Hola c: Ça m'aura pris un peu de temps, mais finalement, j'ai eu la chance de pouvoir participer à la 170ème Nuit du FoF ce week-end, me voilà donc de retour avec quelques nouveaux OS pour ce recueil... À commencer par celui-ci, écrit sur le thème Meilleur ! Un grand merci à Zofra pour sa relecture x3
Personnages/Pairings : Issei Isagi (le papa de Yoichi), Yoichi Isagi
Rating : K
10 : Le meilleur du monde
Le meilleur buteur du monde.
Issei avait un peu honte de le reconnaître, mais la vérité, c'était que pendant longtemps, de nombreuses années durant même, il n'avait pas eu la moindre idée de ce que ça pouvait bien représenter. Oh, c'était le rêve de leur Yo-chan, bien sûr ; ça, il l'avait toujours su, et rien qu'à voir toute la passion et l'énergie que leur garçon mettait dans ce sport, du matin au soir, parfois en dormant avec son ballon ou ses magazines la nuit, ni sa femme ni lui n'avaient jamais douté qu'il en serait capable ; c'était juste qu'il n'y connaissait pas grand-chose au football, lui, alors de là à s'imaginer ce que ça signifiait d'être le meilleur… Il avait supposé qu'il y aurait de la concurrence, comme dans tous les domaines, et que le chemin pour y parvenir serait assez long, mais ça s'était toujours arrêté là.
Devenir le meilleur au football, après tout, ça ne pouvait pas être bien plus compliqué que de devenir le meilleur dans d'autres sports, si ? Dans ses jeunes années, Issei avait un temps fait partie d'une équipe de baseball, et ils étaient passés très, très loin de la première place – mais Yo-chan n'était pas comme ça. Pour Yo-chan, ce n'était pas pareil. Pas quand on voyait la façon dont ses yeux s'écarquillaient et s'animaient à chaque fois qu'il était question de football autour de la table à manger, c'est-à-dire à chacun de leurs repas – bien plus que lorsqu'il était question de quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs, même de leurs futures vacances en famille, de la prochaine fête d'anniversaire de Yo-chan, ou de la promotion que venait de recevoir son vieux père…
Et puis, même sans parler de sport, il y avait plein de numéros un sur cette Terre. Le meilleur pâtissier du monde. Le meilleur pianiste du monde. Le meilleur couturier du monde, le meilleur coiffeur du monde, et il en passait d'autres – et parmi tous ces gens, plusieurs étaient Japonais, Issei en était sûr. Plusieurs avaient grandi dans des familles similaires à la leur, aussi, sans doute, et plusieurs n'étaient pas bien plus âgés que Yo-chan ; alors il s'était simplement dit que leur Yo-chan avait autant sa chance que n'importe quel autre. Pas vrai ?
Le meilleur buteur du monde.
C'était devenu un peu plus concret dans son esprit lorsque Yo-chan avait été sélectionné pour ce programme d'entraînement, Blue Lock – mais là encore, ce n'était pas pour autant qu'Issei s'était rendu compte de ce que ça voulait vraiment dire. De ce qu'il avait compris, non sans l'aide de sa femme d'ailleurs, pour devenir le meilleur buteur du Japon, il fallait gagner la compétition de Blue Lock. Alors il avait espéré que Yo-chan s'en sortirait premier, ou arriverait au moins en finale, et tout le reste – l'histoire des trois cents participants, des différentes étapes de sélection, des éliminations définitives… –, ça n'avait été que des détails.
De toute façon, ce n'était pas comme si leur Yo-chan allait échouer avant d'avoir atteint au moins les dernières étapes, si ? Dans un autre contexte, ça aurait peut-être été différent, mais au football, Issei avait la conviction que personne n'était plus déterminé que Yo-chan ; s'il le voulait, alors peu importe la difficulté et les efforts nécessaires, il y parviendrait. Tout comme il était parvenu à être mis au poste… d'attaquant, s'il se souvenait bien ? dans sa toute première équipe, ou à être choisi comme titulaire quand il était au collège, ou encore même à être désigné comme… l'as ? de ce que lui avait expliqué sa femme ? de son lycée après ça. Bref, l'essentiel, c'était qu'au football, aucun obstacle ne pouvait arrêter Yo-chan, Issei en était convaincu, alors…
Alors sa victoire ne l'avait pas vraiment surpris. Ça lui avait fait très plaisir, bien sûr ; tout comme de le regarder briller sur ce terrain lors du match qu'ils étaient allés voir avec sa femme, tout comme de ne pas manquer une seule rediffusion de cette interview qu'il avait donnée juste après ; et ça lui avait fait quelque chose, c'était clair, de voir son garçon aussi confiant à la télévision, ou sur l'écran de sa tablette par la suite, dans des émissions auxquelles assistaient des gens du monde entier… Iyo leur avait tout de suite pris l'abonnement, et ils avaient religieusement suivi tous les épisodes, en replay pour sa part pour ceux qui étaient passés pendant qu'il était au travail. Mais il ne pouvait pas dire que ça l'avait étonné, non. Parce que remporter Blue Lock ne correspondait qu'au titre de meilleur du Japon, après tout, et Yo-chan n'avait pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin. Non ?
Le meilleur buteur du monde.
Aussi nul et ringard que ça puisse paraître, au final, ce n'était que très récemment qu'Issei avait commencé, peut-être, à en mesurer tout le poids.
Pas lorsque Yo-chan avait été sacré vainqueur de Blue Lock, ni lorsqu'il avait officiellement intégré l'équipe nationale japonaise des moins de vingt ans. Puis des adultes.
Pas lorsque Yo-chan avait fait la une des journaux, d'abord de sport, puis de quotidiens plus généraux, puis même du journal télévisé – ni lorsque ses collègues étaient venus lui en parler, admiratifs, que l'un d'eux lui avait demandé un autographe pour sa fille, qu'un autre l'avait supplié de faire dédicacer un maillot pour son neveu.
Pas même lorsque Yo-chan, avec son équipe, était revenu vainqueur de la Coupe du monde ; d'autres coupes aussi, d'ailleurs, il lui semblait, même s'il ne savait plus lesquelles ; champion parmi les champions, et plusieurs fois.
… Peut-être juste la veille, en fait, lorsque sa femme l'avait réveillé pile à l'heure pour qu'ils assistent en direct à cette cérémonie diffusée depuis l'autre bout du monde, au cours de laquelle leur Yo-chan en costume avait été appelé à monter sur l'estrade pour qu'on lui remette un trophée à l'effigie d'un immense ballon doré. Celui du meilleur joueur de l'année, lui avait expliqué sa femme entre deux sanglots d'émotion. Devant une foule immense et sous les applaudissements du monde entier.
Et malgré ça-
Malgré ça, Issei ne peut s'empêcher de ne pas le trouver si impressionnant que ça, ce trophée. Peu importe à quel point les gens qu'il côtoie lui parlent de Yo-chan tous les jours, maintenant, et quand bien même il sait que tous les autres pères rêveraient que leur fils à eux aussi fasse carrière dans le football, ne serait-ce qu'avec le quart du succès de Yo-chan – un trophée, au final, même celui du meilleur buteur du monde, c'est juste un trophée.
Le sourire de leur Yo-chan, en revanche, éclatant de joie et de fierté lorsqu'il rentre à la maison avec son Ballon d'or entre les mains… L'épanouissement de leur garçon devenu grand dans le sport qui fait briller son regard depuis tout petit et qui le rend si heureux…
Ça, songe Issei, tandis que son fils se déchausse dans l'entrée et le salue, serre sa mère dans ses bras. Ça, c'est ce qu'il y a de plus inestimable au monde.
