Ce chapitre a été écrit pour la 133e Nuit du FoF autour du thème "bien". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou participer à des jeux. Le lien est dans mes favoris !


Destrange m'a soufflé une idée pour régler le problème Cunningham. Comme je suis méchante, je l'ai croisée avec une autre que j'avais en tête, et voilà le résultat ! Le bon côté des choses, c'est que le problème est réglé.


Le bon côté des choses

« Faut vraiment être con, quand même, déclara Tani.

-Oh, ta gueule ! riposta Cunningham.

-Moi, au moins, j'en ai une, remarqua-t-elle. Tu sais que tu ressembles encore plus à un nuage, maintenant ? C'est rigolo.

-Ah ah, ouais, on se fend la pêche », grogna Cunningham, le rouge lui montant aux joues.

Enfin, le rouge, façon de parler. L'argenté, plutôt. Ou le gris fumée, ça dépendait sous quel angle on le regardait. Pas facile à déterminer, la couleur du teint d'un fantôme...

Les élèves de Serpentard avaient eu une permission spéciale pour aller à l'enterrement, mais Tani avait préféré rester au château : les enterrements, elle connaissait. Tous les étés, elle filait un coup de main à l'agence funéraire qui était maintenant tenue par son grand-père. Elle portait les couronnes, comme un genre de demoiselle d'honneur funèbre ; ça faisait toujours son petit effet auprès des familles endeuillées. C'était du moins ce qu'elle avait expliqué à son directeur de maison et à ses amis de Poufsouffle quand ils s'étaient étonnés de sa décision.

« Essaie de voir le bon côté des choses : tu vas pouvoir hanter Clint autant que tu voudras, dit-elle pour essayer de réconforter Cunningham, lequel n'était pas mort depuis assez longtemps pour s'être fait une raison.

-Et toi, tu vas intégrer l'équipe, répliqua-t-il, maussade. Je vois pas comment Angus pourrait faire autrement. J'ai bien merdé, sur ce coup-là ! »

Tani ne chercha pas à le détromper : il avait parfaitement raison. Désireux de se venger de ses multiples attaques mais peu créatif, il avait décidé de piéger à son tour le shampoing de Brewster avec une potion de Ratatinage. Or, comme chacun sait, la potion mal préparée peut tourner au poison ; Cunningham, qui s'était bêtement planqué dans un placard sans fenêtre pour la préparer en douce, en avait respiré les vapeurs jusqu'à s'écrouler raide mort sur son chaudron, mettant au passage le feu aux caisses de détergent magique stockées dans le placard. Fallait vraiment être con.

« T'as eu de la chance de mourir avant que ton corps commence à brûler, observa Tani. J'imagine pas la tronche qu'aurait un fantôme à moitié cramé, mais ça doit pas être beau à voir. »

Cunningham ne put qu'en convenir. C'était triste, tout de même, de finir comme ça, à son âge. Tani était un peu peinée pour lui. Juste un peu.

« Mimi Geignarde commence à me courir après », l'informa-t-il, presque pour se vanter.

Tani ricana.

« Tu m'étonnes ! Tu dois être le plus beau fantôme mâle du château !

-En tout cas, je ne suis pas lardé de coups de poignard, ni à-moitié décapité.

-Tu viendras voir le Quidditch ? demanda-t-elle.

-Si je peux. J'ai pas encore essayé de sortir du château, avoua-t-il en baissant les yeux.

-Faut que tu maintiennes une vie sociale, affirma Tani, sinon tu vas virer comme le Baron Sanglant. Un fantôme dépressif, c'est déjà bien assez !

-Je pourrais peut-être hanter les matches ? », suggéra Cunningham.

Tani réfléchit.

« Ça, ce serait original ! Mais je ne suis pas sûre qu'en plein jour on te voie beaucoup. Par mauvais temps, peut-être. Après, si tu viens pour le plaisir du sport, on s'en fiche qu'on te voie ou pas.

-Je pourrais te hanter, toi aussi », ajouta-t-il, l'air menaçant.

Tani haussa les épaules.

« Si ça te fait plaisir. Tu te lasseras avant moi – sauf si je trouve un moyen de t'exorciser. Je suis sûre qu'il doit y avoir un bouquin là-dessus quelque part. »

La mort semblait avoir un effet apaisant sur Cunningham : son hostilité envers Brewster était retombée, peut-être parce qu'elle était la seule à venir lui parler depuis que son spectre s'était mis à flotter dans les couloirs de Poudlard.

Tani, quant à elle, n'avait plus de raison de le persécuter, sauf s'il mettait sa menace de hantise à exécution. Elle ne pensait pas qu'il le ferait ; en tout cas pas très longtemps. Comme aimait à le dire son grand-père au terme d'une cérémonie funèbre parfaitement orchestrée : « Tout est bien qui finit bien ».