Merci à Sebferga pour sa review.

Bonne lecture !

Disclaimer: Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy 7 à Square Enix.


Chapitre 6 :

Fais-moi confiance

Le soir de sa deuxième séance d'entraînement, Morwen rentra dans sa chambre couverte de bleus.

Tangadion était un professeur impitoyable.

Aujourd'hui, il lui avait donné un bâton et avait commencé à lui enseigner quelques mouvements d'escrime basiques. Au début, tout allait bien, elle ne faisait que répéter les mêmes mouvements qu'un groupe de soldats elfes.

Mais ensuite, il avait fallu composer des duos et se battre. Morwen avait eu pour adversaire un des jumeaux, Nostalion. Il avait pris un malin plaisir à lui faucher les jambes au premier duel, puis à lui asséner un violent coup dans le ventre.

Tangadion ne lui avait pas laissé le temps de rester allongée par terre en attendant que la douleur passe, il lui avait ordonné de se relever. Et comme elle avait tardé à le faire, il lui avait violemment tiré le bras pour la forcer à se remettre sur pieds.

Avant même qu'elle ait retrouvé l'équilibre, Nostalion avait fondu sur elle et l'avait frappée à la tempe. Le coup l'avait à moitié sonnée, si bien qu'elle avait vite mordu la poussière une nouvelle fois.

Après cela, elle avait reçu pour ordre de passer le balai dans la zone de tir à l'arc. Cet intermède avait été douloureux, car elle avait mal et ne maniait pas bien le balai. Si bien que Tangadion, la jugeant lente, lui avait donné un coup de bâton sur chaque main et ordonné de s'activer, ou bien elle serait punie.

Le reste de l'après-midi s'était écoulé à travers un nuage de douleur et de larmes refoulées.

Morwen détestait l'entraînement ! Et bien sûr, lorsque Faelwen était venue la chercher, elle avait constaté son état. Elle avait voulu lui demander ce qui lui était arrivé, ce à quoi Tangadion avait répondu que l'enfant était très maladroite.

Je les déteste !

Elle serra les poings et s'imagina clouant le capitaine au sol pour le frapper. Cette image lui procura un bref instant de plaisir, avant de réaliser que ce type de rêve ne lui ressemblait pas. Depuis quand souhaitait-elle tant faire du mal aux autres ?

Bien sûr, durant son ancienne vie sur Terre, elle avait effectué des emplois difficiles, avec des supérieurs parfois imbuvables. Elle s'imaginait parfois se venger en mettant quelque chose d'immonde dans leur café, ou bien crever un pneu de leur voiture. Mais là…

« C'est dur, n'est-ce pas ? »

Morwen se releva vivement… et regretta son geste, car son dos était douloureux. Avec effort, elle s'assit sur le lit et vit Aulendil, qui la regardait avec inquiétude.

« Je suis désolé pour toi, ma pauvre enfant. »

« Pourquoi vous m'avez abandonnée, dans le bureau de Thranduil ? »

« Mes pouvoirs sont limités, je ne suis qu'un spectre. Cela m'a demandé beaucoup d'énergie de te maintenir invisible aussi longtemps. »

« Mais vous… Oh, laissez tomber ! » soupira l'enfant, trop fatiguée pour se disputer avec lui.

Elle sentit avec surprise quelque chose de frais effleurer son front. Aulendil avait posé sa main dessus et semblait songeur. Il rouvrit les yeux et eut un sourire étrange.

« Tu aimerais mettre un terme à ces séances d'entraînement ? »

« Oui. Et j'aimerais aussi comprendre pourquoi le roi m'inflige ces séances atroces ! Il a dit qu'il me donnerait des réponses, mais à la place, tout ce à quoi j'ai droit, c'est de la torture ! »

Le spectre se pencha vers elle avec un air conspirateur.

« Tu peux y mettre un terme… si tu m'aides, je t'aiderai aussi. »

« Comment ? »

Son ami invisible se redressa et regarda par la fenêtre avec l'air songeur.

« Mon… esprit n'est pas ici, je ne suis pas… tout à fait ici, avec toi. L'image que tu as de moi dans ta chambre est une projection que je transmets à ton esprit. Mais si tu veux, tu peux me rejoindre. Je peux t'offrir l'asile et t'aider à devenir quelqu'un de puissant, libre de choisir sa destinée. »

« Où ça ? »

« Au Mordor. »

Morwen écarquilla les yeux. Au Mordor ? Mais d'après ce qu'elle avait appris sur le sujet, c'était le pays des Orques et d'un tas d'autres créatures abominables !

« Mais je… je ne peux pas aller au Mordor ! D'abord, je suis qu'une enfant, et en plus, j'ai aucune chance de survivre, là-bas ! »

« Pas si tu que tu y viens de ma part. Il te suffit pour cela de te rendre à Dol Guldur et de transmettre un message bien précis à un sorcier qui y réside. »

Morwen regarda Aulendil d'un œil méfiant. Ce qu'il disait n'avait aucun sens. Comment pourrait-on lui accorder un meilleur traitement à Dol Guldur, qui était une forteresse infestée d'Orques et d'araignées géantes ? Ce spectre n'avait visiblement pas toute sa tête.

Elle voulut lui dire que tout cela était une mauvaise idée, quand on frappa à la porte. Aulendil porta un index à ses lèvres, puis il disparut.

Morwen hésita, puis dit : « Entrez ! »

La porte s'ouvrit, laissant entrer Legolas. Il parut surpris, puis contrarié en voyant Morwen. La fillette comprit qu'elle devait faire peine à voir, avec ses hématomes au visage. Le reste de ses bleus était dissimulé sous sa tunique de combat.

« Excuse-moi de te déranger, Morwen. Je suis venu aux nouvelles. Comment se passe ton entraînement ? »

Les yeux baissés, Morwen répondit par un haussement d'épaules. Ce geste parut inquiéter davantage le prince, qui s'assit à côté d'elle sur le lit.

« Faelwen m'a appris que tu avais commencé l'entraînement pour intégrer la garde de Mirkwood. »

L'enfant le regarda avec étonnement.

« Personne ne m'avait parlé d'intégrer la garde », dit l'enfant d'une voix morne.

« Et qu'en penses-tu ? En as-tu… envie ? »

« Non ! »

Le mot avait jailli seul, comme un cri du cœur. Legolas parut heureux d'entendre cela. Il se mit à genoux devant elle et se pencha pour croiser son regard.

« Je vais en parler au roi. Tu ne suivras plus d'entraînement. Je ne comprends pas pourquoi il a ordonné cela, même après ce que tu as fait dans son bureau. »

« On vous en a parlé ? »

« La nouvelle s'est vite répandue. Pourquoi as-tu fait cela ? »

« Je voulais juste découvrir qui je suis ! » gémit Morwen.

Une lueur de compréhension passa dans les yeux bleus de Legolas. Il prit l'une des mains de Morwen dans les siennes. Cette dernière gémit.

Le prince baissa les yeux sur ses jointures et vit que la peau était à vif et écorchée par endroits. Des marques laissées par les coups de bâton de Tangadion.

Legolas poussa un soupir. Il ne comprenait pas pourquoi son père avait accepté qu'on la traite ainsi.

Ce n'est qu'une enfant. Encore trop petite et faible pour s'essayer au maniement des armes.

« Je vais parler au roi dès ce soir », promit l'elfe.

Morwen répondit par un hochement de tête.

Legolas se releva, puis se dirigea vers la porte, quand la voix de Morwen l'arrêta.

« Dis, est-ce que tu as déjà entendu parler d'un certain Aulendil ? »

Legolas se tourna vers elle avec surprise.

« Je crois avoir déjà entendu ce nom, oui. Il s'agirait d'un des fils de Vardamir, de la lignée royale de Númenor. Pourquoi cette question ? »

Morwen parut songeuse, puis haussa les épaules avec un sourire innocent.

« Juste comme ça. J'ai entendu un elfe en parler, alors j'étais curieuse. »

Le prince plissa les yeux. Il ne connaissait pas encore bien Morwen, mais il sentait clairement qu'elle ne lui disait pas tout. Elle avait peur de s'ouvrir aux autres, et compte tenu du fait que personne à Mirkwood ne répondait à ses questions, cette méfiance n'était pas si surprenante.

Pourtant, il sentait que cela n'avait rien de bénéfique. Au contraire, rendre Morwen méfiante vis-à-vis des elfes pourrait la rendre agressive. Et si cela arrivait, le roi pourrait s'en servir comme prétexte pour lui infliger des choses pires qu'un entraînement brutal au combat.

Le prince revint s'agenouiller devant elle et lui prit les deux mains, cette fois.

« Morwen, je sais que tu as beaucoup de questions et qu'aucun de nous n'a été capable d'y répondre. Mais je te prie de me croire : je ne suis pas ton ennemi. Je veux vraiment t'aider. »

L'enfant parut étonnée, puis lui offrit un sourire plus doux.

« Je sais que t'es gentil. T'es l'une des rares personnes à l'être, ici. »

Ces paroles firent mal au prince. Ainsi, c'était bien ce qu'il craignait : elle se sentait mal avec certains habitants du royaume. Ce n'était pas bon du tout, il fallait qu'il y remédie et vite ! Mais comment ?

« Un jour, tu sauras tout sur tes origines, je t'en fais la promesse solennelle », dit le prince. « Mais en attendant, j'aimerais que tu n'y penses pas. Profite de ton enfance. »

Morwen fit la moue.

« Ça ne risque pas, si je poursuis cet entraînement. »

Legolas secoua la tête.

« Je vais tout faire pour que cela cesse. Je te le promets. »

La petite parut hésiter, puis lui demanda :

« Si le roi dit non et que je dois continuer… est-ce que tu ne pourrais pas au moins être mon professeur ? »

« Tu voudrais que je sois ton maître d'armes ? » s'étonna le prince, secrètement flatté.

« Ben… T'es vraiment gentil. Et je sais que tu ne me frapperas pas sans raison. »

En voyant le prince prendre l'air scandalisé, Morwen se mordit la lèvre. Oh non, elle en avait trop dit !

« Qui t'a injustement frappée ? Qui a osé lever la main sur toi ? »

« Personne », dit l'enfant en retirant ses mains.

Legolas répéta sa question, mais Morwen lui offrit un visage fermé. Le prince comprit qu'il n'en tirerait pas plus, la petite s'était repliée sur elle-même.

Avec un soupir, il prit congé d'elle. Au lieu de passer par ses appartements pour se rafraîchir, il se rendit tout de suite dans ceux réservés au roi.

Les gardes le laissèrent passer. Après tout, il était le fils du roi, cela lui laissait certains avantages.

Il trouva son père dans une salle où se dressait un immense bassin d'eau éclairé par des torches. Drapé dans un long manteau d'argent, sans sa couronne, le roi fixait l'étendue liquide en buvant un verre de vin.

« Que me vaut le plaisir de ta visite, ion nîn ? » demanda le roi.

« Pourquoi avez-vous ordonné que Morwen suive un entraînement militaire ? »

Le roi haussa un sourcil étonné.

« Pourquoi te soucies-tu de cela ? Si tu as peur qu'elle soit un obstacle dans notre lutte contre le Mal, n'aie crainte. J'ai chargé Tangadion de la former. »

« Tangadion est un bon capitaine, mais il est parfois trop dur et intransigeant. Nous avons essuyé des pertes, par le passé, en suivant ses stratégies. »

« C'était déjà le capitaine de mon père, Oropher, avant ma naissance. Il nous a offert de nombreuses victoires face aux forces de Sauron. Il est tout à fait à la hauteur pour dompter l'une de ses créations. »

Legolas comprit qu'il faisait allusion à Morwen.

« Elle n'est pas une création de Sauron ! Il y a aussi un peu de la lumière de Galadriel en elle. »

« La sorcière de la Lothlórien n'est pas digne de confiance. Son désir de pouvoir l'a amenée à se joindre à l'exil des Noldor, lors des dernières Années des Arbres. »

Le prince baissa tristement les yeux. Il connaissait cette histoire, même s'il ne l'avait pas vécue personnellement. Mais ce fait à lui seul ne suffisait pas à définir Galadriel comme quelqu'un de mauvais.

« Ne pourriez-vous pas au moins attribuer un autre professeur à Morwen ? Je pourrais m'en occuper… »

« Non ! C'est hors de question ! Je ne te laisserai pas mettre ta vie en danger avec cette chose. »

Legolas serra les poings. Il détestait entendre Thranduil parler de Morwen ainsi.

« Vous craignez qu'elle se retourne contre nous, mais tout dans votre attitude et vos choix ne fait qu'encourager cette éventualité ! »

Il ne laissa pas le temps au roi de répondre et quitta la pièce à grands pas.

Le roi ne l'écouterait jamais, il le savait à présent. Il lui fallait changer de tactique.

Sitôt dans ses appartements, il s'assit à son bureau et commença à écrire des lettres.

La première était pour Galadriel, la seconde pour Aragorn. Il pourrait peut-être convaincre le rôdeur de rencontrer l'enfant et de l'aider. D'autant que rencontrer un humain pourrait faire du bien à la petite, elle qui semblait souffrir d'être différente des autres habitants de Mirkwood.

Lorsqu'il eut fini, il se rendit à la caserne. Là, il repéra un elfe à qui il avait déjà confié des missives par le passé. Il était connu pour être rapide et discret, aucun risque qu'on l'intercepte dans la livraison de ces missives.

Après lui avoir fourni ces instructions, Legolas le regarda se diriger vers les écuries avec le cœur un peu plus léger. Les choses allaient mettre du temps à s'améliorer pour Morwen, mais il ne resterait pas sans rien faire.

Le lendemain matin, le prince se rendit dans les appartements de l'enfant pour lui raconter son entrevue avec le roi puis sa décision de contacter Galadriel et Aragorn.

Arrivé sur le pas de la porte, il fut surpris de trouver la chambre vide. L'entraînement de Morwen ne commençait que l'après-midi, où avait-elle bien pu aller ?

« Seigneur Legolas ? »

Il se retourna pour faire face à Faelwen, la femme chargée d'élever la petite.

« Pardonnez mon intrusion, je cherchais Morwen. Où est-elle ? »

« Oh… Mes fils sont venus la chercher tôt, sur ordre du capitaine. Ils l'ont emmenée pour qu'elle assiste à une de leurs patrouilles, dans la forêt. Je n'aimais pas cette idée, mais ils m'ont assuré qu'ils veilleraient sur elle. »

En entendant cela, Legolas fut gagné par la panique. Le roi avait sans doute choisi d'agir ainsi après leur entrevue. Il avait choisi d'éloigner la petite de lui pour l'empêcher de changer ses plans.

Sans prendre le temps de remercier Faelwen, il sortit de la chambre et courut vers les écuries.

Il devait rattraper Tangadion avant qu'il n'arrive malheur à Morwen !

XxXxXxXxXxXxX

Seul face à l'orée de la forêt de Mirkwood, un rôdeur réfléchissait.

Le vent agitait ses cheveux bruns, qui lui tombaient jusqu'au menton. Sa cape de rôdeur bleue était en lambeaux, couvrant à peine ses bras nus et musclés.

Malgré la pluie et le vent, il ne semblait nullement incommodé, comme s'il ne ressentait ni le froid ni l'humidité.

Talion, car tel était son nom, ne comprenait pas pourquoi sa quête de la Main Noire de Sauron l'avait obligé à quitter momentanément le Mordor.

Devant lui se dressaient les vestiges de la Porte des elfes. Bien que taillées dans un matériau clair, les sculptures d'arbre étaient recouvertes de lianes mortes, ce qui leur donnait un aspect malade.

Les statues d'elfes encadrant la voûte étaient couvertes de lierre desséché. Lorsque Talion écarta la végétation de l'une d'entre elles, il vit qu'elle était recouverte de graffitis sanglants, qui représentaient l'Œil de Sauron.

Pourquoi suis-je venu ici ? se demanda l'ancien capitaine du Gondor.

« Parce que l'esprit de Sauron semble hanté par l'image d'une enfant qui réside dans cette forêt », lui répondit une voix dans sa tête.

Le rôdeur se crispa. Le spectre qui le hantait depuis maintenant des semaines était parfois agaçant, tant par sa froideur que son arrogance. Pourtant, même s'il ne l'aurait jamais admis à voix haute, il avait fini par le considérer comme un allié de valeur.

Après tout, sans lui, Talion serait mort sans avoir pu se venger des capitaines de Sauron qui avaient massacré sa garnison et sa famille. Il n'aurait pas acquis d'incroyables pouvoirs lui permettant de de se battre plus vite et plus fort qu'un Homme ordinaire.

Lors de leurs tribulations à travers le Mordor, Talion avait découvert un Haedir, une pierre dont les fonctions étaient proches de celles du Palantír. La différence résidait dans le fait que les pouvoirs du Haedir étaient limités : il n'avait un champ d'action que d'une centaine de kilomètres, tandis qu'un Palantir permettait de voir n'importe quoi partout en Terre du Milieu.

Toutefois, Le Haedir était un artéfact de Sauron. En connectant sa magie à la pierre pour la purifier, Talion avait capté des bribes de pensées du Seigneur Ténébreux. Il avait vu son spectre à Mirkwood, observant une fillette qui semblait résider au palais du roi Thranduil.

Pourquoi aller voir cette enfant ? Et surtout, pourquoi le faire discrètement, sans nous faire remarquer ? demanda le rôdeur mentalement.

« J'ignore pourquoi Sauron accorde de l'importance à cette enfant. Nous devons le découvrir et utiliser ces informations à notre avantage. Si elle est importante, il enverra bientôt l'un de ses capitaines la capturer. Quant à pourquoi rester discrets, eh bien, d'une part, pour ne pas alerter l'ennemi ,mais aussi parce que ma famille et celle du roi Thranduil n'étaient… pas en très bons termes, lorsque j'étais vivant. Et le roi n'est pas réputé pour apprécier les étrangers, qu'ils soient hommes ou elfes. Nous devons demeurer des ombres dans son royaume. »

Cela, Talion s'en doutait. Surtout qu'il était différent des Hommes tels que les elfes les connaissaient.

Bien ! Tâchons de trouver discrètement cette enfant, décida Talion.

D'un pas décidé, il franchit le seuil de la forêt et s'engagea sur le sentier.

Grâce à sa vision, qui lui permettait de voir à travers le monde des spectres, il pouvait voir des traces de la magie de Sauron partout autour de lui.

C'était comme des tourbillons de fumée noire qui encerclaient les arbres et entraient dans la terre, la vidant de toute sa force vitale.

Cette forêt est malade. L'Ombre l'a durement frappée, pensa Talion.

« Mais l'esprit de Thranduil est connecté à cette forêt. Tant qu'il tiendra, la forêt ne tombera pas. »

Tandis qu'ils avançaient, il repensa à l'enfant. De ce qu'il avait vu dans le Haedir, c'était une petite fille brune d'environ sept ou huit ans.

Si Thranduil n'aime pas les Hommes, pourquoi avoir recueilli une enfant humaine ? demanda Talion.

« Peut-être a-t-il conscience de l'importance qu'elle a pour Sauron. Sans doute l'a-t-il gardée pour faire obstacle aux plans du Seigneur des Ténèbres. »

Cela semblait possible, mais cela ne l'éclairait pas sur qui était l'enfant. Peut-être était-elle membre d'une importante famille originaire du Gondor ou du Rohan ?

Il le lui demanderait, quand il la verrait.

Soudain, un bruit de sabots le fit s'arrêter. Souple et rapide, il bondit sur la branche d'arbre la plus proche et attendit.

Bientôt, un groupe de cavaliers elfes passa sur le sentier. Ils étaient tous vêtus de vert sombre et de marron, ce qui les aidait à se fondre dans le décor.

Certains avaient une chevelure blond pâle, d'autres étaient bruns ou roux. Et parmi les cavaliers de tête, Talion aperçut une enfant installée sur un cheval, devant un elfe qui tenait la bride d'une main, l'autre serrée sur un poignard.

Talion plissa les yeux. L'elfe ne tenait pas l'arme pointée au loin comme pour dissuader un ennemi. Elle était positionnée devant la gorge de l'enfant, comme pour la dissuader de bouger. Pourquoi faisait-il ça ? La petite était-elle prisonnière ?

Le rôdeur regrettait de ne pas pouvoir changer de cachette pour mieux voir la petite. S'il bougeait, les elfes l'entendraient, grâce à leur super ouïe.

« Suivons-les », dit Celebrimbor. « Dès qu'une ouverture s'offrira à nous, nous éloignerons l'enfant d'eux pour l'interroger. »

Talion était d'accord avec lui. Quoiqu'il ne comptait pas juste l'interroger sur son lien avec Sauron.

Il avait l'intention de découvrir ce qui se passait avec ces elfes.