Chapitre 10
PERCY
Arielle se dressa soudainement, puis courut vers Percy et serra sa petite main dans celle du jeune homme.
-Ils arrivent, murmura-t-elle d'une petite voix effrayée.
Cela faisait plusieurs minutes qu'ils avaient quittés les autres. Ils avaient suivis le ruisseau qui serpentait dans la forêt, pour ne pas trop se perdre, puis s'étaient arrêtés dans une petite clairière. C'était là où les fleurs étaient les plus belles et les plus abondantes, au grand plaisir de la petite. Au travers des feuilles vertes émeraudes, le jeune homme avait pu voir le soleil, devenu d'un rouge orangé, disparaître complètement, comme avalé par l'horizon, et les premières étoiles poindre -mais il restait une clarté douce, pas comme dans la lumière du midi mais pas encore non plus la semi-obscurité qui éclaire les nuits de pleine lune. Une clarté chaleureuse et douce, qui colore les choses de toutes les couleurs et que l'on trouve seulement lorsque ni le jour ni la nuit n'a encore recouvert le ciel.
Lorsque les paroles de la petite lui parvint aux oreilles, Percy ne douta pas un instant que c'était la vérité. Il ne savait pas pourquoi ni comment, mais cette petite était spéciale. Elle dégageait une aura de... de surnaturel. Il ne savait pas du tout comment il faisait pour savoir, d'ailleurs.
Percy soupira. Les romains ne pouvaient pas prendre une pause quelques instants? Pour une fois qu'il n'était ni en train de combattre, ni en train de sauver le monde, ni en train de sauver sa vie, ni en train de souffrir comme pas possible, juste étendu dans l'herbe et regardant la petite Arielle batifoler et se rouler dans les fleurs, et voilà qu'ils devaient s'amener leur déclarer la guerre? Non mais!
Il ronchonna. Décidément, le destin faisait tout pour lui pourrir la vie.
Il attrapa Arielle et la souleva du bras gauche, puis décapuchonna Turbulence de sa main droite. Mais comme la petite avait toujours son énorme bouquet dans les mains, Percy se retrouva la figure envahie par des fleurs tellement odorantes qu'il étouffait.
-Mmnflrsttpsmgrblllll, grommela-t-il, la bouche pleine de jonquilles.
La petite éclata d'un rire qui ressemblait à des tintements de clochettes.
-Oooouups, désolé, fit-elle d'un ton malicieux en écartant son bouquet du nez du jeune demi-dieu.
Percy rit lui aussi et s'apprêtait à lui fourrer un pissenlit dans la bouche quand tout à coup, elle se figea.
-Tu entends? Ils arrivent, dit-elle en se blottissant contre lui, toute trace de joie disparue.
Percy la regarda: elle était terrorisée. Il ne savait comment, mais il sentait qu'elle avait beaucoup souffert malgré son jeune âge. Et il refusait d'abandonner la petite fille face à guerre qui se précipitait sur eux.
«C'est à cet âge-là qu'Annabeth s'est enfuie et a atteint la colonie pour la première fois, pensa-t-il. Et elle combattait très bien.»
Il se réprimanda aussitôt d'avoir eu cette pensée. Car à cet âge-là, non seulement Annabeth était déjà très forte et intelligente pour une petite fille de cet âge-là (c'était la fille d'Athéna tout de même), mais en plus elle possédait une chose qu'Arielle, elle, n'avait pas.
La vue.
Revenant au présent, il tendit l'oreille, mais ne décela aucun bruit. Puis, un grondement sourd, semblable à un tremblement de terre, le secoua. Quelques secondes plus tard, un frémissement parcourut les branches de l'arbre sur lequel il était adossé et une silhouette se matérialisa sous ses yeux, si vite que les réflexes de Percy prirent aussitôt le dessus: il s'écarta d'un bond, tourna son poignet et fendit à la vitesse de l'éclair vers l'agresseur.
Qui sursauta violemment, ne s'attendant visiblement pas à une attaque, et recula juste à temps pour ne pas recevoir un pommeau d'épée en plein nez. Il leva les mains (plus par instinct que pour montrer qu'il n'était pas armé, vu qu'il tenait son arc dans une main et une flèche dans l'autre) et s'écria:
-Percy! C'est quoi ton problème d'essayer de me tuer?! Je sais que c'est marrant d'habitude, mais là on n'a vraiment pas le temps!
Percy reprit ses esprits et réalisa vraiment qui se tenait devant lui.
-Will!? Mais qu'est-ce que tu fais là?
Will fit la moue en levant un sourcil.
-Eh bien, je m'en allais traire une vache extraterrestre pour donner le biberon à un bébé licorne multicolore qui mange des papillons… Mais voyons, Percy! Je m'en allais avertir tous les demi-dieux qui sont postés de se préparer au combat et en passant je t'ai vu, et alors j'ai réalisé un truc et je suis venu t'avertir. Qu'est-ce que tu croyais?
-Ben je sais pas… (Percy haussa les épaules.) En tout cas pas que t'allais traire une vache extraterrestre pour donner le biberon à un bébé licorne multicolore qui bouffe des papillons.
Will relâcha les épaules d'un air résigné et leva les yeux au ciel. Puis, secouant la tête de droite à gauche, il déclara:
-Ah, Percy… Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi? Tu ne changeras jamais, t'es vraiment un cas désespéré. Bref, je venais te dire…
Soudain, une brusque secousse fit trembler la terre et des romains débouchèrent dans la calme prairie à une dizaine de mètres d'eux, hurlant comme des malades et brandissant des épées ou des javelots d'or impérial.
Will réagit aussitôt et grimpa à la vitesse de la lumière dans l'arbre le plus proche. Puis, lorsqu'il fut à près de 5 mètres du sol, il encocha une flèche et, dans un sifflement, elle alla se ficher aux pieds du premier romain. Aussitôt, des fils métalliques se détendirent tels une énorme toile d'araignée, bloquant le passage des ennemis.
-Cours, Percy! hurla Will pour couvrir le son assourdissant des romains qui grondaient et criaient de plus belle. Avec Arielle dans les bras, tu ne seras jamais capable des les battre tous!
-Mais toi? répondit Percy. Je ne te laisserai pas seul! Tu ne tiendras jamais!
Will sourit, puis fit un clin d'oeil en lançant:
-T'inquiète! Je vous suis, simplement je vais couvrir vos arrières. Maintenant cours! Le filet ne tiendra pas longtemps!
Percy, pas plus rassuré, chuchota alors à l'oreille d'Arielle, qu'il tenait bien serré contre lui:
-Attention, ça va faire une secousse. Prête?
Puis, sans même attendre la réponse, il partit comme une flèche dans la direction opposée des romains. Il entendit derrière lui Will décocher flèche sur flèche contre les romains afin de les ralentir, et pria pour que le filet ne casse pas avant que son ami n'ait prit la fuite lui aussi. Car sinon... Eh bien, disons qu'il ne parirait pas trop cher sur leur vie à tous les trois.
Il courut comme un fou, franchissant d'un bond les rochers, contournant les arbres et plongeant même carrément dans le ruisseau (en faisant attention à ce qu'Arielle ne soit pas mouillée bien sûr). Il courut à en perdre haleine pendant il ne savait combien de temps, zigzagant un peu partout dans la forêt. Pas pour se rendre à un endroit précis, non. Juste pour semer les romains et protéger le petit corps chaud qui se collait contre lui et dont la survie dépendait de lui.
Cependant, après un certain moment, il dut freiner à vive allure. À son grand désarroi. Car il pouvait voir, tout en bas de la pente, une vallée remplie de petites maisons, d'arènes, de terrains, de champs et même un lac. Une vallée qu'il connaissait très bien.
Il était arrivé à la bordure de la forêt. À la colonie.
-Non. Non, c'est pas vrai, je suis dans un cauchemar, grogna-t-il entre ses dents.
Arielle tourna ses yeux vides vers la vallée qui s'étendait à leurs pieds. Elle claqua de la langue et tendit sa main.
-Nous sommes arrivés à la colonie, déclara-t-elle d'un ton pensif. Pourquoi tu dis «non»?
Percy se demanda comment elle avait fait pour deviner. Mais il rangea aussitôt l'info dans un coin de sa tête et l'oublia momentanément; ils avaient plus important à faire.
-Écoute, il n'y a personne en bas pour protéger le camp. Et moi, comme un bel imbécile, j'ai amené les romains pile là. Ils ne doivent absolument pas découvrir l'emplacement de la vallée, d'accord? Sinon, on est fichus. Ils détruiront tout, et personne ne sera là pour les arrêter. Il faut qu'on s'en aille au plus vite.
Percy tourna les talons et s'apprêta à repartir, quand soudain une voix familière retentit. C'était Will qui, tel un Tarzan des temps modernes (bon, d'accord, Percy le compara plutôt à un marsupilami sans la queue et la fourrure jaune à pois noirs, mais c'était moins poli que Tarzan), bondissait de branches en branches dans sa direction.
-Percy! s'écria-t-il. Ils arrivent!
Effectivement, un nuage de poussière le suivait à quelques dizaines de mètres derrière lui, et des romains furieux surgirent, brandissant leur épée et criant vengeance.
Will sauta par terre et courut vers son ami.
-Percy, mais qu'est-ce que tu fais? Déguerp... (puis il aperçut la vallée.) Ah non. Non, non, non. Alors là c'est pas vrai. Je suis dans un cauchemar.
-C'est ce que je disais aussi, confirma Percy.
Cependant, Will se reprit rapidement et déclara d'un ton grave:
-Écoute, j'ai laissé les autres seuls contre d'autres romains. Les autres grecs devraient les rejoindre mais même là, je ne sais pas s'ils vont tenir. Mais pour l'instant, ce qui compte, c'est de protéger le camp, d'accord? Je ne sais pas ce qui leur arrive, je ne croyais pas les romains si sanguinaires mais là si on fait rien, ils vont tout détruire.
-C'est ce que je disais aussi.
-Ils vont mettre la colonie à feu et à sang.
-C'est ce que je disais aussi.
-Et nous on va se faire péter la tronche.
-C'est ce que je disais aussi.
-Alors t'es prêt?
-Ouais, acquieça Percy. On doit sauver le camp.
Alors, les jeunes hommes se positionnèrent côte à côte pour le combat. Percy murmura à l'oreille d'Arielle:
-Je vais devoir combattre, d'accord? Je suis désolé. Mais je te promets que tu ne mourras pas.
La petite hocha la tête.
-Tu promets aussi que tu tueras personne? fit-elle d'une petite voix.
Le jeune demi-dieu sourit.
-Promis, jura-t-il.
Mais, alors que les premiers romains étaient déjà assez proches pour croiser le fer avec lui, percy ressentit une torsion horrible dans l'estomac. Il se plia en deux sous l'effet de la douleur et, incapable de respirer, vit le monde autour de lui sombrer dans le noir.
Puis, il ouvrit les yeux.
Yo! J'espère que vous allez bien :) Donc je poste le chapitre 11 dans, hum, quatre jours? cinq peut-être?
Oui je sais ces derniers chapitres ne sont pas les plus passionants et ça doit être toff pour ceux qui ne lisent cette histoire que pour le Caléo mais je devais les écrire alors voilà :/ tout cas pour ne pas que vous ne m'abandonniez (je vais me sentir comme une chaussette qui a perdu sa jumelle dans le panier de linge sale sans vous :( ) je vous dévoile un mini-spoiler: bientôt, les sept vont rencontrer non pas une mais bien deux divinités! Quant à Léo on le revoie bientôt (je sais pas encore qu'est-ce qu'il va se passer pour lui mais bah je verrai ça plus tard).
oui je sais c'est pas terrible mais bon C'est tout ce qui me vient à l'esprit comme spoiler :)
enjoy!
