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Mes sincères remerciements aux personnes qui ont pris la peine de laisser des reviews (surtout aux anonymes à qui je ne peux pas répondre directement), de même pour les favoris/follows, et aussi pour les lecteurs-fantômes (dont le passage est quand même visible sur les statistiques ^^) ; merci de faire vivre cette histoire !

(Bon par contre j'ai toujours un problème avec ffnet qui fait que je ne reçois pas les mails de notification, il faudra donc que je continue à penser à aller checker les reviews et les PM régulièrement.)

Voici donc le troisième chapitre de cette fic, bonne lecture !

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Partie I

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Chapitre 3

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« Alors, prêt pour ton rencard avec Snivellus ? »

Sirius sentit son corps se raidir à ces mots. Il envoya un regard noir à James, assis dans le fauteuil face à lui au milieu de leur salle commune, en compagnie des deux autres maraudeurs.

Premièrement il ne s'agissait pas d'un rencard, et deuxièmement bien sûr que non Sirius ne se sentait pas prêt.

Cinq jours s'étaient écoulés depuis le cours de potions avec Snape. Cours à la fin duquel ils avaient rapidement conclu, sans vraiment oser se regarder, de se retrouver dans une salle d'étude le samedi en fin d'après-midi pour avancer sur ce fichu devoir. Depuis lors ils ne s'étaient pas de nouveau adressés la parole, se lançant simplement quelques regards furtifs de temps à autres lorsqu'ils se croisaient lors d'un cours ou au détour d'un couloir, sans plus.

Et, surtout, Sirius n'avait pas eu le cœur à repenser à des théories qui pourraient expliquer son fameux geste de la semaine précédente – rien que le fait de savoir qu'il allait devoir régulièrement se retrouver en présence du serpentard lors des prochaines semaines pour étudier ensemble était déjà suffisamment stressant pour son pauvre cerveau en surchauffe.

Sirius se redressa sur son siège et se prépara à répliquer à l'attaque de James.

« Quoi, déjà ? demanda-t-il d'un ton faussement surpris. Ce n'est pas plutôt l'heure où Snape a son rencard avec Lily ? »

Son meilleur ami lui lança un coussin qu'il reçut en pleine figure.

« Ça ne marche plus les blagues sur Lily et Snape, rétorqua James. On sait maintenant que tu es bien plus son genre qu'elle. »

Sirius garda quelques instants le coussin devant son visage afin de dissimuler le rosissement ayant gagné ses joues à cette réplique, qui avait fait remuer désagréablement quelque chose en lui. Il dut faire un effort pour se convaincre que non, James n'était pas au courant de ce qu'il s'était passé entre lui et Snape, et faisait simplement allusion aux rumeurs qui avaient circulé sur le serpentard il y a quelques temps. Serait-il en train de virer parano... ?

« Ça alors, se reprit-il néanmoins après un instant. Moi qui croyais que Snape avait des vues sur Peter...

- Quoi ? » couina le petit gryffondor assis à côté d'eux, sous l'œil amusé de Remus.

Sirius prit un air particulièrement sérieux.

« Ne me dis pas que tu n'as rien remarqué !

- Euh...

- Peter, je crois que Sirius est en train de se payer ta tête » pointa très justement Remus.

Peter eut un air soulagé, puis offusqué, avant de lancer lui aussi un coussin sur Sirius.

« Ah, s'exclama celui-ci dans un élan dramatique. Si mes propres amis me maltraitent, il vaut peut-être mieux que j'aille rejoindre ce cher Severus en effet.

- Tu as raison, lui au moins saura prendre soin de toi, il est si doux et attentionné, répliqua James en papillonnant des yeux.

- Il sera encore plus doux et attentionné après notre prochaine blague ! » renchérit Peter.

Sirius tiqua intérieurement en repensant à la fameuse farce à l'encontre des serpentards qu'ils avaient prévu depuis des lustres déjà, mais dont ils ne cessaient de repousser les préparatifs puisque, dernièrement, il n'était jamais possible de se réunir tous les quatre suffisamment longtemps : chaque fois l'un des trois autres maraudeurs faisait faux bond pour cause de romantisme aigu. Il préféra ne rien répondre à James et Peter pour ne pas déverser la mauvaise humeur qui l'animait face à ce constat, et leur tira simplement la langue tandis qu'il se mettait finalement debout, résolu à se rendre à son rendez-vous avec Snape. Il tourna le dos à ses amis et sortit de la salle commune d'un pas faussement assuré, tandis qu'une légère angoisse commençait à remuer dans ses entrailles.

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Sur le trajet, Sirius s'était plusieurs fois demandé s'il ne valait pas mieux qu'il rebrousse chemin. L'idée d'une confrontation avec Snape semblait lui donner quelque peu la nausée. Mais, à présent qu'il était arrivé devant la porte de la salle d'étude, Sirius rassembla tout son courage pour entrer.

La salle était relativement petite et agréablement chaleureuse. La lumière du feu de cheminée ronflant au fond de la pièce se réverbérait sur les murs en briques, donnant la sensation que la chaleur se diffusait au travers. Devant la cheminée se trouvaient un petit canapé ainsi que deux fauteuils, tandis que le reste de la pièce était composé de deux longues tables encadrées de bancs, ainsi que de plusieurs étagères fournies de livres. Snape était assis sur l'un des bancs, deux livres ouverts et un parchemin devant lui – et Sirius constata qu'ils étaient seuls dans la pièce.

« Salut ! » lança joyeusement Sirius tout en avançant dans sa direction.

Severus ne leva pas le nez de son parchemin sur lequel il était déjà en train d'écrire et émit un grognement étouffé que le gryffondor choisit d'interpréter comme un « Salut, ravi de te voir moi aussi ».

Sirius lança un regard appuyé à la salle autour d'eux tout en s'asseyant aux côtés du vert-et-argent.

« Ça m'étonne qu'il n'y ait personne d'autre ici.

- C'est parce que je nous ai réservé la salle » maugréa Severus pour toute réponse.

Le visage de Sirius se fendit d'un grand sourire.

« Ça alors ! Tu voulais qu'on passe du temps rien qu'en tête-à-tête ? »

Severus releva son regard à cette remarque.

« J'ai déjà bien assez avec un seul parasite, rectifia Severus. Je ne prendrai pas le risque d'avoir d'autres élèves stupides perturbant mon travail. »

Puis il se repencha sur son parchemin.

« Tu sais que tu as un certain talent pour les compliments ? » répliqua Sirius, au fond amusé par l'attitude renfrognée si caractéristique de son binôme.

Severus ferma les yeux et prit une inspiration.

« Si tu es juste venu pour m'agacer, tu sais, tu peux tout aussi bien repartir.

- Allons Snape, ne fais pas ton parano. Je suis venu pour travailler.

- Mais bien sûr. Et tu fais ça pour les beaux yeux de Slughorn j'imagine ?

- Non, pas du tout. Je le fais pour tes beaux yeux à toi. »

Severus se pinça l'arête du nez et leva les yeux au ciel. Sirius quant à lui se mordit l'intérieur des joues ; titiller Snape de la sorte était sincèrement plus fort que lui. Puis le serpentard lui jeta un regard façon soyons-sérieux-deux-minutes-tu-veux ; Sirius releva le défi proposé et prit un air sérieux en retour.

« Ok Snape. Aussi fou que cela puisse paraître, j'aimerais juste avoir une note correcte à ce fichu devoir.

- Et depuis quand les gryffondors s'intéressent-ils au fait d'avoir de bonnes notes ? répliqua Severus sarcastiquement.

- Le gryffondor face à toi aimerait simplement avoir une bonne note à ses ASPIC, pour pouvoir faire des études... un jour... »

L'air de Sirius s'assombrit alors, comme cela se produisait à chaque fois qu'il se mettait à penser à son avenir. Severus ne rata pas ce changement d'humeur. Depuis longtemps déjà, il suspectait que sous les airs charmeurs et stupides de Black se cachait quelque chose de plus sombre. Non pas qu'il s'en soucie pour autant, bien sûr. C'était là un simple constat.

Face à ce silence un peu pesant il se racla la gorge, ce qui sembla ramener le gryffondor au moment présent.

« Enfin bref, reprit subitement celui-ci. Je vois que tu as déjà commencé, dit-il en désignant d'un mouvement de tête le parchemin sur lequel le serpentard avait déjà pris des notes.

- Exact. Si tu veux t'y mettre toi aussi... »

Sirius fit le choix de ne pas relever la pique sous cette invitation et sortit de son sac une plume et un parchemin, puis se saisit de l'un des livres devant Snape pour en étudier le contenu. En silence, il commença à prendre ses propres notes.

Severus se fit peu à peu la réflexion que Black semblait effectivement posséder un cerveau, ainsi que la capacité de s'en servir ponctuellement, comme cela semblait être le cas présentement. Ils travaillèrent un moment dans le calme, échangeant de temps à autre quelques commentaires laconiques sur leurs idées respectives. Le serpentard n'aurait pas pensé que l'autre puisse être calme et studieux, surtout aussi longtemps.

Une heure s'était écoulée lorsque le gryffondor reprit toutefois ses airs habituels.

« Ça va bientôt être l'heure du repas » remarqua Sirius en levant le nez vers l'horloge accrochée au mur.

Severus ne répondit pas, restant concentré sur son écrit.

« Tu ne veux pas aller manger ? reprit-il.

- J'imagine qu'en bon gryffondor tu es du genre à faire passer ton estomac avant ton intellect, donc si tu veux suivre ton instinct va manger, je t'en prie. Personnellement je préfère finir ce que j'ai commencé. »

Ce fut à Sirius de lever les yeux au ciel, marmonnant un « rabat-joie », avant de se remettre au travail. Ce fait laissa Severus perplexe.

« Tu n'es pas obligé de rester, précisa-t-il au rouge-et-or.

- Ben si un peu quand même.

- Et pourquoi donc ?

- Bah je sais pas, ce serait quand même pas très sympa de te laisser terminer tout seul. »

Cette réponse eut l'air d'horrifier le serpentard

« Bah quoi, qu'est-ce que j'ai dit ?

- Sympa ?! répéta Severus, les yeux écarquillés. Mais enfin Black, réveille-toi, il n'y a jamais rien eu de sympa entre nous !

- Oui, bon, ben à défaut de sympathiser on pourrait au moins faire l'effort de s'entendre.

- Non ! répliqua Severus immédiatement. Mais enfin, tu marches sur la tête ! On se déteste, nous sommes ennemis-

- Oui enfin, coupa Sirius, c'est surtout James ton ennemi de toujours.

- Et toi par extension ! Tu ne vas quand même pas me dire que Potter a été le seul à me harceler durant toute ma scolarité !

- « Harceler », tout de suite...

- Oui, Black. Harceler. C'est comme ça que s'appelle le fait de prendre quelqu'un pour souffre-douleur, à répétition, pendant des années.

- Hé, oh, je te rappelle que tu ne t'es pas gêné pour nous faire des crasses non plus. Tiens, je sais qu'on n'a jamais réussi à le prouver officiellement, mais je sais que c'est toi l'auteur de cette invasion de cafards-vampires dans notre dortoir lors de notre cinquième ann- »

Sirius s'interrompit dans son propos, faisant le lien entre cette mésaventure et le sujet de leur exposé.

« Dis-moi Snape, tu n'aurais pas une sorte de fascination pour les vampires par hasard ?

- Et tu ne serais pas en train de changer de sujet, par hasard ?

- Hm. Bon, je disais : il n'empêche que tu nous as bien rendus la pareille pendant tout ce temps.

- Parce que vous avez commencé à me prendre comme bouc-émissaire, dès le première jour !

- Oh quoi alors, tu es une pauvre victime ?

- Oui Black ! s'emporta Severus. Pendant cinq ans j'ai été votre victime, constamment ! »

Les mots et la colère de Snape frappèrent Sirius comme une gifle en plein visage. Il sentit à nouveau une angoisse lui étreindre les tripes tandis que les paroles du serpentard cheminaient dans son esprit. Ce qu'il avait jusque là considéré comme des blagues d'adolescents un peu stupides prenaient une autre tournure sous la détresse visible du vert-et-argent. Les mots victime et harceler tournèrent dans son esprit, qui considérait véritablement les choses sous cet angle pour la toute première fois.

Avaient-ils vraiment été si odieux avec Snape ? « Oui » lui souffla une part de lui, accentuant son malaise. Il tentait de se rassurer en se disant que Snape n'avait pas été tendre avec eux non plus, mais... Il se demanda alors, si James et lui n'avaient jamais lancé les hostilités... Est-ce que ça aurait été Snape qui aurait commencé en premier les attaques à leur encontre ? Probablement que non... Le serpentard s'était peut-être simplement défendu, transformant au fil des ans sa défense en attaques.

Sirius se sentit soudain vieux, fatigué, et honteux. Il se prit la tête entre les mains.

« Quoi, reprit Severus sarcastiquement. Ne me dis que tu viens tout juste de t'en rendre compte ? »

Sirius se serait senti encore plus stupide s'il avait répondu honnêtement à la question. Alors, il préféra répondre autre chose.

« Je suis désolé, dit-il en relevant lentement la tête.

- Ah non, se renfrogna Severus. Tu ne vas pas recommencer avec tes stupides excuses-

- Ça semble quand même approprié, coupa Sirius.

- Oui mais non ! Pas de ta part ! Tu es Sirius Black, imbu de ta personne, qui ne sait pas se remettre en question et qui me déteste, un point c'est tout.

- Vraiment Snape ? Ça t'est si difficile que ça de concevoir que les gens peuvent changer ?

- Euh, oui » répondit Severus on ne peut plus sérieux.

Sirius soupira.

« Et bien désolé de bousculer tes petites croyances, mais il n'empêche que je m'excuse, voilà.

- Black, reprit Severus d'un air grave. Je crois que tu as un sérieux problème mental. Là tu me présentes des excuses, énuméra-t-il d'un air effaré en commençant à compter sur ses doigts. L'autre soir tu- »

Il interrompit net son énumération, figé par ce qu'il s'apprêtait à dire. Severus constata que Black avait malheureusement deviné la fin de sa phrase puisque celui-ci s'était soudainement mis à gesticuler maladroitement sur sa chaise.

« Oui ben pour ça aussi, marmonna le gryffondor, je m'excuse.

- Tu vas arrêter oui ?

- De quoi ?

- De t'excuser à tout bout de champ comme ça !

- Mais enfin quoi, c'est vrai ! Je ne sais absolument pas ce qu'il m'est passé par la tête à ce moment-là. J'ai un circuit cérébral qui a dû griller...

- J'ai remarqué ça, oui. »

Sirius interrogea le serpentard du regard.

« Enfin Black, s'exclama Severus. Tu étais limite encore plus choqué que moi ! Ce qui n'est pas peu dire. »

Sirius hocha lentement la tête, ne sachant trop quoi répondre.

« ...C'est pour ça, reprit le serpentard, je vais me répéter, mais... sincèrement, je crois que tu souffres d'un problème mental. Tu devrais songer à consulter un psychomage. »

Cette réplique donna soudainement à Sirius l'envie de rire.

« Ça alors, tu t'inquiètes pour moi ?

- Je m'inquiète surtout pour moi oui » rétorqua Severus.

Le gryffondor lui lança un regard curieux.

« Oh ça va, répliqua-t-il nonchalamment. Ne t'inquiète pas, ce n'est pas comme si j'allais recommencer.

- Ça, c'est ce que tu dis.

- Pardon ? » demanda Sirius, surpris.

Même s'il n'était pas franchement convaincu de son argumentaire, Severus avait besoin de pointer le comportement étrange du gryffondor à son égard – et, au passage, peut-être pouvait-il l'humilier un peu.

« Black, répondit-il avec tout son sérieux. Tu essayes d'être « sympa » avec moi. Tu me sors régulièrement ton espèce de sourire charmeur à la noix. Tu me parles de « tête-à-tête », de mes « beaux yeux »... Je ne suis pas un grand spécialiste des relations humaines, mais tout de même, ce genre de comportement pourrait très franchement faire penser à ce qu'on appelle habituellement de la drague.

- Quoi ? s'offusqua Sirius. Mais non ! Enfin, c'est... c'est juste une façon de te taquiner pour te dérider un peu !

- Toute plaisanterie possède un fond de vérité » répliqua Severus.

Le silence qui s'ensuivit sembla particulièrement pesant pour le pauvre Sirius qui ne savait plus quoi penser.

Et, même s'il n'en laissait rien paraître, c'était loin d'être confortable pour Severus non plus... D'autant plus qu'il s'était attendu à ce que le gryffondor nie un peu plus fort que ça, pas à ce qu'il envisage qu'il puisse sérieusement y avoir un fond de vérité là-dedans. Ce fût soudain très, très dérangeant. Alors, d'un air aussi imperturbable que possible, il se mit debout et rangea ses affaires.

« ...On finira ça plus tard » maugréa-t-il avant de s'en aller prestement.

Il laissa Sirius planté seul sur le banc de la salle d'étude, perdu dans ses réflexions, et ne sachant pas vraiment si dans sa dernière phrase le serpentard avait voulu parler de leur devoir de potions ou bien de l'étrange conversation qui venait d'avoir lieu entre eux.

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Ah, pauvre Sirius, c'est parfois bien compliqué de voir la réalité en face... Bon, et Severus fait le stoïque mais au fond il n'en mène pas large non plus !

Les pérégrinations mentales de nos deux personnages seront à suivre lors de la prochaine publication (que je prévois pour le week-end prochain). N'hésitez pas à donner votre avis entre-temps ~