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Notes de l'Auteure :
Cette nuit a été très étrange, comme souvent, cela dit. Néanmoins, il y a l'apparition d'un nouveau personnage dans ce songe. Bien que cette apparition a un lien, en quelque sorte, avec Mick. (Je l'expliquerai dans le récit.)
Le personnage dont il est question est l'humain principal dans le film :
'Dawn of the Planet of the Apes'
La nuit a été longue et j'ai fait plusieurs cauchemars. Dont un duquel je me suis réveillée en sursaut et en criant à 3h30 du matin. Je le sais, car j'ai voulu regarder l'heure sur mon téléphone, mais j'étais encore tellement sous le choc, que j'ai fait tomber mon téléphone par terre, ce qui a réveillé mon chéri à côté de moi. Puis, je me suis rendormie pour retomber dans des songes angoissants...
Donc, pour illustrer cette longue histoire, j'ai choisi la chanson :
'Survive' de Jeremy Renner.
Allez... Bonne lecture...
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« I'm falling down,
Who'll save me now ? »
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L'Apocalypse avec un grand 'A', voilà ce contre quoi nous luttions chaque jour et chaque nuit.
'Nous' ?
Vous devez commencer à me connaître, mais au cas où :
Je m'appelle Alisone Davies, j'ai 34 ans, je suis plutôt petite (1m58) et j'ai la peau blanche, presque maladivement transparente. J'ai de longs cheveux châtains noués en une épaisse tresse qui tombe dans mon dos, jusqu'à mes cuisses. Je porte une simple robe noire, avec un legging de la même couleur et des fausses Converses blanches. Je suis très fine, les yeux noisette et la peau recouverte de grains de beauté.
Maintenant, l'autre personne qui m'accompagne, se nomme 'Malcolm'. Et, la première fois que j'ai fait sa connaissance, je n'ai pu m'empêcher de penser à Mick.
Ils ont tous les deux le même âge (la quarantaine), la même taille, la même corpulence (fin et musclé) et ce jour-là, ils portaient des vêtements similaires. En plein cœur de l'Apocalypse, Malcolm était vêtu d'un simple jean usé, de chaussures de randonnée et d'une vieille chemise froissée, autrefois blanche, mais désormais tirant sur le beige. Si Mick avait les cheveux ébène, Malcolm les avait plutôt châtain (comme les miens) plus ou moins épais, en bataille sur le crâne, dans lesquels quelques boucles commençaient à se former. Mais surtout... Tous les deux avaient de profonds et intenses yeux bleus translucides. C'est ça qui m'a le plus impressionné, ce regard pâle, de cette couleur aussi claire que la plus pure des mers du Monde. Cette tristesse et cette angoisse derrière ces iris azur étaient elles aussi semblables. Plus fou encore, et cela m'a d'ailleurs fait beaucoup rire, ils étaient tous les deux gauchers. Oui, je remarque ce genre de chose. Mick et Malcolm (outre le fait que leurs prénoms commencent par la même lettre) étaient gauchers. Et, tout comme son homologue qui me sert de mari, Malcolm avait une fine barbe de trois jours qui rongeait son visage fatigué.
OK, maintenant, revenons à l'Apocalypse.
Nous avions compris avec horreur que ce n'était pas nécessairement la cause de l'Apocalypse qui rendait la survie Humaine presque impossible... Mais, plutôt les autres groupes de survivants.
Car, oui, même pendant la fin du Monde, les Humains restent horribles les uns avec les autres.
Vous allez vite le comprendre...
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« Sinking,
Into the deep end,
But I'm not gonna drown,
Breathing,
It's getting harder to breathe in,
From the weight of the dark,
All you hear is your heartbeat's sound. »
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Notre groupe de survivants avait trouvé une vieille bâtisse abandonnée qui ferait l'affaire le temps d'une nuit. Cette demeure devait sûrement être autrefois un magnifique château, désormais abîmé, recouvert de lierres, rongé par la nature qui reprenait ses droits, aux murs humides et aux toits à moitié détruits par endroit. Malcolm et moi choisîmes une chambre, tandis que les autres en affectèrent d'autres. Nous dormions toujours habillés, au cas où il nous faudrait courir pour quelques raisons pendant la nuit. Nous enlevions seulement nos chaussures pour plus de confort. Il n'y avait pas d'électricité et comme la nuit était déjà tombée, nous nous éclairions à la bougie. Le lit était vieux et sentait la moisissure, mais nous étions habitués depuis bien longtemps à cette insalubrité.
Je dormais du côté droit du lit, et Malcolm à gauche. Sans rideaux aux fenêtres, la pleine lune éclairait un peu l'intérieur du manoir. J'avais une vue directe sur la porte de la chambre, entrouverte. Celle-ci menait au couloir, dans lequel se trouvait les autres chambres.
Vers minuit, un silence pesant régnait entre les murs, tout le monde dormait à poings fermés.
Ce fut à ce moment-là, qu'un bruit me réveilla. J'étais allongé sur le côté, les yeux rivés sur la porte. Je ne bougeais pas, écoutant avec intensité les sons étouffés.
Mon cœur battait la chamade, mes yeux se concentrèrent sur la vue du couloir, cherchant le moindre signe de vie. Le planché craqua, une respiration retentit dans le corridor, quelqu'un se trouvait là. Une personne qui ne faisait pas partie de notre groupe, sinon elle ne se promènerait pas ainsi, incognito. Le temps passa, mes paupières refusaient de se fermer, par peur de manquer quelque chose.
Ce fut là, que je découvris l'ombre.
Plus haute que la silhouette d'un Humain, mais surtout plus fine. Une ombre noire, telle un fantôme, qui passa devant moi très rapidement. Le bois craqua derechef et un souffle froid envahit mon corps. Au début, mes muscles refusèrent de bouger, ma bouche refusa de crier.
Puis, le fantôme glissa une nouvelle fois devant ma porte et mon corps réagit enfin.
Je me suis levée d'un bond en tendant mon bras vers Malcolm pour le réveiller :
- Fantôme ! hurlais-je. Nous devons partir !
Mon chéri émergea difficilement. Mais une fois debout, il alluma sa lampe torche et me considéra un moment. En découvrant mes yeux terrifiés, il comprit que j'étais sûre de moi.
- Allons chercher les autres.
Sa voix tremblait.
Je savais pourquoi.
Quitter le manoir à cause d'un fantôme nous obligeait à courir dehors et nous jeter dans la gueule des Humains qui attendaient de dépouiller d'autres survivants...
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C'est à ce moment-là que je me suis réveillée en sursaut, pour de vrai, dans mon lit. J'ai tressailli dans mon lit, les yeux fixant la porte de la chambre, fermée. J'avais peur de voir une ombre noire passer devant moi. J'ai attrapé mon portable pour vérifier l'heure, mais comme j'étais sous le choc, je l'ai fait tomber par terre, et mon chéri a sursauté à côté de moi. J'ai marmonné, le souffle coupé :
- Sorry... Sorry... Nightmare. Go back to sleep...
Il m'a fallu du temps pour récupérer mon téléphone avec mes doigts tremblants. Puis, j'ai regardé l'heure : 3h30.
J'ai glissé le portable sous mon oreiller et je me suis rendormie...
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« I'm falling down,
It's calling out,
Who'll save me now ? »
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Il faisait froid dehors. Sous la lune qui nous éclairait, nous courions tous, la mort aux trousses. Littéralement.
Malcolm me tenait fermement, sa main droite enlacée dans ma gauche. Il me tirait presque pour détaler le plus vite possible. Derrière nous, le reste du groupe nous suivait. Le faisceau de la lampe vacillait entre la main tremblante de Malcolm. Il essayait de trouver un chemin sûr au milieu des routes abandonnées de la ville. Nous nous situions juste à côté d'une imposante colline de terre et de pierres. Les esprits étaient partis, mais pas les Humains. Comme je l'ai dit, pendant la nuit, les autres groupes aimaient errer dehors pour dépouiller les survivants.
Les dépouiller et les tuer.
Évidemment.
Je me suis collée à Malcolm pour lui murmurer :
- Où est Stephen Strange ?
Car, oui, dans ce Monde Apocalyptique, la Magie était omniprésente, et Dr Strange savait parfaitement utiliser des sorts vitaux.
Malcolm secoua la tête :
- Aucune idée... Tu crois que tu peux... ?
Je compris sa question mentale.
Moi aussi, je pouvais utiliser la Magie. Ma façon de jeter des sorts était très différente de celle de Dr Strange. Néanmoins, je n'avais pas le choix, car des coups de feux retentirent.
Malcolm me prit dans ses bras, tandis que les autres survivants de notre groupe se mirent à crier. Il nous fallut quelques secondes pour comprendre que les tirs venaient d'au-dessus de nous, en haut de la colline. Les rayons de la lune éclairèrent des hommes tenant des armes en mains.
Oh, non...
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« Gotta take me alive,
I was born to survive,
I look fear in the eye,
And I'm ready to fight for what's mine,
Dive into the blue,
No, I'm not gonna lose,
I close my eyes and,
Know that I'll survive. »
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Nous entendîmes les rires provenant du sommet de la colline, les coups de feux retentirent avec plus de violence. Une voix rauque hurla :
- Abandonnez vos armes, vos sacs et vos provisions si vous ne voulez pas crever !
Malcolm me jeta un regard rempli de larmes.
OK...
J'ai inspiré un bon coup, je me suis concentrée et j'ai crié à mon tour :
- Ic þé wiþdrífe !
Le temps de trois secondes, mes iris prirent une teinte dorée, puis une vague d'énergie heurta nos agresseurs, qui partirent en arrière sur la colline. Nous en profitâmes pour reprendre notre fuite, le long de la route.
Mais, des Humains se trouvaient toujours là-haut. Impossible de savoir précisément leur nombre, mais tandis que certains luttaient contre mon sort, les autres prirent le relais en nous mettant en joue.
J'entendis leurs armes se charger et je me suis arrêtée d'un coup. Malcolm tressaillit, puis j'ai levé mes mains vers le toit de la montagne, et j'ai hurlé :
- Hleap on bæc !
L'or de mes yeux illumina le champ de protection qui empêcha les balles de nous toucher. Seules les cartouches tombèrent à nos pieds, sans nous tuer.
Les assaillants s'égosillèrent de rage.
Nous reprîmes notre course effrénée. Évidemment, les autres n'avaient pas terminé de nous agresser. Voyant que les balles de leurs armes ne nous atteindraient pas, ils eurent une idée pire encore. Nous avons entendu les coups de pioches et de pelles en haut du flanc de la montagne.
Malcolm s'arrêta et son teint devint aussi pâle et livide que la lune dans le ciel sombre :
- Oh, my God... Ils essayent de créer un éboulement de roches sur nous !
Oh, shiiiiiiiiiiiiiiiiiiit...
Il nous restait encore 800 mètres à parcourir sur la route. N'attendant pas plus longtemps, Malcolm me reprit par la main pour courir le plus rapidement possible, en tête du groupe, les autres juste derrière nous. Quelques petits cailloux commencèrent à tomber à nos pieds, signe funeste de l'avalanche qui ne tarderait pas à nous tuer.
- Alisone ! cria Clarisse, dans mon dos.
Nous étions encore bien trop éloignés de la fin de la colline. Je me suis arrêtée sur la route et j'ai crié, pour me faire entendre par-dessus les sons de l'éboulement qui arrivait :
- Courez ! Fuyez ! Je vais essayer de retenir l'avalanche le plus longtemps possible !
Le groupe s'échappa devant moi. Sauf Malcolm, qui se trouvait toujours à ma droite :
- Malcolm ! Pars ! Rejoins les autres !
- NON ! Pas sans toi !
Inutile d'argumenter, je savais qu'il ne me quitterait pas...
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« Breathing,
It's gettin' harder to breathe in,
In the black of the dark,
All you hear is your heartbeat's sound. »
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- Alisone...
Malcolm reteint son souffle en découvrant l'avalanche quitter le sommet de la montagne. Le cœur battant la chamade, j'ai levé les mains en l'air en hurlant :
- Awendaþ eft wansæliga neat !
Alors que mes iris se changèrent en or le temps de quelques secondes, un dôme bleu azur apparut par magie au-dessus de nous et bloqua les roches juste à temps.
Malcolm ne bougea plus, en apnée, admirant le dôme. Puis, j'ai jeté un nouveau sort :
- Flíeh on nu moras !
Les rochers se désintégrèrent un par un, lentement, pour se changer en une pluie de poussière. J'avais toujours les mains en l'air, les sortilèges m'épuisaient de plus en plus. J'avais du mal à rester concentré. Mes forces me quittaient, mais dans un ultime courage, j'ai hurlé à plein poumon :
- Ablinn ðu forlæte ðu nu !
Le dôme se renforça et les roches roulèrent dessus en se changeant en poussière.
Lentement.
Trop lentement.
Car, je me sentais déjà partir. Mes paupières devinrent lourdes, je voulais m'endormir. Malcolm comprit que je faiblissais. À mesure que mes bras s'abaissèrent, des trous commencèrent à se former sur le dôme. La poussière tomba doucement sur nous, jusqu'à ce que je m'écroule d'épuisement. Malcolm me retint juste avant que je ne sombre totalement sur la route. Il me prit dans ses bras et tandis que le dôme disparut, les pierres s'éboulèrent sur nous.
Malcolm n'attendit pas plus longtemps. Il me prit dans ses bras et courut rejoindre le reste du groupe.
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« Call of the wild,
It's the chill of the night,
The thrill of the high,
When you're not ready to die,
It's takin' a hold,
I'm not ready to go,
'Cause I am the animal. »
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Le soleil se leva tandis que je repris mes esprits, au milieu d'une étendue d'herbe, entouré de notre groupe. Je vis Malcolm, penché au-dessus de moi, sourire aux lèvres et je souris à mon tour en plongeant dans l'azur de ses yeux.
Il m'aida à me relever et je découvris ensuite un nouvel arrivant en la personne de Dr Strange qui nous avait rejoint :
- Alisone ! s'exclama-t-il en me voyant. Comment ça va ?
- Comme une Sorcière complètement drainée par sa Magie.
Il esquissa un sourire.
Stephen portait son sempiternel costume bleu, avec sa longue cape rouge qui virevoltait dans son dos. Il avait de hautes bottes noires, et un collier en or qui pendait à son cou.
Malcolm me tenait toujours debout et demanda au Sorcier :
- Est-ce que tu peux utiliser ta projection astrale pour tuer nos assaillants ?
Dr Strange pouvait faire ça : se dédoubler, laisser son corps à un endroit et conduire son esprit ailleurs. Tel un fantôme, flottant dans les airs, et se servir de sa Magie pour arrêter le battement de cœur d'un Humain, le tuant en quelques secondes.
Néanmoins, il secoua la tête, et rappela :
- Non... Je peux le faire, oui, mais je refuse. Je ne veux pas avoir recours à ma Magie pour tuer des gens...
Malcolm se renfrogna :
- Même si les gens en question cherchent à nous tuer ?!
- Je suis désolé...
Mon chéri rongea son frein pour ne pas rétorquer une méchanceté envers notre ami.
Pour l'heure, nous nous sommes lentement dirigés vers une maison de plain-pied pour nous reposer et tenter de nous ravitailler.
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« Gotta take me alive,
I was born to survive,
I look fear in the eye,
And I'm ready to fight for what's mine,
Dive into the blue,
No, I'm not gonna lose,
I close my eyes and,
Know that I'll survive. »
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Comme toutes les demeures actuelles, celle-ci était désormais à l'abandon. Le jardin qui conduisait à la véranda était recouvert de hautes herbes émeraude, les arbres étendaient leurs branches à l'infini vers les cieux et le lierre engloutissait les murs autrefois blancs. Un petit chemin de béton, désormais pavé de mousse verte, nous amena vers l'entrée de la bâtisse. La maison était entourée de plusieurs autres demeures semblables, tel un joli petit lotissement, autrefois rempli de joie et de gens. Malcolm était en tête, suivi de Dr Strange, tandis que j'étais à la traîne avec mon amie Clarisse qui me posait des millions de questions concernant ma Magie.
Le reste du groupe avait décidé de rester au milieu des plaines, en attendant notre retour.
Tout à coup, nous fûmes tous aux aguets, le bruit d'une arme qui se recharge nous fîmes sursauter. Clarisse me tira par la robe pour nous cacher ensemble contre le mur gauche de la demeure, tandis que Malcolm se retrouva seul, devant la porte d'entrée.
Où était donc Dr Strange ?
Aucune idée.
Contre le mur, ma tête était penchée sur le côté pour observer Malcolm, les mains en l'air, en face d'un homme armé, du nom de 'Frank'.
- Qu'est-ce que tu fous là ? cracha-t-il.
Mon chéri tiqua et répondit le plus calmement possible :
- Hum... Désolé... Je me suis trompé... Je cherchais une maison libre pour...
- Celle-ci est prise.
- OK. OK...
Malcolm commença à reculer, lorsqu'une voix féminine hurla dans la demeure. Puis, la femme en question, nommée 'Françoise', arriva à l'entrée pour toiser mon chéri avec machiavélisme. Elle murmura quelque chose à l'oreille de Frank, avant de questionner à l'attention de Malcolm :
- Toi... Je viens d'avoir des nouvelles de nos amis de la colline... Où se trouve ta sale petite-copine Sorcière ?!
Oh, shiiiiiiiiiiiiit...
Malcolm sursauta. Son cœur battait la chamade. Il bégaya :
- Je... J'en sais rien... du tout...
Frank avança le bout de son fusil vers la poitrine de mon chéri et ce dernier recula encore plus, les mains toujours en l'air en signe de reddition.
- Menteur ! hurla notre ennemi.
Frank sortit de la maison, accompagné de Françoise. Ils gardaient Malcolm en joue et lui fit signe de prendre le chemin qui menait à l'arrière de la bâtisse.
Chemin sur lequel Clarisse et moi, nous nous trouvions...
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« I'm falling down,
It's calling out,
Who'll save me now ? »
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Malcolm ouvrait la marche, les mains en l'air, et derrière lui Frank tenait toujours son fusil, suivi de Françoise.
Clarisse me tira par le poignet pour nous glisser plus loin, nous avons marché le long du mur, pour enfin arriver dans la cours arrière. C'était un haut jardin, avec un potager et des arbres fruitiers. J'entendais le trio parler dans mon dos :
- Où se trouve la Sorcière ? ragea Françoise. Cette salope a utilisé sa Magie contre notre groupe ! Elle doit payer pour ça !
Malcolm trembla et maugréa :
- J'en sais rien ! Je le jure ! Je suis venu seul, ici !
Clarisse me poussa contre une nouvelle cachette, derrière des buissons. Je levais légèrement ma tête pour apercevoir nos deux ennemis garder en joue mon chéri, au milieu des jardins.
Françoise sourit, en négociant :
- OK, si tu nous dis où se trouve cette sale Sorcière, nous t'offrirons 150 Crédits !
Lorsque l'Apocalypse frappa la planète, l'économie ne mit pas longtemps avant de s'effondrer à son tour. Au fil des années, les monnaies connues telles que les Dollars $, les Euros € ou même les Livres £ disparurent lentement. Désormais, il était possible de payer avec une monnaie Mondiale, appelée 'Crédits'.
Frank sourit et reprit :
- Yeah, nous avons BEAUCOUP de pognon, l'ami. Imagine ce que tu pourrais offrir à ton groupe avec 150 Crédits !
Malcolm secoua la tête :
- Je ne sais rien.
Françoise rongea son frein et rétorqua :
- OK, alors 200 Crédits ? Non ?
Malcolm fit 'non' de la tête.
- 350 Crédits ! 350 Crédits et tu nous dis où se trouve la foutue Sorcière !
Je savais que jamais Malcolm ne me vendrait, je ne m'inquiétais pas pour ça. J'avais surtout peur qu'il lui arrive quelque chose à force de refuser leurs offres alléchantes. J'étais tellement focalisé sur mon chéri, le cœur battant la chamade dans ma poitrine, que je n'eus pas la présence d'esprit de jeter un coup d'œil à Clarisse, à ma gauche.
Malheureusement, lorsque Frank hurla :
- 400 Crédits ! Nous t'offrons 400 Crédits pour nous livrer la Sorcière !
Clarisse agrippa fermement mon bras gauche nu et se leva d'un bond, me tirant en même temps qu'elle.
- J'accepte !
Frank se tourna rapidement dans notre direction, nous mettant en joue. Malcolm sursauta et un voile de terreur traversa ses yeux bleus.
Clarisse me traîna avec elle, tandis qu'elle marchait en direction du duo armé. J'essayais de me défaire de son emprise, mais elle avait une sacrée poigne !
Puis, elle me jeta en face de Frank et Françoise, en expliquant :
- Voici Alisone. La Sorcière qui a lutté contre vos amis, la nuit dernière.
Oh, shiiiiiiiiiiiiiiiiiiit...
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« Gotta take me alive,
I was born to survive,
I look fear in the eye,
And I'm ready to fight for what's mine. »
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Malcolm se jeta à mes côtés et me prit dans ses bras. Françoise ricana et sourit à Clarisse :
- OK, vient avec moi à l'intérieur, je vais te donner ton pognon... Frank ? Tue-les tous les deux.
- Avec plaisir.
Il chargea son fusil et s'avança lentement vers nous, un rictus déforma son visage.
Malcolm enroula sa main gauche autour de moi, puis il tendit la droite en avant, tout en hurlant :
- Non ! Non ! Attends ! Ne fais pas ça !
Mais ses suppliques ne firent qu'amuser Frank, qui sourit et visa, tout en position son index sur la gâchette du fusil.
Mon cœur s'arrêta de battre.
Mon souffle se coupa.
Alors que nous attendions de mourir d'une seconde à l'autre, une ombre blanche apparut par Magie. Une forme diffuse se matérialisa juste derrière Frank, qui ne le remarqua pas.
Malcolm et moi observions le fantôme, qui en réalité n'en était pas un. Nous reconnûmes sans aucun mal la forme floue de Dr Strange. Il était en pleine sortie astrale, de toute évidence. Il nous fit un signe de tête, en restant dans le dos de notre ennemi. Puis, il plongea sa main droite dans le corps de Frank. Ce dernier sursauta, puis hurla de douleur. Il lâcha le fusil qui tomba sur l'herbe sans un bruit, enfin Stephen arracha sa main de la poitrine de Frank. L'homme s'écroula au sol, dans un dernier souffle, mourant en deux secondes seulement. Ses yeux ouverts nous regardaient encore, alors que la vie le quittait.
Dr Strange flotta au-dessus du cadavre encore chaud, et sa voix lointaine expliqua :
- Mon corps se trouve avec le reste de votre groupe, dans les plaines. Rejoignez-nous le plus vite possible.
Je tremblais entre les bras de Malcolm, tandis que lui questionna, perdu :
- Je croyais... Tu as dit que tu ne voulais pas tuer des gens en projection astrale... Alors... Pourquoi ?
Dr Strange souffla et avoua :
- Parce que je ne veux pas perdre mon couple préféré... Maintenant : COUREZ !
Malcolm me releva en même temps que lui et enroula ses doigts autour des miens pour courir le long des jardins et quitter cet endroit maudit...
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« Dive into the blue,
No, I'm not gonna lose,
I close my eyes and,
Know that I'll survive. »
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Puis, je me suis réveillée.
Il était 6h15 et j'étais épuisé.
Complètement K.O.
J'ai eu du mal à seulement bouger dans le lit, reprendre une position un peu moins douloureuse, puis faire mes exercices de respiration quotidiens pour calmer mes crises d'angoisse.
J'ai mis du temps avant de trouver la force de me lever...
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04.02.2024
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