Bonjour, bonjour,

Nouveau chapitre pour ce premier week-end de février 2024… Ce chapitre et la plupart des suivants bénéficient d'une relecture par à Akhmaleone (dont vous pouvez trouver le profil et les écrits ici et sur d'autres sites de fanfic comme AO3) et Morgane, toutes deux connues sur le serveur discord Potterfiction. Merci à toute les deux pour vos corrections et propositions d'amélioration.

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L'écriture recommence à avancer un peu le prochain chapitre est à fignoler et le suivant, quasi fini. Le 123, qui est toujours une page blanche, semble être en train d'émerger doucement dans ma tête et ensuite, c'est variable (je vous en ai déjà beaucoup dit la dernière fois -). Bref, ça avance !

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Franchement, je ne le dis pas souvent mais j'adore ce chapitre donc, j'espère que vous l'apprécierez également et m'en donnerez des nouvelles. Je suis impatiente de vous le présenter alors, hop, on y va sans tortiller ! Bonne lecture !

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Dans les épisodes précédents : "Après une nouvelle année de pérégrination, Hannah et George décident de franchir le pas et de vivre leur histoire à fond, sans allers/retours, sans atermoiements, sans faux-semblant… Vraiment ? ".

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Chapitre 119 – Hannah

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février 2006

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Hannah resserra son étreinte sur les épaules de George avec un brin d'appréhension tandis que, les bras serrés contre son torse, le corps avachi sur sa compagne, il fixait le mur blanc face à eux. Se contorsionnant, elle glissa les doigts dans ses cheveux d'un geste rassurant.

Un raclement de gorge discret lui fit tourner les yeux vers l'entrée de la salle d'attente de l'aile ouest du premier étage de l'Hôpital Sainte-Mangouste où ils s'étaient réfugiés, au calme, depuis de longues minutes.

- George ? demanda doucement Molly Weasley.

La petite femme entra à pas de loup dans cette salle exiguë, déserte en dehors du couple.

- Elle… Elle n'a pas réfléchi, tu sais, chuchota sa mère, sans oser réellement avancer davantage dans la pièce.

Hannah sentit George se tendre. Elle resserra sa prise en la suppliant de se taire d'un regard appuyé. Elle pensait sincèrement que les discussions pouvaient attendre. Ce n'était pas nécessaire. Pas maintenant.

Molly l'ignora. Elle détourna les yeux en se triturant les mains devant elle pour les fixer la seconde suivante sur son fils. Elle ouvrit plusieurs fois la bouche avant de réussir à parler d'une voix chevrotante.

- Ta soeur ne pensait pas à mal.

- Elle n'avait pas le droit, gronda George d'une voix sourde, sans bouger d'un millimètre, sans même regarder sa mère qui, elle, fit à nouveau un pas vers eux.

- Je- Je ne sais pas ce qui lui est passé par la tête.

Le jeune homme se redressa, le visage fermé, et la toisa un instant. Elle avança encore, prudemment.

- Elle ne pensait pas à-

- Non. Elle ne pensait pas du tout, la coupa George d'un ton tranchant.

Il se leva complètement, cette fois, et arpenta la petite salle d'attente de long en large.

- Je ne peux pas croire qu'elle… Elle… Elle n'avait pas le droit, Maman ! s'exclama-t-il encore dans de grands gestes.

- On ne peut pas l'en empêcher, George… Même si on n'est pas… Enfin… Je veux dire… C'est son choix. C'est leur choix. On ne peut pas les en empêcher.

- Je ne suis pas d'accord. C'est mon frère. Mon-

- George, s'indigna sa mère. C'était son frère aussi.

Molly Weasley avait du mal à retenir ses larmes et se rapprocha encore de son fils. Elle chuchota, de manière totalement décousue.

- Je ne peux pas te laisser… Elle… Il a toujours été son préféré, tu le sais… Elle…

Hannah était mortifiée. Mortifiée d'être témoin de cette scène, mortifiée de ne rien pouvoir faire pour les aider. Elle se sentait tellement impuissante à les écouter, une main couvrant sa bouche, le regard inquiet.

- Elle n'a pas le droit, souffla George en enlaçant sa mère de toutes ses forces.

La matriarche resserra son étreinte et berça son fils dont le corps, bien trop grand pour le sien, était replié sur son épaule. Il avait l'air si jeune tout à coup. Si perdu. Elle était persuadée que si elle avait vu la scène de l'extérieur, elle n'aurait jamais pu deviner qu'il approchait inexorablement de la trentaine. Hannah dut se mordre la lèvre pour s'empêcher de pleurer avec eux.

- Je ne peux pas t'obliger à revenir voir ta soeur et… et Fred mais-

Elle n'arriva pas à terminer sa phrase tant elle sentit George se tendre entre ses bras. Un silence épais les enveloppa.

- Mais tu ne pourras pas les éviter éternellement, Georgie, murmura Hannah qui s'était levée et les avait rejoints.

Elle lui offrit une caresse appuyée dans le bas du dos et il se détacha des bras de sa mère pour fondre dans les siens.

- J'ai l'impression qu'elle le tue une deuxième fois, renifla-t-il au creux de son cou.

Hannah leva une main impérieuse qui ne lui ressemblait pas à l'intention de Molly et lui intima de se taire, les sourcils froncés. La matriarche s'exécuta sans discuter, cette fois-ci.

- Je sais, chuchota-t-elle à l'oreille de George. Je sais que c'est ce que tu ressens et j'en suis désolée.

- Je ne veux pas.

- Je sais, Georgie. Je sais que ce n'est pas ce que tu veux. Mais tu ne crois pas que Fred comprendrait ? Elle aussi, elle a besoin de lui.

- … Peut-être, souffla-t-il si bas qu'elle n'était pas sûre d'avoir bien entendu.

- Vous ne pouvez pas continuer à vous déchirer.

Il colla son front à celui de Hannah et loucha pour la regarder dans les yeux en hochant la tête lentement.

- Vous avez trop souffert… Tous…

Il ânonna d'un vague mouvement de tête.

- Ce sera encore plus dur pour lui, tu sais… Tu es capable d'aimer cet enfant George.

Il ne bougea pas d'un iota et la scruta intensément.

- Même s'il s'appelle Fred. Tu es capable de l'aimer. D'accord ?

- …

- Je vais avoir besoin que tu prononces des mots, maintenant George. D'accord ?

- D'accord, marmotta-t-il d'un ton seulement à moitié convaincu.

Elle détacha leurs fronts et lui prit les mains en enlaçant leurs doigts.

- D'accord, confirma-t-elle. Tu préfères retourner les voir maintenant ou attendre demain ?

Elle resserra sa prise en le sentant se raidir à nouveau.

- C'est comme tu préfères, George. Dans tous les cas, ce sera difficile.

Il inspira longuement sans la quitter des yeux.

- Maintenant. Tu viens avec moi ?

- Bien sûr, lui sourit-elle.

Comme si elle pouvait ne serait-ce qu'envisager de l'abandonner maintenant.

- Tu devrais te passer un peu d'eau sur le visage, ajouta-t-elle en le poussant au creux des reins.

Il acquiesça et s'éloigna des deux femmes à la recherche des toilettes les plus proches.

- Merci, murmura Molly Weasley en s'approchant d'Hannah. Il a de la chance de vous avoir…

La jeune femme lui offrit un sourire triste et s'empara de sa main.

- J'imagine que c'est difficile pour vous aussi.

La mère de famille pinça ses lèvres et haussa les épaules en regardant le vide derrière elle.

- … Il ne se rend pas compte que j'ai perdu mon fils. Je ne sais pas ce que c'est que de perdre son jumeau mais… J'ai perdu mes deux frères pendant la première guerre et un de mes fils pendant la suivante. Il ne comprend pas.

- Vous avez le droit de lui dire Molly.

- Il ne-

- Non. Pas à George. Pas maintenant. À Ginny. Vous avez le droit de lui dire que vous ne voulez pas qu'elle appelle son fils Fred.

La mère de famille ouvrit la bouche sans arriver à émettre le moindre son.

- Vous avez le droit, affirma-t-elle encore.

Molly nia de la tête, les yeux rivés au sol. Hannah s'apprêtait à ouvrir la bouche quand George revint, l'air plus apaisé malgré son teint trop pâle.

En silence, ils longèrent le couloir en sens inverse, et croisèrent, au passage, l'ensemble des fils Weasley et leurs compagnes, à chuchoter ci et là, les visages graves.

La décision de Ginny et Terence les avait tous bouleversés. Tous. Hannah n'avait eu que peu de doutes au moment du départ précipité de George après l'annonce, mais le constater de ses propres yeux lui vrillait l'estomac.

Elle ravala la bile qui lui montait à la bouche et s'obligea à rationaliser. Ginny ne voulait que rendre hommage à son frère disparu. D'une manière maladroite, tellement mal à propos, mais… il n'y avait rien de plus. Elle n'avait simplement pas réfléchi à la portée de ce geste.

Hannah se le répétait en boucle. Elle avait besoin d'y croire. Qu'elle n'avait pas envisagé le poids qu'elle allait faire porter à cet enfant, en l'appelant Fred. Qu'elle ne se rendait pas compte de ce qu'elle infligeait à ses frères et à ses parents.

Pourtant, quoi qu'elle ait pu en penser, elle ne pipa mot. À la place, elle enlaça ses doigts à ceux de George et caressa la peau de sa main de son pouce, espérant à chaque cercle tracé, lui offrir un peu plus de courage.

Elle entendit la respiration du jeune homme devenir plus profonde quand il posa la main sur la poignée de la porte de la chambre de Ginny et ils échangèrent un regard qui la déchira. La confiance qu'elle y lisait lui faisait presque peur.

Elle avait tout le temps l'impression d'être à moitié dans un rêve dont elle craignait de se réveiller. Quand ils avaient décidé de plonger dans leur histoire, en août dernier, elle n'y croyait qu'à moitié.

Pourtant, elle n'avait pu que constater que George s'investissait totalement dans leur relation. Il n'était toujours pas un gentleman. Il restait George, un indécrottable farceur côté face, un trauma ambulant côté pile.

Il continuait, certains soirs, à trop boire, à laisser son regard se perdre dans le néant, ou à faire des cauchemars mais, à chaque fois qu'elle faisait mine de lui tendre la main, il s'y accrochait pour remonter et avancer.

Pas une fois, au fil des mois, il n'avait fait mine de faire marche arrière. Pas une fois elle n'avait douté de lui. Ils n'avaient même pas besoin de s'avouer leur amour. Ils savaient. Sans un mot. Ce n'était pas nécessaire.

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Alors ? Verdict ? Qu'en pensez-vous ? Quels enjeux pour la suite ? Et puis en Next-Gen, il nous reste qui encore ? :-D