Histoire: Une Touche de Couleur dans le Gris
Livre 1 : Nuancer le noir.
Date: 5 mai 2017, corrigé en septembre 2021
Beta: Elda et Kira
Fandom: D Gray Man
Avertissement: Non, je ne possède pas D Gray Man et je ne fais aucun profit avec cette histoire.
Résumé: Après avoir atterrit au XIXème siècle, Estelle se rend rapidement compte qu'elle s'est fait engager par la famille Kamelott, fondamentalement, les méchants de DGM. Prenant le nom d'Ève, elle devient alors la dame de compagnie de Tricia Kamelott et l'aide dans ses tâches quotidiennes. Maintenant que sa vie est un peu moins chaotique, Eve réfléchit à son arrivée dans ce monde et prend la décision de se faire son propre avis sur les personag... personnes de ce nouveau monde malgré sa connaissance du manga. Elle prend cependant vite conscience de la différence sociale des femmes à cette époque et commence à avoir peur pour son avenir surtout lorsque débarque Road et les jumeaux...
Trigger du chapitre: Rien de terrifiant! Juste une bataille de boule de neige trop intense et une femme à qui on aimerait bien donner des claques.
C'est quand tu n'arrives pas à penser à un titre que tu te rends compte qu'il ne se passe vraiment rien dans un chapitre...
Bonne lecture !
Chapitre 8 : Un temps pour la famille
Samedi 28 février 1885
Le souffle court, les mains tremblantes et les yeux grand ouverts, je me cachais derrière un arbre. Sursautant à un bruit à ma gauche, je regardais précipitamment sur le côté, serrant le bâton dans ma main droite. N'entendant plus rien, je glissais lentement ma tête à l'extérieur de mon petit abri.
Personne.
Le cœur battant dans ma poitrine, les jambes tremblantes à cause de la peur : j'avançais. Un pas, un deuxième, rien. Soupirant en me traitant d'idiote, je marchais un peu plus sûre de moi, jusqu'à trottiner vers la fin de la forêt. Il n'y avait toujours aucun bruit et je commençais à m'inquiéter. Arrivé à la lisière des arbres, je pus enfin voir le derrière du manoir et la grande pelouse couverte de neige qui l'entourait. Il n'y avait toujours rien. Les yeux perçant, je scrutais les alentours, marchant précautionneusement pour ne pas tomber.
Les restes du massacre étaient encore bien présents à l'œil, et je déglutis difficilement en apercevant une des poupées de Road dépasser d'un monticule de neige. M'approchant de la poupée, je la ramassais de ma main gauche, ma droite tenant encore fermement mon bâton au cas où. Soudain, j'entendis des traces de pas derrière moi. Terrifié, je me tournais tout en faisant un pas en arrière, directement dans le monticule, me faisant trébucher.
Mal m'en prit, car aussitôt trois boules de neiges s'écrasèrent d'un coup sur ma poitrine, me coupant efficacement la respiration et me faisant voler au sol. Crachotant de la neige, je n'eu même pas le temps de bouger un doigt qu'un petit poids se jetait sur mon ventre me tirant une grimace.
« Je t'ai euuuu~ » chantonna Road en approchant sa tête de la mienne avec un regard psychotique. Derrière elle, les jumeaux nous observaient, les bras encore chargés de boules de neiges.
Frissonnant (et pas qu'à cause du froid) je laissai échapper un soupir dramatique en laissant retomber ma tête dans la neige. « J'abandonne, vous avez gagné… » je leur dit avant de pousser légèrement Road sur le côté. Excitée, celle-ci se leva en criant de joie sautillant autour des jumeaux en riant. Du coin de l'œil, je vis ces derniers se frapper dans les mains en souriant pendant que Road m'aidait à me relever.
Les raccompagnant au manoir pour que nous puissions nous mettre au chaud, (bien que je semblais être la seule à trembler de froid, merde les gênes Noahs,) je contemplais les trois dernières semaines dans mon esprit. Les jumeaux avaient fait un sacré chemin depuis leur arrivée. Eux d'abord si timides, ne voulant même pas sortir de leurs chambres étaient devenus petit à petit plus ouverts. Certes, ils ne voulaient toujours pas être seuls avec Sheryl, (ça peut se comprendre…) mais ils cherchaient la compagnie de Tricia et jouaient même avec Road sans que je ne sois constamment présente. Depuis peu, ils mangeaient même avec la famille au lieu de se terrer dans leur chambre.
Cela faisant, j'avais retrouvé une partie de mon temps libre l'après-midi n'étant plus tous les jours appelée à jouer avec Road ou les jumeaux ou même les trois. J'avais pu recommencer à dessiner m'amenant à réfléchir sérieusement à du matériel plus approprié. Dans mon… « ancienne vie », je n'avais pas de matériel extraordinaires, seulement quelques critériums et une boite de 12 crayon de couleur Faber-Castell. Il faut dire, ça n'était pas une priorité auparavant, je n'étais pas très bonne en dessin. Disons que j'étais amplement satisfaite de mon niveau pour le peu de temps que j'y passais. Mais ici, j'en avais à revendre alors c'était le moment de m'y mettre sérieusement ! Maintenant que je gagnais de l'argent et que je n'avais pas besoin de l'utiliser pour le couvert et le logis, je pouvais bien m'autoriser quelques dépenses... J'avais toujours voulu tester la peinture à l'huile ou l'aquarelle… et puis, il n'y avait plus de jeux vidéos (Breath of the wild… nooon…) ni de manga ou de tablette graphique pour repousser leur achat !
Et puis, j'étais bien décidé à rendre son stylo à Sheryl.
Bref.
Nous venions à peine de passer la porte du manoir, soupirant joyeusement à la chaleur, qu'une voix nous arrêta dans nos mouvements : « Mon dieu, que vous est-il arrivé ? » s'écria Tricia en descendant précipitamment les marches du grand escalier, Sheryl suivant paresseusement à sa suite. C'est sûr que nous ne devions pas faire un très beau tableau : quatre enfants, de 8 à 16 ans (ou 17 ?), trempés et saupoudrés de neige, la tremblote aux membres et la goutte au nez.
« On a fait une bataille de boules de neige ! » Cria Road en se jetant sur son père qui l'attrapa également, habitué par les élans de sa fille. « C'était super ! Et puis Eve nous a montré comment ils font des bonhommes de neige en France, avec des carottes et les vêtements de l'oncle Tyki ! » dit-elle en serrant son père, le mouillant au passage. A ses mots, Sheryl me jeta un regard, un sourcil élégamment levé. Avant que je ne puisse bafouiller quoi que ce soit, il sourit, amusé, avant de porter Road dans ses bras et de la faire tourner avec force éclats de rires. J'étais toujours surprise de voir à quel point son comportement changeait lorsqu'il était avec Road. Il semblait tout de suite plus joyeux et taquin contrairement à son profond dédain et sérieux lorsqu'en contact avec d'autres gens...
Hum, enfin bref, comment est-ce que j'étais censée savoir qu'ils ne faisaient pas des bonhommes de neige avec des carottes dans D. Gray Man ? Non, parce que je suis presque persuadée que j'avais déjà vu des crayonnés du XIXème siècle où il y en avait… et puis pour les vêtements, ce n'était pas ma faute. C'est Road qui était revenu avec un chapeau haut de forme et un gilet quand j'avais dit que c'était dommage que nous n'avions pas d'écharpe. Bon j'avoue, en tant que plus âgée, j'aurais dû être la plus responsable (quoique Road… ?) mais j'avais toujours rêvé de faire un bonhomme de neige comme dans les films, je ne pouvais pas passer l'occasion !
« …grande ! et puis après, on s'est tous les trois alliés contre Eve et on lui a envoyé les boules de Neige quand elle a ramassé la poupée et on a gagné ! » Continuait à dire Road, racontant toute notre après-midi à une vitesse hallucinante. Me retenant de rougir de gêne, je m'agitait maladroitement près des jumeaux alors qu'ils étaient inspectés sous toutes les coutures par Tricia.
« Je suis contente que vous vous soyez amusés mes chéris, mais vous allez attraper froid comme ça... » Dit Tricia en soupirant, voyant bien qu'elle ne pouvait pas dire grand-chose d'autre. En même temps, ce n'était pas la première fois que nous revenions trempés après une bataille de boules de neige un peu trop intense « Allez, tous à l'étage ! Rosina, pourriez-vous faire remplir les bains pour les enfants ? Mettez-y l'huile que Madame Trablinsky m'a ramené d'Inde, je pense qu'ils en ont besoin. » Demanda Tricia à sa femme de chambre qui attendait patiemment derrière sa maitresse. Cette dernière s'inclina et s'empressa d'aller faire comme dit alors que nous étions tous les quatre poussés dans l'escalier menant à l'aile de la famille.
« Vraiment, quelle idée de jouer aussi longtemps dehors, vous allez être malade... » Marmonna Tricia en décollant Road de son Mari avant de l'entraîner à notre suite. En tout cas, Tricia était en pleine forme et il n'y aurait pas moyen de couper à la visite à l'église le lendemain matin. Moi qui l'avais pourtant évitée si longtemps…
Arrivés à l'étage des maîtres, Tricia demanda au nouveau majordome des jumeaux, Barnabas Quinton, un trentenaire sérieux et peu loquace arrivé à peine deux semaines plus tôt, de s'occuper des jumeaux. De mauvaises grâces, les deux garçons suivirent l'homme mais j'étais prête à parier qu'ils s'enfuiraient à la moindre occasion. Heureusement pour la sérénité du manoir, ils semblaient apprécier Barnabas même s'ils le trouvait un peu ennuyant. Malheureusement pour le majordome, ils n'étaient toujours pas fan des bains et essayaient de s'y soustraire dès que possible.
« Jeune Maîtresse, le bain est prêt.» Annonça Marie, la femme de chambre de Road et la petite fille sautilla vers sa chambre alors que Tricia me tirait vers la sienne, n'écoutant pas un seule de mes refus timide. Il faut dire, je n'y mettais pas beaucoup de force, ayant hâte de pouvoir profiter d'un bon bain chaud, un luxe incommensurable à cette époque ! Et, wow, incroyable, Rosina l'avait préparé à la température parfaite. Soupirant d'aise, je me laissais couler dans le bain, l'appréciant encore plus que dans mon propre siècle. Je comprenais enfin l'adage sur le bonheur venant des petites choses de la vie.
Deux heures plus tard, j'étais assise sur le sol devant le feu, jouant aux cartes avec les jumeaux, alors que Road brossait mes cheveux sur le canapé derrière moi. Sur le fauteuil à notre gauche, Tricia lisait un livre en face de Sheryl qui examinait certains papiers administratifs. En soit, ce n'était pas la première fois que je participais à une scène semblable, des moments de ce type ayant eu lieu plusieurs fois pendant les dernières semaines, mais je me sentais toujours un peu mal à l'aise au milieu de cette famille si unie. Finissant, pour la troisième fois, présidente de notre jeu de cartes, (j'avais appris le trouduc aux jumeaux. Hey, c'était un des seuls jeux où j'avais un bon taux de réussite !) je laissais les jumeaux finirent pour fixer mon regard sur Sheryl. Je ne savais pas trop comment aborder le sujet de mon congé. Sur le papier, je n'avais jamais pris un seul jours de vacance depuis trois mois, mais en vrai, j'avais beaucoup plus de temps libre que les autres employés de la maison et je me demandais si ce ne serait pas impoli d'en demander plus.
Avant que je ne puisse statuer sur la question cependant, Sheril, qui devait sentir le poids de mon regard, releva la tête et plongea ses yeux dans les miens. « Miss Campbell ? » demanda-t-il curieusement en baissant légèrement la feuille qu'il tenait pour me donner toute son attention. Toussant légèrement pour m'éclaircir la voix, je parlais avec ce que j'espérais être de l'assurance : « Hum, je me demandais si je pouvais aller en ville pour m'ach… » Je commençais avant de me faire couper par Road.
« Ah oui c'est vrai ! Mère, nous devons absolument aller chez le tailleur ! » Dit-elle en se tournant vers Tricia qui semblait surprise de l'agitation soudaine. « Vous ne croiriez pas l'état dans lequel est sa garde robe, l'instant est critique ! »S'exclama-t-elle alors que je laissais échapper un air outré. Critique, critique…elle était très bien ma garde robe, merci beaucoup !
« Non, je pensais plutôt à acheter du matériel de dess… » je murmurais désespérément sentant la situation s'échapper de mes doigts avant de me faire couper une nouvelle fois.
« Oui, je vois ce que tu veux dire Road, nous ne pouvons pas laisser la pauvre Eve ainsi ! Ho, je sais, nous n'avons qu'à y aller demain après la messe. » dit Tricia toute heureuse sans que ni Sheryl ni moi n'ayons pu en placer une. De mon côté, je ne savais pas si je devais être terriblement gênée ou agacée. Choisissant exaspéré, je m'affalais sur le siège derrière moi en essayant désespérément d'ignorer le regard amusé de Sheryl.
« Si vous vous sentez bien demain, je n'y vois pas d'objection. Je pense même que c'est une merveilleuse idée. Pendant ce temps, j'accompagnerais David et Jasper chez notre ami pour une visite. » dit Sheryl, aucunement gênée par Devit et moi qui le fusillions du regard.
Mais c'est qu'il le faisait exprès le fourbe !
Road et Tricia bavardèrent encore quelques minutes pour aplanir les détails alors que Sheryl retournait à ses papiers. Près du feu, Devit et moi faisions la tête, provoquant de l'inquiétude chez Jasdero qui ne savait pas trop comment réagir.
« Il m'a encore appelé David… » Grogna Devit à voix basse en jetant ses cartes sur le sol entre nous avec un air d'enfant boudeur.
« Au moins nous verrons le prince demain » dit Jasdero d'un air heureux en essayant de réconforter son frère. Ce dernier se détendit un peu et proposa une nouvelle partie.
Peu après 8h, Tricia annonça qu'elle se retirait dans ses appartements et força Road à faire de même. « Il est bien assez tard pour vous, demoiselle, surtout avec tout ce que vous avez fait aujourd'hui ! » dit-elle alors que Road faisait une mini-crise de colère.
« Et pourquoi les jumeaux auraient le droit de rester ? Ils ont tout autant joué que moi ! » se plaigna Road. Tricia lança un coup d'œil aux jumeaux avant de soupirer et leur demander de venir se coucher. S'ensuivit un nouveau tour de cris, avec Devit qui répétait qu'il n'avait pas à se coucher et Road qui disait qu'elle ne dormirait pas s'ils ne le faisaient pas.
« Et puis en plus, on a presque le même âge qu'Eve et elle ne doit pas aller se coucher ! » finit par crier Devit en me pointant du doigt. Surprise de me retrouver tout à coup dans le débat, je les regardais un moment sans rien dire.
« Hum, ça ne me dérange pas d'aller dans ma chambre… » je dis en me levant devant l'air trahis des jumeaux et Road. « Eve ! » gémit la petite Noah en tirant sur ma main pour que je me rassoie.
« Eve est déjà majeure contrairement à vous, jeunes hommes ! Elle n'est pas sous ma responsabilité et peut s'occuper d'elle-même. » Répondit Tricia d'un air exaspéré.
Moi cependant, je me sentais légèrement mal à l'aise. Majeur ? J'étais à peu près sûr que j'avais moins de 18 ans pourtant… En plus à cette époque la majorité était à 21 ans non ? Comment avaient-ils pu croire que j'avais 21 ans ? Je n'avais rien dit qui allait dans ce sens et je ne pense pas que je faisais aussi adulte… surtout pas en voyant comment je me comportais avec Road et les jumeaux !
« En parlant d'âge, Ernest m'a rappelé tout à l'heure que vos papiers d'employés n'avaient pas été totalement remplis. » Dit soudainement Sheryl. « Vous êtes-vous rappelé de votre âge, Miss Campbell ? » Demanda-t-il en posant sa paperasse et en abaissant son monocle. Lui qui avait jusqu'à présent été imperméable au petit drame nous donnait maintenant toute son attention.
Merci Sheryl, toujours là pour me causer des ennuis… que devais-je dire ? Que je ne m'en souvenais toujours pas ? ou alors 16, 17 ? ou mentir complètement et dire 21 ? Si ça se trouve je ne mentirais même pas vu que je n'avais tout simplement aucune idée de quel âge j'avais vraiment ! « 18 ans » je déclarais tout à coup, les mots sortant de ma bouche sans que j'ai pu consciemment décider de les dire.
Tricia me regarda d'un air surpris. « 18 ans » dit-elle faiblement comme si elle n'y croyait pas.
« C'est problématique… » Murmura Sheryl en regardant dans le vague comme s'il réfléchissait à quelque chose. « J'avais assumé que vous étiez adulte… j'imagine qu'à cause de l'incendie, vous n'avez pas non plus vos papiers d'identités ? » Je le regardais une seconde, confuse, avant de me rappeler qu'on m'avait trouvé dans un village récemment brûlé et je secouais la tête négativement. N'empêche, je me demandais bien pourquoi il ne m'avait pas demandé tout ça plus tôt… Cela faisait presque deux mois que j'étais là. Après, c'est sûr que Sheryl était très occupé, je ne devais pas être sa priorité. C'était un peu étrange qu'Ernest ne m'avait plus rien demandé depuis ce premier jour, par contre, mais c'est vrai que mon statut de "Dame de Compagnie" de Tricia rendait toute mes relations avec les autres employés un peu étrange. Je ne rentrais plus dans la hiérarchie bien huilé du manoir et peut-être que ça avait posé problème aux Intendants.
« Tant pis. » dit Sheryl en soupirant. « Nous laisserons les choses ainsi pour l'instant, je m'en occuperai plus tard.» dit-il en se remettant à sa paperasse sous le regard surpris de Tricia avant que la compréhension ne passe sur son visage. C'est vrai que Sheryl était particulièrement occupé ces derniers temps. Road m'avait dit qu'il était dans les bonnes grâces du Roi du Portugal (et, tiens, le Portugal avait encore un Roi ?) et essayait de se faire désigner comme premier ministre. Ce qui m'avait d'ailleurs amené à demander à Road pourquoi ils vivaient en Angleterre, ce à quoi elle m'avait répondu en haussant les épaules que sa mère supportait mal la chaleur.
« Hé bien, cela change les choses. Allez Road, Devit, Jasdero, Eve, il est largement temps d'aller se coucher ! » dit Tricia ne laissant plus aucune place à la discussion.
Dimanche 1er Mars 1885
Le lendemain matin, le petit drame de la veille avait été largement oublié au profit de choses plus urgentes. En effet, mon manque de robe adéquate se fit une nouvelle fois cruellement sentir. Ou en tout cas je le sentis. Parce qu'à cause de ça, Tricia et Road eurent un chemin tout tracé pour me traiter comme une poupée vivante. Quand j'eu fini de souffrir (bon d'accord, ce n'était pas si horrible que ça…) à leurs mains, il fallut ensuite convaincre Devit et Jasper de mettre leurs habits du dimanche et ce ne fût pas une mince affaire. Mais finalement, finalement, tout le monde put embarquer dans la calèche en direction de Londres à 11h pétante.
Road et Tricia parlait avec animation de toutes les robes qu'elles allaient m'acheter (ce que j'essayais de ne pas écouter, parce que rien que d'entendre parler Road de la monstruosité rose qu'elle voulait que j'enfile, ça me donnait des boutons) et Sheryl travaillait encore sur sa paperasse. De mon côté, j'avais pris sur moi d'apprendre aux jumeaux d'autres jeux comme le pierre-papier-ciseaux, la Déli-Délo et même les trois petits chats pour qu'ils arrêtent de s'agiter. Je pense que ce fût à ce moment là que je me rappelai que, oui, les jumeaux étaient les Noah du lien, parce que dès qu'il s'agissait d'un jeu de hasard comme le pierre-papier-ciseaux, ils faisaient toujours la même chose. Et oui, je n'avais aucune honte à jouer aux trois petits chats. Même avec le regard étrange de Sheryl.
Finalement, on arriva à l'Église. Heureusement d'ailleurs, car je ne me souvenais plus d'autres jeux et les jumeaux recommençaient à s'agiter. Suivant calmement Tricia et Sheryl qui avaient pris la tête de notre groupe, nous arrivions péniblement à en haut des marches après beaucoup trop d'arrêts pour saluer tel ou tel noble qui devait absolument parler avec Sheryl. Dans la cohue de la nef, Sheryl nous arrêta près d'un rang à l'avant et entreprit de nous placer pour qu'il y ait le moins de problème possible. Road s'installa d'abord et Tricia prit place à ses côtés pour faire barrière entre elle et Devit. Je me glissais à côté du jumeau renfrogné et Sheryl s'assit à côté de moi, Jasdero terminant notre groupe en prenant place à ses côtés. Me préparant à yaourter gaiement, je me levais à l'arrivée du prêtre. Avant que je ne puisse commencer cependant, Sheryl pressa un petit livre dans ma main. Le regardant je remarquais que c'était un livre de prière comme celui que tenait Tricia.
« Pouvez-vous aider Devit ? Il ne connaît pas les chants. » Dit il en en sortant un autre qu'il baissa un peu pour que Jasdero puisse le regarder aussi.
Je lui lançais un regard plat.
Mouais. Devit ne savait pas lire et Sheryl en était conscient. Le livre était clairement plus pour moi que pour lui. « Bien sûr » je sifflais entre mes dents un peu gêné. « Merci ». Il me répondit par un signe de tête avant de se concentrer sur la messe. Enfin, une heure plus tard la messe touchait à sa fin, ne restait plus que l'hostie et je me demandais bien comment j'allais m'en sortir cette fois. Avant que je ne puisse faire quoi que ce soit cependant, Sheril se leva pour aider son épouse. « Miss Campbell pourriez-vous rester avec Road et les jumeaux ? Ils n'ont pas encore fait leur première communion. » Me demanda-il calmement.
Sautant sur l'occasion qu'il me donnait, j'acceptais vivement. « Tu es sûr Eve ? Tu n'a pas pu y aller la dernière fois non plus… je peux rester si tu veux. » Me demanda Tricia, inquiète.
« Non, tout va bien Tricia, ça ne me dérange pas. » Je lui dit en souriant.
« Si tu es sûr… » Dit elle sceptique avant d'aller dans la ligne avec Sheryl. Mais qu'est ce qui lui arrive à Sheryl ? Il a été excessivement gentil aujourd'hui. Pas une remarque sarcastique, ni un regard moqueur ! C'est la révélation de mon âge qui lui a fait ça ou… ? Enfin, je ne m'en plains pas, mais il faut avouer que c'est un peu déroutant…
« Lady Campbell ? » demanda tout à coup une voix derrière moi alors que j'essayais d'empêcher Road d'écharper les jumeaux après qu'ils se soient moqués de sa robe. Me raidissant quelque peu à la voix familière, je me retournais pour apercevoir un homme qui se dandinait vers nous. Sentant ma gêne, Road arrêta de poursuivre les jumeaux pour se poster à mes côtés, rapidement suivi par les deux garçons.
« Monsieur Drebber ? » Dit-elle surprise en me lançant un coup d'œil rapide avant de faire la révérence.
« Ha, la jeune Lady Kamelott ! » Dit l'homme que je savais être maintenant Monsieur Drebber, le mari de l'affreuse femme de ma dernière visite à la messe. En parlant d'elle… la vache se dandinait dans notre direction, le ventre encore plus gros que la dernière fois. Elle ne devrait pas tarder à accoucher, je notais distraitement en collant un sourire sur mes lèvres et en me redressant, gagnant quelques bons centimètres au passage.
« Monsieur Drebber » je dis en épaississant consciemment mon accent français. Hésitant une milie seconde, je finis par tendre la main comme j'avais vu faire Tricia de loin au manoir lorsqu'ils recevaient des invités. « Quelle surprise. Comment allez-vous ? »
« Bien, bien ! Le marquis et la marquise Kamelott ne vous accompagnent pas aujourd'hui ? » Me demanda-t-il après un baise-main hâtif avant de regarder curieusement les jumeaux à moitié cachés derrière moi.
« Ho si, ils sont là, mais ils semblent s'être pris dans la foule... » Je lui dis en agitant vaguement ma main vers la monstrueuse masse de personnes qui se pressaient vers le prêtre. Dans mon esprit, je priais pour que Sheryl revienne vite. Je voyais l'affreuse madame Drebber ouvrir sa bouche fétide pour parler et je n'avais aucune envie de traiter avec elle. Recherchant désespérément quelque chose à dire, je voyais leur petit garçon à moitié endormi près des jambes de son père.
« Ho, comme le jeune… Maxime à grandit ! » Je dis rapidement, hésitant à peine sur le nom de l'enfant. « Oui, il approche de ses trois ans. » dit fièrement son père. « Et je vois que vous avez aussi deux braves gaillards qui vous accompagnent. » Dit-il, attendant clairement des précisions quant à l'identité des jumeaux.
Zut.
« Ah, oui » je dis en jetant un coup d'œil paniqué à Road. Je devais dire quoi ? Road haussa les épaules, clairement dépassées elle aussi. « Ce sont les… » je commençais à dire, ne sachant pas comment continuer.
« …mes filleuls. » Dit tout à coup Sheryl de ma droite. Je ne l'avais même pas vu arriver ! Poussant un discret soupir de soulagement, je me reculais d'un pas pour le laisser prendre ma place mais il plaça sa main sur mon épaule me manipulant adroitement devant les jumeaux et Tricia. Je me sentais un peu prise pour un bouclier pour le coup, mais ho, bien…
« Vos filleuls ? » dit madame Drebber d'une voix sucrée, arrivant enfin à en placer une.
« Oui, les beau-frères de la Baronne Bell. » dit-il d'un air détaché. Euh… quoi ? Je pensais qu'ils avaient été adoptés par les Kamelott ? Hé bien c'est vrai qu'on ne parlait que de Road et Wisely dans le manga mais… « Je suis navré de vous fausser ainsi compagnie, mais nous avons réservé au Palace pour treize heures trente et nous ne voulons pas être en retard. » dit Sheryl avec un soupir navré avant de dire ses adieux et de manœuvrer tout notre petit groupe vers la sortie de l'église.
« Quelle bonne femme horrible. » Grogna Road et Devit à l'unisson lorsqu'on fût tous bien installé dans la calèche. Leur regard horrifié d'être sur la même longueur d'onde me fit éclater de rire à la surprise des autres occupants mais ils me rejoignirent bientôt dans ma bonne humeur.
Si vite éteinte lorsque Tricia rappela, heureuse, notre prochaine visite chez le tailleur.
Mais bon, il faut l'avouer, je ne le regretterais pas.
Pas grand chose d'intéressant dans ce chapitre, juste beaucoup d'indices pour la suite de l'histoire :)
Le prochain par contre…
Pensez aux reviews et rendez-vous le cinq du mois prochain !
