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Partie I
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Chapitre 2
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Lors du petit-déjeuner Sirius étouffa un juron lorsque, tandis qu'il se rongeait les ongles, il mordit son doigt par inadvertance. Cela lui fit faire un étrange constat : en à peine quelques jours voilà qu'il était passé de dépressif à anxieux.
Trois jours, précisément. Trois jours s'étaient écoulés depuis qu'il avait rencontré Snape dans ce couloir et qu'il l'avait... Il ne pouvait pas poser de mot sur son comportement. En tout cas pas le mot qui viendrait habituellement à l'esprit pour décrire pareille situation. Pouvait-on considérer qu'il avait frappé Snape avec sa bouche... ? Le gryffondor rangea cette idée sonnant particulièrement absurde au fond d'un tiroir mental.
Mais enfin quoi, par Merlin ! Il ne pouvait tout de même pas avoir embrassé Snape ! Et puis quoi encore ?
Sirius laissa sa tête tomber dans son bol de céréales, maugréant des jurons inaudibles.
Bien sûr que si, il avait embrassé Snape. Certes ça n'avait rien eu d'un baiser réfléchi et certainement pas romantique, de cette manière impulsive et presque violente. Pour autant c'était bien comme ça qu'on appelait le fait de coller ses lèvres à celles d'une autre personne – Sirius avait beau être mortifié par la situation, il connaissait toujours son vocabulaire.
« Tout va bien Padfoot ? » demanda à côté de lui la voix de James.
Sirius leva un pouce en l'air.
« Comme sur un petit nuage de lait, répondit-il le nez toujours fourré au milieu de ses céréales.
- Ok, super. Vraiment. Parce que bon, tu sais, dans cette position, ça peut prêter à confusion... »
Sirius se redressa quelque peu mais c'est alors que, ayant le malheur de se trouver face à la table des vert-et-argent, son regard croisa de manière fortuite celui d'un certain serpentard, qui détourna la tête un peu trop rapidement pour que cela ait l'air naturel. Sirius, lui, préféra finalement replonger la sienne dans son bol.
« Mal dormi ? » supposa James, un peu intrigué par le comportement de son meilleur ami.
Sirius marmonna une sorte de « hmpf » approbateur. Au fond, ce n'était pas totalement faux : ses nuits étaient déjà perturbées depuis quelques temps, mais elles l'avaient été d'autant plus après sa rencontre avec le serpentard. Depuis trois jours maintenant des questions tournaient sans cesse dans sa tête sans qu'il puisse trouver de réponses, comme : pourquoi avait-il fait une chose aussi stupide ? Était-il possible de mourir de honte ? Et que pouvait bien penser Snape de tout ça ?
Sirius était convaincu qu'il n'obtiendrait jamais de réponse à cette dernière question. Déjà, même avec tout son courage de gryffondor, il ne serait sûrement jamais allé jusqu'à poser la question au serpentard, et puis de toute façon tous deux s'évitaient comme la peste depuis ces trois derniers jours. L'évitement était certes un peu plus compliqué lors des cours communs où ils étaient a minima obligés de se croiser brièvement, néanmoins avec une grande dose d'ignorance couplée à beaucoup de volonté cela restait possible. D'ailleurs, en parlant de cours partagés, Sirius se souvint soudain que son emploi du temps commençait aujourd'hui par un cours commun de potions...
Non mais franchement. Il cherchait, en vain, une explication à son comportement. Pourquoi s'était-il – inconsciemment – permis un tel geste avec Snape ? Si ça avait été n'importe qui d'autre, aurait-il eu de ce genre de réaction ? Par exemple s'il s'était agi de James, Remus ou Peter il n'aurait probablement pas réagi ainsi... Et pareillement pour n'importe quel autre élève de Poudlard. Il s'agissait donc bien de quelque chose en rapport avec Snape...
Où est-ce que ça avait bien pu commencer à déraper dans sa tête à propos de son ancien ennemi ?
« Ennemi ». Ce mot lui sembla quelque peu extrême. Bien sûr c'est ainsi qu'il avait considéré Snape, en tant qu'adolescent un peu stupide. Mais voilà Sirius allait bientôt avoir dix-sept ans, et à dix-sept ans on ne pense plus exactement de la même façon qu'à douze ou à treize. Ou même à quinze. Parce que c'était bien à l'époque de leurs quinze ans que les rapports avec Snape avaient commencé à changer, n'est-ce pas ?
Snape avait été le souffre-douleur de James – et donc le sien par association, admettait-il – pendant leurs cinq premières années d'études. Et puis Sirius avait fait la chose la plus stupide qui soit : donner l'opportunité à Snape de se retrouver nez à nez avec Remus en pleine transformation un soir de pleine lune. Là non plus le gryffondor ne savait pas ce qui lui était passé par la tête. Il n'aurait jamais cru que le serpentard se précipiterait réellement dans la gueule du loup...
Il n'empêche qu'à partir de ce moment-là, Dumbledore ayant passé un savon au gryffondor et demandé au serpentard de ne pas ébruiter le secret de Remus, cela avait signé comme une sorte de trêve entre les maraudeurs et le vert-et-argent. Plutôt que de se sauter dessus à la moindre occasion ils avaient tous préféré s'ignorer, arrêtant leurs pugilats. La guerre active qu'ils se livraient jusque là s'était d'abord transformée en guerre froide, puis en parfaite ignorance. Cela faisait bien longtemps qu'aucune véritable altercation n'avait éclatée entre eux... Du moins jusqu'à ce fameux soir, il y a trois jours, où Snape avait réveillé sa haine l'espace d'un instant. Et où Sirius n'avait apparemment rien trouvé de mieux à faire que cette action aussi impulsive que déroutante...
Il fut soudainement arraché à ses pensées par un nouveau commentaire de James qui lui fit relever la tête de son bol.
« Loin de moi l'envie de te couper dans ta méditation Sirius, mais si on ne veut pas être en retard pour le cours de potions je crois qu'il va falloir bouger. »
Face à cette réalité, une nouvelle question se forma dans l'esprit du gryffondor.
Était-il possible de se noyer dans un bol de céréales ?
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Sirius n'ayant finalement pas réussi à se noyer dans son bol pour échapper à la réalité de la vie, il s'était résolu à se rendre en cours. C'est en traînant les pieds qu'il se rendit jusqu'à la salle de potions. En entrant il constata avec un certain soulagement que Snape était arrivé avant lui et s'était assis au premier rang – Sirius fit bien attention de s'installer quant à lui tout au fond de la classe, aux côtés de James, derrière Peter et Remus.
Tout le monde était installé lorsque le professeur Slughorn entra dans la salle. Après avoir refermé la porte celui-ci se tint un instant en silence devant le tableau, promenant sur tous les élèves un regard plein de remontrances. Des murmures interrogateurs commencèrent à se faire entendre.
« Ne feignez pas l'étonnement, clama le professeur. Dois-je vraiment vous rappeler la fâcheuse situation sur laquelle notre cours de la semaine dernière s'est terminé ? »
Sirius eut un petit sourire aux lèvres. Il ne savait pas spécifiquement qui avait fait quoi, mais le cours précédent s'était soldé par l'explosion suspecte du chaudron d'un binôme de serpentards sous les rires des gryffondors.
« Cela ne peut plus durer, reprit Slughorn. Nombre d'entre vous sont à présent des adultes ou en voie de l'être, et vous devez apprendre à vous comporter comme tels. De fait, j'ai pris une décision. Aujourd'hui nous allons former de nouveaux binômes et vous devrez tous travailler en vue d'un devoir que vous rendrez d'ici un mois. Pour vous apprendre à collaborer, chaque binôme sera constitué d'un élève de serpentard ET d'un élève de gryffondor. »
Un brouhaha d'exclamations indignées s'éleva à cette annonce.
« Je ne prendrai en compte aucune objection. De plus, pour vous motiver dans cette collaboration, sachez que je me suis mis d'accord avec Argus Rusard : toute tentative de sabotage sera punie d'un mois entier de ménage supervisé par notre concierge. En plus de points retirés à votre maison, évidemment. »
Ceci valut à Slughorn bon nombre de regards noirs.
« Bien, enchaîna-t-il. Puisque j'imagine qu'il n'y aura aucun volontaire... J'ai décidé de tirer au sort les binômes. »
Il sortit du tiroir de son bureau deux petites boîtes, l'une contenant les noms des élèves de serpentard et l'autre ceux de gryffondor.
« A l'appel de votre nom vous viendrez vous asseoir à côté de votre nouveau partenaire. »
Le tirage au sort commença. Peu à peu, on vit plusieurs de couples rouge-et-vert se lancer des éclairs du regard avant de s'asseoir côte à côte à contrecœur.
Lorsque le nom de Sirius fut tiré celui-ci sentit son corps se raidir d'anticipation, mais il fut littéralement glacé de l'intérieur lorsqu'il entendit l'autre nom associé au sien.
« Sirius Black et... Severus Snape ? » lut Slughorn avec un étonnement qu'il ne put retenir – les antécédents conflictuels des deux élèves étant évidemment connus de tous les professeurs.
Ce fut apparemment Severus qui sortit le premier de sa torpeur.
« Professeur, je ne crois pas que ce soit une bonne id-
- Monsieur Snape, coupa Slughorn qui avait finalement repris ses esprits, tout le monde doit apprendre à collaborer. Vous et monsieur Black ne faites pas exception. »
Le professeur de potions fit signe au serpentard de ne pas chercher à argumenter davantage puis enjoignit Sirius à se lever pour venir auprès de son nouveau binôme. Toujours figé de stupeur, le gryffondor ne put se mettre debout qu'après que James, retenant apparemment un fou-rire, lui ait mis un coup de coude dans les côtes.
C'est la mort à l'âme que Sirius se traîna jusqu'au premier rang et se laissa finalement choir sur le siège à côté de celui du serpentard. Ce dernier avait détourné le regard, semblant soudainement fasciné par la contemplation du mur à l'opposé de Sirius.
Le gryffondor resta raide comme un piquet jusqu'à la fin de la formation des binômes tout en essayant d'ignorer les rires étouffés de ses amis au fond de la salle – rires qui se stoppèrent rapidement dès qu'ils furent eux-même répartis avec les vert-et-argent restant. Une fois la répartition terminée, Slughorn expliqua à la classe qu'il leur laissait le libre choix du sujet de leurs devoirs mais qu'ils devraient obligatoirement lui remettre une thématique ainsi qu'un plan avant de quitter le cours de ce matin.
Le silence flotta quelques instants. Un ange passa, puis deux, puis trois... Et, enfin, quelques légers murmures commencèrent à se faire entendre. Les gryffondors, prenant leur courage à deux mains, s'étaient peu à peu lancés dans des propositions auprès des serpentards, qui les jaugeait d'un air calculateur.
Du côté de Sirius néanmoins, aucune parole n'avait encore réussi à franchir ses lèvres. Le fait que son esprit était rempli d'un épais brouillard n'aidait sûrement pas dans la situation présente : il essayait vainement de ne pas penser à la dernière fois où il avait été en présence de Snape...
Ce dernier ne semblait pas plus pressé que lui d'entamer la discussion. Sa contemplation du mur tout en ayant les mains croisées sur la table devant lui aurait pu évoquer une sorte de prière, ou bien au moins un questionnement divin du type « Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour mériter une telle chose ? ». Toutefois, après un certain temps de silence pesant, Snape poussa un soupir à fendre l'âme avant d'enfin oser s'adresser à lui.
« Black... »
A l'appel de son nom, avec un effort colossal, Sirius réussit à tourner sa tête en direction du vert-et-argent.
« ...On ne va pas pouvoir y échapper, énonça froidement celui-ci. Alors autant se mettre au travail. Je ne tiens pas particulièrement à rester en ta compagnie après le cours parce qu'on n'aurait pas pu avoir le strict minimum d'échanges nécessaires pour sortir une thématique et un plan à Slughorn. »
Sirius hocha lentement la tête, lui aussi effectivement peu enchanté par cette perspective.
« Ok... concéda-t-il. Hm... » Sirius se redressa sur son siège, tentant de chasser son malaise tandis qu'il cherchait à poursuivre la discussion de la manière la plus cordiale possible. « Est-ce que tu as des idées ?
- J'imagine que ton pauvre cerveau de gryffondor ne te permet pas d'émettre une proposition ?
- Hé !
- Quoi, tu as une idée peut-être ? »
Sirius ne répondit rien, n'ayant en effet pas particulièrement eu la tête à réfléchir au sujet du cours jusque là. Severus interpréta son absence de réponse comme une confirmation.
Le silence plana entre eux pendant quelques temps puis à nouveau ce fut le serpentard qui le rompit, semblant avoir pris une décision après un débat intérieur. Il s'adressa à Sirius comme s'il lui coûtait de partager une information précieuse avec lui – à moins que ce soit juste de la répugnance à la simple idée de lui parler, Sirius n'était pas tout à fait sûr.
« Je propose qu'on parte sur les différentes potions de régénération sanguine et leurs usages dans l'histoire de l'inclusion des clans de vampires au sein de la société sorcière. J'ai lu un livre sur le sujet récemment et- »
Sirius ne put retenir un sourire amusé, son cerveau ayant automatiquement mis en lien le thème des vampires et le teint blafard de son partenaire.
« Quoi ? lança le serpentard sèchement en remarquant le sourire du gryffondor.
- Oh, rien, répondit Sirius. C'est juste que hm, les vampires... C'est un sujet qui te va très bien au teint.
- Black, coupa Severus d'un ton cassant, je te rappelle qu'on est censés collaborer, pas se lancer des insultes voilées.
- Hé, qui est-ce qui a sous-entendu que j'étais un gryffondor sans cervelle il n'y a même pas une minute ? »
Severus haussa un sourcil puis hocha subrepticement la tête.
« Touché, répondit-il finalement.
- Au moins tu ne nies pas... Bon, allez, parle-moi plutôt de ce fascinant livre que tu as lu. »
Severus lui lança un regard polaire à l'entente de l'ironie dans sa voix.
« Bah quoi, répondit Sirius innocemment, il n'était pas intéressant ce bouquin ? »
Le gryffondor se sentait sortir de cet état de figement grâce à son humour qui lui était revenu naturellement – il devrait juste veiller à le doser pour ne pas provoquer de conflit sous les yeux de leur professeur de potions ; mais voir l'air renfrogné du serpentard face aux piques qu'il lui lançait avait quelque chose de revigorant.
A contrecœur, Severus lui résuma finalement sa lecture. Sirius l'écouta disserter sur ce qui pourrait effectivement leur servir de base pour ce devoir commun – il aurait de toute façon accepté n'importe quel sujet tant que cela lui permettait d'expédier ce travail au plus vite.
Mais au milieu de son explication, le serpentard s'arrêta brusquement.
« Quoi ? lâcha-t-il au gryfondor.
- Quoi quoi ?
- Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ? »
Sirius reconnut qu'il avait peut-être fixé le serpentard sans ciller pendant plusieurs minutes. Merlin, il en fallait si peu à ce pauvre Snape pour être perturbé...
« Oh, ça ? C'est à cause de la passion qu'on peut lire dans ton regard » lui susurra-t-il en accompagnant ses paroles d'un clin d'œil.
Il retint un rire en voyant la tête outrée que tira le vert-et-argent.
« Bah quoi, c'est vrai ! Allez, raconte-moi la suite de ces fabuleuses découvertes » reprit-il en appuyant son menton dans le creux de sa main, prenant plaisir à mimer un air d'adoration devant la mine déconfite du vert-et-argent.
Après avoir cligné des yeux à plusieurs reprises, Severus se passa une main sur le visage, semblant tenter de réunir ainsi tout son self-control. Puis, lentement, il reprit ses explications sous les yeux attentifs – et légèrement rieurs – du gryffondor, qu'il fit de son mieux pour ignorer.
Quelques temps plus tard, tandis que les conversations étaient bien lancées, le professeur Slughorn se sentit obligé de venir à leur hauteur.
« Messieurs, pas de chamailleries » asséna-t-il en se plantant fermement devant eux.
« Mais monsieur on ne se chamaille pas- tenta Sirius avant d'être coupé.
- Bien sûr que si Black, et on ne pourra pas s'entendre tant que tu n'admettras pas que ton idée de plan ne tient pas la route.
- Et on ne pourra pas s'entendre tant que tu ne pourras pas admettre que tu es un tantinet psychorigide, répliqua Sirius sur le même ton.
- Stop ! » coupa Slughorn qui semblait prêt à éviter une éventuelle explosion nucléaire.
Le professeur étudia leurs idées et opta pour le plan de présentation qui lui sembla le plus pertinent. Il finit par quitter le binôme après s'être assuré qu'ils étaient tous deux d'accord, mais continua néanmoins à leur lancer des regards réguliers depuis le fond de la salle.
« Par Merlin, on dirait que Slughorn s'attend à ce que l'un de nous deux commette une tentative de meurtre.
- Je me demande où il a bien pu aller chercher une idée pareille » répondit Severus sarcastiquement.
Sirius s'apprêtait à répliquer qu'il n'avait jamais fomenté d'assassinat à l'encontre du serpentard lorsqu'il se rappela qu'il avait stupidement donné le moyen à Snape, il y a presque deux ans de ça, de s'introduire à l'intérieur du passage du Saule Cogneur menant à un loup-garou transformé. Il ne put s'empêcher de ressentir une pointe de culpabilité.
« Snape... commença-t-il après un moment de silence gêné. Si tu veux des excuses, je-
- Quoi ? Surtout pas ! coupa le serpentard, l'air horrifié. La situation présente est suffisamment loufoque sans que tu te mettes subitement à présenter je ne sais quelles excuses. »
Sirius pensa qu'il y a trois jours à peine ils avaient vécu une situation autrement plus étrange... Il ravala un sentiment au goût bizarre et poursuivit néanmoins.
« Oui, mais je-
- Mais rien du tout, coupa à nouveau Severus. Tu es Sirius Black, je suis Severus Snape-
- Bravo, quel constat.
- ...Et on se déteste, on ne se fait pas d'excuses, on doit simplement travailler parce qu'un enseignant un peu bedonnant l'a exigé, un point c'est tout.
- Ça sonne un peu auto-persuasion ce que tu dis là, non ? »
De nouveau, Severus se passa une main sur le visage.
« Tu sais, reprit-il au bout de quelques instants, peut-être que Slughorn a raison au fond.
- A propos du plan ? demanda Sirius.
- Non. A propos du fait qu'une tentative de meurtre puisse avoir lieu sous peu.
- Oh, vraiment ?
- Vraiment.
- Voyons Snape, comme si tu pouvais sincèrement faire une chose pareille.
- Ne me tente pas.
- Et pourquoi pas ? » répliqua Sirius en se rapprochant légèrement du vert-et-argent.
Celui-ci se décala le plus possible sur sa chaise.
« Ma parole, mais c'est que tu es masochiste en plus ! Cela expliquerait... » marmonna-t-il avant de soudainement s'interrompre.
Sirius se figea, se demandant s'il faisait référence au comportement qu'il avait eu dans le couloir il y a trois jours. Au fond il espérait que le serpentard ait occulté cet événement de son esprit – toutefois il devait concéder que cela était fort peu probable. Dommage. Car sans cet élément particulièrement gênant, Sirius aurait peut-être pris un certain plaisir à ce cours en compagnie de Snape.
Le gryffondor écarquilla les yeux à sa propre pensée. Les mots « plaisir » et « compagnie de Snape » sonnaient très bizarrement. Un peu de la même façon qu'avaient sonné « embrasser » et « Snape » dans la même phrase.
Sirius eut soudain l'envie de se taper la tête contre la table.
Il fut néanmoins interrompu dans son projet par la présence de Slughorn revenant prendre place devant le tableau, annonçant par sa posture l'imminence de la fin du cours. Avant de les laisser partir il donna néanmoins une dernière consigne à ses élèves.
« Bien, vous avez maintenant tous vos sujets. A partir de la semaine prochaine nous reprendrons les cours habituels ; ce qui implique que chaque binôme devra trouver du temps personnel pour travailler son devoir d'ici le mois prochain. Je vous conseille de jouer le jeu, car si vous ne prenez pas ce temps commun cela se ressentira forcément sur la qualité de votre travail et donc sur votre note finale. »
Suite à cette annonce Sirius n'osa pas regarder Severus, bien trop mortifié à l'idée de devoir passer du temps supplémentaire avec lui prochainement ; mais s'il l'avait fait, il aurait probablement vu au fond du regard du vert-et-argent la même petite onde de panique que celle ayant traversé ses propres yeux.
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Et voici pour ce second chapitre ! J'espère qu'il vous aura plu et vous aura donné envie de découvrir la suite. Je ne sais pas exactement à quelle fréquence je vais publier, mais je vais essayer de faire ça un peu régulièrement tant que j'ai des chapitres en stock (j'en ai douze jusqu'ici).
N'hésitez pas à laisser une petite review si le cœur vous en dit, ça fait toujours plaisir d'en recevoir ^.^
