Hello, chers lecteurs !

Merci à Nevevar pour sa review. Merci aussi à Amandinetrot et Nevevar pour la mise en Alert et Favoris de ma fic.

Bonne lecture !

DISCLAIMER : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, tout est à Tolkien.


Chapitre 2 :

L'ombre du passé

Même s'il le considérait comme son ami, Gimli trouvait parfois Legolas vraiment agaçant.

L'elfe était d'un naturel taciturne et parfois, il pouvait se plonger dans des rêveries qui semblaient le couper du reste du monde.

« LEGOLAS ! »

« Mmmm ? Oui, Gimli ? »

« Ça fait trois fois que je vous appelle. Vous allez vous décider à me dire ce qui vous tracasse ? »

Assis sur le banc dans les jardins de la reine, Legolas regarda Gimli avec l'air navré. Il n'aimait pas ressasser le passé, surtout ce passé-là.

Lorsqu'Aragorn les rejoignit, son malaise s'agrandit. Le roi semblait nerveux. Nul doute qu'Arwen lui avait parlé du mystérieux symbole découvert dans les écuries.

« Il a raison, maître elfe. Je m'interroge aussi. Pourquoi ce symbole semble vous troubler à ce point ? »

« Parce qu'il est la marque d'une amie commune. »

« Une amie ? »

« Oui, la dame Niphredil. »

À ces mots, les yeux d'Aragorn s'agrandirent, puis son visage se fit plus sombre et triste.

Gimli les regarda avec l'air perdu.

« Niphredil ? De qui s'agit-il ? »

« Vous devez avoir entendu parler d'elle, maître nain », dit Aragorn. « Je crois que les vôtres l'appelaient la Rose de l'hiver. »

Gimli haussa les sourcils. Oui, en effet, son père lui avait parlé d'une magicienne qui avait fait partie de la Compagnie de Thorïn. Une jeune femme aux cheveux blancs, capables d'invoquer la magie du froid et de l'hiver.

« Mon père et mon cousin Balïn m'ont un peu parlé d'elle, mais je croyais qu'elle s'était retirée à Valinor avec sa famille, peu avant la Guerre de l'Anneau. »

Legolas secoua tristement la tête.

« C'est la rumeur que nous avons répandue pour préserver sa mémoire et… éviter un scandale », avoua Legolas avec tristesse.

« Un scandale ? Quel scandale ? » demanda Gimli.

Aragorn fit mine à Gimli de se joindre à eux sur le banc. Une fois tous assis, il prit la parole.

« C'est une histoire qui remonte à l'époque où j'étais encore jeune, à Fondcombe. Je connaissais Niphredil depuis l'enfance, elle était comme une sœur pour moi », dit le roi.

Ainsi, Aragorn entama son récit.

XxXxXxXxXxXxXxXxX

Trois ans après la reconquête d'Erebor

Assis sous l'ombre d'un grand arbre, Bilbon mangeait une pomme tout en admirant le magnifique paysage verdoyant qui s'étendait devant lui.

Le ciel était bleu, avec quelques nuages. Le vent était doux, le Hobbit pouvait voir les montagnes au loin.

Ce paysage remplissait le semi-homme d'une joie et d'une sérénité qu'il n'avait pas ressenties depuis longtemps.

Pourtant, il finit par ressentir un sursaut d'inquiétude, comme à chacune de ses pauses. Il avait quitté Cul-de-Sac il y a deux jours. Malgré la joie immense à l'idée de repartir en voyage après tant de temps, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver de l'inquiétude.

Et si les Sacquet de Besace essayaient à nouveau de le dépouiller pendant son absence ? Il avait tout de même fait attention cette fois. Il avait averti plusieurs de ses amis qu'il ne serait absent qu'un mois tout au plus. Et il avait laissé les clefs de sa maison à l'Ancien au 3, Chemin du Trou du Talus.

Bah, il verrait bien ! Il finit par se tourner vers son sac de voyage et en sortit la lettre qu'il avait emportée avec lui.

« Cher Bilbon,

Comment allez-vous ? À Fondcombe, tout va bien. Enfin, autant que possible.

J'avoue que c'est devenu dur pour moi, à cause de mon état. Je ne peux plus participer aux raids contre les Orques ni aux parties de chasse avec Elrond et ses fils.

Naurendil me couve trop quand il n'est pas avec eux pour de l'action, ce maudit veinard !

Le bon vieux temps me manque, parfois. Même si nous avons traversé des épreuves difficiles, j'éprouve de la nostalgie.

Et vous, que devenez-vous ? Est-ce que tout va bien ?

Donnez-moi vite de vos nouvelles !

Avec toute mon amitié,

Niphredil. »

Bilbon sourit. Il avait reçu cette lettre il y a une semaine. Il avait été surpris. Une chouette blanche était venue piailler à la fenêtre sa chambre en plein milieu de la nuit, avec cette lettre coincée dans son bec.

Mais il était heureux de l'avoir reçue. Et il comptait faire plus que répondre à ce message. Il allait rendre une visite-surprise à sa jeune amie !

Ce fut donc d'un pas assuré qu'il reprit la route, une fois son goûter fini. Il arriva bientôt en vue de la vallée. Lorsqu'il commença à descendre les pentes boisées recouvertes de pinèdes, les chants des elfes résonnèrent. Il oublia aussitôt ses soucis concernant sa maison.

Il franchit le pont au-dessus du gué et regarda avec un sourire admiratif les magnifiques statues encadrant l'entrée de la cité.

Le Hobbit regarda autour de lui. Comme à chaque fois qu'il visitait Fondcombe, il ressentait un émerveillement sans fin. Il n'était pas venu ici depuis deux ans, après tout !

Il se retourna pour voir un elfe brun descendre l'escalier de la demeure d'Elrond et s'approcher de lui.

« Bienvenu dans la vallée, Bilbon Sacquet. »

« Merci, Lindir. Je suis heureux de vous revoir. »

L'elfe lui sourit. S'il gardait un mauvais souvenir des nains qui étaient venus ici, il n'en était pas de même concernant le Hobbit. Il avait été le seul, avec Gandalf, à se comporter de manière polie et fort amicale envers les elfes.

« Venez, le seigneur Elrond vous attend », dit Lindir.

Acquiesçant, Bilbon le suivit à travers les couloirs de la demeure. Il arriva bientôt devant l'entrée du bureau. Là, Lindir s'effaça pour le laisser entrer.

Lorsqu'il eut franchi la porte, il vit Elrond se lever de son bureau et s'approcher de lui avec l'air souriant.

« Bienvenue à Fondcombe, Bilbon Sacquet. Je ne pensais pas vous revoir avant un certain temps. »

« Je l'ai un peu décidé sur un coup de tête, je le reconnais. Mais c'est toujours un plaisir de revenir ici, seigneur Elrond », dit le Hobbit avec un grand sourire.

Il balaya l'espace du regard, puis demanda : « Gandalf n'est pas là ? »

« Non. Il est à l'est, d'après certaines rumeurs. »

« Ah ! Et Niphredil ? »

« Dans sa chambre, elle se repose. Vous la verrez au dîner. Venez maintenant, Lindir va vous conduire à vos appartements. »

« Elle va bien ? Dans sa dernière lettre, elle disait qu'elle pouvait moins se déplacer qu'autrefois », demanda le Hobbit en le suivant vers la porte.

« Elle va très bien, quoique d'une humeur versatile par moments. Mais en tant que guérisseur et père de famille, je sais que cela n'a rien d'alarmant. »

« Ah ! Tant mieux, alors », dit le Hobbit, qui ignorait de quoi il parlait.

Une fois dans sa chambre et débarrassé de son sac, le Hobbit se débarbouilla, puis il entreprit de visiter Fondcombe.

Il passa d'abord par la bibliothèque du Seigneur Elrond. Il s'arrêta devant la fresque représentant le combat d'Isildur contre Sauron. Comme à chaque fois, il ne put s'empêcher de fixer la main du Seigneur des Ténèbres, cette main qui portait un anneau à l'index. Il passa distraitement la main sur la poche de sa redingote. Son visage s'assombrit. La lumière de la pièce elle-même parut décroître pendant un instant.

Puis le Hobbit se ressaisit et poursuivit son chemin vers les jardins. Il venait de descendre l'escalier quand il aperçut quelqu'un assis sur le rebord d'une fontaine, occupé à lire un livre.

Il retrouva aussitôt le sourire en la voyant. Il s'agissait d'une belle jeune fille aux longs cheveux blancs retenus par un fin diadème en argent. Elle portait une robe grise assez ample. En temps normal, ce genre de vêtement était fermé par une ceinture. Mais le ventre de la jeune fille avait pris du volume, signe qu'elle attendait un enfant.

Sentant son regard, elle leva la tête et posa ses yeux bleus comme la glace sur le semi-homme. En le voyant, elle parut stupéfaite. Elle posa son livre et se frotta les yeux avant de regarder à nouveau.

« Bilbon ?! »

« Bonsoir, Niphredil ! » dit le Hobbit en s'approchant d'un pas vif.

Niphredil voulut se lever, mais le Hobbit se dépêcha de la rejoindre. Une fois qu'il fut près d'elle, la jeune fille se pencha pour le serrer dans ses bras. Bilbon lui rendit son étreinte en essayant de ne pas trop serrer son ventre.

« Si je m'attendais à ça ! Depuis quand êtes-vous là ? » demanda Niphredil.

« Je suis arrivé en début d'après-midi. J'ai bien reçu votre dernière lettre, et j'ai décidé de venir pour vous tenir compagnie. Vous sembliez tant vous ennuyer, d'après votre message ! »

« J'avoue que c'est un peu trop calme pour moi, ces derniers temps. Tout le monde est adorable, mais c'est parfois un peu trop. »

Niphredil poussa un soupir et passa la main sur son ventre. Le Hobbit fronça des sourcils et s'aperçut alors que la jeune fille avait l'air fatiguée.

« Vous allez bien ? » demanda Bilbon.

« Oui, ça va. Cela fait plus de sept mois, maintenant. C'est juste que… parfois… je me sens très fatiguée. Je ne peux même plus utiliser mes pouvoirs, ils se sont pratiquement endormis depuis un mois. Ce bébé me pompe mon énergie. »

« Oh… Toutes mes excuses, je venais pour vous rendre le sourire et je me comporte de manière si maladroite ! »

« Inutile de vous excuser, Bilbon. Votre visite me met du baume au cœur, je vous remercie ! Et sinon, vous avez eu des nouvelles des autres ? »

Souriant, Bilbon lui parla des messages que les autres nains, en particulier Ori et Balïn lui envoyaient au moins une fois par mois. Les deux amis se remirent à parler de leurs anciennes aventures.

Une voix brisa soudain leur discussion. Ils se retournèrent pour voir Naurendil arriver. Si Niphredil avait légèrement mûri tout en restant une magnifique jeune fille, Naurendil quant à lui n'avait pas changé. Toujours grand, svelte, beau, avec de longs cheveux blonds et des yeux marrons où dansaient des paillettes d'or.

« Ah, Niphredil ! Je comprends pourquoi tu n'étais pas dans ta chambre quand je suis venu te chercher pour le dîner », dit l'elfe en s'approchant.

« Excuse-moi, Naurendil. Comme tu peux le voir, je discutais avec l'hôte inattendu d'Elrond. »

« Toutes mes excuses pour avoir retenu votre dame, Naurendil ! Nous parlions du bon vieux temps », dit Bilbon.

Naurendil répondit par un sourire aimable au Hobbit.

Il n'était pas aussi proche de lui que Niphredil, mais il avait sympathisé avec le Hobbit après son passage à Mirkwood, lors de la quête d'Erebor.

Finalement, tous trois se levèrent et prirent le chemin de la demeure d'Elrond pour dîner.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Assis à son bureau, Elrond finissait de gérer son courrier avant d'aller dîner.

Il termina les dernières missives de la Lóthlorien, qui venaient de sa fille Arwen et de ses beaux-parents, Galadriel et Celeborn, quand il vit un courrier marqué du sceau royal de Mirkwood. Cela lui parut étrange, car Thranduil n'entretenait que peu de contacts avec l'extérieur.

Il ouvrit l'enveloppe et vit qu'il s'agissait en fait d'un courrier de Legolas. À mesure qu'il lisait le contenu, son visage se décomposa.

Il appela Lindir et lui demanda de faire venir Naurendil dès que possible. Bien que surpris, l'elfe s'empressa de ramener l'époux de Niphredil. En voyant l'air sombre du seigneur Elrond, l'elfe se tendit.

« Que se passe-t-il, monseigneur ? »

« Naurendil… Je crains que la nouvelle de la grossesse de votre femme n'ait atteint les oreilles du roi. Son fils m'a écrit pour vous prévenir que son père s'intéresse de très près à votre futur enfant. »

En entendant cela, Naurendil se raidit. Il n'avait jamais oublié le désir de Thranduil de garder Niphredil avec lui, pour utiliser ses pouvoirs afin de nettoyer son royaume de l'Ombre. Mais ce n'était en fait qu'un prétexte pour cacher le désir du roi de posséder la jeune fille comme une arme et un trophée. Le roi de Mirkwood avait depuis toujours cette étrange obsession de posséder des choses précieuses et brillantes, comme les gemmes, mais aussi tout ce qui pouvait lui procurer du pouvoir.

Il avait tenté de faire pression sur Niphredil en lui faisant boire, à son insu, du poison qui l'avait rendue stérile. Il lui avait promis de lui remettre un jour l'antidote, si elle se montrait une guerrière obéissante et fidèle envers lui.

Niphredil avait fini par trouver un moyen de guérir, mais elle n'avait jamais oublié les manœuvres sournoises du roi pour la contrôler. Elle vivait à Fondcombe désormais, et ne quittait jamais le domaine du seigneur Elrond, tant elle craignait que le roi tente à nouveau de s'en prendre à elle.

Et voilà qu'aujourd'hui, après tout ce temps, l'ombre menaçante du roi planait à nouveau sur le bonheur de sa femme et le sien.

« Il ne peut rien arriver ici, n'est-ce pas ? Nous sommes bien protégés, en ces lieux », dit Naurendil, autant pour demander que pour se rassurer.

Elrond lui répondit que oui, même s'il avait un léger doute. La magie de son anneau repoussait l'Ombre, mais Thranduil était un elfe et en tant que tel, le pouvoir protecteur de Fondcombe pouvait ne pas l'affecter.

« Je vais demander à renforcer la garde aux frontières. Si jamais quoi que ce soit d'étrange ou d'inconnu se présente, nous serons prévenus dans les plus brefs délais », dit le seigneur de Fondcombe.

Naurendil lui répondit par un soupir fatigué. Lorsque tous deux quittèrent le bureau pour se rendre à la salle à manger, ils trouvèrent Niphredil devisant gaiement avec Bilbon.

En voyant sa femme, si belle et heureuse, rire à une plaisanterie du Hobbit, Naurendil eut un pincement de cœur.

Niphredil était tout pour lui. Lorsqu'il avait perdu sa famille à cause des Orques il y a des années, il avait cru ne jamais s'en remettre. Jusqu'à ce qu'il tombe amoureux de la jeune fille.

Valars, protégez-les. Peu importe ce qu'il m'arrivera, du moment que ma femme et notre enfant vivent, je ne demande rien d'autre.

Lorsque sa femme tourna la tête vers lui, elle parut inquiète. Naurendil s'empressa de lui offrir un sourire, mais il sentit que c'était trop tard.

Après le dîner, Niphredil allait sûrement l'interroger sur la cause de ses tracas. Et il ne savait pas quoi lui dire. La vérité ? Elle risquait de se faire du souci, et dans son état, c'était peu recommandable.

Avec un soupir, il la rejoignit à table, tandis qu'Elrond s'assit à côté de Bilbon.