Chapitre 18

LÉO

BAM !

Léo se réveilla brusquement.

Il avait la mémoire qui flanchait, mais le feu qui lui parcourait les veines eut tôt de lui rappeler les derniers évènements : Il avait été empoisonné. Par le dernier monstre qu'il avait combattu; une espèce de scorpion géant adepte au venin, qui lui avait porté un sale coup par-derrière. Le jeune homme se souvenait parfaitement de cette vision d'horreur, quand cette queue dégoulinante de jus vert scintillant lui avait tranché l'épaule à la vitesse de l'éclair. Il avait ensuite réussi à le faire bouillir dans sa carapace, mais ce qui était fait était fait; le poison s'était déjà trop propagé et, crachant du sang, il avait senti son cœur ralentir pour finalement tomber inconscient.

Ensuite par contre, c'était flou il se souvenait très vaguement d'une salle de bain, d'une voix et d'une porte, mais c'était tout. Pourtant, en évoquant la voix, il sentit une grande tristesse l'assaillir pour il ne savait quelle raison…

Mais pour l'instant, l'heure n'était pas aux souvenirs; son corps le brûlait de partout (nouvelle sensation pour le fils du dieu du feu), son cœur se prenait pour un as des drums et résonnait douloureusement dans chacun de ses os et, pour couronner le tout, il avait une migraine digne d'un géant. Mais le pire, c'était ses yeux; il avait l'impression qu'on les avait marqués au fer rouge et il était incapable de voir au-delà du rideau écarlate qui masquait sa vue.

Il prit une grande inspiration et s'étouffa avec l'air sec et sableux qui s'était introduit dans ses poumons. Cela lui permit cependant de reprendre complètement ses esprits et, clignant deux ou trois fois des yeux, il réussit à chasser le voile rouge et à distinguer les choses. Puis, serrant des dents, il se releva lentement. Deux ou trois fois ses genoux manquèrent flancher et l'envoyer embrasser le sol à ses pieds, ses muscles s'embrasaient à chaque mouvement, mais il survécut et réussit l'exploit. Assez content de lui, il constata même que, mystérieusement, le poison semblait avoir disparu et qu'il se sentait vachement mieux qu'écrasé au sol (cela avant qu'il ne se craque l'épaule par inadvertance et qu'il eut l'impression que sa tête se détachait de son corps.)

Il vérifia rapidement : ok, tous les morceaux étaient là. Ok, ils étaient à la bonne place. Ok, certains étaient vachement amochés mais ça passait. Eh bien ! Il souri. Il s'en sortait mieux que prévu, finalement.

Il jeta un coup d'œil autour de lui. Malheureusement, il était toujours dans l'arène et rien n'avait changé, à part que le sable n'était pas aussi égal qu'avant, que les carcasses des monstres récents traînassaient encore dans la poussière et qu'il semblait que la masse de monstres dans les estrades s'était multipliée, malgré le fait que la salle semblait être infinie.

Ça, ça avait vachement intrigué Léo, au début; pourquoi est-ce que ces psychopathes ambulants assoiffés de sang ne se précipitaient pas sur lui et regardaient sagement le spectacle ?

La réponse avait été donnée lorsque l'un d'eux, un serpent volant à pattes de poulet, aux yeux exorbités et semblant, ma foi, plus brave (ou plus stupide ?) que ses congénères, avait virevolté malicieusement (stupidement ?) jusqu'à la limite des estrades. Le pauvre volatile avait aussitôt disparu, comme gobé par un monstre invisible entourant l'arène, ne laissant comme souvenir de son passage sur cette terre que quelques plumes graisseuses. Avec un frisson, Léo s'était promis de ne pas approcher des rebords de l'arène.

-Encore sur pieds ? Je n'aurais pas cru cela possible, ricana une voix qui ressemblait à un mix de mégère (en plus mâle) et de bruit de tôle rouillée. Quelques secondes de plus, et j'envoyais quelques-uns de mes comparses te rejoindre, et tu aurais fini dans leurs estomacs. J'ai horreur quand ce n'est pas propre.

Léo regarda par-dessus son épaule, un peu surpris. La voix provenait de l'estrade d'os, et elle appartenait (jamais le sang-mêlé ne se serait trompé) à un homme transparent, dont on devinait vaguement la carrure (plus imposante que Léo), la moustache (important de le préciser) et les petits yeux rieurs et pourtant étincelants de haine.

En le voyant, le jeune homme sentit son esprit s'enflammer d'une haine incommensurable.

-Toi… Commença-t-il.

Il ne réussit pas à finir sa phrase. Un goût amer lui monta à la bouche, et quelques instants plus tard il était plié en deux à cracher du sang.

L'Eidolon ricana.

-Tu n'es pas en très bon état. Il est l'heure que le véritable show commence .

Il se retourna, puis hurla :

-Que l'on aille chercher le spécimen 777!

Un petit moment se passa. Puis un grincement fit trembler la terre, et l'énorme grille rouillée opposée au couloir par lequel il était arrivé s'ouvrit. Léo se mit aussitôt en position de défense, et sortit deux dagues de sa ceinture, une pour chaque main, qu'il prit la lame vers le bas de façon à pouvoir lancer ses flammes par les paumes sans avoir à les lâcher.

(Pourquoi des dagues ? C'est vrai, que ce n'était pas son arme habituelle mais lors de ses anciens combats, il avait remarqué que taper avec une masse des ennemis blindés aux écailles aussi dures que du diamant n'était pas la bonne solution. Il avait donc opté pour des armes petites, légères et tranchantes qui pouvaient se glisser dans les points faibles de ces armures, puis les agrandir pour que le jeune homme ait finalement accès à de la chair à carboniser. Et, étonnamment, il avait adopté ces nouvelles lames avec beaucoup de facilité et de rapidité, comme si elles avaient toujours été ses armes de prédilection. C'était peut-être à cause de ses capacités de combat, qui ressemblaient à celles des voleurs dans les jeux vidéo : il était plutôt du type rapidité et agilité qui ne rate jamais son coup et qui vous massacre en plusieurs tours plutôt qu'un gros tank lent comme une limace mais qui tue d'un coup s'il vous atteint. Et d'ailleurs, les voleurs aussi, leur arme préférée est la dague.

Léo et des voyous, qui partagent des capacités identiques ? Voyons donc. À croire que le destin se roulait par terre en gueulant de rire quand il le regardait.)

(reprenons.)

(Hum hum.)

Mais quand la grille s'ouvrit totalement pour la septième fois, et que pour la septième fois une silhouette émerga des affres noires d'encre de ses entrailles, pour la première fois, la toute première fois sur sept putain de fois, Léo fut surpris. Parce que le monstre si dangereux et si imposant qu'on lui avait réservé pour l'achever une bonne fois pour toute…

… mesurait moins de 10 centimètres.

Ou plutôt, 10 centimètres de hauteur; il devait bien faire une cinquantaine de centimètres de la tête jusqu'au bout de la queue. Environ comme un ara, ce gros perroquet coloré. Mais en plus écailleux. Parce que c'était un dragon. Un putain de dragon mec ! De 50 centimètres! Et multicolore en plus! Si Léo ne se savait pas en état de danger extrême et qu'il allait probablement traverser le Styx pour rejoindre les Enfers très bientôt, il aurait souri. Et peut-être même ri. Mais sur le coup, l'idée ne lui traversa même pas l'esprit.

Et, encore plus surprenant, quand le petit dragon s'avança à la lumière des spots et que la grille retomba brutalement derrière lui, mini-dragon sursauta comme si on l'avait électrocuté, puis galopa en trébuchant jusqu'à celle-ci et essaya de traverser les barres de fer. Il fallut que des monstres non-identifiés (probablement des Gardiens, comme le monstre qui avait accompagné le jeune demi-dieu jusqu'à l'Arène) le repoussent avec sortes de tasers ultra-puissants pour qu'il abandonne l'idée et retourne à son ancienne place. Sans qu'il le veuille, le sourcil gauche de Léo monta inexorablement vers le haut dans une expression incrédule.

Tout cela était… Déconcertant. Oui, déconcertant était le bon mot.

Un grésillement de micro résonna.

-Eh, demi-dieu de mes deux, fit une voix hargneuse. J'ai dû faire des milliers d'expériences avant d'arriver à ce petit bijou, et ce dans l'unique but de te voir mourir sous ses flammes. Pendant des années après notre rencontre (t'avais-je dis que le temps ne se déroulait pas comme à la surface?), j'ai attendu que ce spécimen éclose. Et voilà que, comble du miracle, il a cassé sa coquille le jour où on t'a attrapé!

Léo ne voyait pas l'Eidolon; par contre il ne lui était pas difficile d'imaginer son sourire de chat de Cheschire briller dans les ombres de l'estrade.

-Ah, et maintenant que j'y pense, il n'a pas de nom, j'ai tué sa mère quelques minutes après qu'il soit né. Elle ne me servait plus à rien. Alors, en temps que premier adversaire, je te laisse l'honneur de le nommer. (il ricana.) Si tu vis assez longtemps pour le lui donner!

Un silence perplexe s'ensuivit. Léo ne voyait définitivement pas ce qui pouvait bien y avoir de spécial en cette petite chose tremblotante. Et puis, cette merde rachitique avait bien parlé de flammes non? Quelle stupidité. Ces supposées années passées à faire des expériences d'accouplements suspectes entre races de monstres avaient dû lui faire péter un plomb.

Le petit dragon, quant à lui, n'avançait pas d'un poil et faisait encore moins mine d'attaquer. Sans pouvoir s'en empêcher, Léo se demanda quel nom pourrait-il bien lui donner. Pourquoi pas Pedro? ou Mushu, comme dans Mulan! Attendez, non. Son nom, c'est Casey. C'était écrit dans les étoiles.

Plongé malgré lui dans des réflexions hautement psychologiques, le jeune homme ne vit pas la manette qui émit une faible lumière dans les ombres de l'estrade, comme il ne vit la même lumière s'allumer sur un collier camouflé dans les écailles du cou du petit monstre. Ce ne fut que lorsqu'un éclair lui déchira la rétine et que mini-dragon vomit une barrière de feu blanc, que la température ambiante chuta désagréablement sous le 0 degré Celsius et que la moitié de l'arène fut recouvert de glace scintillante qu'il réagit.

Il bondit vers l'arrière en sentant le froid glacial lui mordiller les orteils, ignorant la douleur de ses blessures à peine cautérisées se réouvrant et le sang chaud qui commençait à couler en filet dans son dos. Instinctivement, il projeta une colonne de feu, qui au contact de la glace émit un bouquet de vapeur, lui bouchant la vue l'espace d'un instant.

Ce qu'il vit après ne l'enchanta guère.

Mini-Dragon était devenu Giga-Dragon.

Et Giga-dragon semblait être déchaîné; du haut de sa dizaine de mètres, il hurlait à s'y fendre les tympans en crachant de façon irrégulière des jets de flammes dont la couleur variait à chaque battement de cils, allant du blanc pur au rouge écarlate, en passant par le mauve pieuvre et le rose fushia. Et chaque couleur semblait avoir une capacité particulière; le blanc gelait, le vert était une véritable flaque de venin consumant tout ce qu'il touchait, le noir était un nuage cauchemardesque, etc.

Maintenant, Léo comprenait pourquoi Plus-Si-mini-Dragon était si précieux aux yeux de l'Eidolon. Et il comprenait aussi -malheureusement- le sens du "mourir sous ses flammes".

Pendant plusieurs minutes, il s'efforça d'éviter tant bien que mal les tornades arc-en-ciel, ignorant les hurlements des monstres-spectateurs qui perçaient par-dessus le grondement rauque de Giga-Dragon. Mais, malgré ses tentatives, jamais il ne réussissait à s'approcher à plus de 2 mètres du monstre, que ce soit sa queue ou le bout de son museau. Les couleurs sur son dos défilaient à une vitesse aveuglante, créant des illusions d'optique et l'empêchant de se concentrer efficacement. Quant à ses propres flammes, elles restaient toujours aussi platement orangeâtres et faisaient match égal avec les siennes, dégageant des étincelles quand elles se fracassaient l'une contre l'autre, comme une marée contre une falaise, ou deux épées immatérielles se rencontrant.

Le jeune homme dut le concéder; L'Eidolon lui avait dégoté un adversaire de taille. Un adversaire, qui, peut-être, le premier, réussirait à prendre le dessus sur lui.

D'ailleurs, en parlant de lui, Léo jeta un coup d'œil vers l'estrade; ce dégénéré ne pouvait pas ne rien faire devant le spectacle, non?

Et c'est alors que, du coin de l'œil, il la vit. Cette petite lumière qu'émettait la télécommande. Elle disparut pendant quelques secondes; à ce moment-là, Giga-Dragon arrêta de s'époumoner, respirant par à-coups. Mais elle brilla rapidement de nouveau, et le monstre recommença à tempêter, d'une façon plus diffuse cependant, comme une sorte de plainte désespérée que les gens font tout bas quand ils en ont assez et qu'ils ont commencé à abandonner tout espoir.

C'est à ce moment-là que ça fit tilt! dans la tête de Léo. D'une façon qu'il n'avait pas encore trouvé, l'Eidolon contrôlait Casey à distance, lui envoyant des décharges électriques au rythme de son plaisir. Il entraperçut alors, pour la première fois, de la peur dans les yeux de la bête. Ou, plutôt, de l'horreur. De l'horreur, de la peur, de la douleur. Et de l'incompréhension. Une infinie incompréhension, comme s'il se demandait pourquoi il était là, pourquoi lui avait-t-on accordé le don de la vie si c'était pour souffrir.

Et, lentement, comme dans un mirage, Léo vit son reflet à la place du monstre. Ce monstre, encore un bébé, qui avait déjà perdu sa mère; ce monstre, rejeté par les siens; ce monstre, contre qui le destin s'était déchaîné; ce monstre, dont le seul péché était d'être né.

Ce monstre, c'était lui.

À ce moment, la tête de Léo se vida entièrement. Ce furent ses instincts qui prirent le dessus. Il bondit vers la créature alors qu'elle reprenait son souffle sans faire mine d'utiliser ses pouvoirs, et réussit in-extremis à s'accrocher à sa queue. Il se mit immédiatement à escalader jusqu'à atteindre son dos, ignorant les vociférations de sa nouvelle monture qui se cambrait de surprise, cherchant une puce ou quoi que ce soit qui permettait à l'Eidolon de contrôler son nouveau protégé. Par un heureux miracle, il réussit à grimper jusqu'à son cou sans se faire désarçonner et/ou réduire en bouillie par les flammes qui tourbillonnaient autour de lui, puis il tendit les mains et réussit à carboniser un bout du collier. Il l'arracha.

D'un coup, Giga-Dragon, se sentant soudainement libéré, redevint Mini-Dragon. Léo sentit soudainement du vide sous ses pieds. Quelques secondes après, il s'écrasait 7 mètres plus bas. Un éclair de douleur le traversa, partant de son talon et suivant sa colonne vertébrale. Il resta étendu la, assommé. Mini-Dragon était étendu à quelques mètres de lui, dans un état similaire.

C'est alors que le collier qui lui était resté dans sa main grésilla. Et, alors que le jeune homme voyait la lumière pâle s'allumer au ralenti, il réalisa l'erreur fatale de ne pas l'avoir balancé le plus loin possible.

Mais c'était déjà trop tard.

Il ne vit même pas l'halo blanc l'entourer. Il ne ressentit qu'une légère brûlure se diffuser dans tout son corps une fraction de seconde.

Puis la douleur explosa.

Il ne pouvait plus bouger. Il ne pouvait même pas penser. C'était comme si toutes ses cellules flambaient l'une après l'autre. L'espace d'un instant, il alla même jusqu'à en perdre la vue. Instinctivement, il ouvrit la bouche pour hurler, mais aucun son n'en sortit. Il restait étendu là, avec l'impression que chacun de ses membres se détachaient l'un après l'autre. Et tout ce qu'il pouvait faire, c'était rester en spectateur de son propre sort.

Et soudain, la douleur cessa. Léo respira un bon coup et, le cerveau embrumé, il réalisa que ce qu'il croyait être une éternité n'était en fait que quelques secondes. Le sol autour de lui fumait; sans ses pouvoirs, il ne serait probablement qu'un tas de chair calciné. Et encore, il avait de la chance. La puissance d'électrocution du collier était réglé pour un dragon. Un humain normal n'aurait pas survécu.

Incapable de bouger, il réussit tout de même à tourner un peu la tête en sentant le résonnement de pas dans le sol; Mini-Dragon, apparemment affolé, trébuchait dans sa direction. Avec le peu d'esprit qui lui restait, le jeune homme pensa: "ça alors, maintenant il me prend pour sa mère."

Mais soudain, deux ombres massives se détachèrent de l'arrière-plan et s'avancèrent, grossissant toujours plus au fil des secondes. Au début, Léo ne les vit même pas; tourner la tête avait fait apparaître des points noirs qui rongeaient le bord de son champ de vision.

Puis il réalisa alors que c'était les monstres Gardiens. Pendant un instant, il crut qu'ils venaient pour bouffer son cadavre et qu'il était bel et bien mort; pourtant, ils ne semblaient pas s'intéresser le moindre du monde à lui. Le jeune homme réalisa alors que ce qu'ils tenaient dans leurs mains, c'était leurs tasers et un filet en maille de fer.

Ils n'en voulaient pas à Léo. Ils en voulaient à Casey.

Dans un effort si grand qu'il faillit perdre conscience, il tendit les doigts dans leur direction dans une tentative désespérée d'avertir Mini-Dragon; malheureusement, il était encore trop loin pour voir le faible mouvement.

Puis de nouveau, une légère lumière jaillit de sa main maintenant inutile qui tenait le collier. Et, de nouveau, la douleur revint. À l'agonie et en équilibre précaire sur le fil ténu qui séparait la réalité de l'inconscience, il vit les monstres attraper Casey. Il les vit se servir des tasers ultra-puissants, rigolant en voyant la pauvre bête hurler et essayer de sortir du filet.

Elle était peut-être un dragon, mais elle vivait la même chose que lui.

Et il ne pouvait rien faire.

"Tu ne peux rien faire?"

Soudain, la vue de Léo vira au rouge écarlate et fut envahie de bugs. C'était comme regarder une télévision mal branchée, quand les pixels changent de couleur et se déplacent en diagonale dans un bruit à se rendre sourd. Puis, alors qu'un ricanement tout droit sorti des Enfers résonnait en bande sonore de fond dans sa tête, il se sentit se relever. Le collier glissa de sa main inanimée. La douleur était insupportable, et pourtant elle était lointaine, comme si c'était quelqu'un d'autre qui la vivait.

Puis, d'un coup, sans avertissement, deux jets de lave sortirent du sol. Sans qu'ils aient même eu le temps de réaliser ce qui se passait, les deux Gardiens étaient réduits en tas de cendres. Casey, libérée, se dépêtra du filet, puis galopa vers le jeune homme. Une vague chaleur lui indiqua qu'elle avait grimpé sur sa chemise puis qu'elle s'était enroulée autour de son cou comme un serpent.

Léo marcha -ou, du moins, il se sentit marcher-, et s'arrêta face aux tas de cendres. Il se pencha, ramassant deux pleines poignées de la poudre dorée, et les laissa filer entre ses doigts. Un sentiment de puissance exquis le parcourut, le faisant frémir de plaisir.

Puis, il se tourna vers les estrades. Tendant ses doigts encore pailletés d'or, il les claqua. Une boule de feu d'une dizaine de mètre de diamètre fusa et alla frapper le monstre-protection. Le choc créa d'énormes vagues sur celui-ci, comme un ricochet.

Au début, la paroi tint bon. Mais, au bout de plusieurs secondes de lutte, il ne put résister au magma bouillant. Aussitôt transpercé, il se replia dans un hurlement lugubre et disparut comme on pète une bulle de savon.

Quant à la boule, elle continua son chemin et explosa sur les bancs de granit. Lorsque la fumée disparut, un énorme trou s'était creusé. C'était à peine si on pouvait distinguer les cadavres des monstres qui ne s'étaient pas déplacés à temps l'un de l'autre.

Une voix fusa, essayant de remettre de l'ordre dans les monstres paniqués. Cela lui prit une bonne minute. Enfin, l'Eidolon tourna alors la tête vers Léo qui était tranquillement resté à sa place pendant ce temps et pointa un doigt accusateur vers lui, bouillant de rage.

-Toi! beugla-t-il, fulminant. Tu as foutu mon spectacle en l'air! Ça t'amuse, n'est-ce pas?

Puis, se tourna vers ses compatriotes, il rajouta, avec la voix de quelqu'un fou à lier:

-QU'ON LE TUE!

Les monstres ne se firent pas prier. Hurlant de rage, ils sautèrent par-dessus la rambarde et se jetèrent sur lui.

Léo, le visage dans l'ombre, ne sembla pas pour le moindre du monde inquiet. Son esprit, quant à lui, avait renoncé à comprendre se qui se passait et dérivait doucement, s'éloignant de l'écran rouge comme l'on s'éloigne d'une fenêtre, abandonnant cette télévision de mauvaise qualité pour lentement s'immerger dans la pénombre.

Mais soudain, Léo sentit sa présence. Une énorme ombre, qui grandissait dans son dos, prêt à avaler tout rond la petite boule scintillante qu'était son esprit.

"Je prend les rênes, petit."

Léo, soudain, sentit son corps relever le menton. L'écran lui montra les têtes des premiers monstres virevolter dans les airs, des geysers de sang fuser tels des fontaines écarlates et leurs corps s'affaler en cercle parfait autour de lui, qui par un mystérieux sort ne se transformaient pas en poussière; il réalisa alors que ce qu'il tenait à la main n'étaient plus ses dagues mais une énorme faux. Impérieuse, solennelle. Mortelle.

Sa dernière impression fut les coins de sa bouche qui se relevaient dans un sourire dément. Puis, l'écran rouge s'éteignit, le plongeant dans la noirceur la plus totale.

"L'heure du bain de sang a sonné."

Et il ne pensa plus à rien.


Putain. J'ai pas réussi hein ? Vous savez, mon défi de finir cette fanfic avant la sortie du BOO en français. Mais dites, vous allez quand même continuer à venir me voir hein, moi et cette modeste histoire ? siouplait ? O-O

Ahhh, et vous savez quoi? Changement de plan! :D

...

Ça ne veut probablement rien dire pour vous, mais pour moi si. Alors je peux certifier avec exactitude que la partie 1 de cette fanfic finira dans deux chapitres, ce qui veut dire que le chapitre 21 sera officiellement le premier chapitre où Léo se mettra à la recherche de Calypso! (ce qui ne veut pas dire que la partie 1 sera complètement oubliée hein)

...Ah, putain que ça fait du bien de dire ça c'est pas pas croyable.

Et, mais hé! en passant depuis février ça fait maintenant un an que cette fanfic existe et c'est grâce à vous que je me suis assez botté le cul pour me retrouver cette passion que j'avais perdu il y avait quelques temps et qui s'appelle l'écriture! Merci énormément, vous savez pas combien j'apprécie du fond du coeur! :3

Bon. Maintenant c'est l'heure des excuses, je suppose. Donc je ne vais pas vous embêter à propos du fait que ma clé USB a failli auto-imploser et que je n'ai pu accéder à son précieux chargement qu'après deux semaines, quand un ordinateur miraculeux a réussi à la faire marcher le temps que j'enregistre son contenu directement sur le site; non plus que j'ai manqué me faire amputer un bras après une mauvaise chute; non plus que je suis restée paralysée de la main droite pendant 4 jours; et non plus que, par-dessus tout ce bordel, il fallait que ça devait arriver dans la période des examens :( Tout ce que je vous demande, c'est d'accepter (pour, quoi, la 18eme fois, oui bon bref) mes humbles excuses.

(Ah oui et vous connaissez un truc de motherfucker super cool et pas du tout ironique qui s'appelle Homestuck? Si oui, alors vous me comprendrez si je dit que la découverte de ce truc a aussi participé au ralentissement de mes temps d'écriture :o) D'ailleurs, Casey en est une référence)

(D'ailleurs à propos de Casey, mes excuses si mes accords vous aie embêté, mais bon Mini-Dragon étant masculin et Casey, un nom féminin, et que je n'ai toujours pas déterminé son sexe (s'il/si elle en a un...), ça me complique un peu les chose :|)

Je suis désolée pour la fin de merde du chapitre. J'ai pas vraiment de raisons pour le coup, à part que ça va s'expliquer bientôt. Donc, déso. :/

Ah, et le prochain chapitre va être assez court, j'essayerai de le poster dans deux semaines environ. Et il sera du pdv de Léo! :D(et peut-être l'autre d'après aussi)(Mais c'est moins sûr)

(ya ma sister qui met à fond les tounes des 1D en déprimant profond ughhhhhh c'est bien triste tout le bordel mais 24h/24 ça devient lassant)

Donc bref, à dans deux semaines, bizzz! :3

***lyli: SALUUUUUT! bienvenue dans ce gros bordel! ahah ;) Je suis heureuse de savoir que mes textes t'ont plu :D J'espère que je n'ai pas été trop lente pour toi! (Dans le cas contraire désolé bon bah bref) J'espère que celui-ci a été à la hauteur de tes attentes! B) (c'est un smiley avec de lunettes)

allez, ciao!

Ps: Martinique? Vaaaache et ya moi là qui se gèle le cul au Québec pffft ;)

***Ellexa:Yoyoyoyoyoyo! Toujours un bonheur de te reparler 3 Donc ouais l'ancien chapitre était assez embrouillé, déso...Bah en tout cas tu comprendras dans deux chapitres ;) En tout cas j'espère que son état maintenant ne t'affecte pas trop vu qu'il est plus ou moins mort :S

...

Meeeeeeeuuuuh non qu'il a pas crevé voyons donc! Ou juste un peu. un petit peu. Un petitpetit peu. On verra ça dans le prochain chapitre:3

Le lycée hein? C'est genre la seconde, la première et la terminale c'est ça? Donc, moi, je serais en troisième? Houlà.

Allez bon voili voilou bisous! :o)

***Sammyye33: Ouais elles étaient délicieuses! Nutella-banane mmmmmh :3 Et merci pour ton bonne fête! Eh ouais Léo revient et il y reste pour un bon bout de temps! Me gusta comme tu dis! (J'ai absolument aucune idée de qu'est-ce que ça veut dire mais ça sonne bien héhé) J'espère que ce chapitre t'as plu, que t'es pas morte ou quoi que ce soit en attendant, booya et à la prochaine! xoxo

***Nicolas: Hey! Waouh je suis contente de voir que la chanson a fait son effet! ;) Elle s'appelle Let her go de Passenger si ça peux t'intéresser ^_^ Et, bon, franchement, je voulais te dire que j'apprécie énormément tes commentaires. c'est super profond et franc, voire solennel... j'aime!(y)

Et ahahahahahahahah pour ta réaction pour la fin du chapitre! Je sais que je suis sadique, on me le dit assez souvent. C'est ma plus belle qualité.

(ok j'ai essayé de ne pas rire en écrivant cette dernière phrase mais j'ai craqué pfffftaahahahahah :'))

Et donc pour ce chapitre j'ai dû embrouiller bon nombre de gens mais paix! ça s'expliquera par la suite :o) Quant aux yeux rouges, ils seront mentionnés dans deux chapitres (le prochain, c'et une sorte d'interlude). J'espère que tu n'auras pas trop à patienter! :D

Ah, et pour ton ps. Sérieux, merci infiniment pour ton soutien. tu as dit que ce n'était que ton humble avis, mais pour moi chaque avis a une importante vitale. Et, franchement, si un jour j'écris vraiment un bouquin (j'ai eu un gros boost d'inspiration en lisant ton message et j'espère de tout coeur pouvoir transformer une de ces idées en texte, puis en histoire, et enfin en livre :P), je jure que je te mettrai en dédicace comme étant Le mystérieux Nicolas de ma vieille fanfiction sur les Héros de l'Olympe ;) Et c'est sérieux hein!

Bref, merci encore énormément pour ton soutien! :3

Ps: J'espère que ça ne passera pas pour une impolitesse ou quoi que ce soit et ne te sens pas obligé d'y répondre si tu ne veux pas, mais pourrais-je éventuellement connaitre ton âge et ta nationalité? J'ai la bonne impression que la plupart des lecteurs ici sont environ dans ma tranche d`âge et que la plupart vit en Europe (ou en Martinique humhum), mais toi, je suis incapable de te donner un âge ou une nationalité et ça m'intrigue un peu :$ Encore une fois ne te sens pas obligé de répondre hein

Re-ps. Ahah t'inquiète ce n'est qu'une expression je ne pleure pas vraiment :P En vérité je ne pleure quasiment jamais, jsuis pas une faible moi! (ce qui ne m'empêche pas d'avoir des sentiments, hé) (désolée si jai vexé ceux qui ont la larme facile O_O)