Bonne année ! Bonne santé ! Joyeux anniversaire Ace ! Joyeux anniversaire Oda ! Et pour le coup, joyeux anniversaire en retard à Gol D Roger ! Enfin, techniquement parlant, quand j'écris ça, c'est l'anniversaire de Roger mais ça sera publier le premier, donc... Bref ! On a un chapitre aujourd'hui, on est content !
Sinon, merci à Yuwine pour sa review et je suis ravie de voir que la communication active de la part Zoan fasse plaisir. C'est quelque chose que je compte exploiter un peu plus dans mon univers. Missty et Samy en sont témoins, je m'éclate avec ça, mais j'en dirai pas plus pour ne pas spoil.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt !
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Shirohige avait une expression grave en entendant ce que rapportait Marco et Thatch en était livide. L'existence de Sarah était un secret qu'ils gardaient précieusement. Aucun de leurs alliés n'étaient au courant, outre Aarch, mais la position de celui-ci dans la Marine offrait une couche de protection supplémentaire pour tuer dans l'œuf toute rumeur à ce sujet. Alors, qu'un inconnu, dehors, dise de but en blanc qu'il savait pour elle, cela avait de quoi le mettre en colère. Où diable avaient-ils échoué ? Il fallait trouver cette fuite et la détruire.
- Chouette, j'arrive à temps.
La discussion que le Yonkou avait dans sa cabine avec ses deux commandants s'interrompit avec Ace quand celui-ci referma la porte derrière lui pour s'y adosser, les mains dans les poches, un pied contre le battant, l'air boudeur. Iro s'assit aux pieds de son camarade pour attendre la suite, témoin silencieux de l'échange.
- Je veux désamorcer la situation avant que vous ne fassiez une connerie monumentale… enfin, c'est surtout parce que Tenshi m'a demandé d'arrêter de mordre que je le fais, soupira avec lassitude le jeune. Sarah-chan n'est pas en danger.
- Permets moi juste d'avoir un doute, siffla Thatch en plissant les yeux.
- Je parle de mon petit-frère.
L'argument se tenait.
- Donc, vous avez la même source d'information, c'est ça, nota Shirohige.
- Ouais. La faute à la vieille Araña. On n'a pas idée de laisser traîner des dossiers avec marqué confidentiel dessus quand y'a des jeunes curieux dans les environs, justifia le D. en haussant les épaules. Depuis qu'on a onze ans, on a dû lire un bon quart de ses dossiers top secret, au point que je soupçonne qu'il foutait ces mentions en appât. Donc, on peut respirer, Tenshi va pas s'amuser à crier sur tous les toits pour la petite et sa parenté particulière, ce serait hypocrite de sa part. Et juste en passant, treize pour cent des enfants de marines sont issus d'une union consentante avec un pirate et plus de la moitié de ces couples improbables tiennent malgré le fait qu'aucun des deux partis ne se soient rangés. C'est tout pour aujourd'hui.
- Merci pour ces informations, gamin ! sourit largement le Yonkou avec amusement. Comme quoi, j'ai bien fait de décider de t'adopter !
- La seule chose qui fait que je ne vais pas te sauter dessus avec mon couteau pour avoir dit ça, c'est la présence de bonbonnes d'oxygène, grommela Ace. J'ai dit qu'il m'a demandé de ne plus mordre, c'est pas pour autant que je vais rejoindre cet équipage ou renoncer à ma quête de réponse.
Avec agacement, Ace se dégagea de la porte et s'en saisit avant de se tourner partiellement vers Marco sans pour autant le regarder en face.
- Ah, et quand je surnomme mon frère "Tenshi", c'est de la publicité mensongère à laquelle notre village d'origine croit encore dur comme fer. La seule chose d'angélique, chez lui, c'est sa gueule d'ange… mais il n'est pas le pire de nous trois. Et ce n'est pas non plus moi, même si je suis le "akuma" du trio. Parfois, un chenapan peut être pire que ses aînés.
Et il quitta la pièce sur une dernière parole à la suite de Iro.
- Là, je mords plus, mais j'ai pas l'intention de faire ami-ami, pour ça, allez vous faire voir.
Et le battant claqua derrière eux.
Marco appuya son menton sur son poing, à la fois amusé et pensif, alors que Thatch était en état de liquéfaction sous le soulagement.
- C'est un très bon fils ! sourit largement le Yonkou.
- Et il est parti pour chercher à rivaliser avec le record d'Aarch. On durera pas cinq ans avec lui comme ça. On a donné une fois, pas deux, informa Thatch.
- Sans compter qu'Aarch avait le pouvoir d'aller et venir, yoi. Là, on l'a littéralement kidnappé, renchérit Marco. S'il cède, je soupçonnerai un Syndrome de Stockholm et je ne veux pas gagner un frère comme ça.
- Donnez-moi plutôt à boire, tous les deux.
- Non, lui dirent sérieusement ses fils d'un ton agacé.
- Bande de sales gosses.
- On est tes gosses, justement.
- C'est vrai ! Gurarararara !
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Marco revenait de courses. Ils avaient besoin de refaire des réserves pour quelques médicaments. La chance était de leur côté, Shanks n'était pas là. Et avec leur réputation, les locaux ne leur avaient posé aucun souci, les laissant jeter l'ancre dans leur port sans tergiverser. Du moment que le rouquin ne se ramenait pas, tout allait pour le blond.
Ses pas s'arrêtèrent quand il sentit son zoan le tirailler.
Qu'est-ce qu'il lui voulait encore ?
Regarde, gros idiot. A ta gauche, sur le banc devant la fontaine.
Marco tourna la tête dans cette direction et il sentit parfaitement son cœur faire un bond dans sa poitrine. Impossible de ne pas reconnaître Gol D. Anabela. La jeune femme était assise sur le banc devant la fontaine, les genoux dans ses bras, perdu dans ses pensées. C'était difficile à voir avec le manteau, mais il était certain qu'elle avait perdu du poids depuis leur rencontre. Et elle avait l'air perdue. Désespérée, à bout de nerf. Des émotions qui donnaient envie au blond de la prendre dans ses bras pour l'apaiser et lui dire que tout irait bien.
Mais en avait-il le droit ?
Ils avaient partagé pendant quelques jours le même lit, et ça s'arrêtait là. Sans compter que la demoiselle était plus jeune que sa propre filleule, ce qui en soit, n'était pas très bon signe, quoiqu'en dise Aarch. Parfois, quand il repensait à ces instants, il craignait de l'avoir poussé d'une façon ou d'une autre.
Fais pas le con et va la voir !
S'armant de courage, il orienta ses pas dans sa direction. La façon dont elle tourna légèrement la tête vers lui disait qu'elle l'avait perçu. Plus moyen de faire machine arrière à présent. Il continua sa marche jusqu'à être à portée de voix.
- Salut.
Smooth, Marco, vraiment, très bon choix d'accroche, c'était parfait, rien à redire. Dieu qu'il avait envie de se mettre des claques pour ce mot.
- Salut, répondit-elle tout bas après une nette hésitation.
Elle lui avait répondu, et clairement, il n'y avait aucune hostilité dans sa voix. Bon, c'était un point en sa faveur, elle ne semblait pas lui en vouloir ni avoir peur. Étape numéro deux : ouvrir le dialogue.
- Est-ce que je peux m'asseoir ?
Son tic resta bloqué dans sa gorge. C'était bien la première fois qu'une fille le rendait nerveux à ce point. La réponse fut non verbale et tira des rougeurs sur les joues tachetées de la jeune femme. Un simple hochement de tête qui voulait dire le monde pour Marco. Alors, à pas mesurés cherchant à contenir sa nervosité, il contourna le banc avant de s'asseoir dessus, laissant assez d'espace entre eux pour ne pas l'étouffer ou la faire se sentir menacée. Il ignora royalement le zoan dans sa tête qui voulait littéralement la prendre dans ses bras et la câliner jusqu'à la fin des temps. La situation était assez… bancale, comme ça, pas la peine d'en rajouter. Il posa le sac de médicaments entre eux sur le banc, et croisa les jambes. Bon, engager la conversation à présent.
- Il y a longtemps que l'on n'entendait plus parler de toi. Tu as eu des soucis pour arriver jusqu'ici ?
- D'une certaine façon.
- Quoique ce soit en quoi je puisse t'aider ?
Pour seule réponse, il eut droit à un rire jaune et elle n'alla pas plus loin. Finalement, elle lui en voulait peut-être pour comment c'était fini leur rencontre.
- Je suis désolé pour l'autre fois.
Elle tourna la tête vers lui avec surprise. Il y avait quelque chose qui le titillait, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
- Pourquoi tu t'excuses ? Je ne regrette pas ce qu'il s'est passé. J'ai… j'ai apprécié ce moment avec toi. Plus que de raison, je pense.
Et elle cacha sa tête dans ses épaules, rougissante.
Marco, lui, venait de mourir. Il en était certain. C'était la seule solution pour que la jolie fille assise sur le banc avec lui puisse avoir dit ça. Ou alors, Thatch avait mis des substances douteuses dans sa nourriture. En tout cas, il venait de mourir heureux. Il la regarda se prendre son visage dans ses mains, clairement embarrassée, et il franchit la distance. Il porta une main à la joue de la demoiselle, et elle tourna la tête vers lui.
Le geste lui semblait normal, naturel et elle y répondit avec empressement. Elle s'accrocha à son col comme si elle en rêvait autant que lui, et remonta une de ses mains sur son crâne à moitié chauve pour atteindre sa touffe de cheveux sur le dessus. Le cerveau du zoan eut tout juste le temps d'enregistrer qu'elle sentait plus la cendre et la poudre que la dernière fois, qu'elle se retira de ses lèvres avec regret. Elle se recroquevilla sur elle-même en attrapant son crâne entre ses mains, en se traitant de stupide.
Ce… ce n'était pas une bonne réaction alors qu'on venait d'échanger un baiser un poil passionné.
- Quelque chose ne va pas, yoi ?
- On ne doit pas… on ne devrait pas… C'est… je… je suis désolée.
L'instant d'avant, il pensait avoir trouvé la clef du paradis, et là, la dure réalité le frappait pour le traîner jusqu'au seuil de l'enfer.
- C'est ma faute… gémit-elle.
- De quoi donc ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je… je…
Elle laissa échapper un souffle tremblant et frustré. Par réflexe, il lui prit une main, souhaitant lui offrir son soutien. Il voulait aller plus loin avec elle et s'il y avait un obstacle, il était prêt à tout pour le traverser. C'était la bonne, il en était persuadé, pas question de laisser passer cette chance.
- J'aimerais aller plus loin avec toi.
- Moi aussi, chuchota-t-elle. Mais on ne peut pas.
- Pourquoi ?
Elle s'accrocha à sa main. Elle tremblait. Elle s'humecta les lèvres, ouvrit plusieurs fois la bouche pour parler, avant de finalement, réussir à dire :
- On pourrait… mais pas dans ces conditions. Tu ne l'accepteras pas…
Marco pencha la tête sur le côté. Quelles conditions ? De quoi parlait-elle ?
- Pourquoi cela ? Quel est le souci, je suis certain qu'on peut trouver une solution, yoi. Un compromis. J'ai vu de tout, alors, je doute qu'on ne puisse pas trouver une…
Le rire sans joie lui coupa la parole. Il n'aimait pas ce rire-ci. Celui heureux et épanoui qu'il avait entendu durant ces jours qu'ils avaient passé ensemble était contagieux, mais celui-là, il lui mettait presque la rage au ventre. Sans compter qu'elle s'accrochait encore plus à sa main sans cesser de trembler. Qu'est-ce qu'il y avait de si terrible pour qu'elle réagisse comme ça ?
- J'ai des signaux contradictoires…dit-il à la brunette.
Il ne sentait même plus ses doigts. Cherchant à la rassurer, il posa son autre main sur la sienne, lui caressant doucement la peau pour la rassurer.
- On veut visiblement tous les deux la même chose, si tu me dis l'obstacle que tu vois, on peut travailler ensemble pour le surmonter.
Elle eut un petit souffle par le nez et de son autre main, présenta deux doigts.
- Option un, prendre ce que tu as, là, avec les secrets et les non-dits, jusqu'à ce que le problème actuel se résolve. Option deux, prendre connaissance du problème et le regretter immédiatement. Maintenant que j'y pense, avec l'option un, le regret arrivera aussi, juste plus tard.
- Je… je ne comprends pas, yoi.
- Dès que j'aurais dit quel est le souci de la situation, tu en regretteras jusqu'au jour de notre rencontre. C'est une certitude.
- Tu ne me connais pas assez pour en être certaine, Anabela. Je suis certain qu'on peut trouver une solution si tu me dis où est le problème. Je sais pas, c'est Silvers Rayleigh qui pose souci, par exemple, ou un ancien de l'équipage de ton père ?
- Oh, si seulement c'était ji-chan ! Cela aurait été si simple et si logique ! C'est mon père en tout sauf le nom !
- Alors dis-moi.
- So… you choose violence.
Elle l'embrassa sur la joue et se leva, lâchant sa main.
- Je pense qu'il vaut mieux que je te montre. Cela sera plus simple pour que tu comprennes vraiment le souci. De la taille de l'obstacle et de la raison même pour laquelle ça ne marchera pas entre nous.
Face à lui, elle porta ses mains au nœud de son bandeau derrière son crâne.
- Dans tous les cas, je te remercie pour cette expérience. Et la rencontre. Et… et tout en fait. Et je suis navrée pour le cœur brisé et la perte de temps.
Le tissu noir se relâcha et glissa sur son nez, avant qu'elle ne le récupère pour l'enrouler autour de sa main. Deux yeux de cendre familiers fixaient à présent Marco avec un sourire triste. Il connaissait ces yeux, et il reconnaissait ces tâches de rousseurs… et cette façon dont les deux mèches de cheveux noirs tombaient sur le regard. Elle toussota un instant dans sa main et quand elle parla de nouveau, la voix était clairement masculine et percuta Marco avec la claque de réalisation :
- Rebonjour donc, commandant Marco. Je pense que tu comprends à présent pourquoi depuis que j'ai été pris à bord, je t'évite absolument. Si ce n'est pas assez clair, je peux me représenter. Gol Portgas D. Ace, ou Ann, ça n'a aucune importance, je suis le feu, je ne m'embarrasse pas de ce genre de détail.
Le bandeau noir fut à nouveau déroulé.
- Tu as certainement d'autres choses à faire. Ne t'emmerde pas pour moi. Je sais me démerder. Bonne journée.
Et le logia tourna les talons pour s'en aller en remettant son bandeau pour masquer son début de larmes. Marco resta un moment figé sur le banc et quand il réalisa vraiment ce qu'il venait d'apprendre, iel était déjà hors de vue, et impossible à repérer avec son Haki. Il se prit la tête dans les mains en soupirant.
Est-ce que je peux dire que tu es un idiot pour ne pas l'avoir réalisé avant ?
- Fais-toi plaisir. Et insulte-toi au passage pour ne pas avoir jugé utile de partager l'information, marmonna Marco au fond de ses mains.
Son rêve avait été là, à la portée de ses doigts… et quand il le réalisait, c'était pour tout perdre alors qu'il le…la ? Peu importe, il voulait Ace, Ann incluse, encore plus. Mais il ne pouvait pas. Parce qu'il était un commandant de Shirohige et que le paternel voulait le jeune prodige comme nakama. Comment est-il censé faire son devoir de commandant et accomplir sa mission sans chercher à côté à construire sa vie sentimentale ? Il avait participé au kidnapping de la personne dont il était raide dingue. Il commençait très mal.
- Quel merdier…
Yup.
Il avait besoin de fumer.
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Les pirates s'affairaient sur le pont du Moby Dick. Ils étaient sur le point de lever l'ancre, ils avaient donc quelques détails à régler avant de reprendre la mer. Notamment le comptage de tête. Les commandants s'en chargeaient avant de donner le feu vert à leur capitaine qui annonçait ensuite la lever de l'ancre.
- On est bon pour ma flotte, annonça Jiru au capitaine après avoir fait l'appel de sa flotte.
- Et la seconde, qui s'est chargé du comptage de tête ? se renseigna Shirohige.
- Edwin m'a confirmé que tout le monde était là, informa Thatch avec ses mains sur la nuque.
- Parfait. Marco le statut de la première ?
Le Phénix ne répondit pas. Il s'était assis sur un des espars, le dos contre le mât, fumant un kiseru long comme ses jambes, clairement perdu dans ses pensées en fixant le vide.
- Marco ? appela de nouveau Shirohige.
Toujours rien. Cela n'arrivait littéralement jamais que Marco ignore Shirohige, alors, finalement, l'activité commença à s'arrêter sur le pont pour fixer le premier commandant.
- Tête de piaf ! cria Thatch en mettant ses mains en porte-voix.
Toujours rien.
- On a un souci, décréta Jiru.
Shirohige s'approcha du mât et leva le bras pour tapoter une jambe de son fils qui le regarda enfin.
- Qu'est-ce qui ne va pas, fils ?
Marco retourna à sa contemplation du vide.
- Nous avons un absent, dit-il tout bas.
Ce fut à cet instant que Sarah choisit pour aller voir son père en passant nerveusement un ongle sur ses dents.
- Papa, il est où nii-san ?
Thatch s'accroupit immédiatement au niveau de la demoiselle.
- Il va falloir que tu sois un peu plus spécifique, ma princesse. Tu cherches qui, parce que "nii-san", c'est comme ça que tu appelles tous les jeunots à bord.
- Ace.
- Oooh merde, soupira Jiru en se frappant le visage.
Ace ne faisait partie d'aucune flotte puisqu'il refusait encore l'adoption. Et sans l'étrange comportement de Marco, ils seraient partis en le laissant derrière.
- Personne n'a songé à lui dire qu'on levait l'ancre ? s'enquit le Yonkou à son équipage.
Quelques discussions s'élevèrent et Teach se manifesta pour répondre pour tout le monde.
- On est plusieurs à le lui avoir dit, mais on s'est fait ignorer. Parfois avec une vulgarité en prime.
- Oyaji, appela Marco.
Le capitaine regarda son premier commandant qui fixait toujours le vide.
- Je suis d'accord avec l'idée, mais pas la méthode. Si tu veux l'intégrer à l'équipage de cette façon, ce sera sans moi, yoi.
Et il tira à nouveau sur son kiseru avant d'expirer la fumée d'herbe décontractante. Il était à ce poste depuis le début, avec Thatch. Certes, quand ils étaient encore jeunes, des camarades à eux avaient pris leur rôle en public pour les protéger (Milo pour Thatch et Frey, paix à son âme, pour lui) ou éviter les soucis d'autorité, faisant croire aux étrangers qu'ils n'étaient que de simples garçons de cabine. Mais ils étaient là depuis longtemps. Assez pour savoir ce qu'il se passait dans la tête du paternel. Il avait de bonnes intentions, mais la méthode n'était pas la bonne dans ce cas. Il aurait mieux valu appliquer la même méthode qu'avec Aarch. Le laisser libre de vagabonder mais rappeler qu'ils étaient là pour lui, qu'ils étaient une famille.
- Après, cela reste mon opinion, la décision finale te revient.
Il n'arrivait pas à se débarrasser de ce sentiment de culpabilité.
- Nous aurons une discussion plus tard, toi et moi, lui dit sérieusement Shirohige.
Marco se contenta de continuer à fumer, pour montrer que le Phénix n'en avait que faire de la future conversation. Shirohige se tourna vers Sarah et se baissa pour se rapprocher de son niveau.
- Je vais chercher ton frère, petite princesse, soit sage.
- Je suis toujours sage, grand-père, assura Sarah avec une mine innocente.
Vu la façon dont l'équipage la regarda, il n'y avait pas plus loin de la vérité que cette affirmation. Elle restait la digne fille de son père. Thatch attendait juste que sa gamine ne soit pas là pour se lâcher, histoire de toujours lui donner le bon exemple.
Le capitaine se redressa et sauta à terre, son bisentô bien en main, partant clairement à la recherche de l'absent. En soupirant, Marco éteignit son kiseru et sauta de son perchoir pour aller le ranger. En passant près du cuistot, Thatch lui attrapa le bras et le retint assez longtemps pour qu'ils puissent se regarder dans les yeux, mais le blond se dégagea en évitant le contact visuel pour s'enfoncer dans le navire. Il descendit au premier niveau, avec la cabine des six premiers commandants et le dortoir des flottes associés. Il entra dans la sienne tout au début du couloir et referma la porte derrière lui en soupirant. Son kiseru termina dans son placard. Seulement, en refermant la porte sur l'objet, son regard tomba sur les grosses perles rouges à son poignet.
Que faire ?
Aurait-il mieux valu accepter une relation sans savoir ? Il ne se sentirait pas aussi mal.
Il serra ses poings et les relâcha, retrouvant sa façade coutumière. Il se doutait qu'il aurait ses frères et camarades sur le dos en plus du paternel, autant ne pas causer plus d'inquiétude. Il expira profondément, arrangea sa chemise avant de ressortir. En regagnant le pont, il réalisa qu'on ne l'avait pas attendu pour commencer à préparer le navire pour prendre la mer. On le regarda du coin de l'œil, mais il ne laissa rien paraître. Il avait un devoir à accomplir.
Sa façade céda pour du désespoir quand les premiers cris parvinrent jusqu'à eux. Colère, protestations, injures, menaces, tout ça sous le rire de leur père. Enfin, le capitaine se hissa sur le navire.
- Pas question que je laisse ce gosse de Shanks te ramasser et faire n'importe quoi avec ton potentiel alors que tu pourrais devenir tellement plus ! Alors, tu viens avec moi, gamin !
- JE SUIS PAS TON GOSSE !
Edward tenait sous le bras un Ace qui se débattait pour échapper à la prise pleine de Haki du capitaine. Iro avait réussi à se hisser sur l'épaule du géant mais ne faisait rien de plus, sa fourrure d'un bleu si claire qu'il en paraissait blanc par endroit.
Ce qui faillit faire craquer le blond, c'était le sang. Du bout de l'index jusqu'au milieu du biceps, le Yonkou avait été blessé, présentant une belle balafre. Il avait encore le couteau de chasse du brun planté dans son bras. Clairement, Ace ne voulait pas revenir, et avait mit toutes ses forces pour contrer le vieux pirate.
- Si tu veux à ce point partir, attends Shabondi, mais il est clair que tu ne le feras pas, dit le Yonkou.
Il laissa retomber le logia qui se réceptionna souplement sur ses pieds. La rage se lisait dans ses yeux d'argent et rapidement, les pirates commencèrent à tomber. Il avait relâché son Haki. Il n'était pas aussi puissant que celui de Shanks, mais il était plus vicieux, plus insidieux. Plus d'un pirate leva le nez en entendant un crépitement anormal dans les hauteurs pour voir des étincelles voler dans le vent, un peu trop près des voiles.
- D'accord… c'est plus des réponses que je veux. C'est ta putain de vie. Finalement, j'aurai dû insister quand on m'a dissuadé de choisir la solution de la facilité, gronda Ace.
Avec un rictus, il traça un signe explicite de son pouce en travers de sa gorge et tourna les talons, son visage masqué partiellement par son chapeau orange. Iro sauta de l'épaule de Shirohige pour suivre son ami. Chacun de ses pas laissait une marque de brûler sur le plancher du pont.
Le mur qu'il brisa d'un coup de poing disait à quel point la situation était devenue plus compliquée.
- Il s'acclimatera à l'équipage, assura le géant en retirant de son muscle la lame.
Marco avait quelques doutes, mais soit.
On va ouvrir la cage à oiseaux ?
Dans d'autres circonstances, Marco n'aurait pas compris de quoi parlait son zoan, mais cette fois-ci, le sous-entendu était clair. Entre garder de force Ace auprès de lui en sachant la relation bizarre qu'ils partageaient, en regardant la flamme qui l'animait mourir lentement, et le laisser partir en étant certain qu'il serait heureux dehors même si ça voulait dire ne jamais le revoir, le choix était vite fait pour le blond.
Il regarda le paternel donner les ordres pour prendre le large alors que Thatch demandait à sa fille de retourner dans le navire. Ils avaient des choses à faire. En soupirant, Marco tira ses lunettes de sa poche, signe qu'il passait en mode "médecin" pour l'équipage. Il fit un signe au capitaine de s'asseoir sur son siège. Il pouvait donner ses ordres depuis son fauteuil pendant qu'il s'occupait de sa blessure.
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Puisqu'il était bloqué ici, Ace n'avait rien d'autre à faire que ses devoirs pour l'instant. Il aurait été tenté de faire une tentative d'assassinat sur le Yonkou, mais il se doutait qu'il devait être déjà sous oxygène et ce n'était pas le moment de faire l'idiot s'il ne voulait pas finir dans l'océan quand le navire exploserait. Alors, autant se consacrer à son travail scolaire. Il voulait encore savoir comment Javier et Rayleigh allaient s'arranger pour lui faire passer ses épreuves puisqu'il n'avait aucune existence légale. Il n'avait d'ailleurs aucune idée de comment son oncle arrivait à lui faire suivre des classes de lycée. Il verrait le moment venu. Peut-être. Dans l'espoir que ça lui permette d'avoir une solution pour continuer. Il voulait poursuivre son éducation. Cela rejoignait son objectif de vengeance. Faire une licence d'Histoire. Autant que moderne qu'ancienne. Quand il aurait assez de savoir, il se rapprocherait de Nico Robin pour proposer un échange d'informations… il fallait espérer qu'il ait assez ce jour-là pour l'intéresser suffisamment pour qu'elle accepte de divulguer ce qu'elle savait du Siècle Perdu. Ses yeux de cendre glissèrent du brouillon de sa dissertation jusqu'aux bandes de cuir de ses poignets. Il serra les poings et retourna à son travail. Pas pour longtemps parce que son Haki se manifesta. Iro se dressa de là où elle s'était allongée contre son camarade et suivit des yeux la présence qu'il avait perçu alors qu'elle était encore à l'étage au-dessus.
C'était le commandant Thatch.
Ace attrapa son sac et fouilla dedans, enfonçant son bras tout au fond dans l'espoir de trouver un dial dans ses vêtements d'Ann, ignorant le sac de sport qu'il avait derrière lui (il avait dû racheter des fringues vu qu'on l'avait kidnappé avec ce qu'il avait sur le dos et son sac à dos classique et ce n'était pas assez).
- Hey ! salua le cuisinier avec une assiette sous le bras contenant des cookies.
Son enthousiasme lui valut un regard noir mais cela ne déterra certainement pas l'homme si amical.
- Qu'est-ce que tu fabriques, jeune homme ?
Ace ne lui offrit aucune réponse et Iro prit une teinte rouge en retroussant ses babines.
- Je vooooiiiis… nota le commandant. Tu m'as l'air de bosser très dur, donc, je pense que ceci devrait t'encourager.
Il déposa l'assiette sur la caisse à côté de celle qu'Ace utilisait comme table dans le fin fond de la calle. L'odeur à elle seule avait de quoi lui faire tourner la tête tellement c'était alléchant, mais il n'y toucha pas. Il finit par émerger son bras de sa quête au fond du sac, avec un casque audio. Il le passa autour de son cou avant de reprendre sa recherche, cette fois, pour un dial.
- Je voulais aussi te dire qu'on a eu une petite discussion à ton sujet, et pour je ne sais quelle raison, Marco s'oppose farouchement à ce que l'on te garde à bord.
- Peut-être parce que j'ai dit clairement que je vais tout faire pour tuer votre capitaine, nan ? ironisa d'un ton venimeux le D.
- Même pas. M'enfin, pour le coup, c'est bibi qui va s'occuper de ta petite personne afin que ton intégration dans l'équipage se passe sans difficulté.
- J'ai déjà dit que je ne voulais pas vous rejoindre, t'es sourd ou demeuré ?
- Mais oui, mais oui… On en reparlera une fois que ta colère sera retombée, gamin.
Ace leva juste un peu les yeux de son sac pour fixer avec haine l'homme au si grand sourire amical. Le rictus qu'il lui adressa le faisait ressembler à la panthère en colère à côté de lui. Un commentaire méchant lui brûlait les lèvres mais il le retint, Rayleigh l'avait éduqué mieux que ça. Il colla son casque sur ses oreilles et alluma son dial. D'accord, le message était clair. Dans d'autres circonstance, Thatch aurait insisté, mais le jeune était déjà assez mal. Néanmoins, il s'accroupit et tapota la caisse sur laquelle le jeune s'était appuyé pour gribouiller sur son brouillon. Immédiatement, deux yeux d'argents assassins se braquèrent sur lui et il sentit la température monter de quelques degrés. Sans se démonter, le cuisinier leva un doigt pour signifier qu'il n'en aurait pas longtemps. Avec un claquement de langue, le jeune retira son casque audio faisant que le roux entendit partiellement des sons de tambours et vieux instruments lui rappelant vaguement ce que l'on jouait à Elbaf.
- Si tu as besoin de quoique ce soit, ma cabine est la seconde sur la droite au premier étage sous le pont, juste après celle de Marco. N'hésite pas, d'acc ?
- Va te faire foutre.
Et Ace remit le casque sur son crâne.
Décidant de ne pas pousser le jeune, Thatch se releva. Il allait mettre la main sur Marco et le faire parler sur quel était son problème. Jamais il ne s'était opposé à leur père ainsi, en public, sauf quand il refusait son appareillage ou ses médicaments. Quand il avait un souci, il le faisait dans le privé avec les concernés. Avant de refermer la porte de la calle, il regarda une dernière fois le jeune occupé avec son brouillon et quelques polycopiés. La panthère se releva en avertissement. La porte fut donc refermée.
Pourquoi diable son frère avait-il décidé de prendre parti publiquement dans le cas de ce gosse ?
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Marco était plongé dans son journal. Il en avait bien besoin pour organiser sa mémoire. Il avait mal au crâne avec Thatch qui avait cherché à mettre son nez dans ses affaires pour extraire la raison de son comportement. Il n'allait pas lui dire qu'il était raide d'Ace. Et que le voir ainsi enragé, colérique et malheureux le rendait malade.
Il leva une main par habitude et retint son encrier juste à temps pour qu'il ne bascule pas quand une vague plus haute percuta le navire. Au dehors, l'orage éclata, mais ce n'est pas pour autant qu'il s'en inquiéta. Si la tempête qui s'annonçait avait été dangereuse, il serait monté sur le pont ou on aurait eu Stephan hurlant à la mort. Et puis, zut, il n'était pas le seul navigateur à bord ! Il avait bien le droit de prendre un peu de temps pour lui ! Il cumulait le commandement de sa flotte, celle de Frey (paix à son âme) qui l'avait repris après le départ de Oden, en plus d'être le vice-capitaine, sans compter qu'il était un des deux médecins diplômés de bord en l'absence de Cassandra, le collant donc d'office dans le rôle d'enseignant en médecine et navigateur. Il avait bien le droit de se prendre quelques instants.
Il trempa sa plume dans l'encre et reprit sa ligne. Pas longtemps parce qu'il perçu une présence presque imperceptible dans le couloir. Avant que la suspicion ne puisse l'emporter, l'oiseau dans l'esprit du zoan émit une note triste et pourtant empli d'espoir. D'instinct, même s'il n'était pas encore familier avec son aura, Marco savait qu'il s'agissait d'Ace.
Venait-il le voir ?
La présence passa devant sa porte, s'arrêta un instant, avant de continuer sa route pour rejoindre la cabine de Thatch.
Le blond regarda le couteau de chasse qu'il avait retiré du bras de son père et capitaine. Sans hésitation, il s'en saisit et se leva. Il prit la peine d'enrouler sa plume dans un buvard et de refermer sa bouteille d'encre avant de sortir dans le couloir. Il vit juste un morceau de la chemise jaune d'Ace quand il entra dans la cabine du cuisinier pour poser un peu violemment une assiette pleine de cookies sur le bureau de l'absent.
Il toqua à la porte et Ace se retourna brutalement, le mettant immédiatement en joue avec le fusil qui ne le quittait jamais. Marco leva immédiatement les mains pour dire qu'il n'avait aucune intention hostile.
- Tu es la première personne que je vois qui résiste à ces cookies, yoi.
Marco jeta un regard à ses pieds et nota Iro apparaissant avec les crocs à un poil de ses chevilles. Oui, l'un n'allait pas sans l'autre. Et avec les pouvoirs de la panthère, il était facile de penser le contraire et de se faire avoir. Cependant, elle avait sa couleur neutre, donc, elle était juste en avertissement, sans compter qu'Ace avait baissé son arme pour regarder les biscuits qu'il avait posés sur le bureau.
- La prochaine fois, je les lui fais bouffer avec un Hiken en prime, dit tout bas le jeune.
- Je pense que tu voudrais récupérer ceci. Je t'ai déjà délesté de ton collier, je te rends au moins ton arme, yoi. Cela peut se révéler utile.
- Va te faire enculer.
La perche était trop belle et trop tentante pour Marco qui s'avança avec un sourire sur le coin des lèvres. Quand il se retrouva avec le canon contre sa poitrine, le Phénix le repoussa du poignet. Ace n'opposa aucune résistance. Bientôt, il était coincé entre le bureau par le grand zoan qui se pencha à son oreille en appuyant ses deux mains de chaque côté des hanches du brun sur le rebord du meuble.
- Si c'est une invitation, je serai ravi d'y répondre. Et même si l'idée de te faire l'amour sur le bureau de mon abruti de frère serait une expérience amusante, je doute que tu sois d'humeur et qu'on ait le temps, yoi.
Il n'avait pas besoin de le regarder pour savoir qu'Ace rougissait furieusement. La chaleur était un bon indice. La suite, par contre, il ne l'avait pas prévue. Le logia crocheta une de ses jambes avec son pied et lâcha d'une main son fusil pour lui saisir l'arrière du crâne pour lui coller un baiser. Baiser que le blond se fit un plaisir de prolonger, se rapprochant encore plus du jeune homme qui finit par se hisser littéralement sur le bureau. Marco réduisit la distance sans qu'ils se détachent. Il glissa une de ses mains lentement dans le dos du brun, sous la chemise, ses ongles raclant délicatement sur la musculature. Un semblant de ronronnement lui répondit, le faisant presque rire dans le baiser.
C'est un autre son qui les fit se détacher pour se retourner. Iro les fixait avec un long regard silencieux, sa fourrure quelque part entre le marron, le vert et le gris sombre.
- Ah, tais-toi ! Fais pas chier ! C'est toi qui a voulu être stérilisée quand King a commencé à te tourner autour, viens pas râler ! rouspéta Ace en gonflant les joues
La panthère baissa légèrement la tête d'un air menaçant.
Son camarade lui jeta littéralement son chapeau sur la figure et le félin l'esquiva avec habitude. Marco secoua la tête avec amusement avant de lever la main pour présenter le couteau à Ace contre qui il était toujours.
- Vu l'âge de l'objet, il doit avoir une valeur sentimentale.
- Merci. Je suis certain que ji-chan aurait eu ma tête s'il avait appris que je l'avais perdu. Je parle de Rayleigh. Il m'a élevé mais a toujours refusé qu'on l'appelle papa.
Le brun avait fait la précision en voyant l'air perdu du blond qui hocha la tête en remerciement. Doucement, Ace récupéra l'arme dans la main du blond et le mit au fourreau à sa ceinture avant de remettre son fusil dans son dos.
- Si tu veux discuter, je pense qu'on sera mieux dans ma cabine. Moins de risque qu'on nous dérange, yoi.
Clairement, le jeune homme hésita avant de le suivre hors de la cabine. Il s'arrêta juste pour s'accroupir un instant afin de récupérer son stetson qu'il remit sur son crâne avant de se relever et sortir avec son amie à quatre pattes. Marco suivit le mouvement et referma la porte derrière lui. Il traversa la distance en quelques pas pour rejoindre la sienne qui était la plus proche de l'échelle et pointa du bras l'intérieur en une invitation silencieuse à laquelle le brun répondit sans un mot, Iro sur ses talons. Marco pénétra à son tour derrière le duo et ferma la porte derrière lui.
- Installe-toi, invita le blond en montrant son lit.
Un commentaire brûlait les lèvres du brun vu la façon dont il se les mordit, mais finalement, il le ravala et il s'assit sur le large matelas collé au mur. Iro sauta dessus à son tour et s'allongea en travers des cuisses du logia qui entreprit de la caresser du front jusqu'à la queue. Chaque passage de la main sur sa fourrure faisait jaunir le félin qui arbora bientôt une teinte solaire en ronronnant paisiblement. En s'asseyant à cheval à l'envers sur la seule chaise de la pièce pour faire face au jeune, Marco ne put s'empêcher d'apprécier cette vue. La façon dont Ace regardait sa camarade avec ce petit sourire sur les lèvres, la tête penchée sur une épaule, dégageait une énergie calme, apaisée, tranquille.
- Tu avais un plan pour quitter l'île, yoi ? se renseigna Marco. Ou tu espérais un miracle comme l'autre fois ?
- Hm ? demanda le brun sans comprendre de quoi il était question.
- Je parle de ta tentative d'évasion.
- Ah… eh bien, j'avais passé un coup de fil à Shanks pour savoir s'il verrait un souci pour me déposer à Shabondi, ou à l'extrême limite, au Red Port. Il en avait pour une semaine avant de me rejoindre et sa seule consigne était de ne pas vider les frigos des locaux pendant que je l'attendais.
Note à soi-même, dire à Thatch qu'Ace ne mangeait pas assez pour son métabolisme. Il aurait dû voir les signes plus tôt.
- Si Shanks ne me trouve pas à l'attendre comme convenu… je pense qu'il risque fort de venir me chercher ici et la dernière chose que je veux, c'est qu'on se demande pourquoi un Yonkou s'intéresse à un petit nouveau comme moi et qu'on capte qui était mon père.
Avec ce que Roger avait fait pour Baggy et Shanks, il était logique que le roux se sente obligé de garder un œil sur l'enfant de son défunt capitaine.
- On ne fera pas d'escale au Red Port, mais avant, sur une petite île déserte, afin de procéder à l'enrobement pour l'île Gyojin, yoi. Si tu veux retenter ta chance, ce sera là-bas, sinon, il faudra attendre Shabondi.
Ace pencha la tête sur le côté d'un air inquisiteur et preuve que Iro suivait parfaitement la conversation, elle prit une teinte blanche de perplexité.
- Ton intérêt n'est pas de me garder à proximité ?
- On ne coupe pas les ailes d'un oiseau en le mettant en cage. Ce n'est pas l'objectif d'Oyaji mais dans son désir de bien faire et de protéger quelqu'un qu'il juge prometteur et en danger pour lui-même, il commet une grave erreur, yoi. Ce qui me donne plus de raisons qu'il n'en faut pour t'aider à partir.
Marco appuya son coude sur le rebord du dossier de la chaise pour poser son menton sur son poignet, avec un petit sourire.
- Rien ne nous empêche de nous revoir. Surtout que je sais qui chercher ou contacter à présent, yoi. Et que je ne risque pas de me faire recaler.
Il adorait clairement le faire rougir. Voir le sang qui montait parmi les tâches de rousseurs était quelque chose qu'il aimait faire et qu'il risquait de reproduire aussi souvent que possible. Parce que damn, c'était juste une invitation pour l'embrasser.
- Donc, je reviens à ma question, si tu arrives à te faufiler sur l'île Gyojin, tu sauras te démerder à partir de là, yoi ?
- Je devrais m'en sortir, oui.
- Je te filerai un coup de main, au minimum pour la diversion.
- Merci.
