SUR LE TOIT

Auteur : Dramaaa

Traduction de l'espagnol : Dimitrova

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CHAPITRE 8

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«Papa ? » Elle entra avec Tama dans ses bras dans ce qui restait de son lieu de travail.

« Ah, bonjour, ma fille. » Son père continuait à ranger le champ de ruines qu'était devenu son laboratoire. « Pourquoi tu ne demandes pas aux robots de terminer de nettoyer tout ça ? » Et elle campa ses mains sur ses hanches.

« Je me disais qu'on pourrait profiter de la destruction du laboratoire pour améliorer les conditions de sécurité, qu'en penses-tu ? » Et elle lâcha le chat de son père par terre, qui grimpa rapidement sur le corps du scientifique jusqu'à son poste d'observation préféré, l'épaule de ce dernier.

« Tu crois que c'est nécessaire ? », demanda Monsieur Brief en caressant son minet. Ce dernier avait grimpé si vite que son maître ne put se retenir d'ajouter : « Autant il aime Végéta, autant il ne peut pas te sentir. » Et il se mit à rire de sa plaisanterie.

« Bien sûr que oui ! », s'exclama-t-elle, un peu vexée et ignorant l'ironie de son père. « La porte ne fonctionne jamais et un de ces jours, on va avoir une mauvaise surprise, papa, je te l'ai déjà dit. » Elle s'approcha pour vérifier si un des ordinateurs fonctionnait.

« En vingt ans, nous n'avons jamais eu de problème dans ce laboratoire. », dit le professeur Brief en se rasseyant.

« Oui, mais en vingt ans, ton entreprise s'est beaucoup agrandie et elle fait des envieux. Elle devrait avoir une sécurité à la mesure de son importance. », ajouta la jeune femme tout en tapant sur le clavier. « Celui-ci a l'air de fonctionner, il faudra juste changer l'écran, il est brisé de ce côté, tu as vu ? » Et elle montra la fissure qui traversait le coin inférieur gauche du moniteur. « Cet idiot de Végéta va nous rendre la vie impossible pendant ces trois ans. » Et elle tourna la tête pour vérifier que son père lui prêtait attention. Ce n'était pas le cas. Il souriait à son chat qui lui caressait le visage. « Papa ! »

« Voyons, ma petite, je t'ai entendue ! » Il souriait toujours. Et il ajouta en éloignant Tama de son visage : « Trois ans ? C'est le temps qu'il va rester ? » Sa fille remarqua que cette information semblait intéresser son père.

Bulma se retourna. Le moment était arrivé de parler à son père de la menace qui planait sur toute l'humanité. Si hier, elle avait pensé que ce n'était pas une bonne idée, finalement elle considérait qu'il était juste de lui dire la vérité car rien ne certifiait qu'ils survivraient dans trois ans.

« Papa, il faut qu'on parle. » Et elle croisa les bras.

« C'est ce qu'on fait, ma chérie. » Il recommençait à se concentrer sur son chat.

« Papa. » Elle l'appela à nouveau d'une voix plus sévère qui exprimait sa profonde inquiétude.

Le ton de sa fille était révélateur et Monsieur Brief changea complètement d'attitude. Il déposa le chat au sol, prit une cigarette dans la poche de sa blouse, l'alluma et se tourna vers sa fille. « A qui avons-nous affaire, cette fois ? »

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Il fallait qu'il trouve un bon endroit, loin de cette ville surpeuplée pour s'entraîner. Le scientifique lui avait dit trois semaines et même si cette femme pouvait peut-être la réparer en moins de temps, il allait devoir passer de longues journées loin de sa chambre de gravité. Il savait où trouver l'endroit parfait pour ça.

Une fois sur place, il put encore contempler les destructions causées par la bataille entre le garçon mystérieux et Freezer. « Tu n'es même pas arrivé à le toucher, répugnant lézard. », murmura-t-il tout en examinant les alentours désertiques. Il restait toujours des débris du vaisseau impérial et des fragments de corps dispersés à travers ce paysage ocre. Il ferma les yeux et se concentra. Ces trois maudits kis qu'il remarquait tout près ne le distrairaient pas dans sa tâche, ici. « Concentre-toi ! », se cria-t-il à lui-même. Il se remémora ce qu'il avait entrevu de la bataille, trop loin à son goût et dans un état de totale stupéfaction. Il revit , depuis le sommet de la crête, le reflet de l'épée du garçon quand Freezer avait été coupé en deux. Il se souvint comment le garçon l'avait pulvérisé sans pitié après avoir mis en pièces son corps de reptile. Il serra les dents encore plus fort. « Ça aurait dû être moi, malédiction ! » Il ouvrit les yeux et respira. Il fallait qu'il se concentre. « Bien, ces mouvements n'étaient pas impossibles. » Et il s'éleva dans les airs pour se mettre à lutter contre un Freezer imaginaire.

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« Tu as senti ça, Piccolo ? »

Son ami vert s'arrêta de combattre à l'instant et se tourna pour fixer l'horizon, dans la direction dans laquelle le Saïyen regardait. « Oui, lui aussi, il s'est mis à s'entraîner. »

« Qu'est-ce que c'était ? » Son Gohan qui les observait d'en bas, prit de la hauteur en remarquant aussi cette immense puissance.

« C'est Végéta, il s'entraîne près d'ici. », répondit l'être vert.

« On ne devrait pas s'éloigner ? », demanda Son Gohan.

« Il ne viendra pas nous affronter, Gohan. », lui répondit son père sans quitter le ciel des yeux. « Il a décidé de vaincre les cyborgs avant de lutter contre moi. »

« Son ki est très perturbé. », ajouta Piccolo en fronçant les sourcils. « Parti comme ça, il ne se transformera jamais en super-guerrier. »

« Mince ! » Goku serra les poings, surprenant son fils et le Namek. Avant qu'ils n'aient le temps de lui demander ce qui lui arrivait, il s'expliqua : « Qu'est-ce que j'aimerais qu'il se transforme en super-saïyen ! Ce serait un combat fabuleux, vous ne croyez pas ? »

« Je ne sais pas lequel de vous deux est le plus fou, toi ou ce maudit prince. »

Goku se mit à rire de la critique de Piccolo et devint encore plus enjoué en réalisant quelque chose : « J'espère juste qu'elle ne le rendra pas encore plus fou. » Et il éclata de rire.

« Il vaut mieux qu'on reprenne l'entraînement. », dit le Namek en comprenant que Goku commençait déjà à trop en dire.

« Elle ? » Son Gohan n'avait pas compris le commentaire de son père. « Qui ça ? »

« Son Gohan ! Défends-toi ! » Et ils reprirent leur entraînement.

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« Le Docteur Maki Gero, ah oui ? » Et il regarda fixement un point du mur pensif. « Je savais que je finirais par réentendre ce nom et que ce ne serait pas de bonnes nouvelles. »

« Saurais-tu par hasard où il se trouve ? » Bulma, comme lui, s'était assise pour lui récapituler tout ce qui s'était passé. Son père semblait réfléchir mais au grand étonnement de sa fille, il n'avait pas l'air très impressionné par son histoire.

Après quelques secondes, le scientifique réagit : « Il a été un scientifique réputé à une certaine époque, ma fille, et même professeur d'université. Plus tard, on ne sait pas vraiment pourquoi, il a disparu. » Il ouvrit la main brusquement pour illustrer ses dires. Il continua : « Il y a beaucoup d'insensés dans cette profession, ma fille. Beaucoup perdent la tête à cause du pouvoir qu'ils obtiennent après toutes ces expériences. C'est dommage que la méchanceté et l'ambition aveuglent des personnes qui étaient de grande valeur pour le progrès de l'humanité. »

Elle comprenait parfaitement son père. « Je ne comprends pas pourquoi ils cherchent juste la destruction. »

Monsieur Brief continua son raisonnement, cette fois en fixant sa fille dans les yeux : « Il y a des personnes qui tournent mal car elles sont pleines de mauvais sentiments, ma petite, et elles se laissent emporter par eux. Par contre, d'autres ont eu une vie tellement mauvaise, le destin a été si injuste avec elles qu'il ne leur reste pas d'autre option que de se réfugier dans leur douleur en se transformant en des êtres malveillants en apparence. »

A ces mots, sa fille, qui avait les yeux au sol, leva le regard, plissant légèrement les yeux. « On a toujours le choix, papa, toujours. »

Son père sourit légèrement : « Pas toujours, ma chérie. Tu n'as pas eu une vie difficile, mais autour de nous, et pas seulement dans ce monde, il y a des personnes qui ont souffert plus que tu ne peux l'imaginer, elles ont dû s'endurcir sous les coups. » Il s'éloigna pour se redresser contre le dossier de la chaise, « Et ces personnes n'ont eu d'autres choix que de continuer à se battre ou... » Il ne voulut pas terminer. L'autre option était évidente.

Continuer à se battre ou mourir. Elle baissa le regard au sol. « Je sais qu'il n'est pas si mauvais, papa, je le sais, c'est juste que parfois il me met hors de moi. »

« Le créateur de ces cyborgs ? » Son père rajusta ses lunettes sur son nez. Il avait perdu le fil de la conversation et son inquiétude partit également en fumée.

La jeune femme tourna la tête, étonnée. « Végéta, papa. Tu ne parlais pas de lui ? »

« Je parlais des gens en général, ma fille, de personne en particulier. » Il semblait aussi étonné qu'elle, même si ses lèvres esquissèrent un léger sourire autour de sa cigarette.

Bulma voulut reprendre en main la situation mais ne savait pas comment s'en sortir. « Ah. » Ce fut tout ce qu'elle put dire. Elle se leva nerveusement de sa chaise et toussota. Elle se retourna et fixa ses yeux sur l'écran éteint et gris de l'ordinateur juste derrière elle. « Alors tu ne sais pas où peut se trouver le constructeur de ces monstres ? »

« Je mènerai une enquête, bien sûr. » Son père l'observait depuis sa chaise.

« Et qu'allons-nous faire pour maman ? » C'était la question importante qu'elle voulait régler avec son père maintenant qu'il savait la vérité.

Pour lui, il n'y avait aucune hésitation à avoir. « La mettre au courant, évidemment. » Et il se leva de sa chaise pour se diriger vers la porte.

« Tu es sûr ? » Elle le rejoignit pour sortir du laboratoire en même temps que lui.

« Bien sûr, ma petite fille, elle saura quoi faire. », répondit-il sans la regarder. Et il continua son chemin d'un pas tranquille vers le jardin sans remarquer la réaction de perplexité de Bulma à ses mots.

« Mais, mais... » La jeune femme était incapable d'assimiler une vérité aussi accablante. "Elle saura quoi faire ?" Dans son esprit, cela n'avait pas de sens. Après s'être remise de sa surprise, elle accéléra le pas pour rejoindre son père qui allait directement à la cuisine.

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« Combien de temps encore ? »

Bulma ne prit même pas la peine de sortir de dessous le vaisseau pour lui répondre : « Si hier je t'ai dit qu'il fallait encore cinq jours, à ton avis combien de jours faut-il aujourd'hui ? »

« Il faut que je m'entraîne, Humaine, je ne peux pas passer... »

La scientifique connaissait déjà les arguments du Saïyen : « Tu ne peux pas passer tout ton temps dans les montagnes parce que tu as besoin d'une gravité augmentée pour tes exercices d'entraînement même si tout ce que nous avons ici est arriéré. » Elle s'arrêta pour respirer. « Oui, c'est bon, je connais ton refrain, Végéta. Tu me le répètes tous les jours depuis deux semaines. Tu me passes la clé de 12 ? »

Elle ne s'étonna pas de devoir s'extirper de dessous le vaisseau pour prendre elle-même l'outil en question. Le prince marchait déjà vers la cuisine, son unique destination dans la maison en dehors de sa chambre. « Imbécile. », murmura-t-elle en le voyant s'éloigner et elle remonta son pantalon qui était tâché de graisse comme le reste de ses vêtements.

« Coucou ma belle ! » Son petit ami arrivait par le chemin qui donnait sur la rue après un portail.

« Bonjour, Yamcha. » Et elle retourna sous le vaisseau.

« Tu ne m'embrasses même pas ? » Il l'observa, la moitié de son corps était sous la chambre de gravité avec l'habit de travail qu'elle portait depuis deux semaines.

« Écoute, je suis pleine de cambouis et... » Elle s'interrompit pour grogner en serrant un des écrous de la turbine. « Et j'ai du retard à rattraper, que fais-tu là si tôt ? »

« Eh bien, j'en avais assez de chercher un bon gymnase, je n'en trouve aucun d'adapté à ma force. » Il se mit à rire en cherchant la complicité de Bulma mais elle semblait concentrée sur autre chose alors il continua : « Je crois que je devrais partir m'entraîner ailleurs, me cacher là où je ne serai pas dérangé. » Même avec cela, il n'obtint aucune réponse de sa fiancée. « Bulma ? » Une sorte de son guttural fut la seule réponse de la jeune femme. « Bulma... » Et il se pencha pour voir ce qui se passait. « Qu'est-ce que tu as ? Ça ne te plaît pas ? »

Deux secondes plus tard, il entendit un brutal « Merde ! » et enfin sa petite amie s'extirpa des fondations de la chambre de gravité mais elle dégoulinait d'un liquide sombre qui lui couvrait tout le visage.

« Mais qu'est-ce que c'est ? » Il savait que c'était comique mais malgré tout, il ne trouvait pas que le moment était bien choisi pour rire.

« Merde ! », répéta la jeune femme en se relevant et en tendant les mains. « Où y a-t-il un chiffon ? »

« Quoi ? » Son fiancé n'était pas très rapide.

« Un chiffon, Yamcha ! N'importe quoi ! » Elle avait trop de graisse sur le visage et son chemisier n'y suffirait pas. Elle se mit à marcher à grands pas vers la cuisine à la recherche de quelque chose d'utile. Elle n'arrêta pas de jurer pendant tout le trajet. Elle était suivie par son fiancé qui depuis longtemps avait décidé de ne pas tenter le sort avec elle.

Le premier problème qu'il avait avec sa petite amie depuis quelques temps était que Bulma s'énervait au cours de n'importe quelle discussion et elle la transformait en dispute à tel point qu'il en perdait le fil et ne pouvait pas suivre. Il croyait que ce problème s'arrangerait avec le temps, que ce n'était qu'une mauvaise passe mais cette phase lui semblait s'éterniser. Maintenant, même une simple tâche de cambouis pouvait à nouveau faire trembler les fondations de leur relation, alors il choisit, comme il le faisait toujours ces derniers temps, de ne pas la provoquer.

Quand Bulma entra dans la cuisine, le visage noir et dégoulinant d'huile de vidange, la première chose qu'elle fit fut de fusiller le prince du regard sachant bien tout le plaisir qu'il retirerait de ce spectacle. Mais il leva à peine les yeux de son repas pour l'observer, inexpressif comme toujours avant de les rabaisser.

« Tout ça est de ta faute ! », lui cria-t-elle. Il resta impassible. Il mangeait, effectivement, mais à un rythme moins soutenu.

« Ma petite chérie ! Mais dans quel état tu t'es mise ! » Sa mère vint à son secours avec un des torchons de cuisine et commença à la frotter en insistant sur son visage. « Espérons que cela n'abîme pas ta peau si fine, ma petite. », dit-elle inquiète sans cesser de la frictionner.

Elle laissa sa mère la nettoyer jusqu'à ce qu'elle remarquât qu'une odeur se mélangeait à la précédente : « Maman, il y avait quoi sur ce chiffon ? » Et elle rejeta sa tête en arrière.

Quand sa mère réagit et regarda bien sa fille, son inquiétude augmenta considérablement : « Oh, ma puce, je suis désolée, c'est le torchon avec lequel j'avais nettoyé la tâche de tomate par terre. »

« Quoi ? » La jeune femme voulut voir le résultat de cette erreur et regarda attentivement son reflet dans la fenêtre en s'éloignant brusquement de sa mère. Elle était noire, avec des traces blanches où l'on voyait sa peau suite à la tentative de nettoyage de sa mère et aussi rouge par endroit. Elle refusa de regarder le prince. « Maman ! Pourquoi tu ne laisses jamais nettoyer les robots ? » C'était les paroles les moins blessantes qu'elle pouvait laisser échapper tout en grimpant directement à sa salle de bains.

« Tu sais bien que je m'embrouille en les programmant, mon cœur, je suis désolée ! », s'exclama sa mère depuis le bas de l'escalier. Et elle retourna à la cuisine. « Bonjour, Yamcha ! Nous ne t'avions pas vu, n'est-ce pas, Végéta ? » Malgré tout le temps qu'il avait déjà passé chez elle, son invité était toujours extrêmement timide et réservé, alors elle ne s'étonna même pas qu'il ne réponde pas. « Tu veux manger quelque chose, mon chou ? » Elle s'adressait à nouveau au petit ami de sa fille.

Yamcha avait les yeux baissés. Il ne voulait pas les relever et croiser le regard du second problème qu'il avait avec sa petite amie : le Prince des Saïyens, celui autour duquel Bulma avait décidé de centrer toute sa vie. Du moins, à son avis. Pourtant, ces deux dernières semaines, ils s'étaient à peine croisés car le prince semblait se réveiller à l'aube, déjeuner, aller s'entraîner dans les montagnes et ne réapparaître à la maison qu'à la tombée du jour, comme à présent. Pour Yamcha, voir sa petite amie travailler constamment pour ce maudit mercenaire, était au dessus de ses forces. Il répondit simplement : « Non, je vais rejoindre Bulma. » Et il sortit en évitant de regarder le Saïyen dont il sentait le regard sombre fixé sur lui. C'était vraiment frustrant de ne pas pouvoir l'affronter, et pire encore, que le Saïyen le sache.

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« Bulma ? » Il entra dans la chambre s'attendant à l'y trouver mais il ne la vit pas. On pouvait entendre de l'eau couler alors il entra dans la salle de bain. « Parfait », dit-il en entrant. « Ainsi tu feras d'une pierre deux coups, ça te dirait qu'on mange dehors ce soir ? » Il l'observa nue sous la douche. Il se souvint que cela faisait plusieurs jours depuis la dernière fois qu'ils avaient fait l'amour.

« Qu'est-ce que tu dis ? », lui demanda-t-elle en ouvrant un œil pendant qu'elle se frictionnait la tête couverte de mousse.

« Ça te plairait qu'on oublie tout et qu'on sorte dîner ? », répéta-t-il en s'asseyant sur le couvercle des toilettes.

« Je ne sais pas trop, Yamcha, il faut que je finisse de réparer la chambre de gravité sinon Végéta sera furieux. »

Il soupira, écœuré. Encore une fois, son second problème apparaissait. « Et tu ne peux pas laisser le prince se vexer, pas vrai ? »

Elle le regarda fixement cette fois. « Ce que je ne peux pas permettre, c'est qu'il menace encore mon père, Yamcha, tu le sais. » Elle voulut ajouter que le Saïyen était à elle, comme elle l'avait décidé longtemps auparavant, mais elle savait que son petit ami le prendrait mal si elle parlait en ces termes, ce qu'elle faisait pourtant constamment avec son père quand ce dernier insistait pour l'aider avec le vaisseau. Et elle continua à se frotter avec l'éponge. « Que me disais-tu à propos du gymnase ? » Elle imagina que Yamcha ne pourrait pas s'empêcher de sourire à cette question et elle ne se trompait pas :

« Ah, oui, je n'arrive pas à en trouver un qui me convienne, bébé, je ne sais pas quoi faire. » Et il croisa les jambes, pensif.

« Quelles autres options as-tu ? » Elle ouvrit le robinet d'eau chaude qui parcourut son corps couvert de mousse.

« Eh bien, soit je resterai ici ou soit j'irai m'entraîner à l'extérieur, soit dans un meilleur centre, ou avec Ten Shin Han, même si je ne sais pas où il se trouve. » Il regardait le plafond, l'expression toujours aussi pensive.

« Je croyais que vous aviez dit que vous ne vous reverriez pas ces trois années jusqu'à l'arrivée des cyborgs. »

C'était vrai, tous avaient décidé en apprenant la prochaine bataille qui aurait lieu dans trois ans, qu'ils devraient s'entraîner consciencieusement chacun de leur côté, même s'il ne comprendrait jamais cette décision. Il était clair que pour certains, comme Piccolo ou Goku qui possédaient une force supérieure, suivre le rythme des autres entraînements, beaucoup moins intenses, aurait été une perte de temps, mais Yamcha considérait que parmi les guerriers du groupe, il y avait une équivalence de force entre certains, comme entre lui et Ten Shin Han ainsi que Krilin. Alors pour sa part, il irait rendre visite à ses camarades. Il s'arracha à ses pensées pour répondre. « Oui, les autres en ont parlé, mais j'ai besoin de m'entraîner avec quelqu'un qui puisse m'affronter, tu ne crois pas ? »

« Tu veux que je t'aide ? », demanda-t-elle tranquillement en se savonnant la figure. Elle semblait ne pas se rendre compte de l'impact de ces paroles sur son petit ami. Pourtant, la triste réalité était que Bulma recommençait à dépasser son petit ami sur le plan de la ruse.

« Comment ? »

Elle ferma le robinet. « Passe-moi une serviette, mon ange. » Au moment où celui-ci allait lui en passer une, elle reprit : « Je ne sais pas, si tu veux, je peux te faire un gymnase ou un vaisseau comme celui d'en bas... » Mais elle ne put continuer sa phrase. Yamcha avait prit la serviette et la serrait dans la serviette entre ses bras.

« Tu es fantastique, tu le sais ? » Et il l'embrassa sur la joue.

La jeune femme sourit : « Je ne sais pas pourquoi tu ne me l'as pas demandé avant. »

« Mais parce que j'ai pensé que ça t'embêterait, Bulma. »

« Mais si j'en reconfigure un pour cette brute de Végéta, comment n'en ferais-je pas un pour mon petit ami, qui est aussi bon voire meilleur guerrier que lui ! » Il était clair que la comparaison était exagérée mais depuis qu'elle avait décidé de lui offrir son aide et ainsi d'apaiser la fatigante jalousie paranoïaque de son petit ami, elle avait franchi le pas. Heureusement, l'effet produit avait été positif pour tous les deux. Ce qui n'était pas très clair, c'était comment elle pourrait trouver du temps pour lui construire un centre d'entraînement. De plus, même si c'était un mensonge, prétendre qu'un homme était plus fort que celui qu'il considérait comme son rival dans n'importe quel domaine donnait toujours de bons résultats.

Pour Yamcha, c'était exactement ce qu'il avait besoin d'entendre. Elle lui avait fait cette proposition malgré la mauvaise passe que leur couple traversait actuellement et en plus avec une spontanéité stupéfiante. Il n'imagina pas une seconde que la scientifique avait tout prévu. « Non, bébé, ce n'est pas la peine. » Maintenant, comme Bulma l'avait calculé avec précision, il allait s'excuser en lui disant qu'il ne voulait pas la déranger plus que nécessaire : « Je ne veux pas te déranger plus que nécessaire. » Et il se retourna pour l'embrasser, cette fois sur la bouche : « Je continuerai à chercher. » Et il se retourna pour la laisser se sécher enfin.

Il ne remarqua pas le sourire de triomphe de la scientifique qui s'effaça aussi vite qu'il était apparu quand celle-ci comprit ce qui venait de se passer. Oui, elle avait manipulé son fiancé exactement comme elle l'avait souhaité mais cela ne changeait rien au fait que leur relation chutait en piqué. Pire encore, cela accentuait cette chute. Elle fronça les sourcils. Elle était Bulma Brief, et si Bulma Brief affirmait pouvoir les sortir de cette mauvaise passe dans laquelle ils s'enlisaient, elle le ferait. Il était son petit ami. Ils s'aimaient. Ils s'aimaient depuis de nombreuses années et avaient partagé les mêmes aventures. « Tu sais quoi ? », lui dit-elle en levant les yeux vers lui qui venait de s'asseoir sur le lit et avait allumé la télévision. Elle avait changé d'avis pour le dîner de ce soir et elle pensait que ce serait l'occasion de lui révéler une décision qu'elle avait prise depuis qu'elle avait appris l'arrivée prochaine des cyborgs. De plus, cela semblait faire du bien à Végéta de respirer l'air pur du lieu où il s'entraînait et maintenant qu'il avait mangé, même si c'était à des heures intempestives et que sa mère ne semblait pas dérangée de devoir lui réchauffer sa nourriture, il se couchait tôt, alors elle considéra que le moment était venu de reprendre sa vie en main. « Yamcha. », l'appela-t-elle encore une fois en le voyant absorbé par l'écran. Elle avait vu cent fois ce regard chez son imbécile de petit ami. Elle s'approcha de lui sentant son corps se crisper et fixa ses yeux sur l'écran. « Yamcha ! Arrête de regarder ces pétasses ! » C'était à peine croyable. Elle faisait des efforts surhumains pour améliorer les choses et lui bavait devant des filles en maillot de bain. Elle prit la télécommande et éteignit la télévision elle-même.

« Pardon, bébé, j'essayais de changer de chaîne mais la télécommande n'obéissait plus. » Et il lui sourit bêtement en essayant de se justifier.

« On sort dîner ! », dit Bulma après avoir fermé la porte de la salle de bain en soupirant, irritée.

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Il n'avait jamais aimé la compagnie. Il avait toujours préféré rester seul. Avoir à ses côtés Nappa ou Raditz n'était qu'une question de tactique guerrière, de simple mathématique : trois personnes font plus de travail qu'une seule. Et un gain de temps. Une des choses qui lui pesaient le plus dans son exil volontaire sur la Terre c'était qu'apparemment, les humains étaient extrêmement sociables. Et parmi eux, surtout la mère de la jeune femme.

Il n'aimait pas rester seul avec la femme blonde. Elle parlait toujours sans interruption, le flattant et lui racontant des choses sur les animaux ou les plantes ou ses progrès culinaires comme si cela pouvait l'intéresser réellement. Depuis son retour sur cette planète et pendant qu'on réparait sa chambre de gravité, il avait décidé de passer le moins de temps possible dans cette maison. Il allait s'entraîner dans les montagnes, rentrait pour manger plus tard qu'à la normale et ensuite montait à sa chambre pour se doucher et dormir. C'était un plan simple, il avait même repoussé chaque jour un peu plus l'heure de son retour pour les éviter au déjeuner, surtout pour ne pas être avec elle et son stupide fiancé qui passait la voir de temps en temps. La seule faille dans son plan était la maîtresse de maison. Car comme lui, elle avait comme lieu de prédilection la cuisine. Et apparemment, quand il arrivait tenaillé par la faim, c'était toujours le moment qu'elle choisissait pour préparer des petites mixtures individuelles.

« Goûte-moi ça, tu veux bien, mon beau ? », lui dit la blonde, comme elle le faisait depuis quatorze jours, juste quand il terminait son déjeuner tardif.

La première fois qu'il était tombé sur elle au déjeuner, il s'était dit qu'il ne pourrait jamais supporter de manger en sa présence mais ensuite, elle lui avait mis sous le nez ces portions de nourriture sucrée qu'elle l'avait prié de déguster.

Il ne se méfiait plus d'eux. La première fois qu'il avait baissé sa garde sur la nourriture, il s'était trouvé stupide. Stupide de s'être laissé troubler par la femme aux cheveux turquoise, mais cela lui avait servi de leçon pour ne pas baisser la garde sur d'autres plans. Il avait pu constater qu'empoisonner le Prince des Saïyens ne faisait pas partie de leur plan et il s'était relaxé sur ce point depuis ce moment-là. Pourtant, le premier jour, il n'avait pas pu donner libre court à son appétit car juste après, il était parti à la recherche de Kakarot. Maintenant, avec ces gâteaux juste sous son nez à la même heure tous les jours, il comprit qu'il pouvait supporter l'insupportable : la présence étouffante de la mère de la scientifique. Et ensuite, il prit une seconde décision : que dorénavant, il monterait à sa chambre pour enfiler une chemise avant de s'asseoir pour manger. Un autre regard obscène et il l'enverrait en orbite.

Cette fois, il opta pour un gâteau de forme arrondie et qu'il avait toujours évité, celui de couleur marron, malgré son étrange arôme qui le tentait toujours.

« Ah, très bon choix cette fois, Végéta, un gâteau au chocolat. » Et elle posa le plateau sur la table. « Ce sont les préférés de ma fille. » Et elle lui fit un clin d'œil tout en se redressant pour attendre le verdict. La mécanique créée était la suivante aux yeux de Madame Brief. S'il aimait, son invité allait dévorer tous ceux de même saveur, par contre s'il n'aimait pas vraiment, il les mangerait quand même mais avec avec plus de réserve. Car son invité était bien élevé.

Quand il goûta le gâteau au chocolat, il dut prendre son temps pour analyser ce parfum si particulier. Il sentit le gâteau fondre dans sa bouche et se mêler à sa salive. Un mélange aussi âpre que sucré lui inonda non seulement l'espace buccal mais aussi d'autres sens qu'il n'arrivait pas encore à déterminer, transformant cette expérience en autre chose qu'une simple expérience gustative qui l'envahit plus loin que la gorge. Finalement, il l'avala. Il ne comprit pas pourquoi mais au même instant il se souvint du sexe et de sa longue abstinence. Une voix criarde le fit revenir à lui-même. « Allons, ne t'en fais pas, la prochaine fois, je te ferai ceux au citron que tu as l'air de préférer. » En l'entendant dire ça, il sut comment réagir. Il avala d'un coup tous les gâteaux de couleur marron. La mécanique créée aux yeux de Végéta était la suivante : s'il avait encore faim, il les avalerait d'un coup, si par contre il était repu, il prendrait le temps de les déguster. « Ah, mais je me trompais, alors ils t'ont plu. » Et elle rit enchantée de la scène à laquelle elle venait d'assister. « Je vais voir si les ouvriers du laboratoire en veulent quelques-uns. Peux-tu programmer les robots ménager, Végéta ? Merci ! » Et elle prolongea le dernier mot jusqu'à sortir par la porte.

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Quand il monta à sa chambre, il entendit des cris provenir de celle de la jeune femme, quelque chose à propos de la télévision, mais il passa sans s'arrêter comme toujours. Il espérait juste que cette nuit le petit ami ne resterait pas car apparemment elle était vulgaire dans tous les domaines, y compris pour le sexe, même si elle s'était montrée devant lui comme une personne pudique. Après l'expérience du chocolat, il valait mieux qu'il n'entende rien qui puisse lui rappeler que cela faisait trois ans qu'il n'avait pas savouré une femme. Il entra dans sa chambre, ferma la porte et fut surpris en même temps que gêné d'y découvrir un petit robot, de ceux qui envahissaient de temps en temps toute la maison pour la laisser propre et rangée.

« Prince Végéta. Prince Végéta. »

Avant que le machin blanc ne se mette à marteler "Attention, attention" et ne devienne fou, il lança sur lui un rayon de ki et se mit à pousser du pied le tas de ferraille hors de la chambre. Juste quand il ouvrit la porte, la scientifique sortit de sa chambre habillée de façon très différente de ces deux dernières semaines qu'il avait passées sur la planète.

En le voyant, elle s'écria : « Tu as détruit un autre robot ménager, Végéta ? » Et elle grogna avant de tout de suite se diriger vers les escaliers. « J'espère que tu ne feras pas des tiennes pendant mon dîner, tu pourras te tenir ? », dit-elle, le son de ses talons hauts résonnant dans tout le couloir. Quand elle se tourna pour crier cette fois sur son petit ami qui ne semblait pas comprendre qu'elle n'était pas d'humeur à l'attendre, le prince l'observait toujours, inexpressif. « Quoi ? Tu vas encore faire un commentaire sur mon visage tâché de tout à l'heure, pas vrai ? », lui demanda-t-elle en levant les bras au ciel. Elle ne pouvait plus supporter les hommes, qu'ils soient de ce monde ou d'un autre.

Le Saïyen se contenta de claquer la porte.

« Yamcha ! »

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« Alors tu veux la repousser ? »

Elle regarda les yeux tristes de son fiancé. Elle avait pris une décision qui était des plus intelligentes. « Écoute, Yamcha, nous devons nous concentrer sur l'arrivée de ces cyborgs et je ne crois pas que ce soit le bon moment pour une célébration, tu ne trouves pas ? »

Son petit ami regardait un coin vide de la table. « Mais tu veux te marier avec moi, non ? »

Ici, elle devait se montrer complètement convaincue : « Oui, oui, bien sûr, mon amour. » Elle lui prit la main pour qu'il sente sa proximité. « Depuis notre rencontre, ça a toujours été le rêve de ma vie, tu te souviens ? » Et elle lui offrit un sourire calculé, ceux auxquels il ne résistait pas, elle le savait.

Yamcha regarda leurs deux mains entrelacées et encore une fois, comme tant d'autres, elle ressentit un pincement de culpabilité au cœur. « C'est également le mien, mon amour, former une famille avec toi, même si nous ne pourrons pas avoir d'enfant. », affirma-t-il.

« Quoi ? » Elle n'avait pas pensé à cela. « Comment ça nous ne pourrons pas avoir d'enfant ? » Elle lui lâcha la main brusquement.

« Eh bien, comme nous ne sommes pas sûrs de gagner, nous n'allons pas avoir un enfant sans avoir un bon futur à lui offrir, non ? » Pour lui, la question était claire.

« Comment ça vous n'êtes pas sûrs de gagner ? Bien sûr que vous allez gagner ! » Elle se redressa dans sa chaise, vexée. Elle savait qu'il y avait un risque que la chance ne soit pas de leur côté lors de la bataille, mais elle avait confiance en ses amis. A cet instant, elle eut l'image parfaitement nette qu'en cas de défaite, elle survivrait au désastre à venir d'un monde dominé par les cyborgs. Elle ne savait pas comment elle le ferait mais elle y arriverait. Et si à cette époque elle avait un ou deux gamins, même s'il ne lui restait que trois ans pour ça, ils survivraient avec elle. Évidemment. Elle était Bulma Brief.

« Un ou deux gamins ? »

« Quoi ? »

« Tu as dit un ou deux gamins ? » Le visage complètement horrifié de son fiancé était éloquent dans tous les sens du terme.

Elle avait récidivé : elle avait pensé à voix haute. "J'ai bu trop de vin" Elle voulut s'excuser en s'arrêtant à son quatrième verre. Elle attendit que le serveur qui venait de s'approcher pour lui rendre sa carte de crédit se retire pour continuer : « Si ces cyborgs vont bientôt arriver, Yamcha, ce n'est pas le moment de célébrer un mariage mais plutôt d'avoir des enfants. » Elle toussa et s'essuya la bouche avec sa serviette. « Tu sais que je me suis toujours plaint d'être fille unique et que j'ai toujours rêvé d'avoir un petit frère ou une petite sœur pour partager mes affaires. »

« Mais Bulma, tu ne sais pas partager. » Il savait qu'il n'aurait pas dû, mais il l'avait dit. Parfois, lui aussi pensait tout haut. Au moment où il se rendit compte qu'il ne pourrait pas échapper aux cris, il se vit sauvé par une voix qui attira leur attention à tous deux, les arrachant à leur conversation. Il se réjouit juste le temps de s'apercevoir à qui appartenait cette voix.

« Bonjour Yamcha. » Une femme, qu'il avait connu mais pas autant qu'elle l'aurait souhaité, s'était approchée de leur table.

« Bonjour Yuri. », répondit-il mal à l'aise. « Que fais-tu là ? »

Le rire nerveux de son petit ami lui mit la puce à l'oreille. « Qui es-tu ? », demanda une Bulma ulcérée.

La jeune femme aux longs cheveux blonds ne la regarda même pas. « Je croyais que tu m'appellerais, pourquoi ne l'as-tu pas fait ? »

« Eh bien, Yuri, c'est que j'ai changé de gymnase et que maintenant, je suis très occupé. »

Yamcha s'était levé, vraiment alarmé. « On s'en va, Bulma ? » Et il s'inclina vers le bras de sa fiancé pour l'aider à se lever et l'emmener loin d'ici. Yuri réagit avant et ce fut elle qui entra en contact avec lui en premier en le saisissant par l'épaule afin de l'approcher et de lui murmurer quelque chose. « Je t'ai... »

« Eh, toi ! » Le jeune femme aux cheveux bleus s'était levée de sa chaise et l'avait repoussée loin de Yamcha. Yuri fit tout ce qu'elle put pour ne pas tomber mais avec tant de malchance qu'elle trébucha contre la table d'autres clients du restaurant, qui, surpris en voyant une femme presque tomber sur les sushis qu'ils avaient commandés, se levèrent également. A cet instant, tout le monde dans le restaurant avait les yeux fixés sur eux. « Je te défends de toucher mon fiancé ! Tu as compris ? » Et elle fit deux pas en avant pour s'approcher de l'intruse. « Si tu oses lui faire encore des messes basses, je t'arrache la langue ! » Bulma était déjà sur elle quand Yamcha l'écarta, pensant sa fiancée vraiment capable de mettre sa menace à exécution.

« Bulma, laisse-la, c'est juste une prof du gymnase. »

« C'est elle, ton hystérique de petite amie ? » Yuri s'était remise de la bourrade et voulait répondre à la prétentieuse et célèbre Bulma Brief. Évidemment, elle savait qui elle était. Elle n'avait jamais pu supporter cette femme, et encore moins depuis qu'elle avait appris qu'elle sortait avec Yamcha, le bel ex-joueur de baseball qui fréquentait depuis peu le gymnase où elle travaillait. « Tu avais raison, c'est juste une hystérique. »

« Je n'ai jamais dit ça ! », s'exclama Yamcha, terrifié. De toutes les choses qu'il aurait pu dire de sa fiancée, c'était justement la seule chose qu'il n'avait jamais dite, même si cette appellation lui allait comme un gant. Il se tourna vers Bulma pour qu'elle le croie. « Je n'ai jamais dit ça, Bulma. »

L'éminente scientifique avait croisé les bras et regardait la femme suspecte qui les avait interrompus et qui se recoiffait maintenant. « Bien sûr que non, je ne suis pas une hystérique. » Elle considéra que cette femme ne méritait pas son attention. « Allons-nous-en, Yamcha, c'est juste une envieuse. » Elle prit son sac à main pour s'en aller, suivie par son fiancé. En passant à la hauteur de Yuri d'un pas digne, elle entendit :

« Et en plus, tu es cocue. »

Ni Yamcha, un guerrier émérite, ni la victime elle-même ne purent empêcher le coup de sac à main que Bulma lui infligea au visage. C'est seulement quand Bulma se prépara à se jeter sur elle que Yamcha put réagir avant que tout cela n'empire en la saisissant par la taille. « Bulma, calme-toi ! », lui répéta-t-il en l'écartant de Yuri.

« Espèce de garce ! », lui répétait-elle, voulant s'arracher de l'étreinte de son petit ami. « Lâche-moi Yamcha ! », insistait-elle en se débattant pendant que le lutteur la traînait hors du restaurant. « La prochaine fois, je t'arrache ces cheveux ridicules ! Je te les arrache ! »

Ils quittèrent la salle envahie de murmures où plusieurs personnes relevaient Yuri, qui arborait aux lèvres un sourire de triomphe.

Une fois dans la rue, Bulma se calma, tout en se mettant à marcher sans but. "Elle ne semble plus vouloir frapper personne.", essayait de se consoler son fiancé, qui la suivait. Yamcha ne savait pas s'il devait lui parler ou non parce qu'elle semblait très irritée. Finalement, il opta pour la première solution :

« Bulma, je ne... »

Elle ne le laissa pas continuer. « Je sais que tu ne m'as pas été infidèle. »

Elle l'avait interrompu si brusquement qu'il lui fallut quelques instants pour assimiler ce qu'elle venait de dire. « Bien sûr que non. », ajouta-t-il.

« Tu aimes juste t'amuser, c'est tout. » Elle continua sans se retourner pour le regarder et peut-être pour cette raison son petit ami eut l'impression qu'elle se parlait davantage à elle-même qu'à lui. « Moi aussi, alors je n'aurais pas dû réagir de manière aussi hysté... » Elle se corrigea à l'instant : « Aussi irrationnelle. » Elle semblait vouloir compenser la faiblesse de cette affirmation en faisant claquer ses talons avec force sur la chaussée.

« Eh. » Le guerrier lui saisit enfin le bras pour qu'elle se retourne et le regarde.

Elle leva les yeux et les fixa dans les siens. « Tu ne me ferais pas ça, hein ? »

Son petit ami la serra dans ses bras. Il ne voulait pas qu'elle voie la culpabilité reflétée dans ses pupilles.

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Il regardait les étoiles depuis le toit de la coupole principale de la résidence. Il avait à nouveau du mal à trouver le sommeil. Il n'avait jamais dormi beaucoup. Depuis tout petit, il faisait des cauchemars angoissants. Après, avec les années, leur nature avait changé pour s'incarner en Freezer et ses désirs de vengeance. Il était passé des rêves sur ses victimes, aux rêves avec son défunt père et ensuite à ceux avec le lézard. Maintenant, le rôle du protagoniste de ses cauchemars était joué par deux autres personnes de plus : Kakarot et ce mystérieux garçon aux cheveux lilas. Ses cauchemars étaient confus et quand il se réveillait épuisé et en nage, c'est à peine s'il s'en souvenait. Juste de leurs visages. Leurs visages aux yeux verts et leurs cheveux enflammés. Ils étaient des super-guerriers et pas lui.

« Même pas la moindre chance. », murmura-t-il en regardant le cosmos. Et pour rendre son séjour encore plus agréable, trois de ses plus fervents ennemis s'entraînaient tout près de l'endroit qu'il avait choisi. Il avait pensé changer de lieu d'entraînement en remarquant ces trois kis puissants et familiers, pourtant, il savait que rester à l'endroit où Freezer avait perdu la vie lui insufflait une motivation spéciale et il changea immédiatement d'avis.

Il maugréa et se concentra sur les étoiles. Cinquante mille années lumière, c'était la distance qu'indiquaient les calculs du vaisseau construit par la jeune femme, c'était beaucoup. Cela signifiait que ce qu'il voyait maintenant n'était pas Vegetaseï, c'était Tsufur. Une moue de dégoût surgit sur son visage. Il se consola, "Cela reste ma planète."

Il entendit le portail principal s'ouvrir. Il se redressa sur le matelas et se releva pour vérifier qu'il s'agissait bien de l'énergie de la jeune femme aux cheveux turquoise et de son idiot de petit ami. Elle lui dit au revoir depuis la porte et se dirigea d'un pas alerte à travers le jardin. Elle rectifia sa coiffure aux cheveux frisés. Elle semblait troublée et indifférente au tapage causé par ses chaussures à talons hauts qui aurait pu réveiller n'importe qui. Il la vit trébucher et tomber face contre terre.

« Mais il ne va rien m'arriver de bien, aujourd'hui ! », s'exclama Bulma depuis le sol. Elle se releva, se sentant encore plus abattue. Elle n'avait pas fait un pas qu'elle entendit un rire provenir d'en haut. Elle regarda le balcon de Végéta au dessus d'elle, mais ce dernier ne semblait pas y être et les faibles lumières qui éclairaient le jardin ne l'aidaient en rien. « Je t'ai entendu, Végéta. »

Lors de la scène de la cuisine quand elle était entrée couverte de cambouis, il avait dû se retenir d'éclater de rire à la vue du visage de la jeune femme noir de graisse. Cependant, maintenant qu'il n'avait aucun témoin, il ne put s'empêcher d'exprimer son amusement en voyant la scientifique, vaniteuse à l'excès, aussi maladroite. C'était la seconde fois qu'il la voyait s'écraser contre le sol à cause de ses talons hauts. Il se rappela la première fois que c'était arrivé, quand elle était sortie très vite de sa chambre de gravité par la rampe après avoir vérifié que le contrôleur de pression était défectueux. Il lui revint à l'esprit que cela faisait deux semaines qu'ils ne s'étaient pas parlé, depuis qu'il lui avait rappelé qu'il comptait bien détruire la planète de ses propres mains.

Bulma, au bout de plusieurs minutes sans réponse, repoussa l'idée de lui adresser à nouveau la parole et reprit son chemin. Elle commença à s'appuyer d'une main contre la porte principale de la maison pour enlever ses chaussures à talons.

« C'est maintenant que tu vas t'inquiéter de ne pas faire trop de bruit ? » Il remarqua comment elle sursauta en l'entendant et comment elle le regardait du coin de l'œil tout en cherchant la boucle de qui fermait sa chaussure à sa cheville.

Elle l'avait juste derrière elle. « Laisse-moi tranquille. » Et elle soupira de ne pas arriver à enlever sa chaussure.

« Tu sens l'alcool. »

« Et ma colère, tu la sens ? », s'exclama-t-elle du tac-au-tac sans le regarder. Elle se découragea devant la résistance de sa chaussure et posa sa main sur le lecteur d'empreinte pour ouvrir la porte principale. Elle ne s'ouvrit pas. « Merde ! Je n'ai eu aucun problème avec le portail de la rue pourtant. » Elle se souvint qu'on avait changé la sécurité du laboratoire. "Une interférence entre les lignes et les registres ?", se demanda-t-elle. Elle n'était pas sortie depuis si longtemps qu'elle ne s'était pas inquiétée de vérifier que tout fonctionnait parfaitement. Elle s'essuya la main sur son vêtement et essaya une seconde fois. Rien. Elle soupira pour la énième fois de cette nuit funeste. "Et maintenant, qu'est-ce que je vais faire ?" Elle était sur le point de s'en retourner quand elle sentit la présence imposante de Végéta encore plus près, derrière elle. Elle regarda sur sa gauche et vit la main du Saïyen apparaître lentement dans son champ de vision. Silencieusement, celle-ci se fraya un passage à côté de sa taille, s'approcha de sa main, la retira et avec tout son bras en tension, la paume de la main se posa sur le lecteur d'empreintes. Elle crut sentir de la chaleur sur sa nuque avant qu'enfin une voix neutre et inconnue ne l'arrachât à sa contemplation du bras tendu du guerrier, lui permettant de reprendre son souffle.

« Prince Végéta. Bienvenue. », entendirent-ils. La porte s'ouvrit et l'entrée s'éclaira.

« C'est incroyable. », s'exclama-t-elle en regardant tout cela partagée entre l'indignation et la curiosité. Elle tourna la tête pour l'observer en entier, à une paume de son visage. Hautain et se délectant visiblement de son effet. « Quand as-tu fait une reconnaissance d'empreintes, toi ? » Et elle entra dans la maison laissant bien voir sa gêne.

« Ton père tient ses promesses, lui. » En vérité, il n'avait pas la moindre idée de comment cette machine avait pu lire la paume de sa main mais à sa grande satisfaction, elle l'avait fait. Il observa la silhouette de la jeune femme, de dos, s'éloigner et se diriger directement vers la cuisine. Il la suivit.

« Si je mets autant de temps avec mon vaisseau, c'est parce que je suis en train de beaucoup l'améliorer. », se justifia-t-elle en s'asseyant sur une chaise, les jambes croisées pour enlever enfin la maudite chaussure. En s'inclinant, son décolleté se fit ostensiblement visible. Le Saïyen préféra se concentrer sur le réfrigérateur.

« En plus, je suis en train d'y construire une chambre, une salle de bain et une cuisine, exactement comme dans celui que Goku a utilisé pour aller sur Namek. » Finalement, elle put se libérer de l'une des tortionnaires de ses pieds.

« Je n'ai pas besoin de ces choses. », rétorqua Végéta en cherchant un fruit dans le réfrigérateur.

Bulma sourit en se défaisant de la seconde chaussure. « Oui, mais avec un peu de chance, tu te sentiras tellement bien là-dedans que tu t'en iras d'ici. »

Il ferma la porte avec sa main libre, comprenant sa tactique. Il n'entra pas dans son jeu. « Tu ne veux pas que je m'en aille. », déclara-t-il, sûr de ses paroles.

« Ben voyons ! » Un éclat de rire sonore, clair et haut, signifiant que tout cela n'avait aucun sens, s'échappa spontanément de sa bouche grande ouverte.

Il avait décidé de ne pas se laisser troubler par les provocations de la jeune femme. Avec ce rire forcé, elle avait presque réussi à lui faire détourner les yeux de sa silhouette. « Vous avez besoin de moi pour en finir avec les cyborgs, tu le sais bien. »

Elle se leva. Elle ne semblait pas affectée par cela. « Oh, oui, bien sûr, je veux que tu restes ici pour lutter contre ces monstres et qu'ensuite tu nous tues tous, pas vrai ? » Elle prit un verre et se glissa dans l'espace étroit que le Saïyen avait laissé entre son corps et le réfrigérateur. Elle avait envie d'une boisson fraîche avant d'aller se coucher. « Tu te rends compte comme c'est étrange, Végéta ? » Elle opta pour un jus de pêche. « Nous t'invitons, te traitons bien, sûrement mieux que personne ne l'a fait dans toute ta vie. » Elle insista sur cette dernière supposition en le regardant tout se servant un verre. Il s'était assis sur un haut tabouret et mordait dans une pomme avec les coudes sur le comptoir. Il la regardait intrigué alors elle ajouta : « Et toi, tu veux tous nous tuer. »

« Vous n'arrêtez pas de me surprendre par votre ridicule. », répondit le Saïyen. Et il ajouta : « Vous n'y arriverez pas. »

« A quoi ? » Bulma s'assit juste en face de lui, appuyant également les coudes sur le comptoir, tenant son verre à hauteur de ses lèvres. S'il refusait d'accorder de l'importance à un sujet aussi grave, elle non plus ne lui montrerait pas son inquiétude. Elle était toujours un peu sous l'effet du vin alors elle tenta de centrer son regard droit dans ses yeux sombres, détournant les yeux du torse couvert de cicatrices du guerrier.

Végéta se pencha en avant pour donner du poids à ce qu'il allait dire. Maintenant, il avait l'occasion parfaite pour asséner ce qu'il pensait depuis longtemps. Il plongea son regard dans les yeux bleus de la jeune femme. Il avala le morceau de pomme pour articuler clairement. « Vous croyez qu'en vous montrant gentils, j'oublierai ma menace. Je suis le Prince de la race des Saïyens, Humaine, je sais parfaitement quel est votre plan. »

Elle lâcha d'un coup le verre sur la table. « Encore avec ça, Végéta ? » Elle n'arrivait pas à croire qu'il recommençait à douter de la bonne foi de sa famille. « C'est de la simple gentillesse, nom d'un chien ! » Elle but, dégoûtée, évitant le regard intense du guerrier. C'était comme s'il ne savait pas déjà qu'elle était tout sauf idiote comme ceux sur lesquels il était tombé dans sa misérable vie. Bien sûr qu'elle avait pensé que si le prince ne voyait pas en eux de menace et ne les trouvait pas répugnants, entre le découragement de ne jamais pouvoir vaincre Goku et son propre dégoût, il finirait par s'en aller en les laissant vivre tranquilles sur cette planète qu'il détestait tant. Et le fait qu'ils se fassent sortir de leurs gonds mutuellement, n'avait rien à voir là-dedans.

Ils gardèrent le silence quelques secondes, avant que que le Saïyen n'y mette un terme pour que les choses soient claires : « Une gentillesse feinte. » Il remarqua comment elle tourna brusquement la tête dans sa direction et lui rendit son regard. Elle était sur le point d'exploser d'un moment à l'autre. Le prince sut ce qui viendrait et prit son temps avant de clore de son point de vue la question. « De simples hypocrites. »

« Non ! », cria-t-elle, exaltée, faisant jaillir quelques gouttes de jus de fruit de son verre. « Je ne peux pas te laisser nous traiter d'hypocrites ! » Elle s'était levée et, remarquant son pied mouillé, elle laissa à contre-cœur le verre sur le comptoir.

Lui, contrairement à d'habitude, semblait tranquille tout en mordant dans sa pomme. « Personne ne peut être aussi stupide, je te l'ai déjà dit. »

Bulma serra les poings et baissa les yeux. Sa journée avait été très rude. « Tu sais, quoi ? » Elle reprit le verre et un court instant, envisagea de le lui balancer à la figure mais elle le reposa pour en finir avec tout ça avant d'aller se coucher. « Aujourd'hui, je te laisserai seul ici avec ton fruit et je prierai Kamisama pour que tu t'étrangles avec. » Elle se mit en marche pour sortir de la cuisine et Végéta la regarda du coin de l'œil. Elle pouvait insister autant qu'elle voulait, il était convaincu par sa théorie. Bulma continua à parler : « J'en ai marre des hommes, j'ai été sur le point de croire que mon petit ami me trompait et j'ai même perdu mon calme caractéristique. »

Il rit à cela et quand la jeune femme passa à sa hauteur, il murmura : « Bien sûr qu'il te trompe. »

Il lui stoppa le bras au vol. La scientifique avait voulu le frapper et il avait arrêté sa main levée qui allait le gifler. Il avait même eu le temps de se lever.

Bulma aurait voulu lui dire beaucoup de choses, entre autre comment il osait insinuer une chose pareille et qu'il n'avait qu'à retourner en enfer d'où il n'aurait jamais dû sortir. Végéta aurait voulu lui crier qu'il savait que cet humain lui était infidèle à l'odeur qu'il portait sur lui en arrivant à la maison et que cependant il ne le blâmait pas de vouloir aller avec d'autres femmes.

Mais le temps se figea.

Aucun d'eux ne parla quand le bleu et le noir, la lumière et l'obscurité, se rencontrèrent. Il restèrent à se regarder et une charge tomba sur eux. Jamais elle n'avait été si lourde et éthérée à la fois. Ils étaient dans la cuisine de la maison, où ils avaient eu leur première dispute, où il lui avait presque donné à manger, où le prince l'avait saisie par le visage pour la menacer de mort, et où, apparemment, le feu commençait à brûler. Là, avec sa main masculine fermée autour de son mince poignet, ils remarquèrent que jamais ils n'avaient été aussi proches même si le reste de leurs corps étaient séparés. Cela n'avait pas été une dispute comme les autres. Elle leur avait montré ce qui venait de très loin. Qu'il y avait de l'attraction et qu'elle était mutuelle. Que cette attirance qu'ils sentaient l'un pour l'autre, qui les unissait irrémédiablement malgré leurs caractères, commençait à être trop puissante et que n'importe quel contact physique faisait que l'étincelle qui avait jailli à un moment déjà lointain et impossible à déterminer, commençait à croître et à devenir incontrôlable. Les marchés, les moqueries, les défis, les cris, les jeux impossibles qu'eux seuls comprenaient. Tout. Absolument tout leur traversa l'esprit pendant ce moment suspendu hors du temps. Ils s'observaient l'un l'autre comme s'ils se voyaient pour la première fois. Cette charge était de l'électricité pure.

Et alors le prince la lâcha.

Remarquant la diminution de son étreinte, la scientifique sortit en courant pour monter les escaliers et fuir de là. Végéta fronça les sourcils plus qu'à la normale en baissant les yeux au sol. C'était la première fois qu'il l'avait vue réellement terrorisée, et ce n'était pas de lui qu'elle avait peur. Immédiatement, se forma sur son visage le sourire du stratège qui se rend compte qu'il vient de découvrir l'arme qui détruira son adversaire.

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« Mon Dieu. », répétait Bulma encore et encore en arpentant sa chambre. « Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu. » Elle enleva sa robe et la laissa par terre. « Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu. » Elle n'arrivait pas à croire ce qui venait de se passer. Elle enleva tous ses vêtements du lit et s'y blottit, se couvrant entièrement y compris la tête. « Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible, ce n'est pas possible. » "Tu es fatiguée, Bulma." Elle essayait de raisonner de façon logique. « C'est ça... », se mit-elle à se murmurer. « Tu es fatiguée, écœurée, fâchée avec Yamcha et très sensible. » Elle se corrigea à l'instant : « Bon, un peu, mais pas assez pour confondre les choses ! » Quand le regard du Saïyen lui revint en mémoire, elle se cacha le visage dans ses mains. « Mais que s'est-il passé là en bas, nom d'un chien ! », se demanda-t-elle, les doigts encore tremblants. Elle se souvint de l'incident avec la fourchette, qui lui était revenu tant de fois en mémoire depuis que c'était arrivé. Cela avait été troublant, oui, mais pas autant que cette fois, où, si Végéta ne l'avait pas lâchée, elle se serrait jetée sur lui pour l'embrasser avec toute la fureur qu'elle sentait vouloir sortir de son corps.

« Mais il est petit et il ne me plaît pas ! », murmura-t-elle plus fort qu'elle ne le voulait. « Sans parler de sa coiffure. », reprit-elle encore incrédule.

Garder à l'esprit l'image du Saïyen torse nu n'était pas une bonne idée. Elle essaya de s'endormir en imaginant à toutes les façons d'éviter le prince à l'avenir. Cela ne faisait même pas une heure qu'elle s'était trouvée dans une situation très désagréable par la faute de la non- infidélité de son petit ami, "et maintenant cela m'arrive à moi !" Tous les deux pouvaient se montrer très joueurs, et pouvaient se laisser aimer et même provoquer des situations compromettantes avec des tiers. Cependant, de là à être infidèle, il y avait un pas aussi grand que le front du prince. Elle eut beaucoup de mal à trouver le sommeil cette nuit-là.

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Végéta jeta le trognon de la pomme dans le broyeur à ordures. A pas lents, il monta les escaliers. Le couloir était sombre, mais pas complètement car la porte de la chambre de la jeune femme laissait passer une raie de lumière. Depuis sa porte, il regarda celle de la chambre voisine. Il entra dans sa chambre et se laissa tomber sur le lit. Il observa le plafond, les mains sous la nuque.

« Trois ans... », murmura-t-il pour lui-même.

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« Oui, il est là aujourd'hui aussi, il aura passé trois semaines loin d'elle, Piccolo. »

Le Namek se serait bien passé d'écouter à nouveau la même rengaine. « Son Gohan, ne traîne pas ! »

« Mais c'est que vous êtes très rapides ! », s'excusa l'enfant en arrière en s'efforçant de rattraper les deux adultes.

« S'ils ne sont pas ensemble, ils ne vont pas pouvoir... »

A nouveau, l'être vert entendit le rire forcé qui le mettait tellement hors de lui. Il se maudit de ne pas être aussi fort que Goku pour mettre un terme au martyre que subissaient ses oreilles pointues depuis trois semaines. Tous les jours, ils allaient s'entraîner dans les montagnes du Nord-Est. Tous les jours, ils sentaient l'aura du Prince des Saïyens tout près. Et tous les jours, à l'aller et au retour, l'homme le plus puissant de l'Univers recommençait à s'inquiéter pour la même chose : Végéta et Bulma. Si déjà le Namek n'était pas une personne sociable, lui nommer les deux personnes les plus irritantes de tout le cosmos n'allait pas améliorer son humeur. « Parfois j'aimerais utiliser la machine à remonter le temps du garçon pour retarder le jour de ta transformation en super-guerrier. »

« Oui, Végéta aussi sans doute. Peut-être qu'elle va l'aider à se transformer en super-saïyen, tu ne crois pas ? » Il ne reçut qu'un grognement comme toute réponse, ce qu'il comprit, venant de Piccolo, comme le signe que celui-ci l'écoutait toujours. « Tu sais ? Quand j'ai vu mourir Végéta, quand je l'ai entendu dire toutes ces choses sur Végétaseï, son père et... » Il s'interrompit pour réfléchir un instant, « Bon, je ne me souviens de rien de plus mais il m'a dit des choses bonnes avec beaucoup de peine alors je crois que... »

« Il est parti. », remarqua son ami qui s'était arrêté brusquement en vol.

« Hein ? » Goku ne comprit pas immédiatement ce qu'il lui disait mais en ne sentant plus l'aura de Végéta aux alentours, il ajouta enthousiaste : « Tu as raison ! Je ne le sens plus ! »

« Qu'est-ce que tu ne sens plus, papa ? » Son Gohan était un enfant aussi curieux que prudent, alors il était à la fois intrigué par les conversations secrètes des deux adultes mais aussi sur ses gardes depuis qu'il avait compris qu'elles concernaient le Prince des Saïyens. L'héritier du trône de la planète natale de son père lui avait toujours semblé tel que ses yeux d'enfant le voyait : grand, dangereux et l'être le plus fort de l'Univers après son père.

« Le ki de Végéta, Gohan ! » Son père avait l'air vraiment heureux de cette nouvelle et cela perturba encore plus le petit.

« C'est vrai. », dit son fils en regardant autour de lui. « On dirait qu'il est allé s'entraîner ailleurs. »

« Oh, tant mieux ! A Capsule Corporation ! », s'exclama son père en levant l'index sans cesser de sourire. « On dirait qu'enfin le destin est en train de s'accomplir, tu verras, Gohan, quand tu auras un petit camarade avec... »

Le coup que lui administra Piccolo lui fit reprendre ses esprits. « Mais Piccolo... », râla Goku en se frottant la joue,« à quoi ça rime ? Je n'allais rien dire sur Vég... »

« Je voulais déjà commencer l'entraînement. »

Goku sourit, mais cette fois, c'était le sourire qui plaisait le plus à son ami vert et qui ne déconcertait pas autant son fils. Ce sourire indiquait qu'il souhaitait lui rendre la pareille. « Je vois que tu es en train d'améliorer beaucoup tes techniques. »

« Je ne suis pas là pour que ce soit toi qui t'améliores. » Il lui renvoya la même moue, qui disparut instantanément quand il reçut un coup de poing de Gohan en plein milieu de la figure.

Voyant la profonde colère qu'exprimaient les yeux de son ancien maître, un rappel qu'il était le fils d'un démon, Son Gohan ne put que s'excuser : « Je suis désolé, Piccolo, je croyais que tu avais dit que nous reprenions l'entraînement. » Ses excuses, comme toujours, étaient sincères.

Goku et le Namek se regardèrent et sourirent. Ils avait tous beaucoup progressé en quelques semaines. Pourvu que dans trois ans, ils puissent le prouver.

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« Ah, jeune Végéta, attends. » Le prince, qui allait déjà sortir par la porte pour prendre son envol et aller s'entraîner dans les montagnes, s'arrêta pour écouter ce que lui voulait le vieux scientifique. Il ne s'adressait presque jamais à lui quand ils déjeunaient tous les deux seuls, c'était comme s'il avait compris que rien de ce qu'il pouvait dire ne l'intéresserait. « Hier, j'ai parlé avec ma fille, et elle a insisté pour que je te prévienne que la chambre de gravité est prête. »

Il n'arrivait pas à y croire : « Elle est déjà prête ? » Il l'attendait une semaine plus tôt, le temps qu'il estimait nécessaire pour réparer son vaisseau. Elle avait mis exactement trois semaines, une de plus que prévu. Apparemment, elle n'était pas le génie qu'elle prétendait être.

« Oui. », répondit Monsieur Brief en se levant et en lâchant le journal. « Je te montrerai les améliorations. »

En entrant, il la trouva exactement comme elle était la première fois qu'il y était entré, plus d'un an auparavant. Ce fut en suivant le vieil homme à lunettes jusqu'au panneau de contrôle qu'il dût faire un effort pour dissimuler son étonnement.

« Comme tu peux le voir, elle a amélioré sensiblement les indicateurs vu qu'ils ont tous une capacité supérieure. » Et il commença à détailler chacun d'entre eux. « La vitesse, la pression, le combustible, chacun d'eux comporte un capteur de suralimentation qui t'indiquera ce qui dysfonctionne, combien de temps la pièce résistera, et aussi te montrera sur un schéma en coupe qui s'affichera sur un de ces écrans où se situe exactement le problème. » Il le regarda pour voir s'il était d'accord avec ce qu'il voyait mais Végéta n'avait absolument aucune expression. Il préféra poursuivre : « Le plus incroyable de tout, c'est qu'elle a mis au point un prototype de connexion entre tous les noyaux centraux du vaisseau qui permet qu'ils se régénèrent d'eux-mêmes. »

Cette fois, oui, il dût faire un effort surhumain pour ne pas se montrer impressionné. Il leva les yeux lentement et dit la seule chose qu'il pouvait prononcer à ce moment. Une question simple et courte : « Quoi ? »

Monsieur Brief ajusta ses lunettes avant de s'expliquer : « Oui, cela paraît incroyable, n'est-ce pas ? Elle l'a appelé système Piccolinien et cela consiste à regrouper tous ces points critiques, du plus essentiel au plus dérisoire de la machinerie du vaisseau spatial pour qu'en cas de panne de l'un d'entre eux, l'ordinateur central sache comment le réparer, même si le dégât est physique, le vaisseau donnera l'ordre à la partie endommagée et la réparera.

« Je vois, exactement comme la régénération cellulaire. »

Le scientifique parut ravi d'entendre le même commentaire qu'il avait donné à sa fille quand elle lui avait expliqué. « Oui, exactement. Un fonctionnement semblable à celui de nos cellules. Seulement il y a un inconvénient. »

Végéta sourit de côté. « Le combustible, je suppose. »

Là, son invité l'avait surpris. « Effectivement, si le vaisseau en manque ainsi que de batterie, il ne pourra rien faire. » Et il s'éloigna pour lui montrer d'autres améliorations. Le prince le suivit et fut intrigué par une note carrée et jaune avec une inscription et une flèche en direction d'un autre indicateur. Il la prit pour la lire et y lut "Compensateur de freinage". « Ah, oui, j'allais oublier », rit le vieil homme en remarquant le mouvement du Saïyen. « Je ne sais pas pourquoi mais elle tenait beaucoup à ce que je mentionne qu'elle avait perfectionné le système de frein s'il était possible de l'améliorer. » A cet instant, il regarda le plafond, pensif. « Oui, elle m'a demandé de te dire exactement, s'il était encore possible de l'améliorer en quelque chose. » Et il ajouta : « En vérité, je ne sais pas pourquoi elle n'a pas voulu venir pour te l'expliquer elle-même mieux que moi mais apparemment elle est très occupée au laboratoire. » Le guerrier s'était déjà retourné pour continuer à inspecter la chambre de gravité. Une porte qui n'était pas là avant attirait maintenant son attention. Il l'ouvrit et découvrit une petite cuisine parfaitement meublée avec un luxe de détails flanquée de deux portes. Derrière celle de gauche, il trouva un lit et après avoir ouvert celle de droite il put vérifier que comme il le supposait, il s'y trouvait une salle de bain avec une douche, un lavabo et des toilettes.

« Mais comment... ? »

« On ne le remarque presque pas mais il est plus grand. » Monsieur Brief l'avait suivi et était derrière lui. Il essaya de lui expliquer : « Ma fille a augmenté le diamètre de la circonférence du vaisseau, pas de beaucoup. En fait, même moi, je n'avais pas remarqué. Elle m'a juste dit que tu n'aimerais pas perdre de l'espace pour t'entraîner alors l'habitacle central est intact. » Et il lui montra avec orgueil. « C'est à cette partie qu'on voit l'agrandissement. » Et il se retourna pour sortir. Végéta revint sur ses pas pour vérifier quelque chose dans la chambre. Quand il constata que visiblement le lit du vaisseau n'était pas meilleur que celui qui l'attendait à l'étage toutes les nuits, il renonça à sa première idée de s'établir ici pour dormir. Il fronça davantage les sourcils en voyant quelque chose sur la table. C'était un vase avec une branche des plantes avec lesquelles il s'était alimenté.

« Je ne partirai pas avant de t'avoir montré une dernière chose, jeune Végéta. », entendit-il depuis le centre du vaisseau. Il sortit sans aucune curiosité apparente. Il s'approcha du scientifique, dont le visage, déjà fier quelques minutes auparavant, rayonnait maintenant en montrant ce qu'il avait oublié de mentionner et qui, au milieu de toutes ces innovations inutiles, allait sans doute intéresser le prince au plus haut point.

« Quel est le maximum de pression ? »

« Que dis-tu ? » Monsieur Brief regarda ce qu'il montrait du doigt. Il s'était trompé de bouton.

« Ah, trois cent fois la gravité terrestre mais ce n'est pas cela que je voulais te montrer. »

Et il appuya le bon bouton. Celui de la stéréo.

Le guerrier croisa les bras en entendant la musique : « Je reprends mon entraînement immédiatement. » Il voulait qu'il éteigne cela et qu'il s'en aille au plus vite.

« Ah, bien, d'accord. » Le scientifique se tourna vers la sortie. « C'est pour cela que ma fille a fait tout cela, pour que tu nous libères de la menace de ces cyborgs. » Et sans avoir éteint la radio, il sortit par la porte en suivant le rythme de la chanson.

Végéta soupira. "Ils sont tous fous.", pensa-t-il en appuyant le bouton off. Il se retourna pour tout observer avec plus de calme. Maintenant, il pourrait vérifier en pratique si tout cela en avait mérité la peine. En regardant le plafond, il remarqua la présence de barres, sûrement pour améliorer sa souplesse et sa force. Il avança en étudiant tout avec attention. Quand il décida enfin de ne plus perdre davantage son temps, un bouton clignotant attira son attention. Au dessus, on pouvait lire sur une petite étiquette les mots Central CC. C'était le seul de tous les voyants à clignoter ce qui signifiait soit que quelque chose ne fonctionnait pas, soit qu'il était déjà en fonctionnement. Le plus curieux c'est que juste à côté, il y avait deux interrupteurs, un appuyé sur On et l'autre sur Off. « Central CC. », murmura-t-il essayant de comprendre ce que signifiaient ces mots. Une idée lui traversa l'esprit, mais il fallait qu'il vérifie par lui-même. Il appuya le bouton qui était sur Off et immédiatement, il se mit à clignoter également. A l'instant même, un écran assez grand apparut juste devant lui. Il pouvait voir sous cet angle, la moitié du laboratoire de la maison. Il semblait qu'il n'y avait personne là-bas pourtant, il put distinguer des ombres sur le sol et entendre des voix :

« Et tu lui as dit pour le compensateur de freinage ? »

« Oui, ma fille, tout ce que tu m'as demandé. »

« Mais il n'a pas vu ma note, tu l'as gardée, n'est-ce pas ? »

« Euh... »

« Papa ! Cette note était juste pour toi ! »

« Je dois faire régler mes lunettes, ma fille, je ne vois plus très clair. »

« Et bien sûr, il ne t'aura pas remercié. Évidemment. »

« Pourquoi me remercierait-il, ma chérie ? Il va nous aider à sauver La Terre. »

« Eh bien par simple politesse, papa, mais on dirait qu'il n'a aucune idée de ce que cela signifie. »

« Ah, ma chérie, je te trouve très stricte avec lui, écoute, tu t'es levée très tôt, n'est-ce pas ? »

« J'avais beaucoup de choses à faire ici. »

« As-tu vu Tama ? »

Et il rappuya le bouton Off.

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« Non, papa, je n'ai pas vu ton chat. » Son père fronça les sourcils pensif et étira ses lèvres sur un côté. « Maman t'a-t-elle dit ce qu'elle pensait faire ? », lui demanda sa fille en changeant de sujet et en se tournant pour passer la porte.

« Je crois que je sais où il est. » Et il sortit du laboratoire en ignorant la question de sa fille.

« Papa ! Elle t'a dit quelque chose ou non ? » Elle n'avait jamais vu son père se diriger aussi vite vers un lieu, même pas avec sa bicyclette. « Où vas-tu ? » Il retournait à la chambre de gravité, dont la porte était déjà fermée. « Oh non ! », s'exclama-t-elle craignant le pire et en se précipitant elle aussi vers la chambre de gravité.

Tous deux s'arrêtèrent net en voyant la porte s'ouvrir. Végéta apparut tenant le chat par la peau du cou. Il le jeta avec dédain dans le jardin provoquant de sa part un miaulement de protestation et une fois sur la rampe, une nouvelle tentative d'infiltration mais le prince avait déjà refermé la porte. Juste avant de s'enfermer enfin dans son vaisseau tant désiré, il lança un regard à Bulma avant de gonfler la poitrine et de disparaître à l'intérieur. Pendant que Tama grattait l'entrée et que son père montait la rampe pour reprendre son chat, la scientifique essayait de se convaincre sans quitter des yeux la porte déjà scellée qu'elle avait bien fait de l'éviter tout ce temps.

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Désolée de vous avoir faits attendre mais j'ai été très occupée avec les préparatifs et achats pour ma future puce. (Roh là là, il en faut des trucs pour ces petites bêtes-là ! ^_^) Maintenant que c'est fait, je vais rester bien sagement chez moi car je ne veux pas accoucher avant terme. Ce qui veut dire, plus de temps pour traduire !

J'espère que le chapitre vous a plu et je remercie tous ceux qui ont laissé des reviews. Je les traduis toutes au fur et à mesure à l'auteur, la grande Dramaaa. :)

Mille excuses pour les éventuelles coquilles...

A bientôt et bonne lecture,

Dimitrova (traductrice)