Histoire: Une Touche de Couleur dans le Gris
Livre 1 : Nuancer le noir.
Date: 5 Mai 2018, corrigé en Mars 2022
Beta: Elda
Fandom: D Gray Man
Avertissement: Non, je ne possède pas D Gray Man et je ne fais aucun profit avec cette histoire.
Résumé: Après avoir atterri au XIXème siècle, Estelle se rend rapidement compte qu'elle s'est faite engagée par la famille Kamelott, fondamentalement, les méchants de DGM. Prenant le nom d'Ève, elle devient la dame de compagnie de Tricia Kamelott. Eve prend vite conscience de la différence niveau sociale et genre à cette époque et commence à avoir peur pour son avenir surtout lorsque débarque Road et les jumeaux... Décidant de visiter Londres, Eve rencontre Allen puis Tyki et ils sympathisent.
Trigger du chapitre: Rien de ce que je peux voir
Heureusement qu'il y a la date du jours sur l'ordi ou alors vous n'auriez jamais les chapitres... Je suis tellement tête en l'air, je ne me souviens jamais des dates -_-'
Quoi qu'il en soit, bonne lecture :3
Nuancer le Noir 20 : La grève
Mardi 21 juillet 1885
Suite à ce que je désignais mentalement comme le « jour où tout à basculé bis » (le premier étant, bien entendu, mon arrivée dans ce monde et mon engagement par les Kamelott) ou autrement, l'incident du piano, j'avais pratiqué l'instrument chaque jour avec ou sans le comte millénaire.
Étonnement, le comte avait été étrangement compréhensif avec moi. Lorsque celui-ci était au manoir, Tyki et moi savions que nous ne couperions pas à la leçon de piano du jour. Tyki, parce qu'il aurait cours avec lui et moi, car un serviteur (et cette fois j'en étais sûre, c'était définitivement un akuma!) du Comte venait m'apprendre. En fait, au cours du mois dernier, je n'avais finalement eu cours avec lui que deux fois de plus et à chaque fois, c'était plus comme un contrôle pour vérifier mes progrès. Il semblait enfin comprendre la retenue que j'avais avec lui et me laissait de l'espace. De ce fait, ne me préparant plus à des embuscades surprise, j'étais bien plus détendue lorsque je lui parlais réellement et nous avions eu quelques discussions ; certes maladroites mais intéressantes sur la littérature : évidemment, Tyki ne tenait pas ça de nul part.
Malheureusement, que le Comte vienne ou non, j'avais cours avec le nouveau professeur tous les jours et Tyki avait fini par se faire enrôler également.
Et comme le Noah m'avait boudé à cause de cela ! Comme il l'avait si bien fait remarquer, le Comte ne le surveillait pas auparavant et même s'il faisait de son mieux pour pratiquer pour lui faire plaisir, il pouvait ne pas le faire un jour ou faire une leçon moins longue s'il en avait envie. Maintenant cependant, c'était impossible.
He bien, c'est vrai que j'aurais pu refuser lorsque le duc avait soulevé l'idée d'un professeur de piano lors de notre seconde leçon… mais il avait dit cela avec un tel visage d'espoir, de joie et de positif en général que je n'avais tout simplement pas pu faire autre chose que d'hocher la tête. Plus tard, alors que je trébuchais hors de la salle avec un regard d'incompréhension, Road était passée devant moi, avait fixé mon visage une seconde avant de tapoter ma main avec un regard étrangement sympathique et compréhensif. « C'est le plus grand pouvoir du Duc. Impossible de lui dire non» Me dit-elle. « Viens Vivi, allons chercher de la glace, ça va te changer les idées. » ajouta-t-elle rapidement lorsque je ne réagissais pas plus avant de me tirer vers les escaliers.
Je me demande si je venais de découvrir pourquoi il y avait autant d'akumas alors que personne ne devrait normalement accepter la proposition louche d'un elfe de deux mètres au sourire flippant.
Quoi qu'il en soit, mes miraculeuses compétences de piano n'avaient pas disparu après cette première fois. Bien au contraire, comme si j'entraînais un muscle rouillé, tant que je ne réfléchissais pas trop, je jouais de mieux en mieux et des choses de plus en plus difficiles.
Et autant dire que ma courbe de croissance de mes capacités de piano semblait intimement lié à ma courbe de stress. Plus je voyais la satisfaction dans les yeux du Comte et plus je me sentais terrifiée que mes hypothèses se révèle juste. A tel point, d'ailleurs, que Tricia s'était inquiétée de ma mine pâle et fatiguée plusieurs fois déjà. Je ne savais pas quoi faire et j'avais impression qu'une épée de Damoclès pendouillait au dessus de ma tête, n'attendant qu'un Tease ne l'effleure pour m'écraser sous le poids du destin.
Pourtant, j'avais beau observer mes pensées, décortiquer mes actions et triturer mon esprit, rien ne semblait s'additionner. Bien sûr, je ne savais pas vraiment ce que la transformation en No-… la transformation impliquait, mais je n'avais aucun désir particulier ni de tuer et torturer des gens (sauf une des employée qui semblait prendre un malin plaisir à me pourrir la vie, mais ça c'était normal) ni même de jouer du piano sans m'arrêter à toute heure du jour et de la nuit. De plus, j'avais beau scruter mon front chaque matin, aucun signe de teinte grise ou de stigmate naissante n'ornait mes traits. Bien sûr, je pouvais être loin du réveil et cela ne s'était pas encore montré… mais tout de même ! C'était au moins une petite lueur d'espoir…
Enfin bref, tout cela pour dire que plus d'un mois après la première leçon, j'avais envie d'étrangler quelqu'un. De préférence, notre professeur de piano. Ces cours réglés comme une horloge et remplis de conseils froids et de coups de règles sur les doigts à la moindre fausse note avait eu raison de mes nerf et surtout de tout l'amour que j'aurais pu éprouver pour l'instrument. J'avais bien essayé, la veille, lorsque le comte était venu chercher les jumeaux pour les emmener en ville, que ce serait bien si je pouvais, oh, je ne sais pas, ne plus avoir de professeur de piano. Mais il avait fait comme s'il ne m'avait pas entendu, balayant ma demande timide avec un rire avant de raconter une anecdote sans importance.
He bien très bien ! Si l'affrontement direct ne fonctionnait pas, he bien... la grève était une arme bien connue des Français.
Et un peu de fierté patriotique ne faisait pas de mal, n'est-ce pas?
Et donc, après avoir emmené Tricia se reposer, au lieu de traîner les pieds en direction de la salle de musique, je m'étais résolument tournée vers la sortie avant de m'engouffrer dans la forêt avec un visage sombre. Je savais que c'était au tour de l'akuma de nous apprendre aujourd'hui, je l'avais vu arriver tout à l'heure par la fenêtre. Appelez-moi puérile, mais je ne pouvais plus supporter ces cours et ce n'est pas comme si j'ignorais le Comte non plus… juste un de ses employés… dont il partageait les yeux… et les oreilles… urgh, j'espère seulement que ma petite escapade ne m'attirera pas trop d'ennui.
A dix minutes du manoir, je jetais un coup d'œil en arrière. Je pouvais toujours y aller, je serais juste un petit peu en retard… je ne me prendrais que quelques coups de règles en plus… Mais non ! Si je ne montrais pas mon mécontentement, rien ne changerait ! Et ce n'était pas Tyki qui allait m'aider sur ce coup-là. Même s'il le détestait autant si ce n'est plus que moi, il était bien trop reconnaissant au Comte pour aller contre sa volonté.
Soupirant, je poussais quelques branches hors du chemin avant de regarder la clairière apparaissant derrière elles avec une certaine nostalgie. Huit mois déjà… plus d'une demi-année… Marchant doucement jusqu'à une souche d'arbre doré au soleil, je balayais quelques feuilles avant de m'y adosser. C'était étrange comme un lieu pouvait évoluer à ce point avec les saisons.
Je n'étais venue qu'une fois ici, et seulement pour un bref moment lorsque j'y avait rencontré pour la première fois Tricia, mais cette petite clairière m'avait beaucoup marqué. Et au cas où Tyki me chercherait sur la demande de l'akuma, j'avais pensé qu'il serait plus judicieux d'aller à l'opposé du jardin arrière où se trouvait le lac. Quoi qu'il en soit, sans la neige et le givre, elle semblait beaucoup moins isolée que cette première fois. Maintenant, avec le soleil se frayant un chemin autour des branchages feuillus, éclaboussant le sol de tâches colorées et les oiseaux qui semblaient s'en donner à cœur joie, j'avais bien plus l'impression de me trouver dans la forêt de la belle au bois dormant que celle de Narnia.
Respirant une bouffée d'air frais, je relevais mes jambes sur ma poitrine avant d'y poser le livre que j'avais traîné avec moi. J'avais deux heures à perdre avant d'être sûr qu'il soit partit après tout …
M'engouffrant dans le roman, je perdis très vite la trace du temps. C'était un roman d'horreur, un genre que je n'affectionnais particulièrement pas d'ordinaire et que je n'aimais toujours pas beaucoup. Malheureusement, je n'avais pas fais attention lorsque j'avais attrapé un livre à la bibliothèque et, au final, même si je n'aimais pas ça, c'était bien écrit et ça ne m'empêchait pas d'être pris dedans. J'étais à ce point immergée que lorsqu'une main se posa sur mon épaule, je criais de surprise avant de jeter le livre dans la direction générale de ce qui m'avait touché et me relevai précipitamment en trébuchant.
« Je suis tellement désolée ! » Je criais aussitôt quand j'imprimais qui était derrière moi. « C'est un livre d'horreur et j'ai tendance à un peu trop m'impliquer et j'en étais au moment où le meurtrier attaquait le héro et je… vous m'avez fait peur ! »
« Tout va bien, j'aurais également dû faire plus attention. » Répondit calmement Sheryl alors qu'il se baissait pour ramasser le livre. « Je suis surpris de vous croiser ici, le duc n'avait-il pas organisé des cours de piano pour vous et mon frère ? » Demanda-t-il en me tendant le livre avant de sortir sa montre à gousset et d'y jeter un coup d'œil. « Ou peut-être avez-vous déjà fini ? »
« Il me semble que Tyki est en train de jouer… » je répondis évasivement, les joues rouges, évitant soigneusement son regard. Bien sûr, je n'avais pas été suicidaire au point de sauter la leçon sans prévenir. He bien, bien sûr je n'avais pas prévenu l'akuma en charge, mais j'avais pris soin d'informer Tyki, Road et les jumeaux. Nul besoin de se faire traquer après tout et je savais juste que Road m'en aurait fait bavé si j'étais partie sans prévenir. Mais, je n'avais pas du tout pensé à informer Sheryl. Il était si souvent absent ces derniers temps, j'avais dû le croiser seulement deux fois au manoir au cours du dernier mois. En fait, maintenant que j'y pense… « N'étiez-vous pas censé revenir après-demain ? » Je demandais curieuse alors que je pris rapidement sa suite lorsqu'il se dirigea à nouveau vers le manoir.
« Les négociations se sont mieux passées que prévu alors j'ai préféré rentrer un peu au manoir temps que je le peux même s'il me faudra bientôt repartir pour le Portugal. » expliqua-t-il.
« Tricia et Road seront heureuses de vous revoir, vous leur avez beaucoup manqués. » Je répondis avec un sourire, un peu soulagé malgré moi. Road avait été… difficile à manier ces dernières semaines et je ne pouvais qu'être heureuse que son attention se tourne vers son père. Même les jumeaux qui avaient pourtant fait beaucoup d'efforts niveaux comportements ces derniers temps préféraient juste la fuir maintenant. Au moins, avec toutes leurs disputes, je voyais plus en eux les enfants arrogants et sûr d'eux du manga et moins les rats des rues terrifiés qu'ils étaient seulement quelques mois plus tôt, même s'ils avaient encore un long chemin à parcourir.
« Elles m'ont manqué également... » Murmura-t-il avec un petit sourire et on aurait dit qu'il avait déjà oublié que j'étais là. « Ces réunions sont importantes, mais j'aimerais avoir plus de temps pour ma famille. » Soupira-t-il avant de se tourner vers moi avec un regard évaluateur. « Au fait, cela fait plusieurs mois que vous êtes au manoir maintenant, tout se passe bien ? »
Sentant mon sourcil tressaillir, je plaquais un petit sourire avant de lui répondre un « À merveille ! » un peu faux. Si quelques mois plus tôt, on m'aurait dit que dans un manoir rempli de Noah, ça aurait été les serviteurs humains qui m'auraient posé problème, je ne l'aurais pas cru… Et pourtant ! La bonne entente de la première semaine avait rapidement fait place à quelques jalousies les premiers mois après mon embauchement par Tricia. Mais encore, tout se passait assez bien… et puis, le majordome en chef, Ernest Impleton, le frère de Dolores qui m'avait obtenue le travail de femme de chambres en premier lieux, avait pris sa retraite.
J'étais très loin de me douter d'à quel point cet homme assurait le bon fonctionnement du manoir… pourtant, l'ambiance avait changé du tout au tout après son départ. Comme si on leur avait coupé les chaînes, les regards jaloux de certaines femmes de chambres s'étaient changés en hostilités fiévreuses et les mauvais coups n'avaient pas tarder à commencer. Ne pas se faire réveiller le matin, m'interdire d'entrer dans certaines pièces avec des arguments stupides, renverser le sel dans mon repas... C'était des petites choses mais répétés comme elles l'étaient, cela devenait rapidement agaçant et je ne devais qu'au fait que je n'avais littéralement nul part d'autre où aller pour ne pas déjà avoir fait quelque chose de regrettable.
« Ah, vraiment ? » répondit Sheryl en me lançant un regard plat.
« Oh, oui, rien digne de mention. » je répondis avec un sourire un peu plus accentué. De toute façon, même si j'avais souhaité parler de mes problèmes, ce ne serait certainement pas avec Sheryl que je le ferais. De tous les Noahs que j'avais rencontrés jusqu'à présent, le Comte compris, c'est celui avec lequel je m'entendais le moins. Je ne savais tout simplement pas sur quel pied danser avec lui, ses pensées sur moi étaient… impénétrable. Pas que j'étais douée pour savoir si je plaisais ou non aux gens, mais j'espère que j'arriverais tout de même à ressentir si quelqu'un me détestait.
En fait, maintenant que j'y pensais, je m'entendais étonnement bien avec les Noahs. Tyki était clairement celui avec qui je m'entendais le mieux, cela aidant certainement que nous avions des choses en commun comme la lecture, l'appréciation du mode de vie bourgeois mais aussi de simple ouvrier, les défis ridicules et se plaindre de sa famille trop extrême en règle générale. Donc oui, je dirais que nous commencions à entretenir une solide amitié… enfin aussi solide que puisse être l'amitié d'une humaine et d'un surhumain qui a pour mission de détruire l'humanité… Rien n'est parfait.
Je m'entendais également assez bien avec Road tout compte fait. Je pense qu'au début, elle me voyait surtout comme un nouveau jouet qu'elle devait s'évertuer à ne pas casser pour pour le bien de Tricia mais… l'épisode du balcon, (ho, zut, je ne veux pas me souvenir de ça...) les nombreuses parties de jeu, l'aide aux devoirs, les longues soirées coiffures au coin du feu et les petites conversations sans la prendre pour une enfant débile (les enfants devaient être vu mais pas entendu à cette époque. C'était, certes, bien moins le cas au manoir mais Tricia retombait parfois dans ces schémas classiques et l'école et les serviteurs, bien sûr, n'aidaient pas de ce côté-là.) avait, je pense, sensiblement améliorer notre relation. Si ce n'est le rôle d'amie ou de confidente, j'étais au moins à peu près sûre que j'avais obtenu celui de distraction aimée. Ce n'était peut être pas l'idéal, mais temps que j'étais assez apprécié pour ne pas subir de supplice physique ou mental… qui plus est, malgré tout, je l'aimais bien cette petite psychopathe.
Comment ça, masochiste ? Noooon…
Les jumeaux étaient… un cas particulier. J'avais clairement gagné des points avec l'épisode de la soupe (ne pense pas au balcon, ne pense pas au balcon…) et leurs apprendre tout ces jeux (et qui aurait cru que j'en connaissais autant?) avait clairement payé pour les sortir de leurs coquilles. Devit était toujours abrasif, certes, mais au moins maintenant il parlait à tout le monde sans sembler vouloir leur arracher la gorge avec les dents. Sauf Sheryl. Mais bon, même moi j'avais parfois envie de le gifler, ça ne compte pas… Jasdero était passé de complètement muet à timide voir même joueur, tout un exploit si vous vouliez mon avis. Par contre, je détectais ces derniers temps une tendance à simplement appuyer la parole de son frère, ce qui était un peu inquiétant pour ses progrès sociaux. Cependant, je n'arrivais tout simplement pas à savoir si c'était parce qu'ils avaient le même avis ou si Jasdero suivait simplement ce que disait son frère. Quoi qu'il en soit, je sentais mon faible contrôle sur eux ( je veux dire par là, qu'ils avaient auparavant assez de respect pour moi pour s'arrêter dans leurs frasques lorsque je leur disait) s'atténuer progressivement. En même temps, j'étais heureuse car cela prouvait leur évolution, d'un autre côté… je n'attendais vraiment pas le jour où ils seront assez confiants pour me prendre comme cible de blagues car je savais bien que je n'aurais alors aucune chance contre eux.
Et puis, il y avait le Comte. Ayant passé la plupart de mon temps à le fuir comme la peste ces derniers mois, il était assez difficile de se faire une opinion de notre relation, si on pouvait même dire qu'il y en avait une. Je dirais, rétrospectivement, qu'au début je ne l'intéressais pas des masses malgré notre étrange première rencontre (il faut que j'arrête de me retrouver dans ces situations impossibles…) mais mes réactions l'amusaient assez pour qu'il continue à m'embêter de temps en temps. Cela aidait sûrement aussi que d'ordinaire il était plutôt… gentil avec tout le monde. C'est étrange de penser ça du grand méchant, n'est-ce pas ? Mais pourtant… Je me souviens qu'une fois, il nous avait accompagné à la messe et, cette fois, tout le monde était de sorti. Et lorsque je veux dire tout le monde, c'était vraiment la clique entière, c'est-à dire, une Tricia lumineuse et un Sheryl aimant, une Road excitée, des jumeaux mal à l'aise, un Tyki ennuyé et : le Comte. J'avais essayé de m'esquisser, bien entendu, prétextant une sortie en famille que je n'osais pas déranger, et cela avait presque fonctionné ! Sheryl était de mon côté, bien entendu, et Tricia même si elle voulait m'inclure était un peu mal à l'aise par rapport au Comte mais bien sûr, il avait fallut que Tyki se ramène avec son sourire charmeur (en me chuchotant un « si je dois souffrir, toi aussi ») et cela avait ravivé sa manie de nous caser ensemble, détruisant tout espoir pour moi de me la couler douce au manoir.
Pourquoi est-ce que je racontais ça ? Ah, oui ! Tout ça pour dire que ce soit avant, pendant ou après la messe (dans la même église régit par l'ordre noir que la première fois. Avec le Comte millénaire. Ho l'ironie…) Le duc n'avait cessé de rayonner, faisant des petites discutions avec tout le monde, aidant un enfant tombé par terre, achetant les fleurs d'une petite vendeuse, échangeant de sourires… enfer, j'étais pratiquement sur qu'il s'était laisser faire voler par un gamin des rues exprès !
Au temps dire que j'avais passé l'après midi suivante en pleine penser profonde sur le sois disant mauvais côté de l'histoire…
Donc, oui, il ne m'ignorait pas comme on l'aurait pu attendre d'un noble envers un employé à cette époque, mais comme il ne le faisait avec personne d'autre non plus, ça ne voulait pas dire grand-chose… Après l'épisode du piano par contre, c'est là qu'il y avait eu un changement. Au lieu de me prendre en embuscade comme il le faisait auparavant, il avait tout simplement arrêté de me déranger, attendant que je vienne le voir de moi-même. Bon, c'est vrai que j'avais un peu l'impression d'être un animal sauvage en train de se faire apprivoiser mais, ho, bien… en tout cas, lui parler devenait de moins en moins terrifiant et je commençais à apprécier nos petites leçons de piano, mine de rien.
Oh, Merlin, comment diable en étais-je arrivée là ?!
Non, Eve, c'est pas le moment pour une crise existentielle… secouant légèrement la tête pour évacuer les pensées sombres qui menaçaient de s'entasser, je relevais la tête pour réaliser avec surprise que nous étions déjà très proche du manoir. Sheryl était toujours là et nous avions fais tout le chemin dans un silence confortable… ou en tout cas je l'espérais. Ça aurait été particulièrement gênant de m'être perdu à ce point dans mes pensées que je n'avais pas remarqué qu'il me parlait…
Mais, he bien, il n'avait pas l'air de mauvaise humeur, alors je suppose que tout s'est bien passé.
« Papa ! » Cria tout à coup une voix en hauteur. Levant la tête d'un même mouvement, ce fut pour voir Road qui se penchait dangereusement par une fenêtre du premier étage en hurlant dans notre direction. « Tu es rentré tôt ! » S'exclama-t-elle joyeusement alors que j'observais, fascinée, la transformation du sérieux Sheryl en une boule de goo lumineuse. C'était dingue comme la simple présence de Road changeait cet homme du tout au tout, cela m'impressionnait à chaque fois.
« S'il vous plaît mademoiselle, ne vous penchez pas à la fenêtre ! » Viens un gémissement derrière Road et je me raidis un peu en entendant la voix de Marie. Cette femme de chambre particulère de Road faisait partie des employés… agacé de ma promotion. Comme si reconnaissant tout à coup ma présence, la femme eut un rapide rictus en croisant mes yeux avant de jeter un regard à Sheryl puis de nouveau à moi. Ayant reçu nombres de quolibets ces dernières semaines, la signification était on ne peut plus évidente. Lui renvoyant un sourire avec trop de dents, je continuais mon chemin à l'intérieur, les épaules haute et le regard droit. Après tout, dans ce genre d'endroit, si tu montres de la faiblesse... tu es foutu.
Montant le grand escalier avec le plus de dignité possible, je parcourais l'étage supérieure, offrant un sourire à Road qui croisa mon chemin pour aller saluer son père. Adressant un hochement de tête simple à Marie, je ne reçu en réponse qu'une paire de sourcils froncés avant qu'elle ne continue à suivre Road, le menton levé et les lèvres plissées. Soupirant à la réaction, je continuais mon chemin, prenant bien soin de faire un grand détour par l'aile gauche pour éviter le plus possible la salle de musique.
Arrivé devant une grand porte de bois, je toquais deux fois avant de pousser la porte sans plus de cérémonie. C'était la bibliothèque après tout, et j'avais un statue suffisant maintenant pour y entrer comme je le voulais, mais ça ne faisait pas de mal de prévenir au cas où. Heureusement pour moi, personne d'autre que Tyki n'était présent et je m'y glissais avec un soupir de soulagement. Je n'avais vraiment pas envie de rester seul dans ma chambre cette après-midi.
« Tu rentres bien plus tôt que je ne le pensais. » dit le Noah, ayant relevé la tête du livre sur ses genoux à mon entrée. Bourdonnent, je rangeais le livre que j'avais emmené avec moi dans la forêt avant de me diriger vers lui.
« J'ai croisé ton frère dans la forêt. » Je répondis avec un soupir en m'écroulant (mais avec grâce ! Je n'avais pas besoin d'autres cours de bonne manières de Tricia et Sheryl, merci beaucoup…) sur le fauteuil en face de Tyki que j'avais commencé à penser comme le mien avec tout le temps que je passais vautré dedans.
« Il est déjà rentré !? » grimaça Tyki avant de jeter un regard triste à son livre. « Je devrais aller le saluer, n'est-ce pas ? » me demanda-t-il avec un regard douloureux.
« He bien, normalement oui, mais tu n'es pas supposé savoir qu'il est là alors... » je répondis avec un sourire amusé alors que le visage de Tyki s'éclairait avec soulagement.
« Je sais que je ne fais que remettre à plus tard, mais je ne suis pas d'humeur à me faire étouffer et rabâcher ma place dans la société... » me confia-t-il en fermant son livre. « Le serviteur du Duc est furieux, en passant, mais je ne pense pas qu'il lui en parlera, tu peux continuer à ne pas aller en cours sans crainte. »
« Tu me fais ressembler à un petit enfant désobéissant... » Je gémis avant d'enchaîner rapidement en le voyant ouvrir les lèvres. « … ce que je suis, mais pour ma défense, le Duc Campbell n'est même pas mon employeur et, de toute façon, quel employeur paye pour qu'une dame de compagnie apprenne le piano dans son temps libre ? C'est tout simplement étrange. »
« Que veux tu, ma famille n'aime pas faire comme les autres et, on ne peut pas dire que tu es l'employée typique non plus. » répondit Noah en haussant les épaules.
« Il faut croire que nous nous sommes bien trouvés. » Je ris avant de prendre le ton grave d'une vieille diseuse de bonne aventure que nous avions rencontré avec Tyki lors d'un de nos voyages dans les lieux les moins bien famé de Londres. « C'était le destin... »
« Ha, tiens, tu me fais penser Ivy... » Dit il après avoir fini de rire en glissant sa main dans son veston. « J'ai remarqué ça tout à l'heure dans les mains de quelqu'un qui ne devrait pas l'avoir. » Dit il en sortant une lettre épaisse adressé à mon nom.
« D'Allen ?! » je souris vivement, me penchant en avant pour la prendre mais Tyki attrapa ma main à la place m'empêchant d'atteindre l'enveloppe.
« Je me disais bien que c'était étrange de ne pas avoir reçu de nouvelles de lui le mois dernier. » répondit Tyki, son sourire disparut. Sentant l'air devenir un peu plus sombre, je me reculais lentement en arrière dans mon fauteuil. « Je savais que les employés n'étaient pas les plus tendres avec toi… mais de là à voler ton courrier… Qui est aussi le mien si cela vient d'Allen. Et je suis assez agacé que l'on m'ait volé mes affaires, je l'avoue. » Dit-il calmement en tapotant l'enveloppe distraitement.
Soudain inquiète, je le regardais avec de grands yeux. « Peut-être n'a-t-elle tout simplement pas eu le temps de me donner l'enveloppe ce matin, je suis partie assez vite après tout… » J'essayais mais grimaçait lorsque je vis son air sceptique. « Ce n'était pas méchant, elle… elle me l'aurait rendue ensuite. »
« Bien sûr. » Répondit-il, sa voix lourde de sarcasme avant de passer sa main dans ses cheveux en soupirant, détruisant sa si soigneuse coupe au grand désespoir futur de Sheryl. « Mon frère va être horriblement heureux : il a enfin réussi à déteindre quelque peu sur moi. Je ne me serais jamais occupé du travail d'un employé auparavant… Sache que je l'ai congédié, nous n'employons pas de voleurs, ici. »
Les yeux écarquillés, je le regardais avec horreur, la lettre d'Allen totalement oubliée. Le traitement était tolérable jusqu'ici… mais qu'un des maîtres de maison ait renvoyé une employé pour… moi ? Ça allait devenir l'enfer.
Et je ne pouvais pas avoir plus raison.
Bim badaboum, tout est prêt pour qu'Eve pête un câble au prochain chapitre! Quelqu'un veut parier sur un possible chevalier en armure? :3
Urgh, je rentre dans un mois de production intensive pour mon examen final, c'est pas la joie Mais ça va le faire... avec beaucoup de travail, de rituel païen, et un peu de chance, ça va le faire... je ne vais pas abandonner maintenant que j'ai trouvé un truc susceptible de me plaire pour les quelques prochaines décennies! Je vous souhaite de tout cœur que vos examens se passent bien de votre côté aussi!
Pensez aux reviews et rendez-vous le 5 du mois prochain !
