Dangereux Secret
CHAPITRE 4
Arrivé au pied de l'immeuble du mec qu'il avait à peine aperçu la nuit précédente, Chen regarda les fenêtres donnant sur la rue, avant de baisser les yeux sur le petit carton que lui avait griffonné Kyungsoo.
« -Quatrième étage, porte quatre-vingt huit. Lit-il tout bas pour lui même.
OK ! Il ne lui restait plus qu'à vérifier s'il était bien là et en passant, avoir confirmation que l'adresse était bonne... On ne sait jamais...
Et si le gars en question n'habitait pas là, et bien... il n'aurait plus qu'à rentrer la queue entre les pattes et dire ça à son patron... en lui promettant de le retrouver coûte que coûte.
C'est donc en priant, quand même, pour que l'adresse soit belle et bien celle de ce Kim Jong In, qu'il entra dans le bâtiment, nonchalamment.
"-Dang Won. Lit-il alors à haute voix, sur une des boites aux lettres pour le retenir.
Puis il prit les escaliers... normal...
C'était ce qu'on lui avait enseigné, comment voulez-vous poursuivre quelqu'un qui descend les escaliers, alors que vous êtes enfermé dans l'ascenseur qui monte ? … Alors que si vous êtes, vous, dans l'escalier, la cible peut bien prendre l'ascenseur en sens inverse, vous n'avez qu'à faire demi-tour... astuce de limier et surtout astuce de flic... son premier métier... sa plus grande honte... même s'il en avait gardé les ficelles.
…
Fier d'y entrer à vingt ans, heureux de réaliser son rêve de gosse, il avait toutefois rapidement déchanté.
Tous des pourris, des ordures malhonnêtes et répugnantes.
Et après avoir assisté malgré lui au viol collectif d'une gamine prostituée, qui lui avait valu des menaces sur sa vie et un harcèlement continuel de ses collègues après ça, il ne rêvait plus que d'une chose, les voir crever.
Devenu haineux contre cette police toute puissante, qui se permettait toutes les horreurs possibles et inimaginables, les trois quart du temps, sur des pauvres gens, il avait alors décidé de se venger.
Et un jour, une enquête sur un trafic d'armes et une balance qui s'était mit à table, une fois défigurée... et il avait sauté sur l'aubaine.
Il avait alors prévenu le Loup Noir de Gangnam de ce qui se tramait contre lui, le guet-apens, ainsi que sa mort sans sommation, programmée, le jour où il devait livrer sa marchandise.
Et le jour venu, c'est auprès de ce dernier, de Kyungsoo, ChanYeol, Xiumin et Lay qu'il attendit l'arrivée de ses « collègues » et qu'il eut le plaisir de les voir se faire abattre comme des chiens qu'ils étaient.
Il avait ensuite fait ressortir toute la merde que ces ordures cachaient, en les mêlant en passant à ce trafic d'armes, sur lequel ils enquêtaient et la police des polices, avaient finit par étouffer l'affaire de leur mort, nettoyant le commissariat des parasites qui restaient par la même occasion.
Et lui... et bien... il avait lâché le métier et il était rentré au service du Loup Noir... de Baekhyun... et il ne regrettait pas son choix.
Il était du coté des « méchants gangsters », mais au moins, dans leur milieu, il y avait encore de l'honneur. Et il était fier d'en être, même s'il se refusait à tuer qui que ce soit. Ce que Baekhyun comprenait parfaitement et avait accepté sans discuter.
…
Toutefois, montant les escaliers... il se dit qu'il était relégué aujourd'hui à une bien basse besogne, à espionner le nouveau crush de son patron. On était bien loin d'un boulot habituel de gangster.
Mais bon, il voulait tout savoir sur le quotidien de ce gars, alors il lui donnerai satisfaction. Si ça pouvait l'aider à remonter la pente savonneuse sur laquelle il semblait être en ce moment, il ferait tout son possible.
Puis tout à coup, il stoppa en plein milieu des escaliers.
Qu'adviendrait-il d'eux, si le père décidait d'éliminer le fils ?
Cette question à laquelle il n'avait jamais pensé, le troubla.
Et puis... Devrait-il laisser faire ?
Non! Non ! Non ! Hors de question ! Quoi qu'il arrive, son patron c'était Baekhyun et quitte à y laisser sa vie, il ferait son devoir et il ne le laisserait pas tomber. Oui il serait là pour lui quoi qu'il arrive !
Secouant alors la tête pour arrêter net ses introspections, il se concentra sur sa tâche à accomplir.
Ce n'était pas d'actualité, alors pour l'instant... Kim Jong In... Es-tu là ?
…
Se plantant devant la porte du gars en question, il frappa avec assurance et attendit.
Quelques bruits de pas lui annoncèrent alors que l'habitant des lieux approchait et il prit une mine des plus joviale, juste avant que ce dernier n'ouvre la porte.
« -Ah... heu... fit-il, mimant la confusion. Bonjour. Dang won vit bien ici ?
« -Bonjour. Dit Jongin dans un immense sourire accueillant. Ah non, Dang Won, c'est juste en dessous, il vit au troisième.
« -Oh pardon. Dit Chen en se grattant la tête. Je suis monté par les escaliers et j'ai grimpé un étage de trop.
Jongin sourit, amusé.
« -Ne vous inquiétez pas, il m'est arrivé la même chose cette nuit. Dit-il en riant. J'ai été trop haut aussi et mon voisin n'a pas bien apprécié que j'essaye d'ouvrir sa porte avec ma propre clef.
Chen rit alors à son tour, amusé par l'anecdote.
« -Soirée trop arrosée ? Demanda-t-il, en sachant parfaitement que ce n'était pas le cas.
« -Non non, l'esprit ailleurs... Dit Jongin, en replongeant visiblement rien que d'y penser, avant qu'il ne secoue la tête. Mais je raconte ma vie, excusez moi. Monsieur Won c'est en dessous.
« -Ce n'est rien, ce fut un plaisir de parler avec vous. Je ne vous dérange d'ailleurs pas plus longtemps non plus, excuser moi encore.
Jongin secoua la tête dans un sourire et Chen s'éloigna en direction des escaliers en se disant que Kim Jong In était bien chez lui et que son travail d'observation et de filature allait pouvoir commencer.
Refermant la porte, Jongin, lui, sourit encore en se faisant la réflexion que ces escaliers perturbaient tous le monde. Puis, adossé à sa porte, il ferma les yeux en se mordillant la lèvre.
Oh non les escaliers n'avaient rien à voir avec le fait qu'il avait l'esprit ailleurs la nuit dernière, non... non c'est lui, c'est lui qui l'avait troublé... Ce gars avec ces manières culottées, lui et sa voix vibrante qui lui faisait des frissons partout, lui... ce mec, cet inconnu à qui il aurait bien cédé tout de suite, après réflexion... Il regrettait tant de ne pas avoir cédé à sa proposition indécente à peine voilée. Il aurait tant aimé se réveiller dans le lit de ce mec et apprendre qui il était... après...
Et il regrettait tant qu'il n'ai pas été derrière la porte il y a une minute.
Pourquoi avait-il immédiatement cru à la possibilité que ce soit lui quand il avait entendu frappé ?
Parce qu'il lui avait promis qu'ils se reverraient ?
Parce qu'il était impatient que ça arrive ?
Oui ! Oui ! Oui ! Oh oui bordel ! Il lui tardait vraiment que ce mec réapparaisse dans sa vie et qu'il puisse enfin y goûter !
« -Oh non merde. Se dit-il en rouvrant les yeux quand son esprit partit un peu trop loin.
Il était en train de devenir fou. Ce mec le rendait fou !
…
Puis, dans l'idée de s'occuper pour arrêter de penser au corps nu de cet inconnu, Jongin prit sa veste et sortit de chez lui, sans tergiverser plus longtemps.
Ses placards étaient vides et maintenant qu'il ne bossait plus, il ne se lèverait plus à midi pour finir par glander tout l'après midi et avoir la flemme de se cuisiner quoi que ce soit, il fallait donc qu'il fasse quelques courses.
Descendant les escaliers -il ne prenait jamais l'ascenseur- il croisa sa voisine du premier qui balayait devant sa porte et il la salua, puis au fil de la discussion que la dame entama, il eut soudainement un frisson dans le dos.
« -Un homme a été trouvé mort à quelques rues d'ici, il a été tué cette nuit, dans le journal ils disent qu'il a prit une balle dans la tête et que personne n'a entendu quoi que ce soit, faites attention le soir, je ne voudrais pas qu'il vous arrive malheur. Lui dit-elle avec inquiétude.
Il la rassura alors sur le fait qu'il ne travaillait plus de nuit et elle lui sourit, ravie de l'apprendre.
Mais pour Jongin, qui se rendit compte qu'il aurait pu croiser le chemin du tueur avant la victime et y passer à sa place, l'effroi était réel.
Puis il se dit soudainement que s'il était mort cette nuit, il n'aurait pas eut l'occasion de revoir le gars de la discothèque et il se gifla mentalement. Pourquoi fallait-il qu'il associe ces deux pensées ensemble, alors qu'elles n'avaient aucun rapport l'une avec l'autre ? Il s'énervait lui même !
Quittant ensuite sa voisine, qui lui aurait bien parlé toute la journée s'il lui en avait laissé l'occasion, il sortit dans la rue et décida d'aller dans la petite épicerie à quelques mètres de là. Il y trouvait toujours tout ce qu'il voulait et ils lui livraient ses courses, c'était parfait.
Se munissant alors d'un des dix petits caddies proposé -en mettre plus aurait certainement provoqué des bouchons dans les allées- Jongin fit ses achats avec plaisir.
Il adorait manger, mais par dessus tout, cuisiner. Car même s'il était loin d'être un chef, il appréciait cet art et maintenant qu'il avait le temps, mais aussi et surtout l'envie, il allait se faire plaisir.
Puis avançant dans un rayon, concentré sur son dernier achat, il ne fit pas attention à Chen qui passa près de lui et jeta un coup d'œil au fond de son caddie pour analyser sa situation.
Et un seul coup d'œil suffit pour lui révéler qu'il n'y avait aucune femme dans sa vie, tout du moins sous le même toit que lui, mais aussi et surtout, pas de mec non plus. Il vivait bel et bien seul et c'est ce qui importait.
Jongin passa ensuite en caisse et un jeune garçon déposa ses achats de coté dans le but de les lui livrer chez lui d'ici une vingtaine de minutes.
Sortant du magasin, il stoppa ensuite quelques secondes sur le trottoir pour faire face au soleil du matin qui était bien agréable en ce début de printemps et il prit la direction de son appartement.
Il s'arrêta toutefois en chemin, chez la petite fleuriste qui l'interpella en le voyant passer devant sa boutique, pour lui montrer les lys qu'elle avait reçu le matin même. Il était amoureux de ces fleurs parfumées et elle lui en faisait venir dès qu'elle en trouvait chez ses fournisseurs.
Jongin ressortit donc de la boutique, avec un gros bouquet de magnifiques lys blancs et Chen, posté sur le trottoir d'en face, fronça le front, Oups, y aurait-il une fille finalement ?
De son coté, ses achats terminé pour de bon cette fois, Jongin remonta chez lui et le petit livreur ne tarda pas à rejoindre son appartement, pour lui apporter ses provision et le gamin retourna à l'épicerie aussi vite qu'il était venu.
Rangeant ses courses, il bu ensuite un petit café, planté devant la fenêtre de son salon et se dit qu'il pourrait aller dans le parc de l'autre coté de la rue et profiter du beau temps pendant quelques heures, mais aussi avoir l'esprit occupé... et ne plus penser à lui... Et ce drôle d'état rêveur ne le quitta plus jusqu'à ce qu'il commence à se préparer à manger.
Il se fit alors de simples brochettes de bœuf braisé, accompagnées de divers légumes et c'est avec plaisir qu'il prit le temps de les apprécier jusqu'à la dernière bouchée.
Puis vers quatorze heures, c'est muni d'un roman de Gu Byeong-Mo, « Les petits pains de la pleine lune », qu'il avait déjà lu étant plus jeune, mais avait adoré et voulait relire, qu'il sortit de chez lui et traversa la route, afin de pénétrer dans le square.
Il se promena alors quelques minutes dans les allées et s'arrêta à son banc habituel. Un petit terrain de street basket se trouvait là et bien qu'il avait choisit cet endroit pour regarder les gens jouer à l'origine, il y jouait à présent très souvent avec des amis chinois, qu'il avait d'ailleurs rencontré un jour où ils étaient venu pour faire quelques parties et qu'il leur manquait un coéquipier. Ce jour là, ils lui avaient demandé dans un coréen hésitant s'il était partant pour être le troisième de leur équipe et il avait immédiatement accepté dans un mandarin parfait, qui les avait étonné. Depuis ce jour, une sincère amitié s'était alors tissée entre Luhan, Yifan et lui et il jouait avec eux à chaque fois qu'ils trouvaient des adversaires et faisaient un trois contre trois, au lieu du un contre un habituel.
Puis, installé, il observa quelques secondes encore, les passants autour de lui, avant de plonger dans la lecture de son livre dans lequel il plongea totalement.
…
Assis sur un banc à quelques mètres derrière lui, Chen, lui, observait toujours Kim dans la plus grande discrétion.
Après une légère inquiétude, il avait été quelques peu soulagé, il faut bien l'avouer, d'avoir pu observer sa cible depuis l'immeuble face au sien et de l'avoir vu déballer le bouquet de fleurs avant de le mettre dans un grand vase, qu'il disposa sur le sol, devant la baie vitrée de son salon.
Il n'aurait pas aimé devoir dire à son patron qu'il avait une femme dans sa vie Oh non lui dire ça, il n'aurait pas aimé du tout et oui, son soulagement était grand.
Continuant de l'observer, tandis qu'il lisait un roman qu'il avait lui même lu, sur les conseil de Yixing et beaucoup apprécié, il plissa les yeux, quand vers 17 h, deux gars en survêts noirs et capuches sur la tête, s'approchèrent de Kim, alors que ce dernier ne remarquait rien.
Se levant, sur le qui-vive, Chen approcha alors, lui aussi, discrètement, main droite dans la poche de sa veste, le pouce près du cran de sûreté de son arme. Il était prêt à intervenir s'il le fallait, mais il avait oublié un détail. C'est que Kim Jong In, malgré l'intérêt que pouvait lui porter le numéro quatre du Khangpae et l'incident de la veille, n'était qu'un citoyen lambda et il souffla, quand le jeune homme releva la tête sur les deux individus qui ôtèrent leurs capuches et qu'il les salua, avec enthousiasme.
Ils étaient en fait visiblement amis et ils discutèrent quelques minutes, lui apprenant au passage, quelques détails, dont celui que les deux arrivants étaient chinois. Puis trois autres jeunes gens arrivèrent sur le terrain et ils décidèrent de jouer contre eux.
Sa chemise et son livre posé sur le banc, au plus grand étonnement de Chen, Kim les suivit sur le terrain et joua avec eux. Puis pendant une bonne heure, passée à les espionner, encore et toujours, l'ancien flic se rendit compte que les trois ne connaissaient pas personnellement les trois autre mecs, qui étaient coréens et il se contenta donc de prendre des photos des deux chinois avec son téléphone. Notant aussi les prénoms qu'il avait entendu pendant qu'ils jouaient, il envoya ensuite le tout à Sehun qui s'occuperait de savoir qui ils étaient vraiment... Avant que le patron ne le demande... Ce qui ne manquerait pas d'arriver, il le savait.
...
Une fois qu'ils s'arrêtèrent de jouer, Kim discuta ensuite un moment avec ses amis qui l'invitèrent à une soirée étudiante de leur université et il refusa gentiment, prétextant d'une intense fatigue, du sommeil à rattraper, ce qui était sûrement vrai au vu de son dernier boulot et une éventuelle autre fois fut convenue.
Chen se fit alors la remarque que cette autre fois n'arriverait certainement jamais, si son patron mettait la main sur Kim... et il se demanda ce qui serait mieux pour le jeune homme, entre, garder une vie accablante de normalité ou entamer une vie... avec le Loup Noir, avant de secouer la tête en se disant que ce n'était pas ses affaires.
Puis Kim Jong In récupéra ses affaires sur le banc et les deux chinois prirent congé de lui, avant qu'il ne prenne lui même le chemin de son appartement.
Du haut de son point d'observation, Chen continua alors de l'épier pendant deux heures et quand il fut certain qu'il ne bougerait plus, à la nuit tombée, il décida de rentrer à la tanière faire son très peu palpitant rapport. Mais est ce que ce n'est justement pas ainsi qu'il devait être ?
Ces questions entre normalité et « anormalité » n'avaient pas cessé de lui trotter dans le cerveau toute la journée, quand il ne pouvait s'empêcher de comparer la vie de Kim à celle de Byun et il était à cette heure plus que certain que la vie de l'un allait radicalement changer, mais celle de qui ? Kim entrant dans leur univers, oui, très certainement, mais Byun Baekhyun pouvait-il, lui, avoir une vie paisible ? Pouvait-il avoir une journée paisible ? Une heure ? Pouvait-il s'introduire dans la vie d'un gars normal et s'adapter ou allait-il irrémédiablement changer la vie de Kim ?
Encore une fois, il secoua la tête en se morigénant, se disant encore une fois qu'il devait s'occuper de ses oignons, que ça ne le concernait pas! Mais la question de normalité restait entière et il était sûr que Byun devait se la poser aussi.
.
De retour à la tanière, c'est en suivant un son particulier et stressant qui le mettait toujours mal à l'aise, sans qu'il puisse expliquer pourquoi, qu'il se dirigea vers le salon.
Suho et Xiumin n'étaient pas là, mais Sehun était la à la table, en train de tapoter sur son clavier et Kyungsoo était assis dans un fauteuil, observant Baekhyun, qui, torse nu, un verre de goyangju à la main, était allongé sur le canapé, la tête sur l'accoudoir et ChanYeol, assis sur la table basse qu'il avait rapproché, qui était penché sur lui. Au loin, sur la terrasse, Yixing était assis sur le muret, affutant son couteau fétiche dont il ne se séparait jamais, sauf pour lui faire fendre l'air et tuer à coup sûr.
Pénétrant dans la pièce, Chen s'approcha donc du canapé, observant un instant le travail du doberman qui recolorait les pétales de la fleur tatouée sur le torse de leur patron.
Ornant les bords d'une cible placée sur son cœur, la fleur, un lys, représentait sa défunte mère. Nommée Bo Bae, signifiant « précieuse », son prénom complet était en réalité BoBae BaekHab littéralement « Précieuse fleur de Lys Blanc » et c'est donc en souvenir d'elle et très certainement d'autres choses qu'il ignorait, que le jeune homme s'était fait tatouer ce lys sur le corps, par ChanYeol quelques années plus tôt.
Chaque tatouage sur sa peau avait d'ailleurs une signification très précise et il n'en connaissait pas tous les détails, mis à part le lys blanc, qui symbolisait donc sa mère ; la cible qui prévenait de sa rancune éternelle et les quelques mots inscrits a l'intérieur : « Ne me rate pas » qui ne laissaient aucune équivoque ; le labyrinthe sous sa nuque et la leur, comme un marquage au fer rouge, l'appartenance au Khangpae, que Byun nommait sa prison ; le loup hurlant à la lune, tracé d'une seule ligne, sur son flanc gauche, qui était très certainement en référence au Loup Noir de Gangnam, bien qu'il n'en était pas certain, car il n'était pas sûr de bien savoir pourquoi on l'appelait comme ça à la base... Après, avait-il d'autres tatouages sur le corps, qu'il n'avait jamais vu ? Peut-être... mais c'était fort peu probable.
Chen pensa tout à coup au fait que c'est justement des lys blancs que Kim avait acheté le matin même et il releva les sourcils, amusé par cette coïncidence étrange.
Puis un coussin heurta sa tête, alors que Baekhyun l'interpellait pour la troisième fois sans qu'il n'entende et il sursauta en quittant le tatouage des yeux.
« -Et Bien ! C'est pas trop tôt ! Dit Baekhyun. J'ai faillit dire a Kyungsoo de te tirer dans le pied pour te faire réagir.
« -Pardon. J'avais la tête ailleurs...
« -J'ai vu ça... Alors ? Cette journée ? Commence par le début. Combien de sucres dans son café ? Dit-il dans un sourire en coin.
« -C'est sûrement quelque chose que vous pourrez découvrir par vous même, car le gars vit bien à l'adresse indiquée par le patron de la boite et il n'y a pas de mec dans sa vie...
« -Comment est sa vie ?
« -Très simple et il semble être apprécié par tous les gens qui le côtoient...
« -Donne moi des détails... il a fait quoi ?
« -Et bien... il a commencé sa journée par quelques courses juste en bas de chez lui et qu'il s'est fait livrer... il a aussi acheté des fleurs... Dit-il en s'asseyant sur l'accoudoir du fauteuil de Kyungsoo. Un énorme bouquet de lys blancs.
Baekhyun tiqua à l'évocation des lys, mais plissa des yeux, suspicieux.
« -Tu penses qu'il y a une fille ?
« -Non non, c'est sûr que non. Les fleurs étaient pour lui même ou pour son appart si vous préférez...
Baekhyun acquiesça.
« -Ensuite, arrivé midi, il s'est fait a mangé... et est allé dans le square en face de chez lui, un bouquin sous le bras en début d'après midi... Puis à dix-sept heures, il a été rejoint par deux gars, deux amis à lui visiblement, des étudiants chinois et ils ont joué au basket pendant une bonne heure.
« -Qui sont ces gars ? Demanda Baekhyun comme Chen se doutait.
« -Messieurs Lu Han et Wu YiFan. Intervint Sehun en s'approchant. Respectivement vingt-trois et vingt-deux ans. Étudiants en musicologie à l'université nationale des arts de Séoul. Ils viennent tous les deux de chine. Lu Han y est né, tandis que l'autre vient du Canada et bla bla bla, bref, des étudiants sans histoire qui n'ont aucun lien connu avec Kim, mis à part qu'ils jouent ensemble au basket dans un square de la ville, de temps en temps. Dit-il en secouant la tête. Ils sont sans intérêt.
« -OK. Dit Baekhyun, alors que ChanYeol, qui avait finit, terminait de poser une gaze fine sur le tatouage de Baekhyun, qui s'assied tout de suite, une fois que ce fut fait et finit son verre d'une traite.
« -Merci Chan.
ChanYeol acquiesça, tandis qu'il nettoyait déjà son matériel et Baekhyun se leva pour récupérer sa chemise sur le dossier du fauteuil où était Kyungsoo.
« -Ensuite ? Dit-il en enfilant le vêtement.
« -Rien. Kim est rentré chez lui. Ils lui ont bien proposé de sortir ce soir, mais il a décliné l'invitation et est rentré chez lui, d'où il n'est plus ressorti.
« -OK... tu sais quoi ? Pas la peine de continuer...
« -Vous lâchez l'affaire ? S'étonna Chen.
« -Non... Dit Baekhyun dans un sourire en coin. Je me contenterai juste de ces quelques détails.
« -Vraiment ? Parce que je peux... demain...
« -Non non laisse tomber. Je ne vais pas accaparer ton temps pour ça. Je vais faire comme Monsieur Tout Le Monde.
« -Mais vous n'êtes pas Monsieur Tout Le Monde ! Dit Kyungsoo en fronçant le front. Et on a rien sur lui. Une journée c'est pas assez pour connaître les habitudes de vie d'un mec, surtout qu'il est quand même le fils de...
« -Je m'en fous ! Vous stoppez tout, c'est clair ?
« -OK. Dirent Kyungsoo et Chen d'une même voix en se regardant.
« -Bien ! Dit-il en allant récupérer son shoulder holster qu'il avait suspendu au dossier d'une chaise.
« -Quand allons nous dans les docks ? Dit Yixing en pénétrant dans la maison.
« -Dans la soirée.
« -Purification totale ?
Leurs regards se croisèrent un instant, créant un silence étrange et Baekhyun acquiesça.
« -Purification totale. Répéta-t-il en guise d'approbation.
« -OK ! ChanYeol !
« -Ouais ? Répondit ce dernier en se levant.
« -Viens m'aider avec les jerrycans.
« -J'arrive.
« -Je viens vous donner un coup de main. Dit Sehun en suivant Yixing qui passait déjà une porte donnant sur les garages.
« On va vraiment éliminer tout le monde sans discuter ? On pourrait...Commença Kyungsoo.
« -Ça te pose un problème ? Le coupa Baekhyun sèchement.
« -Non, mais... il y a plus gros au dessus c'est certain.
« -Je le sais bien...
« -Alors pourquoi ?
« -Ce sont les ordres. Les trois veulent une élimination pure et simple. Mon père ne m'a pas laissé l'occasion de lui donner mon avis sur la chose. Mes oncles et lui ont décidé que cette guerre ne ferrait plus de prisonniers et même si c'est complètement con, vaut mieux qu'on évite de se les mettre à dos... pour cette fois...
« -D'accord, je vois...
Baekhyun acquiesça puis se tourna vers Chen.
« -Toi tu restes en retrait...
« -Merci...
Baekhyun acquiesça à nouveau et se détourna, avant de sortir de la pièce, sous le regard de Chen qui sourit, pensif, Baekhyun respectait le fait qu'il ne veuille pas tuer froidement et il lui en était tellement reconnaissant...
.
Ils mangèrent ensuite en prenant tout leur temps.
Peaufinant leur plan d'approche et d'attaque auquel Chen et sa connaissance des interventions policières, participa activement, ils surent très vite, la place de chacun sous cette lune presque pleine qui leur servirait d'éclairage et leur permettrait d'être encore plus invisibles.
...
Puis vers minuit, ils partirent à trois voitures pour leur mission commando...
Mais tout ne se passa pas comme prévu et tout leur plan tomba à l'eau.
Personne.
Le hangar que Yixing et Xiumin avaient observé le matin même et qui était rempli de matériel et d'hommes, était à présent complètement vide et déserté.
La désertion avait d'ailleurs très visiblement été faire dans la précipitation, ça ne laissait aucun doute et Baekhyun donna un coup de pied rageur dans une table qui vola, éparpillant sur le sol, les boites de munitions qui avaient été oublié là, créant un fracas monstre.
« -Ils ont été prévenu de notre arrivée. Dit-il entre ses dents.
« -Mais par qui ? Dit Kyungsoo. Ça ne s'est joué qu'entre nous...
Sortant du hangar, Baekhyun stoppa une fois dehors, le regards plissé sur l'obscurité, fixé sur rien.
« -Ça vient de plus haut. Dit-il tout bas.
« -Qui ? Votre père ? Dit Kyungsoo en se portant près de lui.
« -Pas forcement non, mais la fuite vient obligatoirement d'en haut, je n'en ai parlé qu'à lui et lui a mes oncles... ça ne peut venir que d'eux.
« -Un vendu dans l'entourage des Trois ?
« -Ou un traître dans la famille... Dit Baekhyun en prenant la directions de l'endroit ou ils avaient laissé leurs voitures. On décroche !
Ses hommes les suivirent alors sans discuter et une minute plus tard, les lieux étaient à nouveau silencieux et déserts... ou presque..
Un jeune homme dissimulé sous une capuche noire et qu'il ôta, sortit alors de l'ombre, amenant son téléphone à son l'oreille le front plissé.
« -Ouais Patron, c'est Huang... [...] Il se doute de quelques chose, mais c'était à prévoir, je vous l'avais bien dit, va falloir la jouer plus fine à l'avenir... [...] Oui je sais qu'on a manqué de temps, mais moi c'est pour vous que je dis ça. Si ça vient aux oreilles de son père, vous allez avoir du mal à l'évincer... [...] Vous voulez lui faire porter le chapeau pour que votre frère le fasse descendre, mais buter le fils, nous même, directement, serait plus simple... [...] OK OK comme vous voulez, c'est vous le patron... [...] D'accord... Dit-il en raccrochant, avant de disparaître à nouveau dans la nuit.
../..
