Bonjour, tout le monde !
Cela faisait longtemps que je n'avais pas écrit une fanfic dans la section LOTR.
Ceci est une suite à une histoire que j'avais écrite il y a longtemps, dans la section Hobbit.
L'histoire peut se lire de manière individuelle, mais si vous tenez vraiment à être à l'aise, je vous conseille de lire la trilogie qui précède cette histoire :
Tome 1 : Le secret du dragon
Tome 2 : Souffle de glace
Tome 3 : La malédiction du dragon
C'est un prequel en trois parties à cette histoire-ci.
Je vous souhaite une bonne lecture et une très bonne année 2024.
DISCLAIMER : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, tout est à Tolkien.
Chapitre 1 :
Les mystérieux incendies
Accoudé au balcon de la fenêtre, Aragorn regardait l'aube se lever sur Minas Tirith.
Cela faisait maintenant un an qu'il avait été couronné roi du Gondor. Bien que la vie de rôdeur lui manquait toujours autant, il restait conscient du fait que son peuple avait besoin de lui.
Heureusement, il n'était pas seul face à la dure tâche de gouverner ce royaume. Le fils de Denethor, Faramir, était un bon allié. Grâce à lui, il avait vite appris à se familiariser avec le gouvernement de la cité et les membres du conseil. Gandalf l'avait aidé aussi, lors des premiers mois suite à son couronnement.
« Aragorn ? »
Le roi rentra dans la chambre et sourit en voyant son épouse, Arwen, allongée dans le grand lit. Même si elle avait renoncé à son immortalité pour lui, elle demeurait toujours aussi belle et gracieuse. Nulle femme de la Terre du Milieu ne pouvait rivaliser avec l'Étoile du Soir.
« Où étiez-vous mon amour ? » demanda la jeune femme.
« Je suis sorti pour profiter de la fraîcheur du matin. »
Les yeux bleus d'Arwen le fixèrent intensément.
« Vous mentez très mal Aragorn ! Je sais que vous avez encore fait un cauchemar. »
Aragorn détourna le regard. Il n'aimait guère le reconnaître, mais sa femme avait raison.
Depuis maintenant deux semaines, il faisait sans cesse des cauchemars. Il rêvait de feu et d'incendies qui ravageaient la campagne, gagnaient les forêts et dévoraient tout sur leur passage.
« Je pensais que cela finirait par passer », soupira le roi.
Arwen lui tendit la main. Son époux vint s'asseoir près d'elle et serra ses doigts entre les siens.
« Ne devrions-nous point en parler à Gandalf ? Il a promis de revenir bientôt », dit la jeune femme.
« Je lui en toucherai un mot lorsque je le reverrai. Je vous le promets. »
Rassurée, Arwen relâcha sa main. Aragorn se pencha pour l'embrasser, puis il prit congé. Il était l'heure pour lui de participer à la réunion matinale du conseil.
L'après-midi, il devrait accorder une audience à plusieurs membres de son peuple ayant des demandes à lui faire.
Alors qu'il traversait le couloir pour quitter les appartements royaux, des éclats de voix tonitruants lui parvinrent.
Le roi retrouva le sourire en reconnaissant la voix de Gimli, le nain.
« Je vous dis que ce sont des rôdeurs qui ont fait ça, Legolas ! »
« Et moi, que ce n'est pas un simple fait naturel qui a provoqué ces dégâts, maître nain », rétorqua une voix ennuyée.
Aragorn s'arrêta à l'entrée de la salle du trône. Deux personnes se tenaient là. Un nain à la longue barbe rousse, portant une cotte de mailles sous une tunique de tissu bleu sombre rehaussée de fils argentés. Et un elfe aux longs cheveux blond argenté, portant une tunique de couleur vert sombre.
« Ah, Aragorn, enfin ! Vous allez peut-être nous départager », dit le nain sur un ton bourru.
« Ravi de vous revoir aussi, Gimli ! » dit Aragorn d'une voix amusée. « Y a-t-il un problème ? Les gardes de la citadelle vous ont-ils fait un mauvais accueil ? »
« Non, rien à voir avec ça ! Notre voyage s'était bien passé, du moins… au début », soupira le nain.
Legolas perdit le sourire en l'entendant évoquer leur voyage. En effet, quelques semaines après le couronnement d'Aragorn, tous deux avaient quitté la cité pour rejoindre leurs demeures respectives, tout comme les quatre Hobbits de la Communauté.
Ce n'était qu'aujourd'hui qu'ils avaient décidé de revenir à Minas Tirith, pour rendre visite à Aragorn.
« Que se passe-t-il, mes amis ? » demanda le roi, inquiet.
« Nous sommes tombés sur des Orques aux abords des Champs du Pelennor », dit Legolas.
Aragorn fronça les sourcils. Des Orques ? Il n'était pas rare d'en croiser après la chute de Sauron, mais leurs troupes étaient petites et désorganisées. Nettoyer la Terre du Milieu de ces créatures n'avait pas pris plus de trois mois.
« Après tout ce temps ? Je n'avais pas reçu le moindre rapport signalant la présence de ces monstres depuis des mois : » s'étonna le roi.
« Ces orques étaient morts lorsque nous les avons trouvés », dit Gimli. « Ils étaient tous brûlés. »
« Tout comme l'endroit où nous avons découvert les cadavres », renchérit Legolas. « Nous avons poursuivi notre chemin vers Osgiliath et là, nous avons entendu des paysans se plaindre que des incendies ravagent depuis peu le Rohan et les frontières du Gondor. »
L'ex-rôdeur sentit son inquiétude monter d'un cran. Des orques morts brûlés ? Des incendies en Rohan et Gondor ? Cela pouvait-il avoir un lien avec ses cauchemars ? Non, ce devait être une simple coïncidence !
« Le fait que ces orques soient morts est une bonne chose », dit Gimli sur un ton songeur. « Peut-être est-ce l'œuvre d'un groupe de rôdeurs qui a usé du feu pour les vaincre, et les flammes ont fait des ravages alentour. »
Legolas fit la moue.
« Je ne crois pas, maître nain. Je vous l'ai dit, les traces sont trop étranges, elles ne correspondent pas à celles d'un incendie. »
« Qu'entendez-vous par-là ? »
« Eh bien, j'ai visité un des villages proches d'Osgiliath avant de venir. Il y a des traces de brûlure qui forment des lignes sur le sol et les murs, comme si on avait utilisé une arme pouvant cracher du feu en suivant une trajectoire précise. Les maisons ont été épargnées, elles n'ont pas entièrement brûlé. Non, je persiste à dire que celui qui a fait ça dispose d'une arme ou d'une magie inconnue liée au feu. »
Gimli émit un soupir ennuyé. Aragorn demeura songeur, méditant sur les paroles de l'elfe, quand des bruits de pas lui parvinrent.
Il aperçut Faramir au bout du couloir, qui venait vers lui, escorté de plusieurs nobles de la cité.
« Mes amis, je crains que nous devions poursuivre cette discussion plus tard. Le devoir m'appelle », soupira Aragorn. « J'espère qu'on vous a attribué des appartements ? »
« Oui, pas d'inquiétude pour ça, Aragorn », dit Gimli. « Par contre, je n'ai pas encore trouvé de quoi manger. »
« Je dirai à un serviteur de vous apporter à manger rapidement. »
« Inutile, je vais plutôt me rendre à une auberge. J'ai besoin d'un bon morceau de viande et d'une grosse bière brassée ! »
« Quant à moi, je vais faire un tour dans les jardins. J'ai entendu dire que la dame Arwen y avait fait des aménagements », dit Legolas.
Aragorn salua ses amis d'un signe de tête, puis rejoignit Faramir et les nobles vers la porte de la salle du trône.
Il était temps de commencer la réunion.
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Tandis qu'il descendait les escaliers du palais, Legolas réfléchissait.
Il s'en voulait d'accabler Aragorn avec cette histoire dès leurs retrouvailles, mais cette affaire le perturbait. En parler au roi dès que possible valait mieux, avant qu'il soit pris de court par d'autres mauvaises nouvelles.
Arrivé à l'entrée des jardins, il sourit. La vision des arbres verdoyants et des parterres de fleurs était apaisante, après avoir traversé les rues pavées de pierre blanche.
Certes, Minas Tirith était une magnifique cité, mais l'absence de verdure l'affectait toujours.
« Ravi de vous revoir, mellon nîn », dit Arwen.
Souriant, Legolas s'approcha de la fille d'Elrond et la salua. La jeune femme lui rendit son salut, puis tous deux marchèrent jusqu'à un banc où ils s'installèrent.
« Je suppose que vous avez vu Aragorn ? » demanda la jeune femme.
« Oui, Gimli et moi l'avons salué, peu avant mon arrivée dans les jardins. »
Arwen l'observa quelques instants avant de prendre l'air soucieux.
« Quelque chose vous tracasse ? »
« Rien, si ce n'est une mystérieuse affaire d'orques retrouvés morts aux abords de la cité. J'ignore qui a fait cela, mais le ou les responsables s'y sont pris de manière peu… traditionnelle. »
Il préféra ne pas s'étendre sur les détails. Arwen était une amie, mais il ne voulait pas l'ennuyer avec ce genre de choses.
« Et quelles sont les nouvelles de votre royaume ? » demanda la jeune femme.
Le visage du prince se rembrunit.
« Rien n'a changé », dit-il sur un ton laconique.
Arwen parut surprise et inquiète.
« Après tout ce temps, la forêt n'a pas guéri ? »
« Hélas… J'ignore pourquoi. Je pensais que la chute de Sauron libérerait Eryn Lasgalen de l'Ombre, mais la forêt est toujours malade. »
« Ma grand-mère m'a écrit que votre père refuse toute entrevue avec elle et Celeborn. Ils doivent pourtant définir les nouvelles frontières entre la Lothlórien et votre royaume. »
« Je sais. J'ai essayé d'en parler à mon père, mais il refuse de sortir de notre palais. »
« Vous êtes resté avec lui tout ce temps ? »
« Non, j'ai voyagé. J'ai d'abord visité les Cavernes Scintillantes avec Gimli, puis j'ai été en Ithilien. Je pense m'y installer prochainement, avec des elfes de Mirkwood, pour y bâtir un nouveau royaume. Mais je voulais d'abord m'entretenir avec Faramir, car je sais qu'Eowyn et lui prévoient de s'y installer. Une colonie d'elfes et d'humains serait une bonne chose, pour sceller l'entente entre nos deux peuples. »
Arwen sourit, tant cette idée lui plaisait.
« Je suis sûre que ce noble projet verra bientôt le jour. »
Legolas lui offrit un sourire reconnaissant, quand son visage se tendit. Arwen voulut lui demander ce qui n'allait pas, quand elle sentit une odeur suspecte agresser ses narines. C'était une odeur de brûlé !
Inquiets, les deux elfes quittèrent les jardins et marchèrent jusqu'aux écuries royales. Là, ils virent que le toit était en feu.
Sans hésiter, Legolas courut aider les gardes qui s'empressaient de faire sortir les chevaux. Il fit sortir son cheval, Hasufeld, et le poney de Gmili, puis s'empressa de leur murmurer des paroles en elfique pour les calmer.
Tandis qu'Arwen s'approchait pour faire de même avec d'autres chevaux paniqués, des hommes formèrent une file indienne et se passèrent des seaux d'eau qu'ils jetèrent sur les flammes.
Lorsqu'enfin le feu fut éteint, une petite foule s'était formée autour du bâtiment, se demandant qui avait bien pu commettre cela.
Legolas demanda à un homme de s'occuper de sa monture et s'approcha de l'entrée des écuries. Une fois de plus, il fut surpris par les dégâts. Le toit était calciné, troué par endroits, mais les poutres soutenant la charpente n'avaient rien. C'était comme si les flammes avaient dédaigné cette partie de la structure en bois et s'étaient focalisées uniquement sur les poutres soutenant les tuiles.
Alors qu'il se retournait pour sortir, son regard accrocha un détail étrange. Le feu avait brûlé la paille au sol, mais seulement au centre, ce qui avait formé un étrange symbole : une fleur et un dragon.
En voyant cela, Legolas écarquilla les yeux. Il n'avait pas vu ce symbole depuis des années !
Soudain, une voix retentit, puis un nain furibond franchit la foule pour s'approcher.
« Poussez-vous, bon sang ! Laissez-moi passer », dit Gimli.
Le nain marcha à grands pas jusqu'à rejoindre Legolas devant l'entrée.
« Ah, Legolas ! Tout va bien ? J'ai vu la fumée depuis le niveau inférieur, mais le temps que je vous rejoigne, l'incendie était maîtrisé. »
Les yeux braqués vers le sol, l'elfe ne lui répondit pas.
« Legolas, vous m'écoutez ? » s'énerva le nain.
Clignant des yeux, le prince se tourna vers lui. Face à son air troublé, Gimli se calma et parut inquiet.
« Que vous arrive-t-il, l'ami ? On dirait que vous avez vu un fantôme ! »
Arwen s'approcha à son tour. En voyant le symbole par terre, elle porta la main à sa bouche.
« Vous ne croyez pas si bien dire, maître nain », dit la reine. « Il s'agit bien d'un fantôme du passé. »
« Pourquoi ? Qu'est-ce que c'est que ces dessins, par terre ? » demanda Gimli. « Ce sont… un dragon et une fleur ? »
« Un dragon et une niphredil », murmura Legolas.
