Bonjour tout le monde !
Voici donc ce qui devait être un simple OS. J'avais posté ce premier chapitre ci-dessous l'an dernier, je l'ai corrigé cependant, donc n'hésitez pas à le relire pour vous remettre dans le bain ;-)
Bonne lecture !
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Joyeux Noël, tante Pétunia
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Année 2000
Alors que le jour se levait sur Londres, Harry Potter observait sans réellement la voir la gare de King's Cross. Cette gare était le symbole de sa vie, le début des cauchemars encore plus compliqués que ceux qui l'anéantissaient chez les Dursley.
Mais King's Cross était également synonyme de changement et de bonheur. Grâce à elle, et à Hagrid, il avait découvert un monde à la fois merveilleux et cruel. Il avait découvert le bonheur de retrouver ses amis chaque année sur le quai, de faire le long voyage jusqu'à Poudlard en mangeant des sucreries et en écoutant Hermione débiter un flot de connaissances des heures durant.
Le bonheur de découvrir la magie, les sortilèges, les traditions.
La preuve que ses parents avaient réellement existé.
Harry était dans un état second depuis qu'il était parti de sa chambre d'hôtel, dans une ville au sud de l'Angleterre. Il avait quitté ses amis deux mois auparavant, peu avant ses vingt ans. Ginny avait été furieuse lorsqu'il lui avait appris qu'il souhaitait partir seul, et qu'il ne donnerait pas d'adresse. La jeune femme avait exigé une réponse, allant même jusqu'à le menacer de l'enfermer à la maison avec Molly et Arthur, mais Hermione l'en avait rapidement dissuadée, connaissant son meilleur ami.
Si Harry avait besoin de temps pour se retrouver, il fallait lui laisser l'espace désiré. Il n'avait rien dit, mais était extrêmement reconnaissant envers sa meilleure amie d'avoir compris son besoin presque vital de partir quelque temps pour se couper du monde et se recentrer. Tous ses proches savaient que sa formation pour devenir Auror ne lui plaisait pas, et qu'il en avait marre de se battre. Il ne voulait pas faire ça toute sa vie et même si Ron avait du mal à le comprendre, il ne lui avait pas fait le même cinéma qu'avait fait Ginny devant ses parents peu après avoir annoncé son départ imminent.
Sa petite amie s'était alors mise à pleurer en disant qu'il fallait absolument qu'il devienne Auror, que c'était sa destinée, que c'était le métier par excellence et que ça lui collait à la peau. Que tout le monde savait qu'il deviendrait un grand Auror, le plus puissant de tous les temps.
- Harry n'est pas seulement une célébrité, ma chérie, c'est aussi un être humain qui a besoin de comprendre ce qu'il veut faire de sa vie et non faire ce qu'on veut de lui, avait durement dit Arthur, surprenant tout le monde.
- Si tu n'es pas capable de me comprendre, Ginny, même si je t'aime de tout mon cœur, je crois que notre couple est voué à l'échec. Je ne suis pas et ne serai jamais le héros que tu voudrais que je sois.
- Tu es le Sauveur ! Le survivant ! Celui qui a survécu ! s'était écrié la rousse avant que son père ne frappe du point sur la table, près à sermonner sa fille.
- Et derrière ce tableau peint par Dumbledore, il y a un jeune adulte qui voudrait qu'on le laisse tranquille, avait dit Percy en haussant les sourcils.
- Percy… avait supplié Ginny.
- Ça suffit, avait dit Harry en se levant de table. Mrs Weasley, Mr. Weasley, je suis navré d'avoir saboté votre soirée, ce n'était pas le but. Je vais partir avant de provoquer une guerre civile.
Il avait alors aperçu le regard triste de sa meilleure amie qu'il prit dans ses bras.
- Fais attention à toi, dit-elle en le serrant dans ses bras.
- Toi aussi.
- Hermy, tu ne vas pas être d'accord avec lui ! s'étrangla Ron en recrachant une part de cake.
- Ron ! Je fais ce que je veux, d'accord ? Harry, pars, et reposes-toi bien, reviens-nous en pleine forme.
- Promis, dit Harry en adressant un signe de main à la tablée. Ron ?
Le rouquin lui adressa un regard noir.
- Merci d'avoir pourri notre soirée, marmonna-t-il. Je ne comprends pas pourquoi tu veux partir et encore moins quitter la formation ! C'est fait pour toi. C'est ton destin, …
- Pars, mon garçon, murmura tristement Molly en l'accompagnant à l'extérieur.
- Je suis désolé, Mrs. Weasley. J'aurais dû choisir un autre moment, je…
- Ne t'inquiète pas de ces choses. Je vois bien que tu n'es pas heureux, depuis la fin de la guerre. Ginny n'a rien vu venir… Elle n'a pas voulu écouter nos mises en garde. Je suis désolée. Prends bien soin de toi et surtout, jure-moi de me contacter si tu as besoin de quelque chose, d'accord jeune homme ?
Harry eut droit à une puissante étreinte puis adressa un regard triste à celle qui fut un peu une seconde mère pour lui.
- Prenez bien soin de vous, murmura-t-il alors qu'elle acquiesçait.
Sans un mot de plus, il avait transplané dans les ténèbres de la nuit.
Tous ces souvenirs lui décrochèrent une petite larme, pensant à son propre anniversaire qu'il passa seul dans une ville anglaise au sud de Londres. Il avait envoyé une boîte de chocolats par hibou à Hermione, lui assurant qu'il se portait bien mais qu'il avait besoin de temps.
Du temps.
C'était quelque chose qu'il n'avait pas eu depuis son arrivée à Poudlard. Ses seuls instants de calme étaient ceux, subis, dans la deuxième chambre de Dudley.
Il avait essayé d'expliquer son ressenti à Ron avant de les informer de son départ, mais son meilleur ami ne réussissait pas à comprendre, arguant qu'il avait plutôt besoin d'être entouré par eux, que de partir seul à l'aventure. Il ne comprenait pas. Non, Ron ne pouvait définitivement pas comprendre son besoin vital de les quitter quelques jours, quelques semaines… quelques mois.
Il soupira et fixa une horloge, au loin, se rappelant qu'il devrait peut-être aller chercher de quoi se nourrir. Dans son costume moldu bleu foncé, il vagabondait depuis quelques heures avant de se perdre dans l'observation de la gare. Mais aujourd'hui, il avait rendez-vous à Gringotts en tant que Lord Potter et n'avait plus réellement le temps de se balader encore et encore. Bien entendu, il n'avait parlé à personne de ce rendez-vous plus ou moins inattendu.
Harry passa une main dans ses cheveux coupés très courts et mit un glamour sur sa cicatrice. Il sourit en se rappelant que son visage avait un peu changé depuis qu'il avait accepté la charge de Lord auprès d'un Gobelin qui avait débarqué dans sa chambre d'hôtel sans prévenir. Le maudit Gobelin lui avait fait la peur de sa vie. Enfin, de sa vie, peut-être pas finalement…
Harry se racla la gorge puis se cacha derrière un panneau publicitaire avant de transplaner devant la Banque. Il y entra la tête haute et fut soulagé de voir que personne ne le reconnut, puis se présenta à un guichet. Le Gobelin lui intima de le suivre et après les vérifications d'usage, il fut invité à s'asseoir dans une pièce richement décorée.
- Monsieur Lord Potter, fit une voix grinçante. Bienvenue parmi nous.
- Monsieur…
- Gerdac.
- Enchanté, Monsieur Gerdac.
- De même, de même. Voici la liste des manoirs et maisons vous appartenant de plein droit, ainsi que les clés des coffres de vos défunts parents, Lord Potter. Albus Dumbledore a pris la peine de s'intéresser à la richesse des Potter et tenta, en vain, en 1995 de vendre le manoir principal, avant-dernière demeure de vos parents, en votre nom.
- Ah bon, murmura Harry en fronçant les sourcils.
- Nous avons protégé vos biens comme nous protégeons nos propres richesses, Lord Potter, soyez-en certain. Monsieur Dumbledore n'a pas eu accès à une mornille de votre héritage. Ici, sur ce parchemin, vous trouverez les différents moyens d'accéder aux demeures ancestrales des Potter. Je vais vous accompagner pour la visite de vos coffres, Lord Potter.
- Très bien, répondit alors Harry, légèrement perturbé. Merci, Monsieur Gerdac.
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Les souterrains de la banque étaient immenses, mais ça, Harry le savait. Une forte émotion le prit à la gorge lorsque le Gobelin lui ouvrit différents coffres. Une malle sans fond était disposée au fond de celui appartenant à sa mère, avec son prénom gravé dans le bois.
Cette malle appartient à Lord Harry James Potter
Il l'ouvrit délicatement et observa les différents vêtements, probablement neufs et bien conservés, ainsi que différents albums et carnets. Il y avait aussi quelques livres relatant la vie de famille des Potter et des Evans, puis quelques bibelots aussi bien moldus que sorciers.
Il prit la malle avec lui sous le regard désintéressé du Gobelin, ainsi qu'une bourse bien remplie. Il quitta la Banque avec la volonté de rejoindre l'avant-dernière demeure de ses parents, celle où ils avaient vécu avant qu'Albus Dumbledore ne souhaite les mettre en sécurité.
N'auraient-ils pas été en sécurité dans la demeure ancestrale des Potter ?
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Son entraînement inachevé en tant qu'Auror lui permit de déjouer quelques sortilèges posés sur l'entrée. Le portail n'était en réalité qu'une illusion, et il trouva assez rapidement la porte dérobée.
- Harry Potter ! couina une voix extrêmement aiguë, martyrisant les tympans du nouvel arrivant au passage.
- Euh… fit-il, surpris qu'un elfe apparaisse ainsi devant lui.
- Enora ! Enora est une des elfes des Potter !
- Breval ! s'écria un autre elfe. Breval vous a attendu tellement longtemps, longtemps longtemps, Harry Potter ! Vous n'étiez qu'un tout petit enfant, quand Albus Dumbledore a convaincu vos parents de quitter ces terres. Quel malheur leur a pris d'accepter une telle chose !
- Bienvenue en ces lieux, Maître Harry, l'interrompit Enora. Souhaitez-vous visiter les lieux ?
- Oui… s'il… s'il vous plaît.
Enora lui fit un grand sourire et l'entraîna sur le long chemin du manoir, suivi par Breval qui expliquait les sortilèges de protections posés sur la propriété.
- Je crois qu'effectivement ils auraient été plus en sécurité en restant ici, soupira Harry en se retenant d'être trop émotif.
Le Manoir était immense et bien entretenu. Les elfes, au nombre de quatre, avaient fait un travail merveilleux durant toutes ces années. Breval lui indiqua qu'ils ne pouvaient pas le retrouver tant qu'il ne connaissait pas leur existence et Harry en fut désolé. Au moins, ils avaient été épargnés par la guerre et le chaos qui s'étaient abattus sur la Grande-Bretagne lors de sa scolarité, mais ils auraient pu venir se cacher ici sans problème. Il se demanda brièvement comment réagiraient ses amis en voyant tant de belles choses en ces lieux.
- Albus Dumbledore a expliqué, des heures durant, à vos parents que d'immenses manoirs étaient dignes de familles sombres et qu'il fallait se démarquer des Black ou encore des Prince. Que ces demeures pouvaient être dangereuses et cacher de très sombres secrets. Votre père a immédiatement bu ces paroles qui nous étaient totalement aberrantes, et seule votre mère a tenté en vain de lui faire entendre raison.
- Je vois, fit difficilement Harry en ouvrant une énième chambre.
- C'est une pièce que Maîtresse Lily vous destinait pour votre adolescence ou la fin de votre adolescence, intervint tristement Enora.
- Elle est immense.
- Oui, Maître Harry a raison.
- Vous avez toujours appelé les gens par leur prénom ? demanda un peu brusquement Harry.
- Cela dérange le Maître ? demanda Enora alors que Breval mit ses mains devant sa bouche, prêt à se punir.
- Non ! Non, non ! Pas du tout, au contraire. Je préfèrerais que vous m'appeliez Harry, tout simplement Harry.
- Tout simplement Harry, murmura Breval en penchant la tête.
- Ne vous punissez pas ! C'est juste que vous ne parlez pas comme… comme les seuls elfes que j'ai connus, termina-t-il en pensant à Dobby ou Kreattur.
- Chaque elfe a sa propre éducation selon la famille à laquelle il appartient ou selon ses parents, répondit Enora. Lily nous a demandé de ne pas parler de nous à la troisième personne, c'est difficile, mais nous faisons au mieux. Elle nous a beaucoup appris. Maîtresse Lily était une personne formidable.
Harry acquiesça et entra doucement dans la pièce, se dirigeant vers une des immenses fenêtres.
- Est-ce que… ma mère a déjà parlé de sa sœur ?
- Oui, répondit Breval. Elle lui manquait énormément, même si votre tante haïssait tout ce qui a un lien avec la magie. Elle n'est même pas venue au mariage de vos parents.
- Tante Pétunia déteste la magie, confirma tristement Harry.
- Vous la connaissez ? hoqueta Enora.
- Ils… Dumbledore m'a placé chez eux.
- Non ! s'écria Breval. Non, non… oh non, pauvre Maître.
- Ça va, j'ai survécu, fit Harry en souriant malgré lui.
Survécu. C'était le cas de le dire, effectivement.
- Le monde magique attend de moi que j'épouse Ginny, murmura Harry en observant le domaine par la fenêtre.
- Mais vous n'avez pas envie, fit Enora d'une voix égale.
- Comment…
- Comment Enora le sait ? Enora sait toujours tout, fit Breval en souriant tendrement.
- Votre posture… Vos épaules sont basses depuis les quelques secondes qui vous ont fait penser à elle. Faites ce qui vous semble juste, Monsieur Maître Harry James Potter. C'est ce que Maîtresse Lily dirait. Elle n'aimerait pas que vous vous forciez à faire des choses dont vous n'avez aucune envie.
- Comment avez-vous su qu'ils… qu'ils sont décédés ?
- Notre lien a disparu, fit Enora en baissant la tête. Notre magie… s'est amoindrie. Nous savions que vous viendriez, un jour. Mais nous ne savions pas quand. Dès que vous êtes arrivés, votre magie nous a appelé.
- Je suis désolé, murmura Harry en s'accroupissant devant Enora et Breval.
- Nous sommes désolés de n'avoir pas pu convaincre votre père de rester ici, Lord Potter, fit Breval.
- Qu'est-ce-que ma mère voudrait que je fasse ? demanda alors Harry.
- Qu'est-ce qui vous tient à cœur ? demanda à son tour Breval.
- J'ai envie de faire quelque chose qui me semble juste et fou à la fois. Irréalisable et totalement dépourvu de sens. J'ai envie de…
- Faites, fit alors vivement Enora. Votre mère serait fière de vous. Mais avant… avant, nous devons vous montrer quelque chose.
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Privet Drive.
Rien n'avait changé.
Harry inspira brutalement, jouant avec des clés présentes dans son long manteau. Il froissa le journal du jour et le jeta dans la poubelle la plus proche puis avança doucement, évitant le gel et la neige.
Décembre. C'était la veille de Noël. Le 24. Le stress commençait doucement mais sûrement à monter, faisant accélérer son cœur.
Le numéro quatre. Que venait-il faire ici, au juste ?
Par automatisme, sa main frappa à la lourde porte. Quelques bruits de talons plus tard, la porte s'ouvrit sur une femme fine, presque maigre, aux cheveux grisonnants attachés en une longue natte.
- Tante Pétunia ?
- Harry ? Que fais-tu là ? demanda-t-elle en observant la rue et fixant à nouveau les yeux verts de son neveu, surprise.
- Je… Est-ce que je peux entrer s'il te plaît ? Je ne reste pas longtemps, j'ai juste quelque chose pour toi.
- Oui, oui viens, Vernon n'est pas encore rentré du bureau.
Il acquiesça et entra. Il était légèrement surpris du désordre inhabituel dans le salon et observa les mains tremblantes de sa tante qui prépara un thé et lui apporta une tasse, la posant délicatement sur la table à manger.
- Ne stresse pas, je ne vais pas te faire de mal, tante Pétunia.
- Je… je sais, fit la mère de famille en se tournant à nouveau vers lui.
- Que se passe-t-il ?
- Oh, tu ne sais pas… Dudley… mon Dudley a été filmé en train de frapper des enfants, fit-elle en fusillant une chaise du regard. Il a tué un enfant, Harry, finit-elle par dire en le fixant durement. Mon Dudlynouchet… Je… Il n'était pas drogué, non, il voulait juste prendre la dernière console du magasin mais l'enfant l'avait prise avant lui. Il est entré dans une rage folle. Je n'aurais jamais pensé… Son ancienne institutrice a ensuite déclaré à la police qu'il faisait cela à l'école aussi mais que son principal souffre-douleur était un petit garçon nommé Harry… Oh je suis tellement… tellement désolée… était-ce toi ?
- Tante Pétunia… hésita Harry, répugnant à prendre sa tante dans ses bras pour la consoler alors que celle-ci se rapprochait dangereusement de lui. C'est du passé. Où est-il maintenant ?
- En prison, renifla Pétunia.
- D'accord… Je suis désolé d'avoir fait remonter ses souvenirs, tante Pétunia, je ne suis pas ici pour cela.
- Pour quoi donc, dans ce cas ? répondit Pétunia en séchant une larme.
La porte d'entrée claqua et Pétunia ferma brièvement les yeux.
- Bonjour bonsoir ! fit une voix d'homme. Ha… Harry ? Potter ? grogna-t-il ensuite.
- Bonsoir, oncle Vernon. Tiens, ceci est pour toi, fit Harry en lui tendant un ticket de Lotto. Je l'ai acheté en passant devant un tabac. Si je ne t'ai pas porté chance durant mes études, j'espère que celui-ci pourra vous donner un peu de joie.
Méfiant, l'homme lui prit le ticket des mains et l'observa.
- Pourquoi es-tu ici ? demanda-t-il mécontent.
- Je ne reste pas longtemps, promis, oncle Vernon. Je voulais juste donner deux trois trucs à Tante Pétunia.
- Quoi donc ? demanda Pétunia, curieuse malgré elle.
- Je me suis un peu éloigné de mes amis ces derniers mois et j'ai découvert mon héritage. La famille Potter a amassé beaucoup de richesses et pas mal d'affaires sont restées en suspens depuis le décès de mon grand-père paternel. Je vais devoir apprendre à gérer mon nouveau statut de Lord, et...
- Lord ? Ça existe chez vous ? s'étouffa Vernon.
- Oui, répondit simplement Harry. Il n'y a plus beaucoup de vieilles familles sorcières, je suis le dernier de la branche Potter. Mais du coup… Avant de venir ici, j'ai eu la chance de demander à ma mère ce que je pourrais vous offrir pour Noël.
- Ta mère est…
- Morte, je sais tante Pétunia. Mais dans le monde magique, les sorciers de grandes familles ont des portraits peints lors de grands évènements. Ces portraits sont de parfaites photos comprenant les souvenirs de la personne, elle peut bouger et parler. Maman a fait peindre le sien lors de son mariage. Elle m'a demandé de te donner ce petit paquet, ainsi que ces bijoux. J'ai tout testé afin d'être certain qu'ils ne sont pas dangereux et c'est bon.
Pétunia ouvrit délicatement le paquet et découvrit une statuette représentant un lion, en verre doré.
- C'est… c'était… c'était notre animal préféré, murmura Pétunia.
- J'ai lancé un sortilège pour qu'il ne se casse pas, si jamais tu le fais tomber, annonça doucement Harry.
Elle posa la statuette délicatement sur le plan de travail et découvrit les bijoux.
- Le collier préféré de notre mère… et… la…
- La chevalière de votre grand-père, annonça Harry.
- Merci, murmura-t-elle doucement.
- Oncle Vernon, je n'ai pas d'objets pour toi, mais…
Harry fouilla dans ses poches et inspira un peu plus profondément, prenant son courage à deux mains afin d'être le plus sérieux et convaincant possible.
- Pour vous remercier de m'avoir accueilli, même si Dumbledore ne vous a pas laissé le choix, je tenais à vous offrir ceci.
Il tendit une grosse enveloppe à Vernon qui y découvrit un compte bancaire à son nom, avec une grosse somme d'argent. Il y avait également quelques billets dans l'enveloppe et il les compta.
Choqué, il recula d'un pas. La somme remboursait au moins au centuple ce qu'ils avaient déboursé pour leur neveu.
- Et ceci… fit-il en donnant, non sans émotion, un trousseau de clés. Tante Pétunia, voici les clés de la maison que vos parents avaient fait construire pour toi avec maman avant que tu ne fuies la maison avec Vernon. La maison est entretenue et est prête à vous accueillir, si vous le souhaitez.
- Une maison ? répéta Vernon.
- Libre à vous de vous y rendre lorsque vous serez prêt, fit solennellement Harry. En tous cas, elle est à vous. Si jamais… je doute que ce soit le cas, mais si jamais vous voulez me transmettre un message, appelez simplement Breval. C'est un elfe de Maison, une créature magique, qui viendra prendre votre message et me le délivrer. Mais faites attention à faire cela à l'abri des regards. Et si… si jamais vous êtes en danger, dites « danger Breval » et il fera son possible pour vous venir en aide en toute discrétion. Lui seul sera apte à vous rejoindre où que vous soyez. Bien. Je vous laisse tranquille maintenant. Passez de bonnes fêtes, et merci pour votre accueil.
Et avant de passer la porte, il se tourna à nouveau vers le couple qui était resté bouche bée dans le salon.
- Joyeux Noël, Tante Pétunia. Joyeux Noël, Oncle Vernon.
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La rue était déserte, et Harry soupira de bonheur, un grand sourire collé aux lèvres. Il avait vaincu sa crainte de retourner chez les Dursley, avait réussi à les rendre muets de surprise et les choquer en moins de vingt minutes. Il rigola en se remémorant la tête d'oncle Vernon lorsqu'il avait vu la somme astronomique – et réelle – présente sur le compte qu'il avait pris soin de créer à son nom.
La fin d'après-midi était déjà bien entamée mais il se promena encore, une heure durant, à Londres. Il devrait ensuite retourner au Manoir Potter car il avait invité Hermione et sa famille à venir pour le réveillon mais savait qu'Enora et Breval s'occupaient de toute la décoration et du repas. Il les aiderait le lendemain pour tout remettre en ordre.
Ronald ne viendrait pas, encore trop en colère contre Harry d'avoir rompu avec sa petite sœur, et Hermione tenait à passer une fête de Noël calme avec ses parents qu'elle avait retrouvés un an auparavant, et donc sans la famille Weasley dans les parages. Harry avait même compris, entre les lignes des diverses lettres, qu'elle n'était pas loin de rompre avec Ronald.
- Joyeux Noël, dit-il une dernière fois avant de quitter Londres, disposant une couverture bien chaude sur le corps à moitié endormi de ce qui semblait être un SDF.
- Joyeux Noël, Potter, grogna l'homme aux cheveux gras.
- Snape ? s'exclama Harry, sursautant et perdant instantanément son sourire.
L'homme se redressa en grimaçant.
- Moi-même. Suis-je mort pour que vous veniez me hanter ?
- Que faites-vous ici ? Oh, non, je ne veux pas savoir. Je vous croyais mort.
- Presque, marmonna Snape. Sans la pression que vous aviez effectué sur mon cou je le serais assurément. J'ai réussi à disparaître du cercueil avant que ces maudits hommes ne m'enterrent.
- D'accord… souffla Harry. Venez avec moi.
- Et où donc ? se moqua l'homme sale et répugnant.
Harry râla et prit l'homme de force qui s'accrocha à son sac à dos. Tous deux disparurent dans les ténèbres avant d'apparaître devant les grilles du Manoir. Harry le traîna presque jusqu'à l'entrée et observa sans se cacher la cicatrice immonde qui barrait le cou de son ancien professeur de Potions.
- Vous avez trente minutes pour vous laver, vous habiller convenablement et descendre dans le salon. Hermione, ses parents et sa soeur viennent passer la soirée ici et je suis certain qu'Hermione passera une très bonne soirée à vos côtés.
- Pourquoi n'est-elle pas avec Weasley pour les fêtes ? Et vous…
- Pas son type de garçon, je crois, marmonna Harry en interrompant son ancien professeur et le poussant sans ménagement à l'intérieur. Et c'est comme une sœur pour moi, je me voyais mal ne pas l'inviter pour les fêtes. Il y a une grande salle de bain à l'étage. Ah, et n'essayez pas de quitter le domaine, vous n'y gagneriez qu'un énorme mal de crâne.
- Et où sommes-nous exactement ?
- Au Manoir ancestral de la famille Potter, professeur. Joyeux Noël et allez vous laver, par pitié ! Je ne tiens pas à manger avec cette odeur répugnante embaumant la salle à manger !
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