Disclaimer : Les personnes trans sont tous·tes merveilleux·euses et plus courageux·ses que Godric lui-même. Celleux qui œuvrent contre leurs droits méritent qu'on leur crache au visage.
Attention : Rated M et relation M/M. Thématique du suicide, de la dépression et de l'addiction. Vous lisez en connaissance de cause.
Des mercis et des bisous à Miss MPREG, Tiph l'Andouille, feufollet, someanyArdaiel, tzvine, Lara Black, Sun Dae V, nyanna et FoxyCha24 pour leur review. Vos mots ne manquent jamais de me remotiver ! Keur:keur:keur sur vous !
RàR :
LaraBlack :
Hey ! Merci beaucoup pour ta review ! Sache que je ne me lasse pas non plus de tes petits mots par ici ! Vraiment très touchée que cette histoire continue de te plaire ! Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !
Nyanna :
Coucou ! Merci beaucoup pour ta review ! Oui, ff est méga relou avec sa nouvelle politique. Ils auraient au moins pu daigner nous prévenir avec un mail ou je sais pas ! (bref). Regulus a fait de très gros progrès depuis le tout début de cette histoire. C'est pas rien, qu'il se confie enfin (et je pense que Raphaël en a bien conscience).
Je pense que la notion de la guerre est très abstraite pour Raphaël. Pas qu'il vit dans le déni ou quoi, mais il se dit plutôt que les chances pour que Voldy revienne sont très minces, sans parler de retrouver Regulus après… Donc bon, pourquoi s'en faire, hein ?
Merci pour la demande en mariage ! J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire !
Les deux time-line finiront par se rejoindre, promis !
Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !
Bonjour à toutes et à tous !
Comment va la vie de votre existence ?
De mon côté, j'ai dit au revoir à mes élèves jusqu'en septembre, et la perspective de l'été me met en joie ! ('fin, j'évite de pas contempler de trop près la possibilité qu'on le passe sous un soleil un poil trop brûlant…). Je vais avoir un peu plus de temps pour écrire (et peut-être même mettre à jour) et je vais essayer de m'assurer une année un peu plus tranquille, histoire de retrouver mon groove !
J'ai un peu avancé depuis la dernière fois. Le chapitre 5 de la suite de Supernova est terminé (ou presque) et le 6 est en bonne voie (j'avoue, c'est un peu poussif mais bon, on peut pas gagner à tous les coups!).
C'est à peu près tout depuis la dernière fois ! Je vous laisse avec la suite des aventures de mes deux chouchous !
Bonne lecture !
Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sun Dae V pour la relecture et ses retours enthousiastes ! Je vais donc redire une fois de plus : sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
Black Sunset
Spin-Off : Gravity
Chapitre 16
Gravity : A mutual physical force of nature that causes two bodies to attract each other.
Summer 1993
Le bruit des vagues le tira lentement du sommeil.
Par habitude, il tendit son bras droit à la recherche de Raphaël pour ne trouver qu'une étendue de draps froids. Il enfouit son visage dans son oreiller avec un grognement, avant qu'il ne se souvienne pourquoi son fiancé n'était pas au lit avec lui.
Il ne chercha pas à retenir le sourire qui frémissait sur ses lèvres puis bascula sur le dos.
Puisque la journée avait été chaude, il avait laissé la fenêtre ouverte pendant la nuit. A la différence de Paris, les seuls bruits qui lui parvenaient étaient le chant des oiseaux, le vent dans les feuillages et les vagues au loin.
Ce n'était pas qu'il n'aimait pas l'appartement de Raphaël – leur appartement – ou qu'il avait soudainement découvert une passion pour la vie loin de tout, mais il se sentait bien, ici.
Raphaël soutenait que c'était parce que l'ancien propriétaire – le professeur Robert Saillant, un historien des pratiques magiques – aurait pu être son père mais ce n'était pas que ça.
Lors de sa première visite, en janvier dernier, il avait apprécié à sa juste valeur l'immense bibliothèque aménagée sous les toits – contenant plus de livres que la librairie -. Le salon avait des airs de la salle commune de Serpentard avec sa cheminée au manteau argenté et ses fauteuils en cuir vert. La cuisine lui avait rappelé celle du manoir Black, quelque chose dans la disposition de la pièce et la table en bois brut qui servait de plan de travail. A l'arrière de la maison, une véranda donnait l'impression d'être une bulle au milieu de la végétation. Il n'avait pas pu s'empêcher de laisser traîner ses doigts sur les touches du piano à queue.
Le calme de la maison, son emplacement loin de tout, la proximité de la mer, lui avaient laissé un sentiment de sérénité que Raphaël n'avait pas manqué de commenter à son retour à Paris.
Alors, quand l'assistant du professeur Saillant était revenu à la librairie pour essayer de convaincre Eugène de lui racheter d'autres livres avant que la maison ne soit mise en vente, il s'était proposé d'y refaire un tour avant que son patron n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche.
Convaincre Raphaël de l'accompagner n'avait pas été très difficile.
Reconnaître qu'il les imaginait assez bien tous les deux, les cheveux blancs, dans le salon, avait été une autre histoire. Seulement, Raphaël le connaissait par cœur et s'il le taquinerait sans doute jusqu'à la fin de ses jours sur son absence totale de subtilité ce jour-là, il avait quand même reconnu que, lui aussi, aimait cet endroit.
Il enfila sa prothèse, puis rejoignit le balcon qui donnait sur la chambre. Le ciel était aussi bleu que dans un dessin d'enfant. Les côtes des îles Britanniques se laissaient deviner à l'horizon. La mer était calme.
La journée s'annonçait donc aussi belle que la précédente, ce qui était une excellente chose.
Au diable ceux qui soutenaient qu'un mariage pluvieux était synonyme d'un mariage heureux.
Il laissa l'air iodé gonfler ses poumons pendant de longues minutes, savourant la bulle de bonheur dans sa poitrine.
Quatorze ans plus tôt – une vie plus tôt – la perspective de son mariage avec Emily Rosier lui avait donné des sueurs froides et une profonde envie de vomir. L'organisation de la cérémonie – à laquelle il avait échappé de justesse – avait été un processus étouffant dont il avait détesté chaque seconde.
Les derniers mois n'auraient pas pu être plus différents de sa première expérience de fiançailles. Raphaël n'aimait pas plus que lui les grandes fêtes, il avait été évident que la réception aurait lieu dans le jardin de leur nouvelle maison et Appoline, l'épouse de Louis, connaissait un excellent traiteur. S'il était tout à fait honnête, il avait dépensé plus d'énergie à arranger sa demande qu'à organiser le mariage en lui-même.
Et il avait hâte de devenir Regulus Delacour dans quelques heures.
Il passa une main sur son visage, ses joues un peu chaudes sous ses doigts, son sourire si large qu'il devait ressembler à un idiot.
Un autre avantage de cette maison était qu'il pouvait prendre son thé sur l'une des chaises longues qu'ils avaient achetées en prévision de l'été. Il y avait des façons plus désagréables de commencer la journée.
- Ah, tu es là.
L'observation précéda de quelques secondes une main sur son épaule et des lèvres sur sa joue.
Il haussa un sourcil tandis que Raphaël poussait un peu ses jambes pour pouvoir s'asseoir avec lui.
- Je croyais qu'on ne devait pas se revoir avant la cérémonie ?
Ils vivaient ensemble depuis plusieurs années, aussi avait-il trouvé l'idée stupide, mais Raphaël avait lourdement insisté.
Son fiancé ébouriffa ses cheveux, ce qui ne manqua pas de lui faire plisser les yeux.
- Et bien, il y a un petit changement de dernière minute.
Il eut l'impression de se prendre une gifle. Raphaël fronça les sourcils, puis éclata de rire.
- Pas ça !
Et, vraiment, cet idiot avait de la chance qu'il soit d'aussi bonne humeur, parce qu'il avait la soudaine envie de lui jeter le reste de son thé au visage. Raphaël secoua la tête, son regard tendre.
- Tu es ridicule, souffla-t-il.
Il déposa sa tasse par terre pour pouvoir croiser les bras sur sa poitrine.
- Quel est ce changement de programme ?
Raphaël retrouva immédiatement son sérieux.
- Ce n'est pas vraiment un changement de programme à proprement parler. Plutôt un imprévu. J'ai pensé qu'il valait mieux que ce soit moi qui te mette au courant, même si Lucie me soutient que ça peut attendre demain.
Ce n'était pas la première fois qu'il remarquait que Raphaël avait tendance à s'égarer quand il était nerveux, ce qui ne servait qu'à l'inquiéter davantage. Il dut le sentir parce qu'il ébouriffa ses cheveux à nouveau.
- Peu importe…
Sans plus d'explication, il lui tendit un exemplaire de journal.
La dernière chose à laquelle il s'attendait aujourd'hui, c'était de croiser le regard de son frère.
Ou de ce qu'il en restait.
Il était si amaigri qu'il ressemblait à un cadavre. Ses os étaient saillants sous sa peau tirée, sa barbe et la crasse. Ses cheveux longs étaient emmêlés et sales.
Il n'eut pas besoin de lire le titre de l'article pour comprendre pourquoi, après tant d'années, Sirius Black faisait à nouveau la une de la presse française.
He's dead.
Il eut l'impression que quelqu'un enfonçait une lame chauffée à blanc dans ses entrailles.
Il porta une main tremblante à ses lèvres puis serra les paupières pour retenir les larmes. C'était stupide, vraiment. Il savait depuis le début que cela se terminerait de cette façon. Chaque année, quand revenait son anniversaire, il se répétait que son frère était mort, parce que même s'il respirait encore, l'omniprésence des Détraqueurs devait avoir fait de lui une coquille vide, rongée par la folie. Il ne pouvait qu'espérer que son agonie ne se prolonge pas pendant une décennie de plus.
S'il se fiait à la façon dont les sanglots étaient en train de torturer sa poitrine, cela n'avait pas suffi à le préparer à la réalité d'un monde où Sirius Black était mort.
Vraiment, sa famille avait un don pour gâcher son existence.
Raphaël attrapa ses épaules avec force.
- Mon amour, regarde-moi.
Il prit une inspiration tremblante. Les yeux bruns de Raphaël étaient comme un phare en pleine tempête.
- Il n'est pas mort. Il s'est échappé.
Une larme roula sur sa joue. Ses oreilles se mirent à grésiller. Son moignon pulsait dans sa prothèse. Dans sa boîte crânienne, son cerveau ne parvenait pas à mettre du sens derrière la déclaration de Raphaël.
Parce que ce qu'il venait de dire, c'était impossible.
- I beg you pardon ?
Raphaël lui sourit doucement. Ses pouces se mirent à caresser sa peau avec douceur.
- Ton frère s'est échappé d'Azkaban.
L'entendre une deuxième fois ne fut pas encore suffisant pour qu'il soit certain d'avoir bien compris. Raphaël avait pourtant l'air sérieux et convaincu par ce qu'il disait.
Son cœur lui donna l'impression de se relancer, à la façon d'un cheval mis au galop.
- That's impossible.
- Je n'ai pas une très haute opinion du département des Aurors britanniques, mais je doute qu'ils aient collectivement halluciné la même chose. Sirius Black s'est échappé.
Et, vraiment, il allait devoir lui répéter ça encore plusieurs fois s'il voulait le convaincre qu'il n'était pas celui en train d'avoir une hallucination particulièrement réaliste.
- Regulus, ma mère m'a appelé ce matin pour me prévenir. Je sais que c'est difficile à croire mais ce n'est pas une erreur. Il s'est échappé la nuit dernière.
Raphaël pressa l'exemplaire du journal contre sa poitrine. Il soutint son regard – il était toujours aussi sérieux – avant de le prendre.
L'information faisait bien la une. La photo de son frère occupait une large partie de la première page. Il dut relire plusieurs fois le titre de l'article.
Sirius Black, le bras droit de Voldemort, s'est échappé de la prison britannique Azkaban.
Puisque cela ressemblait encore à un canular, il ouvrit le journal pour en apprendre davantage, ses mains tremblantes.
La nouvelle a été annoncé dans la nuit. Sirius Black, l'ancien bras droit du mage noir Lord Voldemort, a réussi l'impossible dans la nuit du 30 au 31 juillet en s'échappant du quartier de très haute sécurité, où il était emprisonné pour le meurtre de douze moldus et d'un sorcier.
Le Premier Ministre britannique, Cornelius Fudge, a contacté lui-même la Confédération Internationale des Mages et des Sorciers très tôt ce matin. Une enquête a été ouverte pour déterminer si Black a reçu une aide extérieure et le gouvernement britannique a assuré qu'il mettrait tout en œuvre pour rattraper le fugitif.
Le journaliste se perdait ensuite en conjectures pour expliquer comment Sirius avait bien pu s'y prendre pour s'échapper et quelles seraient les mesures proposées par le Royaume-Uni pour permettre sa capture la plus rapide possible. La fin de l'article était une biographie très détaillée – bien que très fausse – de Sirius Black.
Compte tenu de sa situation géographique, la France pourrait bien se retrouver en première ligne dans cette chasse à l'homme s'il était avéré que Sirius Black avait quitté la Grande-Bretagne. Le Président appelle donc ses citoyens à la plus grande vigilance et rappelle que Sirius Black est très dangereux. Il est recommandé de prévenir les autorités et de ne surtout pas l'approcher. Un numéro vert va être mis en place dans la journée.
Il feuilleta le reste du journal pour être certain de ne pas passer à côté d'une information sans rien trouver de plus qu'un article sur la guerre contre Voldemort – où Bellatrix était citée – et une description détaillée du fonctionnement d'Azkaban – dans lequel il apprit que deux Détraqueurs étaient postés en permanence devant la cellule de son frère et de sa cousine –.
Il détailla une dernière fois la photographie avant de relever la tête vers Raphaël.
Il se racla la gorge.
- Il est impossible de s'échapper d'Azkaban.
Raphaël haussa un sourcil. Le coin de ses lèvres frémit.
- Tes certitudes sont touchantes, mon amour, mais, que tu le veuilles ou non, ton frère vient de te prouver le contraire. Peut-être que tu avais tort. Peut-être qu'il a bien pris la Marque et que Voldemort l'a initié à la magie noire.
A choisir, il préférait encore croire que Sirius avait réussi à s'échapper d'Azkaban plutôt que de l'imaginer au service de Voldemort.
- Premièrement, Azkaban est très bien protégé, puisque personne n'a jamais réussi à s'échapper. Ensuite, la grande majorité des rituels de magie noire nécessitent une baguette magique. Enfin, Sirius a passé plus de douze ans à Azkaban avec deux Détraqueurs devant sa cellule. Admettons que cela ne l'air pas rendu complètement cinglé, il n'y a pas la moindre chance qu'il avait encore assez de puissance magique pour lancer un Alohomora, encore moins réaliser un rituel de magie noire.
- Et bien peut-être que quelqu'un l'a aidé ? J'ai lu l'article sur la guerre. Voldemort a plusieurs fois arrangé une évasion de masse.
La possibilité que Voldemort puisse avoir retrouvé assez de pouvoir pour réaliser une telle entreprise lui glaça le sang pendant quelques secondes, avant qu'il ne se souvienne d'un petit détail.
- Si Voldemort devait faire sortir quelqu'un d'Azkaban, ça serait Bellatrix, pas Sirius.
- Sauf si ton frère a vraiment été son bras droit...
Il fit claquer sa langue contre son palais.
- Raphaël, je t'aime beaucoup, mais je t'assure que tu te trompes.
Raphaël eut une moue sceptique, pour laquelle il ne pouvait pas vraiment le blâmer. Il était peut-être la seule personne au monde à soutenir que Sirius Black n'avait pas été un Mangemort et il n'avait aucune preuve à part sa profonde conviction.
- Ta mère ne t'a rien dit de plus ?
- Non… Elle avait une réunion de crise ce matin. Je lui ai rappelée qu'elle avait intérêt à être à l'heure.
Étant donné qu'il lui reviendrait de réaliser la bénédiction, Raphaël avait peut-être bien fait.
Toutefois, il ne se faisait pas beaucoup d'illusion. Si Sirius avait encore toute sa tête – ce qui semblait être le cas après ce qu'il venait de réussir –, il doutait qu'il ait laissé un mot derrière lui pour expliquer ses motivations.
Ou, en tout cas, rien de plus qu'un élégant fuck you all comme lorsqu'il avait quitté le manoir, l'été de ses seize ans.
Il passa une main lasse sur son visage.
- Ça va aller ?
Raphaël le détaillait avec intensité, ses yeux très légèrement plissés. Il sentit son empathie effleurer son esprit, aussi discrète que le battement d'aile d'un papillon.
Il allait avoir besoin de temps pour digérer cette nouvelle inattendue. Toutefois, il préférait ça à l'annonce de sa mort.
- Oui… Tu as l'air fatigué.
Raphaël avait de légères cernes, ses traits étaient un peu tirés. Rien d'alarmant – surtout comparé à son état quelques mois plus tôt – mais la journée allait être intense.
Son regard se mit à pétiller. Un sourire charmeur éclaira son visage.
- Il s'avère que je dors très mal sans toi.
- Oh. Rien à voir avec l'enterrement de vie de garçon que Louis et Alexis ont organisé ?
Il grimaça.
- Peut-être un peu. Ils m'ont traîné dans les catacombes parisiennes la majeure partie de la nuit… J'ai encore moins dormi que prévu, étant donné la surprise de ton frère.
Son souffle s'accéléra.
Sirius Black escaped.
Ça sonnait encore comme une erreur ou une blague de mauvais goût.
- Douze ans et demi à Azkaban et il trouve le moyen de s'échapper aujourd'hui !
Raphaël ricana.
- Et bien, c'est ton grand frère, aussi ne suis-je pas vraiment étonné. Si ça peut te remonter le moral, je suis presque sûr que le mien a prévu quelque chose d'embarrassant pour ce soir.
Si c'était le cas, Louis s'était bien gardé de le prévenir. Il n'excluait pas que Lucie soit parfaitement au courant – et complice –. L'empathie de Raphaël était toutefois une informatrice redoutable : il était peu probable qu'il se trompe.
- A ce propos… Une question ?
Un jour – dans quelques heures peut-être – il n'aurait plus l'impression de recevoir un coup en plein ventre quand Raphaël utilisait cette formule.
- Par le plus grand des hasards, tu n'aurais pas envoyé une invitation à ton frère dans l'espoir d'allonger ta liste d'invités ?
Son sérieux tomba un peu plus à mesure qu'il le fusillait du regard.
- Non.
Et pour faire bonne mesure, il lui donna un coup de genou. Raphaël éclata de rire puis posa sa main sur sa cuisse pour l'empêcher de lui en donner un deuxième.
- C'était une explication comme une autre. Je me suis dit que je te demanderai.
- Je te déteste.
Son ton manquait de mordant.
Raphaël rit à nouveau puis il se pencha pour l'embrasser.
- Menteur, souffla-t-il contre ses lèvres.
Il pouvait sentir sa bague sur sa joue, alors il préféra répondre à son baiser, puisque c'était la seule chose qui avait du sens – qui était réelle – ce matin.
La nouvelle de l'évasion de son frère devint une arrière-pensée quand il sentit la joie de Raphaël se mêler à la sienne dans son cœur.
Il se voyait bien passer le reste de la matinée ainsi quand le téléphone retentit depuis l'intérieur de la maison.
Il jura. Raphaël grogna.
- Rappelle-moi pourquoi j'ai accepté que l'on installe cet objet de malheur ici, déjà ?
- Parce que tu m'aimes vraiment beaucoup. Je reviens.
Il lui fallut quelques secondes pour reprendre son souffle. L'exemplaire du journal était tombé au sol. Il grimaça en tombant sur le visage de son frère.
- Je te promets que je vais te tuer si tu as prévu de ruiner cette journée, grogna-t-il, avant de replier le journal.
Bien évidemment, son thé était froid et il avait laissé sa baguette magique dans la cuisine.
- Maman, des fois que tu aurais oublié, c'est le jour de notre mariage. Je suis sûr que ça peut attendre demain.
Il était assez rare que Raphaël parle aussi sèchement à sa mère. Il était trop loin pour entendre ce qu'elle était en train de lui dire. Il haussa un sourcil quand son fiancé croisa son regard.
Raphaël soupira, puis masqua le bas du téléphone de sa main.
- Ma mère veut te poser des questions sur ton frère. Aujourd'hui.
Sa gorge se serra.
Bien sûr.
Une telle requête ne l'étonnait pas du tout venant de la part de Simone Bonaccord. Personne ne bâtissait une carrière comme la sienne en ménageant les sensibilités de chacun, pas même celles de sa famille. Pour tout ce qu'elle en savait, un tueur sans âme était dans la nature. Il pouvait s'échouer sur les côtes françaises dans la journée. Elle avait besoin de toutes les informations possibles pour protéger les citoyens du pays qu'elle servait depuis cinquante ans.
Puisqu'il n'était pas mort dans cette maudite caverne, il était une source d'information qu'elle ne pouvait pas ignorer.
Et tant pis si cela signifiait faire subir un interrogatoire douloureux à son gendre le jour de son mariage avec son fils cadet.
Il doutait sincèrement d'avoir quoique ce soit à lui apprendre et, quand bien même, Raphaël avait raison, cela pouvait attendre le lendemain.
Toutefois, ils étaient censés prendre le premier portoloin pour l'île Mal di Ventre. Il savait qu'il n'aurait pas envie de retarder son voyage de noces pour parler de son frère à sa belle-mère.
Vraiment, Sirius avait un don.
Il prit une profonde inspiration.
- Dis-lui que je suis d'accord.
Raphaël secoua la tête.
- Raphaël… Je sais me servir d'un téléphone.
A la façon dont Raphaël plissa les yeux, il sut qu'il utilisait son empathie, même s'il ignorait ce qu'il espérait trouver. Dans le doute, il se concentra sur le bonheur qui ne cessait de lui faire tourner la tête ces derniers mois et sur l'amour qu'il avait pour lui – encore et encore et pour toujours –.
Le regard de Raphaël se fit légèrement accusateur.
- Contre tout bon sens, il est d'accord. Mais à la condition que je puisse être là.
Il approuva d'un signe de tête. Cela serait une bonne chose que Raphaël soit à ses côtés, car les questions de Simone pourraient réveiller ses vieux démons et il savait y faire pour les dompter.
- C'est à prendre ou à laisser.
Simone dut s'en contenter car Raphaël raccrocha juste après.
- Tu aurais pu lui dire non. Elle n'en serait pas morte.
- Mais au moins, on sera débarrassé. Qui sait, elle a peut-être une idée sur la façon dont il s'y est pris ?
Raphaël sembla vouloir dire quelque chose, mais il se ravisa. Il l'observa tandis qu'il préparait un café, sans qu'il n'hésite une seule fois devant les placards. Il y avait quelque chose dans cette domesticité qui lui donnait l'impression de flotter.
Raphaël souriait à nouveau quand il lui jeta un regard par-dessus son épaule.
- Tu ferais mieux d'aller t'habiller. Elle sera là dans moins d'un quart d'heure.
Simone n'était pas femme que l'on faisait attendre, à moins de vouloir le regretter. Il rejoignit l'étage, sa tasse de thé à la main. Son costume était là où il l'avait accroché la veille – ce n'était pas un smoking mais Raphaël ne devrait pas s'en plaindre pour autant –. Il ne put s'empêcher de lisser le tissu du plat de la main même si aucune poussière n'avait eu le temps de s'y accrocher.
Sachant qu'il ne manquerait pas de prendre une douche dans quelques heures, il se contenta d'enfiler un pantalon en toile et une chemise en lin d'un rose très pâle.
Simone était installée dans la cuisine quand il redescendit, un dossier épais d'une dizaine de centimètres devant elle et une tasse de café à la main. Il était certain qu'elle avait été l'une des premières personnes à être mise au courant de l'évasion de Sirius – sûrement au cours de la nuit – et elle avait fêté ses soixante-douze ans le mois dernier. Pourtant, pas une seule mèche ne dépassait de son chignon, ses vêtements semblaient infroissables et son regard était aussi perçant que celui de son fils.
Parfois, elle lui rappelait Minerva McGonagall.
En plus sévère.
Ce matin, il avait l'impression d'avoir quinze ans de moins et d'être sur le point d'écouter une leçon de morale interminable alors que, Salazar en soit témoin, Sirius avait été le trouble-fête, pas lui.
Raphaël se racla la gorge une fois qu'il fut assis. Simone lui jeta un regard en coin.
- Je suis désolée pour cela, Regulus. La situation est toutefois délicate. Chaque heure compte et mes homologues britanniques semblent déboussolés.
Il connaissait assez le monde politique britannique pour avoir grandi entouré des puissants. Sirius devait avoir mis le Ministère de la Magie en ébullition en réalisant l'impossible.
- Je doute de vous être d'une grande aide.
- Cela ne coûte rien d'essayer, dit-elle en ouvrant le dossier.
Le jeune homme en photo sur le dessus ressemblait davantage à son frère que celle dans le journal. Il croisa les mains devant lui pour s'empêcher de l'attraper, l'estomac plus lourd. Qu'importe que Sirius Black ait réussi à s'échapper d'Azkaban. L'homme qu'il était devenu n'avait plus rien à voir avec cette photo. Son frère – le petit garçon frondeur qu'il avait suivi comme son ombre et qui lui lisait les contes de Beedle le Bard le soir – n'existait plus que dans ses souvenirs.
- Savent-ils comment il s'est échappé ?
Simone releva les yeux vers lui.
- Non. J'espérais que tu aurais une idée.
Il secoua la tête.
- Il y a une heure, je pensais encore qu'il était complètement impossible de quitter Azkaban autrement que mort. La seule explication plausible, c'est que quelqu'un l'y a aidé.
- Les Aurors britanniques creusent cette piste. Ils comptent interroger toutes ces personnes-là.
Il reconnut de nombreux noms sur la liste qu'elle lui montra. La majorité d'entre eux étaient d'anciens Mangemorts issus des Vingt-Huit Consacrées, en commençant par les Malefoy. Il y avait aussi celui de Remus Lupin, juste en dessous d'Androméda Tonks. Il doutait qu'un loup-garou ait les ressources pour réussir une telle entreprise et il était certain qu'Andy devait avoir renié son cousin chéri après son arrestation.
Ce fut le dernier nom, écrit un peu à part, qui l'inquiéta le plus.
- Voldemort ? grinça-t-il.
Raphaël posa une main rassurante sur sa cuisse.
- C'est peu probable mais Albus Dumbledore soutient qu'il a donné des signes de vie au cours de ces deux dernières années.
L'air devint sifflant dans ses oreilles. Il allait falloir que le rythme des révélations ralentisse un peu ou il doutait de pouvoir tenir debout un peu plus tard.
- C'est d'autant moins probable que mon frère n'a jamais pris la Marque.
Simone lui donna l'impression qu'elle allait basculer en arrière tant elle se redressa vite. Il ignorait jusqu'alors qu'il était possible de la prendre autant au dépourvu.
- Comment cela, il n'a jamais pris la Marque ?
- Je crois que ses mots exacts ont été « plutôt crever qu'obéir à ce sale fils de pute » mais c'était il y a longtemps.
Il l'entendait encore cracher – littéralement – cette même phrase au visage de Bellatrix dans ses cauchemars. Inutile de dire qu'il ne s'en était fallu de peu pour que leur cousine ne le prenne au mot.
- Sirius Black est un Mangemort.
Il croisa les bras sur sa poitrine. Sirius et lui n'étaient plus proches depuis des années quand il avait quitté le Royaume-Uni et, objectivement, il ne lui devait plus rien, mais il avait assez menti pour le reste de sa vie.
- Non. J'ai très peu de certitudes, Simone. J'en ai même une de moins depuis ce matin. Toutefois, je peux affirmer de façon incontestable que mon frère n'a jamais été un Mangemort.
Simone le dévisagea, puis elle tourna la tête vers Raphaël.
- Ne me regarde pas comme ça. C'est toi qui as voulu l'interroger. Ce n'est pas de ma faute si ses réponses ne te conviennent pas.
Il semblait satisfait par la tournure des événements.
- Enfin, c'est insensé ! Le Royaume-Uni ne serait pas passé à côté d'un tel détail !
- Vous voulez-dire, de la même façon qu'ils sont passés à côté de son procès ?
Il ne doutait pas que Sirius ait oblitéré Peter Pettigrow pour avoir osé trahir les Potter. Il était aussi convaincu que son frère était tout à fait capable d'avoir tué douze moldus dans sa folie meurtrière. Toutefois, même s'il le savait coupable, il avait été écœuré d'apprendre que Bellatrix avait eu le droit à un procès et pas lui.
Pouvoir en faire le reproche à quelqu'un – même si Simone n'y était pour rien – était une revanche comme une autre.
Simone serra les lèvres.
- Je crois que mes collègues se souviennent encore de ma colère le jour où j'ai appris qu'il avait été condamné sans procès. Cela faisait partie des reproches que la Confédération Internationale des Mages et des Sorciers a fait à Millicent Bulstrode sur sa gestion de la guerre contre Voldemort.
Comme si cela avait changé quoique ce soit.
Simone eut au moins le mérite de ne pas détourner les yeux quand elle posa sa question suivante.
- S'il n'était pas un Mangemort, pourquoi a-t-il vendu les Potter à Voldemort et tué Peter Pettigrow dans ce cas ?
Depuis qu'il avait confié sa théorie à Raphaël, l'année dernière, il était de plus en plus convaincu que c'était la seule explication possible. Sans preuve, il doutait de convaincre Simone Bonaccord.
- J'étais à Paris depuis plusieurs mois et dans le monde moldu depuis plus d'un an quand il s'est fait arrêter, aussi suis-je loin d'avoir tous les éléments. Je sais toutefois que Sirius considérait James Potter comme son frère, qu'il lui était d'une loyauté absolue et qu'il a refusé devant moi de prendre la Marque. D'un autre côté, Pettigrew m'a toujours donné l'impression de ne pas avoir été réparti dans la bonne maison. Si je devais parier, je dirais que c'est Pettigrew qui a vendu les Potter à Voldemort. Bien sûr que Sirius l'a assassiné.
Simone resta silencieuse un long moment, qu'elle passa à feuilleter son dossier, comme si elle espérait trouver quelque chose qui confirmerait – ou non – son hypothèse. Elle déposa deux photos devant lui.
Il n'avait jamais vu la femme blonde sur celle de gauche, même si elle semblait assez jeune pour avoir pu fréquenter Poudlard en même temps que Sirius et lui. Puisqu'elle ne bougeait pas, il crut qu'il s'agissait d'une photo moldue, avant qu'il ne comprenne qu'il s'agissait d'une photo de son cadavre.
La deuxième photographie le perdit tout à fait puisqu'il s'agissait de celle d'un nourrisson qui ne devait pas avoir plus de quelques mois.
- Il n'est pas impossible que Sirius Black ait changé de camp pendant la dernière année de la guerre...
C'était absurde, mais son épaule gauche se mit à le picoter.
Cela faisait des années qu'il n'y avait pas repensé, mais la dernière fois qu'il avait vu Sirius, c'était lors d'une attaque à Glasgow. Il lui avait lancé un Doloris. Sirius lui avait tiré dessus avec une arme moldue. Cela avait eu le mérite de le renvoyer chez lui et de mettre fin à la leçon de Bellatrix. Il se souvenait que Walburga s'était évanouie à la vue de sa plaie béante. Narcissa avait été furieuse.
Il était censé croire qu'un an plus tard, leurs places auraient été échangées ?
- Je n'ai jamais vu cette femme, encore moins cet enfant.
- Elle s'appelait Judith Adler. C'était une citoyenne américaine. Elle a été retrouvée assassinée au domicile de Sirius Black le 9 août 1981. D'après sa déposition, il s'agissait de sa petite-amie.
Ce qui expliquait un peu mieux pourquoi il était certain de ne l'avoir jamais vue à Poudlard.
Raphaël serra sa cuisse avec douceur. Il recouvra sa main de la sienne. Il n'aimait pas le ton grave de Simone, pas plus que ses lèvres pincées. Ses yeux firent un aller-retour entre son fils et lui.
- La petite s'appelle Maellyn. Elle a disparu la nuit de la mort de sa mère. Les Aurors Britannique ne l'ont jamais retrouvée.
Il se frotta le menton. La légère barbe qu'il n'avait pas pris le temps de raser un peu plus tôt griffa sa peau.
Il ne fallait pas être un génie pour deviner où Simone allait en venir.
Peu de choses ressemblaient plus à Sirius qu'avoir une fille avec une américaine, hors mariage, en plein milieu d'une guerre. Il était prêt à parier sa baguette que cette Judith était née-moldue.
Il détailla un peu plus la photographie – moldue – du nourrisson. Seules les quelques mèches brunes sur son crâne pouvaient laisser penser qu'elle était une Black. A ses yeux, rien ne ressemblait plus à un bébé qu'un autre.
Exception faite qu'il s'agissait de sa nièce.
Sirius aurait peut-être dû la nommer après une étoile, cela l'aurait protégée.
- Je ne doute pas qu'il s'agisse d'une histoire tragique, Simone. Seulement, je ne vois pas le rapport avec son évasion. A moins que vous ne pensiez qu'il se soit échappé pour retrouver sa fille ?
- Non, même si cela reste une possibilité à ce stade de l'enquête. Les circonstances du décès de Mademoiselle Adler sont très troubles, celles de la disparition de l'enfant davantage. Sirius Black était l'un des seuls suspects.
Il décida de ne pas se laisser entraîner sur cette voie, parce qu'il sentait déjà naître mille questions sans réponses dans les remous que toutes ces révélations avaient créé. Il faisait peut-être preuve de naïveté, mais il ne parvenait pas à imaginer que Sirius ait pu assassiner sa petite-amie de sang-froid puis faire disparaître un nourrisson.
Cela ressemblait plus à quelque chose que Bellatrix aurait pu faire.
Juste parce qu'elle le pouvait.
- Qui était l'autre suspect ?
- Bellatrix Lestrange. Il n'est pas impossible qu'ils aient agi ensemble.
Il cligna plusieurs fois des yeux, puis serra les paupières. La main qu'il passa sur son visage ne l'aida pas plus à rassembler ses pensées.
D'une certaine façon, ce fut la révélation – la calomnie ? – de trop. Il se dégagea sèchement de l'étreinte lâche de Raphaël puis quitta la pièce. Il se retrouva sur la plage quelques minutes plus tard. Les vagues qu'il avait aperçu depuis le balcon de sa chambre s'étaient éloignées, emportées par la marée. Le vent était un peu plus fort. Il fit claquer ses vêtements sur son corps.
Il inspira une grande bouffée d'air marin dans l'espoir de calmer les battements de son cœur.
Par Adèle, il commençait à se demander s'il n'avait pas basculé dans une autre dimension pendant la nuit. Ou si Lucie ne lui avait pas infligé le traitement spécial qu'elle réservait d'ordinaire à Raphaël dans l'espoir de le faire parler.
Comment expliquer autrement tout ce qu'il venait d'entendre depuis qu'il s'était levé ?
Sirius échappé.
Sirius, père.
Sirius, un assassin.
Sirius, un allié de Bellatrix.
Il devait avouer que cette dernière était la plus improbable de toutes. Bellatrix et Sirius se vouaient une haine brûlante et ils étaient aussi fiers l'un que l'autre. Si la fin de la guerre avait reposé sur leur entraide, le Royaume-Uni ne serait plus qu'un champ de ruines à l'heure qu'il était.
Une part de lui comprenait, bien sûr. Simone était une femme intelligente et bien renseignée. D'après les informations qu'elle possédait, son frère était un monstre sans âme. Il n'était pas impossible qu'elle ait raison et qu'il se soit trompé sur toute la ligne – qu'il ait réécrit l'histoire pour pouvoir faire la paix avec la vie qu'il avait laissé là-bas –.
Sauf que ce n'était pas logique. Les années avaient dévoré les détails, ils n'avaient jamais eu toutes les informations parce que Sirius et lui avaient cessé de se parler bien avant qu'il ne prenne la Marque, mais il y avait certaines choses qu'il n'avait pas inventé.
Il y avait des faits.
Des certitudes.
Sirius n'avait jamais été un Mangemort.
Tant pis s'il était la seule personne sur cette planète à le penser.
Sans vraie surprise, Raphaël finit par le rejoindre quelques minutes plus tard.
- Elle est partie, dit-il. J'ai réussi à lui arracher qu'elle te laisse tranquille jusqu'à notre retour de Sardaigne, mais elle reviendra à la charge.
- Les Aurors vont lancer leurs plus fins limiers à ses trousses. Ils l'auront sans doute rattrapé d'ici-là.
Il lui fallut deux secondes de plus pour réaliser ce qu'il venait de dire.
Il éclata de rire.
Comment avait-il pu oublier ?!
- J'ai loupé quelque chose ou… ?
Raphaël avait les yeux légèrement plissés – il sentit son empathie – et les sourcils froncés.
Il ignorait comment Sirius avait pu s'échapper – vraiment – et il ignorait encore s'il avait survécu – Azkaban était au milieu de la Mer du Nord et on ne pouvait pas y transplaner, pas plus qu'on ne pouvait s'en approcher en balai – mais si, d'une façon ou d'une autre, il était bien dehors, alors les Aurors n'étaient pas au bout de leur peine.
Trouver un fugitif dont la photo était placardée aux quatre coins du pays, avec ou sans l'aide des moldus ou de la France, était une chose.
Ignorer que ce même fugitif pouvait se transformer en chien en était une toute autre.
- C'est juste que je viens de me souvenir que Sirius a un talent certain pour le cache-cache. Je souhaite bien du courage à tous ceux qui le cherchent.
Raphaël pencha la tête sur le côté, une moue méfiante sur les lèvres.
- Tu sais quelque chose.
Il tourna la tête vers l'océan.
- Peut-être.
Il n'eut pas le temps de compter jusqu'à quinze que Raphaël reprenait.
- Regulus, je sais à quel point tu aimes ton frère – tu peux lever les yeux au ciel autant que tu veux, c'est la vérité – et je sais que ma mère a cruellement manqué de tact, mais il est dangereux.
Il croisa les bras sur sa poitrine.
- Sirius n'est pas dangereux. Il est stupide.
- Et c'est censé être mieux ?!
Il se mordit la langue. Stupidité et magie pouvaient être un mélange explosif. Le sort que Sirius avait réservé à Peter Pettigrow était la preuve que, ajouté à de la colère, cela pouvait devenir destructeur.
Et ce n'était pas que Sirius soit inoffensif. Sa carrière dans les rangs de Voldemort avait été brève, mais il se souvenait que les autres Mangemorts craignaient l'Ordre du Phénix en général et Sirius en particulier, précisément parce qu'il était imprévisible et qu'il n'hésitait pas à porter des coups mortels si l'occasion se présentait.
- C'était lui le gentil et moi le méchant, Raphaël.
- Jusqu'à ce que ce soit le contraire ! Qu'il ait ou non pris la Marque, il a tué ces moldus ! Il est dangereux ! Si tu sais quelque chose qui permettrait de le retrouver, tu dois le dire à ma mère !
Il serra les dents. Raphaël ne comprenait pas à quel point ils ne parlaient pas de la même personne, tous les deux. S'il ne devait plus rien à Sirius – plus après toutes ces années et les trahisons qui avaient eu raison de leur relation –, il ne pouvait se résoudre à le vendre pour autant.
- Regulus !
Raphaël le fixait avec insistance, ses sourcils levés, comme pour lui demander ce qu'il attendait pour se ranger à son avis.
Il secoua la tête.
Raphaël blanchit légèrement. Ses traits s'affaissèrent. Il ouvrit la bouche plusieurs fois sans réussir à prononcer un mot.
Il vit la déception tordre ses lèvres et le dégoût rendre son regard plus terne. Raphaël fit un premier pas en arrière.
Il serra les paupières tandis que le sang quittait son visage. Ses yeux se mirent à le brûler.
Son cœur sombra,
sombra,
sombra, dans ses entrailles glacées.
Quand il trouva enfin le courage de rouvrir les yeux, Raphaël était parti.
...
Hum hum. Je plaide non coupable pour ce cliffhanger ! Il m'a été fortement suggéré xD
Comme d'habitude, je suis curieuse d'avoir votre avis sur :
- Regulus, encore plus heureux au bord de la mer, tellement amoureux que ça a l'air douloureux xD (je lui dois au moins ça).
- Le sens du timing impeccable des Black ! (personne ne va me croire, mais ce n'était pas prévu!)
- La descente d'organe de Regulus face à cette une du journal (autant vous dire qu'il est pas fan de la surprise).
- Les révélations de Simone, qui n'est pas très empathique pour le coup.
- Raphaël, qui doute pour la première fois (ne lui en voulait pas trop...)
C'est tout pour celui-ci, il était plus court que d'habitude. Je suis tout ouie si vous avez déjà des hypothèses sur ce que Regulus va faire avec toutes ses nouvelles informations sur son frangin !
La prochaine MàJ sera encore pour Gravity (aucune promesse, mais je vais essayer de poster avant mon départ en vacances, fin juillet).
Avis à celleux qui ont un compte, il faut désormais cocher un truc pour recevoir les alerts et le reste… Pensez bien à le faire si vous ne voulez pas passer à côté du prochain chapitre (ici ou chez les collègues).
Autre info, si jamais ce site venait à disparaître subitement (les rumeurs allaient bon train il n'y a encore pas si longtemps), sachez que vous me trouverez sous le même pseudo du côté d'AO3 !
A bientôt !
Orlane.
On n'oublie pas de laisser une review avant de fermer la page ! Sans déconner, ça prend deux minutes !
Mis en ligne le 24/06/2023
