Bonjour à tous! On se retrouve aujourd'hui pour un nouveau chapitre important pour la suite de l'histoire. Et un chapitre qui va mener aussi à un gros saut dans le temps.

Avant de passer aux reviews, comme promis, je vais faire le résumer du chapitre précédent pour ceux qui ont préféré ne pas poursuivre la lecture et affronter le passage "sensible".

Alors qu'ils allaient faire la traverser du Grey Termional pour rejoindre Goa afin d'obtenir un cadeau d'anniversaire pour Makino, les trois frères se sont retrouvés prit dans l'incendie de celui-ci. Ace ayant été séparé d'eux par d'abord une dispute avec Curly Dadan et par la suite, quelques échanges de coups avec les Bluejam, cherche à tout prix à retrouver ses frères qui ont perdu connaissance avec la fumée. Avec une étrange difficulté qu'il ne parvient pas à comprendre sur le moment, Ace les entraîne avec lui vers la sortie du bidonville pour revenir au village, avant de finalement perdre connaissance. En revenant à lui, il apprend que lui et ses frères ont été secourut par une ONG du nom de "Marche Tempête" (Médecins du Monde version One Piece). Seulement, durant l'incendie, il a été blessé, certainement pas une attaque de dos qui aurait dû lui être mortelle s'il n'avait pas été un logia. Une lame, certainement couverte de Haki ou en kairoseki, l'a traversé de part en part lui endommageant les nerfs du dos, l'empêchant désormais de pouvoir soulever des charges lourdes (donc, même soulever Luffy est désormais impossible).

Face à cet handicap qui influence sa force et ses capacités, Ace décide de s'entraîner sur la défense en travaillant désormais sur son Haki de l'Observation, afin d'atteindre un niveau qui lui permettrait de pouvoir se déplacer sans ses yeux et percevoir les menaces plus rapidement que les autres. Il décide aussi d'expérimenter avec son logia pour voir les limites et les possibilités de celui-ci.

Un jour, alors qu'Ace vient de découvrir une méthode pour changer littéralement de genre grâce à son logia (parce que le feu n'a pas de genre ni de forme précise, donc, il peut jouer dessus pour modifier son physique), il se fait interrompre par Sabo qui lui apprend que les cours par correspondances sont arrivés. L'expérience prend donc fin pour se consacrer au travail scolaire en l'absence de Rayleigh partit fournir de l'aide à un des villageois. Chose qu'il regrettera parce que la leçon du jour des aînés en Histoire porte sur le Massacre de South Blue et Ace fait rapidement le rapprochement avec la période de la tuerie et celle durant laquelle sa mère cachait son existence, lui faisant venir à la réalisation que tout ces gens sont morts par sa faute. Cela fut trop pour lui, qui sur un coup de tête chercha à attenter à ses jours (je ne vais pas entrer plus dans les détails sur le comment et le pourquoi, ceux qui n'ont pas lut capteront comment dans le chapitre du jour). Ce n'est que parce que Luffy voulu utiliser la salle de bain qu'on réalisa à temps ce qu'il s'était passé, mais cela mena à une phase de renfermement du jeune qui resta dans son coin à se morfondre et à ignorer le monde, jusqu'à ce que encore une fois, son petit-frère intervienne en lui disant qu'il était heureux qu'il existe et qu'il soit en vie.

Voilà pour le résumer. Sur ce, passons aux reviews.

Yuwine : J'avais prévenu, exact. / Ace a du travail pour arrêter de se sentir coupable et accepter son droit d'existence, mais il trouvera des gens pour l'aider, sans parler qu'il y a sa famille.

Kana-chan01 : Oui, la chute a été rapide et brutale. Sans compter qu'Avec avait déjà quelques traumats en tête, donc, le Grey Terminal, mais surtout, la traque qui a mené certes à la rencontre avec Sabo, mais surtout, la mort d'un homme par ses mains. Il juste vue des tas d'inconnues vivre ce qu'il a vécu à cette époque. Donc, oui, il a fait une chute rapide et brutale.

Sur ce, je vous remercie de votre attention et je vous dis à bientôt !

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Felipe avait un air blasé en continuant ses annotations dans le dossier médical d'Ace.

- Bon sang… tu as décidé de nous rendre tous fous, c'est ça ? demanda finalement le médecin assit à côté de l'adolescent sur le lit de celui-ci.

- J'ai quoi docteur ?

Si Felipe était là à examiner Ace, c'est parce que suite à la sortie de sa phase amorphe, l'adolescent avait perdu connaissance alors qu'il descendait l'escalier. On l'avait bien vu s'évanouir puisqu'il n'avait pas repris son entraînement au Haki entre-temps, donc, rien pour juste dire qu'il avait loupé une marche. Il était resté inconscient un moment avant de se réveiller, légèrement groggy, comme si rien ne s'était passé.

Heureusement que le Demonio était encore à terre pour permettre de faire examiner rapidement le jeune avec le médecin de bord plutôt que de devoir traverser le Grey Terminal et justifier des trucs de nature problématique à un inconnu de Goa.

- Dépression, annonça de but en blanc le médecin pirate en rangeant le dossier dans sa sacoche de médecin.

- De ce que je sais, la dépression ne fait pas perdre connaissance ainsi aux gens, pointa le logia sans plus d'émotion que la lassitude qu'il avait déjà.

- Non, mais l'un des possibles symptômes le peut. Narcolepsie.

L'adolescent fronça des sourcils.

- Je suis pas un peu vieux pour être narcoleptique ? Si c'était le cas, ça se serait manifesté bien avant, non ?

Il se prit une pichenette sur la tempe avec une petite dose de Haki qui le fit grimacer.

- J'ai dit que c'était un des symptômes de la dépression. Tu devais avoir ça en sommeil et ta dépression l'a activée. Tu serais surpris du nombre de personnes dans ta situation.

- Chouette.

Toujours pas la moindre émotion.

- Allez, allons voir les autres, tout le monde se fait assez de cheveux blancs comme ça sur ton cas.

En retenant un soupir de lassitude, l'adolescent descendit de son lit et suivit le médecin de son oncle hors de la chambre jusqu'au salon où tout le monde se faisait un sang d'encre. Dès qu'Ace mit un pied dans la pièce, Amelia se leva du canapé pour kidnapper son petit-cousin dans un féroce câlin. Câlin qui fit froncer un peu plus les sourcils au brun qui avait à présent l'air en permanence mécontent. Rayleigh était debout à faire les cent pas quand Javier était assis dans le canapé, soutenant son front avec ses mains, les coudes sur ses genoux.

- Diagnostic ? C'est grave ? demanda Rayleigh.

- Alors, déjà, tu peux recommencer à respirer, informa Felipe à l'adresse de Rayleigh. Il n'a aucun des symptômes qu'a annoté Crocus dans l'ancien dossier de votre défunt capitaine. Le reste… narcolepsie.

- Narcolepsie ? Mais il est un peu vieux pour ce genre de chose, non ? interrogea avec perplexité Javier.

- Parce que ce n'est le mal en soit. C'est un symptôme d'autre chose d'assez logique quand on fait un point sur les mésaventures de monsieur. Depuis que je te connais, Javier, je me dis que la malchance de ta vie est le prix à payer pour ton talent incroyable de caméléon. Là, je suis en train de me demander si ce n'est pas attaché au D. quand on voit ce que les garçons et Amelia ont vécu de leur côté.

Les mains de la blonde se crispèrent sur les épaules de son cousin qui avait croisé les bras en regardant le sol alors que Luffy tirait les bords de son chapeau pour faire disparaître son visage.

- La narcolepsie peut se manifester parfois comme un symptôme de la dépression.

Avant que quiconque ne puisse répondre, le denden sonna.

Tout le monde le regarda.

Garp insistait pour qu'ils conservent le denden pour les joindre, mais il débarquait toujours sans prévenir. Il n'y avait que quatre personnes qui appelaient celui-ci. Crocus, pour donner des conseils médicaux à Rayleigh quand il était perdu avec les garçons Javier pour prendre des nouvelles ou dire quand il comptait revenir en East Blue Shanks parce que les gamins étaient des neveux pour lui, presque des petits-frères (il avait tout de même laisser un bras en échange de la vie de Luffy), mais c'était assez rare et Shakky, une fois par mois. Dans tous les cas, il y avait de quoi être sur ses gardes. En soupirant, Rayleigh alla jusqu'à l'escargophone et décrocha.

C'était Shakky à l'autre bout et elle avait de mauvaises nouvelles.

« Sengoku est en mouvement. Mon réseau me fait dire qu'il vient pour toi et les garçons, Ray-chan. »

- Je vois. Merci pour l'avertissement. On va gérer. Je te tiens au courant. Prends soin de toi.

« Salut tout le monde pour moi, et faîtes attention. »

Le denden fut raccroché.

- Je connais un griffon qui va avoir des bricoles pour ne pas m'avoir averti, grinça Javier.

- Que faisons-nous ? se renseigna Sabo.

- Amelia ?

La jeune adulte, pas loin de ses vingt ans, regarda son père.

- Tu penses quoi de bosser avec Makino-san en lieu du bar de Francisco ?

- Je signe quand tu veux si ça peut me sauver de son cinéma et de ses tentatives de drague extrêmement dérangeante, assura sa fille. Sans parler de l'hypocrisie ambiante de Baterilla.

- Tu n'as aucune prime, donc, Sengoku n'a aucune raison de se méfier en te voyant si tu effaces un minimum ta présence. De mon côté, je vais prendre les garçons sur le Demonio. On ne veut pas une nouvelle traque. Je vais m'éloigner avec eux à bord pour m'assurer qu'ils ne soient pas trouvés.

- Bonne idée, confirma Rayleigh avec peine. Et… et j'ai bien peur que je doive me retirer.

- QUOI ?!

La triple exclamation des garçons était prévisible. Rayleigh soupira et alla prendre Luffy dans un bras avant d'ouvrir l'autre en invitation pour les deux autres garçons. Sabo y répondit avec de grands yeux bleus presque larmoyants alors qu'Ace n'avait pas bougé, comme frappé par la foudre.

- C'est moi qu'on cherche en priorité. Je suis trop reconnaissable, trop connu, trop dangereux. Si je disparais, alors, il aura moins de raison de venir jusqu'ici. Vous êtes encore des enfants, il sous-estime ce que vous pouvez faire, puisque vous êtes encore jeunes. Il va préférer se concentrer sur quelque chose qu'il juge de plus dangereux que vous qu'il pense pouvoir écraser facilement. C'est pour ça que je compte sur vous.

Il les regarda sérieusement tous les trois, dans les yeux.

- Je compte sur vous pour aller haut, aller loin, pour ne pas renoncer, pour pousser pour ce en quoi vous croyez, pour vos rêves. Ne vous laissez pas faire, ne courbez l'échine que pour ceux qui en valent la peine. Accrochez-vous, ne cessez jamais de lutter. Ne rendez pas les armes. Je vous attendrais à mi-chemin, vous en avez ma parole, les garçons. Et sachez que quoique vous fassiez, je serai toujours fier de vous. Vous êtes mes garçons, et rien au monde ne le changera.

Ses yeux brillaient d'émotion mais il resta droit et souriant pour les enfants. Il savait que la séparation devait arriver, à un moment ou un autre. Il avait naïvement espéré pour un peu plus de temps avec eux, mais les faits étaient là. Si on cherchait le Mei-Ô, il devait s'assurer qu'on ne trouverait pas les enfants. Si on pensait les enfants avec lui, alors, on le suivrait. Et pour cela, il se devait de partir, en espérant que cette fois, Garp garderait sa langue. Cela aurait été plus simple de lui mentir, mais en dépit de son comportement maladroit, il restait le grand-père des trois. Sans compter qu'il y aurait toujours Woop pour vendre la mèche.

- Nous serons grands, ji-chan, promit Ace avec la voix étranglée par l'émotion. Nous irons loin. Nous serons une vague et nous emporterons tout sur notre passage. Nous renverserons l'ordre établi. Nous serons la nouvelle ère.

- Je le sais. Après tout, vous êtes mes enfants.

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Pendant que les garçons préparaient leurs affaires, Javier et Rayleigh avaient fait un tour de la maison et du village entier pour récupérer la moindre image des enfants. Tout pouvant dire que les trois vivaient ici. La moindre preuve avait été récupérée par Rayleigh qui les prendraient en souvenir avec lui alors qu'il déménageait pour Shabondy.

Comme convenu, après avoir ratissé assez l'île pour s'assurer que Rayleigh et les enfants n'y étaient pas, Sengoku était parti en traque ailleurs, et ce, après deux mois en East Blue, permettant aux jeunes de retourner au village, après qu'Amelia ait appelé son père pour signaler que la voie était libre. Au moins, cela avait servi d'immersion pour les jeunes qui avaient pu pratiquer sur un gros navire l'art de la navigation autrement que sur les petits bateaux de pêche du village.

Le retour laissa une impression de vide.

Rayleigh n'était plus là. Cela laissait un gros vide pour les enfants. Amelia resta sur place, comme serveuse à l'auberge de Makino. Comme c'était une civile, Woop n'avait pour le coup rien à lui reprocher. La jeune blonde était là pour les surveiller, les aider et les soutenir. Mais surtout, elle avait grandi avec le réseau d'information de son père, vu comment il se mettait en place, lui permettant de commencer à en mettre un en marche en East Blue afin de ne pas se faire prendre de nouveau par surprise. Javier passait toujours de temps à autre, peut-être à peine moins régulièrement pour ne faire aucune vague, mais il était toujours là pour eux, que ce soit à l'écrit ou au denden. Amelia, même si un brin froide derrière son apparence de charmante petite blonde souriante, leur offrait autant un coup de main qu'une épaule pour pleurer quand les garçons en avaient besoin, au point de laisser son sarcasme au placard.

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Un blond à moitié chauve prit le denden qu'un de ses camarades lui tendit et s'assit sur le siège qu'on lui laissa. Bientôt, il fut en tête à tête avec l'escargophone aux yeux rouges.

- Salut, comment vas-tu ? salua le blond.

« On me prend sérieusement pour un con. » annonça Aarch à l'autre bout sans préambule.

- Hmhm… j'ai envie de dire que d'une, ce sont les risques du métier de Marine quand on voit le niveau intellectuel de certains qu'il n'est pas nécessaire de nommer et de l'autre, est-ce que tu attends de moi que je prenne ta défense ou tu veux juste vider ton sac auprès d'une oreille sympathique ?

« Si j'étais à côté de toi, la, je t'aurais frappé... Non, juste que je suis à deux doigts de rappeler à un abruti que je n'ai pas le sobriquet de Griffe Pourpre simplement pour mes yeux. Merde. J'ai déjà assez de gérer les merdes, trouver les informations sur des enquêtes. Je n'ai pas besoin d'un abruti qui pense sincèrement me prendre pour un idiot est la solution pour que j'accepte de fermer les yeux ? ... J'ai juste besoin de parler à quelqu'un qui ne me prend pas de haut, ni à ceux qui me prennent pour un con… »

Bon, la situation était plus complexe que le blond le pensait, si ça mettait les plumes du griffon dans un tel état. Il se laissa aller légèrement sur son siège, un bras par-dessus le dossier, se mettant confortable pour aider l'homme à l'autre bout du fil.

- Explique-moi, d'accord ? De qui s'agit-il et qu'est-ce qu'il veut ?

« Le neveu de mon ancien instructeur, Bruno. Je dois la vie à ce dernier donc... Je gardais un œil sur les siens. La Araña, ça te parle ? »

Le nom de Bruno, vice-amiral et précédent chef du bureau des Enquêtes Internes qui s'était mis à la retraite suite à une vilaine blessure reçue dans l'exercice de ses fonctions (qui lui avait finalement coûté la vie de ce qu'Aarch lui avait raconté), ça lui parlait. Mais la Araña, c'était très vague. Peut-être un ou deux articles dans le SEKEI mais rien de bien marquant dans son opinion puisque l'homme restait dans son coin et ne leur causait pas de problème.

- Vaguement. The Quiet One est de South Blue, ce n'est pas mon rayon, sans compter que cette… Araña, n'a pas posé de pieds dans le Shin Sekai à ma connaissance. Je demanderai un topo aux experts du coin, au besoin. Continue.

Aarch avait vraiment besoin de décharger son sac, et ça avait l'air de le travailler depuis un moment, vu qu'il ne se fit pas prier pour dire ce qui le tracasser :

« Il a débarqué, y'a plusieurs temps de cela, dans mon bureau, pour m'amener une série d'infos qui m'aideraient en échange alors que j'enterre les déplacements de son équipage sur East Blue. J'ai accepté. »

Cela fit lever un sourcil au blond. Il savait qu'Aarch avait en admiration Bruno, mais de là à accepter un apparent pot de vin d'un pirate, il fallait le faire. Ou alors, on avait présenté au griffon des arguments imparables.

« Je ne voyais pas le souci tant qu'il restait sage, » continua l'officier au denden. « Je ne défends pas les sanguinaires quand même. Et voilà qu'il me gueule dessus de n'avoir pas prévenu pour Sengoku qui descend sur East Blue, et qu'on a le Mei-ô sur cette même mer ! Je lui, putain de, demande si la raison est liée à Silvers et il ose me faire tenter d'avaler un putain de python géant de mensonge ! Et tu ajoutes à cela un ressentiment de sa part à mon égard, qui, je me doute, à un rapport avec son oncle marine qui m'a pris en apprentissage ! »

Cela fit soupirer Aarch qui avait l'air au bord de la crise de nerf et le blond sentit la migraine commencer à se manifester. Son ami et frère avait l'air au bord du massacre. Même si taire l'information serait peut-être mieux à ce stade, Aarch et lui étaient proches. Lui mentir n'était pas une option.

- Tu vas t'énerver plus si je te dis que je savais que Rayleigh était là-bas, en East Blue ? demanda avec précaution le blond en se redressant.

Cela fut suivi d'un long silence alors que les yeux du denden viraient en deux fentes.

« Mais j'en ai rien à secouer que Silvers Rayleigh soit en East Blue ! J'ai juste envie de frapper un connard qui ose me prendre pour un abruti en faisant des tours et des détours pour ne pas dire pourquoi ! S'il voulait pas que je sache, qu'il se démerde pour cacher ses déplacements ! »

Aarch allait faire un massacre sous peu, le blond s'en doutait. Toute cette colère avait besoin de sortir. Mais il ne lui répondit pas immédiatement, il était en train de réfléchir, de chercher une explication sur pourquoi on aurait fait appel à un marine pour masquer ses déplacements. Si l'homme était capable de se déplacer sans difficulté dans les couloirs de MarineFord (parce qu'une tentative d'infiltration interceptée aurait fait les choux gras de la presse, connaissant Morgans), il aurait pu être apte à cacher ses déplacements, normalement. Sauf si ceux-ci étaient si fréquents que cela ne pouvait qu'attirer l'attention. Encore plus si le point de départ et/ou d'arrivée restait le même sans explication logique. Le pirate n'était pas le point le plus important de l'affaire. C'était le où.

- Si c'était lui le plus important dans l'affaire, il ne se serait pas manifesté, je pense, dit lentement le blond. Le plus important est le but de ses déplacements. Tu n'as aucune idée ?

La voix du marine devint grave.

« Oui, j'ai ma petite idée. Mais, si c'est ça, je garde l'information pour moi. Et tu ferais pareil à ma place. Sache juste qu'il est question de vies innocentes si j'ai bon. »

Si la vie d'innocents était en jeu, cela pouvait expliquer un peu plus le comportement de l'homme et rendait le blond moins agacé à son égard pour son comportement envers son ami griffon.

- Mhmh. Donc, il fait des détours pour que tu gardes ta langue sur ses visites sans te dire le motif, certainement pour un innocent et il t'engueule parce que tu ne l'as pas averti que le Buddha était sur le cul de Rayleigh... soit c'est lié, soit il savait pour le vieux et a eu peur qu'on ne découvre son vilain secret au passage. Ce manège dure depuis un moment, non, vu le peu que tu es venu nous rendre visite ces dernières années ?

« T'as pas idée, » confirma Aarch avec lassitude. « Je l'ai même putain de croiser en accompagnant Carmen récupérer des ouvrages médicaux. Et je te dis pas ce qu'elle a senti lorsqu'il me parlait. Et pour Sengoku, j'ignorais qu'il descendait. Il a fait ça en comité réduit. »

En comité réduit ? Voilà qui était étrange. S'il était question d'attraper Silvers, il aurait sorti les gros moyens, pas fait ça discrètement. L'homme avait suivi depuis le début Roger. Et en sachant qu'ils avaient eu Oden dans leur équipe, l'ancien pirate devait en savoir des choses qui pouvaient lui valoir une arrestation prioritaire. A sa connaissance, la prime de Crocus avait été annulée pour une raison qui lui échappait (et peut-être aussi parce qu'il était le seul fou pouvant gérer Laboon là où la Marine ne savait trop quoi faire), mais pas celle de Silvers. Soit il y avait quelque chose de gros en East Blue sous le nez de tous, soit ce n'était qu'une coïncidence, mais il n'y croyait pas trop.

- Je ne connais pas l'homme, mais si tu me dis que ça dure et qu'il a pris le risque de venir jusqu'à ton bureau pour avoir ta collaboration, c'est qu'à mon avis, il est touché personnellement. The Quiet One est mort, mais rien ne dit qu'il n'a pas encore de la famille. Il s'agit peut-être d'elle et pour une raison quelconque, elle dérange le vieux fou et sa chèvre.

Il en fallait peu, à son avis, pour que quelqu'un dérange Sengoku ou Kong, et encore moins pour Akainu, alors, ce ne serait pas étonnant.

« Raison pour laquelle j'ai accepté lorsqu'il l'a demandé. Et j'ai pas l'impression qu'il se rend compte des répercussions de ce que je fais... Bref... J'aime à penser que je fais ça pour une raison qui en vaut la peine... Mais là, je suis épuisé et j'ai besoin de me calmer. Il m'a envoyé une merde aussi grosse que le Moby Dick sur le dos. J'ai passé trois semaines à nettoyer celle-ci pour éviter la mort d'innocents vu l'impact que ça avait. Je rentre sur mon île pour du repos. Je passerai peut-être dans le Nouveau Monde... Je suis crevé, petit-frère. Crevé. »

Oui, ça, le blond l'avait bien saisi.

- Mon conseil ? S'il est question d'innocent, le pousser à la faute par pur esprit de vengeance n'est peut-être pas une bonne idée, mais tu peux attendre. Si on s'entend aussi bien, Aarch, c'est parce que nous sommes tous les deux des hommes patients. Nous sommes des prédateurs, autant l'un que l'autre. Attendre qu'une cible fasse une erreur pour la frapper est dans notre nature. Alors, écoute le griffon en toi, mon frère. Souffle, laisse-le avec ses merdes et attends. Attend de voir ce qu'il prépare. Attend sa chute. Entre temps, tu auras assez en main pour l'attaquer comme il se doit et lui faire payer les ennuis qu'il t'a apportés. Après, vu que je suis en contact avec Rayleigh, je peux essayer de voir s'il sait quelque chose et réduire les possibilités qui s'offrent à nous sur les explications de ce comportement totalement égoïste.

« Vas-y si tu peux demander à Silvers-san. Mais là, je me mets au vert avant de faire une connerie et le regretter car j'aurais du sang de gosses sur les mains. Juste... Juste deux semaines. De toute façon, c'est tout ce que la Marine m'a donné pour me féliciter d'avoir évité une catastrophe dont ils ne savent pas l'origine. Merci de m'avoir écouté, p'tit frère. ... Et si j'écoutais le Griffon, là, ce serait un massacre. Il aime autant que moi d'être pris pour un con. Oiseau trop fier. »

Un rire épuisé monta de l'autre côté du denden. Le blond soupira et prit un ton très sérieux devant le denden. Il n'aimait pas entendre son ami ainsi.

- Tu sais qu'on a toujours une position de libre dans le commandement depuis qu'Oden n'est plus des nôtre, au besoin... et puis, tu pourrais profiter plus souvent des cookies de l'autre idiot.

« Ne me tente pas. Et puis, je suis un Marine, c'est pas pour rien. Au fait, fais un petit tour à la première île après la Red Line, de ton territoire. Tu devrais apprécier avec le petit con qui tente de s'installer pour faire son commerce discret sous le couvert de jobs sur la Grande Line. »

- Bien noté. Allez, t'as besoin de repos. On t'enverra ce qu'il faut pour te ressourcer. Et demande à ton légiste de pas trop forcer sur le poison, à force, tout mythique qu'il soit, ton foie va te dire zut et je suis certain que Carmen ne veut pas être obligée de sortir les mêmes discours qu'elle m'a entendu sortir au paternel pendant sa formation. Donc, je veux te savoir les plumes en éventails, frangin, sous un parasol, avec un jus de fruit frais et un bon livre. Nous sommes bien clairs ?

« Si c'est le médecin qui l'ordonne. Je vais m'y plier. Et mon légiste a arrêté de me mettre des trucs dans mon café lorsque les emmerdes sont arrivées. Aller... Salut les autres de ma part. Je descendrai bientôt dans le Shin Sekai. »

- Embrasse ta fille et à bientôt. Prends soin de toi.

Ce fut après un au revoir que le denden fut raccroché. Là, le blond composa un nouveau numéro.

« Bar de l'Arnaque, Shakky en ligne, j'écoute ? »

- Shakky-san, bonjour.

« Ara, c'est toi, jeune homme ? Tu m'appelles pour le plaisir social ou les affaires ? » demanda avec une maigre surprise la femme à l'autre bout.

- Je cherche à avoir votre compagnon en ligne. Je viens d'avoir une conversation intéressante avec le Griffon.

« Ah. Ray-chan n'est pas là, mais il a prévu ce genre de possibilité. Et il a un message pour quiconque voulant avoir une réponse. »

Le blond leva un sourcil de surprise.

« Le message est "Je ne répondrais pas aux questions sauf si on veut que je mente et que de toute façon, il ne reste que cinq ans à attendre avant que possiblement, le secret soit dans la nature." Tu sais donc tout. »

- Je vois…

Cinq ans, cela risquait d'être un peu long à attendre pour Aarch.

« Si ça peut rassurer Rhyddid-chan, en dépit du comportement de parfait imbécile de Portgas-chan, il a bel et bien protégé des innocents. Je n'en dirais pas plus. »

- Il sera un brin rassuré de le savoir.

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Garp venait de partir quand les garçons organisèrent leur réunion dans le salon, sans l'œil ultra vigilant d'Amelia. Ils avaient la même idée, mais il fallait être certain qu'ils soient sur la même longueur d'onde.

- Il faut avoir minimum dix-huit ans pour prétendre entrer dans la Marine et faire son service militaire, commença Sabo assis sur un fauteuil.

Ace était avachi dans le canapé avec Iro allongée sur lui pendant que Luffy était à l'autre bout de la table basse, assis par terre, King enroulé autour de lui.

- Il est donc nécessaire que l'on parte avant.

- Pour nos dix-sept ans, donc, conclut Luffy en posant son menton sur le rebord de la table. Mais si d'abord Ace, puis toi, vous partez pour vos anniversaires respectifs, il va se douter de quelque chose et m'empêcher de m'en aller.

- Je serai déjà dehors quand Sabo prendra le large, donc, je peux m'assurer de le forcer à me poursuivre pour que Tenshi puisse se glisser discrétos hors de l'île le moment venu, rappela l'aîné. Et pour ton tour, on aura pris lui et moi de la graine. Bien assez pour qu'on puisse le détourner de ton propre départ.

- Cela nous laisse donc cinq ans pour planifier nos départs et huit pour le tien, Lu'. Mais il faut absolument que Woop ne se doute de rien, sinon, il vendra la mèche à Garp et on ne pourra pas partir, pointa Sabo.

- Cela peut se faire. Y'a cette crique, là, dans la jungle, où on peut cacher des petits navires de pêches, pointa le plus jeune.

- Deux navires, rectifia le blond. Je vais partir avec un navire de transport de passagers pour me faire passer pour un simple voyageur.

- Je ferai assez de bruit pour qu'on ne te capte pas, faudra qu'on se mette en rapport pour le cas de Luffy quand le moment viendra, dit Ace enfoncé dans la fourrure courte de sa panthère.

- Tu en as l'air certain, nota le plus jeune.

- Disons que suivant comment ça tourne, il y a deux options. Soit, j'ai deux primes avec ma tête dessus qui sortent, soit j'en ai une bien particulière qui va se manifester et éclipser l'autre. Dans tous les cas, l'une sera pour un pirate lambda, l'autre, elle va mettre l'océan en ébullition. J'avertirai tío qu'il puisse vous évacuer si Sengoku veut redescendre.

- Tu prépares une bêtise, en gros, alors, arrête avec tes palabres, demanda Luffy en fronçant les sourcils.

- Oui, je l'admets, je vais faire une connerie.

- Du style jouer avec le rasoir de Rayleigh ? se renseigna Sabo avec un froncement de sourcil.

Ace conservait les cicatrices après tout, difficile d'oublier ce qu'il s'est passé.

- Non, du style rappeler à tout le monde leur échec et le prix de celui-ci.

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Avec le départ de Rayleigh, les enfants avaient en apparence fait profil bas. Mais ils s'entraînaient et se préparaient avec acharnement, Amelia se joignant à eux comme partenaire quand elle le pouvait (elle n'était pas si loin que ça de leur niveau après ces années à naviguer partiellement avec son père et son équipage).

Mais il était clair qu'avec l'ancien partit, le trio s'était renfermé. Javier n'avait pas cherché à forcer les enfants à passer outre la douleur qu'ils ressentaient avec le départ de leur vieil oncle, là où les villageois cherchaient à les consoler envers et contre tout. Rayleigh avait été un père pour les trois, en tout, sauf le nom, il était donc normal que les enfants vivent mal son absence. Il fallut attendre le premier appel de Rayleigh depuis les tréfonds de Shabondy pour apaiser un peu la douleur. Un appel où il prit le temps pour chacun de ses garçons, et accorda même quelques minutes à Amelia, notamment pour des conseils et des remerciements puisqu'elle prenait soin, pour Javier et lui, des adolescents.

Ainsi passèrent les années.

Garp avait droit à de la froideur du trio quand il venait en visite, puisqu'il était responsable de la fuite d'origine. Pour les adolescents, si l'ancien avait gardé sa langue au début, Sengoku n'aurait pas capté l'existence des garçons ou la présence de Rayleigh aussi bas en East Blue. Et c'était impardonnable.

Avec cela en tête, Ace écrivit une lettre pour l'ancien qu'il laissa à Makino à quelques heures de son départ en comité réduit. Dans une petite crique à l'opposée de celle où Luffy avait caché son futur échappatoire, Ace avait amarré un petit navire de pêche bourré de provisions. Son fusil à l'épaule, un chapeau de cow-boy d'un orange ravageur sur le crâne, il faisait ses au revoir à ses frères. Pour les garder avec lui sur les mers, il s'était fait tatouer leur initiale sur la peau. Sur le biceps gauche, son prénom s'étalait à l'encre noir, avec un S barré entre le A et le C pour symboliser Sabo. Sur l'autre bras, juste dans l'intérieur du coude, il avait un L couronné d'un chapeau de paille pour rappeler Luffy.

- T'as tout ? se renseigna Amelia qui se protégeait du froid avec un châle laineux à l'adresse de son petit cousin qui arrangeait les derniers sacs autour de son petit navire. Tu sais que c'est pas l'idéal pour la haute mer ce que tu prends comme embarcation. Avec toi et Iro, c'est limite.

- Je trouverai mieux ailleurs quand je commencerai mon recrutement. Pour l'instant, je n'ai pas besoin de plus gros, assura le jeune du haut de ses dix-sept ans. Le temps que l'alcool redescende avec les célébrations du nouvel an, je serai déjà loin sans avoir laissé la moindre trace pour les villageois.

- Tu fais attention ? Tu as bien ta prescription ? demanda Sabo.

Ace retira le sac vert zébré de noir de son autre épaule et fouilla dedans pour en sortir un sac de papier qu'il agita en réponse à son jeune frère avant de le ranger.

- Et ton dos ?

- Me fait pas chier avec, Sab', je gère avec Iro.

Un sourire féroce étira ses lèvres alors qu'il regardait Luffy silencieux.

- Ce n'est pas mon dos qui m'empêchera d'être un obstacle pour toi. Tu veux devenir le Roi des Pirates ? Faudra me dépasser, frérot. Je t'attends dans les strates supérieures de la piraterie. Et je serai bien plus fort que maintenant, d'ici là, alors, ne te repose pas sur tes lauriers.

Le sourire tout aussi féroce du plus jeune fit gonfler de fierté l'aîné.

- C'est toi qui devrais faire attention, j'ai pas l'intention d'être sympa avec toi. Je te botterai le cul, quitte à achever totalement le dos.

- J'ai de l'avance, je pourrai te chiper le One Piece sous le nez.

- Aucune chance !

- Aaaah les hommes, s'exaspéra la plus vieille du groupe avec affection.

Cela fit rire les trois frères avant une dernière embrassade, et le D. monta à bord de son petit navire pour prendre le large. Il avait l'intention d'aller haut et loin. De mettre son nom sur toutes les lèvres. De se faire une place de choix en ce monde qui avait voulu sa mort. Il serait la tâche vivante sur leur blanche toison de brebis.

En ce premier janvier 1517, il avait dix-sept ans, et il devenait officiellement un pirate, renonçant à tous ses droits de citoyen du Gouvernement Mondial.

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Cela faisait un mois. Et en un mois, il avait changé de navire et recruté deux membres d'équipage.

Le premier, c'était Patrick, qui avait fait son service militaire et avait déserté les rangs devant les mensonges et l'hypocrisie de son régiment, se retrouvant pour le coup à survivre de petits boulots qui payaient au lance-pierre. Alors, tomber sur Ace avec son sourire rayonnant qui lui proposait de changer de vie, l'option l'avait enchanté.

Le second, ce fut Christopher « Chris » Walger. Médecin. Il avait ramassé Ace durant une de ses crises de narcolepsie histoire qu'il ne se fasse pas dépouiller et/ou agresser. Il était en fuite pour avoir eu le malheur de refuser de bosser avec un trafiquant. Même si l'idée de bosser à présent avec un pirate le dérangeait, le D. avait trouvé de bons arguments en lui disant qu'un gardien « moral » était toujours une bonne chose dans un équipage et que de toute façon, ils n'étaient pas assez nombreux pour l'instant pour que l'opinion du médecin soit ignorée. Sans compter qu'Ace avait proposé de se charger en personne du cas du trafiquant. Même s'il n'était qu'un acteur de fond dans le réseau d'information que son oncle et sa cousine avaient installé en East Blue au fur et à mesure de leurs visites, le jeune pirate savait quand même comment l'utiliser. Il lui suffit juste d'un alias pour trouver l'homme et savoir comment mettre hors de nuire le réseau entier. Il fit ça proprement, presque comme un justicier. Il neutralisa les gros noms du réseau en les attachants fermement pour éviter la fuite, avant de prendre en photo tous les documents pouvant servir de preuve du trafic, puis la marchandise qu'il avait même pris la peine d'identifier et peser pour bien noter tout ça. Le dossier qu'il constitua, il en fit plusieurs copies, dont une qu'il envoya à Garp, l'autre au service d'enquête interne de la Marine (avec une note spécifiant que c'était une simple précaution pour s'assurer que le cas ne serait pas enterré), puis à l'officier de Loguetown dont il n'avait entendu que du bien. Deux autres copies furent faites et envoyées respectivement à Javier et Amelia. Et pour bien en rajouter, Ace avait tagué quelque chose sur la façade du QG. En premier, son emblème, un jolly roger sur un grand as de pique coiffé du même chapeau orange que lui avec ses smileys grimaçants. Et un petit message personnel qui était une pique bien sentie à l'efficacité des autorités sur le sujet : « c'est le rôle de la Marine, qu'un pirate doive le faire est un comble ». Il avait hésité à envoyer une copie à Morgans, le directeur du journal le plus lu des océans, mais il avait douté que cela l'intéresse.

Avec ça, la proposition de se joindre à l'équipage débutant fut acceptée à bras grand ouvert par Chris et Patrick se sentait moins torturé pour avoir accepté de devenir un pirate.

Ils prirent l'un des navires du réseau pour remplacer la petite barque de pêche avec laquelle Ace naviguait jusqu'à présent. Pour un jeune adulte et une panthère, c'était potable, mais rajouter deux personnes, et ce n'était plus faisable (et heureusement qu'aucun n'avait fait de souci sur la présence du félin qui se baladait avec un keffieh rouge et noir au cou pour se signaler comme non dangereuse et accompagnée).

C'est donc trois jeunes hommes, de pas plus de vingt-cinq pour Chris le plus vieux, qui prirent la route vers Loguetown et par la suite, de la Grand Line.