"Sur le Toit"

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CHAPITRE 17

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"Je suis celui que j'ai toujours voulu être."

Bulma descendit la rampe, consciente de laisser à l'intérieur non seulement le père de son enfant à naître mais aussi une partie d'elle-même. Tandis qu'elle marchait lentement jusqu'au gazon, elle essayait d'analyser ce qu'elle avait entendu dans son vaisseau mais cette phrase qui se répétait encore et encore dans son esprit la poignardait à chaque fois qu'elle pouvait entendre la voix du Saïyen prononcer ces mots. Et de ses yeux bleus, les larmes ne cessaient de couler.

"Je suis celui ce que j'ai toujours voulu être."

Elle entra dans la maison sans allumer la lumière. Elle monta les escaliers et fronça les sourcils à l'extrême, souhaitant que son esprit l'emporte sur son cœur. Il fallait penser. Penser et réfléchir beaucoup. Assimiler ce qu'elle avait entendu, l'accepter et l'affronter : Végéta n'avait jamais rien éprouvé pour elle. Rien. Même pas une simple passion.

"Je suis celui ce que j'ai toujours voulu être."

Elle avait bien essayé d'attendrir le cœur du guerrier pendant cette brève discussion mais elle n'y était pas parvenue. Et la seule raison, c'était que cet homme n'était habité que par la rancœur. Alors, que s'était-il passé ? Son esprit aveuglé par ce qu'elle ressentait avait tout imaginé ? Ce n'était au final que cela ? Elle s'assit sur le lit. Elle n'entendait plus que sa propre respiration entrecoupée par les larmes. Elle regarda autour d'elle, les yeux perdus dans l'obscurité dense de la maison. Jamais elle ne s'était sentie si seule.

"Je suis celui ce que j'ai toujours voulu être."

Que pouvait-elle lui demander ? Pouvait-elle lui demander des explications ? Non. Pouvait-elle lui demander de rester ? Non. Pouvait-elle lui demander de ne pas être ainsi, qu'il oublie tout ce qu'elle supposait qu'il avait vécu ? Non.

"Je suis celui ce que j'ai toujours voulu être."

Elle n'avait pas éclaté en sanglots. Ses larmes coulaient sans cesse mais elle n'avait pas éclaté depuis qu'elle était sortie du vaisseau et qu'elle l'avait laissé avec son ego, son éternel passé et son vide. – "Qu'est-ce que je vais faire ?", murmura-t-elle dans la nuit.

"Je suis celui ce que j'ai toujours voulu être."

Son front se plissait et sa respiration s'accélérait comme si elle était en train de courir. Elle avait crû ses yeux noirs et c'était la pire chose qu'elle aurait pu s'infliger. De ses yeux tombaient des larmes qui se rejoignaient sur son menton quand il ne leur restait plus de visage sur lequel descendre. Ses yeux noirs l'avaient manipulée et maintenant son cœur en payait les conséquences.

"Je suis celui ce que j'ai toujours voulu être."

Elle s'allongea sur le lit avec la même lenteur qui s'était emparée d'elle depuis qu'elle avait entendu cette phrase dévastatrice. Quand son visage toucha l'oreiller et que son corps s'étendit sur le matelas, elle crut qu'elle allait voler en éclats. Et c'est seulement à cet instant qu'elle éclata en sanglots. Elle ne pouvait pas penser. Maintenant, il fallait qu'elle fasse sortir toute la haine qu'elle ressentait pour lui. Peut-être était-ce justifié ou peut-être pas mais jamais jusqu'alors elle n'avait détesté quelqu'un à ce point.

"Je suis celui ce que j'ai toujours voulu être."

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Elle se réveilla le jour suivant le corps tout endolori. Un formidable mal de tête l'obligea à ouvrir les yeux lentement et avec précaution. Elle les ouvrit enfin et toute la solitude et les souvenirs de la nuit passée tombèrent sur ce lit à côté d'elle. Elle eut la chair de poule et fronça à nouveau les sourcils. – "Comment ai-je pu être aussi bête ?", murmura-t-elle en regardant les draps blancs.

Elle se mit sur ses pieds et se sentit mal. Encore cette nausée. Elle se rua vers la salle de bain et s'agenouilla devant les toilettes. Même si elle devait éluder ses sentiments pour Végéta, elle était enceinte, bientôt son ventre s'arrondirait et cette réalité, elle ne pourrait pas la fuir.

Elle était tombée amoureuse de lui mais elle devait réprimer ce sentiment. Jamais, il ne serait réciproque et même si cela faisait mal, elle devait l'accepter. Maintenant, elle avait des choses plus importantes à faire : avoir son enfant. Pendant un instant, elle avait pensé que cela pourrait attendrir le guerrier mais elle rejeta immédiatement cette idée. – "Il ne le mérite pas...", murmura-t-elle entre deux haut-le-cœur en essuyant un reste de bave sur son visage. Elle aurait voulu se remettre à pleurer mais elle avait eu son compte de larmes cette nuit où elle avait sangloté jusqu'à ce que le sommeil ne gagne la bataille contre la douleur. Non. Bulma Brief ne repasserait pas par ça.

Elle remarqua la douleur physique qu'elle ressentait. Elle n'aurait pas pu dire si c'était dû à sa grossesse ou si au contraire, le chagrin avait dépassé la barrière émotionnelle et qu'à présent c'était tout son corps qui se plaignait. Malgré tout, elle pouvait situer exactement l'origine de sa détresse : directement au cœur. C'était étrange, mais maintenant elle aurait presque pu dire qu'elle sentait ce dernier battre douloureusement, comme si cette action lui demandait trop d'efforts parce qu'il avait été transpercé par un poignard. C'était une douleur physique juste au niveau du cœur et elle prit peur. Quelle dimension avait prit sa relation avec Végéta pour que même sa rupture avec Yamcha, son petit-ami pendant dix ans, ne l'ait pas fait souffrir autant ? Oui, elle avait eu de la peine quand ils avaient rompu mais son cœur ne lui avait pas fait mal avec autant d'intensité. Elle fronça les sourcils. – "Il n'y a que lui pour briser le cœur ainsi...", prononça-t-elle en un murmure en pensant à Végéta. Encore, un accès de nausée.

"Ça va être dur.", se dit-elle, essayant de se faire à l'idée de tout ce qui l'attendait. A ce moment seulement, elle se rendit compte de quelque chose. – "Je suis enceinte de lui.", dit-elle tout haut essayant de réaliser. Elle avait été tellement préoccupée par la façon dont elle devrait le lui dire qu'elle n'avait pas analysé avec soin un tel fait. Elle était enceinte de Végéta et, plus important, c'était un enfant désiré.

Elle regarda le sol, parcourant rapidement chacun des carreaux qui le recouvraient. – "Mais qu'est-ce que je suis en train de faire ?", demanda-t-elle au marbre froid tout en se relevant dans la salle de bain. Des images de moments antérieurs lui traversèrent l'esprit mais au lieu de l'enfoncer davantage, celles-ci lui servirent à se raccrocher à une pensée : – "Mais quelle idiote !", s'écria-t-elle en se reprochant son propre comportement.

En relevant les yeux, elle rencontra son reflet dans le miroir. – "Qu'est-ce que tu as fait, Bulma, ?", se demanda-t-elle en se regardant. Comment avait-elle pu être aussi naïve ? Son impétuosité avait recommencé à lui jouer des tours. Et cette fois, le résultat avait été un échec dans les règles de l'art. Elle se connaissait. Elle connaissait ses défauts et ses qualités mieux que personne au monde même si les autres disaient constamment qu'elle était très facile à cerner mais alors pourquoi avait-elle agi ainsi avec lui ? Pourquoi s'était-elle raccrochée à l'idée romantique de l'homme sombre que l'amour pouvait changer ? Cela n'arrivait jamais à part dans les histoires fausses pour gamines niaises. Elle était là, dans sa salle de bain chamboulée parce qu'il l'avait en partie détruite. Elle était là, seule et enceinte parce qu'elle s'était laissée emporter pour la énième fois de sa vie. Elle était là à pleurer pour le même homme brutal qui lui avait demandé un fils et qui maintenant allait partir dans l'espace pour poursuivre l'unique but de sa vie. Elle était là dans la même nuisette qu'il lui enlevait avec une lenteur extrême, alors que ses yeux n'exprimaient qu'une chose. Du désir.

Alors, elle comprit. C'était lui le coupable. Le désir. Le désir qui avait mijoté pendant de longs mois, qui était né à un moment indéterminé après son arrivée chez elle et qui avait grandi à chacune de leurs rencontres, disputes, marchés, à chacune de ses gentillesses, de leur intimité et de leurs regards. Tout ce dont elle était certaine c'est que les pupilles de Végéta ne clamaient qu'une seule chose. Du désir. Un désir qui l'avait induite en erreur, une attirance physique qui n'allait pas plus loin que la simple curiosité de voir jusqu'où l'autre serait capable d'aller. Il n'y avait pas de complicité. Il n'y avait pas de connaissance mutuelle. Il n'y avait pas d'observations et de provocations. C'était le désir déguisé en opportuniste, en escroc, en truand. Un désir qui les avait envoûté tous les deux et qui les avait fait s'approcher exagérément l'un de l'autre. Un jeu de séduction dans lequel, cette fois, personne ne gagnait et tous deux perdaient. Elle ne recevrait rien de lui et il serait père d'un enfant avec elle. Les pertes et les manques étaient évidents.

Elle toucha son ventre avec une caresse. Oui, ils s'étaient tellement approchés qu'à présent elle portait l'enfant de Végéta dans ses entrailles. Elle baissa les yeux sur son ventre en se demandant ce qu'elle allait devenir.

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Durant les jours qui restaient avant le départ de Végéta, Bulma l'évita. Cela ne lui fut pas non plus très difficile. Il ne rentrait que les nuits, quand elle arrêtait de travailler dans la chambre de gravité qu'elle préparait pour qu'il l'emmène. Elle sentait quand le prince arrivait et son âme se remplissait de solitude et de tristesse. Lutter contre ses sentiments était une tâche très compliquée en l'ayant aussi près. Elle voulait qu'il s'en aille vite et elle put terminer en moins de temps que demandé.

Le jour même où elle termina de charger la batterie, alors qu'elle regardait les robots ménagers terminer de ramasser les câbles au sol, la jeune femme fit le tour du vaisseau cherchant ce qui pourrait ne pas être à sa place. Elle parcourut chacune des cachettes de la chambre de gravité, celles-là même qu'elle avait conçues sur son ordinateur, là où elle avait fixé les vis, renforcé les écrous et configuré tout un système unique, le système membranal. Elle vérifia les commandes et n'y vit aucun défaut. Tout était prêt pour son départ. Elle se dirigea vers la petite chambre du fond qui était vide. Il n'y avait rien, juste les meubles et quelques serviettes et sous-vêtements qu'il avait utilisé pendant sa première réclusion dans la chambre de gravité. Elle alla au laboratoire chercher les capsules d'alimentation mais il fallait qu'elle l'en informe. Découragée, elle lui écrivit un petit mot laconique qu'elle laissa sur la table.

Quand elle ouvrit l'armoire pour y stocker les capsules de nourriture, elle la trouva vide, elle aussi. Elle revint sur ses pas et monta à la chambre du prince pour chercher des vêtements. C'est seulement à ce moment qu'elle se souvint de son cadeau : l'uniforme. Elle avait pensé le lui donner le jour de son anniversaire mais étant donné les nouvelles circonstances, il passerait sûrement son anniversaire dans l'Espace alors elle décida de le lui laisser là sur un cintre. En le portant au vaisseau, elle se mit en colère contre elle-même encore une fois. – "Mais qu'est-ce que je suis en train de faire ?", se demanda-t-elle avec dédain et amertume. Pendant un instant, elle hésita, elle fut tentée de revenir sur ses pas et de le brûler mais alors, c'est lui qui aurait gagné. Il l'aurait changée et ce genre de choses, ce geste insignifiant de sa part, était inscrit dans son code génétique. Cette gentillesse qu'il n'avait jamais comprise, il ne la ferait pas disparaître. Elle était gentille et continuerait à l'être. Pas question de l'emballer dans une boîte, ni même de laisser une note expliquant en détail. Ce n'était rien que cela, un détail qui peut-être lui servirait à rendre plus confortable son entraînement.

Cependant, trouver la bonne composition du matériau pour confectionner un uniforme à l'identique lui avait demandé beaucoup de travail. En se basant sur l'ancien uniforme noir, il n'y avait qu'à en changer la couleur. Pourtant, ajuster de simples paramètres textiles pour qu'ils aient les mêmes propriétés que l'uniforme abimé que Végéta n'avait pas quitté pendant ses premiers mois ici avait été diablement difficile. Elle ne le laissa pas en vue mais le rangea au fond de l'armoire. Sans savoir pourquoi, à cet instant, une vague de tristesse la parcourut à nouveau toute entière. Elle ne voulut pas savoir quelle maudite pensée son célèbre esprit lui réservait et elle sortit de là en courant et en laissant la lumière allumée. Juste avant de sortir, elle regarda en arrière et se vit plantée là, dans sa chambre, et elle comprit ce qui n'était pas à sa place, ce qui détonnait dans le décor. Et c'était elle-même. Son menton se mit à trembler mais elle décida de ne pas courir. Ni pleurer.

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– "Oui ?"

– "Bulma, ma petite !"

– "Maman...", lâcha-t-elle avec un soupir étouffé.

– "Enfin !", s'exclama Madame Brief heureuse d'enfin pouvoir joindre sa fille. – "J'ai essayé de t'appeler toute la semaine mais on dirait que tu t'amuses trop pour prendre les appels de ta mère, pas vrai ?" Sa plaisanterie lui parut encore plus réussie qu'elle ne l'avait prévu et elle se mit à rire, s'attendant à une réplique acerbe de sa fille. Mais elle n'entendit rien.

-" Ma fille, tu es là ?" Le silence fut la seule réponse qu'elle obtint. – "Mon chéri, le téléphone est en panne, je n'entends plus notre fille.", fit-elle savoir à son mari assis à ses côtés et qui était en train d'allumer une cigarette.

– "Maman...", entendit-elle à l'autre bout du fil téléphonique.

En s'entendant appeler de cette façon, elle eut l'impression de revenir plus de vingt ans en arrière. Ce ton de voix, sa fille ne l'utilisait que lorsqu'elle traversait un grand désarroi.

– "Bulma ? Que t'arrive-t-il, ma petite ?", voulut-elle savoir avec inquiétude. Monsieur Brief, inquiet, leva les yeux de sa cigarette et les dirigea vers sa femme.

– "Je suis enceinte."

– "Mais ma fille, c'est merveilleux !", s'exclama-t-elle en sautant au cou de son mari qui comprenait la joie de sa femme mais savait que d'autres nouvelles les attendaient. – "Nous allons être grand-parents !" Et elle se mit à danser à travers la cabane.

– "Ma petite fille ?"

C'était la voix de son père, qui venait de prendre le téléphone que sa femme, sous le coup de l'émotion, avait oublié sur le lit. Et alors Bulma ne put se retenir de fondre en larmes.

– "Nous arrivons dans deux jours."

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Une fois La Terre derrière lui et le vaisseau ajusté à sa nouvelle situation extérieure, Végéta se mit à s'entraîner. Il n'avait pas de temps à perdre. Il devait se transformer en super-Saïyen et dès qu'il eut entré les nouvelles coordonnées, il augmenta la pression pour mettre à l'épreuve la chambre de gravité.

Un souffle court d'auto-satisfaction sortit de sa gorge. Il avait monté la gravité à deux cents et aucun bouton suspect ne s'alluma.

Une dernière fois, il regarda autour de lui et par un des hublots. La planète bleue lui disait adieu et devenait de plus en plus petite.

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Elle ouvrit la porte de la maison avec énergie. Elle entra suivie par Monsieur Brief, qui posa les valises dans l'entrée.

– "Bulma ! Bulma !" Elle appela sa fille en ôtant en vitesse son chapeau et ses lunettes de soleil.

– "Nous voilà, où es-tu ?", demanda-t-elle tout haut en regardant de tous côtés.

– "Maman...", entendit-elle du haut de l'escalier.

Elle leva les yeux et la vit. Sa fille n'avait pas besoin d'expliquer quoi que ce soit. Même de loin, elle dégageait tout le chagrin qui l'accablait. Le coeur brisé à sa vue, sa mère l'attendait tandis qu'elle dévalait les escaliers. – "Ma petite...", murmura-t-elle avec tristesse.

Elle sauta les deux dernières marches et se jeta dans les bras maternels, éclatant en larmes comme elle l'avait fait ces derniers jours. – "Il est parti, il est parti...", murmurait-elle entre ses sanglots.

– "Allons, ma petite, allons, ne t'en fais pas.", lui répétait sa mère pour la calmer en tapotant son dos tremblant.

– "Il est parti, maman...", répétait Bulma en se serrant contre sa mère.

– "Allons, ma petite, allons, n'en fais pas tout un drame...", lui suggéra-t-elle en la lâchant et en prenant son visage contracté à force de tant pleurer.

– "Que je n'en fasse pas tout un drame ?" Sa fille s'écarta d'elle avec colère. Elle ne pouvait pas croire que la première chose que sa mère lui dise soit cela. Qu'elle n'en fasse pas un drame ? L'homme dont elle était tombée amoureuse était parti après avoir su qu'elle était enceinte et maintenant sa mère lui disait qu'elle exagérait. – "Il est parti dans l'espace, maman ! Dans l'espace ! Il m'a laissée ici toute seule et..."

– "...et enceinte, non ?", poursuivit sa mère. – "N'est-ce pas merveilleux ?", lui demanda-t-elle, sachant d'avance la réponse.

La jeune femme y réfléchit les yeux au sol un peu confuse : – "Oui, ça l'est mais..."

– "Il n'y a pas de mais, Bulma, bon sang !" Sa génitrice leva les bras pour exprimer sa fatigue. – "Tu vas être mère ! Tu te rends compte ?"

– "Hein ?" Elle la regarda comme si elle ne comprenait où sa mère voulait en venir.

– "Allons, viens avec moi à la cuisine, j'ai envie de prendre quelque chose de rafraîchissant et dans le train, il n'y avait pas de wagon restaurant. Quelle antiquité !" Et elle la saisit par le bras pour l'entraîner dans la pièce préférée de tous les habitants des lieux.

Monsieur Brief les accompagna, restant sagement au second plan.

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Il soupira épuisé après l'effort. Il posa les mains sur ses genoux et eut le vertige. Il s'assit par terre, les jambes à demi fléchies et les mains sur les genoux. Il avait du mal à y croire. La gravité n'était qu'à deux cents et jamais il ne s'était senti aussi lourd. Un jour de passé et les choses commençaient à se corser. - "Malédiction.", murmura-t-il, vexé. Il avait maîtrisé le double lors de ses dernières semaines sur Terre et maintenant il lui était pratiquement impossible de dépasser la moitié. Que se passait-il ?

En se relevant, il décida d'aller examiner les commandes à la recherche de ce qui avait causé un tel déréglage. – "Malédiction...", s'exclama-t-il. Il y avait tant de cadrants qu'il n'aurait pas pu expliquer exactement à quoi servait chacun d'entre eux. Le pire, c'est que tous semblaient marcher parfaitement.

Il regarda à l'extérieur du vaisseau en quête d'une explication. Tout paraissait aller bien. Calme. Comme l'Univers l'avait toujours été. Soudain, le vaisseau se mit à trembler et les alarmes lumineuses se déclenchèrent. – "Mais que... ?"

Il s'approcha de nouveau des commandes où le voyant "danger extérieur" était allumé tandis que l'alarme ne cessait de retentir. Il voulut en trouver la cause mais il n'avait aucune piste. – "Bulma...", grogna-t-il, désirant soudain pouvoir hurler sur la coupable de ce désastre imminent.

En retournant les yeux vers l'extérieur, il découvrit la cause de cette urgence : une pluie de météorites. – "Malédiction !", répéta-t-il fiévreusement en s'asseyant devant les commandes et en activant le pilotage manuel. Cela faisait à peine vingt-quatre heures qu'il était parti et il devait déjà mettre à l'épreuve ses dons de pilotage qu'il n'avait pas sollicités depuis déjà une éternité.

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Tous trois s'assirent autour de la table. Bulma avait toujours des larmes dans les yeux même si elle était un peu impatiente d'entendre ce que sa mère avait à dire sur tout ça. En les voyant arriver, elle avait senti qu'elle n'était déjà plus seule, mais maintenant sa génitrice, comme elle avait pu s'en rendre compte lors de leur premier contact, refusait de l'entendre se lamenter. Elle la vit prendre un pichet de thé glacé et en servir un verre pour chaque membre de leur famille. Elle ne put s'empêcher de se souvenir de la fois où elle avait préparé un thé glacé à Végéta et où elle le lui avait apporté au vaisseau. Un gémissement lui échappa et elle se mit à faire la moue.

- "Bien, arrête de pleurer et raconte-nous tout, ma petite chérie, que s'est-il passé ?" Elle s'assit à côté de sa fille pendant que son père allumait une cigarette.

– "Il est parti, maman, il a dit qu'il devait s'entraîner dans l'espace."

– "Oui, ça nous nous en doutions déjà.", ajouta sa mère avant de prendre tranquillement une gorgée de son verre. "Ce que nous aimerions savoir, c'est ce qui s'est passé exactement."

– "Tout ?" Elle savait que sa mère ne faisait pas allusion au sexe, sujet de toute sa curiosité jusqu'à il y a peu. Sa mère avait un comportement qu'elle lui avait rarement vu. Même quand elle était partie en quête des Boules de Cristal et quand elle était rentrée à la maison, Mme Brief n'avait pas eu une pareille posture d'attente, de sembler à l'affut d'une quelconque erreur dans ce qu'elle allait entendre de la bouche de sa fille pour le lui reprocher. Pourquoi était-elle ainsi ? Ne se rendait-elle pas compte de la douleur qu'elle ressentait maintenant ?

– "Tout, oui.", lui lança-t-elle sans la moindre jovialité.

– "Eh bien..." Elle regarda son père à la recherche d'un allié. Elle ne savait pas pourquoi mais elle se sentait presque devant le peloton d'exécution. Mais est-ce que personne ne se rendait compte qu'elle était celle qui souffrait, celle qui avait été manipulée, celle qui avait été abandonnée et surtout enceinte ? Monsieur Brief était plus attentif à Tama qui était venu le saluer. – "Nous avons eu une dispute où il m'a dit qu'il voulait avoir un fils pour me l'enlever et l'emmener avec lui."

"Bien.", se dit-elle. Il fallait commencer par ça pour que ses parents la comprennent. Une information pareille leur ferait voir que la dispute avait été assez sérieuse. Elle tairait les insultes et les reproches parce qu'en fin de compte, elle les avait déjà informés que l'échange d'opinion avait été disproportionné. Elle se devait de mentionner un détail pareil, qu'il voulait un fils pour en faire un sanguinaire spatial à son image.

Sa mère reprit une gorgée de son verre et le reposa avec tout son calme sur la table. – "C'est plutôt normal venant du jeune Végéta, tu ne crois pas ?"

– "Hein ?" Cela lui parut remarquable que sa mère n'accorde aucune importance à ce qui lui paraissait clairement négatif chez le prince. Cependant, c'était elle qui avait raison. Quelqu'un comme Végéta ne pouvait que désirer un fils pour l'emmener dans l'espace, oui, c'était évident même pour elle et elle se l'était déjà figuré avant. – "Mais ça ne te parait pas terrible, maman ?"

– "Allons, ma fille, tu ne vas pas nier que tu l'avais deviné avant, non ?"

"Incroyable", se dit Bulma. Ses parents était arrivé et contre toute attente, ils n'étaient pas d'humeur à la consoler. Sa mère du moins, car son père ne semblait pas très attentif à la conversation. Elle pouvait même percevoir de la tension dans l'air, ce qu'elle n'avait jamais remarqué avec ses parents, toujours curieux, compréhensifs et extrêmement ouverts.

– "Que lui as-tu dit ?", voulut savoir Madame Brief. – "Te connaissant comme je te connais, je suis sûre que tu lui as dit quelque chose, non ?"

– "Évidemment que je lui ai dit quelque chose, maman !" Elle en avait assez de se sentir comme face aux questions d'un tribunal. "Je lui ai dit que..." Elle s'arrêta net dans son argumentation. Elle allait leur dire qu'elle avait changé d'endroit son implant mais cela ne servirait qu'à augmenter, pour ne pas dire confirmer les doutes de sa mère. Est-ce que cela signifiait qu'elle s'était trompée ? Qu'après ça, son départ était largement justifié ? "Non, il est parti.", se dit-elle pour se calmer. Elle se retourna vers son père qui lui rendit son regard, plein d'attentes. Elle ne pouvait pas leur mentir aussi. Elle baissa la voix pour se concentrer : - "Je lui ai dit que j'avais changé mon implant d'endroit mais qu'après, je l'avais enlevé car oui, je voulais bien un enfant de lui." Elle se sentit stupide et honteuse en lâchant ces mots. - "Mais il avait prévu de s'en aller de toute façon !" Elle croisa les bras et regarda sur un côté.

Après quelques moments de silence, le rire de son père retentit. Bulma le regarda déconcertée et un peu vexée. Elle retourna le regard vers sa mère, qui paraissait enchantée en entendant cela.

- "J'aurais aimé voir la tête de l'orgueilleux Végéta en entendant qu'il s'était fait avoir par toi comme ça !", ajouta son père, secoué de rire.

- "Mais tu trouves ça drôle, papa ?", lui demanda-t-elle encore plus en colère.

- "Ah, ma fille, que tu es bête, parfois...", se mit à dire sa mère en se levant toute souriante en direction du réfrigérateur.

- "Comment ça je suis bête ?" Tout cela n'avait aucun sens. - "Il veut un enfant pour l'emmener dans l'espace, il me dit qu'il se repent de l'avoir voulu, je lui dis que je suis enceinte et ça lui est égal ! Et après c'est moi l'idiote ?" Elle se rassit sans rien comprendre.

- "Il reviendra.", lança Madame Brief depuis le frigo. - "Il n'est pas parti parce que tu lui avais menti mais parce que c'est ce qu'il devait faire."

- "Je sais bien qu'il n'est pas parti à cause de moi !", voulut ajouter la jeune femme en prenant une douceur du plateau sur la table. Elle venait de retrouver son appétit qui avait disparu depuis que le prince l'avait laissée seule dans cette maison. Son énergie, également, lui était revenu. - "Il est parti parce qu'il croit qu'ainsi il arrivera à devenir Super-Saïyen mais il n'y arrivera pas s'il garde la tête aussi dure."

Le rire de son père devint plus aigu à ces mots. - "Oui, il est assez têtu mais je ne sais pas lequel de vous deux l'est le plus."

- "Mais papa !"

- "Allons, ma chérie..." Sa mère soupira en retournant à la table avec des rafraîchissements glacés. - "Ne te rends-tu pas compte ?", lui demanda-t-elle avec éloquence.

- "De quoi ?" Bulma avait déjà englouti le gâteau et regardait maintenant avec avidité les glaces que sa mère avait posées sur la table. Elle en saisit une et la mordit, espérant trouver un sens à toute cette conversation.

- "Eh bien qu'il reviendra et quand il le fera, il sera sûrement père.", répondit son géniteur tout en montant Tama du sol jusqu'à sa poitrine. - "Et cela change n'importe qui, même le jeune Végéta." Et il ajouta : - "Regarde-moi, j'ai changé, j'ai abandonné mon vieux van et mon désir de voyager à travers le vaste monde quand ta mère m'a dit qu'elle était tombée enceinte."

- "C'est vrai, chéri, mais ce n'est pas le plus important...", dit sa mère en lui souriant.

- "Le plus important c'est que tu vas être mère.", l'interrompit son père pour terminer la phrase que tous deux connaissaient bien."

Depuis qu'ils avaient décidé de quitter la bourgade, il avaient pris la décision de faire oublier à leur fille la peine qu'elle ressentait pour le prince. C'était normal. Ils ne pouvaient pas la laisser se sentir dévastée par tout ça. Il fallait qu'elle réagisse et qu'elle affronte la vérité : qu'elle allait être mère et qu'elle ne pouvait pas se sentir mal pour cela car c'était une décision qu'elle avait prise librement. Et maintenant il fallait l'accepter, se mettre à mûrir, ce qui, connaissant leur fille, serait dur à leur grand regret. Pourtant, c'était nécessaire Bulma devait mûrir, accepter la réalité et surtout, savoir qu'elle ne serait jamais seule.

- "Exactement.", ajouta sa mère en disposant bien les gâteaux. - "Et ne commence pas à manger tout ce que tu vois sinon tu vas devenir grosse comme une barrique !", la gronda-t-elle, amusée.

"Je vais être mère." Même si elle se l'était déjà dit, maintenant la réalité lui explosait à la figure. "Je vais être mère.", se répétait-elle encore et encore comme si c'était la première fois qu'elle l'entendait.

- "Je vais être mère."

- "D'un fils qui aura tout d'un héros.", murmura son père tout en caressant Tama.

- "Je vais être mère...", répéta encore la jeune femme en regardant la table, les yeux dans le vague. Elle n'avait pas entendu le commentaire de son père.

- "Bulma, ma petite chérie !", l'appela sa mère. - "Il faut qu'on s'attèle à la tâche, nous aurons beaucoup de choses à faire avant que cet enfant ne naisse." Elle était en train de sortir en direction des escaliers.

- "Hein ?" Bulma se leva sans savoir très bien où aller. - "Oui, maman.", répondit-elle simplement avant de marcher vers elle. Elle fit un un pas et son père la saisit par le bras. Elle se retourna et il lui dédia un de ses grands sourires.

- "Bulma..."

Quand elle vit son père avec ce sourire radieux, elle se jeta à son cou. - "Oh, papa..." Et elle se mit à pleurer à nouveau sur son épaule.

- "Calme-toi, ma fille, tout se passera bien."

Sentant la proximité de son père, un sanglot jaillit de son cœur. - "Non, il ne m'a jamais..."

Il la fit taire en gardant le sourire. - "Ta mère a raison, tu vas être mère, c'est ça l'important."

- "Bulma !", entendirent-ils s'exclamer Madame Brief au pied de l'escalier. - "Il n'y a pas de temps à perdre !"

- "Ne t'inquiète pas pour lui, tout ira bien."

Elle s'écarta de lui, irritée. - "Je ne m'inquiète pas pour lui !"

Son père rit en l'entendant. - "Va avec ta mère, allez, elle sait toujours ce qu'il faut faire." Il mit de la distance entre eux avant de déclarer : - "Et toi, tu seras toujours ma petite fille, même si tu deviens maman."

Cela lui redonna envie de pleurer. - "Oh papa !" Et elle se jeta à nouveau dans ses bras. C'était vrai, elle allait être mère. Et elle avait eu besoin de ses parents pour commencer à l'assumer.

- "Bulma !", s'écria à nouveau la blonde, perdant patience.

Sa fille grogna et se sépara de son géniteur. - "J'arrive !"

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En se douchant, il réfléchissait encore au problème qui se posait. Le vaisseau ne répondait pas bien à la pression dans l'Univers et il ne comprenait toujours pas pourquoi. Bulma avait toujours été très précise dans ses inventions et on pouvait dire que cette chambre de gravité était son œuvre majeure alors qu'est-ce qui ne marchait pas ? Pourquoi la gravité ne montait-elle pas jusqu'au maximum ? Était-ce à cause de la batterie ? Les calculs de la scientifique étaient-ils faux ?

- "Elle ne peut jamais rien faire de parfait.", grogna-t-il en sortant de la douche. Il enfila son uniforme de combat et se regarda dans le miroir. Quand il l'avait mis la première fois, il avait eu l'impression de retrouver son essence. Il sourit devant son reflet, prêt à résoudre le problème qu'il avait rencontré tout de suite après le décollage de La Terre.

Il chercha dans les tiroirs et tomba enfin sur le guide d'utilisation. Des colonnes de calculs l'accueillirent et il maudit à nouveau la jeune femme.

- "Trop intelligente.", murmura-t-il en l'étudiant. Quand il était parti dans l'espace la première fois dans un vaisseau spatial semblable, il n'avait eu aucun incident grave à part le propulseur et le compensateur de poussée. Maintenant, suite au perfectionnement de la chambre de gravité, il remarquait qu'il serait obligé de l'étudier minutieusement parce qu'il était logique que plus de performances engendreraient plus de complications, et cela ne signifiait qu'une chose : moins de temps pour s'entraîner.

- "Malédiction !"

Il lâcha le manuel avec découragement sur le panneau de contrôle. Il regarda la pendule. Il était onze heures. Il fallait qu'il se repose car il avait passé la nuit où il avait quitté la Terre à s'entraîner et cela faisait plus de vingt-quatre heures qu'il n'avait pas dormi. Son impatience de devenir un super-guerrier ne devait pas lui faire perdre sa méthodologie de travail et de repos. Il s'étendrait sur le lit un moment pour s'éclaircir les idées.

Il se leva du siège et regarda autour de lui. Il était là, dans son vaisseau et en plus, au milieu de l'Univers, en direction de la galaxie de l'Est, dure, violente, aux planètes arides et aux êtres rudes. Parfaite pour enrichir le chemin d'un guerrier comme lui. Il leva les yeux vers le plafond et quelque chose attira son attention. Une caméra. La même caméra de surveillance qu'il avait détruite pour ne pas qu'Elle sache ce qu'il faisait à l'intérieur. Maintenant, elle avait été réparée et était focalisée sur lui. Il hocha la tête sans rien comprendre. Se pouvait-il qu'elle soit en train de l'observer en ce moment même ? Elle le haïssait mais malgré cela, elle continuait à être présente d'une manière ou d'une autre.

Il se remit à observer ce qui l'entourait entre ces parois convexes et jura tout bas. Tout cela, Bulma l'avait fait. Il avait à peine passé deux jours à l'extérieur et elle restait là en essence. Et pire encore, c'était parti pour durer et il n'y pourrait rien.

Il fit claquer sa langue et décida de ne plus y penser. Il se dirigea vers la chambre à coucher en enlevant son uniforme qu'il laissa sur une chaise. Il s'allongea sur le lit et leva les yeux vers le plafond. Une autre caméra. Il la regarda quelques secondes avant de fermer les yeux.

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- "Me revoilà !", s'exclama-t-elle en ouvrant la porte.

Sa mère l'appela depuis la cuisine. - "Je suis là !"

Bulma y pénétra et la vit en train de danser entre les robots ménagers. - "Mais maman, tu n'apprendras donc jamais ?" Elle appuya le bouton rouge de l'ordinateur central et les androïdes revinrent diligemment à leur habitacle.

- "Allons, ma fille, c'est juste que d'un coup, ils sont comme devenus fous...", répondit sa mère dans un fou rire.

"Oh, Végéta, attends, les robots, ils deviennent fous." L'image de Végéta et elle, nus contre les commandes de l'ordinateur central lui revint à l'esprit et immédiatement, elle la rejeta en secouant la tête. Des souvenirs pareils ne lui facilitaient pas la tâche qu'elle s'était assignée : le haïr. Ou peut-être que si. Elle plissa les yeux en se souvenant la froideur du prince avec elle et le reste du monde. Elle revint à elle après la question de sa mère :

- "Que t'a dit le docteur Maish ?", demanda la blonde en défroissant sa robe une fois la bande de robots disparue en direction de son lieu de stockage.

- "Que je suis à un mois et demi de grossesse.", répondit-elle en ouvrant le réfrigérateur. - "Et que le bébé naîtra au début de l'été."

- "Merveilleux !", s'exclama en joignant les mains Madame Brief. - "J'imagine déjà une petite fille voltigeant dans le jardin, il faudra lui acheter tant de choses !"

- "Maman.", soupira-t-elle en s'asseyant pour manger un des délicieux hors-d'œuvres que sa mère avait posés sur la table. - "Il est très tôt pour savoir le sexe du bébé.", déclara-t-elle avant de mordre dans une rousquille.

- "Oui mais il faudra lui acheter son berceau pour dormir, les couches et préparer tout pour sa naissance, n'est-ce pas ?", lui demanda sa mère en s'approchant.

- "C'est encore trop tôt pour tout cela.", affirma-t-elle. Elle regarda le biscuit et le lâcha avec découragement. Si elle s'était écoutée, elle aurait mangé tout ce qu'elle aurait trouvé dans le frigo mais son corps commençait à changer. Elle l'avait remarqué en mettant une de ses robes de l'hiver précédent et en découvrant qu'elle était trop serrée. Elle avait décidé sur le champ de faire attention à elle plus que jamais, pourtant, elle se surprenait toujours avec de la nourriture entre les mains. "J'ai l'air d'un saïyen...", pensa-t-elle. A cet instant, elle s'attrista.

- "Il reviendra.", entendit-elle derrière elle.

Elle se tourna et vit sa mère qui l'observait avec un regard empreint de détermination et de compassion.

- "Je sais", déclara Bulma, "il doit vaincre les cyborgs."

- "Exactement.", approuva sa mère. "Il connaîtra son fils et vous aurez juste besoin de temps."

Pourquoi sa mère lui parlait-elle ainsi ? Pourquoi était-elle si convaincue que tout allait se résoudre ? Elle avait passé deux mois à pleurer à cause de Yamcha et ils n'avaient pas agi avec autant de détermination à l'époque. Alors pourquoi maintenant ? Quand ses parents étaient rentrés et qu'elle les avait vus si déterminés à lui faire oublier les mauvais moments qu'elle avait passés avec Végéta, ils avaient atteints leur but : elle avait repris courage. Et même si elle en était consciente, cela ne marcherait pas si sa mère continuait à essayer de lui imposer un plan pour changer cet homme. Personne ne savait mieux qu'elle comment il était et l'illusion de sa génitrice de vouloir le changer commençait à la gêner. Végéta n'allait pas changer. Il ne l'avait pas fait avec elle qui avait été la personne avec qui il avait été le plus proche. De cela, elle en était sûre parce que sinon, son comportement au sujet des caresses, sa façon d'en être particulièrement incommodés, n'aurait pas eu de sens. Non, les prédictions de sa mère, qui croyait en un monde de fiction, ne se réaliseraient pas.

- "Il connaîtra son fils et il voudra l'emmener loin de nous.", lança la jeune femme en se mettant debout avec mépris et en s'approchant de la fenêtre. Elle aurait pu dire loin de moi ou loin de cette planète mais elle avait choisi loin de nous, pour insister sur le fait qu'eux aussi en souffriraient si une chose pareille devait arriver. Était-elle en train de devenir cruelle, comme Yamcha le lui avait dit une fois ? "Non.", argumenta-t-elle dans sa tête. "Il faut que mes parents aussi se rendent compte de la portée de ce problème vu qu'ils n'ont pas l'air d'accepter ce qu'est Végéta."

Elle regarda à travers la vitre. Cela la rendait toujours triste de ne plus voir la chambre de gravité mais cela lui servait à se souvenir de la douleur qu'elle ressentait.

- "Allons, ma petite, ne sois pas bête.", lui reprocha sa mère dans son dos. Il était curieux comme elle avait repris son air naïf, comme si elle essayait de corriger continuellement l'attitude que Bulma avait adoptée au sujet du prince. Si sa fille s'exprimait avec des phrases redondantes qui démontraient la tourmente mentale et émotionnelle qu'elle était en train de traverser, Madame Brief se montrait plus joyeuse que jamais. Et si sa fille unique était triste, elle trouvait le courage de lui faire voir les choses sous un angle différent.

- "Je ne suis pas bête, maman, ce que je dis est vrai.", déclara-t-elle sans cesser de fixer l'espace vide dans le jardin.

- "Il ne sait pas ce que c'est que d'être père et je suis sûre que quand il reviendra de son entraînement et comme l'enfant sera déjà né alors..." A cet instant, elle soupira en regardant vers le ciel avec espoir.

- "Crois-tu qu'il reviendra avant ou après ton accouchement ?"

La scientifique fronça les sourcils. Elle n'avait pas réfléchi à ça. Quand reviendrait Végéta ? Réussirait-il sa transformation en Super-Saïyen après la naissance de son bébé ? Reviendrait-il juste avant la bataille contre les cyborgs ? Jusque là, il ne restait qu'un an et demi, la moitié du temps qui leur restait ainsi que l'avait annoncé ce garçon venu du futur. "Alors...", une question lui vint à l'esprit, "si peu de temps s'était écoulé ?" Depuis ce jour où Freezer avait été vaincu par ce gamin aux cheveux lilas, elle avait rompu sa relation avec Yamcha et commencé son histoire avec Végéta, il ne s'était écoulé qu'un an et demi.

"Yamcha..." L'image de son ex-petit ami s'imposa dans son esprit. Que ressentait-elle pour lui ? Pendant tout le temps qu'elle avait été avec Végéta, pas un instant elle n'avait repenser à sa relation avec Yamcha. Même pas pour les comparer. Si, elle l'avait fait sexuellement après sa première rencontre de ce genre avec le prince mais elle trouvait cela naturel, une simple comparaison entre amants et de ce point de vue, tous deux étaient assez différents. Maintenant, ce n'était rien d'autre que de la simple curiosité mais elle se demandait ce qu'elle ressentait pour lui. Elle fronça les sourcils en se rendant compte que pour son ancien amour elle ressentait une autre émotion : de la tendresse. Et un tel sentiment n'était pas normal après ce qu'il lui avait fait. "Mais que je suis bizarre...", se dit-elle.

Sa vie avait toujours été intense, un tumulte d'émotions qui s'écoulaient à mesure que surgissaient les aventures avec ses amis et qui se dissipaient avant que d'autres n'arrivent. Elle n'était qu'une gamine quand elle était tombée amoureuse de Yamcha et maintenant elle allait avoir un enfant de Végéta, le prince arrogant qu'elle avait hébergé chez elle en attendant le retour de Goku qu'il voulait affronter. Et ce n'était pas tout, maintenant elle le détestait après être tombée amoureuse de lui. - "C'est incroyable !", murmura-t-elle en admirant le jardin. Elle sourit en se rendant compte que sa vie avait toujours été un enchevêtrements d'aventures mais aucune comme celle qui l'attendait après tout ce processus.

- "Quoi, ma fille ?", voulut savoir sa mère en s'approchant.

- "Non, rien, maman." Elle se retourna avec un sourire mais soudain, elle eut la nausée. "Oh !", cria-t-elle en se précipitant vers les toilettes, écartant de son chemin la blonde, poussée par la pression désagréable qui menaçait de lui échapper.

- "Ma fille !" Sa mère la suivit. - "Tu as besoin de quelque chose ?"

- "Cela va m'aider à le haïr...", lança-t-elle tout bas, retenant un haut le cœur.

- "Tu veux de l'eau ou ... ?"Elle réfléchit un instant en lui remontant les cheveux pour que sa fille ne les salisse pas. Bulma était assise par terre dans la salle de bain, agrippée à la cuvette des toilettes, le visage fatigué. - "Je ne vomissais pas autant quand j'étais enceinte de toi."

- "Hein ?" Elle leva les yeux vers sa mère. - "Tu veux dire que tu n'avais pas de nausées même le matin ?"

- "Si, les nausées matinales étaient courantes au début mais pas avec autant d'intensité que les tiennes, chérie.." Et elle énonça la raison qui répondait à tout : - "Évidemment, je n'étais pas enceinte d'un extraterrestre !", s'exclama-t-elle comme s'il s'agissait de la chose la plus merveilleuse du monde.

Bulma plissa le front en réalisant quelque chose. Elle aurait voulu parler à sa mère mais la nausée lui revint soudain. - "Oh, maman, rappelle-moi de passer un coup de fil à Chichi." Et elle se remit à vomir avant d'immédiatement se sentir dégoûtée par la mauvaise odeur. - "Maudit Saïyen !", cria-t-elle, sentant les nausées la reprendre.

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Il se résigna et c'est tout. Après avoir accordé au manuel d'instructions plus d'importance qu'il n'aurait dû, il se résigna au fait que cette maudite machine puisse lui jouer un mauvais tour, contrairement à son corps. Et son corps, après avoir été soumis à cette même masse de métal durant tant de temps, lui disait que la gravité était supérieure à quatre cent cinquante unités. Il en était ainsi même si le cadran de la pression indiquait deux cents. Et ce n'était pas la peine de réfléchir davantage à cette question.

Une semaine était passée depuis qu'il avait abandonné la Terre. Il avait décidé de décompter le temps en jours terrestres en le notant dans le journal du vaisseau, une des améliorations que Bulma avait créées. Ainsi, il pourrait comptabiliser avec une certitude absolue le temps qui s'écoulait et revenir sur Terre pour le douze mai, le jour que le gamin du futur avait fixé dans l'esprit de tous comme la date à attendre, qui donnait un sens à toutes les choses par lesquelles il était passé sur cette planète bleue. Même le fait que Bulma soit tombée enceinte.

Il fit claquer sa langue en sortant de la douche. A nouveau, il se souvenait d'elle et cela ne lui plaisait pas. Il soupa avec le contenu d'une capsule tout en surveillant la machine qui lavait son uniforme. Il sourit. Le lendemain, son uniforme serait en parfaite condition pour être porté et il reprendrait sa routine. Et elle lui plaisait cette routine où les seuls protagonistes étaient lui et l'immense Univers, avec son silence absolu et rien autour. Le vaisseau traversait l'espace dans la direction de l'Est et même si au début il lui avait posé des problèmes, maintenant, il avançait normalement. Dans un mois, il arriverait à sa destination : l'anneau Ubeon.

Il plissa les yeux en observant la machine laver son uniforme en le faisant tourner tout comme bouillonnait son esprit. Dans quelle situation se trouvait l'Univers depuis que Freezer et sa clique avaient été enfin éliminés ? Les patriarches étaient-ils au courant ? Se trouvait-il pris dans une guerre pour le pouvoir et la domination de tout le cosmos ? La fois précédente où il avait été dans l'espace, il semblait que le chaos régnait et que beaucoup ignoraient la mort de l'empereur, une mort qui d'autre part n'était pas confirmée. Pourtant cette fois, plus de temps s'était écoulé depuis la vraie mort du tyran. Le retour sur la Terre du lézard avide de vengeance lui avait permis de se rendre compte de plusieurs choses, évidemment, mais celle qui compterait le plus pour lui une fois qu'il aurait pulvérisé la planète bleue c'est que Freezer n'était pas seul.

- "Bah...", soupira-t-il en se levant. - "Tout cela ne m'intéresse pas..." Et tandis qu'il marchait vers le lit, il conclut avec un sourire : - "...pour l'instant, bien sûr."

Il s'étendit pendant sa pause après avoir passé en revue dans son esprit des éventuelles techniques de combat. Il avait tellement progressé, son corps répondait mieux et il était à présent capable de maîtriser des mouvements qui lui paraissaient impossibles à peine deux années auparavant. "Tout va bien.", se dit-il en se laissant gagner par le sommeil et regardant pendant quelques secondes le réveil. Il était toujours ponctuel. L'appareil indiquait onze heures du soir. "Tout va bien."

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Elle s'allongea sur le lit après une douche réconfortante. Elle regarda la pendule et celle-ci indiquait onze heures du soir. Elle ne comprenait pas comment elle pouvait dormir autant. Aujourd'hui, au laboratoire, elle s'était encore endormie devant l'ordinateur et ce n'était pas normal pour elle car son travail la passionnait.

Bulma avait décidé de consacrer aux recherches qui leur avaient été confiés le temps qu'elle passait autrefois à d'autres tâches à la maison. Son père ne paraissait pas déçu par le travail qu'elle avait réalisé pendant son séjour dans le sud mais la jeune femme n'était pas satisfaite de plusieurs choses mises en œuvres. C'était sa façon de se punir d'avoir été si idiote pendant la période où elle avait été avec Végéta. Le docteur Maish et ses parents avaient insisté pour qu'elle se repose les trois premiers mois car il semblait que le bébé la vidait exagérément de toute son énergie. En écoutant cela dans la bouche de l'ami de ses parents, elle n'avait pas pu s'empêcher de sourire amèrement. "Comme son père", avait-t-elle pensé à cet instant.

Elle tourna son corps vers le côté droit du lit. Il était vide. Elle caressa les draps où parfois Il restait endormi, souhaitant le sentir à nouveau. Elle se renfrogna en se rendant compte de sa bêtise.

- "Mais qu'est-ce que je suis en train de faire !", se demanda-t-elle en se redressant avec brusquerie. Elle regarda à nouveau à sa droite et occupa tout le lit avec son corps, cherchant milieu. "Voilà qui est mieux !", se dit-elle en souriant et en profitant de tout l'espace qu'elle avait juste pour elle. Uniquement pour elle. Pour Bulma Brief.

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Il lança encore un coup d'oeil à l'indicateur de pression extérieur pour vérifier. Il continuait à indiquer cinq cents au dessus de la gravité de la Terre. "Bien, cela me sera utile.", se dit-il d'un ton décidé tout en se dirigeant vers la rampe qui enfin, s'était dépliée.

Il sortit du vaisseau en scrutant l'horizon. Il était content car cela avait été son premier atterrissage et malgré ses réticences, cela s'était bien passé. En fait, étonnement bien.

Il se déplaça un peu, habituant son corps aux nouvelles conditions. Il ne s'était pas trompé : la gravité de deux cents de la chambre de gravité était mauvaise puisque là, avec une demie tonne de pression, son corps éprouvait quasiment le même poids et la même douleur. Il était resté un mois et demi à l'intérieur du vaisseau et maintenant il avait fait un arrêt là où il le souhaitait : à la planète Obiseum, célèbre pour son atmosphère dense, désagréable, et malodorante, tout comme ses habitants, les obis.

Les obis étaient des êtres qui se caractérisaient par leurs proportions gigantesques, leur peau graisseuse, leur silhouette grotesque et disproportionnée et surtout par l'odeur pestilentielle qu'ils dégageait. Celle-ci était due à leurs pores d'où jaillissaient en énorme quantité une matière qui était fondamentale dans la fabrication des vaisseaux spatiaux. Freezer avait fait avec eux plusieurs alliances dont le principe fondamental était de laisser la planète en paix en échange de ce composant. Le lézard avait crû pouvoir les emmener plus près de son centre de commandement et de son empire mais, apparemment, les obis mourraient parce que l'atmosphère de leur monde se formait grâce aux gaz qu'ils expulsaient. Ils donnaient à l'air le nécessaire pour qu'un processus étrange se produise dans l'atmosphère qui leur permettaient de survivre. C'est-à-dire que les habitants et l'atmosphère étaient interdépendants. En plus, ces êtres répugnants étaient extrêmement gloutons et ne s'alimentaient que d'animaux vivant sur cette épouvantable planète.

Il se souvint comment Freezer l'envoyait en mission sur ce monde répugnant pour remettre les traités de coopération intergalactique à ses dirigeants et de la façon dont le tyran se délectait des détails sur les souffrances que lui et ses hommes avaient endurées non seulement à cause de l'atmosphère nauséabonde qui était presque irrespirable, mais aussi à cause de la gravité qu'ils devaient supporter et qui transformait quelques pas en authentique supplice. C'est la raison pour laquelle ils laissaient leurs vaisseaux juste aux abords de palais présidentiel. Car les obis, contrairement aux apparences, faisaient confiance aux décisions de leurs peuples et toutes les décisions qui sous-tendaient de grandes responsabilités pour les citoyens, ils les prenaient entre tous au moyen de votes individuels. La planète était peu peuplée et Végéta avait toujours état frappé par le fait que malgré leur air maladroit et ébahi à cause de ces grands yeux globuleux qui occupaient presque tout leur visage cuivré et graisseux, ils soient des êtres extrêmement rationnels.

Lui, évidemment, n'avait jamais donné à Freezer le plaisir de se plaindre de ses rares incursions sur Obiseum mais il n'était pas difficile pour le lézard d'imaginer le calvaire que les saïyens avaient dû endurer sur cette planète car lui-même s'y était rendu en personne plus d'une fois, obligé par l'importance des traités. Et même si le Prince ne montrait pas une once de son dégoût, Nappa et Radditz ne pouvaient pas s'empêcher d'avoir l'air épuisés malgré la longueur du voyage retour vers le noyau impérial qui leur permettait de récupérer.

- "Quelle horreur...", murmura-t-il entre ses dents tout en s'avançant dans cette immensité jaune. Il était venu dans un but précis et il n'avait pas de temps à perdre. Il décida de ne pas voler car il risquait d'être repéré et ce n'était pas le moment car ils pourraient tomber sur la chambre de gravité et la détruire. Il décida de se diriger vers le sud dont l'atmosphère encore plus lourde rendrait le combat encore plus difficile, et où il chercherait un autochtone à affronter.

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- "Bien, Bulma, maintenant je veux que tu inspires avant que je te mette ce gel froid sur le ventre, d'accord ?"

- "Docteur Maish, attends, il faut que je t'explique avant que tu ne voies quelque chose qui te..." Elle s'arrêta un instant pour réfléchir à ce qu'elle voulait lui faire comprendre. Elle avait réfléchi toute la journée sur la façon dont elle informerait l'ami de ses parent qu'il risquait de voir quelque chose hors du schéma habituel d'un enfant de terriens mais que ce ne serait pas grave parce que ce bébé ne serait pas totalement humain.

- "Eh bien, qui te paraisse différent.", réussit-elle à ajouter.

- "Différent ?", demanda le médecin en la regardant tandis qu'il lui mettait le gel. Ce mot lui parut être un euphémisme et un appel à la discrétion et il n'allait pas décevoir maintenant ses amis chers.

- "Ne t'inquiète pas, petite, je te promets le silence absolu mais il faut quand même s'assurer que le fœtus va bien, d'accord ?", lui demanda-t-il avec un sourire en lui passant la crème. - "Et peut-être qu'en plus nous saurons le sexe du bébé maintenant que tu en es à quatre mois."

Bulma lui rendit son sourire. - "Oui, bien sûr.", lui répondit-elle. - "Oh !", s'exclama-t-elle en sentant le froid sur sa peau tendue. - "C'est glacial !"

- "Ça te gêne ?"

- "Non, c'est juste que c'est vraiment froid.", répondit la jeune femme en montant encore plus son chemisier et en essayant de regarder comment le docteur positionnait la sonde de l'échographie.

- "Bien, voilà ton enfant, tu le vois ?"

La scientifique leva les yeux vers le moniteur de la machine sur le côté de la table de consultation. Et ce fut la première fois qu'elle put voir son bébé.

- Regarde, il est de profil.", se mit à expliquer le docteur Maish. - "Là, tu as la tête, les pieds et les bras qui ont l'air collés à sa poitrine..." Il eut un léger éclat de rire. - "On dirait un lutteur attendant l'occasion de frapper son adversaire, n'est-ce pas ?"

Bulma sourit tristement, essayant d'être empathique. Alors qu'au début, elle ne voyait que des tâches, maintenant, elle discernait bien ses jambes et ses bras, comme l'avait indiqué le médecin. Elle pouvait voir la silhouette de son profil et admirer tout son corps avec une précision presque exacte. Oui, c'était vrai, on aurait dit qu'il était en position de combat. Comme son père.

- "Bulma ?" Le docteur Maish voulut attirer son attention. - "Bulma, tu te sens bien ?"

Elle avait à l'intérieur d'elle-même l'enfant de Végéta. Et il montrait déjà des signes d'être identique à ce maudit prince. Elle se mit en colère : - "Oui, évidemment, je vais parfaitement bien. Et pourrions-nous savoir si c'est un garçon ou une fille ?"

Le médecin lui sourit. - "Voyons voir... Peut-être qu'en le faisant un peu bouger vers l'avant..." Il appuya le ventre de la fille de ses meilleurs amis pour bien apercevoir le sexe. - "Aucun doute, c'est un garçon."

- "Hein ?"

- "Tu as dit un garçon ?", entendirent-ils de derrière la porte.

Tous deux se tournèrent pour voir la personne qu'ils devinaient être l'invité surprise.

- "Maman !", hurla Bulma. - "Je t'ai dit d'attendre dehors et que je voulais le faire toute seule !"

Sa mère fit la sourde oreille et s'approcha. - "Un garçon, tu as dit, Maish ?", répéta-t-elle en regardant fixement l'écran.

- "Eh bien oui.", répondit le docteur. - "Aucun doute, c'est un garçon."

- "Ooooh !", s'exclama sa mère en battant des mains. - "Un garçon fort et beau ! Comme Végéta, ma chérie ! Tu verras comme ton père va être content !"

- "Maman !", insista-t-elle à nouveau. - "Tu veux bien sortir ?"

- "Un garçon ! Un garçon !" Sa mère se mit à virevolter dans le cabinet de consultation sans cesser d'applaudir. - "Un garçon ! Un garçon ! Un garçon !"

Le docteur Maish ne put que rire de bon cœur avant de retourner les yeux vers le moniteur et la jeune femme qui soupirait de désespoir.

- "Maman ! S'il te plaît ! Sors de... !"

- "Un instant...", dit Maish en s'approchant de l'écran.

Madame Brief cessa soudain de bondir et Bulma se tut.

- "Qu'est-ce que c'est ?" Il montra du doigt une protubérance qui prolongeait la colonne vertébrale du fœtus.

- "C'est une... ?"

Tous trois se collèrent à la machine.

- "Qu'y a-t-il ? Qu'y a-t-il ? Quelque chose va mal ?", voulut savoir la blonde.

Bulma ferma les paupières, étant la première à comprendre. Elle avait sous le nez exactement ce qu'elle craignait."

- "C'est une queue ?", dit le médecin en plissant les yeux pour mieux y voir.

- "Une queue ?", demanda Madame Brief, déconcertée. - "Ce n'est quand même pas... ?"

Sa fille ne la laissa pas achever sa question car elle savait déjà où sa mère voulait en venir. - "Non, maman, ça, le docteur Maish nous l'a déjà dit et c'est censé être devant." Et elle tourna les yeux vers son médecin qui continuait à observer cette anomalie. - "Allons, Maish..."

Le médecin ne la laissa pas terminer. - "Bon, on dirait que cet homme que vous aviez chez vous était d'une espèce différente avec une queue, non ?", leur lança-t-il tout à coup.

Toutes deux ouvrirent de grands yeux surpris. - "Comment ?", demandèrent-elles d'une seule voix.

- "C'est son fils et il est un extraterrestre d'une espèce différente qui se trouve posséder une queue mais n'ayez pas d'inquiétude, le secret restera dans notre famille et vous faites partie de la mienne.", déclara-t-il d'une voix rapide et sûre.

Madame Brief réagit la première. Elle se jeta sur lui et l'écrabouilla entre ses bras. - "Oh, Maish ! Tu as toujours été un amour !", s'exclama-t-elle convaincue de la sincérité des paroles du docteur.

Bulma n'en revenait toujours pas : - "Mais comment sais-tu... ?

Cette fois encore, il la devança : - "Ça n'a pas été difficile de me rendre compte que cet homme était très important pour toi, petite. Pendant que je le soignais, tu ne m'as pas laissé en paix une seule seconde.", dit-il en riant, encore honteux par l'embrassade de la femme de son meilleur ami.

- "Elle est amoureuse de lui.", lança sa mère en regardant sa fille avec orgueil.

- "Et lui aussi de toi, Bulma. Avec des yeux pareils, quel jeune homme pourrait te résister ?"

La jeune femme n'en revenait toujours pas. Le docteur Maish lui avait dit que son bébé allait être un garçon, qu'il avait une queue, qu'il savait qui était le père et que ce père devait être un extraterrestre. Et en plus, pendant qu'il avait soigné Végéta de ses importantes blessures après l'explosion de la chambre de gravité, il avait déjà pu voir clairement qu'elle était éprise de lui. Elle dut faire le calcul pour se rappeler qu'à cette date, elle était encore avec Yamcha. Elle fronça les sourcils en s'en souvenant.

- "Oui, lui aussi est amoureux d'elle." Cette affirmation de sa mère l'arracha à ses pensées. Ils font un si joli couple, Maish, il faut que tu voies ça, ils s'entendent mal mais après ils se réconcilient, on voit que tous les deux..."

- "Maman !", s'exclama Bulma, les yeux en larmes et injectés de colère. Même si elle avait encaissé sans broncher toutes les insinuations de sa mère depuis leur retour de voyage et même si elle avait supporté de se faire contredire continuellement parce qu'elle se rendait compte que sa mère avait raison et qu'elle le faisait uniquement pour l'encourager, ça, elle ne pouvait pas le laisser passer. Non. Elle n'allait pas laisser sa mère dire que Végéta était amoureux d'elle. Là, elle ne put plus le supporter et son cri fut salvateur. - "Ne redis jamais ça...", lui demanda-t-elle en retenant ses larmes. Et elle détourna les yeux pour regarder l'écran où elle put voir son fils clairement bailler.

Le docteur Maish dégela l'ambiance qui s'était créée d'un seul coup.

- "Tu vois ? Il baille."

La scientifique sourit : - "Oui, c'est incroyable, non ?"

Le médecin se mit à lui expliquer que tout allait bien pour le fœtus mais Madame Brief n'entendit plus rien après le cri désespéré de sa fille. Elle la regarda avec tristesse. Il était amoureux d'elle. Végéta était amoureux de sa fille et tous deux l'ignoraient. "L'amour est étrange.", pensa la blonde. "Mais j'ai confiance en toi, petite." Elle s'approcha de sa fille et lui caressa la main. Bulma lui répondit en prenant sa main dans les siennes et en la serrant très fort tandis qu'elle ne quittait pas des yeux l'écran. Sa mère lui sourit en contemplant leurs mains entrelacées. "Tout va bien, ma chérie, tu ne seras jamais seule.", voulait-elle dire à travers ce geste.

Le docteur Maish poursuivit ses explications sans se rendre compte du contact des deux femmes.

La jeune femme tourna la tête pour regarder sa mère et resserra l'étreinte de leurs mains. Elle lui sourit. "Je sais.", sembla-t-elle dire des yeux.

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Les obis n'étaient pas de grands guerriers car on aurait pu les définir comme de simples masses jaunâtres et malodorantes mais malgré leur quasi absence de mobilité, la façon brusque dont ils projetaient leur substance sur le prince allait lui servir à tester ses progrès car même si évidemment ils manquaient de mobilité pour bouger, c'était au moment où ils expulsaient cette matière si précieuse qu'on aurait pu dire qu'ils étaient même extrêmement véloces, transformant le jet de lave incandescente qui suppurait de leurs pores en une des choses les plus dangereuses que Végéta ait jamais vue au cours de ses voyages et de ses conquêtes. Et c'est justement ce dont il avait besoin : un espace ouvert et un ennemi tangible qu'il pouvait affronter, la seule chose qui lui manquait sur Terre.

Il parcourut ce paysage aride et plat. Il aperçut une bourgade obi typique : des petites maisons troglodytes creusées dans la roche de rares montagnes basses. Il s'approcha furtivement et aiguisa sa vue saïyenne pour étudier la situation. Il ne semblait pas y avoir beaucoup de mouvement et ce fait le mit encore plus sur ses gardes. Malgré leur faible nombre, il était étrange qu'une bourgade en périphérie et éloignée du centre des opérations de ce monde soit à la fois aussi peuplée et donne l'impression de manquer d'activité.

Il vit quatre types habillés du costume ordinaire des guerriers obis en train de marcher tranquillement aux abords du village et il les suivit pendant quelques minutes. Ils étaient parfaits pour se tester. Quand il se planta devant eux, ils s'étonnèrent de voir là un étranger arborant le plus grand calme comme s'il n'éprouvait aucune difficulté à respirer dans leur difficile atmosphère universellement connue.

Ils se mirent en garde et crièrent quelque chose en langue obi.

Végéta fit claquer sa langue avec ennui. Il avait oublié que cette planète avait une langue particulière basée sur des sons gutturaux qu'ils mêlaient aux répugnantes excrétions de leurs pores, ce qui rendait un détecteur indispensable pour les comprendre. Mais il n'était pas venu pour parler. Ces obis étaient en nombre parfait pour vérifier ses progrès pendant les deux ans et quelques qui s'étaient écoulés depuis qu'il avait laissé derrière lui sa vie de mercenaire et maintenant il avait l'occasion parfaite de vérifier que tant d'efforts en avaient mérité la peine, que tant d'attente, de lutte et de patience n'avaient pas été vaines, que le Prince des Saïyens était devenu plus fort que jamais et qu'il vaincrait n'importe quel monstre qui se dresserait devant lui.

Il ne leur répondit pas. Il leur sourit simplement et décolla lentement. Juste quelques mètres, assez pour qu'ils prennent peur en voyant un étranger défier la terrible gravité de cette planète.

Les obis le regardèrent avec stupéfaction et poussèrent de nouvelles exclamations incompréhensibles pour Végéta. Cela n'avait pas d'importance pour lui. Leurs visages disaient tout. Il sourit encore davantage en lisant la peur dans leurs regards et pendant un instant l'endroit lui plut. Sans réfléchir, il attaqua la terre juste aux pieds des soldats. Il ne voulait pas les tuer tout de suite car il voulait avant mettre à l'épreuve sa rapidité en ciel dégagé et esquiver leurs attaques.

Les recrues crièrent et se mirent à l'attaquer depuis le sol en expulsant avec intensité de grandes quantité de masses incandescentes. Végéta se mit à les éviter dans l'air à une vitesse ahurissante, presque imperceptible pour eux et ils optèrent pour se rapprocher les uns des autres. Le prince comprit que ce qu'ils étaient en train de préparer était une tactique de guerre très courante, propre à ceux qui se réunissent en groupe quand ils savent qu'ils vont être attaqués. Et c'est ce qu'il fit, il les attaqua quand il en eut assez d'esquiver. En vitesse de vol, il avait beaucoup progressé et maintenant il devait vérifier d'autres choses.

Il lança un rayon de ki juste au milieu du groupe et les soldats tombèrent éparpillés sur le sol et se retournèrent pour lui renvoyer l'attaque. Tous sauf un, celui qui avait reçu l'impact de plein fouet et qui gisait face contre terre.

Il se félicita d'être aussi rapide. Il en restait trois.

Il porta son choix sur l'un d'entre eux, celui qui paraissait le plus faible pour ainsi provoquer les autres qui suppuraient déjà vers le ciel d'énormes quantités de lave dans l'espoir qu'elle le toucherait. Frappé par une légère décharge de ki, le obi mordit la poussière. Végéta posa les pieds sur le sol et se mit à tester ses qualités sur la terre ferme. Il évita tous les assauts sans même avoir à s'envoler et il s'approcha dangereusement du plus vulnérable. Comme il s'y attendait, les recrues se positionnèrent devant le plus faible pour le défendre. "Stupide compassion", pensa-t-il tandis qu'il testait la troisième partie de son plan préétabli : attaquer en évitant en même temps les assauts déjà moins rapides des deux obis encore debout.

Il savait que le plus difficile serait sans doute de s'approcher d'eux au maximum. Il s'étonna lui-même quand en moins de trois secondes, il se retrouva devant l'un d'entre eux, qui stoppa ses attaques et le regarda avec un mélange de confusion et d'horreur. Il lui sourit et se pencha pour asséner dans son ventre rebondi un coup de poing. Les yeux du obi s'injectèrent de sang et il gémit avant de s'écrouler à plat ventre sur le sol.

Maintenant, il n'en restait plus qu'un. Il se tourna lentement vers lui et pensa le défier aussi. Malheureusement, il avait déjà pu vérifier avec succès que ses progrès avait été plus que remarquables et ce combat ne s'avérait plus nécessaire. Le obi regardait le prince s'approcher de lui avec horreur. Il tourna son regard vers ses compagnons à terre et, connaissant d'avance son destin, il réagit d'une façon inattendue pour Végéta : il ouvrit ses bras flasques en croix, s'agenouilla et cria. Il hurla si fort que le Saïyen dut se boucher les oreilles. Le obi se mit à briller et son corps se dilata convulsivement à mesure que ses cris s'intensifiaient. Et soudain, il explosa.

Une sécrétion collante et malodorante éclaboussa le prince, tâchant son précieux uniforme. Il s'examina avec dégoût. - "Mais que... ?" Il ne comprenait pas très bien ce qui venait de se passer. " Il venait de se suicider ?", se demanda-t-il en essayant d'enlever la mucosité de son vêtement. - "Stupide morve !", s'exclama-t-il en commençant à s'éloigner de la bataille. - "C'est répugnant !"

Il ne se doutait pas que les obis puissent faire cela. Du coin de l'œil, il regarda les restes du suicidé et même s'il devait reconnaître qu'il fallait du courage pour réaliser un tel acte, par essence absurde, le obi n'avait rien fait d'honorable car il n'avait pas réussi à vaincre son adversaire, c'est-à-dire lui. Il s'était simplement immolé pour le priver du plaisir de le tuer. Malgré tout, il se dit qu'il devait se méfier d'eux et qu'il examinerait ce flegme dans le vaisseau pour voir s'il représentait un quelconque danger.

Toujours sur ses gardes, il entendit un gémissement provenir du sol. Il se retourna et se mit encore plus en alerte. A terre, le soldat qui était tombé en second s'efforçait maladroitement de se relever. Il sourit. - "Qu'avons-nous là ? Un courageux ?" Il s'approcha et lui marcha sur le dos.

Le obi se tordit de douleur et le sourire de Végéta grandit. Il décida que cela suffisait et juste au moment où il se préparait à l'achever par un minuscule rayon de ki, le soldat sortit de sa carcasse un objet métallique qu'il lança sur le sol avec un rugissement sourd.

Un détecteur.

Le prince le regarda en fronçant les sourcils. Cela signifiait que le obi voulait lui parler avant de dire adieu à la vie. Peut-être qu'il pourrait lui soutirer des informations avant de l'éliminer car certaines des choses qu'il avait vues ne cadraient pas très bien. Il jeta un coup d'œil autour de lui et vit des habitants du village sortir de leurs maisons, alarmés par le cri du suicidé. Il devrait se dépêcher s'il ne voulait pas perdre plus de temps à tuer des villageois. Il s'était suffisamment mis à l'épreuve et de plus, il était certain que ceux qui s'approchaient n'étaient pas des soldats. Il chaussa le détecteur et attendit que le obi lui parle.

- "Qui es-tu ?", demanda le mourant en levant légèrement la tête pour pouvoir l'observer.

- "Je suis celui qui va te tuer.", répondit-il avec mépris avant de sourire de nouveau. - "Ne me dis pas que tu ne t'en es pas rendu compte ?" Il n'était pas disposé à divulguer son identité à n'importe qui. Il ignorait la situation dans l'Univers et pensait que le reste des habitants de l'Univers apprendrait tout cela en temps voulu. De plus, rien ne prouvait que son attaque n'avait pas été enregistrée et qu'on puisse le reconnaître vu que, évidemment, ce soldat allait mourir et ne pourrait rien raconter à personne.

- "Tu es le Prince Végéta, n'est-ce pas ?"

Il plissa le front avec méfiance. Comment ce mourant pouvait-il savoir qu'il était face à l'héritier du trône de Vegetaseï ? Il ne se rappelait pas l'avoir vu auparavant et pourtant il se flattait toujours d'avoir une bonne mémoire, ce qui était capital pour la survie de n'importe quel guerrier. Il préféra aller droit au but et éclaircir ses doutes : - "Dis-moi, soldat, comment se fait-il qu'il y ait autant d'habitants en dehors de la ville ?", demanda-t-il, ignorant la question et retournant la vue vers les lents villageois qui se dirigeaient vers eux.

- "Il entendit le rire étouffé du soldat. Entre des gémissements, il dit : - "Oui, c'est toi, je t'ai connu lors de tes visites au palais."

Ce n'était pas la réponse qu'il attendait. Il regarda à nouveau autour de lui et vit les villageois plus près qui avaient augmenté en nombre. "Une chance pour eux qu'ils soient si lents." Il appuya plus fortement sur le dos du guerrier avec sa botte.

- "Réponds.", lui ordonna-t-il.

Le soldat se tordit de douleur sous son pied. Après plusieurs respirations profondes,Végéta relâcha la pression de son pied et le obi put retrouver son souffle. - "Nous ne recevons plus de commande de l'empire de Freezer et notre planète est en faillite, il n'y a plus d'argent et beaucoup..." Il s'arrêta pour reprendre son souffle. - "de personnes y compris des soldats sont sans travail, nous avons été forcés d'abandonner nos maisons en ville pour déménager ici."

C'était ce qu'il avait supposé. L'empire commençait à s'effondrer. - "Vous ignorez pourquoi Freezer n'a plus recours à vos services ?"

- "Et toi qui es l'un d'entre eux, tu l'ignores ?"

Cela avait un certain humour. - "Tu vas te montrer impertinent juste avant de saluer la mort ?", demanda-t-il avec moquerie. - "Je ne travaille déjà plus aux ordres de personne.", répondit-il avec orgueil.

Le obi s'efforça de se relever pour regarder dans les yeux son agresseur. - "Nous avons essayé de joindre ses troupes mais ils ne..." Son visage se contracta de douleur et il poursuivit : - "Ils ne répondent plus à nos messages, quand nous t'avons vu, nous avons crû qu'il t'avait envoyé mais tout à coup tu t'es mis à nous attaquer.

- "Bien." Il ne voulait pas en savoir davantage. Il s'éloigna pour lui tirer dessus et l'achever.

- "Pourquoi ?", cria le soldat voyant ce qui l'attendait.

Il comprit. Il voulait connaître la raison de son attaque, pourquoi il était venu sur sa planète qui avait toujours été accueillante envers tous les sbires de Freezer. - "Ça n'a pas d'importance pour toi.", répondit-il dédaigneusement. Après un instant de réflexion, il jeta un coup d'œil à l'horizon à la recherche des villageois qui avançaient sans beaucoup d'empressement. "Mais comment peut-on être aussi lent !", se demanda-t-il avant de se rendre compte aussitôt de l'absurdité de la situation en levant un sourcil. - "J'étais juste en train de m'entraîner, soldat, je m'entraîne pour vaincre celui qui a éliminé Freezer."

Le obi essaya d'assimiler que cet homme hostile les avait simplement attaqués pour s'exercer, que son plan n'allait pas plus loin que cela mais une autre information lui parut bien plus étourdissante : - "L'empereur est mort ?"

Les yeux encore plus saillants du obi lui firent comprendre que cette nouvelle était inattendue. - "C'est exact, et maintenant, trêve de bavardage." Il se remit à s'éloigner de lui pour le tuer une bonne fois pour toutes.

- "Non, ne me tue pas !", s'exclama le soldat avec désespoir.

Végéta écarquilla les yeux de surprise. Cet homme venait de lui demander de l'épargner. Il ferma à nouveau les yeux, flatté. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas entendu cette phrase qu'elle l'enchanta. Il inspira et il put effectivement sentir la peur, son alliée au cours de tant de batailles et de victoires et qu'il n'avait pas remarquée jusqu'alors à cause de l'intensité du combat.

La recrue profita de ce moment d'attente insoutenable pour lui proposer un accord : - "Si tu promets de ne pas me tuer, je te dirai le meilleur endroit de toute la Galaxie pour un guerrier."

Un court soupir dubitatif échappa au prince. - "Un endroit pour quoi faire ?"

- "Pour te perfectionner au combat, tu ne sortiras de là que mort ou beaucoup plus fort qu'à ton arrivée, n'est-ce pas ce que tu cherches ?" Il s'était déjà retourné et regardait son adversaire avec crainte et espoir. - "Tu veux venger ton empereur."

La seule pensée que ce moribond ait pu aussi mal interpréter ses paroles lui donna envie de se jeter sur lui et de prolonger son agonie. Il se maîtrisa.

- "Ne te méprends pas, soldat, ce n'est pas mon intention."

- "Mais tu veux t'entraîner, non ?", voulut-il savoir essayant de revenir sur ses pas. Tout le monde connaissait la légende des Saïyens, de puissants guerriers obsédés par la guerre et la perfection de la bataille. Le combat et le désir d'être les plus forts les obsédaient et même s'il ne comprenait pas les raisons de la réponse précédente du Prince, il y vit malgré tout l'ombre d'une chance de sauver sa vie. D'après la réponse du Saïyen, il sut qu'il ne désirait pas venger la mort de Freezer mais simplement affronter celui qui l'avait vaincu. - "Je t'indiquerai l'endroit le plus propice pour cela de toute la Galaxie de l'Est et sans doute de tout l'Univers." Et il conclut : - "Mais ne me tue pas, s'il te plaît."

Végéta regarda pensivement le sol. La Galaxie de l'Est était la plus reculée, inhospitalière et dangereuse à sa connaissance et c'est la raison pour laquelle il avait mis le cap sur elle pour sa préparation. Ce soldat obi, d'une des races les plus répugnantes et également les plus sages qu'il connaisse, lui promettait de l'informer d'un lieu reculé propice à son entraînement, sûrement le plus dur de tous, juste ce dont il avait besoin pour se pousser jusqu'à ses limites.

Il le savait. Ou il reviendrait transformé en Super-Saïyen sur La Terre ou il mourrait de la main des cyborgs ou de Kakarot car s'il ne parvenait pas à devenir un super-guerrier, il lui serait difficile, voire impossible d'en finir avec tous. C'était sa dernière chance.

A l'instant, il se rendit compte de quelque chose : cette recrue lui proposait un marché. Et maintenant, il était libre d'accepter ou non. Il sourit en se souvenant des uniques marchés qu'il avait conclus dans sa vie. Et ils n'avaient pas été passés avec guerrier.

- "Entendu.", concéda-t-il enfin. "Dis-moi où se trouve ce lieu."

La recrue répondit rapidement : - "C'est plus à l'Est, après l'étoile de Uonix, tu devras suivre une suite de planètes en enfilade, au bout desquelles tu trouveras la Vallée de la Guerre."

- "La Vallée de la Guerre ?", demanda-t-il sans comprendre, frappé par ce nom.

- "Oui, là, tu verras des planètes qui semblent en lutte perpétuelle car elles se heurtent les unes aux autres, c'est comme si l'ordre planétaire et les lois physiques ne servaient à rien là-bas, Prince Végéta.", s'exclama-t-il un peu enthousiaste. - "Il pleut des astéroïdes et des météorites de tous côtés, c'est un endroit trop dangereux, on y envoie les condamnés à mort d'Obiseum." Voyant le regard satisfait de son adversaire, il ajouta : - "Et bien sûr, ils n'en reviennent jamais vivants." Il désira de toutes ses forces que ce prince assassin s'y rende et y subisse justement le même sort.

A cette allusion à l'Ordre, Végéta ne put s'empêcher d'établir une comparaison car lui aussi cherchait la même chose. Il se redressa après s'être penché sur le soldat. - "Entendu.", prononça-t-il avec solennité tout en scrutant à nouveau les alentours. Il semblait qu'enfin les villageois avaient avancé et ils n'étaient plus qu'à quelques centaines de mètres.

- "Tu ne vas pas me tuer ?", lui demanda le soldat en le voyant s'éloigner.

- "Comment ?", demanda sans se tourner le prince qui examinait le détecteur. Il en aurait peut-être besoin ultérieurement. Soudain, il réalisa le sens de la question posée par le obi : - "Ah, si.", lui répondit-il et sans aucune hésitation il étendit la main et envoya un energy ha sans même prendre la peine de regarder sa victime.

Tandis que les rochers s'imprégnaient des entrailles lourdes et pestilentielles de la créature, Végéta se demandait avec une claire moue de dégoût si le détecteur portable avait un défaut et s'il était porteur d'un parasite naturel de la planète. Il entendit ses bottes clapoter, regarda le sol pour découvrir que les viscères du soldat était parvenues jusque là.

- "C'est répugnant.", protesta-t-il en pensant que la première chose qu'il ferait en arrivant au vaisseau serait de laver son uniforme.

o-o-o-o


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- "Regarde Maman !", s'exclama joyeusement la jeune femme aux cheveux bleus en ajustant son chemisier près du corps.

Sa mère extirpa sa tête de ses fleurs à la demande de sa fille. - "Oh ma petite chérie ! Tu as déjà du ventre !"

- "Oui ! Il était temps à déjà quatre mois, tu ne crois pas ?", lança gaiement Bulma. - "J'ai même accepté de mettre un chemisier de maternité, un de ceux que tu m'avais achetés il y a quelques temps, tu te souviens ?"

Évidemment, elle ne s'en souvenait pas. Elle s'approcha de sa fille unique pour lui caresser le ventre. - "Bien sûr que je m'en souviens, ma puce, et il te va très bien." Et elle ajouta avec une voix plus aigüe. - "Oh ! Quel beau bébé va sortir de là-dedans !" Et elle continua à parler au ventre de sa fille, aux anges, qui la laissa faire : - "N'est-ce pas, bébé ? Tu vas être aussi beau que tes parents ?"

- "Bien sûr, il sera fort comme son papa et beau comme sa mère." Et elle rit avec enthousiasme, avec un rire dont sa mère n'avait pas pu profité depuis longtemps et qui lui fit lever les yeux vers sa fille.

- "Eh bien, tu es de bonne humeur, dis-moi !", lui dit-elle en se redressant devant sa fille.

- "Oui, maman, aujourd'hui j'ai beaucoup travaillé et maintenant je voudrais souper, qu'as-tu préparé ?"

- "Eh bien, tu verras parce que c'est une surprise..." Elle lui fit un clin d'œil, espérant que sa fille insisterait.

Mais Bulma était plus attentive à ce qui se trouvait derrière sa mère. - "Maman...", lui signala-t-elle pour qu'elle se retourne.

- "Madame Brief s'exécuta et découvrit avec horreur une des girafes en train de manger son parterre de fleurs. - "Mes pétunias !", s'exclama-t-elle en levant les bras. - "Mes belles ! Il faut que vous partiez ! Partez de là !", ordonna-t-elle aux animaux.

- "Broutez sur l'arbre, pas ici ! Allez-vous-en, mes chéries, allez !"

Sa fille se remit à rire en voyant sa mère chercher à écarter les girafes de ses plantes.

- "Ne les écrasez pas ! Non !"

Soudain, cette dernière supplication lui rappela la fois où elle avait eu avec Végéta une de ces conversations qui dévoilaient l'étendue de son ressentiment et de sa haine. Cette conversation avait eu lieu juste quelques mois avant son départ et tout avait commencé, comme c'est étonnant, sur son lit :

- "Végéta !", cria Bulma en sentant qu'elle commençait à manquer d'air. - "Végéta ! Tu m'écrases !", hurla-t-elle pour essayer de le réveiller. - "Végéta !" Elle éleva le ton, un peu effrayée.

- "Hein ?" Il ouvrit enfin les yeux et instinctivement, il s'écarta d'elle. Il la regarda, déconcerté. - "Quoi ?"

- "Ouf !" La jeune femme soupira de soulagement. - "Tu as encore fait un cauchemar et tu étais en train de m'écraser de tout ton poids." Elle répondit à ses doutes en s'étendant à nouveau sur les draps, souhaitant que lui aussi en fasse autant. Même s'il ne le faisait jamais. Alors qu'il ne voulait que se reposer un peu avait de regagner sa chambre, il s'était endormi et il avait eu un de ces cauchemars qui le faisaient se réveiller au milieu de la nuit. Après, il retournait dans sa chambre. Malgré tout, Bulma tentait toujours sa chance et cette nuit ne serait pas différente : - "Rendors-toi, allez, mais sans m'écraser, cette fois.", lui proposa-t-elle avec insouciance.

En l'entendant marcher dans la chambre, elle se prépara déjà avec mauvaise humeur à écouter la porte s'ouvrir et se fermer derrière lui mais cette fois, elle s'étonna. Ce fut la porte du balcon qu'elle entendit. Elle ouvrit un œil et le vit sortit nu dehors.

Elle se leva, alluma la lumière et se pencha pour voir s'il était toujours là. Elle ne le vit pas et supposa, malgré l'étrangeté de cette action, qu'il était retourné à sa chambre par le balcon.

- "Qu'est-ce que tu fais ?"

Sous le coup de la surprise, elle en eut le souffle coupé. - "Nom d'un chien, Végéta !", s'exclama-t-elle en reprenant ses esprits. - "Ne me fais plus jamais une frayeur pareille."

Il était appuyé bras croisés contre le mur qui séparait sa chambre du balcon, dans l'ombre, juste derrière elle.

- "Et toi, que fais-tu ?", lui demanda à son tour Bulma en s'approchant.

- "Je cherchais le calme.", lui répondit-il inexpressif. Il lui faisait comprendre qu'à cause de sa curiosité insistante, elle avait détruit ce qu'il cherchait.

La jeune femme fit une moue moqueuse et se tourna pour admirer la voûte étoilée de la nuit. Elle avança jusqu'à pouvoir poser les mains sur la balustrade et lui demanda.

- "Tu savais que depuis la Terre, on ne voit que quatre pour cent de l'Univers entier ?"

- "Je le supposais déjà.", répondit-il de derrière. Cela correspondait à peu près aux calculs qu'il avait fait dans sa tête.

- "Et que l'étoile la plus lointaine provient d'une explosion de plus de treize mille millions d'années lumière ?"

Ça, il ne le savais pas. - "Oui."

- "Ah oui ?" Elle tourna son corps pour le regarder tout en s'adossant à la rambarde métallique du balcon. - "Et tu saurais la situer tout de suite dans le ciel ?", demanda-t-elle avec une moquerie évidente. Il était très peu probable, même avec la vue plus perçante d'un Saïyen, qu'il puisse l'apercevoir de là sans télescope. - "Parce que moi, oui."

Végéta lui rendit son sourire. - "Cela est impossible parce qu'à une telle distance, on ne pourrait la détecter qu'avec un appareil de précision, l'œil humain est incapable de pouvoir la voir."

"Et merde !", s'exclama intérieurement la jeune femme pour elle-même. "Il m'a prise au piège." Elle soupira et se retourna pour admirer cette agréable et paisible nuit d'été. Elle entendit ses pas fermes s'approcher. Elle tourna la tête et vit le prince se positionner à ses côtés, dans la même posture qu'elle.

- "Le plus loin de La Terre que je sois allée, c'est sur Namek.", ajouta-t-elle sans cesser d'admirer les étoiles. - "En fait, c'était la première fois que je suis allée dans l'espace."

Le Saïyen s'était tourné pour vérifier si ce qu'elle disait était vrai et maintenant il lui adressait un de ces regards qui trahissaient que jamais il n'avait rencontré une personne aussi étrange qu'elle. Bulma rit, réussissant à lui faire détourner d'un coup le regard. - "Oui et même si l'expérience n'a pas été très réconfortante, cette aventure n'a pas trop mal tourné pour moi." Et son sourire redoubla.

Cela, il ne le comprit pas. - "Explique-toi." Ce fut une des rares fois où il la questionna directement pour éclaircir quelque chose qu'il ne comprenait pas. Aucun des deux ne s'en aperçut.

La jeune femme soupira de nouveau. Si elle lui disait que sans ce voyage à Namek, elle ne l'aurait jamais connu, il risquait sûrement de partir en courant. - "Eh bien, c'était étrange de se retrouver sur une autre planète, avec toi là-bas, Krilin et Gohan en train de chercher les boules de cristal, et moi en train d'en garder quelques-unes...

Le prince l'interrompit. -"Je me souviens de ça.", lança-t-il avant de retourner à la contemplation des étoiles.

Et alors elle réalisa quelque chose : pendant tout le temps qu'elle était restée là avec lui, Végéta avait toujours levé les yeux vers le même endroit, comme s'il regardait un point fixe de la voûte céleste. Et plus important, son regard brillait. A nouveau, le guerrier rouvrait son mur intangible et surtout il ne semblait pas s'en rendre compte. Il ne baissait les yeux à aucun moment. Il ne battait même pas des cils.

- "Que regardes-tu ?", voulut-elle savoir, changeant le sujet de la conversation.

Il retourna les yeux sur elle. - "Rien." Et il se remit à regarder le même point qu'avant.

- "Quelle étoile regardes-tu ainsi ?" Et elle s'approcha de lui encore plus, plissant les yeux pour les fixer dans la même direction.

- "Aucune.", lui répéta-t-il d'un ton fatigué.

- "Il doit bien y avoir quelque chose pour que tu regardes aussi fixement.", insista la jeune femme.

Il fit claquer sa langue, se déclarant presque vaincu et elle continua sur sa lancée, comme elle devait toujours le faire pour obtenir quelque chose de lui. - "Tu sais que si tu ne me le dis pas, je mettrai cette étoile sur une carte stellaire et je trouverai son nom.", lui lança-t-elle sûre de ses paroles.

- "Parfois je crois que tu ne te rends pas compte que je suis extrêmement intelligente."

Végéta la regarda du coin de l'œil. Cela lui paraissait incroyable qu'elle puisse rester aussi tranquille après avoir prononcé une phrase pareille même s'il devait admettre qu'elle n'avait pas tout fait tort. Il était conscient qu'elle le ferait, qu'elle chercherait cette lumière sur un guide des étoiles et qu'elle n'arrêterait pas avant d'avoir trouvé toutes les informations. Comme il ne voulait pas laisser cette conversation pour le lendemain car elle la lui rappellerait à coup sûr, il préféra s'expliquer d'un ton las : - "Ce n'est pas une étoile, c'est ma planète."

Bulma écarquilla exagérément les yeux. - "On peut voir Vegetaseï d'ici ?", voulut-elle savoir en collant encore plus son visage au sien.

- "Ne me pousse pas.", se plaignit le prince, gêné par sa proximité et son énergie. - "Elle est là, ce n'est que sa lueur.", murmura-t-il avec dédain.

- "Mais c'est génial, tu ne trouves pas ?", lui dit Bulma en s'approchant à nouveau de lui et en lui souriant. - "Il y avait très peu de chances que tu puisses la voir d'ici et tu la vois.", insista-t-elle en tournant à nouveau son regard dans la même direction que le sien.

Mais il ne répondit pas. Au lieu d'observer l'éclat de son monde disparu, il avait les yeux fixés sur elle.

Quand Bulma baissa ses yeux bleus vers le visage du Saïyen, il s'était à nouveau concentré sur le scintillement de Vegetaseï.

Bulma fronça les sourcils en se souvenant de cette conversation, qui lui était revenue en mémoire à cause du cri de sa mère qui se plaignait des dommages des girafes sur ses fleurs. Elle se rappela qu'après être resté un court instant de plus, il s'était éloigné et avait sauté sur son balcon pour entrer dans sa chambre. Elle soupira. Encore une fois, elle devait se rappeler que ces souvenirs-là ne l'aidaient pas à le haïr.

La nuit tombait et elle voulut regarder à nouveau les étoiles. Elle leva les yeux pour chercher la planète natale du prince et put l'apercevoir sans trop de difficulté. Ce n'était qu'une lueur, la même chose que Végéta avait été avec elle, des lueurs de quelque chose qui n'avait définitivement jamais existé.

Soudain, elle sentit un coup de pied dans son ventre. - "Maman !", s'exclama-t-elle pour attirer l'attention de sa mère qui continuait à se battre maladroitement avec les girafes, qui ne faisaient pas grand cas d'elle. - "Maman ! Il m'a donné un coup de pied !"

- "Quoi ?" Madame Brief interrompit ses efforts pour écarter les animaux.

La jeune femme sentit à nouveau la même chose. Le maudit saïyen miniature à l'intérieur d'elle était en train de lui donner des coups très puissants. - "Aïe !", se plaignit-elle. - "Mais quelle brute !", s'exclama-t-elle en baissant les yeux sur son ventre.

- "Que t'arrive-t-il, ma petite chérie ?" Sa mère s'était approchée, pleine d'inquiétude.

- "Rien, rien.", la rassura-t-elle avec un sourire. - "Je crois qu'il est temps d'appeler Chichi."

o-o-o-o


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Désolée, désolée... Vraiment pardon pour ces mois d'attente !

J'ai été bloquée sur ce chapitre, j'ai eu plein de contretemps et tellement peu de temps de libre avec ma puce qui court... Une panne d'ordi qui m'a obligée à recommencer une bonne partie de la traduction... Quel ennui mortel de refaire quelque chose qu'on a déjà fait...

Mais je vais profiter des vacances pour avancer. ;)

Dimitrova (Traductrice)