Le vent se lève sur les flots.
Titre du 11/12/2021 : Le vent se lève sur les flots
Sagittaire : Yara Greyjoy (GOT)
Y : Yara Greyjoy
Yara Greyjoy
Prénom 67 : Marina
Défi 8 de Sarah & son cerveau : écrire un Self insert
UA Challenge 115 : UA!Contes/OUAT
Quatre aspects de… Mes vrais enfants : Deux vies : Écrire sur quelqu'un qui doit faire un choix ou répondre à un défi Et si du discord
137) 100 façons d'écrire du drama
257) 50 nuances de personnages LGBT
10 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, de secondaire à principal, elles ont dit, Sarah & son cerveau, UA Challenge, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Le lendemain du jour où je publierai ce chapitre je passerai la première des épreuves écrites pour le concours de bibliothécaire. Help.
« Je m'attendais à te voir plus tôt, reconnut aisément Yara en la faisant entrer dans la maison des Stark, tu as tenu bien plus longtemps que je ne m'y attendais, je l'avoue.
- Je n'ai jamais admis que je croyais un seul mot de ce que tu as pu me dire l'autre jour, siffla Myrcella, acide.
Mais il y avait aussi de l'amertume dans sa voix, comme si elle avait conscience d'avoir déjà perdu, comme si elle rendait les armes, et ça, Yara l'avait bien compris.
- Certes, admit-elle, mais tu es là, ce qui signifie qu'au moins, tu doutes et c'est tout ce qui m'importe pour l'instant.
La fer-née se tourna vers elle et Myrcella lut dans ses yeux comme un nouvel espoir qui peu à peu, commençait à se réveiller, à reprendre vie, tel un feu prêt à s'embraser d'un instant à l'autre.
Et la blonde ne savait toujours pas si elle était réellement prête à souffler sur les braises.
- Je…
C'était le moment, l'instant crucial, celui qu'elle redoutait depuis qu'elle avait décidé de suivre son instinct et non sa raison, depuis qu'elle avait quitté son appartement malgré ses peurs, malgré ses doutes, malgré le nœud qui commençait à se former au creux de son ventre depuis la seconde où elle avait su qu'aller voir Yara Greyjoy était la seule solution si elle voulait pouvoir continuer à avancer, à aller de l'avant.
Elle pouvait encore reculer, s'en aller, faire demi-tour, prendre la fuite, rentrer chez elle et faire comme si de rien n'était, comme si rien n'était arrivé, rester bien tranquillement et confortablement installée dans le déni.
Oublier ce qu'elle avait vécu, la douleur dans son corps en tentant de quitter la ville, la peur et la méfiance dans les yeux d'une mère qu'elle ne reconnaissait déjà plus depuis bien trop longtemps.
Faire semblant, se mentir à elle-même, comme avant quand elle savait que quelque chose clochait mais qu'elle ignorait quoi exactement et qu'elle faisait tout pour ignorer le problème.
Mais…
Mais elle avait désormais la preuve solennelle qu'elle et les autres habitants de Kintzheim étaient réellement prisonniers dans cette ville où ils se croyaient pourtant si heureux.
Mais Cersei Lannister cachait véritablement quelque chose, un secret sombre et terrifiant et même si ce n'était pas ça, alors c'était autre chose et elle ne pouvait plus fermer les yeux sur les crimes potentiels de sa mère.
Mais si elle voulait que les choses changent, elle devait absolument se battre pour ça, et ça impliquait le fait d'accepter de souffrir.
- Oui ? Lui demanda Yara, la laissant prendre son temps.
Il y avait de la compassion dans son regard, et aucun air de triomphe, et ce fut probablement cela, à défaut de toute autre chose, qui la convainquit que, à défaut de dire la vérité, elle était sincèrement convaincue par ce qu'elle lui disait.
Parce que la douleur qu'elle voyait se refléter dans les yeux de Myrcella ne lui procurait aucune joie, sa victoire ne la rendait pas heureuse.
Pour la simple et bonne raison qu'avoir raison signifiait qu'elle avait perdu absolument tout ce à quoi elle tenait, qu'elle était presque toute seule dans une ville qui ne souvenait pas d'elle, et cela concordait avec toute la douleur qu'elle ressentait depuis…
Depuis tellement longtemps.
Oh, si elle avait raison, si tout était vrai, alors elle avait dû se sentir tellement seule et la blonde sentit son cœur se briser.
- Je… j'ai échoué, expliqua-t-elle. J'ai tenté de quitter la ville, et je n'ai pas réussi. J'avais beaucoup trop mal et plus j'avançais, plus je tentais de m'éloigner, plus la douleur augmentait, et je suis tombée à plusieurs reprises. Ça ne s'est arrêté que quand je suis retournée sur mes pas et que j'ai franchi la frontière de Kintzheim dans le sens inverse.
La jeune femme n'eut pas vraiment l'air d'être surprise, et elle hocha simplement la tête.
- Je vois. Et qu'est-ce que tu en as conclu ?
La lionne regretta de ne pas avoir de réplique cinglante à lui envoyer, de ne rien pouvoir dire que ce qui était une évidence qu'elle ne pouvait plus nier.
À la place, elle devait se contenter de la triste et morne vérité qu'elle ne pouvait plus mettre de côté à moins d'être de mauvaise foi ou de mentir ouvertement.
- J'en ai conclu que tu avais probablement raison. Peut-être pas sur tout, ajouta-t-elle, prudente, mais… au moins à ce sujet. Et j'ai… posé la question à d'autres habitants de Kintzheim. Ils m'ont tout répondu la même chose. Ils n'ont jamais quitté la ville, et ils n'ont pas l'intention de le faire ou du moins pas dans l'immédiat. Et j'ai le sentiment qu'ils n'essaieront jamais, ils… ils ne le veulent tout simplement pas. Et s'ils tentaient de partir, ce serait un échec. J'en suis certaine.
- Autre chose ?
Myrcella prit une profonde inspiration et réalisa à ce moment précis que ses mains tremblaient.
Elle devrait définitivement choisir cette fois.
Croire ou ne pas croire.
Penser que Yara et les autres étaient complètement fous, continuer à nier ce qui était tout juste sous son nez, et accepter le fait que plus rien n'était normal dans sa vie et ne le serait plus jamais.
Le choix était en fin de compte simple, limpide.
Elle devait choisir entre être Emma Swan ou bien Henry Mills.
Ça ne voulait aucunement dire que faire ce choix était facile, loin de là.
Bien au contraire.
Mais elle avait fini de se voiler la face, terminés les mensonges, les faux-semblants, il était temps d'ôter les masques des menteurs et des tricheurs.
Ici et maintenant, c'était à son tour à elle aussi d'être courageuse.
- Ma mère est au courant. Elle sait que j'ai voulu sortir, je ne sais pas ce qu'elle sait, ce dont elle se doute, mais elle… Dans n'importe quelle autre ville, elle n'aurait sans doute même pas été au courant et si elle l'avait été ça n'aurait rien changé, parce que… J'ai… J'ai juste voulu faire quelques pas en dehors de Kintzheim !
Ce ne fut qu'en prononçant cette phrase à voix haute que Myrcella se rendit pleinement compte de l'absurdité de la situation.
Yara lui sourit avec une profonde tristesse.
- Je sais.
- Elle… Elle a peur. Elle ne devrait pas. Si elle était vraiment innocente, comme je le croyais, comme je l'espérais, elle… Elle ne m'en aurait pas parlé. Pas comme ça. Pas avec cette lueur dans les yeux, elle ne serait pas venue me chercher à la fac juste pour m'en parler alors qu'elle aurait pu m'appeler ou m'envoyer un SMS ou attendre qu'on se voit, elle… La voix de l'étudiante se brisa. Dans une ville tout à fait normale, une chose comme ça n'arriverait pas, jamais. Pas au sujet d'un truc aussi banal, aussi anodin.Mais Kintzheim… Kintzheim n'est pas une ville normale, pas vrai ? Elle ne l'a jamais été. Elle n'a pas été créée pour l'être.
Yara ne lui répondit pas, préférant la laisser continuer sur sa lancée, pour enfin accepter cette vérité qui faisait si mal.
- Ce qui signifie donc que… que ma mère…
La révélation la frappa d'un seul coup, l'empêchant de respirer.
C'était vrai.
C'était forcément la vérité, elle ne voyait pas d'autre explication, qu'est-ce qui aurait bien pu les empêcher de sortir de leur ville à part ça ?
La blonde eut bien du mal à maîtriser le sanglot qui menaçait d'éclater dans sa gorge, et ne parvint pas à s'empêcher de fondre en larmes.
- Ma mère a fait ça, reconnut-elle enfin, elle nous a maudits. Nous tous, toute la ville, elle a effacé nos souvenirs. Ma mère… ma mère est un monstre.
C'était la première fois qu'elle prononçait ces mots à voix haute, qu'elle acceptait de leur reconnaître une légitimité, qu'elle en faisait une réalité.
Le temps du déni venait tout juste de s'achever.
Et Myrcella Lannister eut le sentiment que son cœur venait d'être broyé.
À sa grande surprise, alors qu'elle s'attendait à ce que la seiche célèbre sa victoire, l'arrivée d'une nouvelle alliée dans leur camp, au moins avec un discret et léger sourire, à la place, elle la serra dans ses bras.
- Je suis… tellement désolée. Tu ne méritais pas ça. Et… et ça a dû te demander une telle force de l'admettre, de reconnaître la vérité alors que tu aurais pu continuer ta vie sans te soucier de rien et pourtant tu as ouvert les yeux. Pour ça il faut beaucoup de courage, alors… Merci Myrcella. Merci infiniment. »
Pour la première fois depuis le début de la conversation, Myrcella s'autorisa à sourire sans que ce sourire ne soit triste.
§§§§
Comme Yara s'y attendait, certaines choses étaient plus compliquées que d'autres à accepter pour la jeune femme.
« Comment ça mon père est aussi mon oncle ?
La guerrière grimaça face à cette réaction plus que prévisible.
Elle avait préféré éviter le sujet lors de la discussion entre elle-même, Myrcella, Marina, Lancel et Stannis, se doutant que la malédiction était déjà suffisamment difficile à avaler comme ça sans rajouter en plus l'inceste adelphique dans le lot.
- Hé bien, vois-tu… Jaime Lannister et Cersei Lannister sont en réalité des jumeaux.
- Mais… mais enfin c'est absurde, rétorqua-t-elle, ils ne…
Ils ne se ressemblent même pas, avait-elle voulu répondre, avant de réaliser l'absurdité de sa phrase sans avoir eu besoin de la terminer.
Parce que c'était entièrement faux.
Ses parents… enfin sa mère et son oncle ou son père et sa tante selon le point de vue étaient donc…
Elle aurait aimé dire que c'était impossible.
Mais, s'ils ne se ressemblaient pas comme deux gouttes d'eau, contrairement à ce pouvaient être certains jumeaux du même genre, maintenant que Yara l'avait dit, cette ressemblance lui sautait aux yeux et elle réalisa aussi d'un seul coup que Cersei et Tyrion se ressemblaient eux aussi, alors même qu'ils n'étaient pas censés être liés par le sang.
Et elle réalisa autre chose, le fait qu'elle n'avait jamais fait attention à la ressemblance physique entre Shireen et Stannis avant que le cerf ne lui en fasse la remarque, ou celle entre Yara et Theon avant d'apprendre la vérité sur leur lien frère-sœur, comme si…
Comme si un voile avait été maintenu sur leurs yeux et venait tout juste d'être ôté.
La malédiction était forcément la seule et unique responsable.
Myrcella sentit son estomac se retourner.
- Je ne… je ne comprends pas comment… comment ça a pu arriver.
- A Westeros, tout comme à Essos d'ailleurs, l'inceste n'est pas… n'était pas, rectifia-t-elle, songeant que les deux continents n'existaient probablement même plus à l'heure actuelle, quelque chose de courant. Enfin, à part chez les Targaryen, et vu la manière dont ils ont fini ils auraient peut-être dû éviter.
Elle grimaça et la confusion de Myrcella s'accentua.
- Les Targaryen ? J'ai déjà entendu ce nom avant.
Yara lui expliqua, avant de poursuivre.
- Ils s'aimaient vraiment tu sais. Tes parents. Enfin, avant.
- Avant la malédiction ?
- Oui. Alors que la guerre contre les marcheurs blancs faisait toujours rage, ton père… est tombé amoureux d'une autre.
- De Brienne ? Lança Myrcella d'une voix hypothétique et un sourire éblouissant s'épanouit sur le visage de la fille d'Alannys Greyjoy.
Si cela commençait à se voir alors même qu'ils n'avaient pas encore renoué au grand jour, c'est que les choses étaient plus rapides qu'elle ne l'avait cru.
- Effectivement, et ta mère… ne l'a pas vraiment bien pris.
La fer-née songea à un cœur rouge rubis et palpitant de vie qu'elle avait tenu dans sa main quelques temps auparavant et frissonna.
- Qu'est-ce qu'elle a fait ? Lui demanda la blonde, fronçant les sourcils.
Elle se demanda l'espace d'un instant si elle était vraiment prête pour ça avant d'estimer que oui.
Il fallait qu'elle sache de quoi sa mère pouvait être capable.
- Elle lui arraché le cœur.
L'horreur pure se peignit sur le visage de la princesse.
- Mais… bredouilla-t-elle. Mais je croyais que… que la magie…
- Qu'elle n'existait pas ? Compléta Yara.
Myrcella hocha la tête, confuse.
La fer-née soupira.
- C'est le cas. Enfin… c'est compliqué. Mais tu dois savoir une chose. La malédiction, le sort noir… n'existait pas à Westeros. Mélisandre, la prêtresse du maître de la lumière… elle l'a obtenu de quelqu'un.
- De qui ?
Un léger sourire se dessina sur le visage de son interlocutrice.
Qui aurait cru qu'elles atterriraient un jour dans un monde où elles et un certain Crocodile étaient considérés comme des personnages fictifs…
- De quelqu'un qui vient d'un autre monde…
La blonde sursauta avant de brusquement connecter deux et deux et de froncer les sourcils, stupéfaite.
- Attends une seconde… ce n'est pas… ce que je crois, pas vrai ? Tu n'es pas en train de parler de Rumplestiltskin, pas vrai ?
Le sourire de la jeune femme s'agrandit.
- De qui d'autre ?
- Mais c'est un personnage de série ! Protesta-t-elle.
- Nous aussi en théorie, lui rétorqua Yara.
Myrcella ne trouva rien à lui répondre.
- Qu'est-ce qu'il a demandé ? L'interrogea-t-elle à la place.
- Je sais que Mélisandre a trouvé un haricot magique et le lui a donné… grâce à ça, il a pu se rendre dans le monde sans magie plus tôt que prévu.
En entendant cela, en comprenant tout ce que ça impliquait, la lionne cligna des yeux à plusieurs reprises, abasourdie.
- Donc tu es en train de me dire qu'il est possible qu'il ait retrouvé son fils sans avoir besoin de la malédiction ?
Yara haussa les épaules.
- Je ne sais pas. Peut-être que oui.
- Je suis heureuse qu'il ait eu droit à sa fin heureuse… même si ce n'est pas notre cas à nous tous, dit Myrcella d'une voix amère. Et… et pour mon père, comment est-ce que ma mère a…
Elle ne termina jamais sa phrase, une expression de dégoût bien visible sur son visage.
- Je ne sais pas. Je sais que Mélisandre a récupéré des objets magiques venant du Ténébreux, peut-être qu'il y avait aussi quelque chose permettant d'arracher les cœurs des gens.
Je suis tellement désolée Myrcella.
La noble blêmit soudainement.
- Donc mon père… il vit sans cœur, c'est ça ?
Yara secoua la tête, un air rassurant sur le visage.
- Non, ne t'en fais pas pour ça, je le lui ai rendu dès que j'ai pu faire.
- Merci, lui répondit-elle, la voix étranglée d'une gratitude qu'elle ne pourrait jamais lui rendre. Mais alors c'est pour ça qu'il… qu'il a changé, qu'il est redevenu lui-même.
Il ressemblait à un fantôme avant, songea-t-elle, dévastée, il était devenu un fantôme et ma mère le savait et elle n'a rien fait parce que c'était entièrement de sa faute.
Elle ne savait pas encore très bien de quoi leur avenir serait fait.
Ce qu'elle savait en revanche, c'était qu'elle ferait tout pour que sa mère paye un jour pour tout ce qu'elle leur avait fait.
A suivre…
