Bien le bonjour !

Ceci est la toute première fanfiction que je publie sur cette plateforme que je connais depuis ... fiou ! On va dire depuis bien longtemps ! J'ai pas mal d'histoire sur OUAT qui traine dans mes fichiers, et je me suis dit qu'il était peut-être temps que j'en publie. Je n'ai pas de beta pour corriger mes fautes ou me relire alors, s'il vous plait, soyez indulgent ...

Pour le coup, celle-ci sera uniquement consacré au couple Robin/Regina, retraçant des moments manqués qu'on aurait pu voir dans la série. Voilà, voilà, alors, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.


THE QUEEN AND THE THIEF

.

.

.

Une danse, et tout change

.

La fête était une véritable réussite.

Snow n'avait pas attendu un jour de plus pour organiser ce bal, en l'honneur de leur trouvaille, à savoir : un moyen de retourner chez eux à Storybrooke, dans l'autre monde.

Pour le couple princier, leur fille chérie. Pour la reine, son fils. Et pour les autres qui furent victime de la première malédiction, le retour à la vie moderne et à sa simplicité ainsi que sa facilité.

Il était tard, très tard, mais la musique résonnait toujours dans la salle de bal, faisant danser les derniers courageux encore capables de rester droit malgré la quantité d'alcool qu'ils avaient pu ingurgiter durant la soirée de festivités. Les nains chantaient dans les coins avec les Joyeux Compagnons, entrechoquant leur chope de bière, les enfants présents étaient endormis à même le sol sur des matelas de fortunes, tandis que d'autre avait sauter sur le premier fauteuil libre pour s'assoupir.

Dans le couloir sombre et plus silencieux adjacent à la salle de bal, Regina, son verre en main, regardait avec tendresse ces bambins, insouciant et pour la plupart, véritablement adorable.

Surtout un, en particulier. Il répondait au nom de Roland et était certainement le plus mignon d'entre tous. Le petit veinard avait eu la chance d'avoir un large fauteuil, lui permettant de bien dormir, recroquevillé sous une épaisse couverture.

Elle avait du mal à croire que, très bientôt, elle allait pouvoir retrouver son propre fils et le serrer dans ses bras. Cette simple idée lui donnait le sourire aux lèvres.

- Alors c'est ici que vous vous cachiez …

Regina sursauta d'avoir été brusquement tirée de ses réflexions. Et porta par réflexe une main à son cœur (qu'elle avait remis par contrainte dans sa poitrine), et soupira lorsqu'elle reconnut l'intru qui avait osé la déranger.

- Vous m'avez fait peur, voleur, dit-elle en le fusillant du regard.

Robin, qui s'était appuyé contre le mur d'une manière désinvolte, se décolla de ce dernier pour faire un pas dans sa direction, les mains jointes derrière le dos, et toujours ce regard espiègle.

- Mes excuses, votre majesté, s'inclina-t-il. Ce n'est pas mon intention.

- Et qu'était-elle dans ce cas ? rétorqua Regina en portant son verre à ses lèvres.

- Oh, juste vous inviter à danser.

Regina faillit recracher sa gorgée de vin, qui était absolument infecte, mais c'était toujours mieux que rien pour noyer sa morosité. Lentement, elle tourna un regard incrédule vers le voleur.

- Pardon ? Vous voulez quoi ?

- J'aimerais vous inviter à danser, réitéra Robin en faisant un pas de plus, se retrouvant à un mètre d'elle. Je vous ai chercher une bonne partie de la soirée, et j'avoue avoir ressenti une pointe de déception en réalisant que vous aviez préféré faire bande à part.

La reine baissa les yeux sur son verre, se laissant plonger dedans d'un air pensif.

Déçu ? Il était déçu de ne pas la trouver ? Voilà qui était intéressant. Mais aussi terriblement effrayant, car la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés seul, Regina avait failli céder à la tentation.

Seulement faillit. Snow était arrivé juste avant que l'inévitable ne se produise. Elle pouvait l'en remercier comme la crucifier sur place. Mais ça, plutôt mourir que de l'avouer.

- J'avais besoin d'être un peu seule, confia-t-elle sans relever les yeux.

Robin hocha la tête, car il semblait comprendre pourquoi.

- Vous pensiez à votre fils, n'est-ce pas ?

Soudain, Regina releva la tête, surprise qu'il puisse deviner ses pensées.

- Oui. Je me languis de le retrouver.

- Je peux comprendre, assura Robin d'un sourire. Je ressentirais la même chose si j'étais à votre place. Roland est tout ce que j'ai de plus cher au monde.

Pourquoi fallait-il qu'ils aient ce point en commun, là ? C'était une faiblesse pour Regina, les enfants.

Elle bifurqua son regard sur le petit garçon en question, toujours endormi.

- Est-ce que Roland fait toujours des cauchemars ? osa-t-elle demandé sur un ton qui sonnait désintéresser.

Robin eut un large sourire en la voyant si peu convaincante, à se regarder les ongles de manière désinvolte juste pour lui faire croire qu'elle ne se souciait pas vraiment du garçon, mais souhaitait faire simplement la conversation.

Eh bien, c'était raté.

- Non. La chandelle que vous lui avez donnée le rassure beaucoup. Elle lui apporte beaucoup de réconfort et de sécurité. Je ne pourrais jamais vous remercier assez pour cela.

Il avait fait encore un demi pas, se retrouvant presque collé à la reine. Cette dernière écarquilla les yeux en réalisant leur proximité soudaine. Elle n'avait même pas fait attention à cela à cause de l'alcool qu'elle avait bu toute la soirée.

Une sueur brulante lui parcouru le dos en se souvenant de leur dernier rapprochement. Non, il fallait qu'il recule !

- Ce n'est rien, articula-t-elle faiblement en faisant un petit pas en arrière.

Mais elle le regretta aussitôt. Car à présent elle ne sentait plus la chaleur que dégageaient Robin de façon inconsciente.

Sans compter son odeur de forêt et de pluie fraiche. De sapin, de romarin et … oh, mon dieu … non ! Elle devait se reprendre, elle ne devait pas se laisser avoir une deuxième fois, ou là, elle sera cuite.

Pour s'occuper les mains et surtout penser à autre chose, elle fit mine de remettre une mèche vacante de son chignon haut qu'elle avait réalisé pour la soirée.

- Donc … accepteriez-vous de danser avec moi ?

Cette fois-ci, il tendit sa main, paume ouverte, ne demandant qu'une partenaire pour être comblée. Son autre main était toujours derrière son dos, et il abordait un sourire des plus charmeur.

Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi craquant ?!

- Pourquoi souhaitez-vous danser avec moi ? s'enquit soudainement Regina, en espérant se dérober une fois de plus.

- Parce que j'en ai envie.

- Je suis sûr que vous trouverez une jeune femme très disposée à votre envie dansante, railla-t-elle.

Ça, elle n'en doutait pas. Elle avait remarqué les jeunes filles encore célibataires, voir celles déjà mariés, avoir déjà reluquer le voleur des riches sans vergogne.

Et pour cause. Il était vraiment beau.

Alors oui, évidemment qu'il lui plaisait.

- C'est possible. Mais les autres femmes ne m'intéressent pas, puisqu'il n'y en a qu'une seule qui m'importe en cet instant, et c'est vous, milady.

Le surnom prononcé la troubla. Il y avait quelque chose dans son intonation qui était différente lorsqu'il l'appelait ainsi. Comme un secret. Et elle dû admettre que ce qu'il venait de dire était très flatteur, néanmoins, elle avait une réserve, et pour une fois, elle avait une bonne raison.

Une très bonne raison.

- Je suis flattée, malheureusement je … je ne suis pas très à l'aise avec la danse en général, finit-elle rapidement en buvant une autre gorgée de son vin ignoble.

Elle retient de justesse une grimace en sentant le liquide âpre se répandre dans sa gorge.

Robin pencha la tête sur le côté, comme amusé par cet aveu.

- Vraiment ? Pourtant, j'oserais à croire qu'une femme telle que vous sache danser aussi bien qu'un cygne.

- Eh bien, vous vous trompez, dit-elle avec le regard noir. Je n'ai jamais possédé le moindre don pour la danse, au grand damne de ma mère, marmonna-t-elle.

Le souvenir de ces séances interminables ou sa mère était très à cheval et ne lui laissait pas le moindre répit l'avait pris d'assaut, faisant remonter une ancienne colère qu'elle croyait avoir enfouis.

Il fallait croire qu'elle ne l'était pas assez.

Comprenant qu'il s'agissait d'un point sensible et qu'il devait ruser pour obtenir gain de cause, Robin se rapprocha encore, gardant sa main ouverte.

- Je serais ravi d'être votre professeur le temps d'une soirée.

Regina le toisa avec incrédulité. Était-il aussi borné d'ordinaire ou est-ce qu'il l'était particulièrement ce soir ? Elle ne sut le confirmer. Son regard s'attarda sur sa main, toujours ouverte, et persistante.

- S'il vous plait, Regina.

La reine tomba alors dans les yeux bleus du voleur, mis en valeur par l'éclairage naturel de la lune qui traversait la fenêtre à laquelle ils faisaient face. Il y avait quelque chose qui la mettait dans te tel état qu'elle ne se reconnaissait même plus.

Pourtant, être dans les bras de cet homme, comme la dernière fois, était terriblement tentant.

Elle aurait bien joué la carte de : il n'y a pas de musique. Mais les musiciens avaient changé de registre, ne choisissant que des morceaux doux et langoureux. Maudit soit les musiciens !

C'est juste une danse, après tout. Que risquait-elle ?

Elle regarda à nouveau sa main, et soupira avant de déposer son verre sur le rebord de la fenêtre.

- Très bien. Mais je vous interdis de vous moquer ! le pointe-t-elle férocement du doigt.

Il était hors de question qu'il fasse une quelconque allusion à sa maladresse et à son incapacité à être synchroniser.

Il manquerait plus que ça.

Robin esquissa un sourire en coin.

- C'est promis, milady, lui assura-t-il.

Rassurée, enfin, elle essaya de l'être avec ses paroles, et glissa enfin sa main dans la sienne. Ayant enfin sa permission, Robin ne perdit pas une minute pour se positionner. Fait de geste maitrisé, il passa sa deuxième main libre derrière le corps de la reine, la posant élégamment au creux de son dos, touchant presque la peau nue que dévoilait la robe de la souveraine.

En sentant la pointe de ses doigts, Regina déglutit alors que ses yeux ne lâchaient pas ceux de Robin, et commença à regretter la robe qu'elle avait choisi pour l'occasion.

Non mais qu'elle idée d'avoir choisi une robe sirène au dos nu ?

Robin leva légèrement son autre bras, dont la main emprisonnait avec douceur celle de Regina, et d'un mouvement sûr, il rapprocha leur corps jusqu'à se frôler le bout de leur nez.

- Mettez votre main sur mon épaule, l'invita-t-il doucement.

Regina s'exécuta, et fit remonter lentement sa main avant de venir finalement s'accrocher sur l'épaule large et robuste du voleur. Elle déglutit de nervosité et commença déjà à observer ses pieds. En la voyant faire, Robin délaissa son dos pour venir attraper tendrement son menton pour relever son regard.

Une fois de plus, elle tomba dans ce regard bleu ciel qui finira bien par causer sa perte.

- Ne regardez pas en bas, regardez-moi, et laissez-vous guider. Vous verrez, tout ira bien, nous irons tout doucement.

Regina déglutit, anticipant déjà les catastrophes qu'elle pourrait provoquer. Bien que l'éventualité d'écraser le pied du voleur rien que pour se venger des petites crasses qu'il lui avait fait par le passé lui ferait bien plaisir.

Mais pas maintenant. Pas maintenant alors qu'il la regardait comme si elle était le centre de l'univers. C'était une sensation qu'elle n'avait pas connu depuis très longtemps.

Après qu'elle a légèrement hocher de la tête, il replaça sa main, qu'il déposa bien à plat afin d'être sûr de bien la maintenir contre lui, ce qui raidit la reine mais fit de son mieux pour ne pas montrer son trouble.

Puis, tout doucement, Robin commença à bouger, Regina le suivit, et il disait vrai : ils allaient si doucement qu'elle se sentit très vite à l'aise. En la voyant suivre ses pas sans difficultés, Robin eut un sourire radieux.

Un sourire qui fit rougir la reine.

- Vous voyez ? Vous y arrivez sans problème.

Regina eut une moue boudeuse.

- C'est parce que nous allons à la vitesse d'un escargot …

- Oh mais je peux accélérer la cadence si c'est ce que vous souhaitez, milady, proposa Robin avec un sourcil arqué de taquinerie.

- Non ! s'écria Regina.

Non. L'escargot, c'était très bien.

Robin ne retenu pas son rire devant sa réaction. Et continua de tournoyer doucement. La musique semblait loin, mais elle était assez forte pour les plonger dans un cocon que Regina commença à beaucoup apprécier.

Soudain, le voleur s'écarta, ramena sa main derrière son dos pendant que l'autre tenait toujours celle de la reine. Celle-ci paniqua à ce changement. Que se passait-il ?!

- Qu'est-ce que vous faites ? dit-elle, sa voix trahissant sa panique.

- Faites-moi confiance, lui sourit Robin.

Il leva son bras relié à celui de Regina, et la fit tourner doucement sur elle-même, faisait alors voler le tissu de sa robe. Et quand elle revint à sa position initiale, Robin reprit ses marques, ainsi que leur rythme lent et lascif.

- Il y avait une chose que je souhaitais vous dire ce soir.

- Ah oui ? s'enquit Regina un sourire en coin étirant ses lèvres. Et qu'était-ce donc, monsieur voleur et donneur de cours de danse ?

Robin resserra sa prise autour de la reine, rapprochant encore un peu leur corps, manquant de frôler la poitrine de Regina, alors que leur ventre se touchaient déjà.

- D'abord, que vous étiez particulièrement magnifique ce soir.

Et encore, il était poli. Il avait envie de lui dire qu'elle était tellement séduisante qu'aucune femme ne serait à la hauteur pour lui faire la moindre concurrence sur sa beauté. Mais il se retient. Il ne veut pas la brusquer avec sa fougue qu'il tentait de maitriser depuis quelques jours.

- Mais aussi qu'il me tardait de me retrouver de nouveau seul avec vous, ajoute-t-il rapidement.

- Comment ça ? demanda Regina, interloqué.

Pourquoi souhaitait-il se retrouver seul avec elle ? La dernière fois ne lui avait pas suffi ? Elle ne comprenait pas son envie.

Robin sembla chercher ses mots. Pour ne pas la brusquer, sans doute. Susceptible comme elle était.

- Lorsque nous nous sommes retrouvés coincé l'un avec l'autre lors de l'attaque des singes volants la dernière fois, je … lorsque nous nous sommes quittés, j'ai ressenti un vide inexplicable, et la première chose que je voulais faire, c'était de vous ravoir auprès de moi, de la même manière que ce jour-là. Ou de ce soir.

Et pour accentuer ses dires, il se colla encore un peu plus à elle, essayant de lui faire comprendre que ce qu'il désirait, c'était sa présence près de lui. Contre lui, aussi, apparemment.

Regina ne sut que dire à ce moment-là. Tout tourna à vive allure dans sa tête, essayant de décrypter les paroles du voleur pour essayer de comprendre sa véritable pensée.

Mais la seule conclusion qu'elle obtenue, c'est qu'il souhaitait tout simplement être avec elle.

Mais pourquoi ? Pourquoi un homme tel que lui souhaiterait s'enticher d'une femme comme elle ?

Elle devait en avoir le cœur net.

- Si je comprends bien, vous … vous avez apprécier ce rapprochement qu'il y a eu entre nous ?

- Oui, acquiesça Robin. J'ajouterais que si nous n'avions pas été interrompu ce jour-là, je crois que je vous aurais embrassé.

Sa dernière phrase eut le don de scotcher Regina. Alors elle ne l'avait pas rêvé. Elle n'avait pas imaginé cette alchimie qui s'était créer entre eux, encore moins ce presque baiser.

Soudain, elle se demanda quel gout pouvait bien à voir ces lèvres recouvertes par endroit d'une barbe de trois jours clairs et particulièrement séduisante.

Mais des doutes viennent alors s'immiscer dans son esprit, brisant alors le souhait de connaitre enfin la sensation de se faire embrasser par l'homme qui hante ses nuits et ses rêves.

Que ce doit être merveilleux, de se sentir désiré et apprécié, au-delà de ce qu'elle a pu être par le passé.

- Je crois que … je crois que je vous aurais laissé faire, laissa-t-elle échapper par mégarde.

Son cœur avait pris les commandes, envoyant valser sa raison et sa retenue. Elle voulait se laisser porter par le désir, la douceur et …

L'amour ?

Surpris par cette réponse inattendu, Robin eut le regard brillant de bonheur.

Il cessa alors de les faire danser, arrêtant progressivement mais sans trop tarder, parce que tout comme Regina à cet instant, il sentait son cœur battre à tout rompre et il fallait qu'il le laisse s'exprimer au plus vite. Il abaissa leurs mains jointes, les gardant pourtant prêt de leurs corps. Puis il remonta sa main jusqu'au visage de Regina, dont il caressa doucement la joue à l'aide de son pouce. La reine ferma les yeux afin d'apprécier à sa juste valeur cette caresse qui la fit frissonner. C'est alors que Robin choisit cette opportunité pour se pencher et poser délicatement ses lèvres sur celles de la reine.

Dès le premier contact, Regina eut envie d'avoir plus. Beaucoup plus. Encore, et toujours plus.

Alors elle entrouvrit les lèvres, Robin fit de même. Leur baiser qui à la base était très chaste, développa bien vite une passion refoulée et dévorante. Regina leva les bras pour s'accrocher au cou du voleur afin d'appuyer encore plus ce baiser si savoureux et délectable, délaissant par la même occasion leur main jointe. Mais Robin ne s'en offusqua pas, et apprécia beaucoup son initiative, car de son côté, il encercla sa taille à l'aide de ses bras fort et musclés. L'emprisonnant au creux de ses bras, collant alors leurs deux corps mutuels l'un contre l'autre.

Pour la première fois depuis longtemps, Regina se sentit merveilleusement bien. Cette sensation d'être désirée de la sorte, avec autant de fougue et de passion, mais surtout, de sincérité, lui donnait l'impression de flotter.

Quand le baiser devint encore plus fougueux, et que leurs langues se rencontrèrent, Regina eut un gémissement suave. Robin sentit une excitation grandissante se créer aux creux de son bas ventre, c'est pourquoi il s'écarta juste assez pour mordiller avec gourmandise la lèvre inférieure de la reine. Celle-ci laissa échapper un profond soupir de plaisir, ce qui laissa l'occasion à Robin de partir à la découverte de son cou.

Afin d'avoir une meilleure prise sur elle, il garda une main dans son dos, caressant par la même occasion sa peau nue, tandis que l'autre alla se frayer un chemin jusqu'à sa mâchoire. Il l'encadra de sa main à la fois douce et rocailleuse et après un dernier baiser fougueux sur ses lèvres, il en déposa des similaires sur la joue, puis au creux de sa mâchoire, avant de descendre progressivement le long de son cou.

Regina tourna la tête sur le côté, arquant ainsi son dos, et laissant un total champ libre au voleur. Les yeux fermés, elle tenta de calmer sa respiration alors que Robin embrassait sa peau, il la mordillait doucement, avant de la suçoter comme pourrait le faire un vampire en manque de nourriture sanguinaire. A nouveau, elle gémit, son cœur battait vite, l'odeur de Robin envahissait ses narines pendant que sa bouche lui faisait vibrer tout son corps.

- Robin, gémit-elle, tout bas.

A l'entente de son prénom dans la bouche de la reine, l'homme se redressa, et observa son visage. Elle était si belle ainsi, les yeux clos, les joues légèrement rosies par l'excitation, les lèvres entrouvertes. Il caressa sa pommette, faisant rouvrir les yeux de Regina. Ils plongèrent chacun dans le regard de l'autre, et Regina se sentit défaillir. Ce qu'elle lisait dans son regard n'avait rien à voir avec ceux qu'il avait l'habitude d'échanger avec elle.

Non, ce regard-là, il était tout aussi profond, sincère et remplit de désir que le sien.

Cette fois, ce fut Regina qui fondit sur ses lèvres, lui sautant littéralement dessus, elle prit d'assaut sa bouche, l'embrassant avec passion. Robin répondit avec la même férocité à son baiser, et la fit reculer jusqu'à ce qu'elle bute contre le mur. La fraicheur de la pierre contre son dos nu la fit frissonner, mais elle n'en avait que faire. Tout ce qui importait en cet instant, c'était les lèvres de Robin contre les siennes.

Le voleur garda toujours une main contre sa joue, l'autre s'était remise contre sa hanche, caressant également sa taille dans un frottement sensuel. Regina, elle, avait glisser sa main dans les cheveux blonds de Robin, les agrippant de sorte à ce qu'elle garde toujours une prise sur lui, veillant à ce que le baiser ne prenne fin.

A présent prisonnière de sa propre passion, Regina dû subir les gestes diaboliquement aguicheurs de Robin. Ce dernier osa coller complètement son corps contre le sien, jusqu'à glisser une de ses jambes entre celles de Regina, malgré l'étroitesse de sa robe. La reine eut un sursaut de plaisir en sentant le haut de son genou venir contre son intimité. Le voleur continua son audace, et quitta la hanche séductrice pour remontrer le long de ses côtes, avant de venir, presque timidement encercler le dessous de l'un de ses seins encore emprisonné dans son vêtement de velours bleu nuit. Il ne dépassa pas la limite d'aller le dégager lui-même de la robe, mais il ne se priva pas de le malaxer à travers le tissu.

Regina allait le regretter, et surtout, elle allait finir par véritablement perdre la tête. Elle allait sombrer dans les limbes du désir, car elle était persuadée que le voleur avait plus d'un tour dans son sac, et était parfaitement capable de la faire jouir bien plus vite que ce qu'elle pourrait bien imaginer.

Cela ne l'empêcha pas d'onduler son bassin contre la jambe du voleur, quémandant toujours plus de contacte et de friction entre leur corps. Ce fut à ce moment-là que la propre jambe de la reine heurta l'intimité de Robin, faisait lâcher un grognement sourd chez l'homme.

L'instant d'après, il n'y avait plus rien.

Regina se retrouva frigorifiée, le corps de Robin loin d'elle, elle ouvrit les yeux, perplexe par cette terrible séparation.

En face d'elle, Robin était haletant, tout comme elle et il s'était réfugié contre le mur d'en face, mettant une sorte de sécurité entre eux. D'accord, mais pourquoi ? C'était tellement bon que Regina en était déjà accro.

- Je suis désolé, s'excusa-t-il rapidement en voyant son regard perdu avant qu'il ne se transforme en colère. Je … je préfère mettre une distance car je … j'ai peur de ne pas pouvoir m'arrêter si nous continuons ainsi …

Alors c'était ça. Ça n'était pas une question d'excitation, il l'était, elle aussi. Mais il avait peur de ne plus pouvoir s'arrêter et de …

Mais Regina ne voulait pas qu'il s'arrête !

- Qui vous dit que je n'ai pas envie que cela se termine ? dit-elle d'une voix rauque causé par le désir.

Elle avait le regard noir d'envie, Robin sut le démarquer de ses autres regards noirs qu'elle utilisait pour le foudroyer du regard lorsqu'elle était en rogne contre lui.

- Je n'en ai pas envie non plus, dit-il alors, rassurant Regina. Seulement, je … j'aimerais faire cela dans les règles. J'aimerais vous courtiser avant de vous faire mienne. Je veux que vous sachiez que je ne suis pas qu'intéressé par un acte charnel entre nous. Je souhaite plus.

Voilà qui était inattendu. Alors il n'était pas qu'un homme bon et gentil, il fallait aussi qu'il soit respectable et honorable en plus de cela ? Décidément, elle avait le don de choisir les hommes au mœurs romantiques et trop bien pour elle.

Ce qui la perturba également, ce sont ses dernières paroles. Il ne voulait plus qu'une simple baise d'un soir, aussi passionnée soit-elle. Il voulait être avec elle. Elle, la méchante reine.

- Je …

- Ne répondez pas tout de suite, lui dit-il en la rejoignant à grand pas.

Il porta ses deux mains à son visage, l'encadrant tendrement et la dévorant des yeux.

- Je ne sais pas ce que vous m'avez fait, mais ce que je sais, c'est que je n'arrive pas à vous chasser de mes pensées. Je vous laisse réfléchir, et quand vous vous sentirez prête, je serais là.

Et pour clore leur moment d'intimité, il lui offrit un dernier baiser sur ses lèvres que Regina savoura avant que la magie de cesse. Puis, il s'éloigna, non sans un sourire, en gardant sa main dans la sienne jusqu'à ce qu'il finisse par la lâcher à cause de la distance qu'il mettait.

Il disparut dans la salle de bal, la laissant seule, sonnée, retournée, fébrile, tout ce qui pouvait décrire son état totalement inhabituel et terriblement grisant.

Elle cligna des yeux, se demandant si elle avait bien vécu cette scène ou si elle avait tout imaginé.

Si c'était le cas, elle devrait définitivement arrêter l'alcool.

Mais histoire de se remettre les idées en place, elle bondit sur ses pieds pour attraper son verre délaissé dans toute cette histoire, et en finit le fond d'une traite. Là encore, elle grimaça de dégout, mais cela avait eu l'effet escompté. Elle jeta un regard dans la salle de bal, et aperçu Robin discuter avec ses hommes des bois.

Il fallait qu'elle aille s'allonger.

.o.

En la voyant se diriger vers ses quartiers, la fée clochette trottina à vive allure pour rattraper la reine.

- Regina !

La concernée se retourna, un peu exaspéré de la voir ici, mais se contenta de rouler des yeux.

- Qu'est-ce que tu veux, Tink ?

La petite fée s'approcha doucement d'elle, et abordait un petit sourire en coin des lèvres que Regina trouva suspect.

- Je voulais simplement te dire que tu devrais lui laisser une chance, à Robin.

La reine écarquilla les yeux à la mention du voleur. Pourquoi disait-elle cela ? Avait-elle remarqué leur alchimie ? Pire encore, les avait-elle vu en train de s'embrasser à l'abris des regards ?

Si c'était le cas, elle voudrait mourir sur place.

- Pourquoi tu me parles de ce voleur de pacotille ? fit-elle semblant de ne pas comprendre.

Mais Tink pencha la tête sur le côté, et prit une mine exaspérée, elle tapota même du pieds, bougeant le petit pompon sur sa chaussure.

- Arrête de faire comme si tu ne voyais pas de quoi je parlais. Je vous ai vu danser et vous embrasser.

Cette fois, Regina n'arriva pas à cacher son effarement. Pourtant, cela ne l'empêcha de continuer à démentir.

- Moi danser avec lui ? L'embrasser ? Et puis quoi encore ? Tu as du sans doute rêver.

Tout comme elle, surement. La scène qu'elle a vécu quelques instants plus tôt lui donnait encore le tournis mais elle n'était plus sûr que ce soit la réalité.

- Je sais ce que j'ai vu. Et j'ai vu aussi que tu n'étais pas indifférente à son charme. Ce que je peux comprendre, il n'est pas laid comme garçon.

Regina la regarda avec un air : sérieusement ? Et Tinkerbell rejeta la tête en arrière.

- Quoi ? J'ai des yeux moi aussi. Mais contrairement à toi, je sais m'en servir. Et je peux aussi te dire que ce que j'ai vu, c'était la chance de ta vie pour être heureuse.

- Je vais bientôt retrouver mon fils, alors rien ne pourra me rendre plus heureuse, trancha Regina.

- Oui, bon d'accord, mais là je te parle d'amour, Regina.

- Je n'éprouve rien pour ce voleur. Rien. Rentre-toi ça dans la tête, et laisse-moi tranquille. J'aimerais aller me coucher.

Elle reprit sa route, laissant la fée derrière elle, mais cette dernière n'avait pas dit son dernier mot.

- Tu comptes lui laisser une chance au moins ?!

- Bonne nuit, Tink, clôtura Regina, agacée.

La fée eut un sourire diabolique.

- D'accord, si tu ne me dis rien, je devrais peut-être aller raconter ce que j'ai vu à la princesse Snow. Je suis sûr qu'elle sera très intéressée de savoir que tu fricotes avec Robin des Bois.

Elle avait dit cela en haussant les épaules d'une façon qui se voulait indifférente. Et elle obtenue ce qu'elle voulait. Non loin d'elle, Regina s'était figée sur place, avant de se retourner et de foncer jusqu'à elle.

- Tu ne vas rien raconter à Snow, ou je te jure que je te ferais avaler tes satanés clochettes !

Si la brunette aux yeux verts bien reconnaissable et qui porte le nom d'une tempête de neige apprend cela, elle allait faire un massacre. Un véritable massacre. Et cette fois, elle ne la louperait pas, la princesse !

Et la fée clochette qui allait avec.

Cette dernière eut un large sourire, qui faisait rager la reine.

- Donc tu avoues qu'il s'est bien passé quelque chose entre vous ?

Regina ferma les yeux et serra les poings. Elle était coincée, elle ne pouvait plus faire semblant maintenant.

Et puis, quitte à le dire à quelqu'un, autant que ce soit à Tink et non à Snow. Tink, elle, sait garder un secret comparé à certaines.

- Oui, lâcha-t-elle simplement.

Cela sembla suffire à la fée puisqu'elle tapota dans ses mains en sautillant de joie. Regina l'attraper par les épaules pour la faire cesser son petit manège.

- Mais vas-tu te calmer, oui ?!

- Désolé, mais si tu savais combien j'attendais ce moment. Ecoute-moi bien Regina, tu n'as pas intérêt à laisser passer ta chance, pas encore une fois. Tu me dois bien ça après ce que j'ai vécu.

Regina baissa les yeux de honte en repensant à l'état dans laquelle elle avait trouvé la fée au pays imaginaire.

- Car si tu te défile encore, je te jure, et ceux sans vergogne, que je parle de toi et Robin à Snow, et je l'envoie à tes trousses jusqu'à ce qu'elle te tue avec sa niaiserie !

La reine fut un instant choqué par les propos de la fée, surtout qu'elle la pointait du doigt avec un air aussi menaçant qu'elle-même sait les faires.

Il faut croire qu'elle donne un bon exemple, apparemment.

- Et crois-moi je n'hésiterais pas ! ajoute-t-elle.

Regina soupira. Elle avait bien envie d'écouter la fée et de laisser son cœur être porté par les bras forts du voleur.

Mais elle avait une crainte.

- Qui me dit que ce sera forcément le bon ?

Tink ne s'attendait pas à ce genre de réponse, si bien qu'elle abaissa son doigt et repris une expression faciale plus douce.

- Ça, tu ne peux le découvrir qu'en essayant. Il faut que tu arrêtes d'avoir peur d'être déçu où blesser, je sais que ça été dur pour toi. Mais tu t'en es relevé, et là, une nouvelle chance s'offre à toi. Tu dois la saisir. S'il te plait, ne la laisse pas passer.

Le ton presque implorant de la fée la toucha. Elle semblait si décidée à ce qu'elle soit heureuse.

- Pourquoi est-ce que tu tiens tant à ce que j'accède au bonheur ? lui demanda-t-elle sur un ton doux.

Parce qu'elle n'avait plus la force de lui crier dessus.

- Parce qu'il y a longtemps, je me donnée comme mission de trouver l'amour à une reine déchue. Je suis une fée, mon devoir et de rendre les gens heureux. C'est ce que je veux pour toi.

Regina ne cacha pas sa gratitude. Que quelqu'un se démène autant pour qu'elle retrouve l'amour et surtout foi en l'amour, c'était terriblement agréable. Elle se sentait entourée, et aimée.

Une sensation qu'elle avait du mal à s'habitué, mais qui était terriblement addicte.

- Il m'a demandé de réfléchir à un … avenir entre nous, lui confia-t-elle soudainement sur le ton de la confidence.

Les yeux de la fée s'illuminèrent de joie.

- Ah ! Je le savais ! Je le savais ! Alors, que vas-tu lui répondre ?!

- Je ne sais pas encore, rétorqua Regina en fronçant les sourcils.

Ce qu'elle pouvait être indiscrète, parfois.

- D'accord, hocha de la tête Tink. Alors réfléchis bien, parce que si tu veux mon avis, un homme, aussi séduisant que Robin, qui te séduit mais qui te laisse le choix de poursuivre une relation avec lui, ça ne court pas les rues. J'ai déjà parlé avec lui, et tout le monde autour de moi clame que c'est un homme bon et juste. Tu ne peux pas rêver mieux.

Je sais, pensa-t-elle. C'était bien ça le problème, il était trop bien pour elle. Elle ne méritait pas un homme tel que lui.

- Bon, je vais te laisser. Mais s'il te plait Regina, vraiment, donne-lui sa chance. Je suis intimement persuadé que tu ne le regretteras pas.

Regina soupira doucement, et lui offrit un petit sourire.

- Je vais y réfléchir Tink, c'est promis.

Et puis, elle s'enfuit presque pour aller s'enfermer dans ses appartements. Elle s'appuya contre les portes closes, et laissa sa tête retombée sur le bois, et ferma les yeux.

Dans quel merdier elle s'était encore fourrée ?!

.o.

Allongée dans son lit, pendant que l'horizon pointait le bout de son nez, Regina ne trouvait pas le sommeil. C'était impossible pour elle, pas après la soirée qu'elle avait vécue.

« Laisse-lui une chance. »

Regina se retourna entre ses couvertures. La voix agaçante de la fée clochette ne cessait de tourner en boucle dans sa tête. Ressassant cette phrase en particulier, elle lui donnait de plus en plus raison.

Devrait-elle se laisser tenter ? C'est vrai, Robin est quelqu'un de bien, il est beau, gentil, il a un fils adorable.

Regina pourrait faire une liste longue comme son bras à lui trouver tous les atouts qu'il possède. A croire qu'il n'a aucun défaut.

Oh si, il est impertinent, insolent, insistant, borné, tout comme elle. Bon, il n'est pas parfait, mais disons que des défauts ont un effet sulfureux sur elle.

Mais en dehors de ça, il était tellement prévenant.

« … j'aimerais faire cela dans les règles. J'aimerais vous courtiser avant de vous faire mienne. Je veux que vous sachiez que je ne suis pas qu'intéressé par un acte charnel entre nous. Je souhaite plus. »

Il lui laissait le choix. La possibilité de s'investir dans une relation. Il voulait quelque chose de stable. Et de passionnel si elle se fiait à l'échange buccaux auquel elle à eut droit.

Et alors, quel échange !

Elle n'avait jamais ressenti ce genre de sensation lorsqu'elle embrassait un homme. Pas même avec Graham, qui pourtant, était conditionné pour qu'il soit parfait. Mais Graham n'avait pas son cœur, il n'était qu'une coquille vide, et il est mort à présent.

Oui, parce que tu l'as tué, n'oublie pas, lui souffla sa petite voix dans sa tête.

Elle soupira. Le seul homme qu'elle n'ait jamais aimé (en dehors de son père et de son fils bien sûr) c'était Daniel. Et leur relation était pure, innocente, nouvelle. Ils n'échangeaient que de léger baiser dès que sa mère avait le dos tourné. C'est-à-dire, que très rarement. Ils n'avaient pas eu le temps de concrétiser leur relation par un mariage. Nan, sa mère s'en était chargé pour elle.

Le premier homme avec qui elle à coucher, c'était le père de Snow. Un vieil homme qui avait l'âge d'être son père. Elle se souviendrait toujours de cette nuit-là.

Regina ferma brutalement les yeux. Non, elle ne voulait pas se remémorer la nuit ou elle a été violée après s'être fait marier de force. Non. Elle était forte, elle avait fait tuer cet homme, il avait payé pour son crime, et elle s'en réjouissait encore.

Pense à Robin, lui souffla à nouveau sa conscience.

Oui, ça, c'était déjà nettement mieux. Lui et ses cheveux blond foncé, lui et ses beaux yeux bleus. Lui et ses pommettes, lui et ses pattes d'oies aux coins de son regard malicieux.

Lui, lui, et encore lui …

« Laisse-lui une chance. »

Oui, il pourrait la rendre heureuse.

C'est avec cette dernière pensée que Regina finit enfin par s'endormir alors que le soleil était déjà levé.

.o.

Il s'est passé quelques jours avant que Regina ne revoie Robin.

Déjà, il fallait qu'elle se remette de cette nuit blanche passé au bal. Eh oui, elle avait beau tenir encore la route, le retour de la médaille par contre, était parfois très douloureux. Elle avait dormi presque toute la journée, somnolant après avoir discrètement ramené quelque chose à manger des cuisines. Elle n'avait croisé personne. Enfin, elle avait pris soin d'éviter toute personne, y compris Snow-White qui lui avait littéralement sauté dessus lorsqu'elle avait daigné de sortir de sa chambre.

En deuxième point, c'est parce qu'elle travaillait d'arrache-pied pour mettre au point leur solution afin de rentrer à Storybrooke. A savoir : lancé une malédiction.

Le hic, c'est qu'il fallait écraser de l'être que l'on aimait le plus au monde. Et c'était Snow et David qui souhaitaient porter ce fardeau. Regina leur avait promis de trouver un autre moyen pour qu'aucun d'eux ne meurt. C'est pour cette raison aussi que le deuxième jour suivant le bal, elle avait rassemblé tous ses grimoires et avaient lu tout ce qu'elle pouvait, afin de trouver une solution à ce dilemme.

Mais rien. Elle n'avait rien trouvée.

Et c'était bien ça le problème.

Cela allait retarder leur départ. Elle n'était pas près de retrouver Henry.

C'est pourquoi, ce jour-là, après avoir passé une bonne partie de la nuit à relire ses grimoires, et quelques peu épuisé. Qu'elle daigna se mêler aux autres. Enfin, une façon de parler. Elle entra dans la grande salle aménager en réfectoire. Tout le monde était présent, a déjeuner et bavarder joyeusement. Son entrée se fit remarquer.

Pour la discrétion, on repassera, se dit-elle en pénétrant dans la pièce et affichant un visage impassible.

Elle avança entre les rangées, ignorant royalement les regards de travers, et ne répondant que très brièvement au sourire de Snow et de son prince. Tout ce qu'elle voulait, c'était attraper quelque chose à manger et sortir prendre l'air avant de se remettre à ses recherches.

Alors qu'elle allait dépasser la dernière tablée, une main s'accrocha à son bras, la stoppant dans sa marche, et tourna la tête.

C'était lui.

- Milady, s'exclama Robin en se levant d'un bond.

Regina fut si surprise qu'elle n'osa pas bouger. Son regard bleuté la pénétra si profondément qu'elle eut soudainement la gorge sèche, et elle déglutit avec difficulté.

- J'avais pensé que nous pourrions …

- Pas ici, murmura Regina en regardant autour d'elle, paniqué à l'idée de parler avec lui en public.

D'un signe de la tête, elle lui montra un couloir, le même ou ils avaient dansé ce soir-là. Robin acquiesça, et la suivit sans plus discuter. Le temps du trajet, le voleur s'était rapproché d'elle, et Regina pouvait parfaitement sentir son odeur si charismatique et propre à lui-même.

Lorsqu'ils arrivèrent dans le couloir silencieux et désert, Regina se retourna pour faire face à l'homme qui hantait ses pensées. Et encore une fois, son regard la troubla.

- Je suis content de vous voir, sourit Robin en s'appuyant contre le mur. Je commençais à croire que vous m'évitiez.

Regina eut un sourire mental. Oui, presque.

- Disons que j'ai été très … occupé, répondit-elle.

Et ce n'était qu'un demi mensonge. Elle admettait volontiers que le revoir trop tôt l'angoissait un peu, mais les recherches qu'elle menait lui prenait énormément de temps.

Robin hocha la tête, acceptant sa réponse, puis, doucement, il laissait glisser sa main contre le mur pour venir entrelace ses doigts avec ceux de Regina. A son contacte, la reine eut un sursaut, mais laissa faire le voleur, ce dernier en profita donc pour se rapprocher un peu plus, créant une intimité qu'il recherchait désespérément. Elle se sentait si stupide de réagir aussi viscéralement. On dirait une adolescente en pleine émoi. Ça en devenait ridicule.

- A propos de l'autre nuit, commença le voleur.

Oh ça y est, le moment fatidique est arrivé. Il allait lui dire que finalement, tout était une erreur, que ce n'était qu'une illusion, qu'il ne voulait pas s'enticher avec une femme aussi démonique, qu'il …

- J'espère sincèrement que je ne vous ai pas contrarié, continua Robin en caressant la main de la reine. Parce que, je n'ai pas cessé de penser à vous.

Regina leva son regard sur lui, entrouvrit les lèvres et secoua la tête. Non, il ne l'avait pas contrarié, au contraire, il l'avait véritablement flattée. Ses paroles étaient restées gravées dans sa mémoire, elle ne risquait pas de les oublier.

- Non, aucunement, simplement je … je …

Bordel, mais pourquoi est-ce qu'elle n'arrive pas à aligner plus de trois mots en sa présence ?!

- Dites-moi, l'encouragea-t-il en levant leurs mains jointe pour déposer un baiser chaste sur la sienne.

Ce geste si romantique aurait pu lui donner la nausée, si ce n'était pas Robin qui le faisait.

- Je … je n'ai pas pour habitude d'être courtiser de la sorte, dit-elle gênée en évitant son regard.

- Est-ce que cela vous déplait ?

- Non ! rétorqua vivement Regina. Non, absolument pas, je … je ne suis pas très à l'aise avec ces choses-là, c'est tout, avoua-t-elle avec une rapidité hors du commun.

Ça, Robin l'avait parfaitement deviné, c'est pourquoi un petit sourire étira le coin de ses lèvres.

- Ça ne fait rien, je peux m'en occuper pour nous deux.

Touchée par ses mots, et se sentant fondre devant ses belles paroles, elle regarda un instant sa bouche, avant de presser ses lèvres contre les siennes. Robin soupira d'aise face à son initiative, et entoura sa taille à l'aide de son bras pour la rapprocher de lui. Regina délaissa la prise qu'avait le voleur sur sa main pour venir poser ses deux mains à plat sur son torse. Robin encercla complètement sa taille et approfondit le baiser en entrouvrant plus largement ses lèvres.

Lorsqu'ils se séparèrent, Regina se sentit plus légère malgré ses joues qui prirent feux.

- Qu'est-ce que vous voyez en moi ? lui demanda-t-elle en plongeant à nouveau dans ses yeux.

- Eh bien, la même chose que vous, j'espère. Une seconde chance.

Pour la première fois depuis longtemps, elle sourit. Un véritable sourire. Un de ceux qu'elle ne réservait qu'à son fils, d'ordinaire.

- Le voilà, sourit à son tour Robin en passant ses doigts dans sa chevelure ébène, replaçant une mèche derrière son oreille. Voilà ce sourire que j'espérais tant voir.

La reine détourna les yeux mais garda ce sourire.

- Il est vraiment délicieux à regarder.

- Êtes-vous toujours aussi … flatteur ?

- Pas d'ordinaire, mais il faut croire que vous m'inspirez, majesté.

Ils échangèrent un regard complice, et Robin se pencha à nouveau pour l'embrasser. Regina accueilli son baiser avec plaisir, se pressant un peu plus contre lui. Mais un raclement de gorge les sorti brusquement de leur torpeur, Regina se retourna alors et écarquilla les yeux en reconnaissant le prince, et s'écarta vivement du voleur.

- David, dit-elle entre ses dents, puis se racla la gorge. Bonjour.

- Bonjour Regina, répondit prudemment le prince.

Il jeta un œil curieux et étonné à Robin qui lui souriait avec une politesse innée, alors qu'il s'était accoudé au rebord de la fenêtre.

- Snow et moi-même aimerions savoir si tu aurais trouvé quelque chose par rapport à …

- J'y travaille, coupa Regina d'une voix agacée.

David leva un sourcil en croisant les bras.

- C'est ce que je vois, dit-il simplement, avec un sourire en coin.

Regina le foudroya du regard. Mais, quitte à choisir, elle préféra que ce soit David plutôt que son agaçante de femme.

- Donc je peux dire à Snow que …

- Que je viendrais vous faire un rapport détaillé lorsque j'aurais trouvé quelque chose, aboya-t-elle sur le prince.

Ce dernier hocha la tête.

- Bien, dans ce cas, je vais …

- Oui, faites, l'encouragea Regina.

Une fois qu'il fut parti, Regina soupira longuement. L'espace d'un instant, elle avait oublié sa principale mission : trouver un moyen de lancer la malédiction sans causer la mort de qui que ce soit. Elle pouvait remercier Robin pour sa distraction.

Robin pencha la tête sur le côté, et releva doucement son menton.

- Est-ce que tout va bien ?

La reine crue défaillir. Comment pouvait-elle résister à ce genre d'attention ? Il était définitivement parfait. Sur le moment, elle lui dirait que oui, tout allait bien. Qu'elle allait bien. Mais elle sentait au fond d'elle qu'elle pouvait tout lui dire, qu'elle pouvait se confier sans crainte.

- Non, pas vraiment, dit-elle avec les larmes aux yeux.

Parce qu'elle était fatiguée de devoir se montrer forte et dire qu'elle ne souffrait pas, alors qu'elle pensait tous les jours à son fils perdu et qui avait oublié qui elle était pour lui. Pour elle, rien n'était plus cruel.

- Je suis dans une impasse, j'ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne trouve pas la solution qu'il nous faut et ça … ça veut dire que je ne reverrais jamais Henry, lâcha-t-elle fébrilement.

Elle se sentait si vulnérable à ce moment-là qu'elle remercia intérieurement la présence de Robin. Rien que cela, c'était beaucoup pour elle. Le voleur comprit sa détresse, et lui caressa tendrement la joue avant d'encadrer son visage pour capter son attention.

- Je suis sûr que vous y arriverez. Et vous retrouverez votre fils. Il faut que vous gardiez espoir, Regina.

La concernée eut un petit sourire. Il avait les mots justes pour la réconforter. Mais avant qu'elle ne se mette à pleurer, elle inspira profondément, essayant de chasser sa tristesse.

- Je devrais me remettre au travail. Ils comptent sur moi pour trouver la réponse.

Elle s'apprêtait à s'enfuir, comme elle sait si bien le faire, mais c'est sans compter sur Robin qui n'avait pas dit son dernier mot.

- Attendez, dit-il en la retenant par la main.

Surprise, Regina se retourna et accueilli son baiser avec joie. C'était tout ce dont elle avait besoin. Un geste de sa part qui puisse lui donner la force dont elle avait besoin. Regina transforma le baiser en un ballet de langue sensuel, la ramenant à cette soirée ou l'excitation était à son comble. Quand ils se séparèrent pour reprendre leur souffle, ils collèrent leur front l'un contre l'autre, Robin caressait la pommette de la reine à l'aide de son pouce.

- Pourrons-nous nous voir bientôt ?

Regina redressa la tête, et lui offrit un large sourire.

- Oui, ce serait avec plaisir.

Et pour sceller cette promesse, elle l'embrassa une dernière fois, avant de s'éloigner doucement, gardant comme la dernière fois, sa main dans la sienne tout en reculant.

- Bonne chance pour vos recherches.

Un sourire de plus, sincère et vrai, et leurs mains se quittèrent.

Elle était définitivement conquise.