SUR LE TOIT

Auteur : Dramaaa

Traduction de l'espagnol : Dimitrova

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CHAPITRE 1

« Ne vous en faites pas, ma maison est immense et vous y serez à l'abri des regards indiscrets. Idéal, non ? Je suis millionnaire et célèbre, alors je sais comment organiser tout ça ! », s'exclama Bulma pendant que les Nameks, silencieux et immobiles, l'écoutaient des sièges de la navette qui les emmenaient à Capsule Corporation.

«J'ai bien réfléchi : pas de système de sécurité extérieur, mieux vaut fonctionner en interne avec un système de sécurité en vase clos. Vous serez logés sur les terrains autour de la résidence. J'ai déjà donné des ordres pour que tout soit prêt à notre arrivée. Je ne sais plus combien de temps j'ai passé sur votre planète mais vous avez tous été tellement gentils avec nous, alors même que nous étions au beau milieu d'une bataille, c'est donc bien la moindre des choses que de vous offrir l'hospitalité. Je n'ai pas grand mérite à le faire, je suis tellement riche. Vous ignorez ce qu'est l'argent, n'est-ce pas ? Quel dommage ! Vous ne connaitrez jamais l'euphorie qu'on ressent à faire les boutiques... »

Elle s'arrêta pour reprendre son souffle.

« Vous n'imaginez pas à quel point ma mère est enthousiasmée par votre arrivée ! Elle imagine déjà toutes les activités qu'elle pourrait vous faire découvrir. Mais bien sûr, nous ferons en sorte de ne pas bouleverser vos habitudes, dans la mesure du possible. Évidemment. »

La jeune femme leur sourit.

« Vous n'aurez personne d'autre à connaitre que ma mère, ce sera plus simple. Je suis persuadée que nous réussirons à tous bien nous entendre... J'ai bien dit TOUS ! », cria-t-elle après une courte pause pour capter l'attention du fond de la navette, y cherchant une certaine chevelure en flamme ‒ mais l'individu à qui elle appartenait n'avait même pas ouvert les yeux, ni levé le visage du sol de tout le trajet.

Elle soupira et reprit la parole.

« Nous avons beau être une famille mondialement célèbre, nous n'avons pas beaucoup de visiteurs... Je me demande bien pourquoi. », dit-elle en levant les yeux au plafond. « Peut-être parce que nous leur faisons peur... sans que j'en sache la cause... »

Les Nameks continuaient à l'écouter sans comprendre un traître mot de ce qu'elle disait.

« Le plus important, c'est que vous n'hésitiez pas à nous demander tout ce que vous voulez. Entendu ? », dit-elle reprenant le fil de son monologue.

« N'hésitez pas à nous en informer, mon père ou moi. Mon père est extrêmement généreux et c'est quelque chose qu'il m'a transmis, c'est grâce à lui que je suis un génie, et c'est ma mère qui m'a appris l'hospitalité... Ne vous laissez pas intimider par elle, hein ? Même si vous la trouvez insupportable avec sa façon de parler sans vous laisser en placer une... » Un éclat de rire étouffé se fit entendre du fond. Les Nameks jugèrent plus prudent de l'ignorer.

Elle devina parfaitement qui avait ri, mais elle préféra continuer sa conversation avec ses nouveaux hôtes. Pendant un instant, elle se sentit comme un professeur de collège face à sa classe.

« Bon, eh bien, n'ayez pas peur de ma mère. Elle est la franchise même. Les gens la trouvent un peu bizarre, et c'est vrai, même moi je le pense parfois parce qu'elle ne se rend pas compte quand elle en fait trop, je ne sais pas si vous me comprenez... Elle est très jolie, comme moi. »

Rien. Le silence absolu. Ils ne regardaient plus le paysage par les hublots mais l'observaient les yeux écarquillés teintés d'un peu d'effroi.

« Tous les trois, nous essayerons de rendre votre séjour sur Terre le plus paisible possible, alors faites-nous part de tout ce dont vous avez besoin et de ce qui vous dérange ou vous étonne. » Elle balaya à nouveau les extraterrestres du regard.

« Aimez-vous les animaux ? », demanda-t-elle en poursuivant sans même attendre la réponse. « Nous possédons des centaines d'animaux à la maison. Le préféré de mon père est un chat du nom de Tama. Il est toujours agrippé à son épaule, un vrai pot de colle. Êtes-vous allergiques aux animaux ? Non, je ne pense pas... De toute façon, j'ai prévu de vous faire passer à tous un examen médical... à tous sans exception ! », cria-t-elle de nouveau en direction du fond.

« J'espère quand même que vous n'êtes pas allergiques car il existe plusieurs espèces différentes de félins chez moi, mais ne vous inquiétez pas, ils sont inoffensifs. Nous les gardons surtout pour effrayer les curieux, ces animaux vous seront donc très utiles. Certains sont très grands mais je vous avouerais que ce sont les moins dangereux car leurs mouvements sont plus lents que les animaux de petites tailles. La majorité sont herbivores alors n'ayez crainte, ils ne vous mangeront pas... »

Dendé ouvrit grand la bouche en réalisant que s'il fallait sortir de la navette en courant, il serait le premier à tomber à cause de ses petites jambes.

« Il y a une partie de la maison qui leur est réservée mais ils n'arrêtent pas de se prélasser dans le jardin... Ah ! Et nous avons aussi une piscine ! A votre apparence, je devine que vous savez nager, non ? » Là non plus, ils ne comprirent pas.

« Ça ne fait rien... l'important c'est que vous vous sentiez bien chez nous. J'y ai toujours vécu, vous savez ? Pour moi aussi ce sera une aventure car je n'ai jamais eu autant de gens chez moi, à part les animaux évidemment... même si parfois les garçons de la bande sont venus squatter, vous les connaissez, ceux qui ont lutté sur Namek. Malheureusement, quelques-uns d'entre eux manquent à l'appel, comme mon petit ami... », à ce moment-là, elle s'attrista au souvenir de Yamcha. « Ça a été une bataille terrible, n'est-ce pas ? Beaucoup de nos amis sont morts... »

Elle marqua une pause le temps de se ressaisir avant de poursuivre. « Mais tout retournera à la normale grâce aux boules de cristal ! », dit-elle pour se redonner du courage. « Oui, dans quelques mois, les boules de cristal feront tout redevenir comme avant. Je retrouverai Yamcha et vous, vous aurez une planète toute neuve rien que pour vous, pas si mal, non ? » A nouveau, elle se retourna pour balayer les Nameks du regard.

« Savez-vous comment nous nous sommes rencontrés, Goku et moi ? », et elle continua à parler sans interruption jusqu'à ce que la navette se pose enfin sur une étendue plate de Capsule Corp.

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« Voilà... Nous sommes arrivés à la maison ! », s'exclama Bulma, débordante de joie en foulant à nouveau l'herbe de son jardin. Elle examina attentivement sa propriété quelques secondes, puis se retourna vite pour observer toute cette foule de Nameks qui descendaient de la navette l'air ébahi, marchant comme des automates, balançant leur corps à chaque pas. Elle était satisfaite, même si elle ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu découragée par l'ampleur de la tâche qui l'attendait avec tous ces extraterrestres chez elle.

Sa mère sortit toute émue de la maison, faisant à tous de loin de grands signes des mains. Elle se dirigeait vers Bulma mais changea brusquement de cap dès qu'elle aperçut Végéta qui descendait de la navette. Elle s'agrippa à lui exactement comme Bulma l'avait craint. Pendant une seconde, elle voulut courir vers eux pour éloigner sa mère de tout danger, mais elle se détendit et sourit en remarquant l'expression terrifiée avec laquelle l'arrogant prince regardait son exubérante mère.

Végéta oublia l'excentrique blonde en découvrant plus loin un vaisseau de forme circulaire de petite taille, situé assez près des bâtiments principaux de la corporation. La scientifique le perdit de vue alors qu'il se dirigeait vers la chambre de gravité et montait la rampe. Elle avait décidé de garder le Saïyen à l'œil mais il ne pourrait pas causer de problème là-dedans. Avec un peu de chance, il s'emparerait du vaisseau pour partir loin de la Terre.

« Allons, messieurs, n'ayez pas peur. Il y a de la place pour tous. Allez, suivez-moi. », ordonna Bulma, souriante, tout en pénétrant dans le bâtiment. Remarquant qu'ils ne suivaient pas, elle se fâcha :

« Suivez-moi, j'ai dit ! », leur cria-t-elle abandonnant son masque de politesse. Elle était écœurée par tant de passivité.

« Suivez-la, s'il vous plaît. », leur suggéra Piccolo, en les voyant déconcertés et presque apeurés par les cris de la terrienne. Il se tenait un peu à l'écart mais il était là.

« Ah, te voilà. Mais où étais-tu pendant tout ce temps ? », lui demanda-t-elle, en colère. Il lui aurait été d'un grand secours pendant le voyage jusqu'à la maison. Elle n'était pas sûre qu'il ait beaucoup de conversation mais au moins, avec lui à bord, les Nameks ne l'auraient pas regardée comme une demeurée. Habituellement, son côté solitaire ne la dérangeait pas mais pour une fois, il lui aurait été plus utile à l'intérieur qu'à l'extérieur à tournicoter autour de la navette comme elle l'avait vu le faire à travers la vitre.

Piccolo ignora la question et lui glissa simplement : « Bulma, ce sont des êtres presque divins, ils n'ont pas l'habitude qu'on leur crie dessus. »

La scientifique aux cheveux bleus soupira. Il avait suffit qu'elle pose le pied chez elle pour commencer à réaliser sa fatigue. Elle avait besoin de son lit, de manger et d'un bon bain, mais avant, elle devait rester polie avec ses invités - des êtres puissants de surcroît. Sans planète et incapables de faire la conversation, mais très puissants malgré tout.

« Je suis désolée, Piccolo », dit Bulma en se massant le front, « je crois que la fatigue du voyage à Namek commence à se faire sentir. »

« Je te remercie pour ce que tu fais pour mes semblables. » Et réellement il fallait que cela soit vrai pour qu'il puisse le dire, pensa la scientifique, parce qu'elle avait beau mal le connaître, elle savait qu'il n'était pas très aimable.

« Maintenant, nous allons entrer et leur montrer où ils vont résider ces prochains mois. », ajouta sèchement l'ami de Goku. Cela ressemblait plus à un ordre qu'à une invitation mais Bulma n'allait pas chipoter.

Après quelques hésitations, les Nameks lui obéirent. Ils s'émerveillèrent devant les dimensions de la maison. Les murs étaient bleu clair et devant eux se trouvait un grand escalier. La décoration était sobre et la lumière semblait régner dans ces lieux.

« Là-haut se trouvent les chambres de la famille ainsi que d'autres pour les invités, mais vous êtes si nombreux que mon père et moi avons décidé de réserver pour votre séjour une coupole entière, comme je vous l'ai dit dans la navette. »

« Oh, par le Tout Puissant ! », s'exclama Dendé. « Sur Terre, vous vivez mieux que nous même au ciel... »

Le doyen toussa, gêné par ce commentaire. De honte, Dendé baissa les yeux.

« Bien sûr que nous avons la belle vie ! », appuya Bulma avec fierté. « Mais je dois préciser encore une fois que ma famille bénéficie d'une situation privilégiée sur Terre et que c'est pour cela que ma maison est si grande. »

"Quelle prétentieuse", pensa Piccolo en croisant les bras.

La jeune femme poursuivit : « Sur votre droite, la cuisine. C'est ici que nous préparons les repas et mangeons. »

« Mais nous, nous ne mangeons pas. », dit une voix parmi la foule.

Ce commentaire surprit tellement Bulma qu'elle se retourna vers eux : « Comment ça vous ne mangez pas ? Et de quoi vivez-vous ? D'air ? »

« D'eau. », affirma Piccolo.

« Ah bon... » La jeune femme aux cheveux bleus en resta sans voix. « D'eau ? Oui, ça me revient, quelqu'un m'avait déjà parlé de ça sur Namek. C'était bien toi, Dendé ? »

« Oui. », répondit une petite voix timide dans la foule.

« Je vois... » Bulma contemplait le plafond, l'air pensive. « Alors c'est pour ça que vous êtes verts comme des grenouilles ? » Au regard d'incompréhension qu'ils lui lancèrent tous, comme si elle avait été un monstre à mille têtes, elle réalisa que la cohabitation n'allait pas être de tout repos.

« Bulma, il vaudrait mieux que tu leur dises où se trouve leur logement. », l'interrompit Piccolo prenant encore une fois la parole pour les Nameks.

« Oui, entendu. », répondit finalement la scientifique n'attendant pas vraiment de réponse. "Par le Tout Puissant, que je suis fatiguée...", pensa-t-elle. « Suivez-moi, nous retournons au jardin. C'est par là que se trouvent vos chambres. »

Et ils la suivirent. Ils longèrent un océan de fleurs et de plantes qui enchantaient autant la vue que l'odorat. Au même moment, apparurent des animaux de toutes les espèces, couleurs et tailles. Des dragons et des dinosaures cohabitaient dans ce gigantesque espace avec des félins en train de batifoler, des poissons bondissaient de lacs à l'aspect naturel, des chevaux couraient en liberté et même dans les arbres on pouvait apercevoir des singes suspendus aux branches. Les Nameks regardèrent au-dessus d'eux et virent des oiseaux multicolores les survoler. Pendant tout le trajet, ils ne cessèrent d'échanger entre eux des regards et des sourires complices. Il n'y avait aucun doute, la Terre était une planète fantastique et ils s'estimaient chanceux d'avoir rencontré cette fille aux cheveux aussi bleus que l'océan de ce monde, bien qu'elle leur semblait bizarre. Ils arrivèrent devant l'un des bâtiments arrondis qui se dressaient dans cet immense jardin. Il était énorme, avec de petites fenêtres carrées qui faisaient saillie sur la façade et une porte métallique également arrondie. Bulma se tourna face à eux et leur dit :

« Voilà votre maison pour les prochains mois. Les robots ménagers et d'autres androïdes de notre entreprise ont préparé ce bâtiment pour vous. J'espère qu'il vous plaira. » Et, joignant le geste à la parole, elle ouvrit la porte, les invitant à entrer. Les Nameks entrèrent avec un calme qui donna à Bulma une furieuse envie de botter leurs verts postérieurs pour les faire se dépêcher un peu. Malgré tout, ils étaient curieux de voir l'intérieur et, une fois tous entrés, leurs exclamations d'admiration firent sourire d'orgueil la scientifique.

C'était aussi une demeure lumineuse, ce qui les étonna étant donné la taille des fenêtres, mais il y en avait beaucoup jusqu'au plafond, beaucoup plus que ce qu'il y paraissait de l'extérieur, donnant presque l'impression que la pièce scintillait. Des rangées de lits s'étageaient les unes au-dessus des autres le long des murs en courbe, atteignant presque le sommet de la coupole, mais leur positionnement et leur matériau étaient différents de ceux d'un simple dortoir. Même de là où ils se tenaient, on remarquait la qualité de la finition des lits dont on apercevait les bordures en bois. Des canapés et des fauteuils étaient disposés en arc de cercle autour d'une télévision stratégiquement placée au centre. Les Nameks semblaient intrigués par l'objet.

« Comme vous allez passer plusieurs jours et nuits ici et que je ne savais pas comment vous aviez l'habitude de vous distraire, j'ai pensé au passe-temps préféré de beaucoup de terriens. », dit Bulma, souriante, en appuyant sur la télécommande.

Piccolo s'approcha à nouveau d'elle pour lui chuchoter : « Bulma, ces choses ne les intéressent pas, tu n'avais pas besoin de... », mais il fut interrompu par les exclamations de ses congénères qui regardaient avec fascination l'objet duquel sortaient des images et des sons.

« C'est comme une boule de cristal... », dit l'un d'entre eux en s'approchant. Bulma sourit à nouveau, cette fois à l'adresse de Piccolo, ignorant son conseil.

« Et attendez, il y a plusieurs chaînes ! », ajouta-t-elle en actionnant la télécommande sous leurs yeux subjugués.

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« Vous utilisez les toilettes, n'est-ce pas ? » Bulma aurait voulu en finir le plus rapidement possible. Elle se maudit d'être aussi perfectionniste.

« Nous faisons notre toilette, bien sûr. », répondit celui, qui, pour Bulma, paraissait être leur chef.

« Alors vous verrez, derrière cette porte au fond vous trouverez des douches et aussi quelques salles avec baignoires, je crois, ainsi que des WC et des lavabos. »

« Qu'est-ce qu'un WC ? », demanda-t-on derrière elle.

« Vous m'avez dit que vous utilisiez les toilettes, pourtant... »

« Pour faire notre toilette, oui, mais nous ignorons ce qu'est un WC. », répondit un petit gros.

Peut-être à cause de la fatigue, la scientifique ne s'en étonna même pas. Elle sut comment sortir de cette embûche :

« Ça, Piccolo va se faire un plaisir de vous l'expliquer, depuis le temps qu'il côtoie des humains. » Son "pseudo-ami" vert était sur le point de changer de couleur. « Veuillez m'excuser mais j'ai d'autres choses à faire. » Piccolo reprit contenance et sortit derrière elle, essayant d'éviter le flot de Nameks curieux de voir ce qu'était un WC.

« N'aurais-tu pas mieux fait de t'enfuir d'ici par la voie des airs ? », le taquina Bulma. Elle n'avait pas oublié qu'il s'était limité à un rôle d'observateur alors qu'il était son seul lien avec ces gens. Il ne lui avait pas facilité la tâche.

« Je resterai auprès de Gohan quelques jours... », répondit Piccolo.

« Ça, ce sera si sa mère veut bien te le permettre. », ajouta la scientifique avec ironie. Elle s'arrêta en remarquant que Piccolo ne la suivait plus. Bulma ne voyait pas comment sa remarque avait pu le vexer. Ce n'était un secret pour personne que Piccolo n'était pas très bien vu par Chichi.

« Bulma, tu as été extrêmement généreuse avec eux tous... » La scientifique comprit ce qui se passait : il voulait la remercier encore pour son geste envers ses congénères. Le mal qu'il avait à s'exprimer était à peine croyable...

« Oh, ce n'est rien, Piccolo », s'empressa-t-elle de dire. « C'est presque nous qui avons poussé ce monstre à se rendre sur Namek alors je ressens quasiment une obligation à les héberger le temps que nous puissions réunir à nouveau les boules de cristal. »

« C'est pour cela que tu les aides tous ? », lui demanda, intrigué, le Namek

« Oui, bien sûr. », répondit-elle. « Je ne peux pas laisser ces gens sans toit alors qu'ils attendent de faire renaître leur planète et encore moins après leur aide contre Freezer. »

« C'est pour ça que tu les accueilles, tous ? insista lourdement Piccolo. Mais comme Bulma ne comprenait toujours pas, il précisa sa pensée du regard. L'être vert fixa ses yeux sur le vaisseau, espérant qu'elle saisirait le sous-entendu.

« Oh, d'accord... ! C'est à lui que tu faisais allusion... »

« Oui, Bulma, à Végéta. Je ne comprends pas comment tu as pu lui proposer de venir ici avec toi. »

« Il nous a aidés, Piccolo... N'oublie pas que nous lui devons une part de notre victoire contre Freezer... », dit Bulma sans quitter le vaisseau des yeux.

« Et toi, n'oublie pas qu'il est un mercenaire et qu'il ne l'a fait que par intérêt personnel, ce n'était ni pour nous, ni pour la Terre, ni pour les Nameks » Il observait lui aussi le vaisseau spatial mais avec méfiance contrairement à la jeune femme.

« Oui, c'est vrai... », admit-elle à contrecœur.

« Bulma, prends garde à toi. Ce n'est pas à moi de t'en dissuader. Je sais que tu es une aventurière et que tu as bon cœur, tu l'as prouvé en hébergeant autant de gens, mais... »

Elle lui sourit : « Oui, je ferai attention... » Et elle haussa les épaules avec un geste qui indiquait clairement son impuissance à changer sa façon d'être. « J'irai lui parler. » Ses yeux se posèrent à nouveau sur le vaisseau vers lequel elle commença à se diriger.

« Je regrette ce qui est arrivé à Yamcha, il s'est battu avec courage. Il reviendra vite... », dit finalement Piccolo avant de s'élever dans les airs.

« J'en suis sûre. Merci. » Et elle lui adressa un grand sourire jusqu'à ce que sa cape blanche se fonde dans le ciel. Elle se retourna pour chercher le dernier invité dont il fallait s'occuper : le très compliqué Prince des Saïyens.

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Mort et ressuscité le même jour. Passé d'ennemi juré à allié. D'étranger à hôte à durée indéterminée. "Il n'y avait que moi d'assez folle pour l'inviter... ", se dit Bulma en traversant le jardin. "L'émotion du moment", se justifia-t-elle, "je ne vois pas d'autre raison... Qu'est-ce que j'aurais dû faire alors ? Le laisser errer et semer la panique sur la planète ? Pas étonnant qu'il soit détraqué après la vie qu'il a dû mener ! Comme dirait ma mère : 'un peu de bonté peut changer le monde...' Mouais..."

« Et depuis quand j'écoute ma mère, moi ! », s'écria-t-elle troublée en pressant le pas vers la chambre de gravité. Perplexe, elle aperçut en face d'elle la porte fermée.

Aucun bruit ne filtrait de l'intérieur mais la lumière était allumée. Elle s'approcha de l'entrée et chercha le bouton d'ouverture de la porte mais se rappela qu'elle avait renoncé à en mettre un car elle l'avait trouvé inutile. Elle devrait se résoudre à frapper et attendre que le Saïyen lui ouvre. Elle respira profondément et s'exécuta.

« Végéta ? », appela-t-elle de dehors. Aucune réponse. Elle frappa de nouveau à la porte avec la paume de la main. « Mon Dieu, que je suis fatiguée... ». Elle fixa l'entrée attentivement quelques secondes et retourna sur ses pas pour se diriger vers sa maison.

« Bulma ! », la salua son père en levant les yeux de sa bicyclette. Il était penché sur sa monture, sa caisse à outils d'un côté et Tama sur l'épaule. « Végéta n'ouvre pas ? »

« Non, papa, on dirait qu'il a décidé de partir avec... », répondit sa fille découragée en s'approchant. Elle n'en revenait pas que son père ait justement choisi le moment de l'arrivée de leurs nouveaux hôtes avec tout le chambardement que cela impliquait pour bricoler sa vieille bicyclette.

« Non, je ne crois pas... », répondit son père en retournant à son travail sur la partie centrale de la bicyclette.

« Ah et pourquoi ça ? », demanda Bulma.

« Ça ? C'est ma bicyclette. », lui répondit son père avec patience même si sa fille l'avait sûrement toujours connu juché sur cette monture.

Bulma soupira. « Non, papa, je te demandais pourquoi tu ne ne crois pas que Végéta puisse partir... »

« Ah ! », s'exclama M. Brief, amusé, en tirant une bouffée de sa cigarette. « Ha ha... Eh bien parce que quand je lui ai dit à l'interphone de venir à la maison car ta maman l'invitait à goûter, il a répondu qu'il restait s'entraîner dans la chambre de gravité... »

« Mouais... » L'explication ne paraissait pas très convaincante pour Bulma, et elle se prépara à entrer dans la maison par la porte de la cuisine, la plus proche du patio où se trouvait maintenant son père.

« C'est un Saïyen, non ? », demanda le scientifique.

« Qu'est-ce que tu as dit ? », dit Bulma en faisant volte-face.

« C'est un Saïyen, comme Goku, n'est-ce pas ? » Il changea d'outil et se concentra sur sa bicyclette adoré.

« Oui, apparemment, il est le prince de cette espèce. », répondit sa fille sans savoir très bien où il voulait en venir.

« Alors il ne pensera qu'à une seule chose après l'entraînement. »

Bulma hésita quelques seconde mais subitement un sourire se dessina sur son visage. Son père pouvait être très tête-en-l'air mais parfois il la surprenait même elle par la finesse de son esprit. M. Brief poursuivit :

« ...Tant qu'il n'aura pas entassé de la nourriture jusqu'au plafond de la salle de gravité, il ne s'en ira pas. Du moins, pas aujourd'hui. »

« Oui », admit sa fille. « Mais ne me donne pas d'idée ! »

« Allons ma chérie. », reprit le scientifique. « Ne sois pas si dure avec lui ».

Bulma fit une grimace de contrariété. « Que je ne sois pas dure avec lui ? », s'exclama-t-elle indignée. Son père ne semblait pas s'être rendu compte qu'il hébergeait un assassin inter-sidéral sous son toit. Par la faute de sa fille et de son impétuosité, certes, mais cela ne changeait rien au fait qu'il s'agissait d'un vrai mercenaire spatial en bonne et due forme.

« Je pense lui fixer un turbopropulseur de chaque côté... »

Cela parut tellement absurde à Bulma qu'elle en oublia son indignation.

« A Végéta ? » Comme par magie, l'image ridicule lui vint à l'esprit. Elle l'écarta aussitôt en secouant la tête.

« Au vélo... » Son père avait enfin levé les yeux sur elle et il la regardait comme si elle était la femme la plus extravagante de l'univers. Pendant quelques secondes, il essaya de comprendre ce qui passait par la tête de sa fille mais déclara forfait. Il reporta son attention sur son engin de locomotion préféré.

Sa fille se pencha pour l'embrasser et juste avant d'entrer enfin dans la cuisine, elle répondit amusée à son père : « Ça existe déjà, papa, et ça s'appelle un cyclomoteur. »

M. Brief réfléchit quelques instants et regardant Tama qui l'observait immobile sur son épaule, il sourit et lui dit : « Mais c'est vrai... »

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En entrant dans la cuisine, elle vit la table qui croulait sous des assiettes pleines de nourriture. Et la table n'y suffisait pas, partout s'étalaient des plateaux, des terrines et de bons petits plats. Les robots ménagers glissaient sur leurs roulettes de part et d'autre pour sortir davantage de nourriture du four et du frigo afin de les placer dans les quelques espaces encore libres. Sa mère s'était sûrement crûe au septième ciel en apprenant qu'elle pourrait nourrir autant de monde.

"Elle sera dégoûtée quand elle saura qu'ils ne boivent que de l'eau.", pensa Bulma. Elle se fraya un passage entre les robots et appuya sur le bouton de l'ordinateur central pour déprogrammer les assistants. A l'instant même, ils sortirent en patinant, la laissant seule dans la cuisine. Elle put pour la première fois depuis qu'elle était arrivée sur Terre s'asseoir sur l'unique chaise qui n'était pas occupée par un plateau. Elle commença à manger à contrecœur en regardant autour d'elle.

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"Contrôleur moteur. Propulseur de déplacement latéral. Mécanisme cinétique pour passer la barrière du son. Indicateurs de vitesse, pression, carburant, latitude, longitude. Les niveleurs sont sur les côtés. Carte stellaire. Étude géodynamique auto-réglable, mmh, et même des radars pour définir la route à suivre. Ça alors ! On dirait que cette femme s'y connaît après tout."

Observation. Quasi admiration. Quasi.

"J'ai les muscles engourdis. Trop de tension. Je n'ai pas pu dormir de tout le voyage. Depuis quand n'ai-je pas dormi ? Hmmm. Cette femme bizarre a passé tout le trajet à bavasser... Ahh !"

Gêne.

"C'est ici que Kakarot s'est entraîné. Pas de doute. C'est une des clefs. C'est grâce à l'augmentation de la gravité jusqu'à 100G dans cette petite pièce. Mais ce n'est pas la seule clef. Ces imbéciles ne m'auront pas. J'y arriverai. Je le dépasserai. Je te le prouverai quand tu seras ressuscité."

Fureur. Espérance. Certitude.

"Ça pourrait même être sur cette maudite planète, qui sait ? Après tout, l'entraînement dans ce vaisseau n'est qu'un seul des secrets de Kakarot. Hmm. Je ne les laisserai pas se moquer de moi. Le Prince des Saïyens. Si c'est seulement une questions d'efforts... Mais ce troisième classe cache sûrement d'autres choses. Ton grand secret se trouve peut-être sur cette ridicule planète d'arriérés... Oui. C'est ici que je trouverai la raison."

Doutes.

"J'ai mal aux bras. La douleur est interne. Les muscles sont vraiment engourdis. Il me faudra du repos. Hmm. Plus tard. Je me reposerai après. Où vais-je dormir ? Pourvu que cette terrienne bizarre ne s'imagine pas que je vais dormir avec les Nameks !"

Encore des doutes. Dégoût.

"Peut-être que c'est caché quelque part. Peut-être une force mystérieuse qui émane d'un endroit. Un sorcier lui aurait concocté une potion magique. Bah ! Sornettes ! Il faut que tu te concentres. Concentre-toi !"

Courage. Confiance.

"Cette femme est là. Elle croit avoir le droit de me déranger parce que cette chose est à elle. A partir de maintenant, ce vaisseau est le mien. Je pourrai le prendre et partir dans l'espace. En ce moment, l'univers doit être un vrai chaos. Il n'y a personne pour le dominer. Je serais parfait comme empereur. Mais quand va-t-elle arrêter de frapper à la porte !"

Impatience. Colère.

"Je dois me concentrer. Respirer profondément. Je ne peux pas retourner dans l'espace maintenant. D'abord, je dois vaincre Kakarot. Sinon, il me retrouvera et m'éliminera pour devenir empereur à ma place. Il me ridiculisera et pire encore, il ne me tuera pas pour que j'assiste à son règne, comme l'avait fait Freezer."

Souvenirs. Répulsion.

"Elle est partie. Tant mieux ! Je ne suis pas d'humeur à écouter ses bavardages continuels. En une seule phrase, son père a compris que je resterai à m'entraîner ici. Pas besoin de plus. Pourquoi m'a-t-elle invité chez elle ? Hmm. Elle se croit maline. Elle attendra le moment opportun pour m'empoisonner ou me tuer pendant mon sommeil. Elle ne le fera pas aujourd'hui, ni demain. Elle attendra quelques jours. C'est sûr. Elle voudra me mettre en confiance. Quelques abdominaux ne me feraient pas de mal. Ensuite, je devrai la tuer. Oui, je la tuerai, elle et sa famille encore plus bizarre et partirai à la recherche d'un bon endroit pour m'entraîner dans l'espace. Non ! Avant, il faudra qu'elle me dise quel est le secret de Kakarot. Elle le sait. Ils sont amis. Je devrais la torturer jusqu'à ce qu'elle me l'avoue. Non. Ça ne marchera pas. D'après ce que j'ai compris, il est comme son frère. Elle n'avouerait pas. Je devrais... J'ai mal à la tête. Oui, si elle a pu construire quelque chose de semblable, elle est intelligente, aucun doute là-dessus. Elle a dit qu'ils s'étaient connus en cherchant les boules de cristal mais je ne me souviens pas qu'elle ait parlé d'un sorcier... Malédiction !"

Méfiance.

"Mes jambes répondent mieux. C'est curieux. Je reviens de l'enfer, j'ai ressuscité et mon corps semble encore se souvenir de la bataille. Je m'étirerai les jambes en l'air. Quelques mouvements pour simuler un combat. Bien. Tout est en place. J'ai juste besoin de me reposer. Il faut que je me remémore tout ce qui s'est passé ces derniers jours. Que je mémorise le combat et que j'analyse quelles ont été mes erreurs. Ahh ! Quel mal de crâne ! J'ai faim... Malédiction ! Concentre-toi ! Tu n'es pas là pour traînasser. L'enfer..."

Fatigue. Terreur.

"Je ne peux pas. Il faut que je me repose. Il y a eu trop d'évènements. Mon esprit a besoin de repos et même la méditation ne suffit pas. Je vais tout éteindre et sortir. Bien."

Fatigue encore. Nausée.

"Qu'est-ce qui m'arrive ? Allons, allons. Ce n'est rien. Je vais juste m'asseoir ici, près de la porte pour respirer profondément. Je vais dormir par terre. Je ferai attention à ce qu'il ne vienne personne. Au moins, avec la porte ouverte, je pourrai respirer de l'air pur. Respire. Respire profondément. La paroi n'a pas l'air si dure. Respire. Super-Saïyen, c'est mon destin. Mon destin."

Brouillard. Vision trouble.

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Depuis la cuisine, Bulma vit la porte de la chambre s'ouvrir. Les lumières s'étaient éteintes. Deux Nameks qui passaient près de là s'enfuirent dans la direction opposée. "Ouah ! Finalement, ils savent courir...", pensa-t-elle en les observant disparaître dans le jardin.

Elle se leva de sa chaise pour s'approcher du vaisseau. Avant d'en monter la rampe, elle prit une grande inspiration.

« Végéta ? »

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Note de la traductrice :

J'espère que vous ne trouvez pas ma traduction en français trop étrange ou le style trop lourd... Sinon, Dramaaa aura le droit de me fouetter... ^^ Dites-moi par mp si vous voyez des erreurs de frappe car on n'est jamais très doué pour relire sa propre prose.

La suite s'annonce de plus en plus palpitante, la première prise de contact entre Bulma et Végéta...

N'hésitez pas à laisser une petite "review", ça fait plaisir. ^_^

Dimitrova