Draco...

Je me lève rapidement et décide de changer de chemise, je ne sais toujours pas pourquoi j'ai accepté de la prendre. Il faut croire que finalement je me suis un peu attaché à lui.

Le chemise noire en soie que j'enfile me procure une sensation de douceur que j'apprécie. Ça fait longtemps que je ne vois plus Potter.

Pas si longtemps en fait, seulement une journée et une nuit. Il doit sûrement passer du temps avec la famille Weasley. Il habite avec eux après tout. Ça ne m'aide pas à trouver une idée concrète de deuxième séance.

La première était surtout psychologique, pour le mettre en condition. La deuxième doit le mettre en action, commencer à changer les choses.

Saut en parachute à la moldus ? Ou alors avant de chercher l'adrénaline, plutôt commencer par la recherche de sentiments positifs...puisque sa famille ne suffit pas à motiver ses émotions.

Dans ce cas-là un repas chez un grand chef cuisinier ? Pas le style de Potter. Un parc d'attraction ? Trop moldus et peuplé pour moi. Une escapade dans les rues de Londres pour faire le tour des boîtes de nuits ? Très peu positif autant pour lui que pour moi.

Je me ronge un peu trop le cerveau pour lui. Il n'est pas mon seul client par Merlin.

Mais avec tout ça, je crois bien avoir ma petite idée. Ça ne lui plaira pas je pense. Du moins pas les premières minutes.

Un sourire sadique se dessine sur mon visage, je suis satisfait de moi-même.

- Bonjour monsieur Malfoy.

Un de ces autres clients est justement arrivé.

- Bonjour Grin, ravi de vous revoir. Asseyez-vous. Vous avez été rapide. Voyons si le livre estime votre demande réalisable.

- Quel est le nom de votre grimoire ?

J'hausse un sourcil et sent ma mâchoire se contracter. Décidément, il m'agace. Si sa demande est acceptable, je trouverai un de mes employés pour se charger de ses séances et je m'occuperai uniquement de la logistique.

- Ça ne vous regarde en rien.

Je tique après ma phrase. Cette information ne regarde pas les clients. Par Merlin. Pourtant je l'ai donné à Harry Potter. Et même le livre s'est présenté à lui. Il ne le fait jamais.

Satané sauveur perturbateur.

Harry...

Après ma douche, je me précipite en bas, envieux de jouer aux échecs avec Ron.

Je me sens étrangement apaisé aujourd'hui, mais mon estomac se tord étrangement à la pensée que demain soir, je le revois. Évidemment ce n'est pas lui que je souhaite voir, je veux savoir ce qu'il me prépare pour que je guérisse. Je pense que j'ai besoin d'être rassuré au sujet de Grin aussi...

J'ai vraiment envie d'en parler à Hermione décidément. Mais pas avant sa déclaration, elle a le droit de profiter d'un moment de paix dans la catégorie problème de monsieur Potter.

- Harry, viens, l'échiquier s'impatiente.

Je le rejoins et nous jouons en silence un moment. Je sens que la phrase fatidique est au bord de mes lèvres mais je la retiens de toutes mes forces.

- Tu as quelque chose à me dire peut-être ?

Je sursaute, un peu contre mon gré. Franchement surpris aussi. Il n'est pas aussi attentif d'habitude, la fuite d'Hermione l'a apparemment poussé à plus de sensibilité.

- Oui, mais c'est difficile. J'ai vraiment peur de ta réaction.

J'opte pour la franchise, il a beau être mon meilleur ami, je sais qu'il peut réagir de façon très impulsive et irréfléchie. Les années me l'ont montré. Pourtant la bataille nous a vraiment fait grandir et j'ai bon espoir pour cette fois-ci.

Il est temps. Je ne peux plus le garder pour moi. Je peux me taire ou faire semblant avec quasiment tout le monde. Sauf Hermione, elle lit en moi comme dans un livre ouvert ; Ron, car il est mon meilleur ami et une des personnes les plus précieuses à mes yeux et les gens envers lesquels j'ai de la haine. Enfin du ressentiment... la maturité me va mal.

Eux, ils me sortent tellement de mes gonds que je peux déblatérer n'importe quoi tant que je peux espérer une réaction. Un peu comme durant toute ma scolarité avec Malfoy, satané serpentard perturbateur.

- Ron...en ce moment je suis aidé par quelqu'un, tu sais au sujet de mes émotions tout ça. Je sais que tu ne voulais plus trop en discuter et je comprends ! J'en ai beaucoup parlé à Hermione et finalement je vois quelqu'un. Je pense que je fais déjà des progrès mais ça risque de prendre du temps.

- Je pense que je m'en doutais. Tu sortais beaucoup et je te voyais mal te taper quelqu'un sans me le dire ! Tant mieux si ça t'aide, nous on le remarque à la maison en tout cas. T'es moins là en terme d'horaire mais en terme de présence humaine t'es beaucoup plus là qu'il y a quelques temps. Tu vois quoi, ou qui plutôt ? Un psychomage ?

Je me gratte la nuque, incertain quant à la suite de la conversation.

- Pas vraiment. J'ai préféré aller voir quelqu'un qui s'est spécialisé dans la réalisation de souhaits. Tu sais que je préfères agir que parler. Il suit le même raisonnement.

- Et donc ? Si tu ne veux pas me dire qui s'est exactement c'est pas grave, mais juste fais pas de syncope à cause de ça hein. On dirait que je t'ai lancé stupéfix.

- C'est Malfoy.

C'est dit. Le blanc s'éternise mais je ne ressens rien. J'ai l'impression de retomber dans ce vide qui était devenu mon quotidien.

- Eh bah putain mec, tu fais rien comme les autres... J'ai promis à Mione de pas réagir mal si tu t'ouvres à moi. Et je maintiens. Je ne comprends pas et je vais devoir digérer, mais je suis avec toi. Ce qui te fait du bien me fait du bien.

Je pense que je suis sur le cul.

Hermione... (le lendemain soir)

- Ron ? On peut aller discuter ?

- Ginny t'a déjà abandonné Mione ?

Je hoche la tête, un peu nerveuse. Je préférais stresser pour les examens.

- J'arrive. On se rejoint dehors !

Je pense qu'il a comprit, il est plus intelligent qu'il en a l'air et je vois bien que ses mouvements sont plus incertains qu'avant.

Je sors donc et respire profondément. Suivre les conseils d'Harry. Rester moi-même mais parler clairement sans m'eparpiller. Ne surtout pas repenser à ses lèvres sur les miennes pendant que je parle.

- Tu voulais me parler donc. C'est à propos de ma déclaration n'est-ce-pas ?

Encore une fois, j'opine du chef. Incapable de prononcer un mot. Mais je le dois. Pour nous deux.

- On pourrait s'asseoir un peu plus loin non ? Ronald ?

Il regarde vers la maison le regard anxieux, mes mains se mettent à trembler.

- J'ai paniqué. Je n'ai pas réussi à gérer le flot d'émotions qui sont montées en moi. Je n'ai, de toute ma vie, que stressée pour des examens et le maintien de nos vies. Alors avec cette réciprocité nouvelle... ça a fait déborder le vase. Pourtant, je voulais te confirmer que, eh bien, je partage entièrement et profondément tes sentiments envers moi. Je suis amoureuse de toi Ronald, depuis longtemps.

Je pense qu'on peut dire que je me suis éparpillée, mais étrangement, non pas que ce soit le mot approprié, mon discours fond sur ses lèvres, et je ne me préoccupe plus d'en avoir trop dit.

C'était assez pour faire comprendre ce que j'avais à dire et il m'accepte et m'aime comme ça. Comme moi. Merci Harry. Merci à Ginny pour le soutien moral toute la journée.

Merci Ronald, tu mets de la couleur partout où je vais, tu en as toujours mis, même le jour de la bataille finale dans ce foutu repère de basilic.

Pdv inconnu...

- T'aurais sûrement préféré que je te baise ce soir, sauf que je dois te rappeler quelque chose apparemment. C'est moi qui décide. T'as eu ta dose d'adrénaline non ? Ça t'a plu que ce moldu soit à deux doigts de nous voir faire ? Tout ça parce que tu ne sais pas te tenir tranquille. Alors non, ce soir, pour te rendre ta folie de tout à l'heure, tu auras tout de moi sauf ma bite. Tout de moi, tu sais ce que ça veut dire n'est-ce-pas ? Tu acceptes ou tu préfères rentrer ? Tu as le choix. Je te l'ai dis au début de notre arrangement, tout peut s'arrêter à la seconde où tu le décides. Mais si tu choisis de rester, assume. Assume chacun des gémissements, des cris et des plaintes qui sortiront de ta bouche en ayant pleinement conscience de la personne pour qui tu émets ces sons. Ton adrénaline, mon plaisir, c'est le deal.


Bonsoir ! Beaucoup d'infos dans ce chapitre n'est-ce-pas :)

Pour mon retard, je suis à l'étranger pour des vacances et cela perturbe fortement mon temps dédié à l'écriture. Mais je suis toujours là !

Je dessine un peu mon terrain de jeu pour la partie sérieuse de l'histoire. Les chapitres de transitions comme celui-ci sont importants :)

Merci pour vos commentaires, ça me fait vraiment très plaisir 3

À bientôt !