Bonjour ! On se retrouve aujourd'hui pour fêter le premier avril avec un petit chapitre de Golden ! J'espère qu'il vous plaira malgré son ambiance particulière. Je vous remercie tous, en tout cas, que vous soyez de la masse silencieuse ou un reviewer. Vous savoir au rendez-vous depuis tout ce temps, mois après mois, ça signifie énormément pour moi, et je ne sais pas vraiment comment vous en remercier adéquatement au vu de ce que ça m'apporte. Donc, merci. Merci infiniment, à tous et à toutes. Je vous aime tous très forts.
Passons aux reviews :
Keleren : J'ai prit de la bouteille, sans vouloir faire de mauvais jeux de mots. Donc, ça explique beaucoup dans l'évolution des descriptions et des évènements. Ce qui explique aussi que pour le coup, j'ai un beau décalage de nombres de chapitres entre là où j'en suis en ce moment dans mon écriture et là où j'en étais à cet instant dans la première version. A l'instant T, j'ai entre 12-13 chapitres de plus dans la nouvelle version. Il y a aussi que j'ai grandit, que ce soit dans mon écriture que dans ma vie perso, donc, ça joue aussi. / Etant donné que je ne vois pas à quoi tu fais allusion, je pense que la réponse est non pour le fruit de Kali.
Yuwine : Il va la garder cette leçon, crois-moi./ Ui, les deux panthères sont choupies, mais je pense qu'on a quelqu'un qui n'est pas du même avis. / Luffy est différent ici par rapport à la v1 ou au canon. Mais il est vrai aussi que c'est bien rattrapé pour le petiot / Carmen... on verra, mais non, ça ne veut pas dire des passages écris par Sam'. Elle est là en tant que consultante, de la même façon que je le suis pour ses histoires et me prête les Rhyddid.
Mimi76lh : *prend un de ses chats* Emotional Kitty, comme m'a sortit Missty.
Ann : Mais avec grand plaisir ma chère.
Sur ce, je vous souhaite une bonne journée et à bientôt.
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Cela faisait quelques mois à présent depuis leur rencontre avec Sabo. D'abord, ils s'étaient retrouvés au niveau de l'entrée dérobée dans la muraille, le prenant presque en embuscade alors qu'ils l'attendaient depuis un moment. Puis, ils s'étaient donné rendez-vous près d'un gros arbre en jonction entre la berge, le Grey Terminal et la jungle. C'était là qu'ils s'étaient retrouvés le plus souvent. Avec Ace sorti de son mutisme, ils avaient pu apprendre à faire connaissance, à s'apprécier, à rire et s'amuser. D'un côté, Sabo était abasourdi par la capacité des deux frères à pouvoir se battre (il avait d'ailleurs noté que le fusil était désormais armé puisqu'il avait surpris son nouveau propriétaire s'entraîner avec) alors que ce n'était que des enfants. De l'autre, c'était les connaissances du petit blond qui, clairement, mettaient sa curiosité sans limite à bon usage pour en apprendre un maximum. En ça, ils se rapprochaient. Leur curiosité. Ça et leur désir de vagabonder. Leurs têtes emplies de rêves. Dire qu'ils avaient des atomes crochus était l'euphémisme du millénaire. En dépit de leurs secrets à tous les trois, c'étaient comme s'ils s'étaient toujours connus.
Ils étaient un vrai trio. Inséparable. Dans tous les mauvais coups quand il était question de rendre chèvre les habitants du Grey Terminal, plus particulièrement contre les pirates Bluejam qui, suite à un incident avec leur navire et quelques mauvais deals, s'étaient retrouvés cloués à terre.
En tout cas, ils étaient doués pour rendre Rayleigh fou. Le pauvre homme devait sérieusement regretter les idées absurdes de Roger quand il courait après les gosses qui faisaient les quatre cents coups dans le Grey Terminal ou Goa.
Jusqu'à fin novembre, début décembre. Rayleigh avait demandé à un des individus les plus corrects du Grey Terminal de dire au blond que, suite à des affaires personnelles, les garçons ne pourraient pas venir jouer avant un moment. La raison lui vint avec les premières neiges quand les deux garçons revinrent au lieu de rendez-vous où Sabo continuait de se rendre avec espoir. Les deux bruns serraient leurs camarades à quatre pattes respectifs dans leurs bras avec des regards traumatisés. Ils ressemblaient à deux zombies. Leur explication devant leur état et les bandages, elle allait main dans la main avec comment les deux jeunes avaient appris à se battre et elle portait le nom de Monkey D. Garp. Ce fut à cette occasion que Sabo apprit d'ailleurs que, contrairement aux apparences, les deux bruns n'étaient pas des frères de sang, mais adoptifs. Le père d'Ace était mort et celui de Luffy était aux abonnés absents. Les deux enfants avaient été confiés au vieil homme par les deux hommes absents, expliquant pourquoi ils grandissaient ensemble comme des frères. Le pourquoi de la présence de Rayleigh dans leur vie était une énigme à laquelle il ne semblait pas être prêt à avoir de réponses.
Sabo apprit cependant que de la famille de South Blue allait venir pour les vacances d'hiver et qu'il était donc peu probable qu'ils reviennent au rendez-vous. Cependant, il était invité à venir les voir durant l'hiver s'il le souhaitait. On lui avait laissé le numéro de Makino pour qu'il puisse les contacter afin qu'on vienne le chercher s'il le demandait.
Mais il n'appela pas.
Il fit bien pire : il traversa seul la jungle.
Cela expliqua pourquoi en début d'après-midi, un villageois trouva le garçon effondré en bordure de jungle, se vidant de son sang dans la neige avec une belle marque de griffes dans le dos.
- A L'AIDE ! UN GOSSE SE VIDE DE SON SANG !
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Sabo s'était réveillé au petit matin dans une chambre inconnue, dans un lit confortable, torse-nu, avec une douleur effroyable dans le dos. Et avec ce qu'il avait vécu, il est compréhensible qu'il fasse un bond dans le lit en hurlant. Immédiatement, Amelia fut sur lui. Elle avait profité de son tour de garde pour faire de la couture et il fallait que ce soit avec elle que le gamin se réveille.
- Heeee… doucement, calme-toi. Tu es en sécurité, bonhomme, rassura avec une voix douce l'adolescente en s'asseyant à côté de lui.
Cela eut l'effet inverse, puisque le blondinet fit un nouveau bond et se recroquevilla sur un coin de lit en levant les bras en protection.
- Qu-qui êtes -vous ? Qu-qu'est-ce que vous me voulez ? balbutia le gamin.
- Que tu te calmes, parce que tu vas rouvrir ta blessure, lui dit-elle d'un ton sec. Alors, tu vas respirer, te remettre sur le ventre et te calmer le temps que j'aille chercher quelqu'un.
Sabo baissa ses bras sans répondre ni sortir de son coin. Il resta là, le souffle de plus en plus erratique avec la panique montante. Mais la blonde ne bougea pas. Elle resta calme, immobile, impassible, immuable devant la panique de l'enfant devant elle.
- Tu es au village de Fussha, expliqua calmement Amelia. Un des villageois t'a trouvé hier alors que tu te vidais de ton sang dans la neige, en lisière de la jungle. Tu as été soigné par le médecin de bord de mon père et comme le vieux Silvers a dit qu'il te connaissait, il a insisté pour que tu sois mis au repos ici, dans cette maison.
Elle leva lentement sa main pour rejeter en arrière ses boucles blondes bien que deux mèches retombèrent sur ses yeux de cendre. Ce qu'elle disait commença à faire sens dans le cerveau de l'enfant.
- S-S-Silvers ? Comme… comme Silvers Rayleigh ? Il est où ? Je… je peux le voir ?
- Pas de problème. Juste, calme-toi, Felipe a tendance à s'énerver quand ses patients font n'importe quoi. Alors voilà. Tu arrêtes de t'agiter et j'appelle Silvers. C'est pour toi, parce que je suis certaine que tu vas faire sauter tes points en t'agitant ainsi.
Et elle esquissa un petit sourire qu'elle voulait rassurant.
- Faites-le venir et je me calmerai, siffla le blondinet.
Vu la façon dont il pâlissait et les tremblements qu'il commençait à avoir, la douleur commençait à passer outre la panique et l'adrénaline.
- Tu es difficile en affaires, Angelito. Pense à respirer quand même, soupira la blonde en secouant la tête.
Elle se leva du bord du lit et alla ouvrir la porte.
- Silvers-san ? appela-t-elle en élevant la voix dans le couloir. Le petit Angelito s'est réveillé ! Et non les garçons ! Vous attendez qu'on vous y autorise avant de faire les fous. Et gardez les peluches en place, ça peut être dangereux avec sa blessure !
Les deux frères assis dans le couloir se mirent à chouiner de se voir refuser le droit de visite. Mauvaise idée parce que le garçonnet se leva aussi vite que possible de son lit pour se précipiter vers la porte, mais Amelia le rattrapa au vol.
- Laissez-moi sortir de là ! se rebella l'enfant en cherchant à quitter la pièce.
Ace apparut dans l'ouverture de la porte, Luffy passant la tête à l'angle. Avec inquiétude, l'aîné des D. ramena dans ses bras Iro qui commençait à être bien grande. Cela eut le don d'immobiliser Sabo. Pendant un temps, parce qu'il recula rapidement avec peur, tremblant de tous ses membres. Notant que les yeux de l'enfant effrayé étaient braqués sur Iro, Amelia prit les choses en main et masqua son cousin du regard de Sabo.
- Va chercher Silvers et garde les fauves loin, Ace, d'accord ?
- Euuuh…
- Ace ! Fais ce que je te demande, s'il te plaît ! Il doit se calmer et Iro ne l'aide pas !
Ace hésita, puis recula en refermant la porte. Bientôt, on entendit des pas de course dans les couloirs avec les deux frères hurlant pour appeler leur oncle. Elle regarda l'enfant reculer jusqu'au mur et se recroqueviller contre le papier peint en sanglotant sans chercher à masquer ses larmes. Il avait dû avoir une expérience traumatisante mais la blessure était déjà un gros indice à cela. En soupirant, Amelia reprit son siège et sa couture. Puis, on toqua délicatement à la porte. Immédiatement, Sabo se tendit, comme une proie cernée. Amelia se releva, sa couture sous le bras et alla entrouvrir la porte, avant de s'écarter pour laisser passer Rayleigh.
- Bonjour, Sabo-kun. Calme-toi, tu es en sécurité ici, salua calmement le vieil homme en bermuda et chemise en s'avançant dans la pièce.
- Je vais vous laisser, je vais garder les diablotins au large avec les fauves.
- Demande à ton père d'avertir son médecin, veux-tu, Amelia ?
L'adolescente hocha la tête et quitta la pièce en refermant délicatement la porte derrière elle. Sabo fixa la porte en respirant de façon bruyante, pour être certain qu'elle ne se rouvrirait pas avant de revenir vers Rayleigh qui s'était accroupi devant lui.
- Que fais-je ici, Silvers-san ?
Avant que le pirate à la retraite ne puisse répondre, le blondinet s'était pris la tête dans les mains.
- Je me souviens de la jungle, du tigre et...
Ses tremblements reprirent comme pris à la gorge par un souvenir.
- Il... il a...
L'enfant regarda le pirate avec ses yeux pleins de larmes.
- J'ai failli mourir, n'est-ce pas ?
Sans un mot, Rayleigh ouvrit les bras en proposant un câlin réconfortant. Sabo n'attendit pas plus d'invitation et fonça dans les bras de Rayleigh en quête de réconfort. Le vieil homme resserra doucement ses bras sur l'enfant, prenant garde à la blessure. Il se releva en le gardant dans ses bras pour le ramener au lit. L'enfant se tendit, certainement de douleur, mais ne dit rien. L'ancien pirate le conserva sur ses genoux, le berçant doucement comme il avait bercé Ace et Luffy quand ça n'allait pas.
- Amelia ne t'a pas expliqué comment on t'a trouvé ? se renseigna Rayleigh. Un villageois t'a trouvé dans le froid à te vider de ton sang. Avec l'équipage de Javier au port, c'est le médecin du Demonio qui t'a soigné. Quand tu as été hors de danger, il a donné ta description aux villageois pour savoir si on te connaissait, et je t'ai immédiatement reconnu, c'est pour ça qu'on t'a installé ici pour que tu puisses te reposer. Tu t'es fait attaquer par le tigre géant de la jungle, c'est ça ? Ace m'a dit que tu as pris peur devant Iro. Les fauves ne t'approcheront pas, tu peux te détendre.
Sabo garda le silence, se laissant calmer par la présence de Rayleigh et enregistrant les informations qu'on lui donnait. L'ancien ne le pressa pas, conservant l'enfant traumatisé contre lui. Puis, finalement, son Haki l'avertit :
- Je crois que le docteur Felipe vient d'arriver. Tu le laisses examiner tes blessures ?
Sabo hésita avant d'acquiescer. Ce n'est pas pour autant que Rayleigh le relâcha. Il le garda sur ses genoux jusqu'à ce que l'on toque à la porte. Doucement, l'ancien pirate le posa sur le lit et alla ouvrir pour laisser entrer le médecin pirate.
- Docteur Felipe, je vous laisse votre patient.
- Merci, señor Silvers.
- Je suis dans le couloir au besoin, Sabo-kun.
Et la porte se referma, laissant le duo seul dans la pièce.
- Bonjour, jeune homme. Je suis Felipe, de l'équipage du Demonio, de South Blue, se présenta le médecin en déposant sa sacoche sur le lit. Avant que je commence, je veux que tu saches que ce n'est pas parce que je suis un pirate que je ne suis pas soumis au Serment d'Hippocrate, et donc, au secret médical. Si tu veux me dire quelque chose, cela restera entre nous.
L'enfant haussa les épaules. Felipe ne s'en offusqua pas.
- Si je te fais mal, si je touche un endroit qui ne te convient pas, tu dois me le dire, d'accord ? Je suis ici pour t'aider bonhomme, pas pour te mettre mal.
Toujours aucune réaction.
Felipe s'assit à côté de lui et défit le bandage, claquant de la langue avec agacement en voyant que sous le pansement, des points avaient sauté.
- Est-ce grave ?
- Cela aurait pu. Le coup de griffe a bien déchiré l'épiderme mais n'a pas trop entamé les muscles. Tu as eu de la chance dans ton malheur. Je vais avoir besoin que tu te remettes sur le ventre, que je puisse te refaire certains des points et le pansement. Ensuite, tu devrais pouvoir descendre. Amelia devrait avoir fini de repriser ta chemise si le capitaine n'a pas récupéré des affaires à toi pour que tu puisses te changer. Et au pire, Ace acceptera bien de te prêter ses affaires.
- Il est allé voir mes parents ? demanda Sabo avec une légère panique.
- Il n'y a pas meilleur menteur et comédien à notre époque dans les quatre océans réunis. Il a réussi à justifier habilement ton absence sans que tu n'aies d'ennuis. Tu serais surpris de certains mensonges qu'il a sorti depuis qu'on navigue ensemble. Plus c'est gros, plus ça passe.
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Luffy fut retenu par le col par Rayleigh qui l'empêcha de se jeter de façon inconsciente sur le blessé.
- Repos pour le petit explorateur, capitán, annonça le médecin à Javier qui était assis dans un fauteuil du salon.
- Alors, je vous laisse retourner en South Blue, juste, m'abandonnez pas sur l'île, s'il vous plaît, soupira de soulagement le grand blond. Pensez à venir me chercher.
- Même si la tentation est forte, on va éviter, tu serais capable de nous maudire parce qu'Amelia loupe la rentrée des classes. Bonnes fêtes à tous.
Le pirate reprit son manteau et quitta la maison, les laissant en famille.
- Est-ce que ça va ? demanda avec inquiétude Ace à l'adresse de Sabo.
- Je pense… je pense que ça va aller… plus de peur que de mal, d'après le médecin, informa le petit blond.
- Est-ce que l'on peut te faire un câlin ? gémit Luffy avec ses grands yeux noirs larmoyants.
Sabo eut un sourire et hocha la tête.
- Doucement le câlin et on ne touche pas le dos, rappela Rayleigh en lâchant Luffy.
Les deux petits bruns enlacèrent donc leur ami blond, presque frère, heureux de le voir debout et conscient. Un câlin que le petit bonhomme leur rendit.
- Tiens. Je viens de la recoudre. Il fait pas assez chaud pour se permettre de se balader torse nu, pointa Amelia en tendant la chemise reprisée à Sabo.
La blonde était emmitouflée dans un châle et un plaid en se tenant au plus près de la cheminée. Sabo rougit et récupéra son vêtement en s'inclinant avec précaution pour la remercier.
- Tu es ridicule, comme ça, Melia, pointa Ace.
- Tu m'excuseras, le cafard, mais à cette période de l'année, il fait bien plus chaud à Baterilla qu'ici. Même dans une hacienda qui tombe en ruine, grinça la blonde.
Rayleigh soupira et déposa sa cape sur les épaules du petit blond qui venait de mettre sa chemise et le souleva ensuite pour le poser sur un des poufs à côté de la cheminée vu que le gosse était plus ou moins figé par l'embarras.
- Sabo, voici mon tonton Javier et ma cousine Amelia ! présenta chaleureusement Ace.
- Enchanté, monsieur Ravier.
- Javier, ça vient du fond de la gorge. Comme si tu te la grattais, expliqua Javier avec patience. Si tu n'y arrives pas, tu peux m'appeler Xavier, c'est plus proche.
- Pourquoi tu ne nous as pas avertis que tu voulais venir ? On serait venus te chercher et tu n'aurais pas eu cet incident, se renseigna Rayleigh alors que les deux frères s'asseyaient sur des poufs à côté du blond.
Le petit baissa la tête sans répondre, même s'il avait une petite rougeur.
- C'est à présent prouvé, le D. est contagieux. Le gamin est impulsif comme les deux monstres, conclut Amelia devant le silence de l'enfant.
- On t'a pas demandé ton avis, sale renarde ! rouspéta Ace alors que Luffy tirait la langue à la blonde.
L'adolescente roula des yeux sans répondre.
- Ignore-les, ils sont tout le temps comme ça, rassura Luffy en tapotant la main de Sabo. Mais je suis content qu'on puisse passer les fêtes ensemble ! On pourra fêter l'anniversaire d'Ace ensemble aussi ! Pas vrai ?
- C'est à lui de voir, répondit Rayleigh. Ton excuse tiendra, Portgas ?
- Je leur ai donné une amphore entière d'olives rouges en leur disant que leur enfant avait attiré l'œil de la royauté de Bliss. S'ils posent des questions avant la fin de l'hiver, je vais récupérer l'amphore et je la mange moi.
Une expression de dégoût intense apparut sur le visage des trois autres D. de la pièce à cette idée. Rayleigh haussa un sourcil perplexe. Il en avait déjà mangé par pur hasard, il ne voyait pas le souci.
- Plus c'est gros, plus ça passe, justifia le pirate de South Blue devant l'air surpris de l'enfant. Il faut avoir le charisme et les tripes pour les sortir, ces mensonges.
- Dis pas ça à des enfants, j'ai déjà du mal à les empêcher de faire des bêtises quand ils sont tous les trois, alors, si tu leur donnes des conseils, je ne vais pas m'en sortir, soupira Rayleigh.
- Ils en auront besoin, se justifia l'adulte. Assez parler, si on passait aux festivités.
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La fin des fêtes d'hiver arriva bien vite. Un hiver que Sabo avait apprécié, entre les jeux dans la neige, les histoires au coin du feu avec un chocolat chaud et le rire. Le seul hic pour lui était la présence de Iro et King. Si King voulait absolument profiter de la présence du petit blond pour avoir encore plus de câlins, Iro resta dans son coin, discrète la majorité du temps puisqu'elle commençait à assez maîtriser ses dons pour rester auprès d'Ace sans qu'on ne la remarque (ce qui semblait convenir à Sabo). Pour le coup, ils eurent quelques ennuis avec la peur que le pauvre gosse de Goa avait développé envers les félidés. En diversion, Javier sortait des livres pour satisfaire la curiosité de l'enfant qui rêvait de découvrir le monde. Les adultes regardaient les enfants, et ils avaient ce sentiment commun de voir une grosse vague se profiler à l'horizon. Elle était encore basse et calme, mais le temps passant, ils voyaient qu'elle commençait à grossir. Ce qu'elle apporterait, ils n'en savaient rien encore, mais c'était un sentiment dans leurs tripes. Et ils l'appréciaient.
C'est avec une certaine tristesse que le lendemain des huit ans d'Ace, ils durent ramener Sabo chez lui. Javier s'était bien habillé pour l'occasion, histoire qu'on puisse croire qu'il était vraiment un garde du corps de la royauté de Bliss. Et c'est là qu'on voyait l'équipe que faisaient Javier et son bras droit Pedro. Parce qu'en revenant de leur permission, l'albinos gigantesque avait trouvé des vêtements exotiques et chers pour Sabo et ainsi, en rajouter sur l'histoire comme quoi le gamin avait bel et bien intéressé une famille royale de South Blue. Cependant, avant de le ramener chez lui, Rayleigh lui avait assuré que s'il voulait partir, il n'avait qu'à le demander. A voir si l'enfant comprendrait la proposition d'aide ou pas.
Les rendez-vous reprirent une à deux fois par semaine, dans leur coin du Grey Terminal, avant que les deux frères ne prennent sur eux de lui montrer un passage en sécurité pour rejoindre Fussha et pour le coup, le bar de Makino. Malheureusement, fallait courir pour que ça ne prenne pas une demi-journée pour rejoindre un bout à l'autre de l'île.
Le vingt mars, Sabo eut une petite surprise sous la forme d'une fête d'anniversaire organisée par Makino et Rayleigh pour ses huit ans. Une fête qui aurait dû être joyeuse mais qui leur serra le cœur parce qu'il s'avéra que chez Sabo (avec l'intervention de Javier l'hiver dernier, ils avaient compris qu'il appartenait à la noblesse moyenne de Goa), il n'y avait que sa gouvernante qui lui souhaitait son anniversaire. Alors, ils se jurèrent d'en faire le plus beau de sa vie. Et Javier devait avoir pensé la même chose, puisqu'il envoya deux beaux livres rares venant de la bibliothèque Portgas, avec un message glissé dedans pour lui souhaiter un bon anniversaire et une petite leçon : « Si on dit que l'Histoire est écrite par les vainqueurs, les perdants ne sont pas forcément les plus honnêtes de l'affaire. La vérité se cache entre les deux. »
Lentement, les mois passèrent, et avec, le lien des trois gosses se renforça. Au point que Sabo alla jusqu'à prendre Ace en complice pour une mission particulière. Quelque chose que l'on ne se demande pas entre enfants de huit ans. Après, étant donné que Sabo avait trouvé le coin où le D. faisait pousser les graines d'hibiscus que lui avait confiées Amelia pour qu'il puisse concevoir le poison qui avait mené à lier leur famille à Baterilla, c'était la moindre des choses. Le blond gardait son secret, alors, le D. pouvait bien lui filer un coup de main, surtout si c'était pour pousser vers la sortie un précepteur salaud qui les séparait et pourrissait la vie de ce garçon qui était devenu leur frère. C'est pour cela qu'Ace accepta de donner des coups. La demande rendit Ace malade, mais il fit bonne figure. Sabo avait besoin d'aide, alors, il l'aiderait de toutes les façons possibles et imaginables. Mais cela n'empêcha pas le gosse d'avoir des états d'âme. Il passa la majeure partie de la nuit recroquevillé dans son lit, Iro ronronnant contre son ventre pour le réconforter pendant qu'il se noyait dans un chocolat chaud.
Pouvait-il se prétendre quelqu'un de bien s'il portait des coups à un garçon qu'il considérait comme son frère dans le but de lui faire mal ?
Il se retourna partiellement dans son lit en posant sa tasse sur sa table de chevet et regarda le fusil sur le fauteuil rembourré de sa chambre.
Pouvait-il se prétendre quelqu'un de bien quand il avait déjà tué un homme ?
Quand l'aube le trouva, il avait tout juste dormi. Comme d'habitude, il aida Rayleigh à faire à manger mais ne répondit à aucune de ses questions quand il lui demanda ce qui le travaillait. Après le petit-déjeuner (Luffy était content, il avait pu manger plus que d'habitude puisque Ace ne mangea quasiment rien), les deux frères firent leurs devoirs par correspondance, avant le repas de midi et plus tard, l'entraînement au combat. Parfois, Sabo se joignait à eux, mais avec son précepteur qui veillait au grain, il ne venait que rarement. Cela rappela à l'aîné des deux D. ce qu'il avait fait. C'était plutôt égoïste et tordu de frapper son frère par simple envie de profiter plus de lui, non ?
- Ace ?
Ace cligna des yeux, notant qu'il avait zoné durant les consignes de son oncle, s'endormant presque sur l'arbre renversé qui lui servait de siège.
- Luffy, tu peux aller jouer si tu veux. Ne t'éloigne pas trop dans la jungle, que je ne doive pas te courir après.
Le gamin de bientôt cinq ans fila crapahuter plus loin, laissant Ace en tête à tête avec son oncle.
- Mets-toi en garde. Tu ne veux pas parler, eh bien, on va te vider la tête d'une autre façon. Je vais te faire travailler. Je ne te ferai aucun cadeau.
Sans un mot, Ace se leva pour se mettre devant son oncle en position de combat. Iro s'allongea devant le rondin et regarda l'ancien nettoyer le sol avec la tête de son filleul. Cela eut au moins le mérite de tranquilliser pendant un temps le garçon. Il avait pu se vider la tête. Mais le sentiment restait là. Dans l'ombre de son esprit, prêt à se manifester au moindre doute, au moindre souci.
Et cela ressurgit, bien entendu.
Oui, Sabo avait réussi en partie grâce à leur ruse à faire virer le précepteur salaud qu'il se coltinait, mais en ce mois de juillet, sur les quais de Goa, le blond était en larmes. Luffy essayait en vain de consoler leur frère, mais Ace devait se rendre à l'évidence. Cette femme, Shannah, avait été la gouvernante de Sabo. Sa « servante » attitrée, mais surtout, une figure maternelle. Sa confidente, une sœur même. Et si aujourd'hui, elle partait après avoir été virée, c'était pour deux choses : ne pas avoir signalé les « mauvais traitements » de sa charge auprès de ses maîtres, mais aussi, pour son influence jugée déplaisante auprès de lui. Devant ça, il se sentait partiellement responsable du déchirement moral de son jeune frère Sabo. Il se força à faire bonne figure, mais dès qu'ils se séparèrent, Ace s'assura juste de ramener Luffy à la maison avant de prendre son fusil et d'aller dans la jungle pour se passer les nerfs. Quand Garp, qui était en visite, vint le trouver pour son entraînement, il dénicha le fils de Roger recroquevillés au pied d'un arbre, couvert de blessures, pleurant en silence alors qu'il était entouré de cadavres de plusieurs bêtes sauvages deux à trois fois plus grandes que lui.
En voulant aider Sabo, il avait facilité l'éviction d'une personne qui était importante pour son ami. Et ça, il ne parvenait pas à le supporter.
Pour une fois, Garp ne lui fit pas la morale. Il vint s'asseoir à côté de lui, contre l'arbre, silencieux, l'invitant sans un mot à se confier au besoin. Mais Ace ne le fit pas. Il n'en avait pas le droit. Il n'avait pas le droit au réconfort. Il avait accepté d'aider Sabo. Il devait à présent vivre avec ses états d'âmes et sa culpabilité.
C'était sa punition, son prix à payer pour vivre cette vie.
