Petit mot de l'auteure : ça change de l'ambiance de hier.
Jour 18 : Fou rire
Contexte : Modern UA
Dire que Jaime Lannister n'aimait pas les réunions était un euphémisme.
Il trouvait qu'il y avait beaucoup trop de conversation pour peu d'action, que chacune des idées présentées étaient vues et revues, et surtout, le fait que son père dirige ces réunions n'était pas pour améliorer son humeur. Même si Jaime n'avait jamais montré le moindre intérêt pour le domaine de la finance, Tywin Lannister semblait continuer de croire qu'à force de le convier aux bilans du groupe Castral Roc il finirait par développer une passion pour la banque familiale.
Mouais.
Jusque là, ces tentatives avaient plutôt eu l'effet inverse. À vrai dire, il ne venait aux réunions que parce qu'elles lui offraient une des rares occasion de voir son frère et sa sœur – qui eux, étaient totalement intéressés par tous les graphiques que son père leur montrait.
Ce désintérêt expliquait que depuis quelques minutes maintenant, l'attention de Jaime était dirigée vers son téléphone portable. Malheureusement pour lui, il venait d'utiliser toutes ses vies à Candy Crush et n'avait plus vraiment de quoi s'occuper. En désespoir de cause, il décida d'écrire à Bronn.
Salut chéri
Tu me manques
N'ayant pas de réponses, il se dit qu'il fallait peut-être susciter l'attention de son compagnon.
Trois jours sans toi c'est long. Mais je saurai me faire pardonner...
Et puis, se disant que de toute façon il avait bien besoin de s'occuper, il décida d'expliciter sa pensées dans des termes plus que clairs. Lorsque la réunion se termina enfin, Jaime en profita pour discuter encore un peu avec Tyrion et Cersei, puis prépara ses affaires – son avion pour Port-Réal n'était pas dans très longtemps. Les trois frères et sœurs se firent une longue embrassades en se promettant de se voir à Noël. Jaime se dirigea ensuite vers son père afin de lui présenter ses hommages, mais celui-ci avait les yeux rivés sur son téléphone. Comme d'habitude, songea amèrement Jaime. Et après Tywin avait le culot de se demander pourquoi il n'avait pas créé une relation privilégiée avec ses enfants. Peut-être parce que tu préfères regarder tes mails professionnels plutôt que de dire proprement au revoir à ton aîné que tu ne verra pas pendant cinq mois ? Mais sachant que cela ne servira à rien de se mettre les nerfs à vifs d'avantage, Jaime ravala sa déception et se contenta d'un au revoir dans le vide.
Cinq heures de vol après, le blond était enfin de retour sur le sol portréalais. La vision de Bronn, venait l'accueillir à l'aéroport réussi à l'apaiser immédiatement. Le brun n'attendit pas qu'il ait récupéré ses valises pour lui donner un langoureux baiser.
- Je vois qu'on a pris bonne note de mes messages, rigola Jaime.
Là, Bronn fronça les sourcils.
- Pourquoi tu crois que ton message sur le rendez-vous chez le dentiste me fait de l'effet ?
- Je ne te parle pas de lui voyons. Celui où je te disais que j'allais te prendre à même le sol, murmura-t-il en embrassant son cou.
- Alors... non pas que je n'aime pas ce programme, mais tu ne m'as rien dit de tel.
Ceci eut pour effet immédiat de calmer Jaime, qui sortit son portable.
- Mais si, regarde.
- Je vais t'embrasser encore et encore. Sur ton lobe d'oreille, puis sur son ventre, entre le creux de tes cuisses. Et ensuite sur ton membre tendu. Mais je m'arrêterais avant que tu ne viennes. À la place, je te prendrai par terre, et là seulement tu jouiras mon nom. Et ensuite je te laisserai m'embrasser et mettre ton membre où tu le souhaites. Ah oui, je valide ce programme. Mais Jaime, je ne l'ai pas reçu.
- Ah bah merde... comment ça se fait ?
- Oh, pour ça, je crois que j'ai une explication. T'as écris ça à ton père.
La phrase mis quelques instants avant de s'imprimer dans son esprit. Sentant se décomposer de l'intérieur, Jaime reprit le téléphone des mains de Bronn, espérant tomber sur une blague. Mais non, son petit-ami avait bien raison : il avait tout envoyé à Tywin Lannister.
En voyant sa tête, Bronn n'y tint plus et explosa de rire.
- Par les sept... bredouilla-t-il entre deux crises de rire. T'as vraiment écrit « je te prendrai par terre » à Tywin Lannister ?
Évidemment, Jaime ne partageait pas vraiment son hilarité.
- Il va tellement me tuer, rigola Bronn. Et toi aussi, d'ailleurs. Mais rien que pour cette tête, ça valait le coup de mourir. Allez vient, idiot, qu'on passe dignement notre dernière nuit sur terre.
Ne voyant pas de meilleur plan, Jaime suivit Bronn, l'impression de marcher tel un condamné.
