Histoire: Une Touche de Couleur dans le Gris

Livre 1 : Nuancer le noir.

Date: 5 février 2017, corrigé le 19/04/2021

Beta: Elda et Kira

Fandom: D Gray Man

Avertissement: Non, je ne possède pas D Gray Man et je ne fais aucun profit avec cette histoire.

Résumé: Après avoir atterrit au XIXème siècle, Estelle se rend rapidement compte qu'elle s'est fait engager par la famille Kaamelott, fondamentalement, les méchants de DGM. Prenant le nom d'Eve, elle devient alors la dame de compagnie de Tricia Kamelott. Maintenant que sa vie est un peu moins chaotique, Eve réfléchit à son arrivée dans ce monde et prend la décision de se faire son propre avis sur les personag... personnes du manoir malgré sa connaissance du manga. Elle prend cependant vite conscience de la différence sociale des femmes à cette époque et commence à avoir peur pour son avenir surtout lorsque débarque Road et sa manie de tout transformer en quelque chose d'extrêmement flippant.

Triger du chapitre: Mention d'enfants maltraités et à la rue.


De nouveaux Noahs ? Déjà ?!

Bonne lecture !


Chapitre 5 : Les jumeaux Belle

Dimanche 25 Janvier 1885

«J'ai maaaaaaal»

Me retournant dans mon lit, j'enfonçais ma tête dans mon oreiller pour crier un bon coup. Hier, j'avais eu la malheureuse surprise de la visite de mon cadeau mensuel. Oui, surprise, car cela faisait pile un mois que j'étais arrivée en ce monde et je les avais complètement oubliées. Hé, ce n'était pas ma faute ! Jamais personne ne les mentionne dans les romans… Honnêtement, j'avais un peu l'espoir qu'elles auraient... disparues… Oui, juste comme ça.

Comme on dit, l'espoir fait vivre…

Déjà que d'habitude, mes règles n'étaient pas une partie de plaisir, mais là… c'était les plus douloureuses que j'avais jamais eu ! Pire que lorsque je m'étais enfoncée un tesson de verre dans l'avant bras ! Roulée en position fœtale, un coussin dans mes bras, j'étais crispée sur mon lit, attendant que la douleur se calme. Bien sûr, il n'y avait pas de spasfon ou doliprane ici, à peine quelques tisanes au goût amer que m'amenait régulièrement Tricia. Ah, en parlant de Tricia, voyez l'ironie, elle se portait comme un charme pour une fois ! Toute joyeuse, elle avait prévu de braver la neige pour aller à la messe aujourd'hui. Et logiquement, j'aurais été obligée de l'accompagner. Malheureusement…ou heureusement… non vraiment malheureusement, j'avais commencé à me sentir mal peu après le déjeuner, samedi.

Tricia, très inquiète, était passée en mode mère poule et avait insisté pour que j'aille me coucher directement. Elle avait finalement passé l'après-midi à mon chevet à me lire un recueil de poésies en anglais auquel je n'avais strictement rien compris. Oh, je m'étais bien améliorée dans la langue, c'est vrai, mais essayez de comprendre la subtilité des comparaisons d'une poésie en vieil anglais en étant malade et on en reparlera après. Finalement, je m'étais endormie d'ennui au doux son de sa voix et je m'étais réveillée ce matin avec un mal de ventre de tueur et une grosse tâche rouge sur les draps.

Je vous dis pas la honte lorsque j'avais réalisé qu'il n'y avait aucun moyen que je nettoie ça seule comme à mon habitude parce que merde, il n'y avait pas l'eau courante ! Par contre, honte de ne pas pouvoir m'en occuper moi même, hein, pas des règles. Sérieusement, c'était déjà assez énervant de souffrir, si en plus il fallait que je me sente gênée 6 jours par mois pour la majorité de ma vie… Non vraiment, je n'avais jamais eu aucun problème pour en discuter avec les autres ou de m'en plaindre lorsque je les avais. Cependant, étant littéralement dans une autre époque où la femme était majoritairement considérée comme le sexe faible, uniquement bon à perpétuer la race humaine, je ne savais absolument pas comment ils allaient réagir. Non, vraiment pas, parce que même si j'étais au manoir depuis un mois, je n'avais jamais vu personne confronté à ce genre de problèmes. Ni Clarisse alors qu'on avait partagé une chambre une semaine, ni Tricia alors que je l'aidais littéralement à se préparer tous les matins. D'ailleurs, comment les femmes faisaient elles pour s'en occuper à cette époque ? Il n'y avait pas encore de cup ou de tampon… des culottes lavables ? Comme les couches de bébé ? Pourquoi diable est-ce que j'en connaissais plus sur les bébés au dix-neuvième siècle que les règles, ça, ça me dépassait...

En tout cas, j'espérais que les blanchisseuses avaient un bon détachant.

Tricia m'avait finalement trouvée debout devant mon lit, le regard dans le vague et avait pris les choses en main. Les femmes de chambres étaient venues et reparties, Tricia m'avait fait un thé que lui faisait sa grand-mère, absolument immonde, mais étonnamment utile pour la douleur et j'étais retournée dans mon lit, cette fois propre. Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant dépendu de quelqu'un… Tricia s'était ensuite installée à mon chevet, avait pris une de mes mains dans les siennes et avec un ton trop doux, s'était mit à m'expliquer ce qu'il m'arrivait. Les yeux ronds, je l'avais fixé pendant qu'elle discourait sur le faite que j'étais une femme maintenant, que les règles allaient m'arriver tout les mois, que ça durait environ cinq jours, qu'il fallait cacher tout ça et… c'était tout. Rien sur le cycle menstruel, la possibilité d'enfanter, les différences entre homme et femme, etc, etc… Ah, si, une seule chose de plus : elle m'avait simplement dit de mettre le plus de jupons possible pour absorber le sang lorsque je sortais du lit pendant mes règles.

« Ne t'inquiètes pas Eve, toute les femmes passent par là, tu vas t'y habituer. » Dit-elle en me tapotant la main lorsqu'un véritable regard de pure horreur s'étala sur mon visage à l'histoire des jupons. Non mais non mais pas du tout ! Des jupons ?! Wow, déjà c'était pas la joie les règles au XXIème siècle mais là c'était… invivable. Okay, j'avais dit que j'essayerais de m'adapter à l'époque mais il ne fallait pas exagérer non plus ! Me demandant si je devais faire mon propre cours d'éducation sexuelle à Tricia, je décidais finalement de laisser ça de côté pour une autre fois et je demandais plutôt à mon employeur si je pouvais emprunter de quoi coudre. Il était temps de mettre à l'épreuve mes capacités de couturière...

Deux heures plus tard et Rosina essayait subtilement d'emmener sa maîtresse dans sa chambre pour qu'elle puisse s'apprêter pour la messe mais Tricia hésitait à m'abandonner. Clairement, les "premières règles" c'était toute une affaire pour elle mais je finis par la faire céder et de mauvaise grâce, elle se rendit à l'église avec Sheryl. Elle attendait tellement ça, je n'allais pas lui gâcher sa journée ! Et puis, hum, ça me permettrait de respirer un peu parce que Tricia était très gentille, oui, mais un peu trop peut-être...

Mais donc bref, revenons à nos moutons…

« J'ai maaaaal… » je gémis une nouvelle fois en serrant mon ventre plus fermement.

« J'ai du thé si tu veux. » dit tout à coup une voix derrière moi. Je sursautais violemment, me tirant un nouveau gémissement de douleur.

« Road, il faut vraiment que tu arrête de faire ça. » Je marmonnais en roulant sur mon côté gauche pour pouvoir voir la fillette. « Tu n'es pas à la messe ? »

« Non, c'est ennuyant. » Dit-elle en s'asseyant sur la chaise près de mon lit. « J'ai dit à mère que je restais m'occuper de toi parce que j'étais inquiète. » Dit-elle avec un sourire de contentement. « Thé ? »

« De rien pour l'excuse. » Je dis, amusée, avant de me traîner pathétiquement sur le matelas pour m'appuyer contre la multitude d'oreillers placés contre la tête de lit. Je vous l'avais dit, Tricia était une mère poule. Quand je fus un peu mieux installée, j'attrapais la tasse et la soucoupe que me tendait Road.

« Merci » je dis en avalant une gorgée tout en grimaçant. « Urgh, c'est horrible. » Road sourit avant de boire sa propre tasse de thé qui avait une couleur bien différente de la mienne.

« Je ne peux pas avoir la tienne plutôt ? » je priais Road en regardant sa tasse avec envie.

« uh~uh Mère a dit que tu devais boire cette tisane là. Elle a dit que ça te ferait du bien. » Dit-elle beaucoup trop amusé. Fusillant la tasse des yeux, j'acquiesçai de mauvaise grâce avant de me pincer le nez et d'avaler tout d'un coup. Frissonnant de dégoût, j'attrapais avec reconnaissance le petit gâteau que me tendait Road, histoire de changer de goût. Soupirant d'aise, je me blottis plus confortablement dans la pile de coussin derrière moi, me sentant déjà mieux. Je ne savais pas si c'était l'effet placebo ou si cette tisane marchait vraiment bien mais peu importe tant que je n'avais plus l'impression qu'on tentait de m'extraire le vagin à la truelle.

« Alors, que veux-tu faire ? » Je demandais à Road. « De préférence, quelque chose où je peux rester dans mon lit. »

Road pencha la tête sur le côté curieusement. « Tu veux bien jouer avec moi ? »

Je la regardais bizarrement. « Tu n'es pas venue pour ça ? »

Elle sourit tout à coup, sauta de la chaise et courut hors de la chambre sans dire un mot. Quelques secondes plus tard, elle revint toujours en courant et se rassis à mon chevet, une petite boîte dans les mains. L'ouvrant, elle en sortie quelques feuilles et des crayons de couleur qu'elle déversa sur mes genoux.

« Dessine moi quelque chose ! » demanda-elle en agitant ses jambes sous sa chaise. « Je vais le colorier ensuite. » Regardant la feuille d'un aire vide pendant quelques secondes en pensant au Petit Prince, je tournais ma tête vers Road.

« Je veux bien, mais tu vas t'ennuyer en attendant… oh, je sais ! Tu connais le jeu du Cadavre Exquis ? » Attendez, est-ce que ça existait déjà ? Je ne me souvenais plus trop de quand ce jeu avait été inventé, mais il me semble que c'était pendant le courant du surréalisme donc… pendant la première moitié du XXème siècle ? Urgh, les dates… Bah, ce n'est pas grave, ce n'est pas comme si "inventer" un jeu plus tôt allait poser problème, seul Road en aurait connaissance après tout. Devant l'expression intriguée de la petite fille, je commençais à lui expliquer les règles, lui proposant d'en faire deux en même temps pour qu'on puisse s'appliquer et que l'autre n'attende pas trop.

« On peut aussi faire le même jeu avec des phrases, mais comme tu veux colorier, autant le faire avec des dessins. » Je lui dis en lui tendant une feuille de papier et en rapprochant les crayons d'elle pour qu'elle puisse les utiliser sans difficulté. Très vite, Road se prit au jeu et lorsque Tricia vint nous voir après son retour de la messe, nous étions toutes les deux en train de rire en regardant le dernier résultat de notre collaboration, un monstres infâme qui ressemblait à Bill Cipher pour ma partie et suspicieusement à un akuma pour celle de Road. J'avais fait comme si je n'avais rien remarqué, évidemment.

Tricia fit monter le repas dans ma chambre et on mangea toutes les trois tout en lui montrant nos « chef-d'œuvre ». Enfin les moins blasphématoires d'entre eux. Je n'étais pas sûr que Tricia prenne bien nos démons et Road semblait être du même avis que moi vu qu'elle n'avait pas relevé mes omissions… Amusée, Tricia décida de participer elle aussi et je proposais d'ajouter la version de l'écriture en plus du dessin. Vers cinq heures, Sheryl, surpris par le calme de la maison, toqua à la porte et nous proposa de prendre le thé. Même si j'étais complètement à l'aise avec Tricia et, dans une moindre mesure, Road, j'avais très peu parlé à Sheryl à part pour le mémorable épisode du crayon et de la messe. J'avais du mal à comprendre le personnage, je n'arrivais pas à savoir s'il m'appréciait ou pas, alors je préférais passer le moins de temps possible en sa compagnie. Prétextant la fatigue, je convaincs Tricia et Road d'aller prendre le thé avec Sheryl pendant que je me reposais. Cependant, Road avait laissé ses crayons en partant. Ne résistant pas à un peu de couleurs, je dessinais jusqu'à ce que je me sente véritablement fatiguée.


Dimanche 1 février 1885

Quelques jours plus tard, j'étais enfin débarrassée de cette douleur débilitante, au point même d'accepter un nouveau jeu de cache-cache qui finit sensiblement pareil que la dernière fois, c'est-à-dire, ma personne allégrement plaquée au sol par Road. Cependant, cette fois, je pris bien garde à éviter le bureau de Sheryl, même si je savais pertinemment qu'il n'était pas au manoir, l'ayant vu partir en toute hâte tôt ce matin. Lorsque mes genoux semblaient à deux doigts de ne plus pouvoir supporter une nouvelle rencontre avec le sol, je proposai à Road de continuer l'histoire des Généraux de l'armée des Roses. Depuis cette première fois il y a près de deux semaines, Road et moi avions bien étoffé notre terrain de jeux, ajoutant à la ville des coffres et celle du lit, le palais Royal de l'armoire, le village de la porte et le hameau des rideaux. Aujourd'hui, nous avions prévu de découvrir un nouveau pays par delà le village de la porte, en emmenant notre armée aux confins du dangereux couloir. Après près de deux heures d'explorations tumultueuse, on dû cependant abandonner la partie pour rejoindre Tricia pour le thé.

« …et puis Eve a empêché la démoniaque Maléfique de jeter une malédiction sur nos troupes. Alors j'ai profité de son acte héroïque et j'ai transpercé la méchante sorcière avec l'épée magique qu'on avait trouvée dans la ville du lit ! » Finit Road en mimant un coup d'épée avec sa main. Tricia laissa échapper un rire amusé et se tourna vers moi. J'avais depuis longtemps cessé de me préoccuper de ce qu'elle pensait des jeux de… garçons que nous jouions avec Road. Si Tricia avait semblé un peu froide quant au sujet au début, maintenant elle était tout simplement heureuse que Road ait un compagnon de jeux. Elle avait même participé une fois à un de nos jeux en tant que princesse en détresse !

« Vraiment Eve, je ne sais pas comment vous faites pour avoir autant d'imagination ! » dit-elle tout en sortant un mouchoir pour essuyer la bouche de Road qui s'en était mis partout.

« Oh, hé bien, je lis beaucoup... » ou en tout cas je lisais beaucoup de manga, de fanfics, de roman… «…et Road m'aide énormément à construire l'histoire. » Tricia sourit et ouvrit la bouche pour répondre mais quelques coups rapides à la porte la coupèrent dans son élan. Au « Entrez ! » de Tricia, la porte s'ouvrit pour laisser passer un Sheryl quelque peu fatigué.

« Ah, Tricia, Road, vous êtes là. » Dit-il en ouvrant la porte un peu plus large mais en restant toujours sur le seuil. « C'est parfait. Notre ami a encore recueilli des enfants, Feu Lord Belle les avaient adoptés mais avec tout ce qui est arrivé récemment, Lucie n'a vraiment pas le temps de prendre soin d'eux… Quoi qu'il en soit, je leur ai proposé de les accueillir ici quelques temps, je vous présente David et Jasper, je vais les… »

« Devit et Jasdero » Marmonna tout à coup une voix derrière Sheryl. Ce dernier se retourna vers la voix, me permettant enfin d'apercevoir deux jeunes garçons maigres et couverts de bleus. Ils étaient pourtant propres et bien habillés, mais plusieurs bandages leurs couvraient les mains et le front. C'était difficile de deviner leur âge avec leur peau cirée et leurs os saillants, ils étaient évidemment malnutris, mais je pensais qu'ils devaient être plus jeunes que moi de trois ou quatre ans. En tout cas, on ne pouvait nier qu'ils étaient frères, peut-être même jumeaux. Leur ressemblance était frappante, ils faisaient la même taille et avaient tous deux les cheveux et les yeux noirs. Derrière Sheryl, ils se tenaient la main, mais un des garçons se trouvait un peu devant l'autre avec une expression renfrognée sur le visage. Son frère était un peu en retrait, la tête baissée et les cheveux lui recouvrant les yeux. Ils ne pouvaient pas être plus grands que mon coude et si je ne les avais pas entendu dire leur noms quelques secondes plus tôt, jamais je n'aurais pu reconnaître les infâmes jumeaux du lien. Il y avait cependant une petite chose qui me dérangeait... Les colorants capillaires existaient déjà à cette époque ? Non, parce que j'étais persuadé que Jasdero avait les cheveux blonds…

« Nous en avons déjà parlé David, ce ne sont pas des noms appropriés pour votre nouvelle classe sociale. Vous ne vivez plus dans la rue. » Répondit dédaigneusement Sheryl. Je ne savais pas comment Devit pouvait continuer à lui envoyer un regard aussi noir, Sheryl ne s'adressait même pas à moi et je tremblais déjà à son ton de voix autoritaire. Cependant, Devit ne fit que se recroqueviller davantage, rentrant le cou et lâchant la main de Jasdero, les crocs dénudés et les genoux pliés, comme s'il était prêt à attaquer comme un animal. Sheryl se raidit, nous jetant rapidement un coup d'œil. Cependant, avant que Devit ou Sheryl ne puissent se jeter l'un sur l'autre et partir en bataille de Noah, Tricia se leva d'un coup et s'agenouilla devant les jumeaux.

« Bonjour Devit, Jasdero. » Dit-elle d'une voix douce. « Je m'appelle Tricia, je suis l'épouse de Sheryl et à la table derrière moi, il y a ma fille, Road, et ma bonne amie, Eve. » Road agita la main avec un grand sourire à la mention de son nom et je fis de mon mieux pour esquisser un sourire calme et avenant.

« Tricia ma chérie, ne les encourage pas, tu sais bien que… » Commença Sheryl d'une voix agacée.

« Voyons Sheryl, tous les enfants ont des surnoms, regarde Road. Nous les appellerons David et Jasper lorsque nous serons en… bonne compagnie, et ce seront les noms écrits sur leurs papiers d'identités, mais entre nous, nous pouvons bien les appelés comme nous le voulons. » Sheryl soupira mais asquieça aux demandes de sa femme. Tricia lui fit un doux sourire avant de se retourner vers les deux garçons, essayant de les tirer dans une conversation avec l'aide de Road.

Moi cependant, j'étais resté dans mon siège parce que…

Les papiers d'identités.

Les putains de papiers d'identités.

Merde, je n'existais littéralement pas dans ce monde ! Je ne pensais même pas qu'il y en avait à cette époque ! Je me rappelais vaguement qu'il y avait des livrets de travail pour les ouvriers, et que l'église enregistrait les naissances de leurs villes mais… Ça c'était en France et dans notre vrai XIXème siècle. Comment ça se passait en Angleterre dans cette ère victorienne revisitée ?

Enfin bon, ce n'est pas grave, pas de panique ! J'avais déjà dit que je ne me souvenais de rien, et ça devait être franchement très difficile de trouver quelqu'un dans toute la France sans internet. Même en étant un noble richissime. Ou un Noah avec accès illimité à des milliers d'Akuma. Oh Merlin…

« Eve » dit tout à coup Road à côté de moi en me tirant la manche, me faisant sursauter hors de ma tête.

« Pardon, je me suis perdue dans mes pensées. Qu'y a-t-il ? » Je demandai à Road, remarquant que Tricia et les deux garçons n'étaient plus dans la pièce. Seul restait Sheryl, près de la porte qui nous observait, le visage blanc de toute émotion.

« Mère est allée montrer leur chambre aux jumeaux. Tu viens jouer ? » Demanda Road. Clignant des yeux, je lui souris, hocha la tête et la suivit en dehors de la pièce avec une salutation maladroite à Sheryl. J'avais survécu plus d'un mois en ce monde sans papier, ça pouvait bien attendre quelques heures de plus, non ?


On sort de l'arc "arrivée" et on entre dans l'arc des "Jumeaux" ! il durera trois chapitres.

Pensez aux reviews et rendez-vous le cinq du mois prochain !