Bonjour à tous !
Je suis heureuse de vous retrouvez aujourd'hui encore pour la suite de Golden 2.0. Merci à Yuwine et Mimi76lh pour les reviews, ça fait toujours plaisir, surtout pour moi en ce moment.
Donc, nous avions laissé les deux D. sous la surveillance d'un certain petit blond alors qu'ils fuyaient la Marine. Ont-ils réussi à les semer ?
La réponse ici.
On se retrouve le mois prochain.
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Sabo était revenu avec de quoi leur permettre de se débarrasser du sang et de se changer. De simples bermudas et chemises, mais la qualité du tissu disait qu'il s'agissait de vêtements de riches. Ils restèrent un moment dans la cave. Une journée, certainement. Sabo n'était pas réapparu avant la nuit tombée. Il avait essayé de sortir Ace de son mutisme, mais l'air pâle comme la mort de l'aîné des D. montrait que c'était sans espoir. Le petit blondinet, curieusement, n'était pas resté longtemps nerveux devant le brun silencieux et armé. Il n'avait pas cherché à lui prendre son arme, comprenant qu'il était clairement en état de choc, toujours enroulé autour du fusil. Luffy avait tout essayé pour aider son frère, mais rien à faire, alors, il faisait connaissance avec le blond.
Un second jour était passé dans cette cave, avec, encore une fois, Sabo qui était venu les rejoindre à la nuit tombée. Quelques mots pour un Ace silencieux, histoire de chercher à faire redescendre un peu la tension, avant de distribuer des vivres pour les deux frères et de donner des nouvelles de la traque qui avait l'air de s'être essoufflée.
Ce fut le troisième soir que leur sauveur nota que Luffy ne resterait pas en place plus longtemps. N'ayant pas vu d'autres marines depuis le premier jour, Sabo proposa de les aider à sortir de la ville. Il leur servirait d'avant-garde.
Alors, Ace se leva simplement, et c'était le signe pour le petit de quatre ans qui saisit qu'ils allaient bouger. C'est à la faveur de la tombée de la nuit qu'ils se glissèrent donc un à un hors du soupirail, avançant les uns derrière les autres pour retourner plus bas dans la ville. Leur saccage de l'autre jour n'était plus qu'un souvenir éphémère dans la chaleur de juillet. Dans l'ombre des belles maisons, ils s'enfoncèrent dans les quartiers moins riches et défavorisés, rejoignant bientôt la muraille. Ils retrouvèrent la même fontaine de poisson ébréchée qui dégueulait de lierres pour compenser qu'on lui avait coupé l'eau. Ils la contournèrent avec moins de précipitation qu'à l'aller et ils se glissèrent hors de la ville dans le soleil couchant.
Le Grey Terminal leur tendait les bras, avec ses sans-abris et ses criminels qui survivaient de leur mieux dans ces montagnes de déchets.
- Même s'il m'arrive de venir par ici, je connais mal l'endroit passé un certain point, avoua Sabo d'un air embarrassé. Cela dit, je sais par où passer pour éviter un maximum de personnes jusqu'à rejoindre la jungle. Mais je ne serai d'aucune aide dedans pour vous aider à rentrer chez vous.
- Faut juste éviter Dadan et Doudou, c'est tout droit sinon, commenta Luffy.
- Que… pardon ?
- Dadan est une vieille moche dans les montagnes. Elle et Ace se supportent pas. Et elle n'aime pas tonton Ray. 'Sais pas si tonton Javier l'a rencontrée…
Luffy eut une mine pensive alors qu'Ace commençait à avancer comme un automate, pieds nus dans les détritus sans que cela ne semble le déranger plus que ça.
- …d'accord et ce Doudou ?
- C'est un gros tigre ! Ace et moi, on voulait l'adopter mais il nous aime pas et tonton Ray en a marre de venir nous chercher à chaque fois qu'on va le voir.
- … tu sais quoi ? Oublie que j'ai posé cette question. HEY ! Attend, pars pas tout seul !
Le blond venait de réaliser que le plus vieux du duo de bruns avait pris de l'avance. Et toujours sans prononcer un mot, Ace s'arrêta. Il ne se retourna pas. Il resta là, immobile, à les attendre. Les deux autres se dépêchèrent de les rejoindre ; Luffy prit immédiatement la main de son frère et s'accrocha avec un grand sourire à la redingote trouée de Sabo qui le laissa faire. Mais ce n'était pas ça qui arrêta leur avancée. Ni les missions d'éclaireur du blond qui courait régulièrement au-delà d'un obstacle de leur champ de vision pour s'assurer qu'ils n'étaient pas attendus ou pris en embuscade, pour ensuite revenir à leur niveau, soit pour leur confirmer que la voie était libre, ou leur dire qu'il fallait faire un détour. Mais à chaque fois qu'il revenait, Luffy s'accrochait à lui avec son sourire immense.
Puis, ce ne fut plus par le vêtement, mais par la main. Et clairement, cela prit par surprise le jeune blond qui fixa la petite main dans la sienne avec stupeur. Croyant que le geste n'était pas apprécié, le tout petit de quatre ans voulut reprendre sa main mais avec un sourire incertain, Sabo la retint. Jusqu'à ce qu'il souhaite partir en éclaireur. Là, il prit la main de Luffy, la tapota un peu maladroitement avant de le lâcher et de partir devant. Quand il revint, le gamin lui tendit immédiatement la main et le blondinet n'hésita pas à la saisir à nouveau.
Pendant un petit moment, ils marchèrent ainsi, avec pour seul bruit le babillage incessant de Luffy et les quelques interventions de Sabo, alors que leurs pas faisaient craquer les déchets et les décombres qui constituaient ce bidonville.
Au bout d'une petite heure, alors que la lune commençait à se pointer, Sabo partit à nouveau en avant-garde. Bien lui en prit parce que la lueur qu'ils avaient aperçue était bel et bien un feu de camp avec du monde autour discutant autour d'une photographie qu'un vieil homme dans une longue cape faisait circuler. Vieil homme qui le remarqua alors qu'il était sur le point de rebrousser chemin.
- Attends petit ! Juste un instant.
Méfiant, Sabo se tourna à nouveau vers le vieil homme à moitié caché sous une capuche. Il avait un bras en écharpe, une courte barbe et de longs cheveux blancs de ce qu'il voyait, le reste était masqué par le tissu.
- Je cherche mes neveux. Ace a sept ans et Luffy en a quatre. Regarde, ce sont eux. Tu les aurais vus par hasard, jeune homme ?
Et il présenta l'image des deux garçons qu'il escortait justement jusqu'à la jungle. Sur l'image, ils étaient tous deux souriant sur le bord d'une plage, couverts de sable mais souriant comme jamais alors qu'ils faisaient des châteaux de sable comme tout gosse de leur âge ferait dans de telles circonstances.
- Jamais vus, mentit le garçonnet. Je dois rentrer.
Et sans demander son reste, il tourna les talons pour rejoindre en courant les deux frères, veillant à ce que l'étrange homme ne le suive pas, même s'il s'était redressé pour le regarder partir apparemment. Alors, le blondinet prit la décision de faire un petit détour pour être prudent. Et il fut heureux de voir que les deux frères s'étaient assis un tas de détritus. Ace était toujours enroulé autour du fusil alors que Luffy lui faisait la causette sans s'offusquer de son silence.
- Onii-chan a dit qu'on devait t'attendre et que tu allais revenir ! informa Luffy en voyant Sabo revenir.
Ace ne prononça pas un mot et se contenta de se lever pour croiser les bras. Même s'il ne prononça pas un mot, son attitude disait clairement qu'il aimerait savoir pourquoi le blond avait tardé. Et Sabo se fit un plaisir de lui expliciter. Pointant du pouce en direction des lueurs lointaines du feu de camp, il leur dit avec sérieux :
- Un étrange vieil homme pose des questions sur vous avec des photos à l'appui en disant que vous êtes ses neveux et qu'il vous cherche.
Les deux frères se regardèrent et d'un commun accord, ils prirent un Sabo surpris chacun par un bras et l'entraînèrent vers le feu de camp à leur suite. Le vieil homme ne s'était pas éloigné. Il attendait patiemment. Et en voyant les trois enfants revenir, une tension invisible disparut de ses épaules.
- JI-CHAN ! hurla Luffy en lui sautant dessus.
- Davy Jones soit loué, vous allez bien.
Luffy s'était déjà caché dans la cape du vieil homme qui avait rejeté sa capuche en arrière pour dévoiler un visage basané par la mer, le sel, le soleil et le grand air, dont les quelques rides étaient des marques d'un âge que son comportement cachait très bien. Derrière ses lunettes fines et rondes, des yeux intelligents brillaient, malicieux, soulagés et emplis d'amour et d'affection pour les deux bruns. La cicatrice à son œil et l'épée que Sabo remarquait à cet instant disaient toutes deux que ce n'était cependant pas un vieil homme classique.
- Merci de les avoir protégés, jeune…
- Sabo. Je me prénomme Sabo.
- Merci, Sabo-kun. Je suis Silvers Rayleigh, le gardien et oncle de ces deux garnements… et Ace, que fais-tu avec un fusil comme celui-ci ?
Le brun resserra sa prise sur l'arme en question. Il n'avait pas rejoint son frère dans le câlin à leur oncle, restant aux côtés de Sabo comme si celui-ci était une ancre.
- Silvers Rayleigh ? Comme… souffla Sabo d'un air abasourdi.
- Je ne suis plus le second de Roger depuis de longues années, tout ceci est derrière moi. Je ne suis qu'un paisible vieil homme qui s'occupe de ses neveux.
- Tu es blessé ? constata avec inquiétude Luffy en voyant le bras en écharpe.
- Ce n'est rien, je me fais vieux, c'est tout. Allez, nous devrions rentrer.
- D'accooooord… A bientôt Sabo !
Et Luffy attrapa en souriant la main de son oncle alors qu'Ace finissait par les rejoindre. Alors que sa famille s'en allait, le brun avec son fusil se tourna vers Sabo une dernière fois.
- On se reverra ? demanda doucement le garçon.
- Oh ! Donc, tu n'as pas perdu ta langue !
L'aîné des D. se mit à rougir violemment.
- Cela sera avec plaisir, sourit Sabo. A un de ces quatre.
Et avec un salut de la main, il salua les deux frères qui s'en allèrent avec leur oncle qui jeta un dernier œil à Sabo. Et avant de disparaître, l'ancien se tourna une dernière fois vers Sabo.
- Je vis avec les garçons dans une maison à l'écart du village de Fussha. Si tu souhaites nous rendre visite, n'hésite pas à le faire. Suis la plage ouest, c'est la voie la moins dangereuse pour rejoindre le patelin. A bientôt.
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Ace se réveilla en sursaut dans le lit, trempé de sueur. A côté de lui, Luffy dormait à poings fermés. Le plus jeune avait décidé de déserter sa chambre pour venir le rejoindre, certainement en quête de réconfort. Mais là, dans le cas présent, c'était le grand qui en avait besoin. Il se sentait malade, sale, monstrueux.
Il avait tué un homme.
Il plaqua ses mains sur sa bouche pour repousser son désir de vomir et finit par sortir du lit. Il allait prendre un verre d'eau, ça irait mieux après. Avançant dans la pénombre de la maison endormie, il quitta la chambre et descendit vers la cuisine sur la pointe des pieds, un pas après l'autre dans le large escalier grinçant.
Toute la maison était silencieuse.
Le garçon manqua de cogner ses orteils contre le canapé alors qu'il traversait le salon pour rejoindre le couloir du bas, puis la cuisine où il alluma la lumière d'appoint au-dessus de l'évier grâce à l'interrupteur près de la porte. Sur la pointe des pieds, il prit un verre propre dans l'égouttoir et ouvrit le robinet d'eau froide pour le remplir. Il referma ensuite l'eau et s'assit sur une chaise pour boire. Son regard vagabonda dans la pièce pour s'arrêter sur le placard le plus haut et le plus inaccessible. La Réserve, comme l'appelaient Rayleigh et Garp. Ace avait vu des bouteilles avec de drôles de liquide dedans, mais on lui avait toujours interdit d'en boire. Les adultes en sortaient une de temps à autre. Surtout quand ça allait mal. Il se rappelait que la première fois que Javier était venu à la maison, Rayleigh avait mis une grosse goutte d'une de ces bouteilles dans la tasse du blond avant de la lui apporter.
A croire que le liquide était magique et pouvait soigner tous les maux.
Peut-être que ça pourrait l'aider avec le mal qu'il avait dans les entrailles. Ce monstre qui lui murmurait des horreurs à l'oreille en lui rappelant ses actes. Cette vie qu'il avait prise. Cet homme avait autant le droit que lui de vivre, d'être heureux, d'avoir une famille. Et il avait tout brisé avec un coup de fusil.
Le verre d'eau à moitié vide fut posé sur la table et le garçon tira la chaise jusqu'au plan de travail sous le placard remplis de bouteilles mystérieuses. Il grimpa sur la chaise, puis sur la surface de bois avant de tendre le bras pour ouvrir le placard. Les bouteilles étaient là, avec des étiquettes plus ou moins vieilles. Whisky, tequila, bourbon, saké… tant de mots qui ne faisaient pas vraiment sens pour le garçonnet. Il hésita, puis attrapa l'une des bouteilles. L'une des plus pleines, comme ça, Rayleigh ne saurait jamais qu'il avait bu dedans.
- Ace ? Que fais-tu debout ?
Cling !
La bouteille que l'enfant avait prise s'écrasa sur le sol pour se briser sur le carrelage, répandant le liquide sombre à l'odeur forte partout au milieu des débris de verre. Tous les deux regardèrent le désastre au sol avant de relever les yeux pour s'observer mutuellement. Rayleigh, dans son jogging avec son bras blessé recouvert de bandages maintenu contre lui par sa main valide, regarda le petiot debout sur le meuble de la cuisine en pyjama léger pour l'été.
- Ne descends pas, demanda Rayleigh en voyant le mouvement de son neveu. Tu es pieds nus, tu vas te faire mal.
Repoussant du bord de ses claquettes quelques morceaux de verre, Rayleigh se rapprocha de l'enfant et lâcha son bras blessé pour utiliser le valide afin de soulever son neveu de son perchoir et le ramener vers l'entrée de la cuisine.
- Va t'asseoir dans le salon, on va parler tous les deux. Mais je vais d'abord nettoyer tout ça.
Sans un mot, Ace quitta la pièce et bientôt, la lumière du salon s'alluma, preuve que le petit avait obéit. Serrant les dents pour arriver à nettoyer la casse en dépit de son bras blessé, Rayleigh se mit au travail. Le verre alla dans la poubelle dédiée avant de sortir le vieux chiffon de serpillère. Il était tard, Rayleigh commençait à avoir assez mal, et il avait d'autres choses à faire. Aussi, il se contenta d'essuyer tout ça avec le pied avant de jeter la vieille serpillère dans la machine à laver. Il laverait mieux demain, quand il ferait jour. Il regarda son bandage et nota qu'il commençait à laisser passer un peu de sang. Plus qu'à prier pour qu'il ne se soit pas arraché un point. Il prépara un chocolat chaud qu'il embarqua ensuite dans le salon. Ace s'était recroquevillé dans un coin d'un des canapés, les jambes contre sa poitrine. Luffy avait dû se réveiller parce qu'il était debout à côté de son frère, le regardant avec perplexité à moitié emmitouflé dans la vieille cape de Rayleigh.
- Luffy, retourne te coucher, s'il te plaît. Je dois parler à ton frère, il a fait une bêtise, demanda patiemment le vieil homme. Je viendrai te border tout à l'heure.
- Elle est grave sa bêtise ? demanda doucement Luffy. Il m'a protégé, faut pas le punir !
- Ce n'est pas à ce sujet que je vais le punir, champion. Allez, va te coucher bonhomme.
Le vieil homme posa la tasse sur la table basse et s'accroupit devant Luffy qui avait gonflé ses joues.
- Je dois avoir une discussion très importante avec lui, s'il te plaît. S'il veut en parler, ce sera demain, après que tout le monde aura dormi. D'accord ?
Le petit hocha doucement la tête avec un air de chien battu. Il fit un câlin à son oncle, puis à son frère qui resta sans réaction, avant de retourner au lit. Rayleigh se doutait que l'enfant ne se rendormirait pas, mais il verrait ça quand il en aurait fini avec l'aîné.
L'ancien soupira et s'assit dans le canapé à côté de son filleul toujours en boule.
- Le chocolat est pour toi, Ace.
Aucune réaction.
- Est-ce que tu sais quelle bêtise tu as faîte ?
- J'ai touché les bouteilles que tu veux pas qu'on touche et j'en ai cassé une.
- Que tu la casses, en soit, c'est moins grave que le fait que tu la touches, surtout à ton âge. Est-ce que tu sais ce que c'est ce placard ?
- La réserve ?
- A alcool, précisa Rayleigh. C'est pour ça que je ne veux pas que vous y touchiez. Du moins pas à votre âge. Vous ferez ce que vous voulez quand vous serez plus vieux, mais pour l'instant, il ne faut pas y songer. Pourquoi voulais-tu une de ces bouteilles, mon grand ?
- Elles sont magiques.
Ce n'était pas dans les réponses qu'attendait le vieil homme.
- Dans quel sens ?
Ace déglutit et disparut un peu plus derrière ses genoux.
- Parle-moi, s'il te plaît. Si tu ne me dis rien, je ne peux pas t'aider, petit prince.
- …j'vous ai vu faire, murmura l'enfant. Quand… quand ça va pas… vous prenez un verre… parfois la bouteille ou plus… vous… vous avez l'air mieux après… Alors… je me suis dit… que ça pourrait m'aider… que si j'en buvais, moi aussi, je me sentirais mieux…
- Cela a un rapport avec pourquoi tu refuses de te débarrasser de ce fusil de la Marine ?
Ace hocha doucement la tête.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? se renseigna Rayleigh en se rapprochant de son filleul.
L'enfant déglutit. Il eût mal. C'était comme un poids au fond de sa gorge qui l'étouffait à moitié. Serrant les dents, Rayleigh prit l'enfant dans son bras blessé et l'attira contre lui. Cela eut un effet apaisant, et la boule parvint à se dissoudre dans sa gorge et fit monter les larmes aux yeux.
- Y'avait ce gars avec un chien… ils nous ont trouvés…
- Vous avez fui, c'est ça ?
- Hm. Dans un arbre. Mais il s'est mis à escalader, alors on a sauté… Luffy a assommé le chien, et moi, sur le marine… je me suis accroché à son fusil et la lanière s'est cassée… et on a couru vers le Grey Terminal… mais il nous suivait toujours, il gagnait du terrain… j'ai pas réfléchi… il était là, Luffy était derrière moi…
Et il s'effondra en pleurant contre son oncle qui lui caressa les cheveux de sa main valide.
- J'ai-j'ai… j'ai tiré…
- C'est pour ça que tu te sens mal, c'est ça ? C'est normal, Ace. C'est tout à fait normal. C'est humain. C'est parce que tu es un humain que tu te sens mal. Et même si tu voudrais te débarrasser de ce sentiment, il faut que tu le conserves. Parce que c'est ce sentiment qui t'empêchera de devenir un monstre. Un assassin. C'est ta barrière pour ne pas tomber du mauvais côté.
- Je veux plus me sentir aussi mal…
- Tu es trop jeune pour comprendre, mais c'est important que tu te rappelles de ce que je vais te dire ce soir, Ace. Alors, écoute-moi bien.
En reniflant, l'enfant se redressa et essuya ses yeux avec l'aide de son oncle.
- Tu n'as que deux choix... soit tu enfermes ça en toi, en garde-fou. Tu continues à vivre, en conservant ce sentiment en toi, comme un avertissement. Que tu continues ta vie malgré tout. Ou alors… tu fais du sang et de la mort ton quotidien. Tu te mets à tuer tout le monde, comme tu respires. Passer un stade, cela deviendra si courant, si banal, que tu ne seras plus dérangé par cet instant. Mais cela sera au prix de ton humanité. Et tu donneras raison à ceux qui ont voulu vous tuer, Luffy et toi. Tu comprends ce que je veux dire, Ace ?
- Je… je pense.
Rayleigh se pencha ensuite pour prendre la tasse de chocolat et la donner à son filleul.
- Pour ce qui est de l'alcool, Ace… ce n'est pas une solution magique. La bouteille… n'est qu'une fuite. Pendant un instant, tu oublies ce qui ne va pas. Mais après c'est pire. Cela ne fait qu'exagérer ton ressenti, ta culpabilité, ton mal être. Alors, tu reviens vers elle. Encore. Et encore. Quand tu réalises qu'elle devient ta béquille, il est déjà trop tard. Elle te brise. Si tu utilises la boisson pour passer outre cette situation, alors, tu as perdu ton combat. Et pour en sortir, ça sera difficile. Je suis passé par-là, Ace. J'ai réussi à m'en sortir grâce à ton père, mais elle revient. Elle aide un instant, mais elle ne fait que cacher le problème, comme si tu tires les rideaux pour cacher un monstre au dehors. Mais il faudra ranger les rideaux. Et le monstre est toujours là. Tu peux utiliser l'alcool pour t'amuser, te donner un boost au moral, mais ne te repose pas sur ça. Et surtout, ne le fais pas à ton âge. Attends d'avoir plus d'expériences de vie avant d'essayer. En attendant, quand ça ne va pas, tu as une solution en plusieurs étapes. La première, c'est prendre un chocolat chaud. La seconde, c'est de faire un câlin à quelqu'un avec qui tu es proche. La troisième, c'est parler, dire ce qui ne va pas, extérioriser, partager. Et quatrième, c'est pleurer. Laisser sortir, ne pas garder pour toi ce qui te ronge. D'accord ?
- Oui, tonton….
- Que vas-tu faire, alors ?
Ace prit une gorgée de son chocolat et le reposa pour se remettre dans les bras de son oncle.
- Dis, ji-chan… pourquoi ils en avaient après Luffy ?
- On en parlera quand il sera plus vieux, d'accord ?
Le gamin hocha la tête en se calmant.
- Qu'est-ce que tu vas faire du fusil ?
- Je… je vais le garder. Pour l'instant.
Rayleigh hocha la tête en continuant de lui caresser les cheveux pour l'apaiser.
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Un duo de blonds marchait dans Goa en se disputant. L'adolescente avait un panier en osier dont le contenu était masqué par un plaid. Et clairement, ce qu'elle disait avec son père ne plaisait pas à l'homme alors qu'ils sortaient d'une école avec le patriarche Portgas continuant de parcourir des dossiers qu'il avait sous le bras. Il s'était bien habillé, comme pour une infiltration en milieu noble.
- Je ne VEUX pas !
- Je ne te laisse pas le choix, Amelia.
- Il y a toujours un Portgas à l'hacienda ! C'est mon tour de prendre cette place !
- Mais je ne veux pas de ça pour toi. Je veux te sortir de tout ça, nena. Viens, il nous reste d'autres lycées à voir.
- Je peux aller à Bliss si tu veux à ce point que j'aille au lycée. Mais dans les faits, tu sais que je serai serveuse à l'auberge de Baterilla et que le reste du temps, si je ne suis pas sur le réseau d'information, je me concentrerais à garder debout l'hacienda pendant que tu seras sur les mers à faire ta petite vie.
- Raison de plus pour que tu m'écoutes et que tu saisisses cette occasion pour sortir de tout ça.
Il prit le plan de la ville et le regarda en fronçant les sourcils.
- A gauche, l'école suivante est plus en cœur de la ville.
- Mais je ne veux pas !
Javier ignora sa fille alors qu'ils recommençaient à s'enfoncer dans la ville. En passant devant une échoppe, le blond nota du coin de l'œil le reflet lointain d'un homme à la peau sombre et aux yeux rouges en civil en compagnie d'une adolescente lui aussi, mais il ne réagit pas plus que ça, continuant sa leçon de morale à sa fille de quatorze ans, bientôt quinze.
Ils arrivèrent devant une nouvelle école et les deux blonds entrèrent dans le lycée, Amelia traînant visiblement des pieds derrière son père, le panier toujours contre elle.
En tout cas, le marine en civil trouvait cela très drôle de voir que même les pirates avaient des soucis avec leur vie de père célibataire.
C'est une attente d'une bonne heure qui s'ensuivit, mais cela ne sembla pas déranger le duo en embuscade. Bientôt, le duo Portgas ressortit et marcha droit sur le clan Rhyddid en continuant de se disputer, même si le fait que Javier regardait droit dans la direction d'Aarch disait que l'homme était grillé.
- Bonjour, vice-amiral Rhyddid. En vacances, je vois. Avec la charmante Carmen, à ce que je vois. Bonjour à toi aussi, demoiselle, salua le pirate bien habillé par rapport au marine totalement décontracté dans sa tenue civile.
Si le ton du blond avait été froid envers le marine, il se réchauffa et se fit plus amical à l'adresse de l'adolescente aux cheveux noirs et rouges qui se tenait à proximité de son père.
- Bore Da, Portgas-san, répondit la jeune fille.
- En repos, soupira Aarch. Donc assez surpris de te croiser ici entre tous les lieux de East Blue.
- C'est le but. Moins de chance qu'on cherche ma fille dans un endroit où on ne s'attend pas à me voir, dit froidement Javier.
Amelia détourna la tête en faisant voler ses boucles dorées avec un souffle agacé du nez.
- Mais je peux te retourner le commentaire. A ma connaissance, c'est le terrain de jeu de Genkotsu. Je pensais les clébards plus territoriaux.
- Ma femme est enterrée en East Blue, dit alors froidement Aarch. Et l'une des bibliothèques les plus complètes en domaine médical se trouve dans ce royaume puant.
- Je vois. Bon, eh bien, on va te trouver un lycée dans une autre île. Si même un marine supporte pas l'odeur du coin, ça veut tout dire.
- Mais laisse-moi aller à Bliss ! s'énerva Amelia.
- Je te veux hors de South Blue, la discussion est finie, demoiselle ! Hors de question que je te laisse mourir pour Barterilla !
Clairement agacé, Javier revint vers Aarch.
- A jamais, le griffon.
- Vous jouez mal, dit alors la jeune Carmen.
- Carmen, s'il te plait, soupira le marine. Les gens n'ont pas à dire à chaque fois ce qu'ils ont derrière la tête ou lorsqu'ils ont des merdes. Bon... adieu aussi, la Araña. J'ai encore des livres à trouver, moi.
Amelia plissa des yeux et se rapprocha de la fille d'environ son âge avec un rictus.
- Tu devrais passer un peu moins de temps avec ton parrain plumeux, tu apprendrais qu'il y a des moments où il faut se taire et d'autres où il est apte de l'ouvrir. Maintenant, occupe-toi de tes fesses, nous, on a des choses à faire.
Et elle se détourna la tête haute.
- Continue de chercher des écoles desquelles je fuguerai, moi, je retourne au Demonio.
Et elle s'éloigna alors que son père se pinçait le nez avec lassitude.
- Diva, siffla Carmen.
Aarch frappa son visage avec agacement alors que sa fille semblait absorber les émotions de la ville. En tout cas, Amelia réagit au quart de tour. Elle déposa le panier et se retourna pour en coller une à la brunette pour se faire arrêter par son père.
- Carmen, tu t'excuses immédiatement, grogna alors Aarch.
- Alors qu'elle ne me juge pas pour avoir dit ce que je pensais. Je m'excuse. Pour cette fois.
- Amelia, toi aussi, tu demandes pardon, exigea Javier.
- Pas question. Elle excuse son comportement, elle ne demande pas pardon. Excuser son comportement, c'est simple, tout le monde peut le faire, mais elle le pense pas.
- AMELIA ! Pardon ! Maintenant !
La blonde eut un rictus.
- Je m'excuse, siffla-t-elle en reprenant les mots de la brune en face d'elle.
- Je pense qu'il vaut mieux que l'on reste chacun de notre côté avant que ça ne dégénère, grommela Javier.
Aarch était d'accord et regarda avec un soupir sa fille unique. Celle-ci prit une respiration calme et se tourna vers Javier.
- Je m'excuse Monsieur, pour avoir parlé alors que je n'y étais nullement invitée.
- On te laisse avec ta recherche d'école. Mais je te déconseille la haute ville. Ta fille les tuerait tous après la première semaine. Et la mienne tenterait de les noyer. Voilà pourquoi je ne la mets pas ici.
- Par pur esprit de contradiction et pour lui faire intégrer une bonne leçon, je devrais le faire, répondit froidement Javier. Adieu.
Il récupéra le panier dans une main pour le mettre dans les bras de sa fille et lui prit une épaule.
- Je les accepte pour cette fois, petite Carmen. Pour cette fois seulement.
Et il embarqua sa fille vers la haute ville. Il devait trouver un moyen d'avertir Rayleigh pour qu'il garde les gosses dedans.
Du haut de sa fenêtre, dans une belle résidence adjacente, une petite tête blonde les regarda faire avec curiosité.
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En début d'après-midi, le Demonio ne mouillait plus dans le port de Goa mais dans celui de Fussha. Et Javier s'était fait attaquer d'office par un petit Luffy excité comme une puce, heureux de revoir le blond, avant de s'intéresser à Amelia. Et surtout, il était intrigué par le panier en osier que la blonde avait toujours dans ses bras. En soupirant, Javier défit sa cravate et hissa sur son dos le petit bonhomme surexcité qui lui racontait ses dernières aventures et sa rencontre avec un garçon de Goa très sympathique, alors qu'ils le ramenaient vers la maison.
- Heureux de te revoir, Portgas, salua Rayleigh sur le seuil de la maison avec son bras en écharpe.
- Moi de même.
- Bonjour Silvers-san, salua Amelia en s'inclinant.
- Je suis curieux de comment tu as réussi à faire partir Senny.
- Un ou deux mots dans les bonnes oreilles dans le South Blue a mis le feu à suffisamment de tonneaux pour que seul Sengoku puisse rétablir le calme. Nous avons trouvé de quoi aider les enfants à se faire à toute cette situation. Un… soutien moral.
Luffy regarda Javier avec curiosité quand il le posa par terre.
- Ace n'est pas très bien, donc, j'espère que tu as vraiment une bonne solution. Et si tu allais tirer ton frère de sa caverne, Luffy ?
- AAAAAACE !
Luffy courut dans la maison à la recherche de son frère alors que le père et la fille suivaient Rayleigh dans le salon.
- Ace a tué un homme au début de la traque. Et comme ils sont restés cachés dans Goa avec la complicité d'un enfant local très intelligent, je ne l'ai appris qu'hier soir quand je l'ai surpris à essayer de se coller une cuite.
- Dis-moi que tu ne le laisses pas boire, gronda sombrement Javier.
- La bouteille a fini en miettes sur le sol et il a eu un chocolat chaud à la place. On a eu une grosse discussion.
Les deux visiteurs de South Blue se déchaussèrent dans l'entrée avant de s'avancer dans le hall.
- Je vais rejoindre le singe et le cafard, papa, annonça Amelia.
Javier hocha la tête et alla rejoindre Rayleigh dans la cuisine pour l'aider à sortir café et boissons fraîches.
- Une idée de la fuite ? se renseigna Javier.
- Garp.
- Il le fait exprès ?
- Le pire, c'est que je pense que dans son esprit, il se dit que c'est sans risque. Si tu veux lui faire payer, je t'en prie. Personnellement, je suis juste heureux que les garçons s'en sortent. Voudrais-tu me sortir les glaçons du freezer, je te prie, et les mettre dans ce bol ?
L'ancien second de Roger posa un bol bleu sur le plateau de rafraîchissement qu'il préparait et Javier alla donc chercher les glaçons.
- Tu en as pour longtemps ? se renseigna Javier. Avec ta blessure, j'entends. Mon médecin de bord peut t'examiner.
- Oh, pas d'inquiétude, ça ira. C'est plus handicapant et sensible que grave. Le prix de la vieillesse.
Un cri d'excitation leur parvint de l'étage, avec les enfants pour origine bien définie.
- Je pense que les enfants ont découvert leur cadeau. Je devais te consulter à ce sujet, mais je me suis dit qu'avec ce qu'il s'était passé, ça serait une bonne chose de leur donner un autre genre de soutien émotionnel, sourit d'un air contrit Javier.
Et il ramassa le plateau pour suivre l'ancien second de Roger dans le salon où les deux enfants avaient débarqué avec excitation.
- Je suis désolé, papa. Je sais que tu voulais attendre un peu pour la surprise, mais j'ai vu la tête du cafard alors… se justifia Amelia en posant le panier vide en osier sur la table basse.
- JI-CHAN ! REGARDE !
Luffy brandit un bébé félin blanc à tâches noires avec un air adorable. Le sourire de l'enfant était lumineux. Aussi brillant et étincelant que le soleil. Ace avait un autre bébé félin blanc dans ses mains et il le fixait d'un air foudroyé.
- Ce sont des espèces menacées que l'on a trouvées dans les cales d'un groupe de trafiquants d'animaux, expliqua Javier. Ce monsieur…
Il tapota le bout du museau de la peluche tachetée dans les mains de Luffy qui lui léchouilla la pulpe du doigt en réponse.
- C'est un once. Ou léopard des neiges. Et la petite miss...
Il frotta du doigt la jonction du cou et de la tête de la bébé panthère entre les mains d'Ace. En réponse, la petite vira au bleu en miaulant faiblement, clairement craintive.
- C'est une panthère de l'Amour avec un fruit du démon. Les deux espèces étaient présentes en North Blue et sur certaines îles de la Grand Line, mais la chasse et l'exploitation ont réduit grandement leur population. Je les aurais bien ramenés chez eux, mais je ne sais pas où est chez eux, justement. Alors quitte à leur accorder un nouveau foyer, autant que ce soit en sécurité. Et je connais deux garçons qui peuvent les protéger. N'est-ce pas ?
- Ouiiii ! s'enthousiasma Luffy.
Ace se contenta de regarder la panthère entre ses mains qui lui rendit son regard, avant de lui lécher le visage. Le garçon si sombre depuis l'incident eut un léger rire. Nouveau coup de langue et la petite boule de poils prit une teinte solaire.
- Je pense que c'est une bonne idée que tu as eue là, Portgas, commenta Rayleigh en voyant la façon dont Ace ramena la petite panthère dans ses bras.
Cette présence animale, si petite, fragile et innocente serait un bon point pour aider le gamin à s'en sortir. A se relever de tout ceci. A aller de l'avant. Javier eut un geste de la tête pour demander à Rayleigh de lui parler en privé et les deux adultes quittèrent la pièce. Alors, l'aîné des deux garçons baissa la petite panthère qu'il câlinait pour regarder leur cousine.
- Tu as l'air énervé, nota Luffy en penchant la tête sur le côté qui observait lui aussi Amelia.
- On a croisé les Rhyddid à Goa. Le vice-amiral Aarch est en charge des enquêtes internes. Il fouinait dans les environs. Et disons que j'ai failli me mettre sur la gueule avec sa fille quand elle a dit que papa jouait très mal, siffla Amelia. On parle de la Araña et il a déjà embobiné Kong, alors…
- La Zorra montre ses dents… Ouuuuuh, ça fait peur… se moqua Ace avec un sarcasme très lourd à l'oreille.
- Tais-toi le Cafard.
- Dis… Melia… demanda Luffy. Les marines… ils nous cherchaient tous les deux, Ace et moi. Ace, on sait pourquoi…
Les deux Portgas regardèrent le plus jeune en levant un sourcil. Il savait pour Ace ?
- Moi aussi je laisse traîner mes oreilles, y'a pas que toi, la blonde, se justifia sans se démonter le petit. Mais je veux savoir pourquoi on me cherchait, moi.
- 'Melia… dit Ace en baissant la voix. Je sais que ton père veut profiter que je sois en dehors du cercle de la famille pour m'épargner toutes les traditions et Baterilla, mais...
Il déglutit avant de dire :
- J'ai tué un homme, Amelia. Et on n'a que la moitié de l'explication de pourquoi ils nous en voulaient. A côté, ton père n'a eu que quelques mots à dire pour que Sengoku rappelle ses chiens pour les envoyer ailleurs. Si on veut se défendre, il faut qu'on sache. Mais ton père ne veut pas qu'on apprenne. Alors, toi, tu peux nous enseigner. Si on ne sait pas, on ne peut pas avancer, se défendre et se protéger.
Luffy attrapa un pli de l'ample jupe de la blonde.
- Qu'est-ce qu'on me veut ? demanda doucement le gosse.
La blonde expira par le nez et alla récupérer le panier. Elle fouilla dedans et en sortit une enveloppe qu'elle donna à son petit cousin.
- Que Silvers ne trouve pas cette lettre et son contenu. Ni ce que vous en ferez. On est d'accord ? Ce sont des graines d'hibiscus, j'hésitais à te les donner, tu as l'âge auquel on est initié généralement dans la famille.
Le fils de Roger récupéra l'enveloppe et la cacha dans son tee-shirt avant de ramener contre lui la panthère qui avait pris, à présent, une couleur noire en commençant à s'endormir entre ses bras.
- Pour ce qui est de toi, Luffy… tu ne sais pas qui est ton père, n'est-ce pas ? Cherchez par-là.
Et elle redevint silencieuse quand ils entendirent les adultes sur le retour avec les verres.
- Vous discutiez de quoi, les jeunes ? se renseigna Rayleigh.
- Noms, mentit simplement Amelia en haussant les épaules.
- Nom ? répéta Rayleigh avec perplexité.
- On est pas tous dénué d'imagination pour décider de nommer son fils unique comme l'arme de son défunt compagnon, rebondit la blonde.
- Amelia, du respect pour la mémoire de ta tante, rabroua Javier.
- Meh. Au moins, on peut dire que je suis dangereux, commenta le premier concerné en haussant les épaules. Sans compter que le premier Portgas portait ce nom, au cas où tu l'aurais oublié.
- Je pense que sur ce coup-là, c'est plus un coup de Roger que de Rouge, soupira avec lassitude Rayleigh. Mais pour revenir à la question, pourquoi parles-tu de noms ?
Avant que la blonde ne s'embourbe dans son mensonge, avec son innocence d'enfant, Luffy vint à son secours en brandissant son nouvel ami à poil.
- C'est King désormais son nom !
- King ? répétèrent les adultes.
- Hm ! Il sera le roi des bêtes !
Les deux adultes se regardèrent et secouèrent la tête. C'était la logique de Luffy après tout.
- Et toi, Ace, comment vas-tu la nommer ?
Ace regarda la panthère dans ses bras et eut un petit sourire.
- Iro.
- …Iro ? répéta Rayleigh.
- Le manque d'imagination est génétique, dit Amelia comme si elle énonçait une vérité universelle.
- Ou tout simplement parce qu'elle est la preuve qu'il suffit de bien chercher quand on est dans le noir pour trouver de la couleur et du réconfort, se justifia d'un ton vexé son cousin.
Sa réponse laissa tout le monde dans le silence. Puis, finalement, Rayleigh eut un rire puis un sourire.
- Ce sont deux très beaux noms, je trouve. Vous avez bien choisi les garçons.
Les deux frères échangèrent un sourire.
