"Sur le Toit"
CHAPITRE 19
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« Tu vois quelque chose ? », lui demanda sa femme en s'approchant de la fenêtre, son petit fils dans les bras.
« Eh bien, tout ce que je vois c'est qu'ils ne font rien, ils sont juste… », essaya de répondre Monsieur Brief.
« ...en train de s'observer, ils sont juste en train de s'observer ! », l'interrompit son épouse en observant par la fenêtre. - « Ils passent leur vie à s'observer ou se disputer ! Je ne comprends pas ! », s'exclama-t-elle en berçant Trunks dans ses bras pour le faire taire. Très vite, ses yeux revinrent à sa fille et au Saïyen.
Son mari l'observa du coin de l'œil avant de reprendre son poste d'observation à la fenêtre. Il acceptait l'étrange relation de sa fille avec le prince. D'une certaine façon, il savait qu'il ne devait jamais s'immiscer dans ce domaine même s'il ne pouvait s'empêcher de trouver amusantes les idées de sa femme pour réunir ces deux êtres têtus qui se faisaient face dans le jardin. Jamais il ne se mêlerait de la vie amoureuse de Bulma, surtout depuis qu'il avait réalisé que Végéta était le meilleur qui soit jamais arrivé à sa capricieuse fille. Bien sûr, il aurait préféré que les choses se passent plus facilement mais à l'évidence il n'en serait jamais ainsi dans ce monde étrange. Comment aurait-il pu en être autrement alors qu'ils vivaient entourés de guerriers qui luttaient pour maintenir la paix sur La Terre, aidés constamment par l'intelligence de Bulma ? Sa fille unique était si spéciale qu'il avait même fallu l'arrivée d'un homme d'une autre planète, un prince d'un empire et d'un peuple éteints, pour la faire mûrir. Le bonheur a de nombreux visages et parfois, il faut qu'il montre sa facette la plus rude pour être plus merveilleux encore. Et jamais il n'avait vu sa fille plus heureuse que depuis la naissance de Trunks. Végéta était un homme difficile, sans doute, mais Monsieur Brief avait confiance en sa fille. Tout comme en sa femme, qui, à nouveau, lui avait signifié qu'il pouvait s'en remettre à elle. Il espérait juste que l'évolution vers la maturité de sa petite chérie, le naturel bouleversement maintenant qu'elle était mère, n'ait pas été trop brutal. Et enfin, l'épreuve du feu était arrivée pour le vérifier.
Pour le scientifique, sa fille avait fait son choix au moment où elle avait offert l'hospitalité au prince dans sa maison. D'après ce que M. Brief avait pu voir jusque là, ni l'un ni l'autre n'avait été conscient que c'était là qu'ils avaient scellé leur destin. A partir de cet instant, il n'était déjà plus possible de revenir en arrière. Jamais il n'avait réprouvé les agissements de son épouse envers les deux jeunes mais à son avis, ce n'était pas nécessaire. Il n'y avait rien à améliorer ni tenter. Le sort en avait été jeté et personne n'aurait rien pu faire pour faire plier le destin. Bien sûr, celle qui avait lancé le dé avait été Bulma. Et à la surprise générale, Végéta avait accepté. Pour Monsieur Brief, ce qui était arrivé ensuite était inévitable. Le prince ignorait que jamais la chance ne lui avait été aussi favorable. Et que sa chance avait le visage pâle et les cheveux turquoise.
Maintenant, il n'y avait plus qu'à espérer que tous deux accepteraient de plier car sinon, ils auraient beaucoup de mal à être heureux. Dans le cas contraire, il sourit en imaginant quelle serait la vie de ces deux têtes de mules qui maintenant se regardaient et s'étudiaient. « Pourvu qu'il ne soit pas trop tard. », murmura-t-il.
Sa femme ne l'entendit pas. « Notre fille va nous faire mourir d'impatience. », déclara-t-elle, désirant voir un peu d'action dans le jardin. Tout de suite, les pleurs de son petit-fils s'apaisèrent : « Tu te sens mieux, Trunks ? », lui demanda-t-elle d'une voix encore plus suraiguë. « Moi aussi, la première fois que j'ai vu ton père, il m'a beaucoup impressionnée, mon ange. », affirma-t-elle en s'écartant de la fenêtre pour saisir le biberon dont le contenu devait déjà être chaud.
« Trunks l'a senti arriver et c'est pour ça qu'il s'est mis à pleurer. N'est-ce pas, mon petit ? », lui demanda le grand-père en se détournant de la fenêtre. « Il vaudrait mieux que nous le couchions et allions dormir, ma chérie, cela peut durer longtemps. », conseilla-t-il en s'approchant d'elle et de son petit-fils.
Madame Brief vit son mari se diriger vers les escaliers et préféra le suivre. « Oui, Trunks doit se rendormir. ».
« Chérie... », fit Monsieur Brief, pour corriger son épouse. Il savait que la dernière phrase sous-entendait que sa femme avait l'intention de descendre espionner.
« Et nous aussi, mon chéri ! », s'exclama sa femme sans pouvoir s'empêcher de rire en réalisant qu'il avait deviné son intention. « Et nous aussi. »
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La première fois qu'elle l'avait vu en chair et en os, elle avait eu peur. C'était sur la planète Namek, dans l'un des rares moments où elle n'avait pas été seule. Krilin se tenait près d'elle et ils croyaient tous deux que celui qui approchait était Gohan. Mais ce n'était pas leur jeune ami qui avait fait son apparition. Celui qui était descendu du ciel n'était autre que Végéta avec son visage renfrogné, meurtri et impatient. Elle se rappelait encore que malgré sa terreur, elle l'avait rapidement passé en revue : trop petit, coiffure bizarre et physionomie bourrue.
La peur. Elle s'était sentie terrorisée par lui. Plus tard, les émotions s'étaient enchaînées sur cette planète étrange et paisible et une fois de retour sur La Terre une espèce de joie hystérique l'avait poussée à l'inviter chez elle. Jamais elle n'avait compris pourquoi elle avait fait une chose pareille, tout en niant son erreur devant quiconque. Depuis ce jour-là, elle avait décidé de ne plus avoir peur de lui. Et elle y était parvenue. Son sixième sens lui disait que plus elle se laisserait intimider, plus cela donnerait l'avantage au Saïyen et plus il en retirerait de plaisir. Il se sentait à l'aise dans le rôle de celui qui menaçait et la jeune femme avait dû se blinder : personne n'allait l'intimider, elle, dans sa propre maison. Même si c'était le cas pour les autres. Apparemment, tous ceux qui avaient déjà interagi avec Végéta en gardaient un mauvais souvenir et craignaient qu'à tout moment le Prince des Saïyens n'explose.
Cela n'était jamais arrivé. Ni au début ni au cours des trois années qui suivirent, Végéta n'avait blessé un seul de ses amis. Ce n'était pas que l'envie lui en manquait, c'était évident. Elle avait dû être sur ses talons dans toute la maison, disponible pour éviter que le prince ne laisse libre cours à sa colère devant les êtres qui lui étaient chers. Elle les avait tous exposés à un homme indubitablement dangereux et jamais elle ne se serait pardonnée que quiconque ait à souffrir de sa décision irréfléchie.
C'est pour cela qu'elle s'était rapprochée de lui. Et contrairement à ce qu'on aurait pu penser, il l'avait laissée faire. Après un certain temps, elle avait remarqué que ce rapprochement était exclusif, qu'elle était la seule qu'il tolérait et qu'il l'écoutait même quand ils se mettaient en colère Des disputes, ils passèrent aux marchés et ils parvinrent à se comprendre. Elle pouvait même dire qu'à cette époque, tous deux appréciaient d'être ensemble.
Et sans s'en rendre compte, elle était tombée amoureuse. C'était quelque chose de discret qui s'était mis à augmenter à chaque contact, chaque regard, chacun de ses cris ou de ses reproches. Elle savait qu'elle était en train de commettre une folie, que tout cela était dément. Pourtant, cela lui était égal. Elle en profiterait comme de tout ce qui pouvait lui arriver de bien dans la vie. Et lui, le même homme qui ne cessait de lui répéter qu'il anéantirait tout et tout le monde, avait été la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée.
Mais la vraie nature du Saïyen s'était déchaînée. L'évènement que tous redoutaient, que le prince révèle son véritable visage, s'était abattu sur elle seule, comme une dalle de béton lourde et traîtresse. Pourtant il n'y avait eu ni trahison, ni sang versé. Il n'avait blessé personne, tué personne de son entourage, ni même frappé ou touché un seul d'entre eux. Il était venu à elle et il n'y avait eu aucun mensonge. Il l'avait quittée enceinte et l'avait prévenue que maintenant elle devrait en subir les conséquences. Après quelques mois, elle avait compris que c'était ce qui devait arriver, la seule chose rationnelle dans cette folie qui les avait unis tous les deux, la seule paix au milieu de la tornade.
Les sentiments sont étranges. D'absurdement amoureuse, elle était passée à la haine la plus exacerbée. Elle l'avait haï de toutes ses forces pendant les six mois où elle avait attendu son fils, conséquence directe de tout ce qui s'était passé entre eux. Le Saïyen était loin de savoir que ce qui leur était arrivé avait eu une conséquence aussi parfaite et couleur lilas. Quand la scientifique se souvenait de Végéta, elle se mettait en colère contre elle-même et si quelqu'un le nommait, soit elle lui criait de se taire, soit elle désirait désespérément qu'il continue à lui parler du prince. Oui, pour Bulma, les sentiments étaient sans aucun doute étranges.
Et elle prit conscience d'une chose à cet instant alors qu'elle était face à lui après un an sans le voir. Elle n'éprouvait plus de haine. Dans sa tête défilèrent tous les moments qu'ils avaient passés ensemble, depuis leur première rencontre jusqu'à la dernière fois qu'elle l'avait vu et non, elle n'était plus habitée par la haine. Sa première impulsion avait été de s'élancer pour le prendre dans ses bras mais cette idée s'était évanouie immédiatement, dès qu'elle avait entrevu ce sourire si particulier, si Végéta, arboré avec une puissance maximale. Il n'y avait pas de doute. Il avait réussi, il était déjà super-saïyen et cela ne signifiait qu'une chose pour Bulma : on était plus proche de détruire les cyborgs, de détruire ceux qui allaient s'en prendre aux êtres qui lui étaient chers : ses parents, elle-même mais surtout à son fils.
Car Trunks était bien la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée. Malgré tout ce qu'elle ressentait pour Végéta, son fils était infiniment plus important que tout ce qui pouvait l'attacher à cet homme. Elle avait appris la leçon : il ne l'aimerait jamais en retour. S'il ne s'était pas laissé emporter par ces mois passés ensemble ou solitaires pendant lesquels ils avaient forgé cette relation, il ne se laisserait jamais captiver. La douleur de cet amour étrange et absurde n'avait pas lieu d'être à cet instant. Dans peu de mois débarqueraient ces cyborgs et même si elle ne pourrait pas lutter contre eux avec des techniques de combat, elle ferait tout son possible pour donner un coup de main et faire disparaître la menace. Elle avait toujours participé car on avait toujours eu besoin d'elle. De fait, elle se répétait constamment que sans elle l'histoire n'aurait pas été la même. Dans ce qui adviendrait avec lui, elle avait du pouvoir de décision. Et sa décision était prise. A plus forte raison, s'il apparaissait avec cette moue sur le visage. Rien ne l'irritait davantage que cette expression à présent mille fois plus appuyée.
« Tu vas rester longtemps debout planté là ? », lui demanda-t-elle, arrêtant net la bataille de regards qui s'éternisait entre elle et le Saïyen avant de se diriger vers un des côtés du vaisseau.
Végéta venait enfin de retourner sur Terre où il attendrait patiemment son heure de gloire, la bataille qui apaiserait son âme humiliée. Il avait soif de justice, de se débarrasser de tous les fantômes qui l'avaient poursuivis toute sa vie, de se remettre de la blessure infligée à son orgueil et de reprendre son souffle pour un nouveau cap, la voie directe, normale, qui aurait toujours dû être son avenir.
Le plus dur était fait, il avait effectué le virage nécessaire. Ses efforts avaient porté leurs fruits et il était maintenant Super-saïyen. Quelle importance si d'autres y étaient arrivés avant lui ? Les exemples ne lui manquaient pas pour considérer sa vie comme un long chemin où celui qui gagnait à la fin était celui qui mettait à mort ses adversaires plutôt que celui qui obtenait soudainement le premier avantage. Il était bien placé pour savoir que la guerre ne cessait qu'après la mort de l'ennemi, que toutes les batailles perdues l'avaient rendu encore plus fort, plus puissant et que jusqu'à ce que son rival ait rendu son dernier souffle, il devait continuer à essayer.
Oui, il était de retour sur Terre mais son essence ne l'avait pas quitté. Au cours de sa vie sur cette planète, il avait bien souvent cru perdre sa vraie nature, pourtant, sa transformation en super-guerrier lui permettait de se rendre compte plus que jamais que les épreuves le rendaient plus fort, lui comme le reste de son espèce.
A présent, il était si sûr de tant de choses que même en la voyant plantée devant lui, si femme, immobile et le regardant droit dans les yeux, il fut convaincu qu'il n'aurait pas pu mieux choisir la mère de son héritier. En cela non plus, il ne s'était pas trompé. Quel dommage qu'elle devrait périr en même temps que ce monde.
Au premier regard, n'importe qui aurait pu dire de cette femme aux cheveux turquoise qu'elle était très attirante, avec des yeux vifs qui exprimaient le fort caractère que renfermait cette tête aux cheveux bleu clair. Le temps passé à se connaître mutuellement, ajouté à celui vécus seuls ensemble lui avaient permis de connaître sa manière de penser, la mécanique de son esprit pour arriver à des raisonnements, mais jamais il ne les avait compris. C'était une terrienne et il n'était pas difficile d'expliquer que c'était dû au fait qu'elle était d'une espèce très différente de la sienne.
Il était parvenu à la connaître, oui, elle lui était apparue remarquable. Il l'avait remarquée depuis toujours. Dès le premier regard, elle avait attiré son attention : voir une fille d'une beauté exotique, bruyante, coquette et sans aucune puissance de combat au milieu d'une bataille était une chose assez inhabituelle pour lui, même s'il avait croisé toute sorte d'êtres au cours de ses voyages spatiaux. En la connaissant davantage, il s'était étonné en réalisant que personne ne l'avait jamais autant approché que cette humaine. Et elle le savait. Comment y était-elle parvenue ? Il n'en avait pas la moindre idée. Au début il avait cru à une forme de sorcellerie mais ensuite, il avait écarté cette première hypothèse pour des raisons évidentes. Plus tard, il avait cessé d'y penser. Elle était ainsi : aimable sans raison, absolument pas apeuré par lui sans raison, elle riait sans raison, et elle s'était même amourachée de lui sans raison. Avec cette logique, il était facile de comprendre le fonctionnement de son cerveau.
La dernière fois qu'il lui avait parlé et qu'il avait clarifié des points essentiels pour lui, le prince était sûr de ce qu'il avait lu dans ses yeux bleus. De la haine. Pour Végéta, le regard de Bulma avait été évident, et plus encore. Il était persuadé que si Bulma avait été une guerrière, elle aurait été une excellente stratège mais qu'elle n'aurait jamais pu aller au front car ses traits la trahissaient. Quand elle était en colère, elle fronçait les sourcils et posaient ses mains sur ses hanches, et quand quelque chose lui plaisait, ses yeux brillaient avec autant d'éclat que la plus merveilleuse légende guerrière qu'il connaisse. Pendant très longtemps, ce regard lui avait été dédié. Cette humaine avait les yeux les plus vifs qu'il ait jamais vus, et même quand elle l'avait regardé avec haine après sa dernière réplique méprisante, le feu de ses pupilles était resté intact.
Maintenant qu'il était plus près sur la rampe du vaisseau, il pouvait lire dans ses yeux saphir quelque chose de déconcertant : Bulma dégageait la sérénité. Un calme et une assurance folle. Il n'arrivait plus à estimer le temps qu'ils avaient tous deux passé à s'observer mais il ne voyait plus de haine dans ses yeux. Juste un calme, une tranquillité profonde qu'il n'arrivait pas à attribuer à son retour sain et sauf ou à la disparition des sentiments qu'elle prétendait lui porter.
Avec son éternelle et imprévisible familiarité si illogique à ses yeux, l'humaine l'avait déstabilisé un instant avec cette première phrase. Mais il n'y attacha pas d'importance. Il était là pour régler un sujet, son sujet et elle ne compterait jamais : ni avant, ni maintenant, jamais. Malgré toute la sérénité de la femme aux cheveux bleus et l'assurance de ses gestes, le Prince des Saïyens n'accorderait jamais d'importance à ce qu'elle pensait :
« Le temps nécessaire pour me faire à l'idée que je suis retourné sur cette répugnante planète. », lui répondit-il en descendant la rampe, observant comment elle disparaissait sur un côté de la chambre de gravité.
Aucune réplique ne lui parvint. Deuxième chose étrange et il venait juste d'atterrir. A la place, il l'entendit appuyer ce qui était sûrement un bouton et le vaisseau se désintégra. Végéta pivota en fronçant les sourcils et il la vit ramasser une capsule sur le sol. "Le vaisseau aussi peut s'encapsuler ?", se demanda-t-il en se retournant pour poursuivre en direction de la cuisine. "Cela m'aurait été bien utile de le savoir plus tôt", se dit-il avec mauvaise humeur.
A peine entré par la porte-fenêtre, il respira le même air paisible et exaspérant qu'il avait laissé derrière lui des mois auparavant. Rien n'avait changé. La table était au même endroit, les meubles couverts de mille objets et de nourriture, et même les maudits vases de fleurs de la mère. Seule nouveauté, une mince petite table trônait dans cet espace. Il la regarda en fronçant encore davantage les sourcils. A quoi pouvait bien servir cette espèce de chaise orthopédique étroite ?
« C'est une chaise de bébé », entendit-il dire derrière lui.
Il voulut se tourner pour la voir enfin de près mais la jeune femme aux cheveux bleus le devança. - « Eh, laisse-moi passer, moi aussi je veux entrer, il fait très froid dehors. », ordonna-t-elle en l'écartant d'un bras pour pénétrer dans la cuisine. Elle dégageait peut-être le calme et l'assurance mais il y avait des choses qui n'avaient pas changé, elle restait toujours aussi autoritaire.
Il la laissa entrer et le dépasser. Bulma était exactement telle qu'il l'avait laissée. Il pouvait percevoir que sous ce chemisier et cette robe de chambre son corps n'avait pas souffert trop de changements dus à la maternité, à part peut-être une augmentation de la taille de ses seins.
« Qu'est-ce que tu regardes ? », lui demanda Bulma, qui décida de lui tourner le dos pour chercher un appui.
L'examen qu'il lui faisait subir était éprouvant. Elle se sentait calme, pourtant elle avait été obligée de s'appuyer contre quelque chose. Elle n'avait vraiment nulle envie d'être observée ainsi avec arrogance.
Le sourire narquois du Saïyen s'accentua encore en la voyant se rapprocher de la table et appuyer ses fesses contre le bord. La question de ses regards appuyés avait été prononcée presque avec dédain, mais soudain la jeune femme enchaîna subitement avec une autre question presque neutre pour le prince : « Alors dis-moi, Végéta, où es-tu allé ? »
Le Saïyen leva le menton avec une évidente expression de méfiance et d'orgueil. « Alors, comme ça le radar du laboratoire ne fonctionnait pas ? », lui demanda-t-il.
Il était convaincu que malgré sa haine, elle n'aurait pas résisté à l'envie de consulter la localisation du vaisseau de nombreuses fois pour savoir où il se trouvait. Il était aussi certain de cela que perplexe devant la nouvelle attitude de Bulma, proche et amicale. Non. On ne le tromperait pas. Elle avait commencé leur échange avec une légère provocation et lui avait même demandé ce qu'il regardait quand il avait examiné son corps en détail et maintenant elle se montrait ainsi brusquement tranquille et sûre d'elle-même. Non. Il ne se laisserait pas tromper par les apparences.
« Je ne sais pas, je n'y ai pas jeté un seul coup d'œil. », déclara-t-elle calmement en se dirigeant vers le réfrigérateur. « Ici, j'avais beaucoup de choses à faire pour préparer l'accouchement, la chambre du bébé et en plus je continuais de travailler pour l'entreprise alors... », elle tourna la tête pour qu'il voit son franc sourire. « Non, je n'avais pas le temps de regarder le radar. »
Il ne savait pas pourquoi mais cela lui sembla sincère. Il plissa les yeux en l'observant de dos.
« Tu as faim ? », lui demanda la jeune femme en sortant des assiettes débordantes de nourriture. « J'espère seulement que les capsules alimentaires ont duré jusqu'à aujourd'hui, c'est bien le cas ? »
Après quelques secondes, elle entendit enfin sa réponse : « Oui. »
« Tant mieux », ajouta-t-elle en sortant le contenu du réfrigérateur. « J'imagine dans quelle humeur tu serais arrivé si la nourriture t'avait manquée. », déclara-t-elle amusée.
Il n'allait pas lui prêter attention, pourtant il devait admettre que son rire était inquiétant. En ouvrant la porte du vaisseau, il avait presque distingué un halo de joie sur son visage, qui ensuite s'était dissipé pour céder la place à quelque chose d'encore bien plus déconcertant : le néant. Après, ils étaient rentrés dans la cuisine et elle avait presque été brusque, comme le dénotait la première phrase qu'elle lui avait lancée. Et maintenant, Bulma était sereine et le pire dans tout ça c'est qu'il remarquait que cette tranquillité était réelle, assurée, tangible, et pour le prince, ce n'était rien de moins qu'effrayant.
« Tu n'avais pas quelque chose à me demander avant ? », voulut savoir Végéta en croisant les bras sans cesser d'étudier la scientifique.
Bulma le regarda deux secondes et se retourna vers le congélateur. Elle savait à quoi il faisait allusion. Ce n'était pas difficile de deviner qu'il espérait qu'elle lui demanderait s'il avait réussi à se transformer en super-saïyen. Elle le lui avait déjà dit : elle n'était pas la seule à être prévisible et elle le connaissait trop bien pour lui poser une question dont elle savait déjà la réponse.
« Oui, maintenant que tu le dis. », dit-elle en sortant encore des plats du réfrigérateur. « Qu'est-ce que tu as fabriqué avec ton uniforme, hein ? », lui demanda-t-elle en posant les plats sur la table. « Parce qu'on dirait qu'il s'est fait déchiqueter par une armée de chats, non ? » Et elle se mit à sourire jusqu'aux oreilles. Encore une fois.
Il plissa davantage les yeux. Cela n'était pas normal. Il l'avait laissée emplie de haine envers lui et maintenant, sans aucune raison valable ou au moins utile pour lui, elle était aimable. Pas l'amabilité qui leur était familière et qui le déconcertait tellement, cette provocation en règle qui émanait de l'esprit tordu de cette femme et qui les enveloppait de brumes de confusion à chacune de leurs rencontres. Non. Cette amabilité était différente. Elle était aseptisée, transparente, mais sans être artificielle ou feinte. Etait-ce un de ses manigances ? Il n'était sûr que d'une chose, c'est qu'à un moment ou un autre, elle exploserait. Il s'assit sur sa chaise de toujours pendant qu'elle allait et venait, posant des plats et deux verres sur la table.
Il sentit un frôlement léger lui chatouiller la peau de la jambe. Il baissa les yeux et vit Tama en train de frotter sa fourrure contre une déchirure de son uniforme. Elle avait mentionné les chats et là se trouvait, furtif et audacieux, le deuxième être le plus pénible de l'Univers. Il avait été tellement perdu dans ses pensées face à la nouvelle attitude de la scientifique qu'il n'avait pas remarqué la présence infime du minet.
« Tu lui as manqué. », entendit-il dire la jeune femme d'un ton malicieux. Il leva les yeux et la vit enchantée d'assister à ses retrouvailles avec l'agaçant animal de compagnie de son père. « Tu veux un peu d'eau ? », lui demanda-t-elle un verre à la main, en se servant en premier.
« Non. », répondit-il en se levant pour se diriger vers le réfrigérateur. Par chance, il était empli de boissons énergétiques, auxquelles il s'était habitué pendant son séjour sur Terre et qui ne figuraient dans aucune des capsules alimentaires du vaisseau spatial.
« Viens, Tama, viens ici. », entendit-il dire la scientifique. « Tu devrais monter à la chambre de mes parents, mon petit, je suis sûre que mon père serait enchanté de… Aïe ! »
Le cri le fit se retourner pour voir ce qui s'était passé.
« Maudit chat diabolique ! », s'exclama la scientifique massant sa main tout en observant avec fureur comment l'animal sortait terrorisé de la cuisine.
Végéta se tourna pour prendre sa canette de boisson énergisante. Ce spectacle lui arracha un éclat de rire aphone. Ce petit matou n'avait jamais apprécié Bulma et chaque fois qu'elle l'approchait il l'attaquait soit en la griffant, soit en la mordant, s'hérissant de tous ses poils noirs et exprimant clairement qu'il ne la supportait pas.
« Ça t'apprendra à t'éloigner de qui ne veut pas que tu l'approches. », lui déclara-t-il en s'asseyant à table.
« Ça, je l'ai déjà bien appris. », lui lança-t-elle en se concentrant alors qu'elle commençait à ouvrir des meubles.
Tous deux tombèrent immédiatement sur la signification contenues pour eux dans cet échange. Ils se regardèrent pour vérifier que l'autre l'avait captée. Végéta renvoya à nouveau à Bulma un de ses sourires orgueilleux, laquelle en retour effaça de son visage toute amabilité.
"Premier faux pas, Bulma.", pensa le guerrier en commençant à manger et perdant tout intérêt pour elle. Cette réponse avait été un accroc dans leurs calmes retrouvailles dominées par une répression de leurs émotions. En parlant du chat, la jeune femme avait laissé voir une de ses intentions en la matière, s'éloigner de lui. Et c'est ce qu'elle faisait : elle imposait une muraille protectrice, un mur qui ne le laisserait pas approcher même si c'était une action fort peu probable de sa part, mais cela ne lui donnait pas non plus la possibilité de faire un quelconque reproche. Mais elle l'avait fait, elle avait lancé un reproche. Ce mur qu'elle avait construit entre eux deux n'était pas encore suffisamment épais car cette allusion au fait qu'elle avait appris il y a longtemps à s'éloigner de celui qui ne voulait pas être approché, trahissait les fissures par lesquelles une communication voilée parvenait encore à se faufiler.
Cela lui était égal de se trahir devant lui. Elle avait décidé d'être claire et cette référence au passé ne l'éloignait pas de son intention première et de fait, elle se sentait toujours assez tranquille. Peut-être que le Saïyen avait perçu cette référence comme une faiblesse mais pas elle. Elle avait déjà accepté que certains reproches lui échapperaient et, à dire vrai, à cet instant le prince lui avait facilité la tâche. Les choses avaient changé, il ne savait pas encore à quel point mais elle continuait à être Bulma Brief.
« La chambre de gravité t'a causé des problèmes ? », questionna la femme aux cheveux bleus en préparant le café.
« Je regrette, je sais. », déclara-t-il.
Son cœur s'accéléra. Tout le corps de la scientifique trembla et un frisson lui parcourut l'échine. Il avait dit qu'il regrettait ? Avait-elle bien entendu ? Elle s'arrêta dans son travail et se tourna lentement vers lui. Elle le vit tranquille, engloutissant sans s'arrêter toutes les assiettes disposées sur la table, avec son uniforme en lambeaux et ses cheveux effrontés. Il n'avait pas l'air concentré ou pensif. « Qu'est-ce que tu as dit ? », le questionna la jeune femme d'une toute petite voix.
« Je sais pour l'enfant. Je sais qu'il est là, je sens sa puissance. », répondit Végéta en levant les yeux vers elle. « C'est un garçon, bien sûr. »
Elle fit volte-face mentalement et hocha la tête en le voyant poursuivre son repas tranquillement. Elle toussa avant de se reconcentrer sur le café : « Et qu'est-ce que cela aurait changé s'il avait été une fille ? », voulut-elle savoir un peu vexée.
Un souffle court s'échappa de la gorge du prince. « Cela, Bulma... », commença-t-il à dire en croisant son regard noir avec le regard bleu de la jeune femme, « nous ne le saurons jamais... »
Il était certain que l'enfant allait être de sexe mâle, aussi certain qu'il avait senti que quelque chose avait étourdi Bulma quand il lui avait indiqué qu'il avait perçu la présence de l'enfant grâce à son puissant ki à l'étage supérieur. Elle avait toussé et cela indiquait que quelque chose lui était passé par la tête. Il fronça les sourcils en l'observant toujours de son expression orgueilleuse. Peut-être que maintenant qu'il était super-saïyen la chance lui était favorable et il s'était senti chanceux en découvrant la puissance qui émanait de son fils. Oui, maintenant son chemin s'était complètement dégagé.
Le prince retourna son attention sur son repas et cette fois ce fut elle, toute à sa recherche d'ustensiles pour le café, qui se retourna pour le regarder. Elle l'observa quelques secondes. Pendant un moment, elle avait cru qu'il s'était excusé et elle se sentit stupide. Il était là, Végéta était de retour, il était assis sur sa chaise de toujours et sa dernière affirmation avait semblé choquante de sincérité. Elle s'en agaça et immédiatement elle se sentit en colère contre elle-même de se sentir irritée. Elle décida de s'en libérer grâce à une longue expiration. Elle n'allait pas se laisser décentrer. Quand il releva les yeux vers elle, elle lui sourit à nouveau. « Oui, c'est un garçon. », reprit-elle. « Trunks est un petit garçon fort et en pleine santé et en plus... »
« Trunks ? », l'interrompit Végéta en fronçant les sourcils exagérément. « Tu l'as appelé Trunks ? »
« Qu'est-ce qui ne va pas avec ce nom ? » Cette fois, Bulma se sentit vexée. C'était un sujet mineur. L'enfant portait déjà ce nom et malgré le visage horrifié de son père, c'était le nom parfait pour son fils. « C'est un très joli prénom ! », s'exclama-t-elle en plissant les yeux.
Le prince souffla en signe de désapprobation. « Joli ? », l'interrogea-t-il.
C'était un prénom ridicule. Le fils du Prince des Saïyens ne pouvait pas s'appeler Trunks. Le nom te représente. C'était une règle qu'il avait pu vérifier tout au long de sa vie. Lui, on l'avait nommé Végéta, tout comme son père et le prédécesseur de ce dernier, et ainsi de suite pendant des siècles dans la monarchie saïyenne, y compris après la Troisième Extermination. Végéta était le nom de l'héritier, Prince Végéta comme on l'appelait toujours et si quelqu'un voulait parler de son père, il le nommait le Roi Végéta. Sa planète, la planète qu'habitaient les saïyens, était Vegetaseï ou Planète Végéta. C'était d'une logique écrasante à laquelle il adhérait complètement. Son fils ne pouvait s'appeler simplement Trunks. Il était curieux qu'à aucun moment il n'y avait réfléchi avant. En réalité, il s'était une seule fois demandé si elle allait avoir son enfant et il avait connecté la caméra pour le vérifier. Maintenant, entendre le prénom de son fils le révulsait. Comment avait-elle pu l'appeler ainsi ? Il se dit qu'après tout, quand il emmènerait l'enfant loin de la Terre, il pourrait l'appelait comme il le voudrait et évidemment, Trunks ne serait pas son nom. Si l'enfant répondait à ses attentes et promettait d'être son digne héritier, il serait Végéta, le nouveau Prince des Saïyens et lui, le Roi Végéta et la planète centrale de son empire Végétasei. Mais c'était une question pour plus tard, maintenant, ce qui l'interpelait, c'est qu'elle ait recommencé à rebondir sur un sujet de moindre importance.
« Très bien. », répondit-il tranquillement. «Te connaissant, ça aurait pu être pire. » Et il releva les yeux s'attendant à la voir vexée par sa réplique. Il la provoquait, oui, et il en était conscient. Cela l'avait toujours amusé et il en avait assez de la première et certainement fausse tentative de Bulma pour feindre la normalité.
"Il essaie de me provoquer ?", se demanda Bulma. Sans s'attarder sur le motif derrière cela, elle se demanda si vraiment il croyait qu'elle allait tomber dans le panneau. Et la réponse était apparemment affirmative. Alors qu'elle-même était surprise de se trouver aussi calme et réfléchie, il n'y avait aucune raison pour qu'il change d'avis si elle ne lui en donnait pas la preuve. Elle était tranquille, oui, mais il lui vint une terrible envie de fumer une cigarette.
« Et pourquoi es-tu venu, Végéta ? », lui demanda-t-elle, gardant son calme.
Son ton de voix était monotone, aussi blanc que sa peau, mais malgré cela, le prince vit à cet instant une nouvelle brèche d'impatience. Exactement comme ce qui s'était passé avec la toux, cela démontrait qu'il y avait certaines choses qui ne changeraient jamais chez cette femme. Il se recula dans sa chaise et l'observa pour la énième fois depuis son arrivée. Elle voulait abréger cette formalité au plus vite ? Très bien, lui non plus n'avait pas de temps à perdre : « Je veux que tu augmentes la pression de la chambre de gravité, maintenant, car comme tu t'en doutes, j'ai besoin de plus de gravité. », lui répondit-il, conciliant.
Comme tu t'en doutes. Avec cette petite allusion, il lui signifiait qu'il savait qu'elle avait deviné qu'il avait atteint le niveau de super-saïyen. Elle n'y accorda pas d'importance. « Très bien, je suppose que je pourrai faire quelque chose pour ça. », répondit Bulma en se retournant pour chercher un peu de tabac dans les tiroirs.
« Je la veux pour demain. », indiqua-t-il sans cesser de scruter la scientifique.
Enfin, elle tomba sur un paquet et se glissa une cigarette dans la bouche. Maintenant, il fallait juste qu'elle trouve un briquet ou quelque chose pour l'allumer. « Je verrai ce que je pourrai faire. », répondit-elle en cherchant dans les meuble avec agitation.
« Tu continues avec ce vice dégoûtant ? », lui lança Végéta en la voyant se pencher pour chercher dans les tiroirs les plus bas. Il n'avait jamais supporté que Bulma fume. Cela lui laissait en bouche un goût particulièrement désagréable et empestait ses vêtements d'une odeur de cendre et de fumée putréfiée qui faisait que quand elle allumait une cigarette, il avait encore plus envie de s'éloigner d'elle.
Elle trouva un briquet et alluma sa cigarette. « Bon, c'est toujours mieux que d'autres vices comme d'aller tuer des gens, tu ne crois pas ? » et elle lui rendit son sourire sans cesser de le regarder. L'éclat de rire aphone du prince lui fit comprendre que cela l'avait amusé.
« Comme s'il existait un autre choix pour un Saïyen. », affirma-t-il en buvant à même sa canette.
Bulma, en entendant cela, changea d'expression. A nouveau, le mur laissait apparaître une faille : « On a toujours le choix. », lui répondit-elle droit dans les yeux.
Cela mit Végéta extrêmement mal à l'aise. Après cela, il n'avait pas envie de longs discours sur leurs retrouvailles et encore moins si elle le regardait dans les yeux avec une telle intensité. Ce que Bulma voulait mettre au clair était évident : elle le laisserait l'approcher, oui, parce que c'était la méthode parfaite pour le tenir éloigné. Elle le savait parce que lui-même avait utilisé cette technique. De lui, elle avait appris cette théorie et maintenant c'était elle qui la mettait en pratique. Pourtant, ce qui ne changerait jamais chez la jeune femme aux cheveux bleus, c'était qu'elle jetait par dessus bord ses principes. Et répondre à quelques unes de ses provocations, rares, faisait partie de sa façon d'être.
Il détourna les yeux et se recentra sur la nourriture. « Cause toujours. », murmura-t-il, concentré.
Tous deux étaient conscients de ce qui se passait : ils étaient en train de se tester, d'étudier leurs comportements, non pas pour savoir à quoi s'en tenir mais pour bien marquer leurs positions sur la situation. Elle ne semblait plus attacher d'importance à ce qu'ils pouvaient penser tous les deux, et cela, c'était le plus dérangeant pour Végéta. Il avait la sensation qu'elle s'intéressait réellement très peu à ce qu'il pensait ou croyait et cette comparaison entre leurs vices et son ton sarcastique lui mettait l'évidence sen lumière : Bulma, malgré sa personnalité, avait changé par rapport à lui. En réalisant cela, il se fit le reproche de sur-analyser les choses sans se rendre compte que c'est ce qu'il avait fait pendant toute leur discussion. Il avait été légèrement agressif et elle lui avait lancé des piques légères. D'un certain côté, cet état des choses était pratique. Bizarre, oui, étrange de la part de la jeune femme et même s'il n'en connaissait pas la raison, c'était tout à son avantage car il n'aurait pas à l'écouter pendant longtemps. « La chambre de gravité sera prête pour demain ? », lui demanda-t-il en arborant un nouveau demi-sourire.
« Je t'ai déjà dit que je ferai ce que je peux, il faut voir comment elle aura souffert pendant ton dernier voyage et si tu veux plus d'améliorations, il faudra plus de temps. » A nouveau, un sourire insouciant apparut sur son visage. Elle se rassit et s'éclaircit la gorge avant de continuer : « Que vas-tu faire jusqu'à la venue des androïdes ? Tu vas rester ici ? », lui demanda-t-elle en agitant sa cigarette au dessus du cendrier.
"Deuxième faux pas, Bulma." Son regard revint sur elle, son sourire dissymétrique s'élargissant à l'extrême avant de se convertir en faible éclat de rire rauque. Il ne répondit pas, il la regardait juste en l'étudiant.
« Quoi ? », lui demanda la jeune femme sans comprendre à quoi rimait ce nouvel examen et encore moins ce rire de suffisance.
« Continue comme ça, et tu vas tomber face contre terre. », lui déclara-t-il, gardant sa moue d'hilarité.
Bulma fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas sa métaphore mais elle se doutait bien qu'elle résultait de l'étude de la situation que Végéta avait faite : « Qu'est-ce que tu veux dire ? », demanda-t-elle.
« Pendant un moment j'ai pensé que tu avais changé mais je vois que tu as toujours tes petites habitudes. », répondit-il en la parcourant des yeux de haut en bas. Le froncement de sourcil de la jeune femme aux cheveux bleus l'encouragea à continuer : « Tu continues de fumer, tu tournes en rond dans la pièce et tu persistes même à m'inviter ici. »
Cela lui fit prendre une expression sévère : « Je ne t'ai pas invité, Végéta. », lui répondit-elle, écartant tout sous-entendu.
« Ah, non ? », dit-il en s'inclinant de quelques centimètres vers elle. « Alors pourquoi tu me le demandes ? »
Encore une fois, son arrogance. Elle n'allait pas se laisser intimider par sa nouvelle disposition à se sentir supérieur à n'importe quel être de ce monde ou d'ailleurs : « Je veux juste savoir si tu vas rester ici pour te préparer une chambre car... »
« Je ne resterai pas. » Il ne la laissa pas poursuivre et se concentra à nouveau sur sa nourriture. « J'irai dans les alentours ».
Elle inspira fortement et se redressa. « Très bien, ça me paraît une idée géniale. », ajouta-t-elle face au four. Elle se mit à chercher les ustensiles pour préparer le café. Ce qui était certain, c'est qu'elle s'était sentie soulagée en entendant sa décision. « Avec ou sans la chambre de gravité ? », voulut-elle savoir.
« Si je t'ai demandé d'augmenter la pression de ma chambre de gravité c'est parce que je pense l'emmener avec moi. », l'entendit-elle dire dans son dos.
Avant de répondre, elle le regarda du coin de l'œil. Il s'était attribué la propriété de la chambre de gravité et cela les renvoyait au passé, à leurs discussions antérieures. Pourquoi avait-il dit ça ? Pourquoi continuait-il à la provoquer ? Elle ne put s'empêcher de sourire à ce défi. Pour elle, il était évident que c'était lui qui explosait même si elle en ignorait la raison.
« Oui, mais je ne sais pas combien de temps ça va me prendre alors je pensais te préparer une nouvelle chambre car comme je te l'ai dit... »
Elle entendit une forte inspiration et cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : il commençait à en avoir assez.
"Mais qu'est-ce qui lui arrive ?", se demanda le prince en la voyant préparer son café. "Tu t'emportes pour certaines choses et pas pour d'autres, Bulma ?", s'interrogea-t-il en réalisant que même la possession de la chambre de gravité l'avait laissée de marbre. "Est-ce que maintenant elle ne répond qu'à ce qu'elle veut ?"
« Pendant ce temps, je resterai dans les montagnes, il faut que je me concentre. », déclara-t-il avec une moue de dégoût.
« Où exactement ? »
« Ça n'a aucune importance pour toi. », répondit-il.
« Tu pourrais aller t'entraîner avec Goku. », suggéra la jeune femme avec insouciance.
Là, il fut forcé de la regarder à nouveau. "Elle vient de me suggérer d'aller m'entraîner avec Kakarot ?" Elle savait mieux que quiconque ce que ce nom produisait dans ses entrailles et elle lui avait lancé ça, comme si c'était le plus normal du monde qu'il aille s'entraîner avec son pire ennemi. Pour Végéta il n'y avait aucun doute : elle lui rendait sa provocation au centuple. Il n'allait pas y consentir. Il sourit avant de lui répliquer :
« Tu commences à comprendre, Bulma. », dit-il en relevant le front. « C'est tout ce que ce sera pour moi de tuer ton cher Kakarot. » Il attendit patiemment qu'elle se retourne. Mais elle ne le fit pas. Elle était toujours devant la cuisinière et semblait assez occupée à prendre de part et d'autres les objets nécessaires. Il aurait souhaité qu'elle se retourne pour l'observer pendant qu'il lançait sa phrase de conclusion et il dût se résigner au silence de Bulma. « Un entraînement. En finir avec lui ce ne serait qu'un entraînement pour moi. »
La scientifique ne lui prêta pas attention. Son envie de voir ses amis et Végéta en finir avec les androïdes lui avait fait suggérer l'entraînement avec Goku comme une évidence. Mais ça ne l'était pas. "Pourquoi ai-je dit ça ?", se demanda-t-elle. Son esprit était tellement habitué à leurs jeux qu'elle répondait sans même y penser ? Il était clair qu'il l'avait pris comme une provocation et elle attendit, résignée, que Végéta y réponde. Elle le méritait. Personne ne pouvait mieux savoir qu'elle l'effet que produisait le nom de Goku sur cet homme. Elle finissait par accepter que c'était la réponse qu'elle aurait attendu de Végéta, celui du passé comme celui du présent. Elle se rendit compte qu'elle avait changé plus que lui, que cette arrogance croissante et exagérée était l'unique chose nouvelle que le Saïyen avait ramenée de son voyage dans l'espace avec le dépassement de son pouvoir. Et elle devait le calmer. Elle devait le calmer parce que sinon il allait croire qu'elle voulait le provoquer sans comprendre qu'elle était juste aimable avec l'homme dont on aurait besoin pour vaincre les cyborgs. Il n'était plus son prince. Il ne l'était déjà plus. Ni maintenant ni plus tard. C'était terminé. Il était l'homme dont elle avait été amoureuse un temps et qui lui avait donné le meilleur que pouvait recevoir une femme. Comment pouvait-elle le lui faire savoir ? Pourquoi leurs retrouvailles étaient-elles débordantes de fantômes du passé ? Ils avaient tous besoin d'être tranquilles et concentrés. Ce qui s'était passé entre eux, elle était disposée à l'oublier au nom du futur incertain qui allait fondre sur eux sous peu. Il était temps encore de l'oublier. C'est ainsi qu'elle voyait les choses même si son corps et son cœur étaient en désaccord. Elle leur demandait juste de bien vouloir s'entendre jusque là. Quel chemin choisir ? Lequel ? Elle avait décidé de choisir l'amabilité, de rester sincère et franche. De ne pas cesser d'être Bulma Brief car elle avait toujours lutté constamment pour qu'il ne la change pas, même s'il y était arrivé, mais pour le mieux.
« Et tu vas avoir besoin de nourriture ? », demanda la jeune femme. Elle n'avait pas terminé de préparer le café et attendait juste l'ébullition, mais elle ne se retourna même pas pour lui parler. Elle avait remarqué que sa crispation avait augmenté et elle savait ce que Végéta faisait quand il s'énervait contre elle : il s'approchait au maximum ou s'éloignait à l'extrême. Et les deux options ne lui plurent pas du tout. - « J'ai encore des capsules de réserves alimentaires au laboratoire, si tu veux, tu peux... »
N'allait-elle pas lui répondre au sujet de Kakarot ? Il était écœuré de tant d'amabilité : - « Je n'aurai besoin de rien. », affirma-t-il haussant le ton depuis sa chaise. - « Je veux juste que tu mettes au point ce maudit vaisseau ! »
« Ne crie pas ou tu vas réveiller le bébé ! », lui ordonna-t-elle toujours le dos tourné en s'étirant pour atteindre une tasse sur le meuble. Et elle ajouta pour conclure : - « Ne t'inquiète pas pour ton vaisseau, tu l'auras le plus vite po... »
Elle ne put terminer. Alors qu'elle prononçait cette phrase, elle sentit sa présence puissante juste derrière elle. Elle n'avait pas besoin de se retourner pour le vérifier. Pendant le temps où ils étaient ensemble, elle pouvait presque deviner l'endroit précis de la maison où il se trouvait et même dans quel état d'esprit et cela lui faisait se demander si elle n'était pas arrivée inconsciemment à sentir le Ki des personnes à force d'interagir autant avec des guerriers qui avait cette capacité. Pour le retour de ses parents, elle n'avait rien senti venir, donc elle en avait conclu que cela ne fonctionnait qu'avec lui. Comme maintenant. Il était juste derrière elle et son corps réagit avant son esprit : s'inclinant lentement vers lui, en arrière, en même temps qu'elle ressentait la chair de poule.
« Quand j'aurai vaincu les cyborgs, ce sera le tour de cette planète et de tous ses habitants. »
Il la haïssait. Quand elle se mettait à comploter contre lui, il la haïssait de toutes ses forces car elle le perturbait. Elle avait toujours un plan. Toujours. Même si elle était indubitablement naturelle dans toutes ses facettes et prévisible dans toutes ses actions, on ne pouvait jamais en savoir la raison. Bulma aimable ? Bulma qui ne criait plus que la chambre de gravité était la sienne ? Bulma serviable sans tentative de flirt ? Sans le provoquer avec ses maudits yeux bleus ? Sans répondre à ses défis ? Impossible. Elle avait juste répondu aux phrases banales sans importance pour lui. Elle n'avait jamais été ainsi avec lui. Elle semblait le traiter comme un de ses pathétiques amis et plus comme le Prince des Saïyens. N'avait-elle rien appris pendant le temps passé ensemble ? Il la détestait. Il ne pouvait supporter de l'avoir entraînée dans une conversation dont il prévoyait de sortir vainqueur et qu'elle remportait au final contre toutes ses prévisions. Il était retourné sur Terre pour ne plus jamais être un perdant et ne plus tomber dans le piège blanc de cette femme. Il la haïssait. Il la haïssait de toutes ses forces. Il détestait son cou et ses épaules tendues, et ses yeux qui maintenant le regardaient. Pour ne pas tomber dans l'insondable mystère bleu qui émanait de ses yeux, il fit l'erreur de fixer sa bouche, rose et souriante, et son odeur si proche l'imprégna jusqu'aux os.
Que pouvait-elle lui dire ? Pouvait-elle se laisser prendre à sa dernière provocation ? Commettre cette erreur ? Il était debout juste derrière elle. Oui, elle était consciente que c'était lui qui perdait, évidemment, pourquoi pensait-elle en ces choses ? Elle ne pouvait pas revenir en arrière, elle ne pouvait pas croire que tout ce qui s'était passé avec lui serait balayé d'un revers de main. La défaite dans cet échange n'avait aucune importance, si les cyborgs n'étaient pas éliminés, ils perdraient tout. Végéta et elle n'avaient aucune importance, ils n'existaient plus dans un moment aussi critique pour l'humanité, où son fils qui venait de naître pourrait souffrir d'un futur dévastateur. Elle n'allait pas répondre à son défi. Elle avait changé et c'est à cet instant qu'elle se rendit compte de la grande vérité que cela comportait, tellement clairement que toutes les terminaisons nerveuses de son corps s'apaisèrent et se concentrèrent sur son cœur, qui battait à un rythme alarmant.
Elle tourna lentement son visage vers lui. Elle leva les yeux et remarque que le sourire du saïyen, protagoniste absolu depuis son arrivée, avait disparu. Elle n'eut pas besoin de tousser : « Je le sais. », lui indiqua-t-elle en le regardant droit dans les yeux. - « Mais avant cela, tu devras vaincre ces cyborgs. »
Le sifflement agaçant de la cafetière fit se rompre en mille éclats cet échange de regards. Bulma se tourna vivement et baissa le feu d'une main tout en soulevant le récipient de l'autre. Elle voulait que la normalité revienne et commença à élever la voix :
« C'est tout ce qui compte pour l'instant, Végéta, c'est pour ça qu'il faut beaucoup t'entraîner et... »
Elle cessa de sentir la présence derrière elle. Elle fit la moue et se retourna. - « Mais où est... »
Cette fois non plus, elle ne put pas terminer la question. Elle entendit les pleurs de son bébé, écarquilla les yeux et prit peur à l'idée de ce qui venait de se passer.
« Trunks... », murmura-t-elle avant de se ruer dans les escaliers.
« Malédiction, mais qu'est-ce que c'est que ça ? », fut le cri assourdissant qui déchira le silence de la nuit.
o-o-o-o
"Maudite femme !", proféra-t-il intérieurement abandonnant la cuisine et faisant face aux escaliers. - « Sois maudite, maudite mille fois. », murmura-t-il en montant les marches. Il ne comprenait pas sa nouvelle attitude. Ca n'avait aucun sens. Aucun. "Que j'aille m'entraîner avec Kakarot ?", se demanda-t-il à lui-même vexé, en parcourant déjà le couloir. "Comme ose-t-elle dire une chose pareille !", s'exclama-t-il dans son esprit avec une envie de lui tordre le cou.
« Et elle est restée sans réaction quand j'ai lancé ma menace ! », s'exclama-t-il tout bas en regardant le carrelage du couloir et levant les mains en signe de complète incompréhension. Oui c'était clair, avec sa maudite tranquillité et sa maudite assurance, elle avait gagné cette bataille. « Pourquoi ? Pourquoi ? » Cette question taraudait son cerveau sans trouver de réponse. C'était lui le plus fort. C'était lui l'invincible. Le plus rapide. Le plus puissant. Et il avait fallu un simple dialogue avec elle pour qu'il s'énerve.
Il ouvrit la porte de sa chambre et entendit immédiatement les pleurs de son fils. Il fit un pas et un bruit perçant provenant d'une chose douce sur laquelle il avait marchée le fit regarder par terre.
« Mais que… ? », s'étonna-t-il.
Il tendit la main pour allumer la lumière et vit sous son pied un faux ours mort. Il regarda autour de lui et ne put que s'écrier :
- « Mais que diable est tout ceci ? »
Des couleurs. Il ne voyait que des couleurs de tous côtés. D'étranges personnages souriants et des animaux morts inondaient la pièce d'un amalgame chromatique dévastateur et irritant. Aussi irritant que les vagissements de son rejeton dans une sorte de cage miniature. Il fit quelques pas vers lui. Il allait voir son fils. Il sentait déjà sa puissance. Grandiose. Oui, il promettait d'être un digne héritier du nouveau règne de Vegetasei, même s'il était aussi criard que sa mère.
o-o-o-o
En panique, Bulma monta frénétiquement les escaliers. Elle ne voulait pas que Végéta voie Trunks en tête-à-tête. Elle devait être devant lui, tout contrôler pour empêcher toute brutalité, même si elle pouvait presque affirmer que cela n'arriverait pas.
Elle changea d'opinion en entrant dans la chambre de son fils que le prince tenait en hauteur suspendu par la cheville pour l'examiner en détail. Son bébé ne cessait de pleurer, ce qui n'avait pas l'air d'inquiéter outre mesure le Saïyen contrairement à autre chose :
« Mais pourquoi a-t-il cette couleur de cheveux ? », demanda-t-il à haute voix en percevant la présence de Bulma.
La jeune femme s'approcha à grands pas. - « Parce qu'il est né comme ça, idiot ! », lui cria-t-elle, prenant délicatement Trunks entre ses bras. - « Qu'est-ce qui ne va pas, bébé ? », lui demanda-t-elle d'une voix douce, essayant de le calmer. - « Ton père est une brute et ne sait pas comment prendre un petit enfant dans ses bras ? »
Il ne percevait pas la scène. Il ne voyait rien d'autre que la couleur de cheveux ridicule avec laquelle son fils était né. Il ne savait même pas comment qualifier ce degré chromatique mais soudain, cette couleur envahit tout son champ de vision. - « Mais qu'est-ce que c'est que cette couleur ? », demanda-t-il à nouveau.
Bulma releva le visage vers lui pour lui crier : - « C'est violet ! C'est une très jolie couleur ! » En fait, cela ne l'étonnait pas du tout qu'il soit choqué par cette couleur de cheveux. Elle se souvint qu'une fois, elle avait entendu de sa bouche que tous les Saïyens avaient les cheveux noirs. - « Il est né avec, et avec une queue, mais je la lui ai faite enlever. », affirma-t-elle persuadée que c'était une bonne idée. Elle croyait que c'était le bon moment d'aborder ce sujet. Peut-être qu'elle aurait de la chance et qu'il y accordait de l'importance.
Elle se recentra sur son fils. - « Ne t'inquiète pas, Trunks, ta brute de père va s'en aller, il ne t'embêtera plus. », murmura-t-elle, plus pour Végéta que pour son fils.
Il ignora l'invitation indirecte à ce qu'il parte de la maison. Il ne s'y attendait absolument pas. - « Tu lui as fait enlever la queue ? Mais pourquoi as-tu fait une chose pareille ? », hurla-t-il.
« Parce que cette queue ne vous a toujours causé que des problèmes, à vous autres les Saïyens et que je ne veux pas laisser mon fils avec une chose aussi dangereuse pour lui, et en plus, c'est ridicule ! »
« Ridicule ? », lui demanda-t-il, vexé. - « Tu as vu ses cheveux ? Ce n'est même pas une couleur définissable ! »
La scientifique poussa un soupir même si elle était reconnaissante de le voir dévier du sujet de la queue de leur fils.
« C'est violet, Végéta, je viens de te le dire... », murmura-t-elle en regardant son fils avant de retourner son regard sur le Saïyen : « Et arrête de faire comme si c'était quelque chose de terrible ! » Même elle s'étonna de recommencer à crier sur lui mais elle ne pouvait pas s'en empêcher : pourquoi accordait-il autant d'importance à la couleur de cheveux de son fils ?
"Violet ?", pensait le Saïyen. Du peu qu'il avait vu, les cheveux des gens sur cette planète avaient une gamme de couleurs assez étendue mais "violet ?" Il vérifia à nouveau d'un coup d'oeil comme s'il était possible que la couleur puisse changer : « Pourquoi il n'arrête pas de pleurer ? », demanda-t-il avec la même irritation.
« Parce qu'il est en colère ! », vociféra la scientifique en retour. « Il n'a pas l'habitude qu'on le suspende en l'air par un pied, tu vois ? », asséna-t-elle avant de poursuivre avec toute la douceur du monde dans la voix : « Ne te fâche pas, Trunks. Mon amour, ne sois pas d'aussi mauvaise humeur que ton père. »
Le prince grogna tout bas. Il se sentait submergé par tout ce qu'il voyait et cela le mettait encore plus en colère. Il en avait assez de se focaliser sur la couleur de cheveux du petit. Cela soulignait trop la perte de contrôle dans les évènements depuis qu'il était arrivé sur Terre. Il était venu dans cette maison pour plusieurs intentions dont celle, logique, de voir son fils. Bien, il l'avait vu et ce dernier n'était pas tel qu'il l'avait espéré, tout comme le déroulement des évènements depuis son atterrissage. Toutefois, la force de son héritier était écrasante, de cela il n'avait aucun doute parce qu'il émanait de lui comme un esprit qui le transperçait et l'anéantissait et c'était le principal. Il s'approcha pour poser une question. Il le fallait et c'était le bon moment :
« Bulma. », l'appela-t-il en faisant abstraction des pleurs stridents du nouveau-né. Mais la jeune femme continuait à bercer le bébé comme si elle ne l'avait pas entendu.
« Ca suffit les bêtises. » se dit Végéta en faisant un pas en avant. « Bulma ! »
Son cri fut si glaçant que même Trunks s'arrêta de pleurer. Il regarda son père en fronçant les sourcils, concentré, comme si réellement il comprenait l'importance de cet instant dans son existence.
En entendant le cri proféré par Végéta, elle planta les yeux dans les siens. Elle aurait voulu lui crier d'arrêter mais elle s'en sentit empêchée par une force plus grande encore, inutilisée, comme si son esprit lui interdisait de contester ou altérer cet instant. Elle avait plutôt apprécié le déroulement des évènements dans la cuisine, contrairement à lui bien sûr, mais ce cri du guerrier faisait retomber tout semblant d'euphorie. Le Prince des Saïyens était de retour, Végéta était à nouveau là, le seul homme qui puisse la faire taire. Ainsi que Trunks apparemment.
Il ne se laisserait pas tomber dans le piège bleu de ses yeux. Pas maintenant. Il se concentra sur ce qu'il avait à dire. Ce n'était sans doute pas important pour lui, mais pour elle, si. Ou peut-être pas mais par tous les diables il devait le lui dire. S'il le faisait, il savait qu'il partirait de ce lieu victorieux,
« Ecoute-moi bien. », commença-t-il en la regardant droit dans ses pupilles et les épaules tendues. « Tu l'élèveras et quand il sera en âge d'être entraîné, il passera sous ma tutelle et jusque là tout ce qui pourrait lui arriver sera sous ta responsabilité, tu m'as bien entendu ? » Son regard allait de l'un à l'autre des yeux de la jeune femme aux cheveux bleus qui restait pétrifiée incapable de dévier son regard du sien. Il fit valoir se silence avant de continuer : « Ce serait un signe de faiblesse que l'enfant ne survive pas et nous, les Saïyens, nous préférons un enfant mort plutôt que faible alors... »
Entendre l'éventualité de la mort de son fils la fit sortir de son obscur enchantement : « Eh ! Mais de quoi tu parles ? », s'exclama-t-elle d'une voix exagérément énervée. Cela lui faisait froid dans le dos. « Je t'interdis d'insinuer que mon fils puisse être... »
« Bulma ! »
Elle ne put continuer. Il réclamait à nouveau son attention et tous ses sens furent comme annihilés. Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait et cette incapacité était loin d'être provoquée par la peur. Ce n'était pas de la peur qu'elle ressentait. Chaque fois qu'il devenait extrêmement sérieux et qu'il réclamait son attention, il y parvenait. Elle n'avait pas la moindre idée du pourquoi ni du comment mais cela arrivait comme mille et une fois auparavant.
« Avant qu'il ait le premier signe de conscience, il repassera entre mes mains parce que je refuse que le petit ait la moindre trace de fragilité humaine, c'est compris ? »
Elle s'y attendait. Bulma avait deviné qu'il lui dirait quelque chose de ce genre. Il est vrai que le premier avertissement l'avait prise au dépourvu. Si elle avait bien entendu, il avait commencé par lui dire que tout ce qui arriverait à Trunks était sous sa responsabilité et cela signifiait qu'il se déchargeait non seulement de l'éducation de l'enfant, ce qui était prévisible, mais aussi de tout ce qui pouvait lui arriver. N'avait-il pas voulu ce fils ? Alors pourquoi disait-il que lorsqu'il serait en âge suffisant, il se chargerait de lui ? Mais quel genre d'éducation avaient reçu les Saïyens pour laisser un bébé sans défense entre les mains du destin, avant même qu'il puisse marcher ou réclamer ? Bien, elle pourrait le supporter parce que ce n'était rien de nouveau : c'était arrivé à Goku, qu'on avait envoyé nouveau-né sur Terre et bien que ce soit déplorable et inimaginable, en fin de compte ce n'était plus ce qui comptait pour elle désormais.
La seconde question par contre l'intéressait car cela sous-entendait qu'il comptait prendre le contrôle de son fils. Cela n'arriverait jamais. Maintenant c'était l'épreuve du feu pour répondre et maintenant tous ces mois passés seule prenaient tout leur sens. Toute cette fluctuation d'émotions envers lui aurait dû sortir en pleine lumière, juste à cet instant, dans cette dernière provocation mais toute cette pénombre avait servi à quelque chose, qu'elle s'accroche à l'idée fondamentale que tout ce temps en avait valu la peine : il lui avait donné le meilleur qu'une femme puisse recevoir d'un homme et cela, malgré ses provocations et ses désirs de dominer l'univers, c'était le principal résultat de leur union. Cela lui était égal qu'il s'imagine pouvoir emmener son fils, cela lui était égal que tous ses sens s'éveillent à son seul retour. Cela n'avait pas d'importance. Ce qui lui importait c'était Trunks et le présent. Si les guerriers n'en finissaient pas avec les androïdes, le futur qui l'attendait elle et son fils serait trop obscur, aussi macabre que regarder la mort droit dans les yeux. Parce que même un jeune homme du futur était venu les prévenir. Parce que même si ce jeune était super-saïyen, comme Végéta et Goku, il n'était pas arrivé à les éliminer.
Même si elle mourrait d'envie de lui hurler que jamais il n'emmènerait son fils et qu'à la moindre tentative, elle le tuerait, elle se contenta de soupirer une nouvelle fois. Elle était devant Végéta et il continuait à ne s'intéresser qu'à une seule chose : battre tout le monde. Il n'avait aucun intérêt pour elle, malgré sa gentillesse qui parfois lui avait beaucoup coûté et qui d'autres fois était si naturelle qu'elle s'en étonnait elle-même comme dans cette conversation. Elle était toujours l'humaine dont il pouvait se passer en un clin d'œil. A certains moments de leur discussion dans la cuisine, elle avait cru entrevoir la même intimité qui les envahissaient à chacune de leurs rencontres mais elle ne pouvait plus se permettre de se laisser ensorceler. Ni par lui, ni par les illusions du prince qui avec ses provocations faisait affleurer l'ancienne Bulma à l'intérieur d'elle-même.
Elle voulut lui répondre quelque chose de sobre, comme l'avait été cette étrange conversation mais il se retourna et juste avant de s'envoler par le balcon, lui lança, mettant un point final à leur dialogue :
« Et jusqu'à ce jour, cet enfant est seulement le tien. »
o-o-o-o
En plissant les yeux, elle regarda la brise qui faisait danser les rideaux dans son sillage, réalisant à quel point cet homme se trompait au sujet du futur de son fils et de celui de tous les deux. De cela, Bulma n'avait plus aucun doute depuis l'instant où elle l'avait vu apparaître sur la rampe du vaisseau, tout comme elle était certaine que cet homme ne pourrait jamais aimer personne.
La pensée que Végéta était incapable de démontrer de l'amour pour quoi que ce soit aurait pu la détruire tout comme un an auparavant, mais maintenant, avec son fils dans les bras, elle ne pouvait que regretter que Trunks ne puisse jamais profiter de son propre père. C'était douloureux, oui, surtout alors qu'elle venait juste de le voir, mais en même temps, supportable si elle y pensait le moins possible. Elle donnerait à son bébé tout l'amour dont il aurait besoin et le sujet était clos.
La figure paternelle est essentielle pour la croissance de chacun mais parfois la vie nous joue des tours. Elle l'avait déjà constaté auprès de nombreuses mères isolées et elle n'allait pas se laisser abattre. La vie de Trunks était inévitablement marquée depuis le début et la faute en revenait à Bulma. Et elle le savait. Elle était l'unique cause et coupable que ce bébé aux yeux célestes, mignon, sain et fort, devrait souffrir de l'absence d'un père. Peut-être était-ce la raison pour laquelle elle s'en occupait autant. Peut-être était-ce pour cela qu'elle le couvrait d'attentions. Peut-être était-ce aussi pour cela qu'elle avait pu supporter dans la cuisine toutes les récentes insolences de cet homme qui venait de quitter son ancienne chambre par la voie des airs.
Les pleurs de son fils la firent revenir à elle-même. - « Oh, Trunks, si tu savais comme je suis désolée. »
Elle s'assit sur le bord du lit avec son bébé dans les bras et même si une terrible envie de pleurer l'envahit, elle se retint. Elle fit une rapide analyse de la discussion qui venait de s'achever et se consola à l'idée que, malgré toutes les fois où elle avait eu envie de lui hurler dessus, elle avait bien agi.
« Tu sais quoi ? », dit-elle à son nouveau-né qui sembla se calmer pendant qu'elle le câlinait : « Ton papa ne changera jamais et il sera très difficile qu'il nous aime mais, après tout, Trunks, qu'est-ce qu'on s'en fiche, non ? », lui demanda-t-elle avec un sourire voilé de tristesse.
Elle ne savait pas pourquoi, elle n'entrevoyait aucune raison pour cela et encore moins après ce qui venait de se passer mais à chaque fois qu'elle se lançait une affirmation de ce genre, la Bulma plus guerrière voulait sortir de son intérieur pour la contredire, comme si l'espoir l'habitait encore, chevillé au souvenir de ces six mois où ils étaient seuls au monde. C'était un cri lointain et ténu, presque dérisoire, mais qui à chaque fois la remplissait de doutes. Et elle avait mieux à faire que se questionner sur un amour lointain. Non, elle était là pour s'occuper de son fils, dont les pleurs commençaient à l'atteindre, résonnant avec le cri déchirant qui émanait de ses entrailles.
Les sanglots de Trunks furent dévastateurs pour Bulma, qui avait décidé depuis bien longtemps de ne plus recommencer à pleurer pour le prince.
« Oh non, Trunks, ne te mets pas à pleurer, mon coeur ou je vais m'y mettre aussi. », dit la jeune femme en chantonnant pour le calmer. « Demain, je t'emmènerai au laboratoire et tu m'aideras à mettre au point la chambre de gravité pour ton grognon de père, d'accord ? »
C'était comme si le bébé avait répondu à la question et sa réponse était claire : il ne permettrait jamais à son père de ne pas l'aimer, comme s'il était en total désaccord avec l'affirmation de sa mère, comme s'il était certain que cet homme, dont l'écrasante présence le faisait tant pleurer, finirait par l'aimer plus que tout au monde.
o-o-o-o
Il savait parfaitement où aller après sa première étape depuis son retour sur Terre. Il n'allait pas se laisser perturber par ses retrouvailles avec Bulma, bien qu'elles aient été pour le moins inquiétantes, alors il décida de ne pas perdre un seul instant de son temps avec l'humaine. Il fallait qu'il se concentre sur la bataille à venir. Il jeta un dernier regard vers la maison depuis les cieux et il put apercevoir quelque chose qu'il avait complètement oublié : le matelas.
Il était là, flasque et sans défense, moisi et solitaire. Juste là où il l'avait laissé depuis très longtemps. « Mais que fait-il encore là ? » Il s'en approcha et après l'avoir examiné un moment il décida que ce ne serait pas une mauvaise idée de l'emmener sur les lieux où il camperait. Etait-il possible que personne ne se soit rendu compte de l'existence de cette chose sur le toit ? Apparemment non et à bien y réfléchir, c'était logique vu que cette résidence qu'il laissait enfin derrière lui, n'était habitée que par des fous. En atteignant les montagnes du nord, il laissa tomber le matelas près de la berge d'une rivière. Il étudia les alentours pour bien les mémoriser et se souvenir du lieu où il avait placé le matelas. Maintenant, il n'avait plus de temps à perdre car la bataille finale était proche.
A la pensée d'un nouveau combat, ses yeux sombres s'illuminèrent. Tous ignoraient la nouvelle dimension de sa force et déjà il voulait en finir avec ces androïdes pour ensuite se confronter à Kakarot et lui faire voir qui était le Prince des Saïyens, maintenant et plus que jamais l'être le plus puissant de l'Univers.
Il continua à voler à pleine vitesse en imaginant la tête que ferait le troisième classe quand il verrait son nouveau pouvoir. Oui, il le supplierait de l'achever vite mais il prendrait son temps pour profiter de sa victoire. « Ce sera un affrontement glorieux », se dit-il en traversant des nuages, « digne d'une grande vengeance. »
Il avait déjà réfléchi à la façon de l'attaquer. Un coup précis au visage de son ennemi avait toujours été sa meilleure arme pour le démotiver depuis le début. Ensuite, connaissant Kakarot, il devrait esquiver son attaque directe au raz du sol. L'autre saïyen de pure race était assez rapide avec ses jambes, extrêmement agile, avec des mouvements qui défiaient la logique corporelle. Lui, par contre, dominait l'étude préliminaire et il avait passé tellement de temps à imaginer cette bataille qu'il pouvait sauter cette étape et passer à l'action. Après le premier échange de coups, Végéta s'élèverait dans les airs pour l'attaquer depuis les hauteurs. C'était sa position favorite et Kakarot, bien que totalement inutile sur les questions qui ne concernaient pas un affrontement physique, était sans doute le guerrier le plus imprévisible et intelligent qu'il connaisse et capable de de monter le rejoindre ou l'attaquer depuis la terre avec son Kamehameha, technique admirable mais un peu rudimentaire à son goût. Il sourit à nouveau : « Oui, ce sera ma dernière grande bataille. »
Pourquoi ? Et après ? Evidemment il détruirait cette planète et éliminerait tous ses habitants en emmenant son fils avec lui. A cet instant, son visage se renfrogna. Il ne mentait pas quand il avait dit à la scientifique que les nouveaux-nés saïyens ne devaient leur survie qu'à eux-mêmes. Il existait une croyance qui statuait que si le bébé ne survivait pas tout seul à ses six premiers mois de vie alors c'est que l'enfant n'était pas digne de sa race. C'est pour cette raison qu'on envoyait les plus faibles sur des planètes non hostiles. Ceux qui réussissaient l'épreuve passaient aux mains de gardiennes, nourrices, qui les derniers décades avaient été remplacées par des machines technologiquement avancées offertes par l'Empereur afin de ne laisser passer aucune bonne guerre. Ce n'avait pas été le cas pour Végéta. Les meilleures nourrices de l'Empire avaient pris soin de lui et au bout de quelques années, il était passé aux mains de son père.
Mais son fils n'avait pas encore un an et même après la fin de la menace des androïdes, sa première année ne serait pas révolue. Que ferait-il d'un nouveau-né jusque là ? Quand il serait Empereur de l'Univers, quand il prendrait la place qui lui revenait de droit, l'enfant serait encore bien trop jeune, bien trop petit pour passer entre ses mains. « Peut-être que je pourrais trouver les meilleures nourrices du cosmos », s'encouragea-t-il.
Un grognement lui échappa. Non. Ce n'était pas une bonne idée. Il n'aurait pas assis suffisamment son pouvoir pour intimider quiconque voudrait exercer des menaces d'extorsions et un fils nouveau-né serait une bonne monnaie d'échange pour de possibles chantages. Il ne pourrait faire confiance à personne pour prendre soin du fils du futur maître de l'Univers.
« Mais qu'est-ce que je suis en train de penser ? », se reprocha-t-il. « Je suis en train d'imaginer que mon fils sera un futur Tarble que je devrais cacher des intrigues vénéneuses et des luttes de pouvoir interspatiales ? » Son père avait commis la même erreur. Il l'éviterait, comme il avait évité les faux-pas de son géniteur. Il dut se réaffirmer à nouveau le credo saïyen et que si un enfant ne survivait pas à ses premières années c'est qu'il était écrit qu'il n'avait pas sa place parmi son espèce.
Il souffla encore une fois. Il avait eu un fils avec une humaine parce qu'il était convaincu qu'il ne pourrait jamais obtenir un mélange aussi puissant, qui pouvait même dépasser l'original. Humains et Saïyens. C'était la vraie raison et maintenant il avait enfin son rejeton. Avec une couleur de cheveux fantaisiste et un nom tout aussi particulier mais l'enfant était puissant. Il émanait de lui une force effrayante et cela, juste cela, il n'aurait pas pu l'obtenir d'une autre planète.
Trunks. C'était le nom que Bulma avait donné à l'héritier de sa lignée, un nom qu'il perdrait une fois dans les étoiles. "Comment a-t-elle pu lui donner un nom pareil ?" Et pour couronner le tout, elle lui avait fait enlever la queue, le symbole saïyen, celui qui te donnait une identité physique et te séparait de toutes les espèces semblables en apparence. Il plissa davantage les sourcils à cette réalisation : en y réfléchissant bien, elle avait fait le bon choix, la seule chose positive dans tout le désastre de leurs retrouvailles. C'était vrai que leur queue ne causait que des problèmes à tous ceux de sa race, que si d'un côté ils augmentaient leur puissance, d'un autre côté ils ne pouvaient s'empêcher de se transformer en Ozaru. Au point où il en était, cela aurait été une faiblesse manifeste parce qu'il maîtrisait mieux sa force sous son apparence humaine qu'en singe géant. Avec la puissance qui émanait de son héritier, il n'aurait pas besoin de se transformer en Ozaru pour dominer le cosmos. "Eh bien, Bulma, on dirait que sur ce point, tu ne t'es pas trompée", se dit-il avec un sourire en coin.
Immédiatement, il l'effaça de son visage. « Pouquoi était-elle ainsi ? », demanda-t-il tout haut. Cela lui importait peu mais cela le dérangeait que la première personne avec qui il avait interagi à son retour se soit comportée comme si à tout moment elle contrôlait la situation. La scientifique n'était pas comme cela, elle n'avait jamais été ainsi avec lui, mesurée et prenant à la légère ses provocations. Il aurait voulu avoir le contrôle de tout cela et pourtant c'était elle qui avait dominé la conversation malgré deux grands faux-pas, même si vers la fin l'équilibre avait plutôt penché en sa faveur quand il l'avait prévenue du futur immédiat de son fils. Pendant toute la conversation, il avait eu l'impression que quelque chose lui échappait, que quelque chose avait traversé l'esprit de cette insensée qui maintenant se comportait avec lui comme face à une personne banale et non face à l'homme qui la supprimerait.
Parce qu'il devrait la supprimer. Il n'y avait pas d'autre option. « Ou bien ? » S'il reliait cette question à la précédente sur la prise en charge de son fils, elle était la meilleure option. Ce n'était peut-être pas absurde de tenir son fils éloigné des ses aspirations impérialistes pour que la jeune scientifique l'élève. Il soupira encore une fois et une moue de dégoût s'afficha sur son visage. Il ne faisait aucun doute qu'une chose pareille se heurtait frontalement aux croyances sur les nouveaux-nés saïyens car s'il laissait le petit sous la tutelle de sa mère, ce serait passer outre la règle non écrite. A nouveau, ses croyances s'opposaient à ses intérêts. Que faire ? Contester le dogme qui avait survécu des millénaires chez son peuple ou regarder son propre intérêt ? Il grogna tout bas en réalisant qu'il perdait son temps.
« Elle complique toujours tout ! Toujours ! », s'exclama-t-il en s'arrêtant brusquement et apercevant l'île qu'il cherchait. Il refit les calculs dans sa tête : neuf kilomètres au sud-ouest de la Cité du Sud. Oui. Il était arrivé. Maintenant il ne lui restait plus qu'à étudier le contexte de la future bataille. Les questions précédentes n'étaient que des bagatelles : elles se résoudraient en temps voulu.
o-o-o-o
Elle entrouvrit les yeux, regardant vers la droite. Elle avait oublié de tirer les rideaux et maintenant le plein soleil entrait dans la chambre. Elle perçut une ombre tout près sur sa gauche, très proche et battit des paupières plusieurs fois avant de pouvoir savoir qui la guettait dans son sommeil.
« Maman ! », s'écria-t-elle en se pelotonnant contre la tête de lit. « Tu m'as fait une de ces peurs ! », s'exclama-t-elle essayant de calmer les battements effrénés de son coeur.
« Bonjour ma fille ! », la salua sa mère à quelques centimètres d'elle. « Tu veux déjeuner ? »
« Hein ? » Sa mère lui avait mis sous le nez un plateau de nourriture appétissante qu'elle posa avec une vitesse surhumaine sur ses genoux, l'empêchant de bouger. Elle savait le pourquoi de tout cela.
- « Vous nous avez écoutés, pas vrai ? », lui demanda-t-elle en croquant dans un biscuit.
Sa mère accentua son éternel sourire. « Un peu, juste la discussion dans la chambre de Trunks mais je t'assure que ce n'était pas intentionnel. », répondit-elle, amusée. « C'est juste que vos cris nous ont tous réveillés... » et elle s'exclama : « Quelle tête a dû faire Végéta en découvrant la couleur de cheveux de son fils ! » Elle baissa la voix sur le ton d'une confidence : « Il ne semblait pas trop d'accord non plus pour le prénom et le pire c'est qu'ensuite je n'ai rien pu entendre. », dit-elle, peinée, avant d'ajouter : « ce qui fait que ce qui s'est passé en bas, je n'ai pas pu suivre, ma petite… mais ne mange pas si vite, tu vas t'étrangler ! »
La jeune femme aux cheveux bleus, qui étudiait les changements dans l'attitude de sa mère à chaque phrase qu'elle avait prononcée laissa échapper un court soupir de désapprobation. « Et où est Trunks ? »
« Oh, avec son grand-père, ma chérie ! », s'exclama sa mère désirant se recentrer sur la question qui l'avait fait attendre patiemment pendant une heure le réveil de sa fille. « Qu'est-ce qu'il t'a dit ? », voulut-elle savoir en s'inclinant un peu vers la scientifique. « Il n'y a eu ni baisers, ni passion ? »
Ces mots la firent presque s'étrangler. « Bien sûr que non. », répondit-elle tranquillement en saisissant des brioches et en les enfournant dans sa bouche. Cette question était typique de sa mère et elle put se reprendre immédiatement.
« Arrête ça ! », lui ordonna facétieusement sa mère en lui reprenant le plateau et en le posant sur la table de nuit. Sa fille la regarda avec un froncement de sourcil, qui s'accentua encore avec la dernière phrase de sa mère. « Si tu continues à manger comme ça il ne te regardera plus. »
Incroyable. Qu'on ose la traiter de frivole avec la mère qu'elle avait était tout simplement incroyable. Il y avait tant de choses qu'elle aurait souhaité hurler à sa mère qu'elle ne sut pas par où commencer. Avant même qu'elle ne puisse même prononcer une parole, sa mère, encore une fois, la devança avec sa moue insouciante : « Raconte-moi tout. »
Bulma soupira. Sa mère ne lui laissait pas le choix et elle était convaincue que si elle ne lui disait pas tout maintenant, elle ne la laisserait jamais en paix. « Il ne s'est rien passé, maman. » commença-t-elle à dire d'une voix lasse. « Il est juste rentré et il a mangé en bas. »
« Oh, Mon Dieu ! J'espère juste que tu ne t'es pas mise à cuisiner ! », s'exclama Mme Brief le regard tourné vers l'infini. « Pauvre Végéta ! »
« Maman ! » Elle grogna et reprit le sujet pour s'en débarrasser au plus vite. Elle fixa le regard sur sa mère, acceptant qu'elle était née de cette femme et qu'il n'y avait aucune chance qu'une autre ait pu lui donner le jour. « Non, il a mangé les restes de midi et ensuite il est allé voir Trunks. », déclara-t-elle tendant la main pour saisir un autre biscuit. « Aïe ! », se plaignit-elle, endolorie par la tape que sa mère lui avait donnée pour l'éloigner du petit-déjeuner. « Mais tu ne l'avais pas apporté pour que je le mange ? »
« Bien sûr que non, c'était juste un prétexte, ma fille, tu ne te réveilles que quand tu sens de la nourriture. », lui lança-t-elle avec un sourire candide.
Bulma écarquilla les yeux à cet aveu.
« Et de quoi avez-vous parlé ? », voulut savoir la blonde en revenant dans le vif du sujet.
Elle hocha la tête avant de répondre. « De ce qu'il avait fait dans l'espace entre autres. », dit-elle en sortant un peu du lit, désireuse d'en finir avec cet interrogatoire.
« Et vous avez parlé de vous deux ? »
Elle jeta la couverture sur un coté avec lassitude. « Ce n'était pas un sujet, maman, il n'y a pas de nous deux, ici. », lança-t-elle avec un sérieux évident.
Madame Brief la laissa sortir de son lieu de repos habituel et l'étudia un instant pendant que Bulma enfilait sa robe de chambre et ses pantoufles. « Bien sûr que si, surtout maintenant que vous avez un fils ensemble, maintenant vous deux... »
« Maman, il ne sera jamais un père pour Trunks. », l'interrompit sa fille fatiguée d'écouter cette affirmation. Bulma était impressionnée de réaliser qu'elle arrivait à garder son calme au sujet de Végéta et de leur fils même avec cette femme qui l'énervait au plus haut point. Elle y avait tellement réfléchi qu'elle était immunisée contre toute remarque sur la parentalité de Végéta ? Sans aucun doute, c'était le cas car la veille elle avait pu se contrôler à chaque instant face à lui.
En voyant sa fille sortir de la chambre et en se relevant elle-même pour s'emparer du plateau qu'elle ramènerait à la cuisine, Madame Brief se remit à sourire. « Et avant de t'en aller, ma fille, dis-moi juste une chose. »
La jeune femme soupira, s'attendant à une moquerie de la part de sa mère. « Quoi ? », lui demanda-t-elle, en regardant derrière elle.
« Est-ce qu'à tout hasard… ? », commença sa mère avec ce sourire si particulier qui désorientait tellement la scientifique parce qu'il l'empêchait de savoir à quoi s'en tenir. Sa mère leva les yeux vers elle, son plateau dans les mains, et poursuivit sa question : - « Est-ce qu'à tout hasard, hier, à un moment de votre conversation dans la cuisine que je n'ai pas pu suivre parce que ton père a insisté pour qu'on recouche Trunks... »
« Maman... », l'interrompit sa fille, perdant patience.
« T'a-t-il dit qu'il n'avait pas pensé à toi ? », l'interrogea enfin sa mère.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? », voulut savoir sa fille croisant les bras. A l'instant même où elle posa la question, elle le regretta. Elle ne voulait pas savoir où sa mère voulait en venir.
« Est-ce qu'au cours de votre conversation d'hier soir, Végéta t'a assuré qu'il n'avait pas pensé à toi ?», précisa la femme blonde.
Elle la dévisagea. Elle se sentit comme le prince, comme toutes les fois où sa mère semblait terrifier le maudit saïyen. Il y avait tant d'erreurs dans l'insinuation de sa mère que, à nouveau, elle ne savait par où commencer à la réfuter. Elle soupira, acceptant que sa mère, tout simplement, avait la tête dérangée.
« Oh, maman... », commença-t-elle à répondre en lui tournant le dos. « Ce n'était même pas la peine qu'il le dise... »
« Il a nié avoir pensé à toi ? », insista à nouveau sa blonde mère.
« Bien sûr que non, ce n'était même pas nécessaire, maman. », s'exclama-t-elle en sortant de la pièce sans bien comprendre d'où lui venait la nécessité de dire une chose aussi évidente.
« Eh bien ton père m'a dit que dans les archives de l'ordinateur il existe une connexion depuis le vaisseau rond à ton laboratoire qui date d'il y a sept mois. » commenta joyeusement Mme Brief. Elle dépassa sa fille, restée pétrifiée dans le couloir et conclut en se déhanchant et en se tournant pour voir le visage stupéfait de sa fille : « Il a pensé à toi, petite, ou alors qui sait ? », lança-t-elle amusée. « C'est peut-être à moi qu'il pensait ? » Et elle s'engagea dans le couloir en riant, disparaissant de la vue de sa fille unique.
« Idiote ! », s'exclama Bulma en reprenant sa route. Elle avait trouvé la clef. Maintenant elle pouvait terminer la phrase précédente. Connaissant Végéta comme elle le connaissait et l'étendue de sa paranoïa qui lui faisait imaginer que le monde entier raisonnait comme lui, il n'existait qu'un seul motif à cette connexion de caméra : il avait voulu savoir si elle avait décidé de poursuivre sa grossesse. « Comment a-t-il osé ? », s'écria-t-elle en levant les bras en direction du plafond.
Cependant, en toute honnêteté, l'idée l'avait traversée à l'époque de mettre un terme à la vie qui s'était créée en elle. Un frisson glacial la parcourut au souvenir de cet instant. Heureusement, Trunks était avec elle et il en serait ainsi jusqu'à la fin de ses jours.
Elle descendit les escaliers, décidée à réparer le vaisseau du prince. Plus que jamais elle avait besoin de cet homme car il les aiderait à éliminer ceux qui menaçaient la Terre. Ce qu'il adviendrait avec Végéta ensuite, seuls les dieux le savaient.
o-o-o-o
Il se dressa sur le monticule de pierres, laissant son corps reposer de tout son poids sur ses bottes abîmées. Il regarda autour de lui et ce qu'il vit lui plut : la dévastation. S'il continuait ainsi, il ne laisserait aucune trace de vie sur cette planète et cela, bien qu'attrayant, n'était pas envisageable maintenant.
Après avoir inspecté durant tout un jour les possibilités qu'offrait le terrain où apparaîtraient les cyborgs, il avait décidé de se concentrer sur le contrôle récemment acquis de son nouveau pouvoir. Il avait déjà atteint la limite de sa force et même s'il détruisait tout sur son passage, celle-ci n'augmenterait pas.
Il se renfrogna et baissa les yeux à nouveau sur sa botte. Cette dernière affirmation n'était pas du tout certaine. Autant cette nouvelle dimension de suprématie lui paraissait fascinante et grisante, autant elle semblait pouvoir augmenter considérablement même s'il était sûr que cela lui demanderait des efforts démesurés.
« Même si cela ne me sera pas nécessaire pour l'instant. », déclara-t-il pour se convaincre lui-même, en se laissant tomber sur la falaise amoncelée sous ses pieds. Il était las. Cela faisait deux semaines qu'il était arrivé sur Terre et il occupait son temps à s'habituer à la nouvelle vitesse de ses mouvements. Il ne s'était pas retransformé en Supersaïyen depuis son retour même si l'envie ne lui en manquait pas mais il ne voulait pas que les autres guerriers remarquent l'augmentation de son ki à ce niveau car sinon, il ne pourrait pas profiter de leur suprise quand ils le verraient de leurs propres yeux. Il avait vécu trop d'humiliations devant eux, ils l'avaient vu s'effondrer et demander justice à Kakarot pour son peuple. Maintenant, il s'offrirait le plaisir de voir leur visages effrayés devant la nouvelle magnitude de sa force.
Il était étrange de se découvrir lui-même avec une telle confiance en ses capacités. Il estimait que c'était naturel après autant de temps passé à être impressionné par le pouvoir des autres, ou pour être plus précis, par le pouvoir de Freezer et du troisième classe. Mais c'était terminé. « Tout ca, c'est fini. », se dit-il en souriant de côté.
Il était épuisé, c'est vrai, et affamé également. Il n'était pas retourné à la maison depuis son atterrissage et il s'était alimenté d'animaux de la planète, faisant du feu lui-même pour les cuisiner et dormant sous les intempéries, ou plutôt, sur le vieux matelas témoin muet de son passé consternant. Cela ne l'avait pas dérangé, ce n'était pas tellement désagréable, en fait, il appréciait de se retrouver en harmonie avec le cosmos mais il était déjà temps pour lui de retrouver sa chambre de gravité. Il avait besoin de sentir son nouveau pouvoir, aussi addictif qu'une nouvelle drogue, et ce qui se rapprochait le plus à la transformation en super-guerrier c'était de s'accoutumer à une pression excessive.
Quatorze nuits s'étaient déroulées et il avait apprécié la sensation d'absolue tranquillité que la planète lui offrait. Il avait toujours aimé le calme et la tension qui précédait la guerre. Il se réjouissait de savoir que son corps et son esprit s'uniraient bientôt en une parfaite osmose et qu'il en serait totalement maître. Il sourit. Aucun doute là-dessus, être un saïyen était quelque chose de magnifique. Il remarquait combien la fureur à l'intérieur de lui voulait sortir, amplifiée par toutes les frustrations auxquelles il avait été soumis. Et maintenant, elle jaillissait décuplée comme un raz-de-marée.
Ceci lui fit froncer les sourcils avec une certaine curiosité. De combien avait augmenté sa force ? Il ne pouvait pas la mesurer. « Bah, c'est sans importance ! », se dit-il pour se convaincre. « Ce n'est pas une question de chiffres. », se justifia-t-il en survolant des lacs et des montagnes. « Maintenant je suis le plus fort et cela, rien ni personne ne pourra le contester. »
Ce n'est qu'en approchant de la Cité du Nord qu'il s'en rendit compte. Oui, sa force avait augmenté de façon exponentielle ainsi que ses capacités et ses réflexes, tout comme ses sens s'étaient affinés, mais quelque chose lui avait échappé. Si proche de son rejeton, il s'en rendait compte, celui-ci dégageait un pouvoir terrifiant, écrasant et évident. Pourquoi ne l'avait-il pas senti au moment de son atterrissage ? Et pourquoi maintenant, en survolant presque la maison, il avait du mal à le percevoir ? Il émit un claquement de langue. Il était resté si longtemps à contempler sa force, tout à sa joie, qu'il avait laissé de côté la méditation. « Impardonnable », se reprocha-t-il. « Il faut que je sois à l'affût de chaque irrégularité et que je garde ma concentration. »
Il regrettait autant cette ultime découverte que le fait d'avoir repéré le faible ki de Bulma dans cette maison de fous.
o-o-o-o
« Oh, allez, Trunks, ne recommence pas à pleurer pour rien. », le supplia sa mère en essayant de lui donner son souper. « D'habitude, tu adores cette délicieuse nourriture que te préparent les robots, mon ange. »
« Peut-être qu'il n'a pas faim. », déclara M. Brief assis à la table.
« C'est un Saiyen, papa. », répliqua sa fille sans se tourner vers lui, s'efforçant, malgré les gesticulations de son bébé, d'empêcher la cuillère de prendre son envol. « Ils ont toujours faim, n'est-ce pas Trunks ? » Elle adoucit sa voix qui devint plus aïgue maintenant qu'elle s'adressait à son fils. « N'est-ce pas que tu vas finir toute l'assiette pour Maman ? »
C'était sans espoir. L'enfant semblait soudainement fâché. Il la repoussait avec ses bras maladroits et regardait vers la fenêtre sans cesser de pleurer. Il balbutiait des paroles inintelligibles, tâche rendue compliquée par sa génitrice qui ne cessait de lui mettre de force la cuillère dans la bouche.
« Bulma, tu devrais le laisser tranquille, tu ne crois pas ? », lui suggéra sa mère, s'aventurant sur les lieux du désastre. « S'il ne veut pas manger, il mangera plus tard. », déclara-t-elle en souriant à l'enfant qu'elle câlina pour qu'il se calme.
« Mais Maman ! Il faut qu'il mange ! Je ne supporterai pas que mon fils soit un enfant pourri gâté ! »
Cette déclaration sembla stupéfier ses parents, surtout venant de la jeune femme qu'ils avaient couvert de toutes leurs attentions. Tous deux rirent amusés et complices, après une soirée passée à élaborer de nouveaux bonbons pour leur petits-fils prématuré.
« Et maintenant, de quoi vous riez ? », protesta leur fille en se retournant vers eux, instantanément récompensée pour cela par une régurgitation de nourriture, un cadeau de son fils.
« Mais Trunks, mon ange, ne crache pas sur maman... », le supplia la jeune femme en s'essuyant avec un torchon. « Ca suffit ! », s'exclama-t-elle en observant son fils en pleurs. Il n'existait qu'une seule raison à son refus de manger et ça ne pouvait être que parce qu'il était vraiment repu. Elle devina la cruelle vérité sur le champ en voyant son père lever les yeux aux ciel et les baisser d'un air coupable sur son assiette.
« Vous ne lui auriez pas donné à manger avant l'heure, par hasard ? », leur demanda-t-elle, les mains sur les hanches.
« Eh bien, ma chérie... » commença à se justifier sa mère. « Il est vrai que nous avions besoin de quelqu'un pour tester mes nouvelles recettes de gâteaux infantiles et Trunks était le meilleur choix. »
« Mais Maman ! Tu ne vois pas que maintenant il n'arrête pas de pleurer et il ne peut plus voir la nourriture ! », s'écria Bulma avec emportement et fureur.
« Le petit pleure parce qu'il sent son père proche. », murmura le grand-père, sachant très bien que ni l'une ni l'autre ne l'entendrait. Cela était déjà arrivé et pour lui il était évident que ces sanglots si particuliers ne s'étaient produits qu'à une seule occasion, deux semaines auparavant.
« Mais ma Chérie, il fallait bien faire goûter les bonbons à Trunks puisqu'ils allaient être pour lui ... »
« Ne recommence jamais, Maman ! », exigea Bulma, essayant de contenir sa rage car il y avait déjà bien assez de cris avec les pleurs de son bébé. Le bébé avait plusieurs mois et était extrêmement pleureur et méfiant, pourtant, avec ses grands-parents, il était plutôt facile.
« Ma chérie... », dit Monsieur Brief à son épouse. Celle-ci regardait en extase son chérubin, qu'elle caressait bien que l'enfant semblait plutôt concentré sur le jardin vers lequel il agitait ses petites mains grassouillettes.
« Mais Trunks, mon trésor, pourquoi ne te contentes-tu pas de manger ? C'est parce que tes grands-parents t'ont gavé de bonbons ? », demanda la jeune femme aux cheveux bleus à son fils en quête d'un signe de réponse. Elle ne savait pas pourquoi, peut-être parce qu'il était né de ses entrailles, mais elle était sûre que son fils était extrêmement intelligent, comme s'il voulait lui parler constamment.
Sentant le contact sur son bras, Madame Brief se retourna et vit son mari lui sourire. -« Il vaudrait mieux que nous montions. », lui demanda-t-il avec ce regard qu'elle connaissait bien.
Toute parole était inutile. Quand son mari exigeait son attention, il était bien le seul à savoir pourquoi mais il y parvenait. « Entendu. », répondit-elle simplement à son époux.
« Bulma, nous montons nous coucher. », informa-t-elle à sa fille, toujours centrée sur son bébé.
Mais la scientifique n'eut pas un regard pour eux. Elle était bien assez occupée à nettoyer les dommages causés par l'enfant. « Arrête de pleurer, Trunks. », supplia-t-elle un peu désespérée en passant un chiffon sur la chaise et le sol. « Tu es aussi têtu que ton père. », déclara-t-elle penchée vers le sol.
« Ou aussi capricieux que sa mère. », entendit-elle prononcer depuis la porte du jardin.
On ne lui laissa même pas le temps de lever la tête du sol.
« Végéta ! », entendit-elle sa mère s'écrier, en faisant volte-face vers la cuisine. « Mon chou, ça faisait si longtemps ! Comment vas-tu ? Tu as faim ? Tu veux manger à quelque chose en particulier ? », le bombarda-t-elle de questions en s'approchant de lui.
Le prince ne répondit pas. Même si pendant un instant Bulma crut lire dans ses yeux, coupables de tant de crimes dans le passé, un soupçon de terreur à l'approche de la dame blonde, tout disparut dès qu'il se tourna vers elle. Et ensuite, son regard redevint impénétrable.
« Oh ! Je suis désolée ! », s'exclama Madame Brief en joignant les mains. « Je me suis laissée emporter par l'émotion de réentendre ta voix. », essaya-t-elle de se justifier. « Je vais rejoindre ton père, Ma petite Chérie, que j'ai laissé au milieu des escaliers. Veux-tu que je monte Trunks à l'étage ? »
« Quoi ? » La jeune femme mit quelques secondes à réagir avant de se reconcentrer sur sa mère. « Non, non, Maman, laisse Trunks avec moi. », finit-elle par répondre en se relevant et en dégageant ses cheveux de devant ses yeux.
« Comme tu voudras. », lui répondit sa mère avec un sourire plein d'espoir en quittant enfin la pièce.
Un silence gênant s'abattit sur tous les deux. Végéta fit bouger son corps tout en gardant sa posture, les bras croisés. Son regard croisa d'abord celui de son fils, qui, même s'il avait cessé de pleurer, tendait les bras vers sa mère, et enfin celui de Bulma qui battait des cils encore étourdie par sa présence.
Tout cela était étrange. Etrange pour tous les deux. Après leurs retrouvailles extrêmement étranges où ils s'étaient évalués et étudiés à volonté, maintenant qu'ils se retrouvaient face à face, malgré toutes les choses qu'ils avaient à se dire, aucun des deux ne parlaient. Cela tenait peut-être au fait qu'ils avaient tellement voulu contrôler leur première rencontre qu'ils n'avaient pas eu le temps de calculer la seconde. Il était vrai que le prince était le moins intéressé par ce qui se passait dans cette maison, mais il pouvait respirer maintenant ce qu'il avait déjà pressenti : la situation l'incommodait. Beaucoup. Quelque chose avait changé depuis deux semaines. Le poids de l'incertitude avait disparu. Envolé. Dans ce confort normal d'être confronté à une situation qui n'était plus nouvelle, il se sentait terriblement mal à l'aise.
« Tu ne vas pas prendre l'enfant ? », demanda Végéta, lassé d'être le centre d'intérêt de tous ceux qui restaient dans la pièce.
Bulma regarda son fils et décida de le prendre dans ses bras. « Viens là, Trunks. » L'enfant se blottit entre les bras de sa mère, regardant avec méfiance son père et cachant sa tête dans le giron maternel.
En sentant son fils dans ses bras, l'assurance envahit Bulma. « Pourquoi as-tu mis autant de temps ? », demanda-t-elle en plissant les yeux. « Cela fait une semaine que j'ai terminé les réparations et toi, tu n'as pas daigné venir voir une seule fois... »
Il se renfrogna essayant de déchiffrer la nouvelle assurance de Bulma. Il poussa un bref soupir suffisant. Il avait décidé de quitter cette maison quatorze jours auparavant et de ne plus penser à cette femme et à sa surprenante propension à vouloir l'aider sans réserve, ce qui semblait être dans la nature de son caractère. Elle semblait attendre avec encore plus d'impatience que lui le jour de la bataille.
« Les androïdes seront bientôt là ! », s'exclama la jeune femme en berçant son bébé dans ses bras.
« Tu vas râler encore longtemps ou tu vas me montrer où se trouve le vaisseau pour que je l'emporte ? », lui demanda-t-il avec mépris. « Je ne l'ai pas vu dans le jardin. »
Elle soupira et, son bébé contre sa poitrine, s'avança vers lui, qui s'écarta pour lui emboîter le pas. En la croisant, il regarda dans les yeux son fils, qui curieusement, soutint son regard. Il crut voir quelque chose de familier dans ses saphirs, exactement identiques à ceux de sa mère, et plissa les lèvres sans comprendre.
Ils arrivèrent sur la zone qu'occupait autrefois le vaisseau et la scientifique sortit de la poche de son pantalon une capsule qu'elle enclencha, lança, et qui libéra immédiatement une fumée grise qui couvrit presque toute la surface du jardin. Il la regarda avec un soupçon de surprise.
« J'ai passé tout ce temps à attendre ton retour et c'est pour cela que je l'avais toujours sur moi. », expliqua Bulma, en dirigeant ses pupilles juste un bref instant vers lui et remarquant son étonnement.
Le vaisseau apparut devant eux et, comble de surprise, le bébé éclata de rire.
« Alors il te plaît, n'est-ce pas ? », lui demanda sa mère en le levant haut dans ses bras et en se réjouissant avec lui. « Tu m'as tellement vue travailler sur ce vaisseau que tu l'aimes beaucoup, n'est-ce pas, Trunks ? »
Végéta n'eut pas un regard pour eux. Il entra dans le vaisseau et ne remarqua rien. Il semblait inchangé, excepté qu'il était en ordre.
« Les modifications sont internes. », entendit-il derrière lui.
Il s'avança et se dirigea vers le panneau de commandes. « Quelles améliorations possède-t-il ? » voulut-il savoir sans se retourner pour l'observer.
« La pression a augmenté. », lui répondit Bulma en le suivant. « Maintenant il peut supporter une pression de mille unités terrestre. »
"Mille unités ?", se dit-il admiratif. « Bien », déclara-t-il en fronçant les sourcils. « Et quoi d'autre ? »
« Bon, de nombreux détails autour de toi ont changé ce qui ne t'aura pas échappé après cet examen minutieux. »
De l'ironie. Il la regarda pour savoir pourquoi. Bulma était juste à côté de lui et la même intensité et émotion qui irradiaient de ses yeux pouvait se lire dans ceux de son fils qui semblait enchanté par tant de technologie. Elle lui rendit son regard et lui sourit.
Cette expression si naturelle et spontanée le figea sur place. Sentant le rouge lui monter aux joues, il détourna ses pupilles des siennes en se maudissant pour sa stupidité. Que se passait-il maintenant ? La tension était bien moins élevée que lors de leur première rencontre après tant de mois séparés et à nouveau il se sentit comme il avait toujours détesté être. Sans défense. Et tout ça à cause d'un sourire sincère et désarmant. Ils avaient juste échangé quelques phrases et regards furtifs et il se rendit compte que la proximité, malgré tous ces mois éloigné l'un de l'autre, continuait à être constante. Pourquoi était-ce différent de la première fois où ils s'étaient retrouvé face à face ?
« Je faisais allusion aux robots de combat. », précisa-t-elle en se tournant avec toujours un grand calme. « Ils sont là. » Et elle lui désigna le fond de la chambre de gravité de son bras libre qui ne soutenait pas son fils.
Il les rejoignit d'un pas ferme. Ses robots de combat. Maintenant ils étaient plus nombreux. Il sourit avec satisfaction, s'assurant qu'elle ne le verrait pas car elle était derrière lui.
« Ils ont un nouveau revêtement qui les rendra plus résistant, comme le vaisseau. », entendit-il dire la scientifique qui le suivait à la trace à travers la grande pièce centrale.
« Comme le vaisseau ? », lui demanda-t-il en se tournant vers Bulma pour qu'elle lui explique.
« Oui, j'ai réussi à trouver un nouvel alliage de métaux rares. », essaya d'expliquer la jeune femme aux cheveux bleus en soulevant Trunks pour le changer de bras d'appui. « Ce qui est intéressant c'est que quoi que tu fasses à l'intérieur, personne ne remarquera rien à l'extérieur, les matériaux assourdissent le son et empêchent de savoir s'il y a quelqu'un dans le vaisseau. »
Cela attira son attention. « Tu es en train de me dire que quelle que soit la force que je déploierai dans mes entraînements dans cette chambre de gravité, personne à l'extérieur ne remarquera l'élévation de mon énergie ? », lui demanda-t-il réellement intéressé.
« C'est exact. », répondit-elle avec orgueil. « Tu peux hurler et détruire tout ce qui est là, je ne pourrai rien faire car je ne m'en rendrai même pas compte. » Et elle lui lança à nouveau un franc sourire. « Sauf si je te regarde par la caméra, évidemment. », conclut-elle sur un ton amusé.
Bulma aussi s'était rendue compte que la tension de leur retrouvailles antérieures n'était plus là. Contrairement à Végéta, elle n'y accordait pas la moindre importance parce qu'entre eux, c'était toujours ainsi et cela l'aida à surmonter ce nouveau cadre. Dans des temps meilleurs, ils ne cessaient de se disputer puis ensuite, c'était oublié alors cette nouvelle situation, qui arrivait sans prévenir, était un terrain connu. Oui, elle aurait dû le haïr pour tout ce qui pesait dans son coeur sombre mais elle était incapable d'un tel exploit. En le voyant rougir à cause de son sourire quelques secondes auparavant, elle avait senti de la chaleur dans son intérieur et même si elle aurait dû en être fâchée, elle n'avait pas pu. Peut-être qu'elle n'avait pas changé autant qu'elle le croyait. Maintenant, elle se trouvait bien trop près de lui pour vouloir respirer autre chose. C'était arrivé sans raison, elle y était habituée.
Elle attendit la réplique du prince mais celle-ci ne venait pas. Il observait autour de lui avec son éternel froncement de sourcil et ce ne fut que lorsque la scientifique réclama son attention avec un léger : « Quoi ? », qu'enfin il leva les yeux pour s'adresser à elle :
« Tu veux que je te montre ? », lui demanda-t-il avec un demi-sourire.
Elle scruta son visage quelques instants. Que leur arrivait-il ? L'intimité était entrée en douce et aucun des deux n'avait rien remarqué ? Non. C'était distinct. Ce n'était pas de l'intimité qu'ils s'accordaient tous les deux mais quelque chose de plus important et qui les unissait encore plus même s'ils en étaient inconscients. Ils avaient passé tant de temps ensemble, seuls ou accompagnés mais finalement en se connaissant l'un et l'autre, qu'il fallait bien qu'à un moment cette proximité surgisse :
De la complicité. Lui et elle. Seuls tous les deux malgré les différences abyssales et les cicatrices encore ouvertes. Ils avaient créé une complicité cachée qui juste à cet instant, éclatait au grand jour qu'aucun d'eux ne pouvait cataloguer malgré les efforts de Bulma. Une paisible et étrange complicité propres aux vieilles connaissances, où chacun connaissait les habitudes de l'autre, sa façon d'être et de penser. Cette soudaine et nouvelle complicité s'opposait à la dangereuse intimité et tous deux lui permirent de se glisser dans les fissures des murs imposants qu'ils avaient construits. Tout comme les reproches, ils laisseraient jaillir cette complicité avec un respect inconnu.
Elle ne prit pas le temps de réfléchir davantage. Elle savait ce qu'il voulait lui montrer et ce fut elle qui appuya le bouton de fermeture du sas.
« Tu vas mettre en danger ton fils, insensée ? », lança le prince en la voyant si enthousiaste avec le petit dans les bras.
« C'est un saïyen, et toi, ne te donne pas tant d'importance. », lui répondit la scientifique en se positionnant devant lui et lui rendant son demi-sourire.
Ils se dévisagèrent pendant quelques imperceptibles secondes. Ce fut Végéta qui déposa les armes et ferma les yeux. Bulma l'observait pendant qu'il se concentrait et serrait les poings. Que leur arrivait-il ? Il était un assassin, et même si c'était quelque chose qu'elle savait depuis longtemps, ça n'en restait pas moins important. En fait, c'était même si crucial que quatorze jours auparavant il avait recommencé à prétendre qu'il lui arracherait son fils pour l'emmener avec lui et en faire un mercenaire à ses ordres. C'était un enfer qu'il voulait infliger à Trunks et elle était là, prête à admirer une démonstration de son nouveau pouvoir.
Pourquoi avait-elle laissé l'intimité les environner ? Ou c'était une autre sensation ? Pourquoi aucun d'entre eux ne paraissait motivé à arrêter cette anomalie ? Pendant qu'elle le voyait serrer les poings, contractant son corps, montrant les dents en grondant, cette question ne cessait de tournoyer dans la tête.
Tout à coup, elle ressentit de la chaleur. Une chaleur bien connue mais pas pour autant domesticable ou domptable. Trunks éclata en sanglots et une bourrasque émanée du saïyen manqua projeter Bulma au sol. Elle pivota pour protéger son fils avec son dos et après un instant, elle retourna son regard vers lui.
Des rayons. Les mêmes rayons dorés qu'elle avait déjà vus entouraient son corps. Elle était témoin d'un spectacle incroyable. Végéta s'était vraiment transformé en une force de la nature, celle-la même dont elle pensait qu'il était l'incarnation. Elle ôta la main qui lui abritait les yeux mais une autre vague de chaleur, accompagnée par un cri assourdissant du guerrier, l'obligea à se détourner encore,
Et, à nouveau, le silence. Trunks, qui comme elle était resté sous le choc de cette démonstration de puissance, l'imita de ses yeux curieux, admirant ce qu'il voyait. Et ce qu'il voyait n'était autre que le déchaînement d'un pouvoir incommensurable qui brillait au milieu de la chambre de gravité, comme une étoile sur le point de naître dans l'immensité du cosmos.
« Oh, Végéta. », murmura-t-elle sans pouvoir détourner les yeux de lui. Il était éblouissant et intimidant. Végéta brillait avec des étincelles d'une fureur dorée, de la même couleur que ses cheveux. Sans même s'en rendre compte, elle s'approcha de lui et c'est alors que le prince saïyen ouvrit les yeux et la regarda directement.
Ce fut à l'instant où ses yeux verts émeraude se plantèrent dans ceux, bleus, de Bulma, qu'elle se figea et recula de deux pas. Tout prit sens alors. Le même sourire orgueilleux qu'il lui avait lancé à son retour sur Terre, était maintenant bien visible et affiché sur son visage. Etait-il possible que ce nouveau pouvoir ait augmenté également son arrogance ?
Elle plissa les yeux en l'étudiant. Oui, cela ne faisait aucun doute, Végéta, au comble de l'orgueil, dilatait son pouvoir et proportionnellement son éprouvant caractère. Son attitude en arrivant sur la planète n'était pas une méthode de défense face à elle. "Mais comment ai-je pu croire ça ?", se reprocha Bulma, rassemblant les pièces du puzzle. Il était encore plus arrogant que d'habitude parce que cette nouvelle sensation l'engloutissait totalement. Est-ce que c'était ainsi pour tous les saïyens qui réussissaient à se transformer en super-guerrier ? Elle lui demanderait quand elle en aurait l'occasion. Tout cela était si irrationnel que si elle se mettait à réfléchir là-dessus, elle risquait de perdre la raison. Et ce n'était pas le moment, il fallait garder son calme.
« Tu ne vas rien dire ? », lui demanda-t-il, en se rendant compte que quelque chose allait mal. Il avait aimé la voir hypnotisée par la toute nouvelle dimension de force qu'il avait acquise.
Les pleurs répétés de Trunks firent revenir sa mère à la réalité. « Si », répondit-elle, écartant son regard du prince pour le fixer sur son fils. « Que Trunks te préfère en brun et moi aussi. », déclara-t-elle avec dignité tout en prenant la direction de la sortie. « Je vais coucher Trunks pendant que tu testeras la chambre de gravité. Si tu vois un quelconque défaut, préviens-moi et je le réparerai le plus rapidement possible. », conclut-elle sans laisser au guerrier le temps d'ouvrir la bouche. « Appuie le bouton d'ouverture de la rampe. », lui ordonna-t-elle face à la porte et sans se retourner.
o-o-o-o
Il diminua son ki juste avant que la rampe d'accès ne descende et appuya sur le bouton pour qu'elle et l'enfant qu'elle portait dans ses bras puissent quitter le vaisseau. Il les observa sans réagir pendant plusieurs secondes.
« Bah », lança-t-il tout bas en se tournant pour refermer la porte de sortie. Il n'était pas disposé à analyser ce qui venait de se passer. Il s'était promis de ne plus se retourner le cerveau que sur des sujets prioritaires et les questionnements sur cette nouvelle et brève rencontre n'en faisaient pas partie.
Bulma était toujours une énigme malgré son naturel, une fastidieuse et pénible énigme qui avait déjà bien assez troublé le Prince des Saïyens. Il avait prouvé sa force et alors ? Lui-même s'était surpris à vouloir lui en faire la démonstration mais il se dit que c'était normal car il avait hâte de montrer aux autres ce dont il était capable.
Il fronça les sourcils quand une question lui vint à l'esprit : "Et si elle allait le raconter à ses pathétiques amis ?" Il n'y avait pas pensé. Il avait été tellement aveuglé par son envie de dévoiler son nouveau pouvoir qu'il n'avait pas pris cela en compte.
« Bah », se dit-il à nouveau. « Si elle l'avait voulu, elle n'aurait pas fermé la porte du vaisseau. », raisonna-t-il, le regard fixé sur le panneau de contrôle. Il activa la gravité jusqu'à cinq cents unités. Le bruit des turbines dans les entrailles de la chambre de gravité l'accompagna, s'exerçant à l'intérieur et vibrant autant que le faisait maintenant tout son corps. Il ferma les yeux pour se concentrer mais il ne put s'empêcher de sourire. Non. Cela ne faisait plus aussi mal que les premières fois.
Il ouvrit les paupières et augmenta au maximum la pression du vaisseau. Mille unités. Son corps vacilla et ses genoux faillirent le trahir. Il savait qu'il pouvait le repousser. Il cria et un halo doré l'entoura à nouveau.
Au même moment, il cessa de penser à toutes ces bêtises. Ce qui venait de se passer avec elle avait encore moins d'importance. Pour ne pas dire absolument plus aucune.
o-o-o-o
Trunks s'endormit enfin après une lutte acharnée d'une heure. Elle ne savait pas pourquoi mais les deux fois où il avait vu son père, l'enfant avait semblé très perturbé. Il était inquiet et avait sûrement de l'intuition en tant que demi-saïyen, sans parler de cet appétit caractéristique qui faisait qu'il dévorait tout ce qui passait sous son nez à part ce soir-là où il n'avait rien avalé du tout.
« Mais quelle quantité de nourriture tes grands-parents t'ont-ils donnée pour que tu vomisses ton repas de cette façon, mon amour ? », lui murmura-t-elle en l'admirant dans son berceau.
Ce n'était pas parce qu'elle était sa mère mais s'il n'avait pas eu ce pli entre les sourcils, elle aurait pu dire qu'il était le petit garçon le plus mignon qu'elle ait jamais vu de sa vie. « Tu as hérité ça de lui, tout comme la méfiance, qu'allons-nous faire ? », demanda-t-elle en souriant, tout en se levant pour se diriger vers le balcon.
A nouveau, son estomac se noua. Depuis ce point d'observation, on aurait dit que rien n'avait changé depuis la première fois où Végéta était arrivé sur Terre. Il était dans sa chambre de gravité à s'entraîner, obsédé par l'idée d'être le plus fort et envoyait des éclairs de lumière qui témoignaient de sa grande puissance de combat. "Mince", se dit-elle, concentrée sur le jardin, "je voulais que personne ne perçoive ce qui se passait à l'intérieur mais j'ai oublié d'obstruer les hublots pour qu'on ne puisse effectivement rien voir." Et elle se mit à contempler les rayons qui fusaient du vaisseau, illuminant l'extérieur de sa maison comme autrefois.
« Végéta... », murmura-t-elle à la nuit.
Que lui arrivait-il ? Que lui arrivait-il pour que, sans prévenir, toutes les terribles promesses de la bouche menaçante du Saïyen se volatilisent cette même nuit ? Et pourquoi ensuite s'offusquait-elle en percevant sa simple et tellement familière arrogance décuplée par sa transformation en super-guerrier ? Pourquoi ? Elle aurait donné n'importe quoi pour obtenir une réponse sensée aux vagues d'émotions contradictoires provoquées par cet homme.
Ce n'était pas l'intimité qui les avait envahis tous deux un moment auparavant. Alors quoi ? "Bah", se dit-elle en faisant volte-face vers sa chambre. "J'ai d'autres choses plus importantes à penser.", se justifia-t-elle, convaincue, en parcourant le couloir pour entrer dans sa chambre.
Elle alluma la lumière et la surprise la fit tomber à la renverse et lui arracha un cri qui, même à ses propres oreilles, parut ridicule.
« On peut savoir ce qui t'arrive ? », demanda avec mauvaise humeur Végéta en la regardant du coin de l'œil, sans comprendre la raison d'un comportement aussi exagéré. Il tournait le dos à la scientifique, le bras gauche appuyé sur le chambranle de la porte qui donnait sur le balcon, l'air de regarder placidement les étoiles. On aurait dit qu'il était là à l'attendre depuis un bon moment mais Bulma venait juste de le voir dix secondes auparavant s'entraînant à l'intérieur du vaisseau. Comment avait-il fait ?
Elle se releva maladroitement encore gênée de s'être faite surprendre. « Et toi, qu'est-ce qui t'arrive ? », lui demanda-t-elle les mains sur les hanches cherchant encore à comprendre le tour de passe passe. « Je venais juste d'endormir Trunks alors que tu étais encore dans la chambre de gravité et à peine j'entre dans ma chambre que je tombe sur toi... »
Végéta soupira et l'interrompit. Il se pencha pour ramasser un engin à ses pieds. « Tu disais que cette chambre de gravité était invincible ? », lui demanda-t-il presque en plaisantant. « Apparemment, non. », termina-t-il en lâchant l'appareil sur le lit.
Elle suivit son mouvement et s'approcha pour vérifier la cause de la panne de son tout récent robot de combat. « Je ne t'ai pas dit qu'ils étaient invincibles, je t'ai dit qu'ils étaient plus résistants. », le corrigea le jeune femme en inspectant le métal.
« Peu importe. », lui répliqua-t-il en la voyant examiner le robot. « Il m'en reste encore onze sur les douze que tu as créés. »
Bulma releva les yeux pour le scruter. « Peu importe ? », lui demanda-t-elle un peu abasourdie. « Alors pourquoi es-tu là ? », voulut-elle savoir sans aucune arrière-pensée.
Il la regardait sans bouger du cadre de la porte-fenêtre. « Pour que tu le répares tout de suite si tu en es capable. », répondit-il, envahi par le même vertige qu'elle lors de sa réponse précédente. Bien que posée sans aucune trace de sous-entendus, la question le prit au dépourvu. « Pour quoi sinon ? », lui répliqua-t-il cette fois en renvoyant la balle à la jeune femme.
Et maintenant que se passait-il ? La même interrogation émanait de leurs deux regards. Tout deux préférèrent prendre une profonde inspiration et regarder à nouveau le tas de ferraille. Ce fut pire. Regarder tous deux le lit, lieu de temps de nuits passées, n'était pas une bonne idée.
« Cela prendra au moins cinq heures à réparer Végéta. », reprit Bulma rompant la tension absurde qui s'était créée. Elle s'éclaircit la gorge et le dévisagea à nouveau. Il semblait tendu et pensif et ne quittait pas des yeux le maudit robot.
Lentement, il retourna le regard vers elle et la scientifique préféra affiner sa réponse. « Comme c'est un modèle perfectionné, il faudra que je l'analyse avec calme. » et elle ajouta, se sentant examinée. « Tu sais comment se passent ces choses. »
Après quelques secondes à l'étudier pour élucider si ce qu'elle disait était une excuse pour le retenir ou si c'était la vérité, il préféra reculer et s'éloigner.
« Je m'en vais. », finit-il par prononcer, d'un ton plus faible qu'il l'aurait voulu. « Je ne pense pas attendre que tu répares ce fichu tas de ferraille. », conclut-il cette fois avec plus de sévérité dans la voix en se retournant pour fuir cette dangereuse et confuse ambiance lourde et viciée.
« Tu reviendras avant d'affronter les cyborgs ? », voulut savoir Bulma, le coeur serré, en se redressant, essayant désespérément de contenir son anxiété. « J'ai quelque chose pour toi. », murmura-t-elle en cherchant à éveiller son intérêt.
Qu'est-ce qui lui arrivait ? Pourquoi en l'entendant dire qu'il s'en allait avait-elle ressenti le besoin impérieux d'enrayer sa fuite ? C'était l'homme qui voulait la séparer de son fils et qui avait juré de tuer son meilleur ami. N'apprendrait-elle jamais ? En le voyant se retourner et la regarder avec curiosité, la réponse lui vint a l'esprit : "Je n'ai pas appris et maintenant cela m'est égal."
Sans savoir d'où cela lui venait, elle arbora un immense sourire sur son visage, prise d'une bienveillante condescendance envers elle-même plutôt qu'envers lui, encore plus perdu. « Attends, je l'ai juste ici. », et elle se mit à ouvrir l'armoire.
Que se passait-il ? C'était aussi la question que se posait Végéta en la voyant farfouiller entre ses robes et autres vêtements. Pourquoi ne s'en allait-il pas en laissant tout ceci en arrière ? Alors qu'intérieurement, tel un écho assourdissant, sonnait l'alarme qui le prévenait qu'il s'était déjà trouvé en pareille situation. Il voulut s'en rappeler et il lui revint en mémoire quelque chose qui se rapprochait à cette lutte incontrôlable pour savoir s'il devait rester près d'elle ou la fuir en s'envolant : c'était la nuit où elle l'avait embrassé pour la première fois. Même si cette réalisation lui fit perdre la concentration et regarder le sol, horrifié par la comparaison, il resta immobile derrière elle.
Elle sentait sa présence palpable juste derrière elle et malgré tout elle trouva la force de continuer à sourire et essayer de rendre cela différent de ce à quoi cela ressemblait. Nerveuse, elle chercha dans la pile de vêtements et trouva ce qu'elle cherchait tout au fond. Elle ne savait pas d'où lui vint la phrase qui franchit ses lèvres :
« Comme nous sommes dans la même bande, je refuse que tu affrontes ces cyborgs avec cet uniforme en lambeaux parce que tu sais bien que je ne supporte pas de voir un homme sale et dépenaill... »
« Quoi ?», entendit-elle répondre dans son dos.
Elle se retourna sans l'objet de sa recherche. Elle avait cru voir Végéta abasourdi précédemment, maintenant cet adjectif était un euphémisme pour le décrire :
« Bon. », commença-t-elle à expliquer. « J'ai dit que comme nous sommes alliés, je vais veiller à... »
« Mais de quoi tu parles, Bulma ! », s'exclama-t-il sans rien comprendre à ce qu'il venait d'entendre. « Je te l'ai déjà dit, je n'ai pas d'allié et ne va pas imaginer que je vais intégrer le trio des chauves ! »
Oui, elle aurait dû être blessée par ce qu'il venait de dire, mais l'entendre asséner "le trio des chauves" lui parut irrésistible. Soudain, l'image de Piccolo, Tenshinhan et Krilin en file avec leurs crânes lisses et rasés s'imposa dans son cerveau. Là résidait une des raisons pour lesquelles cet homme l'attirait autant : son sens de l'humour. Avec cet humour tranchant et affilé comme sa chevelure, personne ne touchait dans le mille d'une façon aussi incisive que lui. En écoutant cela, elle ne put retenir un petit rire qui ébranla ses épaules, et qui, quand elle se retourna laissa Végéta encore plus dérouté. Elle ne se rendit pas compte qu'il avait recommencé à rougir et détourné les yeux pour regarder sur le côté. Il avait fait disparaître l'intimité d'un coup. Ou peut-être celle-ci était-elle revenue avec encore plus de vigueur après leur désaccord sur leur nouvelle relation faussement amicale.
« Tiens. », lui dit-elle en lui tendant un uniforme de combat exactement semblable à celui qu'il portait, à la différence que cette nouvelle tenue était absolument resplendissante tellement elle était neuve. « Je pensais te la donner quand irions sur cette île mais... »
Cette fois, elle n'avait pas été interrompue. Elle s'était tue sans savoir trop comment poursuivre. Elle avait préparé l'uniforme pour le lendemain de son retour sur Terre, avant même de se mettre à travailler sur la Chambre de gravité. Elle ne savait pas comment cet homme lui inspirait l'envie de veiller sur lui constamment mais elle n'avait pas pu s'empêcher de lui confectionner un nouvel uniforme.
Le prince regarda le vêtement avec étonnement quelques instants. Oui, c'était une copie de la tenue de combat qui l'avait accompagné lors de son dernier périple dans l'Univers, la même qu'il avait dû laver dans les rivières de lieux éloignés de tout regard humain curieux et qui avait dignement accepté de le revêtir jusqu'à ce moment présent.
« Tu penses y aller ? », demanda le prince sans quitter des yeux son nouvel uniforme.
« Oui, bien sûr. », lui répondit-elle. « Je veux voir de mes yeux ces cyborgs, tu viendras avec moi ? »
Il attendit quelques secondes avant de répondre ce qui était une évidence : « Non. »
Tout deux chuchotaient et cela sans aucune raison. Ils étaient proches mais malgré tout ils avaient baissé la voix sans motif apparent.
Vegeta prit l'uniforme entre ses mains, en quête de nouvelles réponses aux questions de toujours. Il leva les yeux vers elle, qui avait le regard fixé sur son visage. Il baissa les bras, en se rendant devant l'évidence : cette femme était imprévisible. Quand il voulut se retourner pour mettre un terme à cette maudite observation et à l'incertitude, il se rendit compte qu'elle n'avait pas totalement lâché son uniforme.
« Ne meurs pas. », entendit-il murmurer.
Il fronça les sourcils. Bien sûr qu'il n'allait pas mourir, il lui restait encore beaucoup de choses à vivre, une vie pleine de gloire guerrière, et à imposer son ordre saïyen. L'Univers entier à ses pieds. Il n'allait pas périr dans une simple bataille avec des êtres infiniment inférieurs à lui.
« Je ne mourrai pas. », lui répliqua-t-il fermement, presque un peu vexé même si les mots lui échappèrent également tout bas.
« Ne meurs pas. », entendit-il de nouveau sur un côté. Cela ressemblait à une supplication et cela l'était. Bulma lui demandait dans un murmure de rester en vie.
Il fronça à nouveau les sourcils. Qu'était-elle en train de faire ? Etait-elle vraiment en train de le supplier de ne pas périr ? « Je ne mourrai pas. » fut tout ce qu'il put répondre avec encore plus de confusion.
Après quelques secondes, en s'approchant encore sans le regarder, elle reprit : « Ne meurs pas. »
Lui aussi tarda à répondre, englouti, cette fois oui, par la proximité et l'odeur de la jeune femme. Il aurait presque pu respirer son angoisse. Etourdi et envoûté, il essaya de donner de la fermeté à sa précédente réplique mais sa réponse fut inaudible même pour lui : « Je ne mourrai pas. »
C'était à devenir fou. Il n'y avait plus rien de rationnel dans tout cela. La même femme qu'il pensait anéantir après ce cauchemar lui demandait avec toute la ferveur de son coeur, dont il percevait les battements incontrôlés, de ne pas mourir, de résister.
« Bats-toi. », entendit-il encore plus près.
Qu'il se batte, qu'il ne se laisse pas vaincre, qu'il lutte et affronte ces maudits cyborgs.
Il voulut dire quelque chose mais rien ne lui venait alors qu'il tentait de contrôler certains de ses sens autre que le toucher.
Il allait partir. Végéta allait s'en aller et elle était convaincue qu'elle ne le reverrait pas jusqu'au fatidique douze mai.
D'après le peu qu'elle savait sur les évènements qui s'était déroulés dans un passé alternatif, Végéta perdrait la vie dans ce combat cruel et absurde. C'était suffisant pour lui donner la détermination de s'approcher encore plus du prince, furtivement, chercher à croiser son regard et reprendre l'uniforme. Il ouvrit simplement sa main qui tenait l'uniforme pour se laisser arracher ce qu'on venait de lui donner. Le regard baissé pour ne pas rencontrer celui de la jeune femme, il ne perdait aucun de ses mouvements assurés. Quand soudain elle se trouva juste devant lui, il sentit la raison lui échapper.
Bulma posa ses mains sur sa cuirasse. Elle ferma les yeux un instant en remarquant la chaleur qui émanait de son corps. Elle descendit prudemment et l'haleine chaude de Végéta lui tomba sur le visage, la faisant frissonner. Elle empoigna le bord inférieur de la cuirasse et la força vers le haut. Il leva les bras, comprenant son intention. Sans croiser son regard un seul instant, elle lui ôta l'armure des épaules, laissant son corps recouvert uniquement par la tenue de combat.
Elle rejeta l'armure sur le côté, s'écartant de lui juste un instant, pendant lequel ses yeux noirs l'examinaient, étudiant chacun de ses mouvements, la respiration haletante. Quand elle se redressa et fut à sa hauteur elle remarqua que le prince s'inclinait juste d'un millimètre en avant. L'intention était claire : il voulait s'approcher et elle l'en empêcha en posant une main sur son torse et en le poussant en arrière pour le faire asseoir sur le lit.
Ce qu'il fit. Voulant plonger dans le saphir de ses yeux, il leva la tête pour l'apercevoir en train de descendre jusqu'à se trouver accroupie devant lui. Il la vit lui soulever un pied et lui enlever une botte sans effort. Son front se plissa en constatant qu'elle faisait de même avec l'autre botte sans chercher son regard.
Enfin, Bulma se releva et toujours sans que le bleu et le noir ne se croisent, elle étudia le corps du guerrier. Ses mains s'accrochèrent à son cou et il recommença à essayer de toucher les formes de la femme silencieuse face à lui. Avec une agilité stupéfiante, elle s'écarta tout en tirant sur le col de l'uniforme pour l'abaisser sur les bras et le torse. Fronçant toujours les sourcils sans comprendre à quoi rimaient ces deux refus apparents, il se laissa faire.
Elle lui fit glisser l'uniforme jusqu'aux hanches où cela devint encore plus difficile. Elle ne se laissa pas décourager et évitant de regarder plus bas, elle réussit à le défaire complètement de sa tenue.
Maintenant qu'il était complètement nu devant elle, elle dut se concentrer sur sa respiration pour continuer la tâche qu'elle avait décidée de mener à son terme. Elle savait qu'il ressentait du désir, autant ou plus qu'elle, et il n'était pas nécessaire de baisser les yeux sur sa turgescente excitation sexuelle pour le savoir, mais il se trompait fort s'il s'imaginait qu'elle allait s'offrir à lui comme elle l'avait fait dans le passé. Cela n'était pas son intention et rien n'avait été prémédité. En réalité elle regrettait de le voir nu et si proche mais maintenant elle ne pouvait pas en rester là. Elle avait ressenti le besoin fulgurant de lui prouver sa proximité et la voie sexuelle était absolument exclue. Elle n'allait pas se laisser faire alors que par le passé cela n'avait rien donné. Lu lutte constante d'émotions envers lui qui l'avait toujours poursuivie depuis qu'elle le connaissait se traduisait dans cette chambre sur un mode silencieux, muet mais qui ne manquait pas de puissance.
Il l'étudiait en se demandant pourquoi elle tardait autant. Il aurait voulu en finir, le plus vite possible, pour s'en aller en volant et ne plus jamais la voir. La surprise s'intensifia dans son regard en la voyant tendre le bras pour reprendre l'uniforme neuf qui gisait sur le lit. Sans savoir pourquoi, toujours étourdi par la situation, il se laissa guider par elle qui s'était à nouveau accroupie devant lui pour commencer à enfiler sur son corps l'uniforme resplendissant et extrêmement flexible, avant de passer à l'enfilage des bottes.
Elle passa ses mains pour ajuster à la perfection le textile complexe qu'elle s'était donné tant de mal à concevoir. Tout d'abord sur les jambes, l'obligeant à se mettre debout pour le lui remonter sur les hanches, sur lesquelles elle repassa en travers, sans regarder, elle poursuivit en remontant sur son torse. Elle écarta les extrémités du tissus pour introduire les bras qui y entrèrent avec délicatesse d'autant plus qu'elle passa à nouveau ses mains fragiles pour en parfaire l'adhérence.
Enfin, elle voulut bien ajuster le col et se repositionna à sa hauteur, face à face. Elle observa les rudes muscles de son cou et, refusant de relever les yeux vers les siens, fixa son regard sur ses propres mains qui s'étaient reposées sur la poitrine du guerrier, refermant la boucle temporelle par laquelle avait commencé toute cette folie.
Il ne l'écarta pas. Il ne bougea même pas d'un millimètre. Il attendait qu'elle daigne lever les yeux jusqu'à ses pupilles une bonne fois pour toutes. Il vit un mouvement spasmodique parcourir son front imité immédiatement par son menton blanc. Il fronça les sourcils s'attendant à tout. Il se trouvait au bord d'un précipice sans aucune possibilité de voler et si elle avait pleuré à cet instant, il serait tombé et il l'aurait entraînée avec lui malgré tous les efforts de ses yeux bleus pour ne pas le regarder dans les yeux.
« Prends soin de toi. », lui murmura-t-elle avant de quitter, à bout de souffle, sa propre chambre en disparaissant par la porte.
Il se tourna pour la voir partir. Il ferma les yeux, ceux-là même qu'elle avait été incapable de croiser. Il sentait que s'il essayait de rationaliser tout cela il deviendrait fou. Il ramassa son armure et l'enfila. Il jeta un dernier regard sur la pièce avant de prendre son envol, décidé, à ne jamais chercher d'explication à tout ce qui s'était passé dans cette chambre.
o-o-o-o
Note de la traductrice Dimitrova :
Je reviens après des années sans actualiser : Pardon vraiment à mes lecteurs français ! Avec ce chapitre se termine l'histoire des fameuses 3 années.
Il reste encore 4 chapitres à traduire, peut-être vais-je y arriver dans cette vie mais cette fiction le mérite tellement. Le chapitre de la Salle de l'esprit et du temps que l'auteure Dramaaa évoque ci-dessous est effectivement une pépite et j'ai très envie de vous le faire découvrir. La fiction restera sans doute inachevée mais elle reste vraiment exceptionnelle.
N/A Note de l'auteure espagnole Dramaaa à ses lecteurs (approximativement en 2011)
Je ne trouve pas les mots (aussi incroyable que cela puisse paraître quand on voit tous ceux qui me viennent quand j'écris) pour m'excuser auprès de vous comme vous le méritez. Comme certains d'entre vous le savaient déjà, je me suis retrouvée en panne de motivation. Une faute sévère et que je ne comprends pas. Je crois que c'est parce que mon imagination a été débordante durant les quatre mois durant lesquels je vous ai malheureusement mal habitués (c'est dit!) à publier d'aussi longs chapitres quasiment chaque semaine. Maintenant que je suis ici depuis plusieurs mois, je me suis rendu compte qu'il est plutôt rare d'actualiser avec une telle fréquence, ainsi j'essaierai de trouver les moyens pour que cela n'arrive plus.
Ce n'était pas l'inspiration qui me manquait c'était de la démotivation, de la lassitude, de la paresse dans son sens le plus stricte et à cause de cela les phrases ne me venaient plus correctement. Et comme il s'agissait des retrouvailles, j'ai dû m'y reprendre et réfléchir mille et une fois.
Ces retrouvailles ont été étranges, n'est-ce pas ? C'est ce que je voulais traduire : tous les deux étaient préparés pour leur première rencontre mais pas pour la seconde. Végéta car il n'y accorde pas d'importance (erreur, mais grossière erreur, prince, et moins tu y accordes d'importance, plus tu te fais surprendre et te poses de questions mais on dirait que tu ne veux pas comprendre, tête de mule) et Bulma parce qu'elle y attache trop d'importance.
Et après, il arrive ce qui arrive : ils laissent entrevoir les raisons là entre les meubles pour lesquelles ils se sont liés dans le passé malgré tous leurs efforts pour se haïr mutuellement. Nom d'un chien ! Bulma est folle, vous ne trouvez pas ? Pour moi, c'est évident mais au moins maintenant pour elle les choses sont un peu plus claires. Je n'ai jamais vécu un amour aussi hors de contrôle mais j'ai lu quelques histoires et eu des amies assez déjantées alors je suis certaine que quelque chose de cet ordre pourrait s'être passé entre eux deux qui depuis le début auraient dû se détester et qui finirent pas s'aimer de cette manière si enviable et qui les transformera tous deux de façon aussi intense.
Ce que je veux clarifier c'est que j'ai été obsédée tout ce temps où je n'ai pas actualisé par ce moment où ils se retrouvent face à face le 12 mai et où apparemment ils sont indifférents. Bulma se comporte avec familiarité avec Végéta et lui lance même une moquerie quand il lui demande avec insistance le lieu exact du laboratoire du Docteur Gero. C'est pour cela que je ne pouvais pas les laisser sur un grand drame comme celui de la dernière fois où il s'étaient vus. Les émotions sont toujours là et le resteront, c'est évident, mais plus de haine de la part de la scientifique (l'absence de haine tient au fait qu'elle croit aveuglément ou qu'elle a l'espoir qu'il ne fera rien de ce qu'il dit et surtout, à la naissance de leur fils commun) Et c'est en opposition frontale avec l'idée qu'effectivement ils savaient que Végéta risquait de perdre la vie dans son combat contre les androïdes parce que c'est ce qui s'était passé dans ce passé alternatif que leur avait raconté Mirai Trunks. De là vient cet ultime rapprochement final plein de signification et où le sexe est absent. Vous croyez que j'ai laissé des choses en suspens ? Evidemment que j'ai laissé en suspend une infinité de thèmes ! Mais tout s'expliquera plus tard, promis !
Nous ne savons pas s'il avait pu arriver à se transformer en super-saïyen dans ce passé si cruel mais dans tous les cas, ce n'est pas important car même maintenant, dans cette ligne temporelle où il est super-saïyen, il affronte C18 et celle-ci lui met une des plus terrible raclée presque sans se décoiffer. (je dois dire que c'est une des meilleure raclée que j'ai pu voir dans DBZ et on sent bien que A. Toriyama n'aime pas spécialement le prince ! Bon, blague à part je considère que le fait que Végéta reçoive une telle correction de la part d'une femme est de justice divine… Mais non ! Je plaisante ! Mais je pense vraiment que cela a dû l'affecter car comme j'ai essayé de le souligner constamment dans ce chapitre, il est persuadé de ses capacités.)
Définitivement cela a été l'épisode des contradictions entre eux deux. Je crois que je n'avais jamais antant posé d'interrogation et aussi de répétitions mais je pense que c'est normal car il s'est passé beaucoup de temps depuis qu'il est parti et soudain sans même que l'un d'entre eux ne le cherche, l'intimité les envahit encore plus qu'avant. C'est sûrement dû au côté amour défendu.
Et maintenant ? Et bien il faudra être prêts à voir débarquer le personnage qui, après Bulma, fit le plus changer le Prince des Saïyens (du moins à mon humble avis). Il est possible qu'il fera soupirer autour de lui le public féminin ( tout en s'attirant la sympathie du public masculin et une telle unanimité n'est pas si fréquente) et qu'il sera sans aucun doute essentiel à la vie de Végéta : Mirai Trunks
Je ne sais pas encore exactement comment je l'inclurai dans mon histoire mais une chose est sûre : dans la Salle de l'Esprit et du Temps se passeront beaucoup de choses et je lui consacrerai sans doute un chapitre entier. Peut⁻etre le chapitre 21. Mais que s'est-il passé là-dedans pour que Végéta, l'impitoyable prince des Saïyens pour qui en apparence ne compte rien ni personne, se jette comme un fou sur Cell à la vue de Trunks mourant sur le sol ?
Merci de m'avoir lue et j'espère que cela vous a plu. x. Drama.
