Petit mot de l'auteure : première fois que j'écris sur ce livre ! En fait je suis toujours en train de le lire x) Mais la 170e nuit du fof est passée par là, le thème "meilleur" m'a inspiré ce drabble. Contrairement à ce que le mot pourrait laisser présager, c'est pas joyeux (en fait, ça parle de bébé mort, sans trop de détails, mais bon si ça vous trigge c'est peut-être pas la meilleure idée de lire XD)
Sarah avait toujours pensé à Pierre avec tendresse.
Même lors de leur première rencontre, alors qu'elle ne lui avait parlé qu'une poignée de minutes, elle avait été touchée par le regard serein du jeune hommes. Leurs rendez-vous avaient confirmé cette intuition. Rapidement, à la tendresse s'était mêlé la passion, le désir... l'amour, tout simplement. À chaque fois qu'elle posait les yeux sur lui, elle ne pouvait s'empêcher de sourire : pouvait-il exister un homme plus bon ?
La guerre n'avait fait que renforcer la conviction que Pierre était le meilleur des hommes. Là où tant d'autres fermaient les yeux, il s'était révolté. Peut-être pas assez aux yeux de Marcel qui aurait voulu faire plus que de simples tracts, mais tout de même ; Pierre ne restait pas les bras croisés. Qu'il s'engage ensuite plus fermement n'était donc pas étonnant. Et, quand il avait réussi à sauver Rachela, Sarah s'était dit qu'elle ne pourrait jamais aimer quelqu'un autant que lui.
Pourtant, alors que Michel gisait dans ses bras, elle ne pouvait que le haïr. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû, pourtant.
Mais le fait est qu'il n'était pas là.
Elle savait qu'elle n'avait pas le droit de lui en vouloir. S'il était absent, c'était pour rendre le monde meilleur. Il s'était engagé dans le maquis pour libérer la France, pour lui donner une chance de retrouver ses parents, pour offrir un avenir à Michel.
Son esprit, sa raison le savait.
Mais cela ne changeait rien au fait qu'elle était seule.
Seule pour dire adieu à leur bébé, seule pour lui creuser une minuscule tombe de fortune, seule pour gérer l'immense tristesse qui lui broyait le cœur.
Elle était seule parce que Pierre avait préféré la Résistance à leur famille. Et même s'il était terriblement égoïste de penser ainsi, Sarah savait qu'elle n'arriverait jamais à le lui pardonner.
