On se retrouve pour une nouvelle histoire. Je poste en ayant cette fois quelques chapitres d'avance, ce qui devrait me permettre de poster une fois par semaine je l'espère. Nous sommes mercredi, donc je posterais tous les mercredi, sans heures fixes cela dit. J'espère que cette nouvelle histoire va vous embarquer avec moi dans un nouvel univers, que vous allez l'apprécier autant que j'ai aimé l'imaginer !

Je vous dis donc bonne lecture et à la semaine prochaine !


J'ai relu mon chapitre toutefois ça ne coûte rien au cas où :

Je m'excuse d'avance pour les coquilles qui se sont glissées !

Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer, je ne fais que jouer avec eux !


P.95 - P.102 - Tentation.

"Octobre

Novembre

Décembre

Janvier"


Je me réveillais en sursaut, comme chaque nuit depuis maintenant plusieurs mois. Le souffle court, les larmes aux yeux et le cœur battant à tout rompre. Comme chaque nuit, j'eus du mal à me remettre de mon cauchemar. Difficile de reprendre pied dans la réalité quand même nos songes nous plongent dans un passé bien réel, un passé qui fut si heureux autrefois. Il n'y avait finalement pas de réalité où reprendre pied. Plus rien n'était réel, si ce n'était cette déchirure dans ma poitrine, cette douleur qui m'étreignait nuit et jour. Elle ne me quittait jamais, présence réconfortante, me rassurant d'une certaine façon. Je ne les avais pas imaginés, ils existaient réellement. Ils avaient fait une brève apparition dans ma vie, m'apportant amour et bonheur avant de ne m'arracher tout cela brutalement.

Je soupirais, tirais la couverture qui avait été repoussée au fond du lit sur moi, et tentais vainement de finir ma nuit. Je savais que ma tentative serait un échec. Elle l'était à chaque fois. Mais je ne désespérais pas. Je fermais les paupières alors que mes souvenirs d'eux affluaient, retraçant chaque instant que j'avais eu l'occasion de partager avec eux. J'avais toujours pensé que j'étais différente des autres, que je n'avais pas ma place avec les jeunes de mon âge. En passant mes journées avec les Cullen, tout avait pris sens. Je n'étais pas faite pour être humaine. J'étais faite pour être vampire. À leur côté. À passer mon éternité avec eux. Mon âme était plus ancienne, parfaite pour quelqu'un comme lui. Enfin, c'est ce dont j'avais été convaincue. J'étais persuadée qu'ils ressentaient le même amour que je leur portais. Finalement je n'avais pas été à la hauteur. À leur hauteur. Je n'étais ni suffisante ni assez bien pour avoir une place à leur côté. J'étais d'une banalité effarante, il était logique que je ne puisse pas m'accorder à eux, ni être acceptée dans leur clan. Ils étaient tous les sept si parfaits et uniques. D'une beauté surhumaine. Je n'aurais jamais pu être comme eux, valoir autant qu'eux.

Mon réveil sonna quelques heures plus tard, me signalant qu'il était l'heure pour moi de me lever. De faire semblant. Sourire, hocher la tête, répondre aux questions, essayer de conserver une conversation avec Charlie, aller au lycée, faire mes devoirs … une triste routine. Fade et sans intérêts sans lui, sans sa voix, son odeur … tout me ramenait à lui et je chérissais tristement mes souvenirs. C'était si dur : me réveiller avec cette douleur constante qui me rappelait qu'il était parti, me laissant seule. Je me noyais dans cette mer de souffrance. Elle m'écrasait, m'empêchait même de respirer. J'essuyais mes larmes, las de ce début de journée. Je passais rapidement à la salle de bain avant de m'habiller et descendre à la cuisine. Charlie était déjà attablé et m'attendait. Il m'observa, inquiet. Il l'était continuellement depuis leur départ, depuis que j'avais été retrouvée perdue dans la forêt. Je lui souris doucement et attrapais tout ce qu'il me fallait pour déjeuner. Il se leva en repoussant le journal sur la table.

« Je finirais tard aujourd'hui Bells. » m'annonça-t-il.

« Très bien. Je te laisserais une assiette dans le micro-onde. » répondis-je.

Il soupira lourdement en secouant la tête avant de quitter la maison. Je rangeais ce que j'avais sorti des placards. Sa réaction venait de me couper l'appétit. Je fermais durement les paupières et inspirais profondément, chassant les larmes qui étaient revenues. Je devais absolument me reprendre avant d'aller au lycée. Je ne pouvais décemment pas y aller dans cet état. J'hésitais une seconde à me gifler, peut-être cela m'aurait-il fait réagir mais je n'avais que peu d'espoir. Je montais récupérer mon sac à l'étage et verrouillais la maison.

Je me garais sur le parking, mon camion crachant autant qu'il le pouvait. Il était bien trop vieux et ne tiendrait plus très longtemps. À mon image. Je savais que je ne tiendrais plus très longtemps. Les journées s'allongeaient, les nuit s'écourtaient et ma douleur veillait à rester présente chaque minute. Je n'aurais jamais cru qu'une séparation pouvait être si douloureuse. Que l'amour pouvait faire aussi mal. N'était-il pas censé être la plus belle chose au monde ? Visiblement pas toujours. Mon père avait souffert pendant des années de sa séparation avec Renée. J'étais partie sur le même chemin mais jamais je ne pourrais supporter cela aussi longtemps. Jamais je ne parviendrais à vivre, accepter et cohabiter avec cette douleur écrasante. Il ne restait qu'elle, comme une meilleure amie prendrait soin de moi. Mais ma meilleure amie était partie elle aussi. Sa présence et son énergie me manquaient plus que de raison, faisant venir avec elle une nouvelle vague de tristesse.

Je passais ma journée dans un étrange brouillard. Je savais que des lycéens passaient à mes côtés. Que j'en croisais dans les couloirs. Que certains essayaient de me parler, attendaient une réponse. Cependant je n'étais plus ancrée avec eux. J'étais ailleurs, loin, très loin de cette réalité qui m'obligeaient à faire un devoir, celui d'une fille. Alors que l'heure du midi sonna, je m'installais sur le banc, à l'extérieur et laissais les quelques rayons de soleil glisser sur ma peau. C'était un faible réconfort. Un rayon d'un bonheur passé. D'une vie passée. Tout cela avait disparu pour moi, je ne savais même plus ce que cela signifiait. Ça n'avait plus aucun sens, aucune signification.

« Bella ! » m'appela la voix d'Angela. « La sonnerie … Tu as biologie non ? »

Je l'observais et hochais la tête. Je la suivis jusqu'à la classe de Mr Barner et m'assis à ma paillasse. Seule. Il m'avait laissé seule. Il avait disparu et c'était comme s'il n'avait jamais existé. Exactement comme il me l'avait dit dans cette forêt. Qui étais-je de toute façon pour le retenir, pour l'empêcher de m'abandonner ? Personne. Je n'étais personne. Je ne valais rien. Je n'étais pas assez bien pour lui. Comment aurait-il même pu m'aimer ? Je ne pouvais tenir la comparaison face à eux. Et maintenant j'étais là. Dans cette fichue classe, à continuer une vie qui n'était plus, qui n'avait aucune saveur. Qui ne m'apportait rien, si ce n'est misère et peine. Pourquoi continuer avec autant d'obstacles qui me barraient la route ? Avec autant de signes qui me faisaient voir la vérité telle qu'elle était ? Je n'étais pas faite pour ce monde là.

Une image fugace de cette première rencontre se faufila. Ses yeux effrayants, cette noirceur, cette colère. Et puis, cette seconde vraie rencontre. Ces iris ambrées, pleines d'attention et de curiosité. Son sourire en coin que je chérissais tant. Disparu à tout jamais. Une nouvelle vague de douleur fit surface. Plus coriace, plus forte que n'importe quelle autre. J'avais toujours veillé à sceller mes souvenirs dans un placard lorsque j'étais au lycée, et maintenant que la porte était ouverte, il en était fini de moi. Je fermais les yeux alors qu'une larme silencieuse coulait sur mon visage. Il m'était impossible de supporter cela plus longtemps. Je suffoquais. Je ne vivais plus depuis des mois, je survivais à peine. Et tout cela pour quoi ? Au nom d'une quelconque promesse alors qu'il n'avait pas tenu la sienne.

Il était temps que ça cesse.

Je ramassais mon sac et quittais précipitamment le cours de Mr Barner. Je courus avec difficulté, les yeux brouillés de larme, jusqu'à ma camionnette. J'ouvris ma portière, jetais mon sac sur le siège passager et mis le contact. Je démarrais en trombe et roulais. Je connaissais la route par cœur. Malgré des mois sans y être retournée, je savais comment m'y rendre. Je me garais dans l'allée et éclatais en sanglot, mes mains tenant le volant. Mon visage tomba contre mes poignets alors que mes larmes et mes cris se mélangeaient, extériorisant tout ce que je ressentais à l'intérieur. Je me laissais complètement aller, déchargeant tout ce que j'avais gardé à l'intérieur pendant ces longs mois. Des minutes, des heures peut-être, passèrent. Lorsque je pus me maîtriser un minimum, je me redressais sur mon siège, ouvrir mon sac à dos et attrapais ma trousse.

Il était temps que ça cesse.

Peut-être qu'il voulait que ça soit comme s'il n'avait jamais existé. Ce n'était pas mon cas. J'allais y veiller. Je pris le ciseau dans ma trousse et descendis de mon véhicule. Je m'avançais jusqu'au porche et inspirais profondément, laissant cette déchirure dans ma poitrine se galvaniser face à cette maison, aux souvenirs qui s'y rattachaient.

Il était temps que ça cesse.

J'ouvris le ciseau, et l'appuyais fortement sur la peau de mon poignet. Je la vis s'ouvrir. Le sang se précipita et j'arrêtais immédiatement de respirer par le nez. Je fis lentement le tour de la maison, laissant tomber mon sang partout, marquant mon propre territoire. Le parterre de fleur d'Esmée n'y manqua pas non plus. J'avais existé. Il devait le savoir. Ils devaient tous le savoir. Je finis par retourner sur le porche et m'assis sur les marches, patientant.

Il était temps que ça cesse.