Histoire: Une Touche de Couleur dans le Gris
Livre 1 : Nuancer le noir.
Date: 5 Août 2018, corrigé en Avril 2022
Beta: Elda (2018) Personne (2022)
Fandom: D Gray Man
Avertissement: Non, je ne possède pas D Gray Man et je ne fais aucun profit avec cette histoire.
Résumé: Après avoir atterri au XIXème siècle, Estelle, prenant le nom d'Ève, devient la dame de compagnie de Tricia Kamelott. Eve prend vite conscience de la différence niveau sociale et genre à cette époque et commence à avoir peur pour son avenir surtout lorsque débarque Road, les jumeaux, Tyki et même Allen. A force de les côtoyer, Eve devint plus ou moins ami avec eux, ce qui lui attire les foudres des autres employés du manoir. Et tout cela s'agrave lorsque Tyki découvre qu'une femme de ménage volait le courrier qu'Allen envoyait à Eve et décide de la renvoyer. En contrecoup, Eve se fait harceler encore plus et une employé finit par tomber dans les escaliers (plus ou moins à cause de Road)
Trigger du chapitre: Description d'un Manoir hanté ? Mais c'est surtout Eve qui se fait des films.
"Pourquoi diable poste elle a 3h du mat'?" bah écoutez, mystère et boule de gomme...
Bonne lecture!
Nuancer le Noir chapitre 23 : Babysitting
Dimanche 6 septembre 1885
"Vous êtes sûre que vous n'avez besoin de rien d'autre?" Demanda Tricia pour la cent cinquantième fois (et j'exagérais à peine) les mains replaçant nerveusement une des mèches de… Devit? Vu le regard renfrogné, je le supposais en tout cas…
En effet, fraîchement lavés, les cheveux coupés et déjà en uniforme, il était difficile de différencier les jumeaux d'un seul coup d'œil à présent. Ils se ressemblaient en tout point avec leurs cheveux noirs courts et correctement agencés par Tricia. Au moins, leurs caractères ne trompaient pas et si Jasdero semblait inquiet, Devit était positivement meurtrier et ce n'était rien de moins qu'un miracle qu'il se tenait tranquille sous les affections de Tricia.
Devit grogna un truc qui passa sûrement pour une réponse aux oreilles de la Marquise Kamelott car elle recommença à faire la liste de choses qu'ils devaient absolument avoir avec eux. Zut, j'avais une mémoire pourrie et je l'avais tout de même déjà retenue par cœur! Heureusement, ce fut ce moment que choisit Sheryl pour pousser la porte d'entrée. Prenant la scène avec un sourcil levé, il jeta à nouveau un regard à sa montre à gousset puis, derrière lui en direction de la calèche et à nouveau sur sa femme.
"Tricia, chérie, la calèche est chargée, elle n'attends plus que nous…" dit-il en tapotant à nouveau sa montre pour nous faire comprendre subtilement que ce serait bien si on se grouillait un peu.
Ma patronne fit aussitôt une mine triste et se retourna vers les jumeaux pour les tirer à nouveau dans ses bras. "Souvenez-vous, il y a un téléphone à l'école, si jamais vous avez besoin de nous parler, peu importe la raison, n'hésitez pas!" Dit-elle avant d'embrasser chacun des jumeaux puis de se lever pour rejoindre Sheryl qui tenait toujours la porte ouverte en grommelant à voix basse sur le prix d'un coup de téléphone.
Et, oui, le téléphone existait bien au moins 20 ans trop tôt dans ce monde. En fait, cela faisait même cinq ans que la chose s'était démocratisée dans la haute société. On en était pas encore au point des cabines téléphoniques dans les rues, mais même la classe moyenne y avait accès maintenant et les patrons d'endroits publiques comme les auberges ou théâtre ne tarderont sûrement pas plus longtemps à franchir le pas. Le téléphone était un important argument de vente après tout… Heureusement que je n'avais jamais été très dépendantes du mien ou cela aurait été un rappel vicieusement douloureux.
Me lançant un coup d'œil significatif en tapotant à nouveau sa montre, Sheryl ferma la porte derrière eux.
J'aurais pu être vexé que Sheryl me ferme ainsi la porte au nez, mais pour une fois, il ne l'avait pas fait contre moi mais plutôt pour moi. En effet, à l'extérieur, près de la calèche, il n'y avait pas que des employés ennuyés qui attendaient que leur maître partent ou Road et Tyki obligés de réconforter Tricia mais également, le Comte et surtout des représentants de l'école des jumeaux. Pour Sheryl, il était absolument impensable que je me montre aussi affectueuse que d'ordinaire avec les jumeaux en face des étrangers. Déjà qu'il était bien généreux d'accepter mes "bizarreries" en famille pour l'amour de Tricia, il n'allait pas non plus afficher au monde à quel point une employée était aussi bien intégrée à la dynamique familiale. De mon côté, je m'en fichais comme de ma première chaussette alors j'avais gracieusement accepté lorsqu'il m'avait ordonné de dire mes au revoir à l'intérieur et de ne pas sortir dehors. En fait, j'étais plutôt contente d'étaler mes sentiments en petit comité alors ne gaspillant pas plus de temps je les agrippais dans un câlin aussitôt la porte refermée.
Ils avaient grandi, je pensais distraitement. Non seulement physiquement, vu qu'ils atteignaient à présent mes épaules, une taille que les petits garçons mal nourris ne disposaient certainement pas lors de leur arrivée mais aussi mentalement car aussitôt ils me serrèrent en retour sans un gramme de tension dans leur corps.
"Ho allez!" Râla aussitôt Devit en me repoussant au bout de quelques secondes. "Tricia nous a déjà écrasés pendant des heures, ne le fait pas aussi!"
"Je n'y peux rien si vous êtes à la taille parfaite pour les câlins." Je tirais la langue en gâchant les cheveux de Devit avec un sourire vicieux : nul doute que Tricia allait les fixer aussitôt dehors. "Je suis sûre que la prochaine fois que je vous verrai, vous m'aurez dépassé! Évidemment que j'en profite." Je ris en serrant un peu plus fort Jasdero qui au contraire de son frère n'avait pas pris soin de s'éloigner de moi. "Vous pouvez m'envoyer des lettres si vous voulez, je soutiendrais vaillamment vos plaintes." Je les taquinais en plantant un bisous dans les cheveux de Jasdero avant de m'éloigner pour pouvoir regarder les deux garçons dans les yeux. "Et, promis, si c'est trop difficile et que vous avez besoin de sortir de là, je trouverais un moyen." À leur air sceptique, je pris un air mystérieux. " Je suis sûre que Road peut faire signer à Sheryl à peu près n'importe quoi, permission de sortie comprise. Et au pire, on viendra vous aider à vous évader avec Tyki."
Jasdero rit et même Devit eut un petit sourire avant de replaquer sa mine grognon habituelle.
"Je pense que ça ira, Eve. Et puis, le comte a promis de reprendre des tuteurs si ça ne nous va pas, pas besoin de te mettre encore plus dans les ennuis avec Sheryl" dit calmement Jasdero et ça devait bien être une des plus longues phrases que je l'avais entendu dire depuis leur arrivée.
"Promis, je ferais attention. Ne faites pas trop de bêtises de votre côté aussi ou alors, ne vous faites pas prendre!" Je répondis avant de lancer un coup d'œil à la porte, imaginant sans problème un Sheryl impatient derrière elle. " Allez, vous feriez mieux d'y aller." Je dis doucement. Sans plus d'hésitation, Devit hocha la tête dans ma direction et marcha vers la porte. Jasdero fit mine de le suivre mais au dernier moment, il glissa ses mains autour de ma taille pour un câlin furtif avant de courir après son frère.
Waw. Je clignais des yeux. C'était bien la première fois que Jasdero initiait quelque chose, encore plus un câlin. Lui qui détestait être touché à son arrivée… Souriant doucement, heureuse d'avoir enfin réussi à franchir leur carapace, je m'approchais d'une des grandes fenêtres pour observer ce qu'il se passait en contrebas. Effectivement, une rangée de domestiques se tenaient docilement devant les escaliers, face au carrosse, la famille et les représentants de l'école parlant près de la calèche, attendant les jumeaux qui dévalaient les marches. Et effectivement, aussitôt en bas, Devit se fit attraper par Tricia qui s'empressa de remettre ses cheveux en place avant de le reprendre à nouveau dans ses bras au grand dam de ce dernier.
Devit supporta pourtant la chose et je me doutais qu'il était plus affecté qu'il ne voulait le faire croire. Ce fut ensuite autour de Jasdero de se faire embrasser à nouveau puis Road s'approcha pour les câliner également. Alors, Sheryl s'approcha pour échanger une poignée de main et je dû me retenir de rire à l'air de dégoût total sur le visage de Devit. Finalement, les jumeaux saluèrent Tyki et les représentants de l'école avant qu'ils n'embarquent, aussitôt suivi par le Comte.
Ce fut avec une certaine mélancolie que je vis la calèche partir, me demandant bien ce que j'allais faire sans ces deux petits diables pour me distraire. J'avoue que, secrètement, j'espérais bien qu'ils ne se plairaient pas au lycée et qu'ils reviendraient au manoir. J'avais beau ne pas avoir de problème avec la solitude dans ma vie passée, il était difficile de s'en contenter maintenant qu'il n'y avait plus grand chose pour occuper mon temps.
Les livres, c'était bien mais après neuf mois de lecture quotidienne, j'avais déjà plus ou moins écumé les ouvrages qui m'intéressaient quelque peu. Aussi, l'art était chouette, mais il fallait que je me censure au cas où quelqu'un trouverait mes carnets, de même pour l'écriture. Il n'y avait ni jeux vidéos, ni internet ici, j'avais à peine le droit de toucher à la cuisine et seulement si je suppliais Berthe pendant des heures, les sorties étaient limités et je ne savais pas jouer d'un instrument de musique, l'autodidactisme sans youtube étant bien plus difficile. Bref, étant une personne qui s'épanouissait dans la productivité, ce manque d'action porterait sûrement sur mes nerfs avant peu de temps. J'avais intérêt à me trouver une occupation et rapidement.
En attendant, j'ouvris grand les bras pour recevoir une brassée de Tricia en pleure et lui tapotais l'épaule d'un air compréhensif alors que le reste de la famille s'écoulait par la grande porte d'entrée.
"Ils grandissent si vite." Gémit Tricia en se tapotant les yeux avec le mouchoir que je lui avais tendu. "Dans peu de temps, ce sera Road qui partira de la maison pour se marier!" Dit-elle et je dû me retenir pour ne pas rire à l'air alarmé de Sheryl et celui dégoûté de Road.
"Voyons Tricia, Chérie, il nous reste bien assez de temps avant de nous occuper de ces choses-là." Murmura le Noah du Désir en plein denis.
Aussitôt, Tricia se releva avec un sourire larmoyant. "Oh oui, tu as raison! De toute façon, bien avant que cela n'arrive, il y aura d'abord celui d'Eve!" Dit-elle, les larmes disparaissant suspicieusement de ses yeux.
Aucune. Chance. En. Enfer.
"Ho, je ne sais pas, je ne suis pas sûre d'être faite pour le mariage…" je répondis évasivement, espérant à la fois qu'elle l'ignore et qu'elle s'en préoccupe. Ce n'était pas la première fois que mes sous-entendus sur mon manque de but maritale avait été totalement ignoré alors j'essayais cette fois une attaque plus frontale. Mais en même temps, je n'avais vraiment pas envie d'en parler ici, dans le hall d'entrée avec trois Noahs comme témoins.
"Voyons Eve, tu ne veux pas finir vieille fille tout de même!" dit Tricia d'une telle façon qu'on aurait pu croire que c'était la pire insulte du monde.
"Et pourquoi pas?" Je roulais les yeux agacés. Vraiment, j'adorais Tricia, mais de temps en temps, nos différences de convictions étaient difficiles à passer outre.
"Mais…" Dit Tricia l'air perdue en regardant autour d'elle comme pour obtenir le soutien des trois autres Noahs. Ça ne fonctionnait pas très bien… Tyki regardait suspicieusement sa main, Sheryl semblait vouloir être partout sauf ici et Road avait un petit sourire narquois qui ne me disait rien de bon. "Tu ne veux pas un mari pour prendre soin de toi? Avec une belle maison? Des enfants?" Tyki toussa. Il riait ce crétin, je suis sûre qu'il riait!
"Cela pourrait changer dans le futur…" je dis pour faire un compromis la voyant devenir frénétique. "Mais pour l'instant ça ne m'intéresse pas."
"Mais… mais… tu aimes les enfants!" Dit tout à coup Tricia d'un air triomphant en posant une main sur l'épaule de Road comme si cette seule phrase allait me donner l'envie soudaine de me ranger sous la coupe d'un mari autoritaire.
He bien, elle n'a pas tord, j'aimais bien m'occuper des enfants (même si on ne comptait pas Road, j'avais bien aimé le babysitting dans mon autre vie… c'était une bonne manière de pouvoir jouer à des choses jugées puériles par mes confrères sans remarques piquantes sur mon âge mental. Non mais expliquez-moi, pourquoi diable le poule-renard-vipere ou les billes devaient être limités en âge...?) Mais je n'étais pas trop chaud sur la partie accouchement. Déjà que mes règles étaient assez douloureuse (même si, merci Merlin, ordinairement moins horrible que mes premières en ce monde) alors l'accouchement où l'on disait que la douleur des règles n'étaient qu'une fraction de la douleur qu'on ressentait en donnant la vie… Donc, ouais, bof. A mon époque, avec un bon médecin, un hôpital et la glorieuse péridurale, j'aurais pu tenter le coup… mais ici? Dans ce pseudo XIXeme siècle où cela pourrait bien mener à une mort douloureuse?
Ahahahahahah.
No way.
De toute façon, si jamais j'avais vraiment besoin de faire fonctionner mes instincts maternelles à plein temps un jour, il y avait toujours d'autres options… "Justement, je me disais, peut-être travailler dans un orphelinat ensuite et, à terme, adopter. Il y a, après tout, beaucoup d'orphelins et je n'ai pas vraiment l'obligation d'avoir un enfant de mon sang de toute façon." je répondis à Tricia, me retenant de justesse d'hausser les épaules car elle déte….
Merde.
Tricia veut des enfants.
Mais ne peut pas en avoir.
Merlin, Este...euh...Eve, le tact!
La scrutant avec inquiétude sous mes cils, je soupirais de soulagement lorsqu'elle ne parut pas plus déprimer que ça. En fait, elle semblait pensive même si un peu triste.
"Il est évident que l'adoption est u…" commença-t-elle à dire lentement comme si elle ne voulait pas admettre quelque chose mais, juste à ce moment-là, Road se dégageait de sa main pour venir m'attraper les poignets.
"Tu veux partir du manoir, Vivi?" Demanda-t-elle avec de grands yeux et, peut-être était-ce seulement mon imagination débordante, mais je sentis ses ongles s'enfoncer dans ma peau et ses yeux se resserrer dangereusement.
"Oh, non, ce n'est pas prévu pour l'instant, mais peut-être plus tard, je ne vais pas rester toute ma vie ici…" je répondis évasivement, mon sourcil tressaillant lorsque je vis mon sang perler sur le tapis. Hors de question que je nettoie ça.
"Pourquoi pas?" Demanda Road en me lâchant enfin les poignets pour croiser ses bras.
"Voyons, Road chérie, les employés aussi ont une vie, tu sais bien qu'ils ne restent jamais plus de quelques années avant de partir fonder une famille." Dit doucement Sheryl en se rapprochant de sa fille.
"Tous les employés ne partent pas! Notre ancien majordomme était très vieux! Et la cuisinière est là depuis un certain temps également." Répliqua-t-elle en se tournant vers son père avec un grand sourire. "Eve pourrait rester ! Elle a dit, de toute façon, qu'elle ne comptait pas fonder une famille, elle n'a aucune raison de partir alors!"
Ho ça, des raisons, je pouvais en trouver à la pelle comme, ho, je ne sais pas? Le fait que mes employeurs étaient tous des Noahs par exemple? Mais bon, mieux valait ne pas rajouter de l'huile sur le feu et Sheryl et Tricia semblant chercher leurs mots (et Tyki regardait le tout du fond, le bâtard) je me glissais à nouveau dans la conversation.
"De toutes façons, ne nous inquiétons pas de ça pour l'instant, nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve." Je répondis, attirant à nouveau l'attention de Road sur moi. Sheryl semblait soulagé. Et puis, prenant soin de lancer un regard appuyé à la grosse horloge grand-père du hall. "Ho, tiens, il est l'heure du thé."
Heureusement pour moi, Tricia partit au quart de tour sans même laisser à Road le temps de m'envoyer un regard fade. "Déjà! Nous ferions mieux d'aller dans le petit salon, nous ne voudrions pas qu'il refroidisse!" Dit-elle en glissant son bras autour de celui de Sheryl alors qu'il s'apprêtait à ouvrir la bouche, sûrement pour annoncer son intention d'aller travailler. Tricia leva un sourcil et Sheryl colla ses lèvres avant d'embrasser Tricia et de la mener vers le petit salon, Road sur les talons.
"Ho non…" murmura Tyki en suivant paresseusement les trois autres à mes côtés. "Quel malheur cela serait-ce."
Roulant des yeux, je le frappais légèrement sur l'avant bras. En retour, il fit mine de se tenir le bras en grande souffrance, m'amenant à plaquer une main sur mes lèvres pour empêcher un rire de sortir.
"Tyki, Eve?" Demanda Tricia depuis le petit salon nous amenant aussitôt à lisser nos visages en une expression beaucoup trop innocente pour être véridique "Quelque chose ne va pas?"
"Tout va très bien, Tricia" appela Tyki alors que nous pressions le pas vers le salon. "Eve a seulement trébuché" ajouta-t-il avec un sourire narquois.
"Ho, c'est méchant" je me plaignais doucement à Tyki. "Elle ne va pas me laisser seul maintenant. Je te jure, si elle me fait reprendre des leçons d'équilibres je te dénonce à Sheryl !" je marmonnais alors que nous entendions déjà Tricia revenir sur ses pas avec une mine inquiète.
"Ne préférerais-tu pas une faveur?" Grimaça Tyki et cela en disait long sur sa morale douteuse qu'il ne demandait même pas ce que je pouvais bien dénoncer à Sheryl.
"Deal" je répondis aussitôt avec un sourire de contentement. Je savais déjà quand j'allais l'utiliser...
Mercredi 9 septembre 1885
"...pourrait être inquiéte que nous ne soyons pas là alors elle peut dépasser un peu son heure de coucher." M'expliquait Tricia dans le hall alors que Sheryl s'impatientait à côté de la porte. "Ne jouez pas à des jeux trop excitants et pas de bonbons non plus ! Dieu sait que la dernière fois…!" continua-t-elle, inquiète, mon sourire encourageant depuis longtemps figé sur mon visage. C'est qu'elle avait déjà passé un sacré temps à me donner ses commandes. Ce n'était pas comme si c'était la première fois que je faisais du babysitting… bon, certes, pas d'un Noah, mais à 9 ans (ou 42, on ne sait toujours pas…) un enfant savait déjà se débrouiller très bien tout seul.
Sérieusement, qu'est-ce qui pourrait aller mal?
Oops.
Derniers mots célèbres…
"Tricia, chérie, nous allons être en retard…" coupa Sheryl. Ce n'était pas la première fois qu'il tentait de la décoller de moi mais, cette fois, je n'avais plus la patience d'un autre tour de conseils.
" Ne t'inquiètes pas Tricia, tout ira très bien avec Road, n'est-ce pas?" Je lançais un coup œil à la petite fille à côté de moi qui respirait l'innocence. Oulah, je ne sais pas ce qu'avait préparé ce petit diable, mais j'allais douiller moi…
"Bien sûr, Vivi" dit-elle avec un grand sourire avant de s'approcher de sa mère pour lui faire un câlin. "Ne vous inquiétez pas, Mère, profitez de votre soirée et encore bon anniversaire."
"Merci ma chérie" sourit Tricia en se relevant. "Et si jamais quelque chose arrive, Tyki pourra appeler l'Opéra."
"Bien sûr, Tricia. Amusez-vous bien." Ajouta paresseusement Tyki de l'autre côté de Road.
"Tricia, Chérie…" dit Sheryl, à deux doigts de gémir.
"Oui ! Excuse-moi, allons-y." Dit-elle puis elle nous embrassa tous à nouveau avant de donner son bras à Sheryl avec un regard pleins d'amour pour qu'ils puissent descendre les marches de l'entrée menant au carrosse. Avec le cocher et la calèche resplendissante, la grande robe rose pâle de Tricia et le costume queue de pie de Sheryl, plus princesse Disney, tu ne faisais pas.
Au moins, je souris, elle était rayonnante. Je pense que je ne l'avais jamais vu aussi heureuse. Elle qui avait été un peu morose ces trois derniers jours après le départ des jumeaux, elle n'avait cessé de sourire toute la journée, enchaînant les câlins et les petites attentions avec une telle aura de bonheur qu'elle avait illuminé toute la maison et ses habitants. Tout du moins jusqu'à ce soir où la mine inquiète, elle ne semblait pas vouloir nous laisser seul.
Je ne pouvais pas vraiment lui reprocher tout ce cérémonial de sortie. À part les jours où elle se sentait assez bien pour aller à la messe, le bal d'anniversaire de Road et notre visite au tailleur, elle n'était pas sortie de la maison ou vu la société les presque neuf mois que j'avais été là.
"Bon, eh bien, tout cela est très bien, mais je vais vous laisser là. Mesdames." Dit Tyki en se tournant vers Road et moi avec une parodie de révérence.
"Oh que non, tu restes avec nous ce soir." Je répondis aussitôt en croisant les bras, prête à me battre (linguistiquement parlant, hein, le corps à corps avec un Noah, très peu pour moi)
"Pourquoi diable est-ce que je ferais cela?" demanda Tyki en élevant un sourcil.
"Tu l'as promis à Tricia" je répondis la première chose qui me vient à l'esprit.
"Je n'ai pas promis à Tricia que je serais là ce soir." fit-il remarquer avec un sourire narquois.
"Tu as promis que tu appellerais l'Opéra s'il y avait le moindre problème. Comment pourrais-tu le faire si tu n'es pas là ?" je fis remarquer, triomphante, avec un sourire assorti.
"Je trouverais un moyen." dit-il en haussant les épaules. Voyant la situation m'échapper, je soupirais et sortais ma dernière carte.
"Ce sera ma faveur alors, reste ici ce soir et aide-moi."
"Une faveur?" demanda la petite voix de Road à côté de moi. Oulah, j'avais complètement oublié qu'elle était là elle...
"On avait dit une faveur de même valeur!" gémit pratiquement Tyki.
"Eh bien quoi, je te demande juste de faire ce que tu ferais la plupart des autres soirs, je ne vois pas le problème." je répondis aussitôt avec un regard on ne peut plus innocent et Tyki tourne les yeux.
"Le problème c'est que Tricia et Sheryl ne sont pas là." fit-il remarquer patiemment, comme s'il expliquait à un enfant que 2 + 2 = 4. Ou plutôt comment lire. Tyki n'était vraiment pas bon en math.
"Encore une fois, je ne vois pas le problème." je souris narquoisement, en regardant mes ongles, (waw, comment avaient-t-ils poussé autant ?!) attendant qu'il vocalise le problème lui-même. Il était bloqué, soit il admettait qu'il ne voulait pas être là parce que Road lui faisait peur, soit il devait rester m'aider.
" Ho, vraiment, dans ce cas pourquoi veux-tu que je sois absolument là ce soir?" répondit-il et je jurais presque.
Zut.
"Ta compagnie me manquerait trop..." je commençais évasivement.
"Évidemment, Ivy" dit avec amusement Tyki alors que Road laissait échappé un "Awwww" que nous prenions soin d'ignorer tous les deux.
"...et ce n'est pas drôle de jouer seulement à deux, n'est-ce pas Road?" je continuais en envoyant un sourire rayonnant à la petite fille toujours accrochée à mon bras.
"Bien sûr! C'est plus drôle tous les trois, allez oncle Tyki!" Dit-elle en tendant la main à la vitesse de la lumière pour attraper le bras de Tyki.
"...les employés peuvent me remplacer" dit-il tristement en essayant de tirer son bras de la poigne de fer de la Noah du rêve. Cependant, je voyais bien qu'il sentait qu'il ne s'en tirerait pas cette fois.
"Ho noooon, ils ne sont pas drôles du tout ! Je veux que tu joues avec nous !" cria pratiquement Road en tirant sur nos deux bras nous amenant pratiquement à nous baisser à son niveau si nous ne voulions pas nous faire arracher un membre.
"La princesse a parlé" je vocalisai sérieusement et Tyki ne fit que soupirer amenant un cri de joie de Road qui se lança aussitôt dans les bras de son oncle.
Le regard noir que me lança Tyki derrière l'épaule de Road me fit presque regretter de l'avoir autant poussé. Presque. Mais finalement pas: j'étais bien trop heureuse de ne pas être la seule responsable du petit monstre.
Avec tout ce remue-ménage, il était déjà presque sept heures et nous étions assez en retard pour le dîner. Heureusement, aucun de nous trois ne nous souciant particulièrement des convenances, on passa simplement à table et mangea rapidement pour une fois. Aussitôt après, je poussais Tyki et Road dans un des petits salons disposant d'une cheminée chaleureuse. Il s'était mit à pleuvoir pendant le dîner et la chose ne faisait que s'aggraver d'heure en heure alors le feu n'était pas de trop. J'étais inquiète pour Tricia (et Sheryl dans une bien moindre mesure) et j'espérais qu'ils avaient pu arriver à l'Opéra sans trop grande peine.
La soirée passa ensuite assez tranquillement. Road semblait décidé à me prouver qu'elle pouvait être sage même loin du regard de Tricia et se contentait joyeusement de jouer à la poupée avec nous (même si Tyki ne faisait pas grand effort pour donner vie à Teddy l'ours en peluche. Il le secouait simplement en marmonnant paresseusement quelques phrases de réponses lorsqu'il en était obligé. Je faisais un bien meilleur travail avec , si je pouvais me permettre de le dire.) Je ne pouvais être on ne peut plus soulagée qu'elle ne semblait pas avoir envie de causer des problèmes. Moi qui avait entendu des histoires d'horreurs des autres employés qui avaient dû la garder… j'avais été persuadé que le sourire de tout à l'heure était un avertissement mais maintenant que tout se passait calmement j'en regrettais presque d'avoir utilisé ma faveur de Tyki. Mais seulement presque. J'avais simplement à sortir la carte Sheryl a nouveau pour en avoir une autre.
Cependant, il fallut bien qu'à un moment, je m'excuse de la pièce pour aller au petit coin. Parcourir les couloirs sombres me prirent bien plus de temps que d'ordinaire. Après huit mois à les traverser quotidiennement, je connaissais pourtant habituellement bien mon chemin, mais dans la nuit noire, avec seulement quelques éclaires pour me montrer le chemin, les bougies étant inexplicablement éteinte, il me fallut un certain temps pour trébucher sur les toilettes et encore plus de temps pour retrouver le petit salon.
Se faisant, ma pause toilette avait pris un sacré moment et je ne pouvais qu'espérer que rien ne s'était passé en mon absence…
Meh. Comme si.
Aussitôt entrée dans le salon , je sus que quelque chose n'allait pas. En même temps, ce n'était pas très difficile à comprendre avec le fait que, vous savez, il n'y avait personne.
Pas de Tyki ennuyé, pas de Road en train de jouer, nada, personne.
Personne… oui, bon, je me répétais un peu, mais j'étais tellement sûr qu'ils me feraient un coup pareil que je me maudissais presque d'avoir répondu à l'appel de la nature. À coup sûr ça allait se transformer en chasse à l'homme dans le manoir ou une merde pareille et je n'avais tout simplement pas la foi.
Donc, oui: personne.
Gémissant du haut de mes poumons, mon cri d'énervement s'arrêta net lorsque je vis quelque chose scintiller derrière moi. Je ne m'en étais pas rendue compte à cause du manque de lumière dans le couloir, mais maintenant, avec la porte ouverte du salon et le feu de cheminée tremblotant, on voyait distinctement les traces de pas mouillés sur le tapis onéreux du couloir.
Mon énervement évanoui, je m'approchais doucement des traces avant de m'agenouiller. Avec toute la boue, il était difficile de voir dans quelle direction venait les traces mais ce qui était sûr, c'est qu'elles s'arrêtaient avant d'entrer dans le salon. Fronçant les sourcils, je me relevais et m'installais sans trop réfléchir dans un des fauteuils me permettant de surveiller la porte. Peut-être quelqu'un était-il venu chercher Tyki et Road? Mais… Pour quoi faire ?
Distinctement mal à l'aise maintenant, je me remis debout, incapable de rester assise. C'était stupide n'est-ce pas? Il n'y avait aucune trace de lutte et Tyki et Road étaient des Noahs sûrement ce qu'il y avait de plus dangereux en ce monde (et ne pensons pas au fait que je les côtoyais quotidiennement par choix ou j'allais à nouveau retomber dans une crise existentielle…) rien ne pourrait leur faire de mal et certainement pas un cambrioleur!
Un nouvel éclair déchira le ciel, me faisant sursauter. Celui-ci était bien plus proche et plus fort que ceux d'avant et je ne pus m'empêcher d'accentuer mes pas nerveux, parcourant la pièce de long en large, ne sachant que faire. Je les attendais là? Je partais à leur recherche ? Merlin, ça ressemblait au scénario d'un film d'horreur de série B.
Enfonçant mes doigts dans mes cheveux pour une fois détachés (Road c'était amusée à les coiffer tout à l'heure) je les tirais quelque peu comme pour me remettre les idées en place. Le temps jouait contre moi. S'il ne faisait pas nuit, avec une tempête dehors, des pas suspect, avec les maîtres de maisons absents, assurément, je me serais foutu de l'absence de Tyki et Road comme de ma première chaussette…. Cependant, il FAISAIT nuit, avec une tempête dehors, des pas suspect, et les maîtres de maisons absents alors, évidemment, mon cerveau commençait à entrer dans une panique totale.
Prenant ma décision lorsqu'un nouvel éclair illumina la pièce, je pressais le pas hors du petit salon… avant d'y retourner bien vite pour attraper une bougie. Moi qui avait peur du feu, il faudrait bien m'en accommoder, car il n'y avait aucune façon que je me balade dans ce manoir hanté autrement.
Les jambes flageolantes, les mains agrippées à la bougie, je marchais dans les couloirs sans trop autre but que de rencontrer une âme humaine. Ou Noah. Même Akuma ferait l'affaire. Temps que je ne devenais pas son repas évidemment.
Merlin que tout était lugubre ! Les ombres dansaient sur les murs et formaient des images grotesques, chacune semblant prendre la forme d'un monstre dont je ne pouvais détacher le regard. Levant la bougie bien haute, j'essayais de les effacer avec la lumière mais la flamme tremblotante ne semblait que les provoquer encore plus. Et encore, après des minutes entières de marches à parcourir les planchers grinçant, pas une âme ne semblait être présente. Pourtant, j'aurais dû avoir croisé au moins un serviteur ! Les lumières du couloir étaient toujours éteintes, quelque chose d'impensable d'ordinaire, pourquoi n'y avait-il personne pour les allumer?
Le cœur battant à tout rompre, il s'arrêta une seconde lorsqu'une fenêtre claqua à ma gauche. Sursautant à la soudaine déferlante de pluie, je m'empressais d'accourir auprès des battants pour fermer la fenêtre solidement. Malheureusement, en quelques secondes, j'étais déjà trempée et la bougie éteinte. Je me retrouvais alors frissonnante, et plus seulement de peur, dans un couloir noir et sans personnes aux alentours.
Là je commençais vraiment à pas être bien.
Les doigts toujours serrés autour de la bougie maintenant éteinte, je tendais l'autre main vers le mur pour me guider vers les cuisines. S'il restait quelqu'un dans ce foutu manoir, ils seraient forcément dans la zone commune. Ou en tout cas je l'espérais.
Trébuchant en bas des escaliers principaux, j'étais à deux doigts d'hyperventiler lorsque ma main trouvait enfin la poignée familière de la grande cuisine. Je n'avais jamais eu aussi peur du noir ou d'une tempête auparavant, mais il faut croire que l'effet manoir décuplait la chose… je n'avais qu'une envie, me rouler sous la couette avec de la musique forte et une présence rassurante à mes côtés.
Inspirant un souffle tremblant, mon cerveau alternant entre me traiter d'idiote et pleurer hystériquement, je poussais la porte et descendais les marches étroites jusqu'à la grande cuisine.
Personne.
Merde.
Maintenant j'étais vraiment inquiète. Il y avait toujours, toujours quelqu'un dans la cuisine le soir! C'est d'ailleurs bien pour cela que j'avais eu de tels difficultés à me nourrir lors de mes semaines de bizutage.
Serrant les dents, je traversais la pièce à grand pas, poussant une casserole au sol près d'une fenêtre lorsque j'entendis goûter avant de reprendre mon chemin vers le placard de rangement à la recherche d'allumette. Je n'avais pas envie de continuer mon voyage dans le noir, comprenez.
Ouvrant résolument la porte, je ne pu même pas faire un pas que je me figeais déjà sur place, les yeux ronds.
Un coup de tonnerre retentit alors derrière moi, éclairant sous tous les mauvais angles la créature qui s'élevait devant mes yeux. Hurlant lorsque la chose informe bougea, je titubai en arrière sans la moindre grâce et courut dans l'autre sens comme une dératé.
Monter l'escalier, gauche, droite, droite, gauche, toitdroittoutdroittoutdroitMUUUUUR!
Trébuchant sur mes propres pieds pour éviter de me prendre à nouveau le mur (un jour, je vous raconterais l'histoire derrière ma cicatrice au front…) je tombais en arrière, les yeux fermés et les mains tendues, prête à prendre le choc en grimaçant.
Mais…
"Oufff!"
De grande bar de fer m'ensérrèrent le corps, empêchant mes mains de bouger. Figé dans la peur, j'étouffais un gémissement mi-dégoûté, mi-terrifié lorsque je sentis l'eau s'infiltrer dans mes vêtements et quelque chose de visqueux se frotter contre mon bras. Reprenant mes esprits, je jetais automatiquement un pied en arrière de toute mes forces et chavirai en avant, sous les injures, libérée.
"...Tyki?" Je demandais, hésitante lorsque la voix sonna une cloche dans mon esprit.
"Eh bien oui, qui d'autre ?" Grogna le Noah du Plaisir en se frottant la cuisse, là où ma chaussure à bas talon avait dû se planter. "Ça m'apprendra à t'aider, Ivy" grommela-t-il en se redressant, toute sensation de douleur semblant oubliée. "Pourquoi diable courrais-tu dans un mur?" Demanda-t-il les sourcils levés.
Les joues rougies, je me redressais en frottant mes vêtements, ayant du mal à croiser son regard. "J'ai vu quelque chose de terrifiant dans les cuisines et… je n'ai pas trop réfléchi ensuite."
"Quoi? Road en train de dévorer des bonbons?" Renifla Tyki, un amusement flagrant dans sa voix.
"Vas-y, moque toi, comme si ça pouva…" je commençais en roulant les yeux avant de m'arrêter en plein milieu.
Maintenant qu'il le disait… le monstre était sacrément petit.
Et était dans la zone de stockage des sucreries.
Et était rose.
Uh.
"Je suis stupiiiiiide" Je gémis en tombant au sol, me roulant en position fœtal et enfonçant mes paumes dans mes yeux.
"Non, sérieusement? Tu as vraiment fuis Road?" Demanda Tyki en s'accroupissant à ma hauteur. Un truc que j'aimais avec les Noahs, c'est qu'ils s'adaptaient très bien à toutes mes bizarreries. "Qu'est-ce que ça va être lorsqu'elle fera vraiment peur…" ricana-t-il alors que je relevais misérablement la tête.
"Je n'ai pas l'intention d'être là lorsque cela arrivera." Je fis la grimace en me relevant laborieusement, toute l'adrénaline échappée à cette révélation. "Et je te jure qu'elle faisait vraiment peur! Il faisait tellement sombre et avec les éclairs… j'ai cru voir un cadavre."
"Ne lui dit surtout pas ça, elle va le prendre mal," taquina-t-il alors que nous nous dirigeons d'un même pas vers les cuisines.
"Oui, changeons de sujet." Je grimaçais en frottant hors de mon bras le peu de boue que Tyki y avait mis tout à l'heure. "Comment se fait-il que tu sois aussi trempé? Pourquoi es-tu allé dehors?" Je demandais curieuse en observant sa forme gouttante et les traces de boues tachant les tapis derrière nous.
" Des chevaux ont eu peur à cause de l'orage et se sont mis à courir partout. Un peu comme toi." Dit-il avec un sourire amusé alors que je levais les yeux au ciel en supplication. Nul doute que ça allait traîner un bout de temps cette histoire… " Jean est venu me chercher et j'ai ramené tous les hommes pour aider. Les servantes qui restaient sont toujours en train de mettre le bois à l'abri de la tempête car l'établit commençait à prendre l'eau." Dit-il en haussant les épaules, ne semblant pas trop agacé par son état. En même temps, sûrement avait-il eu pire lors de ses sorties en mendiant.
"Ce qui explique pourquoi je ne rencontrais personne" je soupirais en me traitant mentalement d'idiote. Mon idiot de cerveau et sa façon de sauter aux pires conclusions… pour ma défense, un manoir hanté n'aidait vraiment pas le raisonnement logique.
"Mis à part Road" hocha Tyki alors que nous tournions au coin.
"On m'a appelé?" Demanda tout à coup une petite voix juste derrière moi et mon cœur ratait un battement alors que je hoquetai faiblement.
"Road" je pleurnichai en me tournant pour observer la petite fille qui portait un gros panier de friandises. "Je t'en supplie, arrête de faire ça, je vais finir par faire une crise cardiaque !"
"Tu es trop jeune pour cela." Répondit la petite fille en nous tendant tous les deux une sucette. Ah le beau tableau que nous devions faire avec un homme trempé et boueux, une femme échevelée et sale et une petite fille aux joues collantes de sucre.
"...juste… allons nous coucher." Je finissais par soupirer en me retournant vers le couloirs menant aux chambres sans même un autre regard aux Noahs pour voir s'ils suivaient. Ils pouvaient aussi bien aller danser la polka dans le village pour tout ce que je m'en souciais, personnellement, j'étais trop fatiguée pour cette merde.
Et ce fut avec des yeux bordés de cernes et un sourire tendu que j'écoutais Tricia s'extasier sur sa soirée le lendemain matin. "Et vous? Vous êtes-vous amusés?" demanda-t-elle avec un sourire avenant et je checkais mentalement les règles de babysitting qu'elle m'avait donné et que je n'avais pas réussi à suivre.
Ne pas jouer à des jeux trop excitant? Nop
Ne pas lui donner de bonbon? Ahahahahaha
Coucher Road à l'heure? …J'étais en train de hurler dans la cuisine lorsqu'il était l'heure pour elle de se coucher donc…
Ouaip. J'avais réussi à tout bousiller. Mais bon, les serviteurs n'avaient jamais été là, Tyki était sous serment de faveur et ce n'était certainement pas Road qui allait elle-même se jeter sous les roues de la carriole donc…
"Ho oui!" je souris encore plus fort. "Tout s'est merveilleusement bien passé." Je dis et je me tapais mentalement l'épaule pour un travail bien fait lorsque Tricia rayonna vers moi en réponse.
Au moins, je me consolais, s'il y avait vraiment tout ce truc d'enfer et paradis, je n'avais pas trop besoin de me demander où j'irais: ce serait en enfer pour avoir menti à un ange.
Ouaiiiis, je sais, je vous gâte, 7k, ca fais beaucoup... ne vous y habituez pas, hein! (Edit 2022: Tsss, petit joueur, on a fait plusieurs fois 9K après) On a même eu un peu "d'action" ce coup-ci! Wouhou X)
Pensez aux reviews et rendez-vous le 5 du mois prochain !
