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- "Oui ?"

- "Chichi", murmura Bulma en entendant la voix de la femme de Goku. - "Est... Est-ce que Son Gohan est là ?" L'angoisse la faisait trembler et elle dût s'asseoir sur une chaise.

- "Hein ?" La brune semblait surprise. - "C'est toi, Bulma ?"

- "Passe-moi Son Gohan, s'il te plaît."

- "Bulma, qu'est-ce qu'il y a ? Il t'est arrivé quelque chose de grave ?" Ce coup de fil commençait à l'inquiéter. Se montrer aussi énigmatique n'était pas habituel chez la jeune scientifique et il semblait que quelque chose de terrible était arrivé.

- "Que se passe-t-il maman ?" Son fils venait d'arriver dans la cuisine en quête de son déjeuner et le visage défait de sa mère au téléphone l'alerta.

- "Vé... Végéta...", commença à balbutier Bulma dans le combiné. Rien qu'en y repensant les larmes lui montèrent aux yeux.

- "Oui ? Que s'est-il passé ?" La tension était horrible. Cet homme maudit avait fait quelque chose et Bulma paraissait sous le choc. Chichi savait que quelque chose finirait par arriver, elle l'avait toujours su.

- "Il a emmené Trunks."

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"Sur le Toit"

CHAPITRE 11.

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- "Tiens, ma chérie." Sa mère lui avait monté un sandwich pour qu'elle mange quelque chose. Elle n'était pas descendue déjeuner, ce qui voulait dire que cela faisait plus d'une journée qu'elle n'avait rien mangé.

- "Ah, merci, maman." Elle prit le sandwich et s'assit sur la chaise.

Madame Brief observa quelques secondes le corps du guerrier sur le lit. - "On dirait qu'il va beaucoup mieux, n'est-ce pas ?"

- "Oui,", répondit sa fille. " Malgré la profondeur de ses plaies, il a arrêté de saigner, c'est merveilleux, tu ne crois pas ?" Et elle prit une bouchée du sandwich qui lui parut délicieux.

Pour sa mère, Bulma semblait enfin avoir retrouvé son entrain. - "Tu lui as fait ces examens bizarres demandés par le docteur Maish ?"

La jeune femme acquiesça, la bouche pleine. Elle déglutit avant de répondre : - "Oui, son poumon et son foie sont déjà presque guéris."

Cette bonne nouvelle était inattendue. - "Oh ! Et rien qu'en une journée !", s'exclama la blonde. - "Avoir ses gênes est une chance, hein ?" Et elle accentua son sourire tout en lançant un regard vers sa fille.

Bulma plissa les yeux après cette affirmation de sa mère. Presque tout ce qu'elle disait avait soit un sens caché ou était trop directe, comme sa mère préférait l'être habituellement. Quelqu'un qui ne l'aurait pas connue aurait eu du mal à y croire et l'aurait prise pour une femme simple et sans détour, mais la scientifique était sa fille et la connaissait bien même si parfois elle en doutait. - "Ne commence pas, maman."

Madame Brief la regarda avec l'air de ne pas comprendre ce qu'insinuait sa fille : - "Que je ne commence pas avec quoi ? Je dis juste que c'est une chance qu'il soit si fort, qu'il soit de cette race au nom imprononçable..." Mais elle ne put se taire : - "Tu imagines les enfants que pourrait avoir cette force de la nature avec un si beau visage ?" Elle joignit les mains, émue. - "Des enfants forts et beaux !"

- "Maman, ne crie pas !", lui lança Bulma en la tirant par la jupe pour qu'elle redescende sur terre. - "Tu vas le réveiller."

- "Oh." L'injonction de sa fille fit son effet. - "Tu as raison, je te laisse seule avec lui, encore une fois..." Et elle se retourna pour sortir de la chambre.

Tant qu'elle n'eût pas disparu par la porte, Bulma ne respira pas tranquille. Elle laissa le morceau de sandwich qui restait sur l'assiette et s'approcha du lit. - "Si tu crois que je suis pénible...", dit-elle à un Végéta endormi, "c'est que tu n'as pas beaucoup eu affaire à ma mère." Et elle se mit à changer encore une fois ses bandages.

Elle observa le visage détendu du prince, qui ne montrait déjà plus aucun signe de douleur. Le saïyen n'arborait même plus son habituel froncement de sourcils ; la jeune femme en conclut qu'enfin il se reposait vraiment.

Bien qu'elle n'ait aucune envie de penser à ce qu'avait dit sa génitrice, celle-ci avait raison : si Végéta parvenait un jour à avoir des enfants et que ceux-ci lui ressemblaient, ils seraient vraiment beaux. "Pourquoi ne l'ai-je jamais remarqué avant ?", se demanda-t-elle. - "Ah oui, il veut nous tuer." La plaisanterie, dans ce contexte, avec lui dans le lit et elle en train de le soigner, lui parut irrésistiblement ironique et elle rit de sa propre effronterie. - "Dommage que tu sois aussi insupportable.", murmura-t-elle en coupant les bandages de son front. Soudain, une idée lui vint à l'esprit : et s'il avait déjà des enfants ? Elle le regarda, cette fois en fronçant elle aussi les sourcils. "Non, c'est impossible." Même si visiblement, il serait loin d'être un père et encore moins un mari exemplaire, cela n'empêchait pas qu'il aurait pu déjà avoir une descendance. Elle ne savait pas s'il avait eu des relations. Un homme comme lui aurait pu obtenir n'importe quelle femme. - "Oui, mais à la condition de maintenir ta bouche fermée tout le temps." Et elle sourit à nouveau.

Soudain, elle ne put plus respirer.

- "Que fais-tu ?", lui demanda le prince en la soulevant de son bras tendu au dessus du lit. Il avait les yeux ouverts et semblait furieux.

- "Vé... Végéta." Elle aurait voulu crier mais la pression sur sa gorge l'en empêchait. Elle baissa les yeux vers lui. Il s'était réveillé en sursaut et la tenait par le cou. Pendant un instant, il parut confus, une brume épaisse devant les yeux, comme s'il s'était déjà retrouvé plusieurs fois dans la même situation.

La brume s'évanouit de ses yeux et il la lâcha à contre-coeur. - "Ah, c'est toi."

Bulma se releva en le regardant, furieuse. - "Oui, c'est moi, espèce de brute !" Elle se massa le cou, essayant de l'apaiser. - "Qui d'autre cela pourrait être ?"

Le prince ne répondit pas. Il semblait encore étourdi.

- "Je vois que tu vas mieux.", lança Bulma avec sarcasme en s'approchant de lui pour l'examiner.

- "Bien sûr que oui.", répondit Végéta en tournant rapidement la tête vers elle. - "Tu t'attendais à ce que je meure ?" Pour son plus grand soulagement, il put se relever mais partiellement car sa douleur aux cotes n'avait pas disparu. Il serra les dents avec dédain.

- "On peut savoir ce que tu fais ?" La scientifique n'arrivait pas à croire ce qu'elle voyait. - "Recouche-toi ! Tu es encore dans un état très grave !" Et elle voulut appuyer sur ses épaules pour l'obliger à se rallonger dans le lit.

- "Ah, ça suffit ! Pousse-toi !" Il la dégagea de son chemin d'un bras mais à peine se fut-il relevé et assis sur le lit, qu'il eut la nausée. Il retomba en arrière, extrêmement vexé.

- "Tu vois, tête de mule ? Il faut que tu te reposes." Elle posa sa main sur sa poitrine pour bien le maintenir sur le lit.

Le prince souffla, gêné, mais il ne pouvait nier l'évidence. Il ferma fortement les yeux. Il avait mal à la tête et cela le surprit car la première fois qu'il s'était réveillé, il n'avait pas ressenti cette douleur.

- "Tu m'as drogué ?", demanda-t-il à la jeune femme qui préparait des bandages à côté de lui.

- "Je t'ai soigné, ce qui est différent."

- "Ma tête me fait..."

- "Tu as une contusion.", lui expliqua-t-elle en s'approchant de lui. - "Je vais te changer ton bandage."

Végéta plaqua encore davantage son corps contre le matelas en la voyant s'approcher, et encore plus quand elle s'allongea pratiquement sur lui pour commencer les soins.

- "Tu es obligée d'être aussi près ?", murmura-t-il en remontant les yeux sur le visage de la scientifique.

Elle sourit : - "C'est vrai que ton front est grand mais pas à ce point." Le grognement qui lui répondit réussit à lui rendre toute sa bonne humeur. - "Tu te souviens de ce qui s'est passé ?", lui demanda-t-elle.

- "J'ai fait exploser ma chambre de gravité.", répondit-il, convaincu. Maintenant, les images revenaient avec netteté dans son esprit. Elle prit sa tête entre ses mains pour la relever et passer la bande autour mais il résista avec méfiance.

- "Reste tranquille ! Je vais juste te passer cette bande autour de la tête !", protesta Bulma en le regardant dans les yeux.

Il la laissa faire et se relaxa.

- "Tu n'aimes pas les contacts physiques, n'est-ce pas ?", demanda la jeune femme en défaisant le bandage sur son front.

- "Je n'aime pas qu'on me touche.", répondit-il en fixant son regard à l'opposé d'elle. - "Je préfère être celui qui donne les coups.", lança-t-il en pensant à la bataille.

"Il n'y a rien à faire.", se dit Bulma en soupirant, "Il est obsédé par la guerre."

- "Avoir quelqu'un près de toi, n'est pas forcément un mal, Végéta.", affirma-t-elle en s'éloignant pour attraper une paire de ciseaux. - "Regarde-moi, je suis près de toi juste pour refaire le bandage autour de ta tête dure." Et elle approcha les ciseaux de son front.

Le prince lui attrapa la main avec force. Les doutes se reformaient dans son esprit et elle seule pourrait les dissiper : - "Pourquoi fais-tu ça ?"

La jeune femme aux cheveux bleus lui lança le sourire le plus grand, spontané et vrai qu'il lui ait vu depuis son arrivée. - "Quelqu'un devait bien soigner tes blessures, non ?" Et elle recommença à se concentrer sur les bandages.

C'était évident à cet instant qu'elle était en train de le soigner. Avec cette réponse, elle semblait vouloir balayer tous les doutes qui envahissaient depuis longtemps son cerveau maintenant douloureux, pourtant elle abordait la question par son côté le plus simple.

Et pourquoi sa réponse était-elle aussi vague que l'était sa question ? "Quelqu'un devait bien soigner tes blessures." Cela pouvait avoir plus d'un sens, plus d'une acceptation, et cela soulevait encore plus de suspicions et d'hésitations. Pourquoi faisait-elle cela ? Pourquoi était-elle là à s'occuper de lui s'il était un ennemi ? De nouvelles questions affluaient, augmentant son incertitude et encore une fois, cela venait d'elle. "Je me suis toujours soigné seul.", se dit-il en la fusillant du regard pendant qu'elle allait et venait entre le lit et la table. Bulma était plongée dans un monologue au sujet des robots de combat mais dans le cerveau de Végéta seule résonnait cette question obsédante. Pourquoi ? Pourquoi cette femme était-elle ainsi ? Pourquoi avec lui ? Était-elle aussi irrationnelle avec tout le monde ? Faisait-elle toujours preuve d'autant de ridicule noblesse ? "Oui", se dit-il. "Elle a été capable d'héberger chez elle les nameks et elle m'a invité en connaissant mon passé récent." Il soupira sans rien comprendre. Il fallait qu'il se rende à l'évidence. Tout en sachant qui il était, cette femme ne le craignait pas et s'était approchée de lui plus que quiconque dans sa vie. En était-elle consciente ? Savait-elle que personne n'avait jamais été aussi près de lui et vivait encore pour le raconter ? Soudain, il fut envahi par des sentiments qui lui collaient à la peau : le dégoût et les tourments.

- "... alors comme mon père a pu le vérifier en sortant dans le jardin, la chambre de gravité se régénère très vite. Tu vois que je suis un génie !" Bulma avait terminé son raisonnement et attendait déjà une réponse de sa part.

Végéta n'avait aucune idée de ce que disait la scientifique. Il s'était perdu dans ses divagations et était arrivé à une conclusion : il fallait qu'il sorte de cette chambre. Il se releva tellement vite que sa tête faillit lui jouer un mauvais tour. Il fallait qu'il aille s'entraîner. C'était la seule chose à faire. S'entraîner. L'exercice physique lui remettait toujours les idées en place. Se lever et s'entraîner, ça ne pouvait pas être si difficile. Lutter contre ces androïdes, vaincre Kakarot et faire voler en éclats cette maudite planète avec tous ses habitants. "Je perds mon temps ici", se dit-il.

- "On peut savoir ce que tu fais ?" Bulma devina ses intentions et essaya de le rallonger sur le lit.

Le prince la regarda, défiant : - "Laisse-moi une bonne fois pour toutes ! Je dois m'entraîner !" Et d'un bras, il l'écarta.

- "Pas question !" La jeune femme se renfrogna, bien décidée à le faire changer d'idée encore une fois.

Le saïyen, déjà assis sur le lit, étourdi et avec un mal de tête terrible, ne désirait qu'une chose : aller à sa chambre de gravité. La voyant réessayer de le convaincre, il la repoussa encore plus brusquement, réussissant cette fois à la faire tomber sur le lit. - "Laisse-moi tranquille, maudite femme !" Il réussit à se lever alors même qu'il sentait la chambre tournoyer autour de lui.

- "Et qu'est-ce qui te prend encore ?", lui cria Bulma. La scientifique était trop fatiguée pour laisser passer cela. - "Très bien ! Si tu veux te tuer là-bas dedans, fais-le !" Elle ne le regarda même pas pendant qu'il marchait en direction la porte, même si elle se retourna une dernière fois pour lui vociférer : - "Tu crois qu'une jolie fille surbookée comme moi n'a rien d'autre à faire que de veiller sur un fou comme toi ? J'ai passé plus de vingt-quatre heure à te soigner et quand tu te réveilles, tu essaies de m'étrangler !" Elle se renfrogna, plus en colère contre elle-même que contre lui. - "Mais c'est du jamais vu !" Elle leva les bras, indignée.

Lui, qui gardait les yeux fermés au milieu de la pièce, les ouvrit pour lui crier : - "Je ne t'ai rien demandé ! Rien !"

- "Tu ne pouvais rien demander parce que tu étais mourant ! Mourant !"

- "Va-t-en !" Le prince serrait les poings et concentra son pouvoir pour ne pas la détruire à l'instant même.

- "Va te faire voir, Végéta !" Bulma se retourna, et à bout de patience, sortit de la chambre en claquant la porte.

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En sortant, elle tomba sur Yamcha. - "Bulma..."

La jeune femme en tomba de surprise et se releva encore plus furieuse : - "Et toi, où tu étais, hein ?"

Elle le frôla et continua son chemin dans le couloir en direction des escaliers.

- "Bulma, il faut que je te parle.", dit son petit ami d'un ton sérieux.

- "Plus tard, Yamcha. Là, maintenant, je ne pense qu'à dévorer le contenu du frigo." Elle se retourna vers lui en réalisant une chose : - "Eh ! Tu n'étais quand même pas en train de m'espionner derrière la porte ?" Et elle croisa les bras en l'étudiant. Il avait l'air vraiment sévère et éteint. Il n'avait pas bougé d'un pouce de l'endroit où il était dans le couloir. "Génial,", pensa Bulma, "maintenant, il recommence à être jaloux."

- "Comment ?" Le guerrier parut hésiter. - "Non ! Je venais d'arriver quand tu as ouvert la porte." Et il la rejoignit.

- "Bien.", répliqua la scientifique. "Parce que là je ne suis pas d'humeur pour une crise de jalousie, Yam."

Cette dernière réplique fut le comble pour Yamcha. Qu'elle ne se rende pas compte que son attitude était absurde aux yeux des autres était une chose, mais qu'elle insinue que tout était de son invention le bouleversait. - "Bulma :" Il lui prit le bras pour la regarder en face.

- "Quoi ?", demanda-t-elle, étonnée.

Il fallait qu'il sache, il avait besoin de savoir, qu'elle le lui dise de sa propre bouche. Pourtant, il lui suffît de la regarder dans les yeux, ses yeux furieux, fatigués mais toujours vibrants pour se laisser intimider. Non, il ne voulait pas l'entendre. Il ne voulait pas savoir la vérité. Il changea d'intention immédiatement : - "Je pense partir."

- "Partir ? Où ça ?"

- "M'entraîner à l'extérieur, je passerai quelques mois dans un centre d'isolement spécial pour sportifs d'élite dans les Montagnes Bleues."

- "Les Montagnes Bleues ? N'est-ce pas près de Paoz ?" Bulma essayait d'assimiler l'information.

- "Oui, au nord, j'ai besoin de me concentrer et en restant ici, je ne profiterai pas bien de mon temps." Il lui lâcha le bras pour le caresser.

La jeune femme paraissait pensive et examinait le sol en essayant d'ordonner ses idées. Finalement, elle leva les yeux pour une dernière question. - "Quand ?"

- "Eh bien, dans une semaine, deux maximum."

- "Non, je te demande quand tu reviendras."

- "Ah, eh bien le premier séjour sera de trois mois et à mesure que je m'habituerai à l'altitude, les suivants seront plus longs."

- "Tu as besoin de quelque chose pour partir ?", lui demanda-t-elle, préoccupée.

Yamcha s'éloigna et sourit en se frottant la nuque. - "Eh bien, ma belle..." Il utilisait le ton badin qui mettait la jeune femme si mal à l'aise. "On croirait que tu désires que je m'en aille..." Quand il retourna son regard sur elle, il se rendit compte de sa gaffe. Il venait de dire à sa petite amie qu'il partait pour des mois et il n'avait rien trouvé de mieux que de plaisanter. En voulant dédramatiser le sujet, il s'était comporté comme un imbécile, ce qu'il se sentait être à ce moment-là. - "Je suis désolé.", reprit-il en lui passant la main sur la joue.

Après quelques secondes, Bulma réagit : - "Bien, descendons manger." Et elle se retourna enfin pour descendre les escaliers.

Sur les marches, elle s'agrippa au bras de son petit ami et lui sourit tristement.

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A peine fut-elle dans la cuisine et eût-elle regardé par la fenêtre, qu'elle passa instantanément d'une tristesse confuse à la fureur.

- "Alors il est retourné dans ma chambre de gravité ?", demanda-t-elle plus pour elle-même que pour les autres, ses parents, son fiancé et Puar, lequel était assis sur la table et riait tandis que madame Brief lui grattouillait le dos. De là où elle se trouvait, Bulma pouvait voir que la porte de son vaisseau, totalement régénéré, était fermée et cela ne pouvait signifier qu'une chose : Végéta était à l'intérieur.

Elle se libéra du bras de son petit ami et partit comme une flèche vers la boule d'acier et de métal, lui enlevant au passage ses dernières illusions.

- "Il a sauté, trésor.", lui répondit sa mère en laissant finalement Puar tranquille. - "Ton père et moi l'avons vu atterrir dans le jardin et se diriger vers la chambre de gravité, n'est-ce pas fabuleux ?" Mais sa fille était déjà dehors. Elle regarda le petit ami de cette dernière, qui la suivait des yeux avec le regard perdu. - "Tu ne veux pas t'asseoir et manger quelque chose, Yamcha ?", lui demanda-t-elle.

- "Quoi ?" Il revint à lui. - "Non merci. Merci mais je crois que je vais m'en aller." Il se dirigea vers la porte et murmura : - "Je vais m'en aller définitivement."

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"Incroyable !", se dit le prince tout en terminant sa série d'abdominaux. "La chambre se régénère et se fait plus puissante."

En entrant, près à reprendre ses exercices, il avait poussé la pression au maximum et celle-ci était montée à quatre cents unités. - "Quatre cents !", s'exclama-t-il, offusqué. - "Et cette machine n'est même pas un saïyen.", rajouta-t-il en essayant de l'assimiler. Non seulement, elle s'était reconstruite mais elle était maintenant encore plus puissante, comme c'était le cas pour ceux de son espèce une fois remis après une dure bataille. D'un coup, une idée lui vint à l'esprit : - "Et si elle avait utilisé les analyses de sang pour... ?" Il hocha la tête en forme de dénégation. "Non, ce n'est pas possible.", se dit-il. Mais la jeune femme était capable de tout, elle l'avait déjà prouvé avec ce vaisseau alors c'était possible. Il hocha la tête et décida d'arrêter de penser à elle. - "Bien, nous allons voir qui est le meilleur, tas de ferraille.", déclara-t-il à la chambre de gravité comme si elle pouvait comprendre.

Il n'avait plus la force de lutter contre les robots de combat alors il se sentit en quelque sorte reconnaissant qu'ils ne puissent pas se réparer d'eux-mêmes. Il se pencha en avant pour commencer une série d'étirements. Il n'avait même pas pensé à enlever ses bandages. Il fallait juste qu'il s'entraîne. "Bien, on dirait que mon corps répond correctement.", se dit-il, satisfait.

Trois coups violents sur la porte et il jura tout bas en saïyen. Il n'y avait qu'une seule personne qui pouvait le déranger, sûrement pour encore lui ordonner de se soigner et de se reposer. S'il était descendu si vite, c'était pour ne plus se retrouver avec elle dans cette petite chambre mais elle ne semblait pas avoir compris. "Ahhh", s'exclama-t-il intérieurement en réalisant des pompes sur seulement deux doigts. "C'est la femme la plus pénible du monde ! Ça ne fait pas cinq minutes !" Il décida de l'ignorer.

- "Végéta ! Est-ce que tu cherches à te tuer ?", entendit-il de dehors.

Ignorance. Concentration.

Et aussi étrange que cela paraisse, cela sembla fonctionner car elle s'en alla.

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Les trois coups frappés à la porte de son vaisseau restèrent sans réponse. - "Végéta ! Est-ce que tu cherches à te tuer ?" Elle attendit quelques secondes mais n'entendant rien venir de l'intérieur, elle sut où elle devait aller pour se faire entendre une bonne fois pour toutes par ce saïyen têtu comme une mule.

Elle traversa le jardin, furieuse, entra brusquement dans son laboratoire et appuya sur le bouton qu'elle cherchait. Quand la connexion s'établit, elle le vit dans les airs en train de tourner sur lui-même les yeux fermés. - "Eh, Végéta !", l'appela-t-elle avec irritation. Il allait devoir l'entendre qu'il le veuille ou non. - "N'en fais pas trop ! Tes blessures ne sont pas encore guéries !"

Le prince ouvrit les yeux pour tout de suite les refermer sans s'arrêter de tourner. "Ignorance. Ignorance et concentration.", se répéta-t-il.

- "Tu m'écoutes ?", s'exclama Bulma. Elle détestait être ignorée. Personne ne le faisait et ce n'était pas ce saïyen qui allait commencer. - "Si tu continues comme ça, tu ne te remettras jamais ! Tu m'écoutes ?"

Son plan ne semblait pas fonctionner. - "Arrête de me crier dessus, effrontée ! Tu ne vois pas que tu me déranges ?", cria-t-il en s'arrêtant de tourner.

Et soudain, il tomba face contre sol. Il avait encore perdu sa concentration et à une telle pression après avoir été alité, le coup fut assez douloureux. Il sentit un grand élancement dans son côté droit, la partie de son corps la plus gravement touchée par l'accident. Il essaya de se relever pour rejeter la faute de ce qui venait de se passer sur elle mais elle fut plus rapide :

- "Je te le dis franchement, tu ne vas pas faire de vieux os." Elle le voyait là étendu par terre, essayant de se relever et sûrement en train de prendre des forces pour lui répliquer. - "Tu ne réponds pas ?", lui demanda-t-elle.

Végéta fixait toujours le sol, essayant de se remettre. "Soit elle m'aide comme si je comptais pour elle ou soit elle m'attaque comme une bête enragée, mais jamais elle ne peut rester discrète, jamais !", se dit-il avec une envie folle de l'étrangler.

"Évidemment que tu ne réponds pas car je dis la vérité.", se réjouit Bulma dans ses pensées. S'il s'imaginait qu'elle allait venir à son secours, il se trompait lourdement, surtout après la façon dont il l'avait traitée dans la chambre. - "Tu ne dis rien car tu sais très bien que j'ai raison. Tu dois le reconnaître !"

"Lui reconnaître quelque chose ?" Là, il se découvrit des forces insoupçonnées. - "Écoute, tu veux mourir dans trois ans ?", lui lança-t-il entre plusieurs gémissements.

- "Bien sûr que non !", lui répondit la jeune femme de l'autre côté de la caméra. "Ce serait une folie ! Comment une fille aussi jolie que moi pourrait vouloir mourir si jeune ?"

Entendre ces mots suffit à le faire se remettre. Il posa la paume de ses mains sur le sol et à genoux cria : - "Alors ferme-la !"

- "Tu sais ce que je vais te répondre ?", lança-t-elle après avoir encaissé sa dernière réplique. C'était comme si le prince avait puisé ses dernières ressources juste pour lui crier après. - "Va au diable !" Et elle coupa la connexion.

"Orgueilleuse et vaniteuse enfant gâtée !", se dit Végéta en se relevant. D'un seul geste, il arracha les bandages qu'elle lui avait faits et il s'éleva dans les airs pour continuer son entraînement. - "Elle est complètement folle.", s'exclama-t-il en reprenant ses rotations sur lui-même. A l'instant, il remarqua que le ki du stupide humain qui était là antérieurement avait disparu. Il regarda par la fenêtre et effectivement, le petit ami de la jeune femme était enfin parti.

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- "Où est Yamcha ?", demanda-t-elle en entrant dans la cuisine.

- "Il est parti avec son chat.", répondit sa mère en servant un verre de vin à son mari.

- Comment ça, il est parti ?", questionna-t-elle en essayant de ne pas penser à ce que son petit ami avait dû imaginer. - "Il vous a dit où ?" Elle était consciente qu'elle avait été très froide avec lui quand il lui avait dit qu'il avait prévu de quitter la ville et en plus, elle l'avait abandonné sur place quand elle avait vu que Végéta était retourné si vite à la chambre de gravité, mais son petit ami n'avait pas l'air de comprendre qu'elle agissait ainsi non pas pour une raison sentimentale mais parce que cela faisait partie de sa personnalité. Si cela avait été Goku ou n'importe qui d'autre de leur groupe, elle aurait agi de la même manière. La seule différence était que celui qui n'avait plus de maison n'était pas l'un d'entre eux mais un homme infiniment plus complexe et qui était un vrai casse-tête. Quand elle l'avait vu inerte sur le sol après l'explosion, toute l'attraction qu'elle avait ressentie pour lui s'était volatilisée sur le champ : elle n'avait vu que Végéta blessé, pas le saïyen qui s'imposait dans son esprit avec toujours plus d'insistance. Elle savait que l'attention qu'elle lui portait était peut-être excessive, pourtant il semblait que personne ne se rendait compte que cet homme allait perdre la vie dans sa propre maison, dans son jardin, aux yeux de tous mais c'était comme si tout le monde s'en fichait. Se rendaient-ils compte de tout ce qu'il endurait et souffrait pour être le meilleur ? Suis-je la seule à le voir ? "Yamcha ne le comprend pas.", se dit-elle.

- "Il est juste parti, ma petite chérie." Sa mère s'assit à côté du scientifique qui lisait le journal. - "Comment va Végéta, ma fille ?"

- "Je ne veux pas parler de ce fou.", lança-t-elle, pensive, les mains sur les hanches. - "Il faut que je le voie.", murmura-t-elle en se retournant vers les escaliers.

- "Végéta ?", lui demanda sa mère en la voyant monter en vitesse les escaliers. "Mais il est dans le vaisseau rond !"

- "Non, Yamcha !"

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- "Yamcha, c'est moi.", dit-elle à l'interphone.

- "Bulma ? Que... que fais-tu là ?", l'entendit-elle dire à travers l'appareil.

- "Je me gèle de froid, pourquoi n'installes-tu pas une bonne fois pour toutes un lecteur d'empreintes ?", lui demanda-t-elle, vexée. La température avait baissé maintenant que la nuit était en train de tomber. - "Ouvre-moi.", lui ordonna-t-elle, impatiente d'entrer.

Après quelques secondes, la porte s'ouvrit enfin et elle monta les marches jusqu'au deuxième étage. Son petit ami l'attendait sur le seuil d'entrée de l'appartement. Il souriait. Il souriait et était nerveux. Elle fronça les sourcils et attendit qu'il se pousse pour la laisser entrer.

- "Et maintenant, pourquoi tu me souris ? Tu n'étais pas fâché ?" Et elle le poussa d'une main pour entrer dans le minuscule deux pièces dans lequel vivait son petit ami. Le désordre ambiant ne l'étonna pas. Il lui ressemblait dans ce domaine. Elle fit un tour, observant avec attention l'appartement de son petit ami. Cela faisait des mois qu'elle n'y avait pas mis les pieds.

- "Que fais-tu là ?", répéta le guerrier en fermant la porte.

- "Que devais-je faire ?" Elle enleva des pantalons d'une chaise pour s'asseoir. "Il faut qu'on parle, non ?"

Il parut hésiter quelques instants et Bulma comprit qu'il était toujours fâché pour ce qui s'était passé la veille et le jour-même. - "D'accord.", dit-il en prenant sa veste. - "Allons dans une cafétéria."

- "Pas besoin de sortir.", lança la jeune femme. - "Nous pouvons rester ici, cela fait longtemps que nous ne..."

Un bruit en provenance de la chambre ou de tout près la mit en alerte. Elle regarda Yamcha pendant un instant. Lui aussi avait entendu.

- "Bulma..." Il se dirigea vers elle qui s'était levée d'un bond pour aller vers le lieu d'où avait surgi le bruit.

Elle ouvrit la porte, avec son petit ami sur les talons, préparée à tout. Et elle ne vit rien. Juste le lit défait.

- "Bulma...", reprit son petit ami qui la suivait.

Elle entra pour s'en assurer mais la chambre était si petite qu'il n'y avait que sous le lit à vérifier. Ce qu'elle fit. Et rien. Elle soupira et se tourna vers lui.

- "Eh bien, pendant un instant, j'ai cru que j'allais devoir te tuer.", voulut-elle plaisanter en lui caressant la joue.

Yamcha sourit. - "Ça doit être les voisins qui sont rentrés de vacances.", trouva-t-il à dire. - "On y va ?" Et il la prit par la taille pour l'entraîner vers la sortie.

- " Tu sais ?", commença à dire la jeune femme déjà plus calme et se laissant faire. "Peut-être que ça nous ferait du bien que tu partes quelques temps, mais je veux qu'on en parle avec plus de calme, je suis consciente que j'ai fait des choses qui ont pu te troubler un peu mais je veux que tu saches que..."

Elle s'arrêta net quand un objet attira son attention. Une chaussure de femme était mêlée à tout ce désordre, juste à côté de la porte d'entrée. Elle se retourna pour dévisager son petit ami. Il était complètement décomposé en s'apercevant lui aussi de ce détail.

- "Bulma, c'est à une amie que..."

Mais elle ne l'écoutait déjà plus. Elle courut à sa chambre. Elle ouvrit la porte qui conduisait à la salle de bain et la trouva là. Une fille aux cheveux roux, grande et nue, qui la regardait avec une expression ennuyée, assise sur la cuvette des wc. - "Oh, mince..." Ce fut tout ce que dit la rousse.

- "Bulma..."

Mais elle ne répondait pas.

- "Bulma, je ne ..."

Elle ne le regardait toujours pas. Elle était là, muette, à observer minutieusement la jeune femme, avec les yeux exorbités et la bouche entrouverte.

- "Bulma, je veux juste..." Et il la toucha. C'était la dernière chose qu'il aurait dû faire.

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- "Tes parents sont partis et n'ont pas programmé les robots pour le repas de midi, on dirait que tu n'es pas la seule à être distraite ici."

- "Quoi ?" Bulma se tourna, un mouchoir à la main. Elle avait les yeux rouges. "Ah, oui, j'arrive." Et elle se leva de sa chaise du laboratoire pour se diriger vers la cuisine. Quand elle passa la porte, Végéta était là, tranquille, en train de l'observer. Elle leva les yeux et même le voir sourire lui fut indifférent. Elle savait qu'il allait lui dire quelque chose, cela faisait une semaine qu'il le gardait pour lui. Elle ne se trompait pas :

- "Tu es pathétique.", lui lança-t-il.

A sa grande surprise, la jeune femme ne répondit pas. En fait, elle ne soutint même pas son regard. Elle attendit juste patiemment qu'il s'écarte pour traverser le jardin suivie par le prince.

A son arrivée dans la cuisine, elle se mit à programmer les robots ménagers pendant qu'il prenait sa place habituelle.

- "Aujourd'hui non plus, tu ne manges pas ?", lui demanda-t-il de loin.

- "Je n'ai pas faim." Bulma continuait à taper sur les touches de l'ordinateur central et ne l'avait pas regardé en répondant.

- "Tu devrais manger, je ne veux pas que la prochaine fois que les robots de ma chambre de gravité tombent en panne, tu sois trop faible pour les réparer."

La scientifique sortit de la cuisine sans même répliquer à cette dernière provocation qui suintait la perversité, l'orgueil et l'ennui.

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Il éteignit la télévision. C'était définitivement l'invention le plus absurde parmi tout celles qu'il avait pu voir dans cette maison. Il avait deux options : le matelas sur le toit ou descendre manger quelque chose et attendre qu'elle s'endorme et cesse enfin de sangloter comme ça. Elle avait passé trois semaines à pleurer. Et même si cela lui était bien égal qu'elle souffre, il ne voulait pas que cela interfère avec sa préparation et c'était le cas. Elle pleurait en s'endormant, elle pleurait en réparant son vaisseau, elle pleurait en mangeant, pendant les repas et elle pleurait même sous la douche. Elle était toujours en train de le déranger. Toujours à l'enquiquiner sans même le laisser dormir. Si elle continuait plus longtemps comme cela, il la pulvériserait. Sa mère lui répétait sans cesse d'au moins lui dire ce qui lui était arrivé afin qu'elle puisse l'aider mais sa fille refusait d'ouvrir la bouche. Tous savaient que c'était à cause de son compagnon mais il était sûr d'en connaître la raison : cet imbécile s'était fait prendre avec une autre. Il laissa échapper un souffle court. - "Maladroit !", s'exclama-t-il avec son demi-sourire habituel tout en s'élevant jusqu'au toit. Il s'étendit sur le matelas et regarda les étoiles.

Les humains étaient curieux. Ils avaient une approche de l'engagement qui ne cadrait pas avec les coutumes saïyennes. "Trop de paix.", raisonna-t-il. Sur Vegetaseï, que des hommes et des femmes forniquent avec d'autres partenaires que leur conjoint n'était pas rare. Ils passaient de longues périodes hors de chez eux dans des batailles intergalactiques qui avaient lieu majoritairement très loin de leur foyer. Il était normal que cela se produise et tous l'acceptaient. Ce qui n'était pas permis par contre, c'était les mélanges de classes, même si ceux-ci étaient rares car chaque bataillon était composé par un groupe d'hommes et de femmes du même rang. Après, il y avait des subalternes de basse classe qui effectuaient le sale boulot et avec lesquels ils traitaient à peine.

Même si clandestinement on pouvait fermer les yeux sur de tels actes, ce qui était hors de question, c'était les rejetons mixtes : des enfants nés de l'union de deux personnes de rangs hiérarchiques différents vu qu'ils étaient généralement très faibles, ce qui, chez une race de guerriers, était une honte. - "Tarble...", murmura-t-il. Il fut surpris de se rappeler de lui. Depuis le jour où il l'avait vu, pleurant et appelant à grands cris pendant qu'on le montait dans une petite navette de transport, il s'était juré de ne plus jamais repenser à son frère. Le monarque, qui s'était toujours montré implacable, avait été incapable de tuer cet hybride mis bas par une de ses courtisanes de deuxième classe. "Les femmes...", pensa-t-il, "elles finissent toujours par devenir un problème."

Son père avait envoyé son fils cadet au loin sous la pression du Conseil, qui avait appris l'existence de ce déshonneur au sein du palais. Le Roi Végéta lui-même, qui avait toujours été extrêmement orgueilleux et le lui avait transmis à travers la très stricte éducation qu'il lui avait donnée, n'avait rien pu répondre quand on l'avait convaincu qu'un tel fils serait une cible facile pour d'éventuels chantage des autres familles car il ne pourrait pas se défendre avec sa faible puissance de combat. - "Les maudits lâches.", murmura-t-il en se souvenant de chacun des visages des patriarches. Ils se respectaient entre eux, "ou plutôt ils se craignaient", pensa le prince parce qu'ils supposaient qu'une alliance entre différents clans pourrait provoquer une autre scission des patriarches spatiaux et bouleverser l'ordre établi. Mais si l'union de deux d'entre eux pouvait abattre une famille, ils auraient dû tous s'unir pour espérer vaincre les saïyens et la haine était si profonde entre les différents clans que cela paraissait peu probable en réalité. Dans l'Univers, on était conscient de la supériorité de son espèce et même ensemble, ils n'étaient pas sûrs de réussir à les vaincre. C'est pour cela que l'Ordre existait. Jusqu'à ce que le lézard les convertissent pratiquement tous en esclaves, éliminant son espèce, la seule qui maintenait l'harmonie dans le cosmos. Et pour Végéta, il n'y avait qu'une raison à cet acte : il les craignait. Sa théorie s'était transformée en réalité il y avait déjà plus d'un an pendant la bataille de Namek et ensuite quand le lézard avait trouvé la mort ici sur la Terre en cherchant à se venger.

Son père avait toujours fait passer son peuple avant quiconque, même avant ses propres fils. Après cela, il s'était consacré à Végéta en l'entraînant lui-même jusqu'à ce que Freezer ne s'entiche de lui, le fils du roi, et oblige ce dernier à lui confier son éducation. Il plissa le nez, révulsé à ce souvenir.

Presque personne ne connaissait l'existence de son frère. Tarble avait disparu de la mémoire de tous, comme les exemplaires défectueux qui apparaissaient parmi les basses classes tel Kakarot. Il fronça les sourcils en se rappelant l'unique saïyen pur qui restait après lui. Cette force incommensurable qu'il possédait brisait toutes les règles de pureté génétique de sa planète. Cela n'avait tout simplement aucun sens. Il maugréa en se rendant compte que tous ses raisonnements finissaient toujours par citer Freezer et se terminaient inévitablement par le troisième classe.

Les mélanges avaient toujours été une erreur. Quand des guerriers de différentes races s'unissaient, l'obstacle n'était pas juste l'incompréhension due aux différences culturelles. Pour lui, la vérité sautait aux yeux : les gènes se perdaient toujours. Puisqu'il était déjà difficile de maintenir le calme entre les membres d'une même espèce, le mélange entre plusieurs espèces apportait un désastre absolu matérialisé par de la faiblesse. Il fronça à nouveau les sourcils car il devait se corriger lui-même. C'était une chose qu'il avait vu mille fois à l'exception d'un seul mélange qui améliorait sensiblement l'original : humains et saïyens. Le fils de Kakarot avait fait preuve d'une force terrible alors qu'il n'était encore qu'un mioche. Un autre défi à la logique. Il se souvint d'une conversation avec Nappa sur le fait d'avoir des enfants hybrides avec les terriennes et même s'il avait rejeté l'idée, la vérité était criante.

Ses pensées s'interrompirent soudainement. Il sentit un ki infime s'approcher et il sut de qui il émanait. - "Encore toi, ici ?", demanda-t-il à Tama qui se blottit sur sa poitrine. Il le souleva par la peau du coup et l'observa pendant quelques secondes. - "Pourquoi survivez-vous toujours, hein ?", l'interrogea-t-il. Sur beaucoup de planètes sur lesquelles il avait été et qu'il avait soumises à la destruction, il restait toujours des chats miaulant aux mouvements furtifs, se perdant dans les décombres. Il se fatigua de la bête et sans broncher la jeta dédaigneusement dans le jardin, le chat poussant un miaulement plaintif tout au long de sa chute.

Il se leva, s'étira et décida qu'il était déjà l'heure d'aller dormir.

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- "Elle va déjà mieux, tu ne crois pas ?"

- "Qui ça ? Bulma ?", demanda son mari en s'approchant d'elle. Ils avaient décidé de sortir dans le jardin pour profiter du beau soleil qui les avait surpris après une semaine entière d'intempéries.

Tous deux regardèrent leur fille sortir du laboratoire et traverser le jardin vers la cuisine.

- "Bon, au moins elle ne pleure plus en permanence." Il se servit un verre de thé glacé et s'assit.

Végéta était debout devant le vaisseau et faisait des exercices à l'air libre. Il avait décidé qu'il terminerait ses entraînements ainsi, dehors dans le jardin pour mettre au point quelques derniers mouvements car les brusques changements de pression commençaient à l'affecter ; les maux de têtes étaient constants, sans parler d'une désagréable sensation de nausée. Il l'avait déjà remarqué au début de son séjour sur la Terre mais maintenant, avec une gravité oscillant entre trois cents et quatre cents, il devait se montrer prudent.

- "Il est épris."

- "Que dis-tu, chérie ?", demanda monsieur Brief tout en empoignant Tama qui voulait s'en aller rejoindre le prince.

- "Regarde.", lui suggéra-t-elle, toujours en souriant.

Son mari regarda dans la direction qu'elle lui avait indiquée de la tête. Ils virent Végéta s'arrêter plusieurs fois dans ses exercices pour fixer ses yeux sur leur fille, qui marchait tête basse vers la maison.

- "Je ne sais pas s'il l'est déjà mais il s'éprendra d'elle." Et elle sourit à son mari.

- "Je crois plutôt qu'il y a quelque chose chez elle qui l'intrigue, chérie. Notre fille est unique." Il lui sourit orgueilleusement avant de prendre une gorgée de la rafraîchissante boisson. "Alors tu crois que le moment est déjà venu ?", demanda-t-il en caressant son chat.

Sa femme s'éloigna un peu puis leva un bras en s'écriant : - "Bulma ! Végéta ! Que diriez-vous d'un peu de thé glacé ?"

Tous deux la regardèrent, se regardèrent et reprirent leurs activités. Bulma entra finalement dans la cuisine et Végéta continua ses mouvements.

La maîtresse de maison se tourna pour répondre à son mari : - "Non, pas encore, attendons encore un peu." Et elle s'assit aux côtés de son époux.

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Encore une fois, elle avait du mal à s'endormir. Elle commençait à en avoir assez. Elle, qui n'avait jamais été triste une journée entière, venait de passer deux mois sans relever la tête. Elle ne sortait pas et apparaissait encore moins au bureau central. Elle ne faisait que travailler, travailler et encore travailler au laboratoire.

Deux mois s'étaient écoulés depuis qu'elle avait surpris Yamcha avec une autre dans son appartement. Deux mois. Les premiers jours, la trahison l'avait faite souffrir. Pendant les deux semaines suivantes, Yamcha n'avait pas cessé de lui téléphoner ou 'essayer de la voir. En fait, le matin suivant, il était venu chez elle pour lui rendre le sac à main qu'elle avait laissé par terre lors de cette nuit fatidique. Évidemment, elle n'était pas sortie et ne l'avait pas laissé entrer. Après ces quatorze jours, il ne faisait qu'appeler par téléphone. - "Le lâche !", s'exclama-t-elle en se découvrant et en jetant avec mépris les draps au bas de son grand lit.

Après quelques semaines, sa fureur momentanée laissa place à des questions. Pourquoi ? Elle n'avait jamais été une femme confiante. Elle le savait. Elle savait que quelque chose de ce genre pouvait arriver, ce qu'elle ne comprenait pas c'était comment elle avait pu en arriver à cette situation, à devoir en passer par là, à s'infliger ça. La réponse était claire : trop d'années. Elle ne pouvait pas tirer un trait sur pratiquement toute sa vie, il fallait qu'elle continue à essayer et c'est ce qu'elle avait fait, en prenant sur elle chaque fois que quelque chose l'exaspérait dans sa conversation ou dans les actions qu'il menait et qui n'avaient aucun sens pour elle.

"Et j'ai tout donné !", se répétait-elle dans sa tête sans rien y comprendre. Elle était jolie, intelligente, elle l'avait sorti d'un monde où il était obligé de passer ses journées dans les bois avec un chat et l'avait emmené en ville. - "Comment ai-je pu être aussi idiote ?", murmura-t-elle en se levant de son lit pour aller boire un peu de jus de fruit. Un sentiment de colère la reprenait mais cette fois, au lieu d'être dirigé contre lui, il se dirigeait contre elle-même.

Irritée et fatiguée par le manque de sommeil, elle pénétra dans la cuisine. Au grand dégoût de Bulma, Végéta était là, cet enquiquineur de prince des saïyens, avec qui elle n'avait toujours pas parlé malgré plusieurs tentatives de la part du guerrier. Elle savait qu'il la surveillait, qu'il l'observait écoeuré et qu'il jouissait de tout ça. A peine l'eût-elle vu là, assis à sa place de toujours, dans sa cuisine, dans sa maison, en train de manger dans un bol, sûrement des fruits, que la fureur la reprit. Elle voulut l'évacuer en ouvrant le réfrigérateur. Elle était descendue dans l'intention de prendre juste un verre de jus de fruits mais soudain elle ressentit une faim atroce.

Lui, qui l'avait vue faire son apparition, l'observait sans se gêner.

Quand elle ferma d'un coup de pied le réfrigérateur et se retourna les mains pleines de plats froids, gâteaux et yaourts, il se mit à parler :

- "Tout ce que tu n'as pas mangé ces deux derniers mois, tu veux le manger aujourd'hui ?" Cela ressemblait à une question amusée et ça l'était mais son visage était figé dans son éternelle inexpressivité.

Elle ne lui répondit et ne le regarda pas. Elle posa les plats à l'extrême opposé de lui et retourna chercher le jus de fruit dans le frigo. Elle revint vers la table, prit place en bousculant la chaise et se mit à manger.

Il l'observa préparer son repas. Il était évident qu'elle était toujours triste mais au moins ses gestes témoignait également d'un sentiment de colère. Il sourit de côté sans qu'elle ne le voie et continua à dévorer ses fruits tout en l'observant.

Il mit un terme au silence au bout de quelques minutes : - "Ma chambre de gravité ne monte pas au delà de quatre cents unités, tu devrais l'améliorer."

Juste un instant. C'est tout ce que dura l'éclair de colère dans ses yeux bleus mais cela lui suffit.

- "Heureusement que ton père est là pour faire le travail que tu avais promis d'achever."

Cette fois, Bulma maintint son regard pendant quelques secondes. Quand elle le baissa, la moue amusée réapparut sur son visage.

- "Un travail que tu ne fais pas, tout ça parce que cet idiot t'as été infidèle."

La jeune femme prit un grand couteau pour couper le pain et le trancha en regardant fixement le saïyen.

- "On devrait t'être infidèle plus souvent, tu deviens très soumise." Et il ajouta : - "Je croyais que tu aurais plus de caract.."

Le couteau tomba à terre et son tintement fut couvert par le cri de la scientifique. - "Qu'est-ce que tu veux encore, Végéta ?" Bulma s'était levée de sa chaise et avait les mains appuyées sur la table entre les assiettes qui tremblèrent à l'impact. - "Ça ne te suffit pas que je fasse constamment tout ce que tu me demandes sans discuter ?" Elle s'inclina en avant pour continuer à crier : - "Qu'est-ce qui te dérange tellement maintenant, hein ? Ne me dites pas que votre majesté s'ennuie ?'", lui demanda-t-elle avec véhémence. - "Je refuse de te prêter plus attention que nécessaire ! Tu m'entends ? Ça suffit !" Elle étendit le bras à l'horizontale, très sûre de ses paroles. S'il croyait pouvoir s'amuser avec elle dans cet état, il se trompait. Elle en avait assez de se trouver ainsi et ces éternelles provocations l'avaient fait exploser. - "Mais je ne vais pas te laisser me piétiner uniquement parce que je montre mes sentiments !"

Il resta imperturbable. - "Il faut reconnaître,", dit-il en mordant dans un morceau de fruit, "que ce sont des sentiments plutôt minables." Et il mordit dans sa pomme sans cesser de la regarder. - "Maintenant, assieds-toi et mange." Et il lui indiqua la chaise qu'elle avait renversée pour qu'elle la ramasse.

Bulma résista, essayant d'argumenter. - "Des sentiments minables ? Qu'on te brise le coeur, est un sentiment minable ?"

- "Tu devrais arrêter de faire semblant.", lui suggéra le prince tranquillement. - "Assieds-toi et mange."

L'entendre se mettre à intriguer parut complètement délirant à la jeune femme. - "De quoi tu parles ? Je refuse de m'asseoir !"

- "Eh bien alors ferme-la, c'est assez gênant à cette heure de la nuit."

Il recommençait. Il recommençait à se comporter avec elle de cette façon vile qui la mettait hors d'elle. Et pour parfaire la comparaison avec cette fameuse nuit pendant laquelle il avait été cruel avec elle pour la première fois, Bulma saisit le pain sur la table et le lança sur lui. Le saïyen le reposa sans même avoir à lever les yeux. Ensuite, ce fut le tour de l'assiette et encore une fois, il l'arrêta au vol. Elle lui lança les couteaux, la nourriture, les boîtes en plastique et tout ce qui lui tombait sous la main et le prince, sans aucun effort, les reposa sur la table dans un ordre exquis.

Quand elle appuya les paumes de ses mains sur la table, imaginant mille manières de tuer cet homme, Végéta reprit la parole : - "Ça y est, tu t'es défoulée ?" Et il leva enfin les yeux sur elle.

- "Je te déteste !", lui cria la jeune femme. - "Tu m'as bien entendue ? C'est ce que tu voulais ! Hein ? Je te hais !" Elle se mit à marcher lentement mais sûrement vers lui. - "Pourquoi ne retournes pas en enfer d'où tu viens ?", hurla-t-elle presque à sa hauteur. - "Je te déteste ! Je te hais !" Et elle leva les bras pour le frapper, bien loin de se souvenir de ce qui s'était passé la dernière fois qu'elle l'avait tenté.

Végéta se leva, l'attrapa par les poignets et lui baissa les bras dans le dos. Il la tenait serrée contre lui et, pour pouvoir lui tenir les mains dans le dos, également entre ses bras. - "Calme.", dit-il, amusé.

- "Lâche-moi ! Tu es cruel et méprisable ! Méprisable !" Elle essayait de se libérer de son étreinte mais tout ce qu'elle pouvait faire c'était bouger dans cette prison de muscles. Elle n'allait pas pleurer. Elle avait déjà assez pleuré, plus qu'elle ne l'avait fait dans toute sa vie, et elle ne le ferait pas malgré sa frustration qu'il refuse de la lâcher. Elle lança sa tête en avant dans l'intention de le mordre et pour l'en empêcher, Végéta dût attraper ses deux petites mains dans une seule des siennes pour libérer sa main droite afin de lui tirer les cheveux en arrière.

- "Calme.", lui ordonna-t-il de nouveau en commençant à se sentir un peu troublé par sa proximité. Il se mit à étudier ses yeux pleins de vie, sa bouche entrouverte, il commença à sentir son haleine si proche, cette odeur qui l'étourdissait et l'écoeurait à la fois, il remarqua comme sa poitrine se levait et s'abaissait avec violence contre la sienne, celle-là même d'où jaillit la colère en un flot de paroles :

- "Tu n'es qu'un prince aigri de rien du tout ! De rien du tout ! Rancunier et cruel ! C'est tout ce que tu es ! De la rancoeur ! De la haine ! De l'amertume et de la déception envers toi-même !" Elle aperçut de la rage dans ses pupilles. "Que vas-tu faire, hein ?", lui demanda-t-elle en plongeant son regard dans le noir infini de ses yeux. - "Tu vas me tuer, Végéta ?" Elle put finalement voir quelque chose dans son regard, quelque chose qu'elle avait cru déchiffrer à d'autres moments, quelque chose qu'elle avait soupçonné, qui les avait survolés dans toutes leurs conversations, qui avait fondu sur eux lors de cette rencontre à ce même endroit dans la cuisine, quand elle avait essayé de le frapper pour la première fois, quelque chose chaque fois plus évident, tangible et dangereux comme sa propre essence saïyenne : du désir. - "Tu vas me tuer ?", lui redemanda-t-elle avant de baisser le ton, toujours avec la même rage contenue : - "Ou tu vas m'embrasser ?"

En entendant ces mots, il se réveilla de l'enchantement. Il ferma à demi les yeux pour la voir à nouveau comme ce qu'elle était : une insolente, insupportable et gênante humaine. Il lui lâcha les cheveux et cessa son étreinte. A mesure qu'il se détachait d'elle, son visage reprenait son expression de lassitude et de dégoût agrémentée d'une autre assez commune. La colère. Il s'éloigna de la jeune femme, l'étudiant pour la millième fois. Il la dévisageait avec les yeux injectés de colère et déconcerté pendant que Bulma esquissait un sourire de victoire. Pour lui, ce qui venait de se passer, ce qui n'arrêtait pas de se produire récemment avec elle depuis quelques temps, n'avait qu'une explication :

- "Tu n'es qu'une sorcière.", dit-il en serrant les dents et en s'emplissant la bouche de cette insulte. - "Rien qu'une sorcière." Retenir toute cette colère lui demandait un effort considérable. Il était sûr que s'il bougeait ne serait-ce que d'un pouce de sa place, il ne pourrait plus contrôler son corps et qu'il la tuerait en lui brisant le cou. Jamais il n'avait autant désiré la mort de cette femme comme à cet instant.

- "Bien fait pour toi, tu n'avais qu'à pas te moquer de ma souffrance.", lança Bulma, les mains campées sur les hanches. Elle préféra laisser passer le fait qu'ils avaient été sur le point de commettre une folie, on ne sait pour lequel des deux la plus absurde, pour souligner qu'avec ce faux pas, elle avait gagné.

Il ne bougerait pas, non, mais il crierait aussi fort sinon plus qu'elle. Quand il ouvrit la bouche, il ne put plus s'arrêter : - "Que sais-tu, toi, de la souffrance ?"

Son cri détonnait tellement avec le climat qui s'était créé qu'il en effaça d'un seul coup le sourire victorieux de Bulma.

- "Tu ne sais rien de la souffrance ! Rien !", s'exclama-t-il en serrant encore plus les poings. Il plantait ses yeux noirs dans ses yeux bleus avec une telle rage qu'elle crut voir une flamme danser dans ses pupilles. - "Tu n'as jamais passé des jours sans manger ni dormir ! Tu ne connais pas la douleur des coups ! Tu ignores ce que c'est que de tout perdre ! Ce qui te revenait de droit ! Tu n'as pas eu à obéir aux ordres de celui qui avait exterminé toute ton espèce ! Tu n'as jamais connu la terreur de savoir qu'à n'importe quel moment, tu pourrais être le suivant !" Il fit un pas vers elle. Un pas ferme et fort. Bulma baissa un instant les yeux et vit le sol se fissurer sous ses pieds nus. Elle releva la tête, les yeux de plus en plus écarquillés par la surprise. Il ferma les siens, son visage entier se fronçant, quand une aura bleue l'entoura. Il était entouré de feu couleur de ciel de crépuscule, atteignant le plafond de la cuisine. - "Tu n'as jamais souhaité la mort de ton propre père ! Et bien sûr tu ne sais pas ce que c'est que de mourir et d'aller en enfer, maudite femme !" Il ouvrit les paupières enfin et Bulma crut qu'il allait l'assassiner. Cette fois, il allait le faire. La tuer. Son heure était arrivée et viendrait des mains de Végéta. - "Tu ne sais rien de la souffrance alors ne redis plus jamais une chose pareille ! Jamais !"

Et alors Bulma le vit. Pendant un instant, juste quelques secondes, un halo aux reflets dorés entoura Végéta. Sous le choc, elle se couvrit la bouche de la main.

Il était toujours au même endroit. Sa respiration était si forte qu'elle ne semblait plus appartenir à une personne comparable à un humain. C'était plutôt celle de sa part animale. Il était toujours entouré de ce feu bleu et gardait les poings serrés et relevés à la hauteur de sa ceinture. Après quelques moments de confusion, Bulma bougea vers lui. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait, elle voulait juste le toucher mais elle s'arrêta :

- "Non !", lui cria Végéta, toujours en transe. C'était comme s'il avait perçu qu'elle voulait l'approcher.

La jeune femme arrêta son bras et le colla contre sa poitrine.

Sa respiration baissa en intensité, tout comme les éclairs bleus. Après quelques secondes, Végéta se calma et détendit tout son corps. Il ouvrit les yeux qui étaient toujours dirigés vers le sol et les releva ainsi que son visage pour regarder la scientifique.

Ils restèrent à se regarder un moment et quand elle se mût vers lui, le prince fut plus rapide et la dépassa en se précipitant vers les escaliers.

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Elle gravit les escaliers sans savoir ce qu'elle allait faire. Elle parcourut le couloir à pas lents et furtifs. Elle arriva devant la chambre de Végéta et entrebâilla timidement la porte. A cause de l'obscurité, elle ne put rien distinguer alors elle se décida à entrer en entrouvrant la porte juste assez pour s'y glisser. Elle observa autour d'elle. Il n'y était pas. Elle soupira et revint sur ses pas pour se diriger vers sa propre chambre.

Elle se jeta sur son lit certaine que la nuit serait longue. "Où peut-il bien être allé ?", se demandait-elle. Tout de suite, elle revint sur ce qui s'était passé en bas. Elle avait réussi encore une fois à pousser à bout le prince même si c'était elle qui avait été retenue prisonnière. Vu comment avait débuté la conversation, qui aurait pu croire qu'il en sortirait perdant ? Même si à un moment, elle s'était sentie redevenir elle-même, ses poumons à nouveau emplis d'énergie, tout avait disparu quand il avait commencé à dire ces phrases terribles sur sa vie. Et ensuite, sa colère monumentale. Savait-il que pendant un instant il avait brillé comme de l'or ? Qu'il était près de réaliser son rêve ? Elle sourit avec orgueil.

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"Ou tu vas m'embrasser ?"- "Sorcière !", murmura-t-il en entrant dans sa chambre. - "Sorcière...", reprit-il en la traversant. - "Maudite sorcière !", s'exclama-t-il en sortant sur le balcon et en prenant son envol jusqu'au matelas. Il laissa son corps retomber sur lui, furieux. "Tu es une sorcière, il n'y a aucun doute.", se répétait-il sans cesse depuis qu'il avait laissé la jeune femme dans la cuisine.

"Ou tu vas m'embrasser ?" Chaque fois qu'il y repensait, il s'irritait encore davantage. Pour la première fois, il se réjouit qu'elle ait été aussi insolente car si elle ne lui avait pas parlé à ce moment-là, il aurait perdu le contrôle. Et le Prince des Saïyens ne perdait jamais le contrôle. Jamais. Il ne l'avait jamais fait avec Freezer malgré le nombre incalculable de fois où il avait désiré le tuer alors ce n'était pas une humaine ridicule qui allait y arriver. Il avait déjà remarqué à d'autres occasions une augmentation de cette sensation de désir mais s'il l'avait considéré comme une vétille au début, maintenant, il avait craint de déchaîner ses instincts. Et il n'avait jamais couché avec une femme commune.

"Ou tu vas m'embrasser ?"Il sentit son ki s'introduire dans la chambre qui lui avait été attribuée dans cette maison. "Que fait-elle dans mes appartements ?", se demanda-t-il. Pour lui, il n'y avait aucun doute : elle allait le provoquer davantage. - "Ah ! Elle est insupportable !", s'exclama-t-il tout haut.

"J'aurais dû forniquer avec elle avant de l'étrangler.", se dit-il.

"Ou tu vas m'embrasser ?" - "Trois ans...", murmura-t-il. Le manque de sexe pour un saïyen avait toujours été un problème. C'est ainsi que Nappa le lui avait expliqué au cours de son adolescence quand il se montrait plus agressif qu'à la normale. - "Tu as besoin d'une femelle, prince.", lui avait-il lancé amusé une fois, "parce que sinon, la prochaine fois, tu feras un trou dans une des planètes et tu la rendras inutilisable." Il ne supportait pas quand son vassal lui parlait comme s'il était ce simplet de Raditz, lequel avait ri à cette occasion. Parfois, ils oubliaient qu'ils étaient avec le Prince de leur race et il devait les remettre en place en les menaçant. Si bien souvent il ignorait les conseils de Nappa, à d'autres occasions, il lui prêtait attention car on ne pouvait nier que Nappa était le saïyen le plus âgé des trois et que parfois certaines choses échappaient à Végéta.

Heureusement, ce ne fut difficile de rencontrer une volontaire et il n'eût pas non plus à attendre beaucoup. Elle faisait partie de la noblesse de la constellation de Gurz, où se tenaient habituellement les réunions des familles. Elle n'avait rien de spécial, c'était simplement la première à lui faire des avances maladroites au moment où il s'était senti le plus en besoin, et de plus, il s'agissait de la nièce du patriarche, leur hôte. Avec la pratique, au fil du temps, il en déduisit que parfois il donnerait à certaines des femelles qui le sollicitaient l'opportunité de coucher avec l'héritier de Vegetasei malgré le peu d'appétit qu'elles lui inspiraient individuellement. Il pouvait tenir des mois sans problème, voire plus à cause des longues périodes à l'extérieur en missions. Avec tout ce qui s'était passé ces trois dernières années, le long voyage depuis sa mission avec Nappa avant de décider de venir sur la Terre et tous les coups de théâtre qui avaient changé radicalement son existence, le sexe était resté entre parenthèses et il avait été surpris lui-même quand cela avait commencé à lui manquer. Par malchance, c'est sur la Terre que lui étaient revenus ses instincts. Cela n'avait jamais été un choix dans sa vie. C'était uniquement sa nature saïyenne qui se rappelait à lui de temps en temps comme pour tout le reste. Évidemment, c'était quelque chose d'agréable qu'il appréciait et dans sa vie, il n'avait pas rencontré beaucoup de plaisirs en dehors du champs de bataille. Malgré tout, pour lui ce n'était qu'une formalité.

"Ou tu vas m'embrasser ?"Mais cette femme aux cheveux turquoise n'était pas membre de la royauté, n'était même pas une noble et encore moins une guerrière remarquable. Même s'il l'avait pressenti en bas dans la cuisine en l'insultant avant de la laisser plantée là, ce n'est qu'en gravissant les escaliers, en la maudissant et se demandant pourquoi il ne l'avait pas déjà liquidée, qu'il en trouva la raison : la sorcellerie.

"Ou tu vas m'embrasser ?" Son odeur l'envoûtait, l'affaiblissait et lui donnait envie de commettre une bêtise. Il ne savait pas comment il avait pu ne pas s'en rendre compte avant. De la sorcellerie. La jeune femme essayait de le déconcentrer en faisant en sorte qu'il se sente attiré par elle. Les preuves étaient évidentes : elle était scientifique, savante en toutes sortes de sciences, non seulement en technologie mais aussi dans d'autres domaines comme la médecine, et de plus, l'endroit regorgeait de plantes, matière première pour la sorcellerie, et sur cette planète existait quelque chose d'étrange qui conférait des pouvoirs incroyables à des personnes communes, sinon, comment expliquer que Kakarot soit devenu si fort et se soit transformé en super-guerrier ? Il avait la réponse sous le nez et il ne l'avait pas vue jusqu'à présent.

"Ou tu vas m'embrasser ?" Et enfin, son odeur. C'était la preuve la plus évidente. Jamais, dans tous les voyages dans l'espace où il avait pu exercer ses sens perfectionnés de saïyen il n'avait senti quelque chose d'aussi déconcertant. Sa maudite odeur nauséabonde et provocante. Son mobile était facile à trouver : elle voulait qu'il les épargne quand il en aurait fini avec les androïdes et avec Kakarot. C'était simplement ça. - "Malédiction !", s'exclama-t-il, dégoûté. C'était si facile qu'il se sentit idiot de ne pas s'être rendu compte avant de la vérité.

"Ou tu vas m'embrasser ?"Mais quelque chose ne cadrait pas. Il soupira en quittant les étoiles des yeux. Les attributs physiques ne lui manquaient pas pour se faire désirer de n'importe quel homme, y compris lui-même dans cet état de manque. - "Il faut qu'elle soit extrême même dans ce domaine.", murmura-t-il en regardant le ciel obscur sans se rendre compte que cette réflexion, il se l'était déjà faite peu de temps auparavant, allongé sur le lit alors qu'elle veillait sur sa convalescence. On ne pouvait nier que physiquement, elle n'avait rien à envier à aucune femme qu'il ait vue auparavant. - "C'est un exemplaire assez remarquable de femelle terrienne.", dit-il tout bas en se calmant un peu. Il ferma à demi les yeux. - "Insupportable, mais remarquable physiquement.", se corrigea-t-il. Il se redressa et s'assit sur le matelas. L'évidence qu'elle était une sorcière qui voulait l'envoûter par ses artifices provocants, avec ses odeurs, se faisant paraître plus appétissante que ce qu'elle était réellement, était en train de partir en fumée. Il soupira encore une fois. Quelque chose dans sa théorie ne fonctionnait pas et le mettait encore de plus mauvaise humeur : même si la sorcellerie aurait pu être la réponse, cela semblait un prétexte trop facile et même sonnait creux car non seulement elle était jolie, mais surtout elle savait lui répliquer. Et une telle anomalie ne s'obtenait pas grâce à des potions inventées. Elle ne se contentait pas de lui répondre, sans avoir peur de lui, mais elle possédait en plus une prodigieuse langue de vipère qui le défiait. Il se consola en pensant qu'elle était futée et qu'elle profitait dangereusement de la position d'intouchable qu'il lui avait donnée en échange de tout ce qu'elle et sa famille lui offraient. Mais elle ne le servait pas. Elle était rusée, oui, et même diablement intelligente, "un prodige sur le plan scientifique sur cette planète apparemment" et même lui, elle l'avait surpris, mais surtout, elle lui répondait comme jamais personne d'aussi infiniment inférieur n'avait su le faire. Et cela, bien qu'il ait dû mal à l'admettre, était le plus amusant qui lui était arrivé loin d'un champ de bataille.

"Ou tu vas m'embrasser ?" Il se remit à contempler les étoiles, fixant le faible éclat de Vegetaseï. - "Des bêtises, tout ça." Il fronça les sourcils, en colère contre lui-même. Il accordait trop d'importance à quelque chose qui ne méritait pas une seule seconde de son temps. Il avait effectivement pu remarquer que ses instincts voulaient se libérer et il savait qu'ils avaient passé beaucoup de temps en sommeil, mais il existait des choses infiniment plus importantes à résoudre avant. Il fallait qu'il se concentre sur ce qui l'avait amené sur Terre. Il était le Prince de sa race, héritier du trône d'une planète qui avait compté le plus grand nombre de guerriers valeureux de tout l'Univers. Il se mit debout, dégoûté de lui-même, se sentant perdu et écoeuré, bien que beaucoup plus calme que lorsque qu'il était arrivé sur le toit quelques minutes auparavant. Il sortit sur le balcon sans même avoir pris une décision à ce sujet. Tout cela n'était pas digne de lui. Il n'allait pas gaspiller plus d'énergie pour d'aussi vulgaires futilités et stupidités. Il ouvrit la porte du balcon pour enfin se reposer dans son lit.

"Ou tu vas m'embrasser ?"

o-o-o-o


Désolée pour le retard... ;_;

Je n'aurais jamais cru qu'avec un bébé on ne pouvait rien faire. Maintenant je comprends !

Priez pour que mes nuits deviennent zen et que j'arrive à me dégager chaque jour quelques minutes, voire une demi-heure, pour Sur le Toit... (pour taper au clavier, il faut deux mains, hélas ! Le clavier visuel Windows, c'est pas pratique, j'ai essayé, snif!) Heureusement, depuis quelques semaines, bébé dort mieux et commence à apprécier le transat et les petites peluches = banzaï !

En attendant, j'aimerais tellement lire vos avis, ils m'encouragent beaucoup ! ^^

Dimitrova (traductrice)