Histoire: Une Touche de Couleur dans le Gris

Livre 1 : Nuancer le noir.

Date: 5 septembre 2017, corrigé en octobre 2021

Beta: Elda (2017) et Kira (2022)

Fandom: D Gray Man

Avertissement: Non, je ne possède pas D Gray Man et je ne fais aucun profit avec cette histoire.

Résumé: Après avoir atterrit au XIXème siècle, Estelle se rend rapidement compte qu'elle s'est fait engager par la famille Kamelott, fondamentalement, les méchants de DGM. Prenant le nom d'Ève, elle devient alors la dame de compagnie de Tricia Kamelott et l'aide dans ses tâches quotidiennes. Maintenant que sa vie est un peu moins chaotique, Eve réfléchit à son arrivée dans ce monde et prend la décision de se faire son propre avis sur les personag... personnes de ce nouveau monde malgré sa connaissance du manga. Elle prend cependant vite conscience de la différence sociale des femmes à cette époque et commence à avoir peur pour son avenir surtout lorsque débarque Road et les jumeaux...

Trigger du chapitre: Rien de ce que je peux penser… honte à la troisième personne ?


Et sinon, tout le monde à passé une bonne rentrée?

...

Ok je me tais =_='


Chapitre 12 : Les points d'embarras

Samedi 14 mars 1885

Trois coups à la porte suffirent à me réveiller.

Me retournant mollement sur le dos, je m'étirais en baillant avant de m'asseoir, les jambes ballantes hors du lit. Me préparant mentalement, je posais mes pieds sur le parquet froid avec une grimace. De toute façon, je me dis en grommelant, rajoutant avec peine des bûches au feu, ce n'est pas comme s'il me restait le loisir de faire la grasse matinée. Pas que je la faisais souvent dans ma vie d'avant, mais j'avoue qu'il m'arrivait très souvent de mettre mon réveil à huit heures… et de rester dans mon lit à lire jusqu'à 11 heures.

Vive la productivité.

Soupirant, j'attrapais ma brosse et la passais mécaniquement dans mes cheveux, laissant mon esprit vagabonder le temps du brossage. Ce n'était pas Clarisse qui m'avait réveillé ce matin. Mon ancienne coloc me souhaitait toujours bonjour et restait même papoté un peu de temps en temps. Vous me diriez, généralement les autres bonnes me disaient au moins bonjour aussi mais depuis quelque jours, cela arrivait de moins en moins. Même moi qui ne remarquais rien d'habitude, je n'avais pas eu besoin de la remarque de Clarisse la veille lorsque Marie m'avait ignoré au repas pour comprendre que quelque chose clochait. Les employés, surtout les femmes de ménage, semblaient un peu jalouses. Il faut dire, je suppose que j'avais un train de vie privilégié. L'impossibilité de prendre des congés, la faible paye et la disponibilité h24 semblait de piètre points négatifs comparé à une chambre seule dans l'aile des maîtres et des journées qui consistait exclusivement à prendre le thé avec la maîtresse de maison et jouer avec les enfants. Je pensais d'ailleurs que c'était le problème mais Clarisse semblait être de l'avis que le principal point de discorde était le fait que je n'avais même pas passé deux semaines en temps que Bonne avant d'être promue à un rôle qui ne faisait pas vraiment partie de la hiérarchie du manoir. Si je n'aidais pas le soir aux cuisines ou ne rangeais pas la bibliothèque dans mon temps libre, j'aurais plus été une invitée glorifiée qu'une employée. C'était sûrement grâce à ça qu'il n'y avait encore pas trop de problème d'ailleurs, mais j'avais peur que le statu quo ne tienne pas malgré les réassurances de John. Il avait beau dire, je voyais bien que je mettais certains employés mal à l'aise, le décalage d'époque n'aidant certainement pas. J'avais du mal à participer aux conversations, c'était comme être le nouvel élève mais en pire parce que la plupart des sujets ne te concernait même pas. Les employés ne parlaient que des ragots du village, des perspectives amoureuses ou de l'éducation des enfants des uns et des autres et je n'avais absolument rien à ajouter à ces sujets malgré tous mes efforts. Heureusement que Louise et les autres étaient là pour me tenir compagnie! Ils savaient parler tout seuls et j'avais juste besoin de les écouter pour que tout roule correctement.

Passant une dernière fois ma brosse dans mes cheveux trop raide, je la posais sur la table ronde. Enlevant ma chemise de nuit en la tirant au-dessus de ma tête, je la jetais dans un coin avant de plonger mes mains dans l'eau tiède. Puis de gémir. Parce que j'avais oublié d'attacher les cheveux et ils tombaient sur mes épaules, couvrant mes seins et rasant le sol. Soupirant, j'haussais les épaules, temps pis, ils seront mouillés. Attrapant une grande rasade d'eau de mes mains jointe je me la jetai au visage sans plus de cérémonie. Le mec qui a dit que ça réveillait est un menteur : j'avais toujours autant la tête dans le…

CHBAM

Fit ma porte en se prenant le mur.

Les yeux ronds, les mains dans la bassine et le visage ruisselant d'eau, je vis Tyki Mikk dans l'embrasure, un gros sac occupant ses mains. Contrairement à notre semaine ensemble, il portait à présent une chemise blanche, un gilet et un pantalon de costume. Il était également rasé de prêt et ses cheveux étaient collés en arrière laissant à peine quelques mèches bouclés encadrer son cou.

« … » Je levais un sourcil.

« … » Il ouvrit la bouche… puis la ferma, un peu perdu.

« Bonjour… ? » je demandais, ne sachant pas trop quoi faire. J'étais quand même sacrément nue devant lui. Bon j'avais un short et mes cheveux et mes mains couvraient ma poitrine, mais j'avais passé les derniers mois à cacher chaque centimètre de peau exposé, donc cela me paraissait tout à coup étrange de … ben… ne pas le faire ?

« Bonjour … ? » Répéta-t-il lentement comme s'il ne comprenait pas vraiment ce qu'il disait. Les sourcils froncés, il laissa son regard glisser sur ma chambre avant de soudainement froncer les sourcils et se retourner vivement vers le couloir semblant tout à coup réaliser quelque chose. Fixant à nouveau son regard dans mes yeux, il fit un mouvement de tête vers le couloir avec un sourire coupable « Je m'excuse du dérangement, je me suis trompé de chambre. Ils ont changé la table de côté et… enfin je suis vraiment désolé, je vais, hum, peut-être vous laisser ? »

« Euh oui, s'il vous plait… » je répondit en clignant des yeux, toujours bloqué dans la même position.

Il murmura une nouvelle excuse avant de fermer la porte.

« He bien ça pour une première impression… » je marmonnais avant d'enfoncer mon visage dans la bassine, mes joues prenant sans aucun doute une teinte rosé. Toute la rencontre avait été un poil gênante, il fallait l'avouer. Pour une personne extérieure, la scène aurait pu s'apparenter à une tentative de suicide. Abandonnant, non sans regret, ma bassine, je frottais vivement mon visage dans une serviette avant de finir rapidement ma routine matinale. En moins de dix minutes, j'étais fraîchement lavée et habillée et jetais un coup d'œil par l'embrasure de la porte.

Personne.

Avec un petit soupir de soulagement, je sortais de ma chambre, attrapais le plateau du petit déjeuner et frappais à la porte des jumeaux, mon regard faisant nerveusement l'aller retour dans le couloir. Bien sûr, je ne pourrais pas éviter Tyki pour toujours, mais je n'avais pas envie de le voir tout de suite non plus. C'était beaucoup trop gênant…Il ne fallut pas longtemps avant que Jasdero ne vienne m'ouvrir avec un sourire timide. Lui tendant mon plateau, je me baissais pour prendre le leur avant d'entrer dans la chambre. La fenêtre grande ouverte aérait agréablement la pièce et Devit était déjà en train de partager leur nourriture. Disposant les plateaux sur la table, il ne fallut pas longtemps avant qu'ils ne soient complètement vides. J'avais trop tardé ce matin cependant, et je dû vite les abandonner pour rejoindre Tricia.

Étonnement, je ne croisais pas Sheril ce matin, Tricia me dit qu'il n'était même pas revenu après qu'il soit allé voir le majordome en chef. N'y faisant pas trop attention, je l'accompagnais dans notre routine matinale. C'était l'un des bons jours pour Tricia, et comme la neige avait presque entièrement fondu grâce au redoux, on en profita vite pour aller se promener sitôt sa toilette achevée. Et moi qui n'avais jamais aimé me balader au grand agacement de mes parents…

Cependant, nous n'allions pas bien loin. Nous venions à peine d'atteindre le grand hall lorsqu'on entendit des voix argumenter en provenance du petit salon. C'était étrange, car les serviteurs n'avaient pas l'habitude de s'affronter là où les maîtres de maisons pouvaient les entendre et cela ne ressemblait pas non plus à des voix d'enfants. Avec un regard échangé, Tricia tourna la poignée pour pousser la porte. Devant la scène se présentant à nous, je ne pu m'empêcher de laisser échapper un rire amenant tous les regards sur moi. Pour ma défense, Sheryl, le Sheryl autoritaire que j'avais connu ces trois derniers mois, se faisait écraser le visage par Tyki qui essayait tant bien que mal de se soustraire au câlin de son grand frère.

Surpris par notre soudaine apparition, Sheryl s'empressa de lâcher Tyki, qui tomba devant le canapé avec un cri surpris, et d'épousseter son veston, son habituel air professionnel en place.

« Voyons, Tyki, lève toi. C'est inconvenant. » Dit-il comme s'il n'avait pas essayé d'étouffer son frère sous le poid de son amour quelques secondes plus tôt. De son côté, je ne savais pas si Tyki regardait son frère avec incrédulité où s'il levait les yeux au ciel. Honnêtement, je pense qu'il essayait de faire les deux et ça donnait quelque chose d'assez étrange avec un espèce de louchement mélangé à des sourcils bizarrement placé.

Je pense que ce fut ce qui me perdit.

Reculant précipitamment, je ne tardais pas à sortir de la pièce et à m'écrouler sur le mur juste à côté de la porte menant au salon. Secoué d'un rire inarrêtable, je faisais de mon mieux pour l'étouffer, donnant ainsi naissance à un espèce de sifflement hoqueté sans doute très inquiétant.

« Eve ? Tout va bien ? Tu es toute rouge ! » Demanda tout à coup Road du haut de l'escalier. Dévalant les marches, elle ne tarda pas à déraper à mes côtés, encore en chemise de nuit, un teddy bear au poing.

C'était juste trognon.

Hum. Essayant de reprendre contenance mais encore parcouru de hoquet et les jambes tremblantes, je ne put finalement lui répondre et je lui pointais juste la porte, des larmes perlant aux coins de mes yeux. Avec un regard étrange, Road se pencha sur le côté, son visage s'éclairant soudainement en reconnaissant les personnes à l'intérieur.

« Oncle Tyki ! » Cria-t-elle avant de courir à toute vitesse dans le salon. J'eu juste le temps d'entendre un « Non, Road ne… ! » avant qu'un énorme bruit retentisse dans tout le manoir. A peux prêts calmé, je passais la tête dans l'encadrement de porte pour voir Tyki par terre, une jambe maladroitement levé sur le canapé, Road encore serré dans ses bras.

« Road, ma chérie… » Soupira Sheryl en s'approchant du petit tas de membres pour l'en extirper, Tricia sur ses talons, la mine inquiète. Ils semblaient tous les deux avoir oublié Tyki. Ce dernier, encore au sol, s'assit en marmonnant sous son souffle.

M'approchant de lui, un sourire encore aux lèvres, je lui tendis une main pour l'aider à se relever. « Eh bien, je crois que nous sommes quitte. » Je lui dis, l'amenant à me regarder étrangement avant qu'un regard de compréhension n'apparaisse.

« Oh vraiment ? Je ne suis pas sûr qu'une humiliation public et privé se valent. » me répondit-t-il une fois debout, un sourire taquin sur les lèvres.

« Humiliation ? Vous y allez un peu fort, je ne pense pas que… » je commençais à lui répondre sur le même ton avant qu'un petit poids ne fonce dans mes jambes.

« Vous parlez de quoi ? » demanda Road, ses parents s'approchant déjà de notre petit groupe.

« Oh, ça ne t'intéresserais pas… » Commença Tyki d'un air nonchalant en croisant mon regard. Voyant que Road n'avait pas l'air de vouloir lâcher le morceau, je ne tardais pas à continuer sa phrase.

« Nous parlions juste de la place des relations humaines dans la littérature française pendant le XVIème siècle » Je lui dit avec l'air le plus sérieux du monde.

Elle me fit un regard plat avant de me lâcher pour croiser ses bras. « Et comment avez-vous pu dériver sur ce sujet en seulement deux minutes ? »

« Nous continuions juste notre… conversation de ce matin, Road. » M'appuya Tyki en s'avançant légèrement vers sa nièce.

« Ho, vous vous êtes déjà rencontrés ! » Dit joyeusement Tricia alors que Sheryl posait ses mains sur les épaules de Road, son habituel air professionnel qu'il arborait toujours en ma présence sur le visage.

« Oh oui, nous nous sommes croisés ce matin. » je lui répondis avec un sourire peut-être un peu trop forcé.

« Une très plaisante rencontre, si je peux ajouter. » Continua Tyki avec un sourire que je qualifierais mentalement de narquois. Avant que je ne puisse tester une réplique bien sentie, Sheryl posa une main sur l'épaule de son frère et nous annonça pompeusement qu'ils avaient des choses à se dire. Tricia ne tarda pas à acquiescer et se tourna vers sa fille pour lui demander si elle souhaitait nous accompagner nous promener. Elle acquiesça et on ne tarda pas à parcourir le jardin de long en large jusqu'au déjeuner.

Le déjeuner en lui-même était assez étrange. Généralement, je le mangeais avec Tricia et, si elle était là, Road et s'ils étaient d'humeur, les jumeaux. Sheril ne mangeait jamais avec nous, étant généralement en déjeuner d'affaires ou trop occupé pour nous faire grâce de sa présence. Cependant, son frère étant enfin rentré, le maître de maison décida spontanément de nous tenir compagnie. Cela, bien sur, déclencha des cris de joies de Road et de sa femme et de refus des jumeaux qui se carapatèrent rapidement dans leur chambre en voyant Sheryl arriver.

De mon côté, à part la fois où j'avais mangé avec eux au restaurant, je n'avais jamais déjeuné dans la grande salle en leur compagnie vu que ce n'était pas de mon rang. Et comme je n'avais absolument pas l'intention de m'engager dans un repas de deux heures comprenant sûrement beaucoup trop de politique pour ma santé mentale, je prétextais sans gêne mon manque de rang social pour pouvoir entamer une retraite stratégique dans la chambre des jumeaux malgré la moue tristounette de Tricia.

Passant rapidement par les cuisines, je prenais avec moi un grand plateau bien garni et je montais rapidement à l'étage pour déjeuner avec les jumeaux.

« Eve ? » demanda avec surprise Jasdero en m'ouvrant la porte. « Ben alors, tu bouffes pas avec le crétin ? » ajouta Devit en venant vers nous, son habituel air renfrogné sur le visage.

« Très sérieusement, Devit, je pense que Sheryl est loin d'être un imbécile. » Je commençais en posant le plateau sur la petite table ronde avant de me tourner vers eux avec un sourire joueur. « Mais pour te répondre, non, je ne compte absolument pas manger avec eux, je préfère de loin venir vous embêter. »

Devit roula les yeux mais n'ajouta rien et vint s'asseoir près de Jasdero à la table. Après avoir rapidement mangé le déjeuner dans un silence confortable, je proposais aux jumeaux de jouer à quelque chose.

« Un jeu ? » grogna Devit alors que je rangeais les assiettes et couverts sur le plateau.

« Oui, est-ce qu'il y a un jeu auquel vous voudriez jouer ? » Je demandais en me dirigeant vers la porte pour poser le plateau dehors, les jumeaux me suivant comme canetons à mon grand amusement.

A mes mots, ils échangèrent un regard perplexe avant de se tourner à nouveau vers moi sans rien dire.

« Je peux aussi vous en apprendre de nouveaux si vous ne voulez pas jouer aux vôtres ? » Ou s'ils n'en connaissaient aucun à part ceux que je leur avais déjà enseigné, je finis mentalement.

« Ouais, vas-y. » marmonna nonchalamment Devit alors que Jasdero souriait, excité.

« D'accord, alors… » Je réfléchis en prenant un des coussins parsèment le lit pour m'asseoir confortablement par terre. « Nous pourrions faire des jeux de cartes ? J'en connais plusieurs… ah ! Mais je n'ai pas de paquet… » je marmonnais, pensant spontanément à Tyki avant de rejeter l'idée. « Après il y a les habituels chats, cache-cache, poule renard vipère, gendarme et voleurs… » J'énumérais en voyant leurs yeux s'agrandir. Je leur avais déjà montré ces jeux, peut-être quelque chose de nouveau ? « Ho je sais ! » je dis tout à coup en frappant dans mes mains, faisant sursauter Jasdero. « Nous pouvons jouer à un, deux, trois soleil ! »

« Ça à l'air stupide… » Grogna sceptiquement Devit à contrario de son frère qui laissa échapper un rire excité.

« Mais si, je vous assure que c'est marrant ! » je répondis avec une voix encourageante en attrapant la main de Jasdero pour le tirer debout avant de les tendre vers Devit, attendant patiemment qu'ils les prennent de lui-même… ou qu'il m'envoie balader, au choix. Avec un soupir, il se mit debout de lui-même avant de fourrer ses mains dans ses poches. Nullement affectée par sa fierté mal placée, je levais les yeux au ciel avec un soupir avant de leur expliquer les consignes.

« D'accord, alors lorsque je me retourne en disant « Un, deux, trois, soleil » vous devez avancer vers moi le plus vite possible, votre objectif étant de toucher le mur. Attention ! si, lorsque je me tourne vers vous, je vous vois bouger, vous devez revenir au point de départ ! » Je leur dit, Jasdero acquiesçant vivement à l'explication alors que Devit faisant semblant de ne pas être intéressé.

Étonnement, le jeu se passa sans beaucoup de problèmes. Je m'attendais à ce que Devit me conteste lorsque je lui dis de revenir au départ, et il le fit, mais au bout de cinq minutes, Jasdero en eut marre et fit les gros yeux à son frère qui repartit donc au départ en traînant des pieds. Après cela, les deux jumeaux se prenant au jeu avec la même tête décidée, je m'étais remis à me tromper de nom, les deux zouaves prenant un malin plaisir à échanger de places lorsque j'avais mon dos retourné. Malheureusement, on remarqua vite que, malgré que la pièce soit assez grande, le jeu se finissait souvent en deux ou trois fois, ce qui était assez inintéressant.

« On peut aller dans le couloir, c' est plus long. » Proposa alors Jasdero à ma grande surprise. Lui qui ne pipait jamais mot… Heureuse de son initiative, je lui fis un grand sourire et déplaça notre petit jeu dans le couloir. Ce n'est pas comme si les maîtres de maison auraient fini leur repas de sitôt de toute façon.

Une fois dans le couloir, je laissais reprendre Jasdero comme maître du jeu. Avec de la place, c'était tout de suite plus amusant et même Devit laissa échapper un sourire lorsque Jasdero fonça dans le mur.

Nous avions déjà fait une dizaine de parties lorsque je repris à nouveau la main. Devit avait très rapidement compris le jeu et était déjà tout proche. En un ou deux mouvements il serait au mur. « Un, deux, trois, soleil ! » Je criais avant de me retourner vivement. Cependant, au lieu de dire à Jasdero de retourner au début comme je l'aurais dû lorsque je le vit trébucher, je restais momentanément figé.

Là, juste en haut de l'escalier était toute la famille Kamelott au grand complet.

« Quoi ? Vous jouez sans moi ! » Gémit Road avant de courir vers moi pour enserrer ma taille. « C'est pas juste, je veux jouer aussi ! »

« Bien sûr Road, tu peux jouer avec nous. » Je répondis distraitement en observant Sheryl nous lancer un coup d'œil apathique avant de tirer sa femme vers leur chambre, sans doute pour sa sieste de l'après midi. Tricia nous regardait avec envie et paraissait peinée de nous laisser, mais elle me fit un sourire et suivit Sheryl.

« Eh bien, cela fait quoi ? 2 à 1 ? Pour vous bien sûr. » dit calmement Tyki en s'avançant vers moi, les jumeaux ayant décidé d'embêter Road.

Le regardant un moment sans comprendre, il me fallut un temps horriblement long pour réaliser qu'il faisait allusion à nos précédentes situations honteuses. « Vous êtes sûr de vouloir compter les points ? Et à ce compte là, je tiens à dire que notre première rencontre était aussi embarrassante pour vous que pour moi. » Je répondis en roulant des yeux, pensant à ce matin mais aussi à la fois dans le bar où il s'était fait envoyer voler dans notre table avec Allen.

« Vraiment ? » dit-il avec incrédulité, « Je pense pourtant avoir vu… » Commença-t-il à dire avant de tout à coup s'écrouler par terre, faute à un coup de pied dans le creux de ses genoux, idéalement dispensé par une Road ennuyée.

« Oncle Tyki joue avec nous aussi, Eve ! » Gazouilla-t-elle gaiement alors que les jumeaux la regardaient avec un mélange de terreur et d'admiration. Même Devit, c'est pour dire.

« Bien sûr Road. » Je conviens avec un sourire facile. « Et si nous jouions à cache-cache ? Allez vous cacher, je fais le chat. » Je n'eus même pas le temps de finir ma phrase qu'ils étaient déjà partis à toute allure. Me tournant vers Tyki qui se relevait temps bien que mal, je ne pu m'empêcher d'avoir un sourire vicieux. « Un gentleman se faisant mettre au tapis par une fillette de huit ans ? Cela mérite bien un point, ne pensez vous pas ? »

Un mauvais sourire s'étala sur les lèvres de Tyki. Ok, je venais peut-être de faire une connerie.

A la fin de la journée, les jumeaux et Road m'avaient complètement épuisé, nous avions couru partout et j'étais assez persuadé qu'il ne restait plus une seule salle que je ne connaissais pas dans ce manoir. Pendant toute cette course, nous en avions aussi profité pour continuer notre bataille stupide avec Tyki. Nous en étions maintenant à 8 chacun et la bonne majorité de ces situations embarrassantes avait été produite par l'adversaire. J'avais personnellement usé sans borne des enfants et j'étais assez persuadée que Tyki avait utilisé ses pouvoirs une fois ou deux. Je l'avais même vu faire une fois, lorsque son pied était passé à travers un coin de meuble en courant sans même qu'il n'ait eu l'air de s'en rendre compte. Si je ne connaissais pas déjà ses pouvoirs, j'aurais assurément pris ça pour une hallucination. Tout de même, ils devraient vraiment faire attention… Tyki, ça allait encore mais Devit et Jasdero, c'était une autre histoire ! Je ne comptais plus le nombre de fois qu'un bout du tapis avait fini gelé à cause d'un éclat de rire ou encore lorsqu'ils avaient cassés le collier de perles de Tricia et que, en pure panique, on s'était retrouvé à ramassé trois fois plus de perles qu'il y'en avait à l'origine.

Heureusement, la journée touchait à son terme et je n'avais plus qu'une envie : m'écrouler dans mon lit avec un bon bouquin. Je sautais donc, encore une fois sans gêne, l'habituel rassemblement familial devant la cheminée auxquels je participais de plus en plus ces derniers temps, prétextant à Tricia de vouloir les laisser en famille. Cependant, alors que je croyais la journée sauvée de tous nouveaux drames, on frappa à ma porte. Enfilant un châle, me souvenant clairement de l'épisode avec Sheryl, je m'approchais de la porte avec curiosité. Et oui, vous l'aviez deviné, c'était Tyki qui me demandait si j'avais Hamlet de Shakespeare. Il semblerait que, ne l'ayant pas trouvé à la bibliothèque, Tricia lui avait dit que je pourrais l'avoir, étant donné qu'elle m'avait donné la permission d'emprunter des livres.

« Ho, oui bien sûr je l'ai fini, je vous le donne. » Je lui dit avec un sourire avant de me retourner pour l'attraper sur ma table de nuit. Cependant, lorsque je fis volte face pour lui tendre le livre, ce n'étais pas moi qu'il regardait. Suivant son regard, j'atterris sur la seule photo de ma chambre et je ne pu m'empêcher de gémir mentalement.

« Robin ? » Demanda Tyki avec surprise en m'évaluant des pieds à la tête comme pour essayer d'y reconnaître le garçon peu loquace qu'il avait côtoyé la dernière semaine.

« Tyki… » je répondis en imitant son ton.

« … »

« … »

« Je ne dis rien à mon frère pour toi et tu ne lui dis rien pour moi. » lâcha tout à coup Tyki en attrapant le livre encore dans mes mains.

« Deal » Je répondis en lui laissant sans plus de cérémonie.

« … »

« … »

« On reste sur un exaeco? » proposa-t-il avec un sourire amusé, la main sur la poignée.

« C'est exactement ce que j'allais suggérer. » Je lui répondis avec un rire assortie.


Un point sur le projet fanart d'octobre (évoqué dans UAPV). Pour récapituler, je vous propose de faire un fanart pour une des fics. Que ce soit un dessin, un collage, un poème, un one-shot, une chanson, une BD, un sketch, un site, un jeu, ou je ne sais quoi d'autre, vous avez quartier libre pour illustrer une scène d'une des fics ou juste de réutiliser les personnages ou situation décrit.

De plus, sachez que j'afficherais tous vos dessins/créations sur Tumblr au cours du mois d'octobre pour que les autres lecteurs puissent en profiter, à part si, bien sûr, vous demandez le contraire. Envoyez-moi vos super créations tout le mois de septembre et octobre à ennael. whistler (arobase) gmail. com

J'ai déjà reçu deux fanart, dont l'un était un dessin d'Anima (dans UAPV) J'étais étonné, car même si l'artiste avait représenté Anima comme je la décrivais, elle était très différente de ce que j'imaginais. Donc pour ceux qui veulent faire un dessin mais qui n'ont pas d'idées, je vous propose de dessiner Anima ! Je la dessinerais aussi moi même :D

Pensez aux reviews et rendez-vous le cinq du mois prochain !