De tout cœur, Ilinka aurait préféré qu'ils entrent directement en hyperespace. Ça aurait été comme arracher d'un coup sec un pansement.
Malheureusement, ils s'étaient lentement éloigné, traversant tout le système solaire, cachés sous les occulteurs. Malgré les efforts de Tom pour jouer les guides touristiques et prendre le temps de leur laisser contempler Mars ou Saturne, cela avait pour elle plus des airs de torture qu'autre chose.
Autre détail terrible : avant même leur départ, ils s'étaient tous empressés d'enlever leur collier. Elle était la seule à l'avoir gardé.
Elle aurait dû trouver mignon la tendresse avec laquelle sa mère traitait son père depuis que ce dernier avait enlevé l'hologramme. Cette manière radieuse qu'elle avait de lui tenir la main, ou de caresser distraitement ses longs cheveux blancs, comme une adolescente amoureuse. Mais elle se sentait juste nauséeuse. Répugnée par l'ampleur d'un mensonge auquel elle ne voulait pas renoncer.
Elle s'était entraînée à enlever son collier, dans le secret de la chambre de Zen, mais là, soudain, ce n'était plus du tout pareil.
Zen n'avait pas fait mystère de son soulagement de retrouver sa vraie apparence. Il était certes peiné de quitter la Terre, mais ravi de ne plus avoir à « se cacher » comme il disait.
Rorkalym n'était pas aussi enthousiaste, mais il prenait les choses avec le même genre de détachement que son hybride de père. L'hologramme n'était qu'un outil, qui avait perdu son utilité. A quoi bon s'en encombrer?
Sans doute devait-elle se considérer malgré tout chanceuse qu'en dépit de son empressement, Markus ait renoncé à faire d'emblée un don de vie à sa femme. C'était apparemment une promesse entre eux.
Mais là, tout de suite, elle ne sentait pas capable de supporter, en plus de tout le reste, de voir une nouvelle fois sa mère défoncée à l'enzyme. Et encore moins capable d'encaisser la cruauté dont elle la savait capable.
Un contact télépathique la sortit de ses pensées moroses.
« Oui ? »
La porte s'ouvrit sur Markus qui se faufila dans la pièce.
« Tu portes encore ton collier. » nota-t-il, d'un ton trop neutre.
Elle opina simplement. Depuis le départ, ses parents avaient régulièrement tenté de la convaincre de s'en séparer.
« Ilinka, ça fait cinq jours. Ça devient ridicule. »
« Mais je me sens bien avec. Ça me rassure... » murmura-t-elle.
Son père gronda, son esprit froid d'une détermination implacable.
« On dirait que tu as honte d'être wraith. »
Elle le fixa, sa vue de plus en plus brouillée par les larmes qui lui montaient.
Qui était cet inconnu à la peau verte ? Elle renifla. Elle voulait son papa. Gentil et rassurant. Pas cet étranger effrayant !
« Tsssh ! Tu n'es plus une larve. Ces caprices sont indignes de toi ! Donne-moi ce collier. » siffla-t-il, découvrant une longue série de dents translucides en un rictus mauvais.
Cette fois, elle éclata en sanglots pour de bon, serrant compulsivement le collier dans sa main.
« Je veux pas ! Je veux pas être un monstre ! »
« Ça suffit ! Je t'interdis de dire des choses pareilles ! Donne-moi ce collier ! » gronda-t-il, tentant de lui faire lâcher le précieux pendentif.
La lutte fut brève. Avec un grondement victorieux, il se redressa, le collier à la lanière brisée en main.
Se recroquevillant sur le sol, elle ne put que cacher son visage dans ses genoux, sanglotant hystériquement, hoquetant son incompréhension, incapable de réaliser ce qui venait de se passer.
« Ma petite reine, calme-toi ! Ne pleure pas, s'il te plaît ! Ce n'est pas grave ! Tu es très belle ! Ne pleure pas... je t'en supplie... » bafouilla-t-il, en voyant sa réaction.
Son père tendit une main hésitante, mais elle recula, se recroquevillant encore plus.
« Ma princesse... Je... Je suis désolé... je n'avais pas le choix. »
La main resta encore en suspens quelques instants, puis il recula, emplit d'une culpabilité aigre.
Voyant qu'elle ne se calmait pas malgré la distance qu'il avait mise entre eux, il sortit.
Au bruit de la porte qui se refermait, Ilinka osa se déplier un peu. Seulement pour s'appuyer contre le mur, et sangloter plus fort encore.
.
« Tu as fait quoi ?! » s'étouffa Rosanna.
Piteux, il baissa la tête. Il ne s'attendait pas à ce que ce soit un moment agréable, mais il ne pensait pas qu'Ilinka réagirait aussi mal.
Sa femme inspira à fond, se massant les tempes.
« T'es un gros bourrin, tu le sais ça ? »
Elle lui en voulait. Pas sur le fond, mais sur la forme de ses actes.
Elle tendit une main, et il y déposa le pendentif. L'objet avait été utile pendant toutes ces années, mais le voir si obstinément accroché au cou de sa fille, c'était comme regarder une sangsue vampiriser son enfant. Ça devenait à chaque instant plus intolérable.
Son humaine n'avait pas vu de problème à lui laisser l'artefact. Mais elle était humaine, justement. Elle n'avait jamais eu à cacher sa véritable apparence. Elle ne pouvait pas vraiment comprendre.
« Tu vas le lui rendre ? » demanda-t-il, dépité par avance.
Sa femme soupira.
« Non. Mais je vais aller lui parler, et ça ne va pas être agréable... »
Il opina, acceptant entière le blâme muet qui lui était adressé. Il était l'unique responsable de cette situation.
« Tu veux que je m'en occupe ? »
« Non, merci. Tu en as déjà assez fait comme ça. Tu iras t'excuser. Plus tard. »
« Merci, ma douce humaine. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. »
Rosanna pouffa.
« On se demande... »
Il sourit. Peut-être n'était-ce pas aussi grave qu'il y paraissait.
.
« Salut. »
La porte était restée obstinément fermée jusqu'à maintenant. Est-ce que sa mère avait demandé un passe-droit à la passerelle, ou le vaisseau reconnaissait-il en elle un de ses créateurs ? Ilinka l'ignorait, et cela ne changeait rien au fait que Rosanna se tenait à présent devant elle.
Elle n'essaya pas de se cacher. A quoi bon ? En dehors de ses draps, il n'y avait aucun abri dans sa cabine.
Sa mère se contenta de s'asseoir sur la couchette en face d'elle. Ilinka se sentit soulagée qu'elle n'essaie pas de la toucher.
« Si Markus a bien un défaut, c'est son impulsivité. Parfois, il se met en tête qu'il n'y a qu'un seul et unique moyen de régler un problème, et à partir de là, il fonce. Tout droit, tout fort. Sans s'arrêter jusqu'à ce qu'il ait accompli ce qu'il projetait de faire. Ce n'est qu'après qu'il se demande si c'était vraiment la bonne chose à faire... »
« Du coup, tu vas me le rendre ? » marmonna-t-elle, fixant obstinément ses pieds crispés sur le drap chiffonné de sa couchette.
« Non. Je ne vais pas te le rendre. Ton père a eu tort sur la manière de faire, mais pas sur le fond. Que tu gardes encore un peu le collier n'est pas en soi un problème... »
« Alors donne-le-moi ! »
« Non. Parce que tu t'en sers pour te cacher derrière. »
« C'est à ça qu'il sert ! »
« Oui, mais le temps du Secret est fini. Te dissimuler derrière cette façade était un mal nécessaire, mais un mal quand même. »
Une fureur aveugle et mal dirigée l'emplit. Dans une grande envolée de cheveux défaits, elle se redressa, écartant les bras.
« Parce que tu crois que ça, c'est mieux ?! » rugit-elle, des larmes de rage impuissante coulant sur ses joues.
« Oui. »
L'absolu de la réponse la prit de court, la coupant dans son élan.
« T'es sérieuse, maman ?! »
« Oui. »
Une fois encore, un simple mot, monolithique et inébranlable.
Elle se rassit, soudain bien lasse.
« Qu'est-ce que tu vois en moi ? T'es pas wraith, t'as pas ce truc creepy avec les reines. Pourquoi tu préfères cette... horreur... à... ? » soupira-t-elle, secouant la tête.
Elle aurait voulu dire « à ma vraie apparence », mais c'était faux et elle le savait. C'était ça, sa véritable apparence – aussi atroce soit-elle.
Sa mère soupira, lui posant doucement une main sur le genou.
« Je te vois toi, Ilinka. Ma fille. Tu n'as pas changé. Tu n'es pas différente. »
« Alors pourquoi je ne peux pas garder le collier ? »
« Tu sais pourquoi. »
« Mais je me sens tellement mal... » murmura-t-elle, luttant contre une nouvelle vague de larmes.
Rosanna sourit, d'un sourire doux et plein de compassion.
« Tu as un peu une tête à faire peur, là, tout de suite. Mais rien qu'une bonne douche et une jolie coiffure ne puisse régler. »
« Si seulement... » ricana-t-elle, sans joie.
« Laisse-moi te montrer. » suggéra sa mère.
Elle eut envie de l'envoyer paître. Mais, rationnellement, c'était stupide. Rester toute seule enfermée dans sa cabine à ruminer n'allait rien apporter de bon.
« D'accord. Mais je veux voir personne. »
« Promis. On va juste traverser le couloir pour aller dans notre cabine. »
« Et je veux pas voir pap... Markus ! »
« Pas de problème. » accepta-t-elle sans broncher.
Vaincue, Ilinka se redressa en soupirant.
« Allons-y avant que je change d'avis. »
.
« Hey, Lili. Comment ça va ? »
Zen'kan se sentait ridicule à parler comme ça à une porte close. Mais que faire d'autre, puisqu'elle ne lui laissait pas accéder à son esprit ?
« Elle n'est pas là. » annonça la voix désincarnée d'Ubris.
« Quoi ? Mais elle est où ? »
« Dans la cabine d'officier réservée à Rosanna Gady et Markus Lanthian. »
« Dans la chambre de ses parents, quoi... »
« C'est ce que j'ai dit, Zen'kan Giacometti. »
« Ouais, ouais, on va dire ça.» maugréa-t-il en remontant la coursive.
Impossible de dire ce qu'il se tramait depuis tout à l'heure. Arrivé à destination, il toqua et attendit. Après quelques interminables secondes, il fut interpellé par son oncle qui remontait le couloir à grandes enjambées.
« Laisse-les tranquilles. »
« Je peux savoir ce qu'y s'passe ? » répliqua-t-il, reculant face à l'avancée de bulldozer du traqueur.
D'un geste impatient, Markus lui fit signe de bouger. Il obtempéra. Il n'obtiendrait rien à s'opposer au géant, surtout pas quand il était d'humeur aussi sombre.
« Ilinka n'a plus son collier. » finit par maugréer ce dernier.
« Elle l'a enlevé ? » demanda-t-il, surpris.
Seul le regard éloquemment coupable du traqueur lui répondit.
« Putain, Markus, t'es sérieux ?! » ne put-il s'empêcher de cracher en retour.
Comment avait-il pu faire une chose pareille ?!
Un grondement mauvais lui répondit.
« J'croyais que tu l'aimais... » éructa-t-il une seconde avant de se retrouver brutalement plaqué contre le mur.
« Ne me dis pas comment élever ma fille, larve ! »
Zen'kan cracha en retour.
« Lâche-moi ! C'est toi qu'a merdé, pas moi, et j'suis plus une larve ! »
Le traqueur lui rugit à la face. C'était réellement terrifiant. Mais pas assez pour lui faire oublier sa juste colère, maintenant qu'il connaissait la cause du problème.
Il se débattit, sans grand succès. Markus restait plus fort, plus grand et infiniment plus expérimenté que lui.
« Ne crois pas que c'est parce que tes schiitars se sont ouverts, que tu comprends tout ! » persifla son oncle en l'écrasant un peu plus contre la paroi.
Il ne put retenir un rire étranglé.
« Oh, mais j'prétends pas tout comprendre. Mais au moins, moi, j'sais quand me la fermer. Faut pas être un génie pour voir que Lili, elle douille avec le départ ! »
Dans un grand geste du bras, Markus le lança à l'autre bout du couloir, où il se reçut douloureusement sur le flanc. Avant qu'il ait eu le temps de se redresser, le traqueur se jetait sur lui en grondant, son esprit embué d'une colère aveugle.
Dans un éclair de lucidité, il renonça à tenter de rendre les coups et, se roulant en boule, il se concentra tout entier sur la protection de ses points vitaux. Les coups se mirent à pleuvoir, mais rapidement, alors que les grondements mauvais et les bruits de combat continuaient, il ne sentit plus rien.
Un peu hébété, il ouvrit un œil, découvrant trois guerriers de l'Utopia peinant à maîtriser Markus.
« Ça va, petit ? » s'enquit l'un d'eux lorsque son oncle fut finalement maîtrisé au sol, les mains dans le dos.
« Ouais. Rien de grave. » marmonna-t-il, se tâtant le torse.
Miraculeusement, il ne souffrait de rien de plus que de quelques contusions.
Le guerrier l'aida à se redresser, alors que Markus, sa colère retombée, se laissait mollement remettre sur pied par les deux autres, qui l'escortèrent le long de la coursive.
« Vous l'emmenez où ? » s'enquit-il.
« Au trou. Ordre du capitaine. » répondit simplement le guerrier qui, rassuré sur son état, rejoignit rapidement ses camarades.
Estomaqué, Zen'kan les regarda partir puis, se secouant, partit au trot en direction du pont.
Markus méritait amplement de pourrir un peu en cellule, mais il connaissait assez Ilinka pour savoir qu'elle allait se sentir responsable de tout ça si elle venait à l'apprendre. Et elle n'avait vraiment pas besoin de ça maintenant.
Hors pour l'instant, elle restait toujours claquemurée dans sa tête. Il n'était donc pas trop tard !
.
« Et voilà ! »
Avec appréhension, Ilinka se détailla dans le miroir de la petite salle de bain.
C'était moins horrible que ce à quoi elle s'attendait. Mais elle peinait à soutenir son propre regard.
Elle était toujours monstrueuse, mais d'une manière moins sauvage. Tournant un peu la tête, elle détailla les tresses entremêlées que sa mère lui avait faites.
« C'est joli... »
« Tant mieux si ça te plaît, je ne suis pas la plus douée en coiffure... » sourit sa mère.
« Maman, est-ce que un jour... je vais m'y habituer ? »
« Bien sûr, mon cœur. Donne-toi le temps. »
Elle se retourna vers son reflet et soupira.
« Mais ça sera pas aujourd'hui... »
Avec tendresse, sa mère lui effleura les cheveux.
« Personne ne te le demande. »
« Sauf papa... »
« Non, même pas lui. Je te le promets. »
« Tu es sûre ? »
« Absolument. »
La certitude qui perçait dans la voix de sa mère la rassura. Cette dernière sourit.
« D'ailleurs, il ne va pas revenir avant un bon moment... Tu veux qu'on se regarde un film ? »
« Oh, oui ! »
« Qu'est-ce qui te ferait plaisir ? » pouffa sa mère.
« Un Disney ! »
« En avant alors ! »
.
« Non, je ne vais pas le libérer de suite. Il s'en est pris à toi ! » gronda Tom, avec un rictus mauvais.
« Mais je vais bien ! Et j'te le demande pas pour lui, mais pour Lili ! Si elle l'apprend, elle va penser que c'est d'sa faute. »
Son frère se détourna de sa console pour lui faire face.
« J'admire ta loyauté, Zen'kan, mais c'est hors de question. Je suis le capitaine de ce vaisseau. Son autorité suprême. Il est de mon devoir de protéger mon équipage – et mes hôtes. En laissant un... criminel comme Markus circuler librement et en toute impunité après ce qu'il a fait, je manquerais à mon devoir. D'autant plus qu'il semble croire que son statut de fondateur le place au-dessus des autres. Comme si le fait d'avoir été un précurseur lui donnait tous les passe-droits. » siffla-t-il.
« C'est pas un peu le cas ? » demanda son frère en haussant les épaules.
« Non ! Avoir été les premiers à embrasser ce mode de vie ne nous place pas au-dessus des lois et de la morale. Bien au contraire ! »
Zen'kan ne put retenir une petite grimace dubitative, qui fit retrousser les lèvres à son frère.
« Oui, être fondateur donne des passe-droits. Je peux me permettre de ne pas suivre le moindre caprice de Delleb, sans craindre pour ma vie, mais cela ne me donne pas le droit de m'en prendre à qui bon me semble, quand bon me semble. Par toutes les reines, Zen'kan, il aurait pu te tuer ! »
« J'l'aurais pas laissé faire ! » répliqua-t-il avec hargne.
« Ça ne change rien ! Tu penses le connaître,mais tu ne sais rien. C'est une bête sauvage ! Un monstre ! Lui et Rosanna, je ne veux jamais, jamais les avoir comme ennemis. » s'énerva son aîné, gesticulant pour appuyer son propos.
« Alors libère-le. »
« Non ! Arrête avec ça ! Je ne vais pas laisser ce taré se promener sur MON vaisseau après qu'il ait failli te tuer toi, MON petit frère ! (Zen'kan allait répliquer, mais Tom le coupa.) Et ne me parle pas de frères de sang et de fils de Silla. Ça n'a rien à voir, et tu le sais ! »
Coupé dans son élan, il referma la bouche, se contentant d'assassiner son aîné du regard.
« Zen, me regarde pas comme ça... » gémit Tom en se dégonflant un peu.
Il n'obéit pas, croisant les bras.
« Tu comptes le relâcher quand ? »
« Bientôt. Quand il se sera calmé. »
« Soit. » siffla-t-il, faisant demi-tour pour quitter la pièce.
« Et, Zen... »
A la porte, il se retourna pour regarder son frère.
« ...La prochaine fois que vous vous battez hors du ring, je te fous aussi au trou. »
Il opina. C'était acceptable.
.
« Mmmmn ? J'me suis endormie... » bafouilla-t-elle, la bouche pâteuse.
Rosanna, qui lisait un livre dans le fauteuil voisin, rit.
« J'avais remarqué. »
« C'est quelle heure ? »
« Dix heures du matin, heure d'Oumana. »
« Quoi ?! »
« Tu t'es endormie à la moitié du film et tu t'es presque fait un tour complet de l'horloge. » répondit sa mère avec un sourire.
« Ooooh... »
Jetant un regard alentour, elle constata que rien n'avait vraiment changé depuis la veille.
« Il a dormi où, Markus ? »
« Pas ici. Il était occupé ailleurs. »
« Ah. »
Pourquoi se sentait-elle presque déçue ?
« Qu'est ce qu'il fait ? »
Sa mère eut un étrange sourire.
« Il réfléchit... »
Un instant, elle fut tentée d'étendre son esprit pour toucher celui de son père et lui demander ce qu'il se passait. Mais elle se ravisa. Elle ne s'en sentait ni la force, ni le courage. Et elle lui en voulait encore.
Un gargouillis bruyant perça le silence.
Gênée, elle rit.
« Je crois que j'ai faim... »
« Alors, allons déjeuner ! »
Avec un petit gémissement, elle s'affaissa un peu. Elle allait devoir sortir...
