Chapitre 9
JASON
-Attention! hurla Piper en le tirant brutalement, le faisant tomber dans un bosquet de bruyères, alors qu'Annabeth donnait un énorme coup de pied dans un sapin tout proche.
Il se produit alors deux choses étonnantes au même moment: une flèche vint se planter dans le tronc d'un arbre à l'endroit exact où se trouvait Jason il y avait un quart de seconde, ce qui l'aurait embroché si Piper ne l'avait pas poussé. Le jeune romain loucha, les yeux ronds, vers la flèche encore vrombissante fichée à quelques centimètres au-dessus de sa tête.
Et tous virent un jeune garçon aux cheveux blonds décoiffés débouler de l'arbre dans lequel Annabeth avait shooté dans un concert de «aïe!», de «Ouch!» et de branches brisées. Il se serait sûrement cassé un bras ou une jambe vu la hauteur de lequel il était tombé (Jason estima à environ 10 mètres) si sa chute n'avait pas été amortie par la couche de feuille mortes et d'épines par terre.
Le jeune arrivant se releva en titubant, puis grogna en se frottant la tête et en foudroyant Annabeth du regard:
-Nan mais ça va pas la tête?
Puis son regard changea aussitôt lorsqu'il réalisa à qui il parlait.
-Annabeth!
Puis, il regarda tour à tour les membres du groupe, son visage s'éclairant au fur et à mesure qu'il constatait qui se tenaient devant lui.
-Jason! Piper! Hedge! Nico! Vous êtes revenus!
Puis il se tourna vers Hazel et Frank et les toisa d'un oeil critique.
-Et vous, là, je vous connaît pas, mais si vous êtes avec mes potes alors c'est que vous êtes sympas! (Il fit une petite révérence.)Je me présente: Will Solace, chef du bungalow d'Apollon, pour vous servir.
Puis il aperçut Percy, jusqu'alors caché par les autres. Ses yeux s'agrandirent tellement que Jason eu l'impression qu'ils allaient sortir de leurs orbites.
-Mes dieux, Percy! hurla le-mec-bizarre-qui-venait-de-tomber-d'un-arbre-et-qui-semblait-s'en-foutre-éperdument. Tu es là! Tu es enfin revenu!
Prenant Percy par surprise, il s'avança et lui donna une énorme accolade. Pour s'éloigner aussitôt, l'air furieux. Brandissant son doigt sous le nez de Percy telle une mère-poule engueulant son enfant, il cria:
-C'est pas trop tôt! Tu sais qu'on se faisait tous un sang d'encre pour toi? Un an que tu as disparu! Un an! Tout le camp te cherchait! Annabeth a même explosé notre char volant (mon char volant!) pendant les recherches! T'as perdu la tête ou quoi?!
Il ne semblait pas prendre compte qu'il faisait au moins une tête de moins de Percy. Jason apprécia son courage et sa véhémosité.
-Salut, Will, déclara sobrement Percy en souriant et en reculant un peu. Moi aussi je suis heureux de te voir.
Will se calma aussitôt (il était connu pour ses sautes d'humeurs incroyables, se rappela Jason), plissa les yeux en regardant le groupe et dit:
-Mais... Il manque quelqu'un! Où est Léo? Je croyais qu'il vous accompagnait.
Les sourires disparurent. Voyant que personne ne répondait, Hazel se trémoussa un peu, gênée.
-Ben en fait...
-En fait nous vous en reparlerons plus tard, coupa Annabeth. Pour l'instant ce n'est pas le plus important. À la place, explique-moi qu'est-ce que c'est que ceci.
Et elle pointa du doigt la flèche fichée dans l'arbre.
-Ben, c'est une flèche, répondit-il simplement en haussant un sourcil du style «Tu croyais quoi? Que c'était une carotte?».
-Bien sûr que c'est une flèche! (Annabeth sembla légèrement agacée.) Ce que je veux dire, c'est pourquoi elle est là? Pourquoi on a essayé de tirer sur Jason? Et surtout, qui a tiré sur Jason?
Will s'approcha de la flèche et l'observa d'un oeil expert.
-Bois d'if, pas enchantée, cinquantaine de centimètres, pour un enfant d'environ 7 à 10 ans. D'après l'angle des plumes, je dirais que l'archer n'est pas très expérimenté. Même si il ou elle a l'air très douée vu son âge et l'enfoncement total de la pointe de bronze céleste dans le bois pourtant dur, elle aurait dû viser dans un angle d'environ 7 degrés de moins si elle aurait voulu toucher sa cible sûrement.
-Ben moi je suis plutôt heureux qu'il ne soit pas un expert, marmonna Jason.
Will se sembla pas avoir entendu la remarque et continua:
-Donc, je dirais que cette flèche vient de...(il prit une petite pause, s'accroupit pour être à la hauteur de la flèche et lorsqu'il sembla sûr de son hypothèse, l'arracha de l'arbre, se releva pointa du doigt:) ce bouleau.
Bien que Jason savait que les connaissances de Will envers le tir à l'arc étaient énormément vastes, il fut impressionné. Même s'il trouvait légèrement bizarre sa déclaration en quoi c'était un bouleau qui avait essayé de le tuer.
Il remarqua aussi que les autres regardait le jeune fils d'Apollon avec admiration. Frank en particulier semblait terriblement impressionné et murmura à l'oreille d'Hazel (mais tout le monde l'entendit):
-Ce mec est mon idole.
Pendant ce temps, Will s'était dirigé vers le bouleau en question, qui se situait à 6 ou 7 mètres, cogna sur l'écorce marbrée et dit doucement:
-Arielle, tu pourrais descendre? J'ai une question à te poser.
Au début, rien ne se passa. Puis, Jason remarqua que les branches, tout en haut, commençait à bouger légèrement, comme si elles étaient parcourues d'un frisson. Et enfin, tous purent voir une petite fille glisser le long du tronc et atterrir habilement sur ses deux pieds du haut de la branche la plus basse, qui s'élevait à trois mètres du sol.
Elle se releva, et Jason put la détailler: c'était une petite fille de 7 ans environ. Ses cheveux étaient d'un roux flamboyant, presque autant que Rachel Dare, l'oracle de la colonie, sauf que contrairement à celle-ci ils étaient lisses et non pas bouclés. Elle portait une armure de cuir par-dessus un chandail du camp des sang-mêlés et un carquois rempli de flèches acérées sur le dos. Un arc était passé sur son épaule de sorte que la corde soit passée en diagonale, de son épaule droite à sa hanche gauche. Elle portait le tout comme si c'était tout à fait naturel qu'une petite fille de sept ans soit armée d'un arc et d'un carquois et qu'elle ait descendue d'un arbre qui mesurait quinze mètres de haut.
Mais le plus frappant, c'étaient ses yeux; ils étaient d'un rouge rubis, avec des reflets gris acier. Ils semblaient te fixer avec tant d'insistance que tu ne pouvais juste pas ne pas détourner les yeux en premier.
Will l'invita à venir. La petite s'avança timidement en compagnie de son chef du bungalow et s'arrêta lorsqu'elle fit face au groupe. Bizarrement, son regard était voilé et ne s'accrochait à rien, se baladant un peu n'importe où sans s'arrêter.
Will se chargea de faire les présentations.
-Les gars, je vous présente Arielle. C'est la plus jeune de notre bungalow, elle est arrivée il n'y a que quelques semaines. Arielle, voici mes amis.
Puis, il s'accroupit pour être à la même hauteur qu'Arielle et la regarda dans les yeux.
-Je crois que ceci t'appartient, dit-il doucement en lui tendant la flèche.
La petite commença brusquement à trembler. Elle tendit maladroitement la main et recueillit la flèche qu'elle serra dans son petit poing.
-Je crois que tu as une excuse à faire, reprit Will en tendant la main vers Jason.
La petite fille, les larmes aux yeux, fit un claquement de langue, puis se dirigea gauchement vers le jeune romain. Qui, totalement dérouté, ne sut quoi faire lorsqu'elle éclata en sanglots et le serra dans ses petits bras.
Voyant Jason complètement perdu, Piper s'avança, se mit à genoux et prit doucement la main d'Arielle. La petite fille se tourna vers elle, les larmes dégoulinant encore sur ses joues roses et les yeux comme brisés en milliers de morceaux de cristal.
-Allons, ne pleure pas, ce n'est pas grave, murmura tendrement Piper d'un ton apaisant. Tout va bien.
Elle usa un peu de son pouvoir de charme, tout juste pour que, lorsque le son se rendit à ses oreilles, Jason se sente apaisé. Pour Arielle aussi, cela sembla marcher; elle se détendit et ses larmes arrêtèrent de couler. Elle fit un petit claquement de langue, pareil au précédent, puis dit:
-Je n'ai pas fait exprès, la flèche est partie toute seule, je suis désolée...
Lorsque sa voix parvint aux oreilles de Jason, il fut charmé. Elle était douce et tendre, enfantine mais gracieuse, aigue mais grave. Les notes semblaient danser dans ses oreilles mais en même temps, elles exprimaient de la frayeur, de la tristesse, de la culpabilité, de la franchise. Elle semblait pouvoir exprimer toutes les émotions du monde.
Piper sourit, en connaisseuse. Ce n'était définitivement pas une petite fille comme les autres.
-Bien sûr que tu n'as pas fait exprès, répondit-elle. Et nous te pardonnons tous. Tout le monde peut faire des erreurs.
Les larmes remontèrent aux yeux d'Arielle et elle serra Piper dans ses petits bras.
-Je ne veux pas faire la guerre, sanglota-t-elle. Faire la guerre, c'est tuer les gens. Je veux pas tuer les gens. Ça détruit leur futur. Je veux détruire le futur de personne! C'est mal. Et puis après, ils voient plus rien. Je veux pas qu'ils voient plus rien.
Elle s'écarta et, encore en pleurs, rajouta d'une voix brisée:
-Je veux pas qu'ils deviennent comme moi. Parce que sinon ils vont souffrir, et je veux que personne souffre. Même pas les romains. Parce que ça fait trop mal. Et puis je veux pas mourir. Parce que tu peux plus aider les autres quand tu meurs.
Jason, comme tout les autres, fut étonné que de paroles si franches et vraies viennent d'une toute petite fille. Comme quoi le proverbe «La vérité sort de la bouche des enfants» était fondé.
Percy cligna des yeux comme s'il venait d'avoir un éclair de compréhension. Il s'avança alors silencieusement et s'agenouilla près de l'enfant.
-Eh, dit-il doucement. Viens par ici.
La petite tourna la tête dans la direction de Percy, fit un claquement de langue et lâcha les mains de Piper pour les tendre vers Percy. Qui les attrapa comme si elles étaient faites de porcelaine la plus fragile qui soit et qu'un seul faux mouvement pouvait casser en mille morceaux.
-Tu sais quoi? dit-il d'une voix douce. Je vais te protéger de la guerre. Tu ne tueras personne, et je ne laisserai personne te tuer. Personne ne souffrira à cause de toi, et personne ne deviendra comme toi. Je te le promets. Es-tu d'accord?
La petite renifla et sourit en hochant la tête. Ses larmes semblaient avoir sécher d'elles-mêmes pendant l'élocution du jeune homme.
-C'est bien, sourit-il. Reste près de moi et tout ira bien.
La petite redressa le dos et ses yeux brillèrent comme des milliers d'étoiles alors qu'un joli sourire fleurissait sur ses lèvres d'enfant. Jason trouva cela charmant.
Arielle tendit les bras et les noua autour du cou du jeune homme. Percy l'attrapa solidement mais délicatement et il se releva comme si elle ne pesait pas plus lourde qu'un sac de plumes.
Du coin de l'œil, Jason vit Will faire un petit signe à Percy, qui s'en rendit compte. Le jeune grec rajouta alors à l'intention d'Arielle:
-Et si on allait cueillir un joli bouquet de fleurs pour Jason? Comme ça il te pardonnera encore plus.
Jason faillit protester qu'il l'avait déjà pardonné mais le regard d'avertissement de Percy l'en dissuada. Il se tut, même s'il avait l'impression de passer pour un rancunier sans-cœur.
La petite sourit une fois de plus et hocha frénétiquement la tête. Puis, elle tourna la tête pour fixer un point qu'elle seule voyait, fit un claquement de langue et indiqua la direction dans laquelle elle voulait aller en pointant du doigt. Percy la déposa par terre, lui prit la main et ils s'enfoncèrent dans la forêt. Quelques secondes plus tard, ils avaient disparus du champ de vue de Jason.
Le jeune romain se dit que Percy deviendrait un bon père. Il avait la main pour les enfants.
-Ce n'est pas dangereux? demanda-t-il à Will. Ils sont seuls et avec les romains...
-Nan, ils sont en sécurité, répondit le jeune demi-dieu. Disons que j'ai quelques amis qui les surveillent. Et puis, Percy est le demi-dieu le plus puissant que j'ai jamais connu. Il sait se défendre.
-La petite... murmura Piper, qui s'était relevée entre-temps. Elle est spéciale. Elle a perdu la vue, c'est ça? Elle est aveugle.
Tous retinrent son souffle. Jason comprit alors pourquoi le regard d'Arielle ne se fixait jamais sur un point précis, pourquoi elle était si maladroite, pourquoi ses yeux étaient si pâles. Ça expliquait aussi pourquoi elle avait dit «Je veux pas qu'ils voient plus rien. Je veux pas qu'ils deviennent comme moi.» Car vivre dans les ténèbres, c'était effectivement un peu comme mourir.
Jason frissonna. «Elle est aveugle, se dit-il comme pour se convaincre lui-même. Elle ne verra plus jamais la lumière du jour.» Il ne savait pas pourquoi il était si touché. Il avait déjà vu des personnes aveugles, et il n'avait jamais réagi comme ça. Peut-être parce qu'eux, c'étaient des mortels. Ils n'auraient jamais à combattre des monstres, à sauver le monde, à se battre pour sa vie, à avoir l'impression d'être un meurtrier à chaque flèche tirée.
Alors qu'elle, oui.
Les autres aussi semblaient aussi estomaqués que lui. Will soupira.
-Oui. (Il se tourna vers Piper.) Je crois que Percy aussi l'a deviné. Tu le savais dès que tu l'as vu, non? C'est pour ça que tu t'es agenouillée et que tu l'as rassurée.
Piper se frotta le visage, comme si elle était prise d'une brusque baisse d'énergie.
-Oui. Je ne sais pas comment, d'ailleurs. Peut-être que c'est à cause de ses yeux. Ils semblaient si vides, et en même temps si tristes...
Elle se tut, et tout se tut avec elle. Les oiseaux arrêtèrent de chanter, le ruisseau de couler, les monstres de grogner. Jason eut même l'impression que le vent s'était arrêté et qu'il s'était plaqué les deux mains sur la bouche tellement la tension était grande.
Ce fut finalement Will qui rompit le silence en soupirant une fois de plus.
-Oui... Et il y a une histoire triste qui vient avec.
Il prit une grande inspiration et continua d'un ton douloureux:
-Arielle est arrivée deux semaines environ après votre départ. À ce moment-là, elle était pourchassée par un monstre horrible. Elle et son gardien ont survécu de justesse et ont franchi la barrière de protection. Deux secondes de trop et ils étaient deux flaques de liquide mauves et bouillonnantes. Et un peu grumeleuses aussi.
Frank ronchonna. Comme Jason et pas mal tout les autres, il se serait bien passé des détails.
-En tout cas, le principe c'est qu'ils sont arrivés sains et saufs à la colonie. Sauf que le gardien, un satyre sympathique comme tout, avait été touché par le poison. Toute la nuit a souffert au point de délirer. Arielle a tenu à veiller auprès de lui. Elle disait qu'elle lui redevait bien ça.
Will s'arrêta un instant et baissa les yeux. Quand il releva la tête, son regard était rempli de tristesse.
-Il est mort aux premières lueurs de l'aube.
À cette nouvelle, tout le monde baissa les yeux dans un silence recueilli. «Puisse son esprit vaillant trouver la paix», pria Jason. Il se souvenait que lors de leur mort, l'esprit des satyres ne s'en allait pas aux Enfers mais se réincarnait sous la forme d'une plante.
-Enfin bref, reprit Will après un court silence, l'important c'est que juste avant de mourir, il a eu un bref moment de lucidité. La petite était partie se coucher sous l'ordre de Chiron, donc ce n'est que lui et moi qui avons entendu les dernières paroles du satyre. Il nous a raconté l'histoire d'Arielle.
«La petite vivait avec sa mère dans un quartier pauvre de la Californie. Elles n'étaient pas riches, ne mangeaient pas tous les jours, mais elles étaient heureuses parce qu'elles étaient ensembles. C'était tout ce qui comptait à leurs yeux.
«Mais un jour, il y a de cela deux ans, un monstre a détecté Arielle. Sa mère aurait pu l'envoyer au camp, dont elle connaissait l'existence, mais elle refusait de se séparer de sa fille et de l'envoyer traverser le pays seule. Elles se sont donc enfuies direction la colonie poursuivies par le monstre, une énorme bête non-répertoriée, qui avait un corps et une queue de scorpion, des pattes de lion et une tête de crocodile.
«Mais un jour, alors qu'elles étaient rendues à la moitié de leur périple, le monstre les a prises par surprise. Elles se sont cachées, mais il les a retrouvées. La mère d'Arielle lui a ordonné de s'enfuir pendant qu'elle retenait le monstre, et de ne pas se retourner.
«La petite l'a écouté et s'est enfuie, mais elle a désobéie. Arrivée en haut d'une colline et cachée par les arbres, elle s'est retournée et a vu sa mère se faire dévorer par le monstre. Elle qui était déjà très sensible, la vue de ce tableau fut la goutte qui a fait déborder le vase. C'était trop pour la petite fille de cinq ans qu'elle était. Le traumatisme l'a rendue aveugle.
«La petite Arielle a erré pendant des mois dans la ville où elle était rendue. Le monstre n'est pas revenu. Elle était trop jeune et ne dégageait pas une odeur de sang-mêlé assez forte pour attirer qui que ce soit, les gardiens et les monstres.
«Et puis un jour, le satyre l'a rencontré dans la rue. Il n'a pas tout de suite deviné que c'était une sang-mêlé, mais en voyant à quel point la petite était pauvre il a voulu l'aider. Ils ont sympathisés. Mais quelques semaines plus tard, le monstre est réapparu. Le gardien a alors deviné qui elle était vraiment et a décidé de la protéger. Ils se sont donc dirigés vers la colonie pourchassés par le monstre. Comme il y avait deux ans. Mais, alors qu'ils étaient tout près et qu'ils gravissaient la colline des sang-mêlés, le monstre les a rattrapé. La petite, lorsqu'elle a sentit la présence du meurtrier de sa mère si proche, a été terrorisée et a trébuché.
«Lorsque le satyre s'est retourné et a vu le monstre au-dessus de la petite, il a couru la défendre et s'est jeté devant elle. Au moment même où il a décoché un super-coup de sabot dans sa caboche, le monstre a projeté son venin. Le satyre a été touché à la jambe.
«Profitant du fait que le monstre était étourdi par le coup, les deux se sont enfuis et ont traversés la barrière de protection. Puis, le satyre s'est évanoui de douleur et Arielle l'a trimballé courageusement jusqu'à la grande maison, où Chiron les a recueillit.»
Will reprit son souffle.
-Vous connaissez la suite.
Un silence s'ensuivit. Jason se dit qu'Arielle était extrêmement courageuse. Et qu'elle avait terriblement souffert. Peut- être même trop pour la petite fille innocente qu'elle était.
-waouh, souffla Piper. Will, je savais pas que tu étais un aussi bon conteur.
-Bah nan, c'est le satyre qui a le mérite. Moi ce que j'ai dans toute cette histoire, c'est simplement une bonne mémoire.
-La mère... souffla Hazel. Elle le savait. Elle savait, lorsqu'elle s'est opposée au monstre, qu'elle n'allait pas y survivre. Mais elle s'est sacrifiée quand même. Elle a sacrifié sa vie pour celle de sa fille.
-Ouais. (Will soupira.)Mais ce n'est pas tout. Arielle est une petite fille exceptionnelle. Étant demi-dieu, lorsqu'elle a perdu la vue, ses autres sens se sont extrêmement développés pour compenser son handicap. Sa voix, comme vous avez pu vous en rendre compte, s'est modifiée. Son goût aussi. Son odorat surpasse tous les humains, elle peut suivre la trace des gens et les reconnaître juste par leur odeur. Elle entend tout. Tu peux chuchoter un truc à dix mètres et elle l'entendra comme si tu le lui avait hurlé dans l'oreille. Elle peut entendre les pépiements d'un bébé oiseau, entendre le ruisseau glouglouter aussi loin que de la colonie et même entendre une fleur éclore. Mais surtout, son sens du toucher est exceptionnel. En tendant la main, elle capte le vent si finement qu'elle peut sentir lorsqu'il est bloqué par un obstacle, un arbre par exemple. Du coup elle sait où est l'arbre et va pouvoir le contourner. Et, en analysant toutes les données que ses sens lui envoient, elle a acquis une certaine vue. Elle compense les manques en utilisant l'écholocalisation. Elle produit des ondes avec un claquement de langue spécial, comme un dauphin ou une chauve-souris, et lorsqu'elles reviennent elles forment un plan dans sa tête, une image de ce qui l'entoure. C'est... C'est extraordinaire. Du jamais-vu.
Jason retint son souffle. Quoi? Cette petite fille pouvait faire tout ça?
Annabeth, qui avait les yeux équarquillés et la mâchoire légèrement pendante, essaya de se reprendre.
-Bon, hum, tout ça c'est bien intéressant mais il y autre chose de plus important à parler. Que fais-tu là, Will? Pourquoi tu n'es pas au cœur du combat? Quels sont les ordres de Chiron?
Will se frotta la tête d'un geste las.
-Ben en fait, les romains ne nous ont pas pris par surprise, on a réussi à organiser un plan de justesse. Des demi-dieux qui étaient allés faire des achats hors de la colonie les ont vu arriver. Ils sont donc venus nous avertir quelques minutes avant. Chiron a eu le temps d'élaborer un plan. En fait, il fallait essayer de garder la guerre le plus possible hors de la barrière magique, afin d'épargner le camp le plus possible. Mais au-cas-où, il a disposé les Apollons, les Hécates, les Déméters et quelques autres, bref les bungalows qui préfèrent combattre de loin et non pas épée contre épée en une dernière ligne de défense. S'il y avait problème sur le champ de bataille, les autres devaient se replier vers nous pour attirer les romains dans le piège. Lorsqu'ils croiront avoir gagnés et crieront victoire, nous les attendrons de pied ferme avec encore plus de combattants.
Jason perçut cependant un hic dans le plan.
-Je connais les romains, dit-il alors. Ils ne courront pas les bras en l'air en pourchassant les grecs. Ils garderont les rangs tant que leur préteur n'en aura pas donné l'ordre. Alors comment pourrez-vous avoir le temps de vous organiser lors du repli? Ils vont se jeter sur vous aussi vite qu'un faucon pèlerin.
Seul le silence répondit. D'après la figure que Will faisait, le jeune romain devina qu'il n'avait pas pensé à ce point.
-Bon tu a raison, bougonna-t-il. Mais j'ai le temps d'avertir les autres chefs pour qu'on s'organise. Tant qu'on n'entend pas le son d'une quon…
Un lointain bruit de conque résonna alors dans leurs oreilles.
-C'est pas vrai, soupira Will. On est cuits.
Puis, il hurla :
-À vos postes! Que l'un de vous aille avertir les autres bungalows! Tenez-vous prêts au combat!
Au moment où Jason se disait que Will était définitivement cinglé, presque tous les arbres qui les entouraient commencèrent à bouger. Puis, il vit des silhouettes silencieuses sauter de branches en branches et armer leurs arcs tels des robins des bois -mais sans la tunique verte et le petit chapeau. Certaines disparurent plus loin, certainement pour avertir les autres qui n'auraient pas entendus ainsi que les autres chefs.
Will bondit en un saut phénoménal et atterrit dans un arbre proche. Il commença aussitôt à grimper.
La terre commença alors à frémir. Puis à bouger. Puis à trembler tellement que les dents de Jason s'entrechoquaient.
Annabeth dégaina son poignard et prit une position de combat, fixant devant elle.
-Tenez-vous prêts! hurla-t-elle pour couvrir les bruits de milliers de pas qui martelaient le sol et qui emplissait maintenant l'air.
-Mais de quoi? cria Hazel en retour, les deux mains plaquées sur les oreilles.
-Les romains! Ils arrivent!
Aussitôt qu'il comprit, Jason dégaina son épée d'or impérial dans un crissement rauque, et se positionna près de Piper. Cela lui coûtait de devoir combattre ses propres amis romains, mais il fallait sauver la colonie et arrêter la guerre. Il attrapa la main de la jeune fille et lui murmura à l'oreille :
-Ensembles.
Piper hocha la tête, puis sortit Kaptopris de son fourreau.
-Oui. Ensembles.
Puis, ils virent alors entre les branches des arbres, une ligne foncée de demi-dieux qui hurlaient à pleins poumons se dirigeaient vers eux à la vitesse de la lumière.
Quelques secondes avant que la masse ne les engloutissent, Jason eut soudain une horrible torsion au ventre et il eut l'impression que ses poumons prenaient feu, comme s'il venait d'inhaler du poison. Il se plia en deux sous l'effet de la douleur.
-Jason! S'écria Piper, alarmée.
Le jeune homme essaya de lui répondre, mais aucun son ne franchit ses lèvres. Il avait l'impression que sa tête allait éclater comme une pastèque, et la sensation de s'étouffer prit brusquement plus d'ampleur, si bien que le jeune homme ne pouvait plus respirer. Lâchant son épée, il s'effondra par terre.
Puis tout disparut autour de lui.
Houlà, il aprit plus de temps à écrire que prévu celui-là. Mais bon bref on se revoie au chapitre 10! Quand ça? Mais maintenant!
Allez ciao et bonne lecture! Vous êtes formidables!
jus de citron:
merci de t'inquiéter mais pas de souci pour le tartare je me suis arrangée pour que sa description marche MÊME si j'ai pas encore lu le livre :) en fait, lorsque L... Ah mais non je vais éviter de te spoiler il faudra attendre les autres chapitres ^^
Pour le couple Caleo, même chose pas de soucis disons que j'étais tellement impatiente que j'ai malhonnêtement usé du fait que je suis bilingue (ou à peu près) pour aller piocher des infos sur le net anglophone ;) alors disons que j'en sais assez sur leur relation ^^ Oui, oui, je sais, j'aurais pas dû faire ça mais que veux-tu? Je suis une rebelle dans l'âme (#faux) ;)
Désolé si quelques détails ne marchent pas avec certains personnages, je fais de mon mieux mais bon je me suis pas spoilé tous les trucs alors...
Bien sûr dans ma fanfic Nico est comme il a toujours été, j'éviterai de spoiler les autres lecteurs susceptibles de ne pas encore avoir lu le tome (oui, toi là, derrière ton écran, qui lit ce message mais qui ne poste pas de commentaires!), mais je crois que tu comprendras :)
BREF merci à toi de poster des comments, au moins je sais que l'un de mes lecteurs est un humain :) j'aime beaucoup ta proposition elle me fait vraiment plaisir, halala si seulement les autres aussi faisaient ça... Mais bon faut pas trop demander quand même XD
Ah et d'ailleurs oui je suis sadique. On me le dit assez souvent. C'est une de mes plus grandes qualités. Eheheh.
