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GOODBYE

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Mon énergie magique dépendait de mon endurance physique. Elle se matérialisait par des courants d'énergie rougeâtres et scintillants, comme des formes semblables à de la brume, qui s'échappaient par les paumes de mes mains.

Pour l'instant, je pouvais uniquement laisser échapper une faible voire moyenne quantité d'énergie et mouvoir des objets, suffisamment proches et de faibles corpulences. C'était comme de la télékinésie. Et je trouvais ça tellement jouissif…

Mais un point me troublait : à l'instar de Luffy ou Robin qui, d'après ce que je sais, usaient de leurs pouvoirs sans problèmes comme faisant parti intégrante d'eux, moi je devais développer mon énergie. Je pouvais la sentir se mouvoir à l'intérieur de moi, augmentant de jour en jour au fur à mesure que je pratiquais.

Je fronçais des sourcils, les mains levés, concentrée sur l'oreiller qui flottait à l'autre bout de la chambre que je partageais avec Laura et Chiffon au château.

Enveloppé par ma magie, l'objet vola jusqu'au milieu de la pièce.

Puis soudainement, la porte de ma chambre s'ouvrit sauvagement, se heurtant avec fracas contre le mur. La pièce trembla légèrement. Déconcentrée, mon flux d'énergie s'arrêta automatiquement et l'énorme oreiller tomba au sol à quelques pas de moi.

« Oh Coco ! Tu es là ? » constata Mont d'Or en entrant dans la chambre, les mains dans les poches. Et il n'était pas seul : Mash, Citron, Tablette et Smoothie l'accompagnaient.

- Tu ne sais pas toquer avant d'entrer ? soupirai-je en me levant du sol sur lequel j'étais assise. Franchement ? T'es un sauvage ?

- Je t'avais dit de t'annoncer avant d'entrer comme un bourrin, dit calmement Tablette.

- Ah. Je pensais qu'un intrus s'était faufilé jusqu'ici… autant pour moi, Coco.

- C'est bon. »

Soudainement, on me souleva du sol et je fus écrasée dans une monstrueuse étreinte. Dois-je rappeler le fait que pour la majorité des enfants de Big Mom, ils étaient à moitié ou totalement géants ? J'étais l'une des exceptions, bien sûr.

« Ma petite chérie, tu m'as tant manqué ! S'extasia Mash, collant frénétiquement sa joue contre la mienne. Pourquoi tu ne viens jamais me rendre visite, dis ? »

Aaah Mash. Elle était comme la tante trop collante que vous aimeriez voir uniquement une à deux fois dans l'année. Seulement, elle était l'une de mes sœurs aînées et vivait sur Whole Cake Island, comme beaucoup qui avaient fait le choix de ne pas avoir de maisons propres à chacun.

« Elle a raison ! Attaqua Citron en riant face à mon désarroi. Et depuis quand tu ne viens pas saluer tes aînés ? En réalité c'est toi la sauvage, Coco !

- Pardon, je comptais venir seulement... Mash, doucement voyons ! Seulement, repris-je en m'éloignant légèrement quand elle finit par me relâcher, la cocoteraie et la palmeraie me prennent beaucoup de temps. Mais oui, tu as raison. Bonjour.

- Bonjour Coco, me salua cordialement Tablette.

- Et que nous vaut ton humble présence aujourd'hui ? Me demanda Mont d'Or en se penchant vers moi.

- Je suis venue voir les petits.

- Tu n'as d'yeux que pour eux. Ma parole, t'es une vraie maman poule !

- En quoi est-ce mal ? Je me préoccupe d'eux, il y a rien de plus normal.

- N'écoute pas cet idiot jaloux, dit Citron sans prêter attention à la moue faussement blessé que lui adressa Mont d'Or.

- Vous alliez quelque part ? Demandai-je, intriguée.

- Oui. C'est une bonne chose que tu sois là Coco, dit Smoothie les bras croisés. Mama nous attend pour le dîner.

- Ah d'accord.

- Allons-y ! » Ordonna t-elle d'un ton ferme. Katakuri sort de ce corps !

En chemin jusqu'au toit du château, là où se déroulait généralement les repas et les tea party, nous nous échangeâmes quelques mots : Mont d'Or me demanda comment j'allais et m'interrogea sur mon fruit du démon avant de me raconter sa récente expédition avec Oven. Tablette souhaitait savoir comment allaient les affaires sur ma petite île, très intéressé par mon apprentissage sous les ordres de Compote.

Exceptée Mash qui intervenait par moment lorsque j'expliquais un point concernant mes activités sur l'île, Smoothie et Citron se contentèrent d'écouter nos discussions en silence à l'avant de notre petit cortège.

En arrivant sur la terrasse, mon attention se porta directement sur Big Mom assise à la table principale et accompagnée de quelques membres de ma fratrie. D'autres de mes frères et sœurs s'étaient regroupées parmi les tables circulaires présentes et les plus jeunes étaient entre eux, surveillés par leurs nourrices.

« Allons saluer Mama ! » dit Smoothie en s'avançant vers la table où elle était assise.

Quand elle nous vit, Big Mom nous adressa à peine un hochement de la tête avant d'attraper une poignée de mini-fours que les serveurs avaient rapporté dans le but de la faire patienter elle les fourra dans sa bouche puis commença à réclamer autre chose...

Sans un mot, Smoothie nous pressa d'aller trouver une place et Perospero, assis à la même table que Mama, ordonna aux domestiques d'apporter les plats. Bonne idée, évitons que Mama nous refasse une autre fringale !

Dans un premier temps, je suivis Mont d'Or et Tablette mais à mi-chemin, je fis demi-tour lorsque je vis où est-ce qu'ils se dirigeaient - à la table de Cracker avec ses jumelles, Mélise, Broyée et Daifuku. Chouette, la table des Pervers. Rapidement, j'analysai la pièce du regard et je vis Chiffon, dos à moi, qui discutait avec Marble et Galette à une table très éloignée. Je trottai jusqu'à eux, soulagée.

« Vous permettez que je me joignes à vous ? » Demandai-je.

Chiffon se tourna sur sa chaise, agréablement surprise de me voir.

« Oh ! Bien sûr, Coco !

- Tu n'as même pas besoin de le demander. C'est toujours un plaisir de te voir, petite sœur, me dit Marble tandis que je m'asseyais à côté de Chiffon. Ça fait un baille que l'on s'est pas vu.

- Salut. Et oui, c'est vrai. Comment ça va, depuis ? »

Les domestiques avaient ramené les plats d'entrées à notre table. Je passais un moment agréable à discuter avec mes sœurs, bien que la compagnie de Chiffon – qui était un ange à mes yeux - aidait à me détendre un petit peu. J'appréciais Galette et Marble mais nous n'étions pas suffisamment très proches (pas comme lorsque j'étais môme) – et le fait que nous étions quatre-vingt six enfants Charlotte n'aidait certainement pas.

Vers la fin du service, on ramena une multitude de tartes, de gâteaux et desserts glacés en tout genre. Les repas chez les Charlotte, c'était quelque chose – même après tout ce temps, j'étais toujours aussi stupéfaite et atterrée par toute cette opulence.

Personnellement, je me contentai d'une part de gâteau à la banane. Je fermai des yeux un bref instant, savourant le morceau que je venais de mettre dans la bouche. Dé-li-cieux. Y a pas à dire, les cuistots de Mama sont incroyables !

Puis, soudainement m'apparut l'image d'un certain cuistot aux cheveux blonds – s'affairant sur un navire-restaurant à des milliers de kilomètres d'ici. J'esquissai un faible sourire. Si nos chemins se croisent et s'il est d'accord, je lui demanderai de me refaire ce gâteau… non ! Mieux que ça, un gâteau à la noix de coco et à la vanille ! Oh mon dieu, j'en salive déjà ! Il faudra néanmoins supporter ses manières de pervers mais ça en valait le coup...

« Coco ? C'est quoi ce petit sourire ? » Me demanda Chiffon en riant, me tirant de mes pensées. J'ouvris les yeux puis je tendis ma mini-fourchette en montrant ma part à moitié entamée.

« Ce gâteau est incroyable, c'est tout. »


Sans un bruit, j'ouvris la fenêtre de ma chambre en grand. Il faisait encore nuit et les rues alentours étaient désertes.

Je lançai la corde, qui était en réalité des draps que j'avais noué entre eux, par la fenêtre. Sortir de chez moi par la grande porte était inenvisageable à cause du grand miroir dans le salon... À coup sûr, Brûlée me prendrait sur le fait.

Ça y est, c'était l'heure de partir. Un instant, je jetai un rapide coup d'œil à la pièce, mémorisant un dernier instant ma chambre - mon refuge depuis j'avais quitté le château de Mama pour venir sur l'île des palmeraies...

À bientôt.

J'enjambai le bord de la fenêtre en tenant la corde que j'avais solidement attaché à mon lit. Tant bien que mal, je réussis à descendre.

De peur de croiser un habitant de l'île et pour éviter tout soupçons, j'ai choisi de porter mes vêtements habituels : Une longue jupe légère beige fendue légèrement sur le côté avec une blouse blanche à dentelle et aux manches courtes. Aux pieds, j'ai préféré garder mes habituelles spartiates marrons.

La seule nouveauté était le petit sac à dos vert-forêt sur lequel étaient représentés des petits lapins blancs et des ours bruns – un cadeau de la part de Gaufrette pour mon dix-septième anniversaire elle connaissait si bien mes goûts et mon amour pour les accessoires kawaii. 'No judgement please.'

Ma petite chérie, excuse-moi...

Le rendez-vous avec Laura était sur la plage de la cocoteraie. À l'aube, son navire sera au large de l'île et elle viendra me récupérer sur la plage en chaloupe, donc il fallait que je m'y rende rapidement.

Ma maison se trouvait à l'extrémité du village et donnait directement sûr la plage – seulement l'exploitation se trouvait à l'autre bout de l'île. Pour m'y rendre, je devais donc contourner le village en marchant pendant une bonne dizaine de minutes sur la plage.

Ça va le faire, Let's Go !

Tenant fermement les sangles de mon sac à dos, je m'avançai vers la plage, résolue.


Laura m'enlaça dans ses bras dès que je fus dans la petite chaloupe.

« Coco. » l'entendis-je soupirer dans le creux de mon cou.

Je me dégageai légèrement pour mieux voir son visage puis lui adressai un large sourire.

« Hello… alors, prête pour l'aventure ?

- Tu es sûre de toi, Coco ?

- Laura…

- Ce sera ta première fois en mer.

- Justement, c'est ma première fois comme tu dis... Si je ne pars pas maintenant, quand le pourrai-je ? »

Nous nous regardâmes fixement pendant un bref moment

« Ne reviens pas sur ta parole. »

Laura hocha finalement de la tête, décidée.

« Très bien. Carruz, allons-y ! ordonna t-elle, le ton ferme.

- OK boss. »

C'est à ce moment-là que je me rendis compte de la présence dudit Carruz. L'homme, la trentaine, portait des lunettes de soleil et ses cheveux noirs plaqués en arrière me firent penser à Crocodile. Un pistolet était accroché à sa taille. Prudemment, je m'assis en face de lui et lui adressai un sourire poli qu'il me rendit.

Charmant.

« Bonjour. Merci d'être venu… Carruz, c'est ça ?

- Avec plaisir, mademoiselle. Et oui, c'est bien ça.

- Enchantée. Et tu peux m'appeler Coco. »

Laura aida la petite embarcation en la poussant dans l'eau avant de remonter sur la chaloupe.

« Donc… Carruz ?

- Oui ?

- J'imagine que ma sœur t'a déjà fait une demande en mariage ? »

Carruz s'esclaffa de rire avant de me répondre par l'affirmative.

- F-Franchement Coco ! »

- Je le savais ! »


Bonjour bonjour, petit chapitre avant les fêtes de fin d'années. Navré pour l'attente encore une fois, la fac et les partiels me prennent beaucoup trop de temps. Merci à La Muerte Dorada, Hikimari et Merry Archer pour vos commentaires ! Je n'ai pas pu prendre le temps de vous répondre mais sachez que grâce à vos messages ça me donne l'envie de continuer ! Ça n'excuse pas tout mais encore une fois, j'espère que vous ne m'en voulait pas trop. Sinon, vous avez le droit ^^ et pour me faire pardonner je vous réserve une surprise pour le prochain chapitre. La suite en janvier : L'île des hommes poissons, rencontres à Sabaody et le début de l'aventure en solo pour Coco. Je prévois un gros chapitre donc soyez à l'affût ! Hihihi. Des bisous et prenez soin de vous surtout.