Petit mot de l'auteure : il est pas très joyeux


Jour 17 : Cacher

Contexte : saison 5


Les hommes ne pleurent pas. Ou du moins, ils ne le montrent pas.

Parce que les larmes, c'est une affaire de femmes. Ce sont les seules armes dont elles disposent – ça, et la moiteur entre leurs cuisses. Alors que les hommes, eux, ils sont fortes, ils manient l'épée, la hache ou le marteau, c'est tout de même plus efficace pour se débarrasser des ennemis.

Et pourtant, en cet instant, Jaime ne cherche pas une seule seconde à cacher ses larmes. Il pleure, encore et encore, sans s'interrompre, et cela fait trois jours maintenant.

En temps normal, Bronn lui aurait demandé en rigolant s'il s'était soudainement transformé en jouvencelle, aurait essayé de travailler son égo pour le faire sortir de cette crise sans fin. Peut-être même lui aurait-il fichu une bonne raclée qu'il arrête une bonne fois pour toute de geindre et de broyer du noir.

Sauf que là, il ne peut pas.

Il ne peut pas, parce que Jaime vient de perdre sa fille.

Sa fille qu'il venait à peine de retrouver, si jeune, si belle, si pleine de vie, qui l'avait appelé « Père » dans un grand sourire.

Sa fille qui était morte dans ses bras, sans qu'il ne puisse rien faire pour la sauver.

Alors non, Bronn n'essayera pas de dire à Jaime d'arrêter de pleurer. Parce que devant ce gâchis terrible, il a lui-même envie de pousser quelques larmes. Tout ce qu'il peut faire, c'est rester auprès du père endeuillé, pour lui offrir une épaule où pleurer. Il n'est pas sûr que cela fonctionne réellement ; mais lorsque Jaime s'endort finalement au bout de trois jours dans ses bras, il se dit qu'au moins, il est là pour lui. Et ne pas le laisser seul dans cette épreuve est peut-être bien l'essentiel.