pour se mouvoir. La glace se répand immédiatement et c'est son propre mouvement reptilien qui le condamne. L'ondulement de sa colonne fracture la base gelée et le démon se brise en deux. Il chute vers Astrid qui se met en position d'interception. Son aura devient éblouissante. J'entends Méphisto rugir de douleur alors qu'il retombe de tout son poids sur l'amazone qui l'empale une dernière fois. Les lignes d'affaiblissement se mettent à briller avec autant d'éclat que l'aura d'or de l'amazone et le corps du démon prend feu alors que des arcs électriques glissent sur sa peau. Astrid le repousse et le fait pivoter sur le dos avec une facilité déconcertante. Épinglé au sol, Méphisto s'agite et se débat de plus en plus faiblement.
Mon cœur brûle toujours. Je gémis presque à l'unisson avec cette créature infernale. Je comprends que nous sommes reliées d'une manière ou d'une autre. Je laisse la haine me consumer un peu plus et je le mets en joue une dernière fois. C'est un nouveau trait de glace nimbé d'énergie sombre que je tire. C'est la tête que j'ai visée cette fois-ci. Je l'atteins à la nuque. Au milieu des flammes qui lèchent le corps du monstre, la glace sombre se répand de plus en plus vite. Puis le feu lui même change de couleur. Ce sont des flammes noires qui le rongent maintenant.
Ça me brûle si fort. Il faut ça s'arrête et vite. Méphisto tourne péniblement la tête dans ma direction. Le feu le consume aussi vite que la glace est en train de figer son corps. Je ne comprends pas comment ces deux phénomènes opposés peuvent coexister.
"- Bon sang ne saurait mentir… Tu es... parfaite…" susurre-t-il avant de finalement s'immobiliser.
Je tombe à genoux, la douleur est trop forte. Astrid fait un bond en arrière au moment où Méphisto s'embrase totalement, dévoré par le feu et la glace simultanément. Je me mets à hurler alors que j'ai l'impression qu'il m'arrive la même chose. Puis au moment où la vie quitte le démon, je suis libérée de l'emprise. Je reprends mon souffle en tremblant. Il me faut un moment pour me remettre sur pieds. Je m'approche lentement d'Astrid qui recule de quelques pas. Elle pointe sa lance dans ma direction. Elle a conservé son aura d'or.
- "Qu'y a-t-il ?" Je demande d'une voix tremblante.
- "Vôtre aura, Annor. Elle est… bizarre..."
- "Comment cela?"
- "Vous avez comme des ailes d'ange, plus petites… mais noires. Et vos yeux luisent..." Je maudis le fait que je ne puisse pas me voir.
- "Je suis toujours moi-même." Dis-je pour ma défense.
- "Alors maîtrisez-vous et vite."
Je prends une grande inspiration. Je fais le vide dans mon esprit, autant que je le peux. Comme plus tôt dans la journée, heureusement il ne faut que peu de temps pour me reprendre. Je sens mes forces me quitter lentement. Je ne vais pas mourir. Je suis juste épuisée. Astrid acquiesce. Elle semble satisfaite. Sans doute mon aura a-t-elle retrouvé son aspect habituel. Cependant, je sens toujours la souillure de Méphisto en moi. Je porte machinalement la main à ma poitrine, là où se trouvait le sceau. J'ai l'impression de toujours sentir ses doigts squelettiques sur ma peau et son essence couler dans mes veines. Je frissonne.
- "Pendant un moment, il m'a possédé." Je murmure les larmes aux yeux. "Il est toujours là. Il vit toujours." Je regarde le corps décharné, à la fois gelé et carbonisé du démon.
Astrid se penche sur le cadavre et plonge le bras jusqu'au coude à travers l'un des trous béants résultant de sa lance. Je grimace de dégoût. Lorsqu'elle se retire, son avant bras dégouline de sang noir. Dans sa main, la pierre d'âme pulse de son éclat verdâtre. Je déglutis. J'ai l'impression que je l'entends encore me parler.
- "Il faut la détruire. Peut-être que Cain sait comment." Je souffle.
- "Et le portail?" Demande l'amazone.
- "Je n'en sais rien..."
Je me retourne pour regarder cette porte magique qui flotte dans le vide au dessus du bassin. C'est alors que mon regard se pose sur le corps d'Aziza, toujours épinglée à son pilier. Sa poitrine ne se soulève plus et sa tête repose sur son épaule. Sa tunique vert feuille est saturée de son sang. Les pieux de Méphisto ont commencé à la convertir. Je vois le réseau de boursouflures entamer ses chairs aux endroits où elle a été atteinte et des racines se sont développées à travers elle et commencent déjà à ramper vers la surface.
Je m'approche d'elle, le cœur au bord des lèvres. C'est un mélange de colère, de honte et de tristesse qui m'envahit. Elle est morte horriblement parce que je suis tombée dans le piège de Méphisto. La cheftaine avait vu juste, mais est-ce que je dois m'en vouloir? Qu'importe si je le dois ou non… je m'en veux. Je pleure ouvertement alors que je cherche désespérément un moyen de la décrocher de là. Je n'en vois aucun qui n'endommagerait pas plus son corps déjà mutilé.
Astrid me rejoint. Elle a finalement quitté son masque de guerrière. Elle est aussi horrifiée que moi. Je tombe à genoux à ses côtés et pose ma tête sur sa cuisse. Je me moque de l'état de crasse dans laquelle elle se trouve et me laisse aller à ma peine. Elle pose une main tremblante mais qui se veut réconfortante sur mon épaule.
Au même moment, les autres sorcières, libérées du piège, nous rejoignent. Rares sont celles qui sont indemnes et les plaies sont mauvaises. Coupures profondes. Brûlures. Lorsqu'elles voient leur sœur ainsi, plusieurs s'effondrent de chagrin à mes côtés. Je réalise qu'Aziza étaient peut être leur Moiraine. Mon cœur se serre davantage. Cette douleur mentale est insupportable.
Nous restons un moment à nous lamenter de la mort de la sorcière puis Astrid déclare d'une voix douce.
- "Si vous pouvez récupérer son corps, faites-le. Sinon laissez-le là. Je vais utiliser le parchemin de retour de Cain pour nous amener jusqu'au campement près du port. Peut-être que vos sœurs pourront faire mieux. En attendant. Rentrons..."
Ce chapitre est un nouveau tournant majeur pour Annor. C'est un des chapitres qui m'a été le plus difficile à écrire. A cause du sujet sous-jacent, d'une part, mais aussi pour le fait qu'Annor doit affronter sa nature profonde...
Pour ceux qui ont lu ma fic Aventures "ces mois d'errance", c'est du même acabit que les moments où Bob affronte son démon intérieur et qu'il lui fait comprendre qu'ils sont les deux faces d'une même pièce. Le truc c'est que là c'est le démon qui le fait réaliser à l'humain et de la pire des façons. Et là où Bob sort victorieux, Annor perd... Car oui, si vous pensez qu'Annor est sortie victorieuse de l'affrontement, alors relisez mieux...
