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Me revoici avec un nouveau chapitre dans les temps cette fois-ci !
Merci pour vos reviews ~ Je réponds ici aux personnes sans compte pour les PM :
Rox : Haha, quand Sirius est déterminé il peut être un véritable roc ! Et pour ce qui est du projet de Dumbledore évoqué précédemment par McGo, la réponse se trouvera à la fin du chapitre prochain ;)
Ana Snape : On va encore être plongé dans les imbroglios de la relation entre Sirius et Severus un bon moment (quinze chapitres normalement), la réalité ne va pas leur tomber dessus tout de suite. Bon, par contre une fois qu'elle sera là elle va taper fort... Profitons d'un peu de répit et de légèreté d'ici là !
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Partie I
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Chapitre 8
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Severus se retourna dans son lit. Encore et toujours ces fichues insomnies. Et à cause de quoi, hm ? Ou plutôt, de qui ? Certes, Severus souffrait d'insomnies depuis de longues années – la faute à son enfance torturée – mais, clairement, Black n'arrangeait rien à son problème à l'heure actuelle.
Severus avait du mal à réaliser que le gryffondor l'avait à nouveau embrassé. Pour la deuxième fois. Et que lui, il n'avait eu d'autre choix que de partir pour ne pas céder à l'envie de répondre à ce baiser... Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? La folie de Black avait bel et bien fini par l'atteindre, pensa-t-il. Même si au fond Severus savait parfaitement qu'un trouble mental n'a rien de contagieux, il s'accrocha néanmoins à cette explication. Parce que sinon quoi ? Il aurait dû admettre... qu'il avait véritablement eu envie d'embrasser Black ? Que ce désir lui appartenait pleinement ? Hors de question. Jamais Severus n'aurait pu admettre une chose pareille. Être attiré par Sirius Black... L'un des fléaux de sa jeune existence...
Son esprit divagua, et il revit des images de ce qu'il s'était passé un peu plus tôt dans la soirée. Black s'approchant de lui. Black l'embrassant. La sensation de ses lèvres contre les siennes... Son souffle se mêlant au sien...
Severus rabattit sa couverture, agacé, avant de se perdre à nouveau dans ses pensées bien malgré lui. Cette fois ce furent des images de ce qui aurait pu se passer qui s'imposèrent à son esprit. S'il avait répondu au baiser... S'il avait goûté à ses lèvres...
Severus se mit une baffe mentale.
Il ne devait penser à tout ça, et ne devait même pas y prêter attention. Ça finirait par passer – de toute façon, tout ça n'était qu'une grossière erreur, rien de plus. Severus tenta de se persuader que lui et le gryffondor oublieraient ce qu'il s'était passé et que jamais plus cela ne se reproduirait.
C'est alors qu'il se figea : il se rappela qu'il était censé avoir une dernière session de travail avec Back le samedi suivant. A cette idée il se sentit blêmir.
Severus se leva précipitamment, chassant cette pensée. Non, il ne se passerait rien de cet ordre samedi prochain. Il ne penserait même pas à cette éventualité une seule seconde.
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Le lundi matin, pendant le cours habituel de potions, Sirius se perdit à nouveau dans la contemplation de son camarade de serpentard. Il avait parfaitement remarqué que ce dernier s'était appliqué à éviter son regard, l'ignorant royalement lorsqu'ils s'étaient croisés dans la file d'élèves attendant d'entrer. Sirius avait eu envie d'aller le voir mais, bien sûr, il s'était retenu : il était inenvisageable que ses amis le voient ainsi sympathiser avec Snape. Pour autant, Sirius n'empêcha pas son imagination de s'emballer : il aurait très bien pu aller vers le serpentard, l'attraper par le bras et le tirer dans un coin des cachots pour finir ce qu'ils avaient commencé il y a deux jours et que Snape avait interrompu bien trop tôt.
Sirius soupira mentalement. Par moments, il avait tout de même encore du mal à croire que tout ça était bien réel. Qu'il ait réellement eu envie d'embrasser Snape et soit passé à l'acte... Qu'il ait aimé ça... Et que donc la réponse à la question s'il trouvait Snape désirable était bel et bien : oui...
Aussi perturbante que pouvait être cette réalité, Sirius l'acceptait plus facilement maintenant qu'il était persuadé que c'était réciproque : la fuite de Snape, bien que frustrante sur le moment, n'avait trompé personne. Et maintenant qu'il avait cette certitude à l'esprit, l'envie ne revenait que d'autant plus forte.
Sirius dut faire tous les efforts du monde pour prendre son mal en patience à l'idée qu'il ne pourrait rien tenter avant le samedi suivant, qui lui semblait être dans une éternité. A cet instant, vivre dans le présent lui semblait être une véritable corvée.
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« Réunion spéciale Maraudeurs ! » hurla James lorsqu'il entra dans le dortoir en ce samedi ensoleillé.
Sirius, Remus et Peter, qui étaient paisiblement en train de préparer des feux d'artifices faits maison – ils devaient s'y prendre plusieurs mois à l'avance afin de constituer un stock conséquent en vue de leur dernier jour de fin d'études – laissèrent tomber leur tâche un instant pour relever la tête.
« Et en quel honneur ? » demanda Sirius.
James eut un de ses sourires typiquement espiègles. Il s'assit en compagnie de ses trois camarades de chambre et les regarda tour à tour.
« J'ai trouvé, dit-il alors sur le ton de la confidence.
- Vraiment ? demanda Remus.
- Ça y est ? » demanda Peter en écho.
James hocha la tête vigoureusement.
« J'ai trouvé les sorts à combiner aux laxatifs ! » confirma-t-il.
Cela faisait un moment que cette idée de farce leur trottait en tête. Faire ingérer aux serpentards des laxatifs à leur insu était déjà en soi hautement hilarant aux yeux des quatre gryffondors, toutefois ils avaient peaufiné leur projet en y ajoutant une touche de subtilité et de militantisme. De fait, après avoir acheté un lot conséquent de laxatifs, ils avaient ensuite dû chercher des sorts permettant d'enrober la molécule puis de la déclencher à un moment particulier. Ou plutôt, avec des mots particuliers : les maraudeurs avaient fait la détestable liste de toutes les insultes utilisées par les serpentards à l'encontre des nés-moldus afin de les associer aux médicaments, ceci dans le but de leur déclencher de violentes diarrhées à chaque prononciation.
La recherche de sortilèges avait été laborieuse et, du point de vue de Sirius, régulièrement entravée par les occupations amoureuses des autres maraudeurs. Mais, finalement, James venait de trouver comment ensorceler les pilules. Il ne manquait plus qu'à jeter ces fameux sorts puis à glisser les médicaments dans le prochain repas des vert-et-argent...
James sortit deux livres de son sac et les ouvrit aux pages qu'il avait cornées. Les trois autres se penchèrent sur les ouvrages : deux sorts seraient à utiliser afin de mettre en application leur idée. Les quatre maraudeurs se regardèrent d'un air entendu.
« Ok, dit alors James en redressant ses lunettes sur son nez. Il va nous falloir une intense session privée de sortilèges pour mettre tout ça en place. On s'y colle cet après-midi ? »
Remus et Peter hochèrent la tête, mais pas Sirius.
« Cet après-midi ? demanda-t-il.
- Ouaip, répondit son meilleur ami.
- Mais vous n'avez pas des trucs de prévus ? Genre avec les filles et tout ? »
Ses trois camarades répondirent à Sirius d'un même mouvement de tête négatif.
« Pourquoi, répliqua James avec un clin d'œil, toi oui ?
- Ben, répondit Sirius quelque peu embarrassé. C'est juste que, on est samedi aujourd'hui... Donc cet après-midi je dois retrouver Snape pour le devoir de potions. »
James roula des yeux.
« Quoi, tu ne peux pas laisser tomber Snivellus ?
- Non » répondit Sirius automatiquement.
Les trois autres lui lancèrent un regard interrogateur.
« ...Si on ne finit pas ce fichu devoir aujourd'hui je vais l'avoir sur le dos encore plus longtemps » ajouta-t-il précipitamment.
C'était la première excuse qui lui avait traversé l'esprit. Sirius ne pouvait clairement pas avouer qu'il avait envie de voir Snape.
« Bon, mais quand alors ? souffla James. Il faut qu'on le fasse tous ensemble ! Et demain je dois passer la journée avec Lily... »
Sirius se sentit l'agacement – à moins que ce ne soit de la jalousie ? – monter en lui. James ne pouvait-il pas pour une fois faire passer les maraudeurs avant son intello de rouquine ? Néanmoins Sirius restait tout de même excité à l'idée de voir leur nouvelle farce se réaliser, alors...
« Ce soir ? proposa-t-il. Une fois que j'aurais terminé avec Snape ? »
Cela sembla convenir et Sirius se sentit soulagé de n'avoir à renoncer à aucun de ses deux projets.
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Peu de temps après, Sirius partit pour son fameux rendez-vous. Sur le chemin de la salle d'études, il se demanda quelle serait la meilleure attitude à adopter avec le serpentard aujourd'hui. Sûrement ne valait-il mieux ne pas y aller trop directement, ce pauvre Snape était parfois si sensible... Il valait probablement mieux faire comme si de rien n'était, comme si ce qu'il s'était passé la dernière fois n'était qu'une sorte de rêve lointain, et s'attabler sagement pour travailler... Dans un premier temps du moins. Car si Sirius était capable de prendre sur lui un minimum, il n'en restait pas moins un gryffondor déterminé.
Une fois devant la porte il s'arrêta un instant, envahi d'un doute. Et si Snape n'était pas venu ? S'il avait préféré fuir plutôt que d'affronter un nouveau moment en sa compagnie ? Sirius sentit son estomac se tordre désagréablement à cette idée. Il décida d'en avoir le cœur net et, après une grande inspiration, il pénétra dans la salle d'études.
L'éternel feu de cheminée grondait dans l'âtre, illuminant la pièce. Les tables et les bancs étaient là eux aussi. Et, comme d'habitude, un certain serpentard était déjà installé, penché sur ses parchemins. A ce constat, Sirius se sentit sourire.
Il s'installa nonchalamment aux côtés de son acolyte, le saluant rapidement, et sans plus de cérémonie il sortit ses propres affaires pour travailler. Snape avait redressé la tête et le regardait d'un air soupçonneux, mais il ne fit aucun commentaire. Seules ses épaules crispées le trahissaient tandis qu'après un instant de figement il retournait à sa rédaction.
Sirius travailla dans le calme, parfaitement studieux, totalement concentré sur leur devoir de potions. Il faisait tout son possible pour suivre son plan : ne pas brusquer Snape, lui faire suffisamment baisser sa garde, avant d'aborder le vif du sujet une fois qu'ils seraient enfin débarrassés du devoir.
Severus quant à lui restait sur ses gardes : le gryffondor était beaucoup trop calme, ce qui était particulièrement louche. Il dissimula son trouble derrière son travail appliqué et fit son possible pour ne pas se laisser déstabiliser à chaque fois que Black ouvrait la bouche.
« Tu aurais la date du ralliement des clans de vampires au Code International du Secret Magique ? » lui avait par exemple lancé Black à un moment, d'un ton désinvolte, sans même lever les yeux de sa copie.
« 1692 » avait lâché Severus du bout des lèvres, tandis qu'il avait regardé le gryffondor simplement hocher la tête et ajouter la date en question sur son parchemin.
Les questions et commentaires de Black suscitaient de la méfiance chez Severus, mais à chaque fois il ne vit rien à analyser ni à interpréter dans ses propos. Sûrement se prenait-il trop la tête : la subtilité n'avait jamais été l'apanage des gryffondors. C'est d'ailleurs pour cela que Severus avait imaginé que Black lui aurait d'entrée de jeu reparlé de leur séance de révision de la dernière fois. Mais non. Et tandis qu'ils continuaient, le gryffondor n'y faisait toujours aucune allusion. Severus n'osa pas croire que son souhait – celui que Black ait oublié ce qu'il s'était passé entre eux précédemment – se soit réalisé, et préféra rester sur le qui-vive jusqu'à la toute fin de leur entrevue.
Au bout d'une heure et demi, le rouge-et-or mit un point final à sa rédaction.
« Fini ! » s'exclama-t-il.
Sirius regarda le serpentard à ses côtés, qui avait apparemment terminé avant lui puisque celui-ci était en train de relire ses propres notes. Il n'eut droit qu'à un regard en biais agrémenté d'un haussement de sourcil, avant que Snape ne continue sa relecture. Sirius patienta d'un air le plus détendu possible, comme si ça ne le dérangeait pas du tout que le vert-et-argent le snobe ainsi.
Il tendit les parchemins qu'il avait rédigé vers Snape. Le serpentard consentit à prendre l'écrit de Sirius pour l'assembler au sien, formant ainsi la version finale de leur devoir commun de potions. Bien sûr, Snape – ce maniaque du contrôle, pensa Sirius – ne put s'empêcher de relire ce qu'avait écrit le gryffondor. Celui-ci prit donc, encore, son mal en patience.
Finalement, après un temps qui sembla durer une éternité, il releva le nez des parchemins.
« Oui, bon. Ça devrait aller » dit-il en scellant les feuilles ensemble magiquement.
Sirius lui lança un regard
« Ça devrait aller ? Snape, avec le travail qu'on a fourni, on va avoir un Optimal.
- ...Peut-être » concéda le vert-et-argent.
Il rangea le devoir dans son sac – bien sûr il n'allait pas le laisser à Sirius, il devait avoir bien trop peur que celui-ci le perde, renverse du thé dessus, ou même le mâchouille par inadvertance... Sirius ne se vexa pas pour autant et prit un air désinvolte.
« Bon. Et on fait quoi maintenant ?
- On range nos affaires et on s'en va, répliqua Severus tandis qu'il commençait effectivement à ranger son matériel.
- Vraiment ? demanda Sirius. Tu n'as rien trouvé de mieux ?
- C'est vraiment ce qu'il y a de mieux à faire, assura le serpentard.
- Tu manques cruellement d'imagination Snape. Personnellement, j'avais pensé à tout autre chose.
- Je ne veux pas entendre ce que ton esprit malade a bien pu imaginer.
- Pas besoin d'entendre, je peux te montrer. »
D'un mouvement du bassin, il se rapprocha de quelques centimètres en direction de lui sur le banc. Severus sentit son rythme cardiaque s'accélérer.
« Black, arrête ça, ordonna Severus en voyant son petit manège.
- Ça quoi ? » demanda Sirius tout en se rapprochant à nouveau de quelques centimètres du vert-et-argent.
Celui-ci se décala dans la direction opposée à Sirius.
« Ça, répéta-t-il en désignant son avancée sur le banc.
- Hm, fit Sirius tout en faisant mine de regarder derrière le serpentard. Il va falloir que j'arrête en effet, parce que sinon tu vas finir par tomber du banc. »
A ces mots Severus regarda derrière lui, ce qui laissa l'occasion à Sirius de se rapprocher encore un peu plus ; et, à peine le vert-et-argent eut-il retourné la tête dans sa direction, prêt à protester, qu'il se figea immédiatement : le rouge-et-or était beaucoup trop près de lui et son regard rivé au sien était bien trop intense.
Sirius ne savait pas vraiment ce qu'il faisait. Enfin, si : il était en train de céder à cette envie qui, bien que perturbante, le taraudait un peu trop depuis la semaine précédente. A nouveau il enclencha cette sorte d'interrupteur mental qui éteignit tous ses doutes, ses questionnements, pour seulement laisser la place à ce désir...
« J'ai envie de t'embrasser. »
Le gryffondor avait lâché ces mots avec une franchise que Severus trouva tout à fait déconcertante. Il se trouva à court de mots : en effet, au fond de lui il était paralysé au milieu d'un combat opposant son envie de céder à la tentation d'une part, et celle de coller son poing au milieu de la figure de Black d'autre part.
Le gryffondor sembla prendre ce silence pour un assentiment et, doucement, se pencha vers lui. Trop près, beaucoup trop près, hurla une alarme dans le cerveau de Severus ; mais son corps refusa de bouger. Alors, fatalement, il vit les lèvres de Black se rapprocher, jusqu'à les sentir se poser sur les siennes.
Severus fit de son mieux pour tenir bon. Pour ne pas bouger, ne pas donner à Black ce qu'il voulait. Ne pas se laisser emporter par ce que ses sens lui transmettaient. Doux. Humide. Fruité. Les lèvres du gryffondor étaient un peu trop tentatrices pour son pauvre cerveau malmené qui tentait encore de lutter.
« Black, dit-il en se reculant d'un petit centimètre à peine, et d'un ton ayant perdu quelques degrés d'assurance. C'est une très mauvaise idée.
- J'adore les mauvaises idées » répliqua l'autre tout en se penchant à nouveau vers lui.
Le rouge-et-or l'embrassa de plus belle. Et, alors, Severus ferma les yeux. Juste un instant. Juste une seconde, il se laissa emporter par la sensation des lèvres qui bougeaient contre les siennes, ces lèvres qui l'embrassaient, le goûtaient, se faisaient plus pressantes...
L'alarme au fond de l'esprit de Severus tenta de revenir en force quand il sentit la langue de Black lui demander l'accès à sa bouche. Il se sentit répondre et le baiser s'approfondit, leurs langues se rencontrant, se caressant timidement au début, puis apprenant lentement et sensuellement à danser ensemble...
Severus aimait se voir comme quelqu'un de fort, droit dans ses convictions. Bien sûr Severus restait un être humain et pouvait se montrer faible par moment ; mais par moment seulement. Et lorsqu'il sentit le corps du gryffondor se rapprocher un peu plus et frôler le sien, avec sa chaleur qui irradiait au travers des couches de tissus, cette fois l'alarme résonna dans tout son espace mental et, dans un sursaut de lucidité, il décida que l'instant de faiblesse devait prendre fin. Maintenant. Avant que les choses risquent de déraper il ne savait où.
Il mit brusquement fin au baiser et se leva d'un bond, fuyant le regard surpris du gryffondor. Severus regarda autour de lui à la recherche de son sac, qu'il attrapa avant d'enjamber le banc.
Sirius cligna des yeux, abasourdi, essayant difficilement de comprendre ce qu'il venait de se passer au cours des deux dernières secondes écoulées.
« Snape ? » appela-t-il dans une tentative d'obtenir une explication.
Son sac sur l'épaule, celui-ci lui tournait déjà le dos et avait avancé vers la sortie.
« Snape ! Hé ! Tu peux pas partir comme ça ! » insista Sirius, éberlué.
Le serpentard ne sembla consentir à se retourner qu'à grand-peine et haussa un sourcil en direction de Sirius, qui fit son possible pour garder son air le plus digne.
« Bien sûr que si je peux, trancha le vert-et-argent.
- Mais non !
- Si, Black. L'instant de folie est passé, c'est fini.
- Mais... attends ! » s'exclama-t-il tandis que Snape repartait en direction de la porte.
Sirius était abasourdi et frustré. Il avait pris sur lui tout ce temps, et voilà que Snape s'échappait, là, juste comme ça ? En lui disant simplement « C'est fini » ? Mais quel hypocrite ! Le serpentard était revenu aujourd'hui en sachant pertinemment ce qu'il se passerait. Il en avait tout autant envie que Sirius – simplement il était lâche, contrairement au gryffondor. Et tous deux savaient pertinemment que cela se reproduirait.
Sirius eut un petit rire ironique à cette pensée.
« Tu dis c'est fini... Enfin, jusqu'à samedi prochain quoi » lâcha-t-il pour pointer l'hypocrisie du vert-et-argent.
Cette fois le serpentard se retourna vers lui.
« Il n'y aura pas de samedi prochain Black, répondit-il. Je te rappelle que le devoir est terminé. »
Ah. Oui. Le devoir. Au cours de la dernière minute écoulée, ce paramètre lui était quelque peu sorti de l'esprit... Et, bien sûr, ils ne se voyaient que pour le devoir.
« Hm, oui, et bien... »
Sirius avait l'impression que la situation lui échappait. Que Snape lui échappait. Ça ne pouvait pas finir comme ça ! Il fallait qu'il lui dise quelque chose, là, maintenant.
« On pourrait quand même se retrouver ici » dit-il alors en en prenant un air nonchalant qu'il était en réalité loin de ressentir.
Le serpentard s'immobilisa et lui lança un regard indéchiffrable.
« Je n'en vois pas l'intérêt. »
Puis il ouvrit la porte et partit sans demander son reste.
Sirius quant à lui resta bêtement planté là, offusqué. Snape n'en voyait pas l'intérêt ? L'hypocrisie du serpentard ne connaissait-elle donc aucune limite ? Sirius se sentit alors en colère et, bien qu'il eut du mal à l'admettre, quelque peu blessé dans son ego de s'être ainsi fait rembarrer.
Une question se forma alors dans son esprit, lui faisant écarquiller les yeux.
Venait-il de se faire plaquer par Snape ?
Sirius se secoua. Bien sûr que non. Il s'était certes passé ce qu'il s'était passé avec le serpentard mais ça avait été juste comme ça, sans conséquence et surtout sans attente. Évidemment. Pourquoi en aurait-il été autrement ? Sirius ravala sa blessure narcissique et cette absurde question, les fourrant au fin fond d'un tiroir mental doublement fermé à clé ; puis il releva le menton et partit de son air le plus digne en direction de la tour gryffondor.
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Severus maîtrise à la perfection l'art du "céder un peu mais trop", et continuera à faire tourner Sirius en bourrique un certain temps (enfin, ce sera assez réciproque, héhé).
Le prochain chapitre sera un chapitre de transition, lors duquel on se concentrera un peu plus sur les Maraudeurs et leur fameuse farce hautement intelligente, avant de revenir à la relation entre Sirius et Severus...
Bonne fin d'année, et à bientôt !
