Disclaimer : L'univers de Diablo appartient à Blizzard
Navrée pour le délai. Je suis en vacances. Du coup mon corps a décidé de me lâcher en représailles lol.
L'avantage cependant c'est que j'ai eu un peu d'inspiration et que j'ai avancé dans l'arc suivant qui était bloqué.
Le chapitre du jour est assez court. Mais bon. Il se passe pas mal de choses quand même.
Acte 3 - Troisième partie : Mirages
Chapitre 4 : Wortham
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Je sens la fumée bien avant que les lueurs des incendies ne soient visibles entre les arbres. Wortham est en proie aux flammes. Je n'attends pas que la barge sorte de la forêt immergée pour me téléporter sur la rive. Léah fait de même mais lorsque l'embarcation est plus proche de la terre ferme.
Je n'ai que quelques pas à faire sur le chemin principal pour trouver l'origine des incendies. Éclairés par les flammes rouges qui dévorent le bois des modestes maisons, je distingue les silhouettes encapuchonnées de cultistes qui courent dans toutes les directions, flambeau en main. J'entends des cris et des bruits de heurts. Sans réfléchir, je m'élance vers le centre ville, ignorant les cadavres des malheureux fermiers qui ont tenté de défendre leurs terres, armés de simples fourches. L'arc en main, je tue chaque cultiste qui croise mon chemin.
Arrivée dans ce qui ressemble au cœur de ville, je suis prise d'une rage indicible lorsque je tombe sur des scènes insoutenables dans leur perversion. Corrompus ou non, ces êtres ne sont plus des êtres humains pour oser s'en prendre à des innocents ainsi. Ma vengeance est brutale et laissera sans doute de nombreuses images cauchemardesques dans l'esprit des victimes. Cependant, sur le moment, je vois briller de la reconnaissance mêlée à de la terreur dans le regard des quelques personnes que je tire d'actes non consentis.
Une femme basanée d'une cinquantaine d'années, au corps déformé par les grossesse, se redresse, le regard baigné de larmes, mais l'esprit clair. Sa robe déchirée laisse apparaître sa poitrine et les marques de luttes qui menacent déjà de décorer sa peau. Elle m'agrippe le poignet avec la force du désespoir.
- "Ils sont sont dans la chapelle." Dit-il d'une voix tremblante, en tentant de se couvrir de l'autre main.
- "Qui?" Je demande sèchement.
- "Les enfants… Le prêtre est avec eux… Pitié sauvez-les..."
Je ne perds pas un instant et pars en courant sur le sentier de terre qu'elle m'indique d'un geste du menton. Du coin de l'œil, je vois que Léah s'est arrêtée. C'est peut-être mieux ainsi. Qu'elle s'occupe de ces pauvres gens, pendant que je règle le problème de l'existence de ces sous-hommes qui ravagent Wortham.
Je déboule sur une petite place rustique où le seul bâtiment remarquable est la chapelle. Comme si tout l'effort de ces pauvres gens avaient été rassemblés dans la construction de ce bâtiment. Au moins, il semble résister aux assauts des cultistes qui sont en train d'attaquer la porte à la hache. Je remarque des traces noires sur le bois. Quelqu'un a usé de magie de feu et je devine un sort de sanctuaire émerger de l'intérieur. Je doute qu'il tienne encore très longtemps. Et même si c'était le cas, la porte céderait probablement avant.
Je repère plusieurs cultistes, à la robe sombre, que je devine rouge à la lumière des brasiers alentour. Ils se tiennent un peu en retrait et semblent observer la scène avec attention. Ils ont l'air moins fanatiques, plus concentrés. Je devine des runes brodées dans la fabrique du tissu. Plus par automatisme qu'autre chose, je lis les mots feu, mensonge et sang.
Il ne me faut pas beaucoup de temps pour comprendre que ces runes ne sont pas là par hasard. Il n'y a aucun doute que les cultistes rouges sont des mages, mais, les runes sont là pour les aider à former des mots de pouvoir plus rapidement. Ils sont bien plus dangereux que ces fous qui s'acharnent à la hache. L'instinct reprend le dessus très vite. Mes flèches de glace traversent le crâne de trois d'entre eux. Le mage le plus éloigné et deux des cultistes qui proposent la plus grosse menace immédiate pour les personnes qui se sont réfugiées dans la chapelle. Évidemment, mon action ne passe pas inaperçue. L'un des fanatiques se précipite sur moi en hurlant, hache en main. Un pieu de glace dans le cœur arrête nette sa course. Puis flèche après flèche, j'abats méthodiquement ceux qui restent, alors qu'ils commencent à s'enfuir, comprenant le danger que je représente.
Hélas, je remarque trop tard que l'un des mages supposés a pu agir. Ce n'est que lorsque le chaos commence à se concentrer autour de lui que je le vois. Il se tenait dans l'ombre d'un arbre. Il s'est tranché la main avec une dague et même si je ne l'entends pas, à cause des cris des cultistes effarouchés et du tumulte général, je vois ses lèvres bouger dans l'ombre de sa capuche. Ma flèche quitte mon arc une seconde trop tard. L'arbre se consume soudainement et un portail rouge sang s'ouvre dans les flammes. Le mage s'effondre lorsque ma flèche lui traverse la poitrine, mais le mal est fait. Il ne faut que quelques secondes pour que les démons s'engouffrent par cette porte ouverte sur nôtre monde. Trois, puis cinq, puis dix… Ils apparaissent plus vite que je ne peux les tuer.
Alors que je songe à ouvrir les vannes démoniaques, je sens une concentration d'énergie chaotique émerger dans mon dos, puis j'entends la voix de Léah réciter d'étranges paroles. Soudainement le portail vacille et finit par se refermer. Je tue les dernières créatures encore à portée avant de me retourner vers mon apprentie. La jeune femme est parfaitement maitresse d'elle-même, mais je vois pendant quelques secondes une lueur étrange briller au fond de ses iris qui me glace le sang. Elle ressent l'appel de la destruction, tout comme moi. Pourtant cela ne semble pas conscient. Je m'approche d'elle et pose une main sur son épaule pour la ramener à la réalité.
- "Bravo. Sans toi, qui sait combien d'horreurs ce portail aurait pu continuer à vomir." Dis-je.
Elle me sourit en rougissant légèrement. Je ne m'émeus guère de son émotion, car du mouvement attire mon attention ailleurs. Je lance un regard circulaire alentours. Le gros de la menace éloigné, les villageois commencent à sortir de leur cachette. J'aperçois la matrone au teint basané qui remonte la rue principale, couvrant du mieux qu'elle peut son corps. Elle est suivie par les autres victimes des cultistes. Les sillons de larmes qui dévalent sur ses joues n'entament en rien sa résolution. Elle jette un regard aux corps qui jonchent le sol, plus inquiète d'y trouver un visage connu que de l'horreur que j'ai répandue. Puis elle court en direction de la chapelle. Léah et moi la suivons, ainsi que toutes ces âmes choquées qui n'arrivent plus à penser par elle-même. J'admire le courage de cette femme qui garde encore les idées claires, malgré le traumatisme. J'imagine que plusieurs des enfants qu'elle a portés se trouvent dans la bâtisse. C'est l'espoir de les retrouver sains et saufs qui la garde debout. Je me prends à divaguer sur combien de temps elle résistera pour eux. L'épreuve la rendra-t-elle plus forte, ou la fera-t-elle sombrer plus tard?
Je l'écoute distraitement tambouriner à la porte de la chapelle, appelant par leur nom les réfugiés. Finalement ses suppliques sont entendues. Le sanctuaire est levé. J'entends les renforts être retirés, puis les portes s'ouvrent. Plusieurs enfants en pleurs en émergent. Deux d'entre eux se jettent dans les bras de la matrone. D'autres se mettent à hurler en voyant ce qu'il y a dehors. Léah à le réflexe d'aller les consoler. Je la laisse faire. Un homme d'une cinquantaine d'années sort à la suite avec quelques autres personnes. A son vêtement, je devine qu'il s'agit du prêtre qui officie en ce lieu et certainement le zakharumite qui a placé le sanctuaire pour bloquer l'entrée magiquement. Il regarde les corps qui jonchent le sol, puis reporte son attention sur moi. Je le sens partager entre la crainte et la reconnaissance.
Je ne m'attarde pas sur lui. Maintenant que les portes sont ouvertes, je vois une étrange lueur émaner de l'intérieur de la chapelle qui m'intéresse bien plus. Sans doute que toute l'énergie chaotique avait masqué la présence de l'artefact.
Je pénètre dans le lieu saint et trouve un vieillard dont les années ont tordu le corps assis sur une chaise les yeux vrillés sur l'autel. Je m'approche et découvre, disposée sur un drap chiffonné, le pommeau d'une épée et le reste d'une lame dont l'acier luit légèrement d'un éclat bleuté. Il n'y a aucun doute qu'il s'agisse de la partie manquante de l'Irebleu.
- "Où avez-vous trouvé ça ?" Je demande plus sèchement que je l'aurai voulu.
- "Elle est tombée dans le puits au nord. La lumière nous a attiré." Me répond distraitement le vieillard, d'une voix éraillée. "Nous avons condamné le puits, la magie a pu contaminer l'eau. Nous ne savons pas... en attendant... nous…" sa phrase meurt sur ses lèvres, en même temps que semble se tarir sa conscience.
Le vieillard semble subjugué par l'artefact, mais il n'a pas l'air de comprendre que je souhaite le prendre. Il est dans un profond état de choc. Je l'observe du coin de l'œil pendant que je l'emballe dans le drap. Il ne réagit pas. Si j'avais du temps ou peut-être encore un peu de compassion, je resterai avec lui. Je lui parlerai pour l'aider à reprendre pied avec la réalité… Mais l'étranger et Magdha m'oblige à me concentrer sur d'autres priorités.
Je sors de la chapelle et trouve Léah toujours avec les enfants. Je m'approche d'elle pour l'inviter à me suivre, mais alors que je fais un pas dans sa direction, je sens une concentration arcanique soudaine se former au Sud. Léah se redresse. Elle l'a sentie aussi.
Je suis prise d'un léger vertige. La jeune femme s'approche de moi comme pour me soutenir. Je lui fais comprendre que je n'ai pas besoin de soutien mais lui tend la garde de l'épée emballée. Si je peux m'extraire d'une autre source de magie arcanique, cela vaudra mieux. Sans poser de question elle la prend.
Soudainement, je suis frappée par les résidus d'une vague d'énergie dont mon corps se souvient plus que mon esprit. Je me revois au milieu d'une bataille acharnée pour protéger un bastion assailli. Mon cœur manque un battement.
- "Cain…" Le nom du vieil Horadrim meurt sur mes lèvres. "Nous devons rentrer de toute urgence." Elle acquiesce.
- "Le plus rapide serait un parchemin de retour." Dit-elle. "Mais cela laisserait une porte ouverte entre La Nouvelle Tristram et Wortham…"
Je comprends sa réticence car tous les démons qui sont arrivés par le portail du cultiste ne sont pas morts. Tant que nous ne retournerons pas à Wortham, nous laisserions comme une porte grande ouverte en ville.
- "Fais-le." J'insiste.
Sans se séparer de l'épée emballée, elle s'agenouille près d'un cultiste, elle ouvre sa besace et en extrait le journal de sa mère qu'elle pose à ses pieds. Ainsi donc elle ne s'en sépare pas. Elle le prend par la fin et en arrache une page vierge, puis elle se débarrasse de son arc et son carquois. Elle casse l'une de ses flèches et prend juste la pointe pour s'en servir de plume. Je grimace lorsque je la vois tremper la pointe dans le sang du cultiste et écrire sur le papier. Aucune hésitation. Aucun rejet pour la chose. Je l'observe dessiner ses runes sans rien dire.
Elle range rapidement ses affaires et prononce les mots qu'elle a inscrit. La feuille se désagrège dans ses doigts et le portail bleuté apparaît de nulle part. Je n'attends pas qu'elle ait fini de ramasser ses affaires pour traverser.
J'ai condensé l'un des moments que je trouve les plus pénibles et inutile de Diablo 3. La recherche de l'épée de l'étranger est une tannée lol. Et normalement en 3 longues quêtes. Moi j'ai décidé que couper l'épée en deux était déjà bien suffisant haha.
A bientôt pour découvrir ce qui s'est passé à Tristram... (musique de suspens)
