Sur le Toit

Auteur : Dramaaa

Traduction de l'espagnol : Dimitrova

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« Je dois m'entraîner, enlève-le. »

Elle fit non de la tête et lui sourit malicieusement.

« Enlève-le. » La voir là, uniquement vêtue du pantalon qu'il portait pour ses exercices, lui parut provoquant et à nouveau il se sentit excité.

Elle refusa encore et cette fois elle dût se retenir de rire en remarquant la façon qu'il avait de la regarder et qui voulait tout dire. Elle lui avait vu ce regard des milliers de fois.

« Enlève-le. » Il s'approchait d'elle lentement et elle ne pût s'empêcher d'éclater de rire. Quand il la souleva dans ses bras et la prit sur son épaule avec l'intention de la renverser sur la table de travail, son rire se transforma en fou rire sonore. Elle ne pouvait plus s'arrêter et à sa grande surprise, lui aussi semblait enchanté pendant qu'il luttait contre elle pour la dépouiller de son pantalon. Elle était têtue et intense même dans une lutte qu'elle savait ne pas pouvoir gagner. Quand il réussit, après avoir reçu plus d'une griffure et coups de pied, et qu'il l'eut étalée sur le bureau complètement nue, il ne put que se laisser emporter à nouveau par le désir qu'elle lui inspirait.

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CHAPITRE 10

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« Que faites-vous dehors ? »

« Ta mère voulait raconter aux plantes le dernier épisode de Cœur brisé, ma fille, et comme il fait bon, nous avons décidé de manger ici. »

« Oh, ma petite fille, si tu savais comme ils me manquent les Namuks... » Elle s'arrêta d'arroser les pétunias et soupira. Sa mère avait décidé de surmonter le départ des extraterrestres en s'imaginant que les plantes étaient l'incarnation de ses anciens hôtes. Presque tous les matins, avant d'aller préparer le déjeuner, elle s'acharnait à arroser le jardin et à parler à chacun des arbustes qui, curieusement, resplendissaient plus que jamais. « Tu crois qu'ils reviendront nous rendre visite ? », demanda-t-elle à la jeune femme avec espoir.

« Eh bien, je ne sais pas. », répondit sa fille en s'asseyant sur la chaise. « Seulement je n'ai aucune idée d'où se trouve leur planète. »

« Et vous ne pouvez rien faire pour les retrouver ? » Madame Brief s'attristait à l'idée que ses anciens invités ne connaîtraient jamais la fin du feuilleton qui leur plaisait tant quand ils étaient sur Terre.

Presque un an s'était écoulé depuis le départ de ses invités verts et Madame Brief s'attristait encore en pensant à eux. Bulma était convaincue que cela lui passerait, comme habituellement avec tout ce dont sa mère s'entichait, mais il était vrai que jamais elle ne lui avait paru aussi active et heureuse que lorsque les Nameks habitaient chez eux. Ses parents avaient beau sortir au restaurant et voir des amis, quand sa mère se rappelait ses anciens invités, elle s'assombrissait.

« Je les chercherai, ne t'inquiète pas. », se décida-t-elle à dire et sa mère retrouva sa joie de vivre et s'éloigna en chantonnant. En la voyant aller et venir avec enthousiasme, elle pensa que c'était le bon moment pour poser à son père la question qui lui trottait dans la tête depuis longtemps et à laquelle son père n'avait toujours pas répondu. « Papa, tu as parlé à maman des cyborgs ? »

Son père avait repris son journal et sans l'écarter de son visage, il répondit : « Oui, bien sûr. »

Que son père tente de clore la conversation avec cette réponse la rendit nerveuse mais elle connaissait son père, alors elle ne fut pas étonnée d'avoir à insister : « Et ? »

Monsieur Brief continuait imperturbablement la lecture de son quotidien : « Elle m'a dit que nous devions attendre. »

« Attendre ? » Cela nécessitait une explication. « Attendre quoi ? »

« Eh bien, elle ne me l'a pas dit, mais c'est ce qu'elle a affirmé quand je lui ai parlé de ce qui nous attend. »

Bulma fronça les sourcils et regarda sa mère. Que devaient-ils attendre ? Attendre dans quel but ? Elle pouvait sembler distraite et ne jamais rien comprendre mais pour sa fille, c'était la femme la plus déconcertante de l'univers. Une explosion provenant de la chambre de gravité l'arracha à sa méditation.

« Maudit Saïyen ! », s'exclama-t-elle en se levant d'un bond de son siège. « Si ça continue, il va faire exploser ma chambre de gravité ! »

Ses parents se regardèrent un instant et se fut Monsieur Brief qui mit en route le plan : « Ma fille, je m'étais mis d'accord avec lui pour lui faire une analyse après la réparation du vaisseau et nous ne la lui avons toujours pas faite. », reprit-il derrière son journal.

La jeune femme se rassit, découragée, et se servit un verre de thé glacé. « Et tu veux que je la lui fasse, bien sûr. »

« Si tu ne veux pas, je ferai venir une infirmière pour la lui faire. »

Le petit rire dissimulé de Madame Brief mit sa fille en alerte qui fronça à nouveau les sourcils et regarda son père qui semblait impassible derrière son journal et sa mère, qui ne disait rien avec son air faussement amusé. Pourquoi avait-elle l'impression que tout cela n'avait pas été spontané ? Finalement, elle essaya de se décharger de cette obligation : - C'est déjà l'heure de retourner au bureau, non ? » Elle préférait encore se plonger dans les chiffres et la comptabilité plutôt qu'être encore une fois seule avec le prince.

« J'ai demandé à Végéta au déjeuner qu'il passe demain à cinq heures au laboratoire et il a accepté.

« Mais papa ! Demain nous avons la présentation du A7 ! »

Enfin, son père leva la tête. « Ah oui ? Ce n'est pas plutôt le matin ? Le gouvernement m'a appelé il y a une semaine et quelques pour me le dire... »

« Alors c'est le matin ? » Bulma n'arrivait pas à y croire. « Et tu ne me l'as pas dit ? »

« J'ai cru que ta secrétaire te le dirait, ils ont appelé il y a une semaine pour changer l'heure de la présentation. »

« Mais c'est incroyable ! » Elle s'était déjà levée et traversait le jardin à pas rapides. « Incroyable ! Cette Shyntal est une idiote ! », s'exclama-t-elle en se référant à sa secrétaire. « Demain, je la vire ! » et elle se tourna un instant pour que son père entende bien sa décision : « Je la vire ! »

Le plan de son père avait bien fonctionné. Sa fille serait tellement occupée à peaufiner la présentation du lendemain qu'elle ne se souviendrait plus de Végéta de toute la journée et le soir, quand Végéta apparaîtrait au laboratoire, elle devrait lui faire l'analyse. Sa femme, qui avait écouté toute la conversation tout en taillant quelques branches, s'approcha de lui sans cesser de regarder Bulma, qui, furieuse, entrait dans son lieu de travail. « Elle ne sait pas que cela fait un an qu'elle n'a plus de secrétaire ? »

Son mari la regarda en souriant : « Apparemment non. » Et il reprit sa lecture.

Madame Brief lui sourit et se pencha pour l'embrasser sur la joue.

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Il fit volte-face dans les airs. Sans poser pied à terre, il put prendre appui et envoyer un puissant halo de pouvoir sur un des robots, qui le lui renvoya sans pouvoir le dispatcher aux autres qui se trouvaient tout autour de lui. Cela signifiait que le coup avait été suffisamment rapide et énergique. Il avait enfin maîtrisé ce mouvement si difficile. Il posa ses pieds sur le sol et reprit son souffle, les mains sur les genoux. Il était épuisé. Tout son corps vibrait et transpirait après l'effort mais il se sentait exceptionnel. Il se redressa entre de fortes respirations et un sourire de triomphe éclaira son visage. A une gravité de trois cents, il avait pour la première fois réussit à empêcher les maudits robots de jouer avec lui.

Il regarda la pendule. Cinq heures moins le quart. Il s'éleva dans les airs à nouveau et commença à tourner sur lui-même comme pour former une roue. Il se mettrait à l'épreuve maintenant par la méditation et la concentration en luttant contre le vertige à cette pression, donnant ainsi une trêve à son corps. Dans un quart d'heure, il devrait aller au laboratoire pour que le scientifique lui fasse ces analyses qu'il avait acceptées. Il claqua la langue. Il devait les faire, surtout depuis qu'on avait appris par ce maudit gamin qui avait tué Freezer que Kakarot était mort dans le futur d'un étrange virus qu'il avait attrapé sur Namek. Avec toutes les allées et venues qu'il avait faites dans l'Univers tandis qu'il le cherchait, rien n'assurait que lui aussi n'avait pas attrapé quelque chose de semblable. Que le grand Prince des Saïyens meure autrement que sur le champ de bataille serait si déshonorant qu'il préférerait mettre un terme à sa vie lui-même quitte à violer les lois saïyennes en la matière.

Ce qui l'étonnait, c'est que la pénible jeune femme aux cheveux bleus n'insistait pas sur ce sujet comme elle l'avait fait lors de son premier séjour sur la Terre. Elle se comportait étrangement depuis quelque temps, "encore plus bizarrement qu'à la normale." Si il y a un mois, elle s'était presque jetée sur lui, maintenant elle l'évitait, sûrement à cause de la stupide dispute pendant laquelle il lui avait fait oublier son compagnon. Cela n'avait ni queue ni tête. Pour lui, même si la scientifique avait fini par lui lancer une assiette, leurs disputes antérieures avaient été beaucoup plus agressives et violentes, surtout celle où il l'avait saisie par le visage. Il grogna en s'en souvenant car cette fois-là, elle était sortie clairement vainqueur. "Cette femme est folle et il n'y a personne qui..."

« Mais qu'est-ce que ?... »

Avant d'avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il se retrouva par terre. « Merde ! », s'exclama-t-il. Il s'était déconcentré et était tombé la tête la première sur les froides dalles métalliques du vaisseau.

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Elle entra dans le laboratoire en exultant de joie. La présentation du nouveau robot A7 pour l'armée avait remporté un franc succès et le contrat était dans sa poche. Elle alluma la radio et se mit à danser. Elle avait passé un mois entier à perfectionner les composants du prototype et enfin, ils avaient vu le résultat de son énorme effort. Yamcha n'était pas à la présentation car il devait s'entraîner. Cela faisait une semaine qu'ils ne se voyaient plus et il lui avait promis qu'il viendrait la voir le soir même. La jeune femme avait insisté pour sortir seule du bureau central et aller le rejoindre à son appartement mais cela n'avait pas plu à son petit ami et il s'était obstiné à être celui qui irait chez elle, comme il faisait d'habitude. « Mais tu détestes mon appartement, chérie, tu dis toujours qu'il est trop petit pour toi. », avait-il dit en forme d'excuse. Et il avait raison. Si au début, l'appartement lui avait paru très accueillant et agréable, maintenant elle étouffait rien qu'en passant la porte. Elle refusait de croire que c'était la réponse de son inconscient à d'autres poids qui l'accablaient.

Après l'avoir félicitée, son père lui avait demandait de ranger le laboratoire. Elle n'avait même pas protesté. En dansant, elle ramassait des papiers et encore des papiers tout en fredonnant au son d'une mélodie entraînante. Rien ni personne ne pourrait lui enlever ce moment de joie pure. Enfin si. D'un coup, elle aperçut une silhouette à la porte et s'arrêta brusquement de danser :

« Que fais-tu ici ? » Elle avait honte et le démontrait avec colère.

« Où est ton père ? » Lui, par contre, ne semblait aucunement troublé et il affichait son invariable air de ne penser à rien.

Bulma toussa avant de continuer ses questions : « Comment as-tu encore fait pour entrer ? Et depuis combien de temps es-tu planté là ? » Dire qu'un instant auparavant, elle était contente mais que maintenant sa mauvaise humeur revenait. Elle n'allait pas se laisser faire.

Végéta était sur le seuil de la porte d'entrée, les bras croisés. Elle avait beau vouloir déchiffrer son regard sombre, il n'y avait pas moyen. Un masque d'inexpressivité recouvrait son visage. Il n'avait pas cassé la porte, c'était évident, alors elle supposa que le détecteur d'empreintes du laboratoire lisait également les siennes.

« Tu avais laissé la porte ouverte. », mentit le guerrier en s'avançant dans la pièce. Il savait que cela la gênait qu'il puisse entrer dans le laboratoire comme dans le reste de la maison et que bien qu'elle soit une catastrophe dans beaucoup de domaines, elle était une authentique névrosée en matière de sécurité.

Bulma, qui se dirigeait vers la radio pour l'éteindre, le regarda un instant avant de répliquer : « C'est impossible. »

« Je croyais t'avoir entendue dire que cet endroit était toujours bien rangé. » Végéta était planté à ses côtés observant autour d'eux pendant qu'elle continuait à ramasser les papiers dispersés sur les tables.

La scientifique souffla discrètement. Jusqu'à ce moment, elle avait été contente et avait réussi à se ressaisir, retrouvant son état d'esprit antérieur à l'irruption du Saïyen. « Qu'est-ce qui t'amène, Végéta ? Qu'arrive-t-il à ma chambre de gravité ou à certains de mes robots ? » Elle n'eut pas besoin de faire semblant d'être insouciante. Enfin, elle était à nouveau relaxée. Quand elle l'avait vu, elle s'était sentie remuée intérieurement, sûrement par la rage qu'elle ressentait encore envers lui, maintenant elle s'était convaincue elle-même que personne n'arriverait à lui gâcher cette fabuleuse soirée. Elle méritait du repos. Elle méritait de se reposer de tout et de tous. Elle n'avait qu'à ranger avant d'aller se reposer.

« Je t'ai demandé où était ton père. », répondit le Saïyen, en se déplaçant et en observant les engins sur les étagères. « Il doit me faire une analyse. » Il se tourna pour la regarder en ajoutant : « Ma chambre de gravité n'a rien pour l'instant. »

"Tu n'y arriveras pas, petit prince.", pensa Bulma en le regardant du coin de l'œil. S'il croyait qu'il allait réussir à l'atteindre à cause de la première réaction de la scientifique, il avait mal choisi son jour. Elle se sentait formidable, heureuse et extrêmement fière d'elle-même. Aujourd'hui plus que toujours. Quand des hommes la félicitaient, eux toujours si réticents devant l'intelligence d'une femme, cela la faisait se sentir débordante de confiance. Curieusement, les militaires étaient ceux qui se sentaient le moins intimidés par elle et elle avait pu le vérifier encore ce matin quand ils avaient applaudi à tout rompre sa présentation, une fois la séance de questions terminée. Les compliments sincères la faisaient se sentir la femme la plus puissante du monde. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas retrouvé une telle force et même les piques acérées de Végéta n'arriveraient pas à la perturber. A un moment, elle avait décidé que le Saïyen ne serait pas un problème et qu'il n'allait pas en devenir un. Encore une fois, le monde saurait que Bulma Brief était la meilleure et elle se sentait la force d'affronter n'importe quel problème. Quand Végéta mentionna son père, elle n'eût aucun mal à deviner le coup monté et l'image de sa mère souriante apparût dans ses pensées. Cela ne l'atteignit même pas.

« Une analyse ? »

Le sourire sur le visage de la jeune femme le surprenait un peu. Il semblait naturel, comme tout ce qu'elle faisait, mais pas tout à fait spontané. A son arrivée, quand il l'avait vue en train de danser, cela lui avait paru étrange car elle ne semblait pas traverser une bonne phase pour avoir à célébrer quoi que ce soit. Ces dernières semaines, elle était toujours de mauvaise humeur et pas seulement avec lui bien qu'ils ne se soient pas adressés la parole. Quand il l'observait avec son compagnon, cet humain idiot, elle affichait toujours cette moue de fatigue et d'ennui qu'il lui avait vue à plusieurs occasions antérieures. Cela s'était même accentué. Il se réjouissait à l'idée de lui faire peur car visiblement, elle n'avait pas remarqué sa présence. C'était curieux comme les femmes qu'il connaissait sur cette planète pouvaient être distraites. Il n'avait eu affaire qu'à deux d'entre elles, celles qui habitaient cette maison, et il était convaincu qu'il ne pouvait pas s'agir de spécimen normaux de la race terrienne. Sinon, il ne s'étonnait plus qu'aucun envahisseur n'ait voulu conquérir ce monde. Il l'observa là en train de danser et la laissa continuer même s'il était un peu pressé de retourner s'entraîner. Aujourd'hui, il était spécialement de bonne humeur grâce à ses progrès dans son entraînement même si son impassibilité et sa réserve l'empêchaient de le montrer à quiconque.

Il ne répondit pas. Il s'assit sur une chaise et regarda un point fixe devant lui.

« Je devrai te la faire moi-même puisque mon père n'est pas là. », entendit-il la jeune femme lui dire derrière lui. Il se retourna pour la regarder. Elle était en train d'attacher ses cheveux permanentés et d'enfiler une blouse. "Elle doit être de bonne humeur pour accepter de me la faire elle-même." Il appuya le bras sur la table et tendit les muscles.

« Tu sais déjà ce que tu dois... » Elle s'arrêta en voyant qu'il était déjà prêt.

« Eh bien ! », s'exclama-t-elle en le voyant si bien disposé. « Tu es pressé à ce que je vois. » Et elle lui sourit à nouveau. Cela, pour le prince, était assez particulier. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vue sourire.

« Pas toi ? », lui demanda-t-il en fronçant les sourcils.

« Si bien sûr, mais quand on fait quelque chose, il faut le faire bien, tu ne crois pas ? » Elle lui répondit sans le regarder tandis qu'elle prenait une chaise et s'approchait de lui. « En plus, après cela, je te mettrai des capteurs pour étudier tes fluctuations neuronales et ta tension sanguine. » Son regard surpris l'obligea à s'expliquer.

« Tu as dit à mon père que tu acceptais qu'il te fasse des analyses. Nous voudrions voir comment fonctionne ton organisme et... »

Il ne la laissa pas achever. « Je refuse d'être un rat de laboratoire. » Et il enleva son bras de la table.

Elle l'observa sans broncher. Ses yeux continuaient à briller et il y vit même un éclair de moquerie.

« Ces analyses t'aideront à connaître tes performances et... »

Il l'interrompit à nouveau : « Cela vous servirait à vous, humaine, je connais parfaitement mes performances. »

Bulma ne se laissait toujours pas impressionner. Elle le regardait avec ses yeux bleux comme si elle n'avait jamais eu plus d'un échange avec lui. « Goku l'a fait. », finit-elle par dire.

Végéta se montra irrité devant l'évidence : « Tu n'arriveras pas à me faire ces tests et encore moins en me mentant aussi effrontément. »

La jeune femme soupira, plus par lassitude que par contrariété. « Très bien. Moi, tout ce qui m'intéresse, c'est ton analyse de sang pour voir si tu as contracté quelques germes bizarres en tuant et étripant des êtres vivants pendant tes voyages spatiaux alors... » Elle soupira à nouveau. « Tends ton bras, allez. »

La passivité avec laquelle elle avait lancé les verbes "tuer" et "étriper" mit encore plus le prince en alerte. Que se passait-il ? Il obtempéra et elle se tourna pour commencer à préparer les instruments.

« Pourquoi es-tu de si bonne humeur ? », lui demanda-t-il finalement en fermant à demi les yeux.

« J'ai obtenu un contrat avec le gouvernement qui nous rapportera beaucoup de bénéfices. », répondit-elle en ouvrant des sachets en plastique. Elle le regarda et vit qu'il plissait encore plus les sourcils que d'habitude.

« De l'argent. », dit-elle pour expliquer.

« L'argent n'attire que des problèmes. », déclara-t-il, sûr de ses paroles.

Elle rit. « Oui, c'est ce que dit mon père. » Et elle continua : « Mais pour moi, ça apporte plus de choses positives que négatives. », affirma-t-elle sans l'ombre d'un doute.

« En es-tu si sûre ? », demanda-t-il après quelques instants.

Cette fois, ce fut elle qui fronça les sourcils. Pendant un instant, elle se remémora la solitude qu'elle avait ressentie au collège et plus tard à l'université dans laquelle, à cause de son haut quotient intellectuel, elle avait été une des plus jeunes à entrer, puis à tous ces hommes qui l'approchaient uniquement parce qu'elle était une riche héritière, à ses disputes avec Yamcha où elle lui reprochait sa légèreté en matière d'argent et beaucoup d'autres détails. « Oui, j'en suis sûre. », lui répondit-elle en le regardant droit dans les yeux avant de les détourner et de tousser. "Merde ! Ne tousse pas Bulma !", s'ordonna-t-elle pour ne pas recommencer à trahir sa nervosité. « Oh, mince. », s'exclama-t-elle en se levant. Elle avait oublié la seringue dans un des tiroirs et elle alla la chercher. « Et dis-moi, Végéta, pourquoi as-tu sorti Tama du vaisseau le premier jour de sa remise en fonctionnement ? », le questionna-t-elle tout en s'agitant entre les tables. « Ça t'aurait été plus naturel de le laisser se faire écraser à l'intérieur, non ? »

"Du vaisseau ?", se dit le guerrier. "Elle a bien dit du vaisseau ?" Cela commençait à frôler le délire. Il ne savait pas exactement à quel moment elle faisait allusion vu que quasiment chaque matin, il devait sortir ce stupide chat de son vaisseau pour qu'il ne finisse pas aplati comme une crêpe. Il l'observa en train de farfouiller dans les armoires et les étagères. « Je préfère éviter d'avoir des viscères de chat collées au sol de ma chambre de gravité à cause de la pression extrême. »

L'accent qu'il avait mis dans sa phrase sur le "ma" obligea Bulma à se retenir de manifester sa colère. "Tu n'y arriveras pas, Végéta.", se répéta-t-elle à elle-même. Enfin, elle trouva la maudite aiguille stérile et revint s'asseoir à côté de lui. « Tu sais, ça m'embête que ce garçon ait détruit le vaisseau dans lequel Freezer était venu. » Elle se mit à enlever l'aiguille de son emballage et la monta sur la seringue.

« Nous aurions pu étudier sa civilisation avancée et cela aurait pu servir à... »

Il réagit en l'entendant mentionner le gamin qui s'était transformé en super-guerrier et Freezer. Au moment où elle posa sa main sur son bras, il le tourna et bloqua la main de la jeune femme en dessous. Leurs yeux se rencontrèrent, lui, les fermant à moitié en l'étudiant, et elle, malgré sa surprise initiale, conservant une impassibilité troublante. « Qu'est-ce que tu es en train de manigancer ? », lui demanda-t-il en se penchant vers elle.

« Rien. », répondit la scientifique. Elle dégageait la tranquillité et le calme, comme si elle s'attendait à ce mouvement de sa part.

« Je te connais, humaine, tu trames quelque chose, qu'est-ce que c'est ? »

A ces mots, Bulma ne put que faire un demi-sourire, presque identique à celui que faisait continuellement le prince. « Tu ne me connais pas, Végéta. » Et elle voulut donner de l'importance à sa déclaration en s'inclinant à son tour de quelques millimètres. « Tu n'as pas idée de qui je suis. »

« Alors pourquoi es-tu comme ça ? » Ses yeux se plissèrent encore davantage.

« Comment ça ? » Elle voulut savoir, sachant d'avance la réponse.

Après quelques secondes de recherche du mot pour décrire l'état de la scientifique, il trouva l'adjectif parfait : « Douce. » Et il se recula à nouveau dans sa chaise.

"Ne le dis pas, Bulma, ne le dis pas.", se répétait-elle en boucle dans sa tête. Finalement, elle le lui lança : « Je ne suis pas douce, prince, je suis gentille. » Elle lui sourit et baissa les yeux en se rendant compte qu'il avait toujours son bras sur le sien. « Tu ne vas pas lâcher ma main ? » Elle put sans effort dégager son bras et il lui laissa retourner le sien pour qu'elle y plante l'aiguille.

Encore une fois, c'était en train de se passer, encore une fois l'atmosphère devenait intime et elle ne pouvait l'accepter. Qu'est-ce qui lui arrivait ? En disant le mot "gentille", ils retournaient en arrière, à leurs jeux d'autrefois, et lui aussi avait sûrement saisi l'idée. Cet homme était non seulement un assassin sans pitié et mille autres choses encore mais il avait été cruel avec elle, la grande Bulma Brief, et il l'avait ridiculisée devant les yeux les plus critiques qu'elle connaissait, les siens. Maintenant qu'elle se sentait des forces nouvelles pour l'affronter et pour lui rendre la pareille, ce maudit Saïyen recommençait à transformer cela, intentionnellement ou non, en un jeu, un jeu privé et intime qui n'appartenait qu'à eux seuls. Le pire était qu'elle l'avait suivi et à son regard, elle comprit que lui aussi avait capté parfaitement ce qui était en train de se passer à nouveau. Encore une fois. Encore une fois. Et elle n'allait pas le permettre. A nouveau, elle changerait de sujet. « Tu dois bien reconnaître que j'ai eu raison de te faire une analyse et donc... » Elle planta l'aiguille et commença à aspirer le sang du Saïyen. Elle continua :

« Tu pourras savoir si tu es contaminé ou non par... »

« Tu l'as déjà dit. » Il lui coupa la parole sans détourner le regard.

"Merde, merde, merde !", se dit-elle sans lever les yeux vers lui. « Je l'ai déjà dit ? » Au moins, elle avait pu contrôler sa voix et sa toux, alors tout n'était pas perdu. Elle aurait dû attaquer mais elle ne savait pas comment. Pas encore.

« C'est ce que j'ai dit. », répondit-il.

« Qu'as-tu dit ? » Peut-être qu'au moins avec un jeu de mots elle arriverait à lui faire perdre cette expression imperturbable.

« Que tu l'as déjà dit. »

« Tu as dit que je l'ai déjà dit ? » L'inspiration profonde qu'il prit, réussit à la faire sourire.

Il savait que sous son hyperbolique chevelure, elle s'amusait de ce bavardage idiot. Il ne supportait pas qu'elle fasse cela avec lui. C'était un jeu ridicule qui ne faisait que le déconcerter. Jusqu'à ce moment il avait réussi à recommencer à s'amuser avec elle et la jeune femme avait tout gâché avec son stupide défi sémantique. En prenant une aussi forte respiration, l'arôme qu'elle dégageait le pénétra jusqu'aux os. Il la vit se lever et ranger l'échantillon de sang dans une éprouvette. Sans le regarder, elle ramassait tout diligemment. Peut-être qu'il ferait bien de vite s'en aller. Ou peut-être que non. Il resta assis à l'étudier minutieusement. « Tu n'as pas mis de gants. », dit-il finalement.

Bulma s'arrêta de ranger. Pour obtenir quelque chose ici, elle devrait marcher sur le fil du rasoir. Elle lui sourit : « Tu as peur que je te contamine ? »

Végéta tiqua, détournant le regard. La scientifique semblait encore une fois reprendre confiance en elle. Il lui avait rendu les choses faciles. Curieusement, elle devenait douce alors que cette question n'avait pas précisément été gentille. Où voulait-elle en venir ? La jeune femme se mit à approcher de lui une machine de laquelle sortaient une infinité de câbles blancs terminés par des sortes d'autocollants.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Le voir rester là, assis, lui laissait comprendre qu'il était au moins curieux de ce qu'elle faisait. Ce n'était pas son plan final mais pour parvenir à ses fins et en plus terminer l'analyse, elle profiterait de ce que le Saïyen semblait déconcerté. Dans le cas contraire, il se serait levé et serait parti. S'il fallait qu'elle soit douce, elle le serait. « Je vais te faire l'étude neuronale. » Elle se corrigea instantanément : « Tu me laisses te la faire ? »

« Je t'ai dit que... » Maintenant, c'est lui qui se corrigeait : « Je t'ai déjà expliqué que non. »

« Et alors pourquoi tu restes assis ici ? » Il n'y avait pas une pique de gêne dans sa question. Le ton continuait à être doux et enfonçait le clou des phrases de leur précédente discussion. La référence à la gentillesse, sa façon de lui demander ce qu'il faisait encore là... Il n'y avait pas de doute. L'intime recommençait à les entourer. Malgré cela, il se leva et elle l'imita. Il pensait s'en aller de là mais la scientifique fut plus rapide. « S'il te plaît. » Et elle recommença à lui sourire.

« Non. » Ça devenait absurde. Il avait refusé mais il ne faisait toujours aucun mouvement vers la sortie. Pourquoi ne s'en allait-il pas ?

« S'il te plaît. », répéta la jeune femme.

C'était la première fois qu'elle lui demandait quelque chose ainsi sans le lui ordonner ou sans passer un marché. Il avait la même sensation que lorsqu'il était revenu de son périple dans l'espace et qu'il l'avait suivie jusqu'à la chambre. Et comme cette fois-là, avant même qu'il s'en rende compte, il lui obéissait déjà : il retourna s'asseoir dans la chaise et elle se pencha sur lui pour scotcher tous ces autocollants sur sa tête.

« Eh bien, tu as un front très grand. »

« Et c'est maintenant que tu le remarques ? » La voir penchée sur lui commençait à être le plus perturbant dans tout ça. Même davantage que le fait qu'il ait accepté sa demande de lui faire des tests. Il étudia les formes de la femme de près. « Le front large est une particularité de la famille royale de la planète Végéta. »

« Tu ressembles à ton père ? »

« Je ne sais pas. », mentit-il avant d'ajouter avec indifférence : « Je ne me souviens pas de lui. »

« Tu ne l'as pas connu ? », lui demanda-t-elle en s'asseyant à côté de lui et en mettant en marche l'ordinateur de la machine.

« Tu as deux minutes. », asséna Végéta en regardant de côté.

« Ce sera suffisant. », lança Bulma en devinant l'insinuation et souriant encore une fois.

Tout cela ne cadrait pas. Cela faisait des semaines qu'elle ne lui parlait plus et qu'elle le regardait avec rancœur et maintenant elle était là à lui demander poliment de passer des tests. Elle le faisait pour l'analyse ? Qu'allait-elle apprendre avec ces analyses ? Ils avaient déjà Kakarot pour faire des recherches sur la race des Saïyens. Après une minute, se sentant crispé, il décida de passer à l'offensive. « Tu as déjà oublié ta colère ? »

"Il passe à l'attaque.", se dit Bulma. Il se fatiguait sûrement de la voir si douce. "Tu n'y arriveras pas, prince.", se répéta-t-elle pour la énième fois dans sa tête. « Ma colère ? », dit-elle tout haut tout en s'ordonnant intérieurement de ne pas tousser.

« Ne me prends pas pour un idiot, humaine, je ne suis pas ton fiancé. »

Là, oui, elle le regarda avec un soupçon de méchanceté. Elle se réjouit de le voir là avec tous ces sparadraps sur la tête avec son éternel air furieux. Elle le trouva drôle et sa rancune s'envola à l'instant. Elle put à nouveau se concentrer et répondit : « Oui, je suis arrivée à une conclusion. » Elle se leva pour s'approcher de lui et commença à lui retirer les câbles.

« Ah oui ? » Cela l'intriguait et l'amusait. « Laquelle ? », demanda-t-il alors qu'elle recommençait à se tenir dangereusement près de lui.

« Eh bien, c'était une conclusion assez évidente à laquelle j'étais arrivée mais la dernière fois, je m'étais tellement laissée emporter que je ne m'étais pas rendue compte à quel point la réponse était claire. » Elle baissa les yeux pour croiser son regard. « Cristalline. » Et elle continua à lui enlever les sparadraps.

« La réponse à quoi ? » Ce n'était pas son genre de se montrer énigmatique. Peut-être qu'elle commençait vraiment à se contrôler. Il se mit encore plus sur ses gardes. Et si son plan était de le rendre fou ? Rien que d'y penser, un éclat de rire sourd, comme étouffé, le secoua. Elle était futée mais aussi sauvage et indomptable. Elle le lui avait prouvé des centaines de fois. Mais il était vrai que si elle ne répondait pas directement à la question, c'est peut-être parce qu'elle avait quelque chose en tête. Il contracta ses muscles à l'idée d'être tombé dans un piège.

« Tu vois, je me demandais pourquoi tu avais fait une chose pareille puisqu'en fin de compte, nous ne sommes que des terriens, pas vrai ? » Elle retourna ses yeux sur ses obscures prunelles et les remonta à nouveau pour lui enlever les derniers adhésifs. « Ça t'est bien égal que Yamcha et moi soyons fâchés ou en train de traverser une crise, ce que tu avais remarqué, alors je te pose la question : tu l'as fait uniquement pour te distraire ? »

« N'en doute pas une seconde. » Et il était sûr que c'était la raison. Encore une fois, elle baissa le regard avant de le remonter.

« Oui, que tu sois un sadique est la raison la plus évidente mais pourquoi te fatiguer avec ça ? Qu'est-ce qui t'a fait te comporter comme ça juste à ce moment et jouir de ta victoire ? » Le haussement de ses sourcils, lui fit comprendre qu'il était troublé. Même lui, n'avait sûrement pas pensé à ça.

« J'aime gagner en tout, femme, même s'il s'agit de toi et de tes stupides jeux. » Avec cette phrase, il avouait que leurs jeux à tous les deux étaient aussi amusants pour lui que pour elle. L'intimité les entourait depuis longtemps et ce n'était pas lui qui allait nier l'évidence.

La jeune femme sourit légèrement. Le prince commençait à attaquer et il n'y avait qu'une raison pour cela. « Et moi, j'aime gagner contre toi. », ajouta-t-elle en s'éloignant enfin de lui. Elle se rassit en laissant les câbles sur la table et lâcha les adhésifs. « Mais toi, pourquoi ? Je ne suis qu'une simple humaine, une méprisable et répugnante humaine, non ? »

Ses questions commençaient à le mettre mal à l'aise. Bien sûr qu'elle était une humaine, mais elle n'était pas une simple humaine, même s'il ne le lui dirait jamais et ne croyait pas que ce soit nécessaire. Elle pouvait être beaucoup de choses mais sûrement pas simple. Que la jeune femme ouvre la boîte aux évidences était indubitablement inquiétant et mettait au grand jour de nombreuses contradictions et doutes dont lui-même ne s'était pas aperçu.

« Oui, tu l'es. »

La scientifique ne semblait pas vexée le moins du monde par son affirmation. « Alors pourquoi aimes-tu gagner contre moi ? »

Sa réponse ne se fit pas attendre. « Parce que je m'ennuie, et ça suffit avec ces bêtises. » Il se leva, prêt à sortir une bonne fois pour toutes.

« Tu attaques toujours quand tu te sens menacé, Végéta, pourquoi as-tu été aussi cruel avec moi alors que tu ne l'avais jamais été avant ? »

« Mais tu ne te tais donc jamais ? » Il était visible que non et aussi que tout cela était en train de l'énerver. » « Arrête de dire des stupidités, humaine, je t'ai déjà menacée de mort et soit sûre que... »

« Pourquoi t'es-tu acharné sur moi ce soir-là ? » Elle gardait son calme alors qu'elle le voyait marcher d'un pas ferme vers la porte.

Le prince se retourna, excédé. « Parce que tu me dégoûtes ! Toi et cet imbécile, vous me dégoûtez et m'ennuyez ! C'est pour ça, humaine ! » Il ne comprenait pas pour quelles raisons cette femme l'avait irrité et mis mal à l'aise. Si elle avait l'intention de lui faire admettre qu'il y avait entre eux une intimité distincte à sa cruauté latente, elle se trompait lourdement.

« Tu vois ? Tu attaques. », s'exclama Bulma, enfin soulagée. « Je ne suis pas la seule à être prévisible, Végéta. » et elle croisa les bras en souriant.

Il s'arrêta sur le seuil de la porte. Il n'y avait aucun doute. Elle avait fait tout cela pour se venger de l'humiliation qu'elle avait subie lors de leur précédente dispute. Elle était fatigante et démoniaquement rusée. Il allait se tourner pour lui lancer une dernière chose mais la jeune femme le devança, réussissant à lui refaire prendre pied au milieu de toute cette confusion.

« Tu as obtenu ce que tu voulais, que je te déteste. »

Il lui jeta un dernier regard. Elle était toujours dangereusement tranquille. Il fallait qu'il l'accepte ! Cette fois, c'était elle qui avait gagné. « Eh bien, garde bien ce sentiment, femme, c'est la seule chose cohérente que tu aies dans ta petite tête bleue. »

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Durant la semaine suivante, ils se virent à peine. Bulma avait décidé enfin de se reposer et même si elle passait toutes ses journées à la maison, elle n'échangeait pas une parole avec le Saïyen. Un matin, elle prenait un repos bien mérité assise confortablement dans le fauteuil du salon en feuilletant une revue. Elle avait beau essayer de se libérer de ses inquiétudes et d'oublier tout ce qui l'entourait, l'idée des cyborgs et de ne pas pouvoir trouver la cachette secrète de leur créateur lui martelait le cerveau. Il faudrait qu'elle demande vite à son père s'il avait eu des résultats dans sa recherche du docteur Maki Gero car elle avait beau enquêter, on aurait dit que cet homme s'était volatilisé. Ses pensées furent interrompues par sa mère, qui apportait un plateau de petits gâteaux suivie par son père qui arriva en parlant de Végéta et du mal qu'il se donnait dans la chambre de gravité.

« Ah ! Je suis fatigué ! », s'exclama son père en entrant au salon en s'étirant. « Je n'ai jamais vu un homme aussi fou que ce Végéta. »

Elle ignora les divagations de sa mère qui prétendait que sa fille était vexée que Yamcha et le prince ne fassent pas attention à elle, en entendant nommer le Saïyen. « Hein ? » "Est-ce que c'est parce qu'il a recommencé à s'adresser directement à mon père que je n'entends plus parler de lui ?", se demanda-t-elle.

« Il est si fou qu'il s'enferme dans la chambre de gravité à trois cents fois la gravité terrestre et il ne fait que me demander de nouvelles machines pour s'entraîner. » L'explication était aussi dirigée à sa femme qui s'affairait à ranger les petits gâteaux sur un plateau et à servir du thé bouillant dans leurs tasses.

« Ça ne me surprend pas. », répliqua Bulma, distraite. « C'est un maniaque de la guerre. », ajouta-t-elle, vexée.

« Ne dis pas de mal de lui. Moi, je le trouve charmant. », répliqua sa mère en souriant.

« Maman. » Son mari comprit de quoi il s'agissait : sa femme essayait à nouveau d'attirer l'attention de sa fille sur le prince. Ils étaient ensemble depuis si longtemps qu'il la connaissait à la perfection. Cela lui parut amusant, comme tout ce qu'elle faisait, et il joua le jeu : « Je croyais que Goku était ton préféré, tu as changé d'avis ? »

« Goku aussi est un homme merveilleux mais Végéta... » Et elle recommença à en faire des tonnes pour le plus grand plaisir de son mari. « Il a un petit air mystérieux qui le rend irrésistible, son corps est très athlétique et il a l'air intelligent, dommage qu'il soit si seul et qu'il n'arrête jamais de s'entraîner... »

Sa fille la regarda pensive. "Elle croit vraiment m'influencer avec ça ?" Et pour couronner le tout, sa mère lança une dernière phrase encore plus déconcertante : « Je sais ce que je vais faire ! Je vais l'inviter à dîner avec moi. »

Son père et elle la regardèrent quelques secondes. Le scientifique ne put se retenir de rire et ils s'assirent pour prendre le thé ensemble.

« Mais maman ! Je me demande d'où je tiens mon bon sens ! », s'exclama Bulma, furieuse.

« J'espère juste que tu ne recommenceras pas à dire des choses pareilles devant Yamcha ! »

Son père parvint à retrouver son calme : « Ah, ma fille, au sujet de Yamcha, il m'a dit qu'il s'entraînerait derrière la maison. » Il prit un petit gâteau à la menthe. « Apparemment, il ne veut pas croiser notre invité, non ? »

« Ils ne s'entendent pas très bien, effectivement. » Bulma suivit l'exemple de son père et prit un autre gâteau. « Papa, tu ne veux vraiment pas que je t'aide avec les robots de combat ? Je ne fais rien ici. »

« Non, ma fille, je crois que je commence à prendre le coup de main avec tes petites merveilles. »

« Le coup de main ? Tu veux dire qu'il les a cassés plusieurs fois sans que j'en sois informée ? », demanda-t-elle, en colère et craignant le pire.

« Eh bien, c'est vrai qu'il a passé toute la semaine à les casser. »

Cela fit bondir encore plus la jeune femme : « Toute la semaine ? »

« Oui, je ne sais pas ce qu'il a mais il s'entraîne beaucoup plus rudement qu'il y a quelques temps. »

« Il n'a pas intérêt à casser ma chambre de gravité, ce petit prétentieux ! » Et elle mordit avec énergie dans la petite douceur sucrée. « Au fait, papa, avons-nous avancé dans la recherche du docteur ? »

« Eh bien, non, ma fille. », répondit-il en regardant le plafond, concentré. « Le problème c'est que personne ne peut me dire quelque chose de concret. »

« Tu dois insister, papa. », lui demanda sa fille. « Je suis sûre que tes contacts peuvent te dire quelque chose sur la cachette de ce... »

Elle ne put continuer. Pendant plusieurs secondes, une terrible explosion secoua les fondations de la maison et projeta en l'air les gâteaux qui finirent par s'écraser sur leurs visages. L'amplitude fut telle qu'ils craignirent le pire. Ses parents se regardèrent mutuellement avant de tourner tous les deux leurs regards vers leur fille, qui bondit sur ses pieds comme mue par un ressort.

« Végéta ! », cria Bulma, en sentant un pincement à l'intérieur d'elle-même. Et elle partit comme une flèche vers le jardin.

Elle resta calme un instant en voyant la cause de ce bruit retentissant. Un nuage de poussière sortait de la chambre de gravité déchirée en deux et s'élançait vers le ciel. La partie supérieure de la machine ronde avait disparue. Elle avait tout simplement été pulvérisée et la moitié inférieure était appuyée sur la rampe. « Végéta ! » Et elle se mit à courir désespérée vers le vaisseau.

« Bulma, que s'est-il passé ? » C'était Yamcha qui courrait à ses côtés. Elle n'eut pas un regard pour lui.

Quand ils arrivèrent enfin devant la mer de décombres dispersés sur le sol, l'air était pratiquement irrespirable. On ne voyait nulle part de trace du prince. Elle se baissa sans trop savoir quoi faire. Elle réagit en réalisant la seule chose qu'elle pouvait faire à cet instant : elle commença à le chercher anxieusement entre les amas de métal et les restes de béton qu'on apercevait car l'explosion avait soulevé le sol des alentours. « Non, non... », murmurait-elle effrayée. « Il ne peut pas... il ne peut pas... »

« Je savais que ça arriverait, c'était beaucoup trop risqué comme entraînement. », s'exclama le guerrier.

Mais Bulma semblait indifférente aux paroles de son fiancé. Désespérant de le retrouver, de voir sa chevelure hérissée apparaître au milieu de ce désastre, elle s'affairait à dégager des gravas et des débris. Il était encore difficile de respirer sur le lieu de cette catastrophe. Elle était sur le point de crier à Yamcha de l'aider quand elle entendit un bruit provoqué, un son discordant au milieu de ce désastre. Elle regarda vers le fond, d'où provenait le bruit et une main défiante et théâtrale, comme l'essence de cet homme maudit qui la faisait presque mourir d'angoisse sur place, apparut au milieu du béton et des boulons. Sous le choc, elle en tomba à la renverse sur Yamcha qui sursauta également. La main se transforma en bras sanglant suivi par le corps meurtri du prince, qui se dressa, endolori et provoquant, entre les décombres.

« J'ai crû que tu étais mort ! », bredouilla la scientifique.

« Bien sûr que non ! », réussit à lui répondre enfin le Saïyen. Il se mit à grand peine debout et l'observa entre les ténèbres.

Bulma soupira. Le pire était passé. Il n'était pas mort et comme on pouvait le craindre, il revenait à la vie avec le désir de lutter contre elle. Puisqu'il était en vie et conscient, il n'allait pas s'en tirer sans écouter ce qu'elle avait à lui dire : « Qu'est-ce que tu as fait avec tes stupides entraînements, hein ? Tu as failli détruire ma maison ! »

Cela parut amuser Végéta car il esquissa un sourire. La raison en était évidente : même si cette voix stridente était tout sauf ce qu'il désirait entendre, le naturel bruyant de la jeune femme reprenait le dessus. Il était sur le point de lui répondre quand il perdit l'équilibre et tomba comme une masse sur le côté.

« Végéta ! », s'exclama Bulma en se dégageant de l'étreinte de son petit ami. Elle sauta entre les décombres pour soulever le corps du guerrier et le soutenir contre elle.

« Arrête... Tu me déranges. », dit le prince, entrouvrant les yeux et la trouvant là qui le soutenait entre ses bras. « Tu m'empêches de suivre mon entraînement, il faut... il faut que je continue. » Il sentit une douleur lancinante dans sa poitrine et ferma les yeux de douleur.

« Mais quel entraînement ? Tu viens de te blesser, tu ne peux pas continuer ! » Cela lui parut incroyable que le guerrier veuille continuer ses exercices. Visiblement, il ne s'était pas rendu compte de la gravité de son état à cause de son obsession à vouloir être le meilleur. Ou bien alors cela lui était égal, chose qui fit frissonner Bulma.

« Ce ne sont que de simples égratignures, rien de grave. » Il voulut donner du poids à sa phrase mais la douleur obligea son visage à se tordre de douleur. Elle le regardait étonnée. « Je suis un guerrier de l'espace, le plus puissant de l'Univers, je dois continuer à m'entraîner pour devenir plus fort que Kakarot... »

Bulma trouva tout cela absurde et s'émut de voir cet homme s'obstiner au péril de sa vie dans sa quête insensée. Ce n'était pas le moment de crier : « Tout va bien, Végéta... », commença-t-elle à lui murmurer tout en passant doucement sa main sur sa poitrine, « Tu peux dire toutes les bêtises que tu voudras mais à partir de maintenant, tu vas faire ce que je te dis. »

« Je n'ai... », commença à répondre le Saïyen. C'était comme s'il refusait d'arrêter de se battre même à l'article de la mort. « Je n'ai pas d'ordre à recevoir d'une femme ! », et il essaya de se lever mais la douleur et le poids de son corps eurent raison de lui. Il s'écroula sur le sol inconscient.

« Végéta ! » Ce furent les derniers sons qu'il entendit avant de sombrer dans les ténèbres.

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« Yamcha ! », cria Bulma, exaspérée. « Yamcha ! Aide-moi ! », s'exclamait sa fiancée penchée sur le prince. « Végéta ! Végéta, s'il te plaît, réveille-toi ! » Elle secouait son corps totalement inerte.

« Végéta, réveille-toi, réveille-toi... », répétait-elle encore et encore.

Elle leva les yeux, étourdie. Voyant son petit ami toujours planté là avec les yeux écarquillés, elle ne put que lui crier :

« Yamcha ! Aide-moi, nom d'un chien ! »

« Hein ? » Son petit ami était enfin sortit de ses divagations. « Oui, j'arrive. » Et il s'approcha du corps inerte du prince que Bulma essayait de soulever sans beaucoup de succès.

« Il faut qu'on le porte à l'intérieur, il faut qu'on le porte à l'intérieur. », répétait sans cesse la jeune femme en passant le bras du Saïyen par dessus son épaule.

« Je peux le transporter seul. », répondit son petit ami en passant l'autre bras du Saïyen autour de son cou.

« Non, je viens avec toi. » Et elle se mit à marcher en supportant une partie du poids du guerrier. « Végéta, tu m'entends ? Tu m'entends, Végéta ? »

« Bulma, calme-toi, il s'est juste évanoui. »

« Que je me calme ? Que je me calme ? » Ils stoppèrent leur progression brusquement. « Comment veux-tu que je me calme alors qu'il est mourant ? Il a sûrement des milliers de lésions internes, Yamcha ! »

« Ma petite fille, que s'est-t-il passé ? » Ses parents arrivaient sur la vieille bicyclette du scientifique.

« Oh ! J'ai le vertige ! » Sa mère était en train de se recoiffer après être descendue de la bicyclette quand elle vit le corps évanoui de son invité entre les deux jeunes gens. « Végéta ! »

« Maman, fais chauffer de l'eau et apporte des serviettes au salon. », ordonna sa fille en se remettant en marche tout en portant avec son fiancé le corps inerte du prince. « Papa... »

Son père avait déjà pris la direction du laboratoire. « Je vais appeler le docteur Maish. »

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« Ce n'était pas prudent de l'avoir déplacé du lieu de l'accident. », déclara le médecin dans le couloir.

« Je sais, Maish, mais ma fille l'avait déjà soulevé avant que j'arrive, elle était très anxieuse. », expliqua Monsieur Brief en regardant à travers la petite lucarne qui donnait sur l'intérieur de la chambre.

« Pauvre Végéta, pauvre Végéta... », répétait sa femme agrippée à son mouchoir.

Le médecin regarda avec intérêt son ami qui observait imperturbable à travers la vitre de la petite chambre d'ami. « Ses lésions sont très graves, il a une contusion cérébrale... » Il se concentra sur les feuilles qu'il avait à la main dont une série de graphiques inintelligibles. « Sans parler du poumon et du foie perforés, bien que les dernières analyses montrent que sa capacité de régénération cellulaire est beaucoup plus rapide que la normale... » Il remarqua comme le scientifique se tourna vers lui en entendant cela. Il était clair qu'il n'allait rien lui dire au sujet du patient qui gisait sur ce lit mais il croyait nécessaire de lui préciser quelque chose : « Il existe des rumeurs qui prétendent que vous donnez asile à des personnages étranges dans votre enceinte, Brief, il fallait que je te le dise. », déclara-t-il, en étudiant son ancien camarade de classe. L'humeur sérieuse du scientifique tellement contraire à sa nature, toujours joviale et accessible, ne laissait aucun doute. « Ne t'inquiète pas, tu sais que je suis muet comme une tombe. », décréta finalement le médecin avec un sourire sincère, se déclarant vaincu. Ses doutes n'auraient pas de réponse et il l'accepta.

« Je sais, Maish, c'est pour ça que je t'ai appelé. », dit solennellement Monsieur Brief avant de s'approcher du docteur et de lui tendre la main. « Merci pour tout, pour ta rapidité, pour ton matériel médical, pour ta gentillesse et surtout pour ta discrétion. » Et il ajouta en changeant son expression sérieuse contre une beaucoup plus habituelle : « J'espère te voir ce week-end au club de golf et prendre ma revanche, hein ? »

« Pauvre Végéta, pauvre Végéta... »

« C'est ce que nous verrons, mon ami. » Et il sourit avant de tout de suite se retourner pour dire au revoir à la femme de son collègue et avancer dans le couloir, se perdant en cherchant la sortie.

« Pauvre Végéta, pauvre Végéta... »

« Chérie, entrons et voyons si nous pouvons enfin faire entendre raison à Bulma pour qu'elle laisse une infirmière de confiance s'occuper de lui. »

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« Servez-m'en un autre. »

« Vous voulez que je vous laisse la bouteille ? »

Il ne réfléchit pas. Il avait déjà pris trois whisky et il avait décidé de boire toute la nuit sans s'arrêter alors il acquiesça et s'en empara pour se servir un autre verre.

Il avait beau demander à son cerveau d'arrêter de ruminer, la scène à laquelle il avait assistée ne laissait aucun doute. Ce maudit Saïyen avait ensorcelé sa fiancé. En fait, tout était très logique. Bulma avait toujours été une fille attirée par les hommes perdus et les causes perdues en général. Elle avait commencé avec tous ces animaux qu'elle ramenait à la maison et même avec lui quand ils s'étaient connus, presque quinze ans auparavant. "J'aurais dû le voir venir depuis le début.", se dit-il. Mais qu'aurait-il pu faire ? Il était mort quand elle avait eu l'idée géniale de l'inviter à cohabiter avec elle. "Cohabiter", se répéta-t-il en essayant de bien l'assimiler. Comment peut-on cohabiter avec un tel sauvage ? Il soupira, attristé. "Bulma, pourquoi as-tu fait ça ?" Elle avait toujours été une femme spéciale, différente des autres. Elle était très intelligente, elle s'en vantait autant que de sa beauté. Il rit tout bas en se souvenant de leur rencontre et de la façon dont elle l'avait aidé à surmonter sa peur chronique des femmes.

L'expérience lui avait tellement plu qu'ensuite, il avait pris goût à être avec d'autres femmes. "Des bêtises !", se justifia-t-il, "il n'y a qu'elle qui compte, depuis toujours." Et vraiment il en était convaincu. Dans leur relation, ils avaient connus des hauts et des bas mais ça... "Cette fois, c'est différent." Il posa le verre sur la table. « Maudit Végéta ! », s'exclama-t-il tout haut sans faire attention aux autres clients, plutôt rares à cette heure de la nuit, qui le regardaient déconcertés.

Il se rappelait parfaitement la première fois où il avait remarqué quelque chose. C'était une des nombreuses fois où elle était restée à regarder les étoiles. Il se remit à sourire parce qu'il avait été jaloux de Goku, "de Goku !". Pourtant ce n'était pas à son ami qu'elle pensait quand elle sortait sur le balcon. Comment aurait-il pu imaginer que c'était celui qui était responsable de sa mort, de la mort de son fiancé, qui la lui avait volée ?

Si au moins il avait pu l'affronter d'égal à égal, les choses auraient été différentes, mais non, il avait fallu qu'elle choisisse le second homme le plus puissant de tout l'Univers. "Bien sûr que non ! Elle n'allait pas choisir n'importe qui, non, le deuxième... Et ce n'est pas moi le premier !", s'attrista-t-il. Jamais il n'avait vu sa petite amie aussi douce que ce matin alors qu'elle parlait à un Végéta blessé. Jamais. C'est à ce moment-là qu'il avait compris la vérité. Il l'avait perdue. « J'aurais dû le pulvériser à l'instant. », murmura-t-il en prenant une gorgée dans son verre. Mais il n'était pas comme ça. Il n'était pas un lâche qui profitait de la faiblesse d'un ennemi à terre. « Lui l'aurait fait mais pas moi. », se convainquit-il. Après l'avoir porté à l'intérieur, il était resté comme un idiot à regarder sa petite amie laver tout le corps de ce crétin avec un soin exquis tout en donnant des ordres contradictoires à ses parents et à lui-même pour qu'ils l'aident. « Mais c'est un assassin ! », s'exclama-t-il en frappant le comptoir du bar.

« Eh, l'ami ! » C'était le serveur qui l'appelait de l'autre bout du bar. « Calmez-vous, vous voulez bien ? » Il était en pleine discussion avec un client loin de lui.

Il ne pouvait pas se calmer. Il ne voulait pas se calmer. Tellement de choses tournoyaient dans sa tête qu'il fallait qu'il en sorte. Il se tâta les poches. Il sortit son portefeuille et y trouva un numéro de téléphone. Il saisit son portable, soupira lentement avant de passer à l'acte. Cela faisait des mois qu'il ne le faisait plus, il s'en était fait la promesse. Finalement, il composa le numéro. « Yuri ? »

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« Bulma, ma petite fille... », commença à dire Monsieur Brief.

« Le docteur Maish est déjà parti ? », demanda sa fille sans se tourner vers eux.

« Oui, ma petite chérie, il vient de s'en aller. » La mère de la scientifique observait sa fille, assise là, au chevet du prince. Elle ne l'avait pas quitté depuis l'accident, même pas quand le médecin l'avait examiné. Elle était restée là à tout contrôler, réussissant même à mettre le docteur Maish mal à l'aise de voir son travail sous autant de surveillance.

« Bulma... » Cette fois, c'était son père qui essayait de la convaincre. « Il est très tard, il faut que tu te reposes ou au moins que tu manges quelque chose. »

« Quoi ? » La jeune femme était distraite. « Ah, oui, je descends tout de suite, papa. »

« Nous devrions engager une infirmière, je connais des gens de confiance dans cette branche. » Il était persuadé que Bulma refuserait vu son comportement jusqu'à présent mais il fallait qu'il le tente.

« Non, non. » Leur fille ne les regardait toujours pas. « Je m'en chargerai, nous n'avons pas besoin d'employer quelqu'un. »

« Mais, ma petite, ses lésions sont graves et tu n'es pas une spécialis... »

« Non. », dit d'un ton tranchant la jeune femme en tournant légèrement la tête. « Papa, n'insiste pas, je le ferai, n'en parlons plus. »

Ses parents se regardèrent, le visage grave. Ce fut sa mère qui prit la décision : « Alors tu devras descendre manger quelque chose, ma puce, tu ne pourras pas lui donner les soins médicaux dont il a besoin si tu es fatiguée et à bout de force, n'est-ce pas ?

Après quelques secondes d'hésitation, la scientifique parut convaincue: « Tu as raison. »

Les Brief se lancèrent un regard du coin de l'œil, soulagés. Ils avaient au moins obtenus une partie de ce qu'ils souhaitaient. Maintenant, ils tournèrent à nouveau leur regard vers le corps blessé du guerrier.

« Pauvre Végéta, nous ferions mieux de le laisser se reposer. », déclara la blonde.

« C'est un miracle qu'il ait survécu à un tel accident, je me demande comment il a fait. », dit le scientifique. D'après ce que lui avait dit son ami, les lésions étaient gravissimes et si le blessé avait été un simple humain, il y aurait laissé sa vie.

« Ces guerriers de l'espace sont vraiment surprenants. », déclara-t-il.

« Pauvre Végéta... », répéta sa femme avant de s'en retourner suivie par son mari.

Bulma se leva pour les accompagner. Elle mangerait et remonterait ensuite. Le prince n'avait pas montré un seul signe de conscience de toute cette maudite journée alors elle se dit qu'il ne se passerait sûrement rien en son absence. A peine fut-elle sur ses pieds pour sortir qu'un murmure rauque et douloureux la fit renoncer à son idée.

« Ka... Kakarot. »

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« Ka... Kakarot, je serai plus fort que toi. »

Il courrait sans savoir pourquoi. Il aurait pu voler mais malgré tout il préférait courir et sentir son poids sur ses jambes. Tout était obscur et il ne ressentait que le besoin de courir, courir et encore courir au milieu des ténèbres. Il était épuisé mais malgré tout, il continuait. Des nuages sinistres, des rayons aveuglants et des tentacules apparurent, voulant bloquer son avancée, mais il ne renoncerait jamais. Chaque fois qu'il se trouvait perdu dans cette pénombre, il se surprenait à faire cela, comme si au bout de ce parcours aussi inconnu pour lui que banal, se trouvaient toutes les réponses.

Mais cela ne se passait pas ainsi. Cela ne se passait jamais ainsi. Kakarot était de nouveau là, de dos à le regarder comme ce qu'il était : un prétentieux, inaccessible en apparence, qui le défiait de son stupide regard hautain. Il prit appui pour lui porter un coup mais ce dernier disparut. Il se volatilisait toujours. Toujours. Constamment, ce troisième classe lui échappait et il ne parvenait pas à lutter contre lui pour lui faire voir qui était le plus puissant.

Il se retourna, épuisé, s'attendant à le voir à nouveau. Il s'étonna. C'était le garçon mystérieux qui avait supprimé Freezer qui le défiait maintenant. Il n'hésita pas une seconde à l'attaquer. Celui-ci se volatilisa. Il le chercha à sa gauche et à sa droite. "Un autre Saïyen, il est un autre Saïyen.", se répétait-il, frustré. Une lumière apparut derrière lui. Il se tourna et se retrouva devant les deux protagonistes de son délire. Ils semblaient condescendants, sûrs de leur supériorité et pour le lui prouver encore une fois et lui ôter tout espoir, une aura de feu les entoura. Ils se transformèrent en super-guerriers. Là, devant lui, sans doute pour augmenter sa folie, ils se transformèrent en super-guerriers. Son rêve. Son unique destin. Il fallait qu'il le soit, il fallait qu'il soit le meilleur, il fallait qu'il y arrive. C'était sa destinée. Son seul but. Sa raison d'être. Sa vie. Sa maudite vie. Depuis toujours. Depuis sa naissance. Sa misérable existence.

Et alors, ils s'éloignèrent. Ils le laissèrent seul avec son impuissance, son dégoût, sa révolte, sa haine et son amertume. "Pourquoi ? Pourquoi je ne peux pas être aussi forts qu'eux ? Pourquoi ?"

La planète Végéta. Mon père. "Un jour, tu régneras sur les guerriers de l'espace, la race la plus puissante du tout l'Univers." Père. Tu n'es pas arrivé à temps. Ce fut ta seule erreur. Vegetaseï. "Prince Végéta, tu fais partie de l'élite des Saïyens, aussi bien en terme de puissance et de sang royal. Je suis sûr que tu parviendras à devenir le meilleur guerrier de l'espace." Tu m'as dit cela, père. Quand tu m'as envoyé vers lui, tu me l'as dit. "Tu devras grandir, devenir fort et t'entraîner jusqu'à devenir le légendaire super-saïyen." Tu le savais. Tu savais que le lézard pouvait faire cela et tu as placé en moi tout ton espoir. Seul le guerrier mythique pouvait le vaincre. Père. C'est ce qui s'est passé. Mais cela n'a pas été moi. Cela n'a pas été moi.

Tu as cru en moi. "Je suis sûr que tu parviendras à devenir le meilleur guerrier de l'espace." C'est mon destin. Mon destin. Je ne peux pas être inférieur à un guerrier de bas rang. « C'est moi, le Saïyen le plus fort de l'Univers ! »

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« Ka... Kakarot, un jour, je serai plus fort que toi. »

« Végéta, calme-toi. » Bulma s'agenouilla à ses côtés. Ses parents avaient laissé la porte ouverte pour qu'elle les suive mais elle décida de rester à écouter enfin quelque chose de Végéta. Il délirait. Il n'arrêtait pas de trembler et il s'agitait sur le lit comme s'il se battait contre ses cauchemars. « Végéta, tu m'entends ? »

Elle mit sa main sur son front. Il était brûlant et une sueur froide le recouvrait de la tête aux pieds. Sa fièvre était montée mais le docteur avait spécifié de ne pas lui administrer d'antibiotiques.

« Tu es obsédé par lui, hein ? », lui murmura-t-elle en lui passant une compresse d'eau froide sur la tempe. « Comme ça, tu ne seras jamais heureux. », ajouta-t-elle, accablée, sans quitter le guerrier des yeux.

« Jamais... Jamais tu ne veux m'affronter, maudit ! », prononça le Saïyen entre des gémissements de douleur.

La scientifique soupira en entendant ces mots. « Ça, c'est sûr, tu n'as pas pu régler tes comptes avec Goku pendant tout ce temps. », lui dit-elle, sachant très bien qu'il n'était pas conscient de sa présence. Elle se leva pour changer sa compresse. « Tu sais quoi ? Comme je sais que tu ne peux pas m'entendre, j'en profite pour te dire qu'il vaudrait mieux pour toi que tu ne te battes pas contre lui mais je sais bien que je n'aurais aucun problème pour te le dire en... »

« Super-saïyen... super-saïyen... », répéta le Saïyen sans cesser de se retourner dans le lit.

« Tu le seras, tu verras, tu y arriveras. », lui murmura Bulma, consternée, en posant une nouvelle compresse glacée sur son front. Elle ne pouvait s'empêcher de se sentir triste de le voir ainsi, le corps brisé sur le lit et tout ça car il n'arrivait pas à être comme Goku. Elle n'arrivait pas à comprendre un besoin aussi fort mais apparemment pour lui, c'était extrêmement important, au point qu'il avait failli se tuer pour y arriver.

Elle était sûre qu'il y parviendrait. « Tôt ou tard, toi aussi, tu scintilleras comme de l'or, Végéta, et tu brilleras. » Elle décida de changer les bandes de son bras tâchées de sang séché. Elle prit les ciseaux et les coupa. Elle se releva pour en prendre des neuves. « Je le sais, tu brilleras, tu verras que j'ai raison. », dit-elle en le regardant à nouveau et en se penchant sur lui. Elle commença à l'entourer avec la bande de gaze avec un soin infini. « Si ce gamin venu du futur s'est aussi transformé en super-guerrier, c'est qu'il n'y a aucune raison pour qu'il n'y en ait qu'un seul, tu ne crois pas ? », demanda-t-elle, sachant toute réponse impossible.

« C'est mon destin, mon des... mon destin. »

Elle regarda son visage à nouveau. « Ton destin, tu dis ? » Elle eut un sourire amer. « Il n'a pas été généreux avec toi, le destin, non ? » Et elle lui passa sa main libre sur le front. « Tu t'es retrouvé sur La Terre avec nous tous alors tu ne devrais pas trop faire attention à un destin qui s'évertue à t'emmener sur de mauvais chemins. » La compresse recommençait à être chaude et elle s'éloigna de lui pour approcher la bassine d'eau glacée. « Quelle genre de vie as-tu menée, Végéta ? », se demanda-t-elle en mouillant la compresse. Elle se retourna pour le regarder avec inquiétude : « Qu'est-ce qui te pousse à haïr tout et tout le monde ? »

« Père ! », s'exclama le prince dans ses rêves avec plus de force que ses paroles précédentes.

A cet instant, elle s'inquiéta. Elle s'inclina sur lui et vit que tout son visage se plissait plaintivement. La douleur devait être assez forte pour que quelqu'un comme lui se plaigne. Elle passa la compresse sur son visage mais on aurait dit qu'il transpirait sans s'arrêter car un filet d'eau lui tombait sur les joues. « Végéta, tiens bon. », lui murmura Bulma, en essayant d'éponger cette humidité. Soudain, elle se rendit compte que ce n'était pas de la sueur froide qu'elle essuyait. C'était les larmes du guerrier. Le prince était en train de pleurer.

Elle n'aurait jamais cru pouvoir vivre assez longtemps pour voir une chose pareille. Qu'arrivait-il à cet homme pour être ainsi ? Qu'avait-il vécu ? Qu'est-ce qui lui passait par la tête ? Cela ne pouvait pas être de la douleur physique. Elle se sentit anxieuse et surprise. Elle regarda autour d'elle comme si quelqu'un aurait pu observer aussi ce fait insolite. S'il y avait eu une autre personne dans les parages, elle lui aurait arraché les yeux. Personne ne devait voir que Végéta sanglotait. Personne.

« Végéta, calme-toi, calme-toi. » Elle s'approcha davantage pour essuyer son visage et ses cheveux.

« Père, tu me l'avais dit, tu... tu me l'avais dit. »

« Comment ? » Bulma fronça les sourcils en écoutant cela. Il avait prétendu n'avoir pas connu son père. Mais il avait aussi laissé entendre qu'il ne voulait pas parler de lui.

« Tu me l'avais dit... super... super-saïyen... » Et il lança un nouveau cri de douleur.

« Végéta ! » La panique s'empara d'elle. Que lui avait dit son père ? Que le super-guerrier ce devait être lui ?

« Ça n'a pas été moi, père, non... ça n'a pas été moi. » Le prince continuait à délirer.

« Ça n'a pas été toi qui as fait quoi, Végéta ? Qu'est-ce que tu n'as pas été ? » La jeune femme, dans son inquiétude, essuyait le visage affligé du guerrier.

« Free... Freezer. »

Et alors elle comprit. Celui qui avait vaincu Freezer avait été Goku, ce même Goku qui s'était transformé en super-guerrier, et pas lui, le Prince des Saïyens, comme cela aurait dû être aux dires de son père. Même si elle n'arriverait sans doute jamais à appréhender toutes les souffrances qu'il avait traversées ou fait subir à d'autres, bien qu'elle ait déjà subi la colère de ce Saïyen, à cet instant, Bulma comprit l'esprit du guerrier qui gisait sur ce lit. Enfin, elle comprenait son fonctionnement, pourquoi il était ainsi. Elle n'arrivait pas à l'assimiler mais les pièces du puzzle commençaient à s'assembler.

« Orgueilleux et têtu prince des Saïyens. », lui murmura Bulma en caressant le bras du guerrier. « C'est pour ça que tu le détestes, pas vrai ? C'est pour ça que tu détestes Goku. » Elle se pencha à nouveau laissant sa main sur celle du prince. « Ça ne te rendra pas heureux, Végéta. » Et elle fixa son regard sur sa main posée sur le bras musclé et blessé.

Après une minute dans cette posture, elle remarqua que le prince s'était calmé. Elle enleva sa main, se releva et s'assit sur la chaise face à la table. Elle était fatiguée et même si elle avait faim, elle préféra rester. En l'observant, elle s'étala sur la table. « Cela ne te rendra pas heureux. », lui murmura-t-elle une dernière fois avant de s'assoupir.

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Il ouvrit les yeux en sursaut. La dernière chose dont il se rappelait, c'était d'être incapable de voler et de tomber dans un vide encore plus obscur que ses propres pupilles. C'était encore un autre cauchemar. Il soupira profondément et laissa reposer sa tête sur l'oreiller. Ce n'était pas sa chambre. "Que s'est-il passé ?", se demanda-t-il. Il ne se rappelait de rien, seulement qu'il s'entraînait comme d'habitude avec les robots. Il regarda autour de lui et découvrit la scientifique appuyée sur une table. Elle dormait.

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« Tama, que fais-tu là ? »

Son chat grattait la porte de la petite chambre qu'ils avaient réquisitionnée pour le repos et le rétablissement du prince. En se redressant avec le chat dans les bras, il regarda par la petite lucarne de la chambre. Il vit le prince avec les yeux ouverts. Il s'était enfin réveillé. Il allait entrer pour le saluer et prévenir Bulma qu'elle se reposerait mieux dans sa chambre mais il se sentit agrippé par le bras.

« Ne fais pas ça. »

« Tu es sûre ? »

« Tu as vu comment il la regarde ? Elle doit être endormie parce que sinon il ne le ferait pas. »

Il obtempéra. Il se tourna pour sourire à sa femme.

« Alors tu crois que nous pouvons déjà...? »

Madame Brief s'approcha et jeta un coup d'œil pour voir à travers la petite lucarne.

« Non, mais il n'y en a pas pour longtemps. » Elle lui rendit son sourire et tous les deux s'éloignèrent côte à côte dans le couloir.

« J'espère juste que tu ne te trompes pas, chérie. », lui dit le jovial scientifique.

Sa femme accentua son sourire. « C'est lui, je l'ai su dès la première fois que je l'ai vu, tu le sais, chéri. »

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Que faisait-elle là avec lui ? Sa position paraissait inconfortable, pourquoi dormait-elle sur une table à côté de lui ? Il essaya de se redresser mais une douleur intense irradia dans son côté droit, l'empêchant de bouger même d'un centimètre. Au moins, ses bras et ses jambes pouvaient bouger. Il regarda une de ses mains et la vit couverte de bandes de gaze. Immédiatement, il regarda en bas, vers son corps couvert par des couvertures et plus bas, sa poitrine entourée de bandelettes. Que s'était-il passé ? Il tenta à nouveau de se relever. Impossible. Il dût se retenir de gémir tout haut pour que personne ne l'entende se plaindre. Il ne l'avait jamais fait et il ne le ferait pas maintenant malgré la gravité de ses blessures.

Tout était silencieux. Il semblait faire nuit même s'il ne pouvait pas apercevoir le ciel parce que les persiennes étaient baissées et les lumières allumées. Il était clair qu'il lui était arrivé quelque chose de grave, la chambre de gravité avaient sûrement dû finir par exploser sous l'effet de sa force. "Oui, c'est ce qui a dû se passer.", se dit-il en souriant. Il voulut se souvenir mais il ne se rappelait de rien. Cela le surprit. Habituellement, il se souvenait de tout, même du moment de sa mort, alors malgré la gravité de son état, il ne comprenait pas pourquoi son esprit avait effacé cet instant. Il tourna à nouveau les yeux sur sa droite.

Mais pourquoi est-elle là en train de dormir ? Elle était inquiète ? Pourquoi ? Si j'étais vraiment mort, cela aurait résolu beaucoup de problèmes pour elle. Un frisson lui parcourut l'échine et il fixa les yeux sur le mur en face de lui. Il aurait pu mourir en s'entraînant ? "Quel déshonneur !", s'exclama-t-il intérieurement. Il recommença à l'observer.

La scientifique avait la bouche entrouverte mais à sa grande joie, elle ne ronflait pas. "Tant mieux, elle ronfle comme un animal de compagnie.", se dit-il, amusé, en se rappelant que tous les matins à l'aube, quand il passait devant la porte de sa chambre pour descendre les escaliers, il l'entendait ronfler depuis le couloir. Il n'avait jamais rencontré de femme qui ronflait. "Femme bizarre...", pensa-t-il. Aucun doute là-dessus, elle était insolite sous toutes ses facettes. Ses cheveux, son odeur, ses yeux. Maintenant, ils étaient clos mais s'il existait une définition du bleu, c'était là qu'elle se trouvait. Sur le moment, il pensa la réveiller pour lui poser des questions mais il écarta cette idée. Il la laisserait dormir. "Après tout, c'est elle qui a choisi de dormir ici, non ?" Si elle se réveillait avec un torticolis, cela pourrait être amusant. Elle lui crierait dessus, évidemment, elle le lui ferait payer même s'il se retrouvait presque invalide. "Ah, que je suis fatigué.", s'exclama-t-il intérieurement.

Pourquoi est-elle là ? Est-elle vraiment inquiète ? Alors est-ce qu'elle est effectivement gentille sans arrière-pensée ? Elle s'occupe de moi ? Mais pourquoi ? Comme s'il n'avait pas assez d'interrogations dans sa vie, maintenant cette femme se posait devant lui. Ça ne pouvait pas être seulement de la gentillesse. "Alors pour quoi ?"

Une seule personne dans sa vie s'était occupée de lui et à son avis, elle ne l'avait pas fait de façon tout à fait désintéressée : Nappa. Cependant, il y avait une grande différence entre son vassal et cette femme : Nappa s'occupait de lui car il le craignait, il connaissait sa force et était en plus un sujet Saïyen. Il avait toujours su que l'enthousiasme du Saïyen chauve pour sa personne était feint. Il était mû par la peur. Il dissimulait sa soumission sous une fausse servilité et sous engagement envers la royauté de son peuple. Nappa était un simple lâche mais elle ? Elle ne le craignait pas et n'était pas un de ses sujets. "Alors pourquoi ?"

"Est-ce que cette femme croit vraiment que si elle se montre gentille, je ne détruirai pas sa planète ?" Il grogna. Il détestait les hypocrites. Il fronça les sourcils car quelque chose ne cadrait pas. "Elle dort, elle ne sait pas que je suis réveillé et que je l'observe."

Quelle probabilité y avait-il pour qu'elle agisse ainsi intentionnellement, pour qu'elle se soit endormie sur la table et qu'en plus il se soit réveillé pour la découvrir exactement comme elle l'avait prévu ? Elle ne savait pas combien de temps cela prendrait alors la probabilité était d'une sur mille. Même elle, elle ne pouvait pas être aussi tordue. "Malédiction, alors pourquoi ?"

Des disputes. Il n'avait eu avec elle que des disputes terribles et il s'était dévoilé dans toute sa rudesse et lui avait montré ce que c'était que de l'héberger ici, et malgré tout, elle l'avait poursuivi durant les premiers mois avant qu'il ne vole le vaisseau pour aller dans l'espace. Il était évident qu'elle le faisait pour le contrôler mais d'autres fois, elle s'était approchée sans qu'il n'y ait d'autre personne à protéger de lui. Plus tard, elle avait arrêté de le faire après cette altercation bizarre dans la cuisine. Il sourit à nouveau. "Elle est folle, c'est la seule raison, comme une authentique comète errante."

A cet instant, il plissa à nouveau le front. Elle était fêlée, oui, mais même les fous avaient leurs raisons pour réaliser leurs actes, illogiques aux yeux des autres. Quelque chose provoquait ces attitudes absurdes. Tout au long de sa vie, il avait connu des femmes qui le harcelaient car il était l'héritier de la race la plus puissante de l'Univers même si sa planète et tous ses sujets avaient été anéantis. Et c'était pour la légende des Saïyens, l'espèce supérieure, le sommet de l'évolution universelle. Il était le seul en vie et un Prince, en plus, descendant direct des protagonistes et vainqueurs des mythiques guerres spatiales que beaucoup de parents avaient racontées à leurs enfants pendant des siècles, mais elle n'avait pas l'air d'être impressionnée par cela. Ni non plus par sa force de combat. Elle n'avait jamais été impressionnée alors que voulait-elle de lui ? La réponse, qui lui était déjà venue à l'esprit, fit apparaître sur son visage sa moue favorite : le demi-sourire narquois.

"Du sexe ?" Il hocha la tête. Ce n'était pas crédible. Personne ne ferait cela juste pour du sexe, surtout qu'elle n'aurait aucun problème pour trouver des hommes pour cela. Une femme avec ces yeux-là et ce visage trouverait facilement un substitut. En plus, son corps était assez harmonieux avec des formes. Aucun idiot ne la repousserait. Les femmes Saïyennes étaient plus rudes et moins belles que les humaines et en plus, celle-ci dépassait largement la moyenne de cette planète d'après ce qu'il avait pu voir. Même dans ce domaine, elle se distinguait. "Est-ce qu'elle voudrait du sexe avec un Saïyen ?" Il aurait pu jurer qu'entre elle et Kakarot, il y aurait pu y avoir quelque chose mais il l'avait entendue dire des centaines de fois que ce dernier était comme un frère pour elle. Il se rappela les histoires qu'elle avait racontées au fils du troisième classe pendant qu'ils attendaient dans le désert de pierres après que le garçon du futur ait détruit Freezer, ainsi qu'à d'autres occasions, comme lors de son arrivée dans cette maison dans la navette avec les Nameks.

Il rejeta l'idée que son motif puisse être sexuel. Cela ne cadrait pas même si par moments, il sentait une attraction irréfutable, presque respirable. Alors pourquoi ? Est-ce vraiment juste par gentillesse ? Alors elle m'a invité juste parce qu'elle est ainsi ? Parce qu'elle est sans arrière-pensée pour tout ? Dans ce cas, pourquoi n'a-t-elle pas obéi depuis le début ? Cette question trouva facilement une réponse dans son esprit : justement parce qu'il le lui avait ordonné. Il l'avait su dès la première fois qu'il avait traité avec elle. C'était une femme compliquée. Intense à l'extrême, elle ne s'en rendait peut-être même pas compte elle-même.

Bulma, loin de toutes ces questions, bougea un peu, affalée dans sa posture inconfortable et murmura : « Maman, maman, laisse-moi. »

Végéta sourit légèrement et continua à l'observer, son esprit envahi par le doute. Il sentit trois kis minuscules et quelques chuchotements derrière la porte. Il savait qui en étaient les propriétaires. Ils discutaient sûrement de stupidités. Il les ignora. Il s'endormit sans détourner ses yeux d'elle.

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Désolée pour l'attente, chers lecteurs ! Ca y est, je suis Maman depuis 3 semaines et les premières semaines avec ma petite fille ont été les plus éprouvantes de ma vie ! Pas une minute pour moi et mal de partout !^^ Qu'est-ce qu'on a peur pour ces petits bouts !

Pas de panique, je n'abandonnerai pas cette fic jusqu'à la fin, je l'aime trop ! Le rythme risque de ralentir un peu mais c'est la faute de bébé ! Merci pour les reviews, ça m'encourage beaucoup à continuer la traduction ! Je transmets les messages à l'auteur, Drama ! ^_^

Dimitrova (traductrice)