Histoire : Une Touche de Couleur dans le Gris
Livre 1 : Nuancer le noir.
Date : 5 février 2019, corrigé en décembre 2022
Bêta : Elda (2019) Personne (2022)
Fandom: D Gray Man
Avertissement : Non, je ne possède pas D Gray Man et je ne fais aucun profit avec cette histoire.
Résumé : Après avoir atterri au XIXème siècle, Estelle, prenant le nom d'Eve, devient la dame de compagnie de Tricia Kamelott. Eve prend vite conscience de la différence niveau sociale et genre à cette époque et commence à avoir peur pour son avenir surtout lorsque débarque Road, les jumeaux, Tyki, Allen et même le Comte Millénaire. Sous forme humaine heureusement. Mais l'exorciste part en Inde et les jumeaux sont envoyés en pension. Quant à Eve, avec le soutien aimable de Sheryl, elle se carapate expertement à Londres pour éviter les fêtes de Noël.
Trigger du chapitre: L'évocation de la possible mort d'un perso dont Eve ne se souvient plus le nom
*Arrive en dérapage contrôlé* Voilà le chapitre, je m'attarde pas, j'ai encore beaucoup de devoirs et j'aimerais bien dormir cette nuit, byyyyyyye *cours dans l'autre sens et hurle au loins :*
Bonne lectuuuure!
Nuancer le Noir chapitre 29 : La lettre de la décision
Mercredi 10 février 1886
Janvier avait rapidement fait place à Février et si j'avais cru qu'il faisait froid auparavant - que ce soit dans les derniers mois ou l'année dernière- je m'étais gravement trompée. C'était comme si l'été recommençait encore une fois, mais à l'envers. C'était la même terrible nuisance temporelle et je ne m'étais jamais autant rendu compte de notre confort du XXIème siècle. Même dans ma famille où nous n'avions pas de clim et allumions rarement le chauffage, même en plein hiver, je n'avais jamais eu si froid. L'isolation avait eu l'air de faire de sacrés progrès dans le prochain siècle… J'en étais venue à un point que mon hygiène corporelle commençait à être atteinte. Difficile de se motiver à se laver lorsque les courants d'air glacés semblaient être partout… Je dormais même avec mes vêtements du lendemain sous mon oreiller pour pouvoir les enfiler directement tiède et sous la couette. Ça à peut-être l'air extrême, mais je vous jure que ce n'était pas exagéré ! Heureusement, comprenant bien ma souffrance, Tricia m'avait déjà laissé utiliser plusieurs fois sa salle de bain et donc, son bain chaud. Merci pour les petites miséricordes : c'était un rêve qui devenait réalité. Qui a dit qu'on devait forcément avoir des rêves inatteignables ?
Malheureusement, le mauvais temps ne lui avait certainement pas fait du bien et elle s'était retrouvée de nouveau alitée avant même la fin de janvier. Du coup, je n'avais pas grand chose à faire mais j'avais pu offrir mes cadeaux tranquillement au retour de mes vacances et j'étais fière de dire qu'ils avaient fait plaisir.
Sûrement.
Je crois.
Peut-être…
Hem… Les jumeaux avaient été curieux, pour sûr, mais semblaient avoir bien aimé le concept après quelques parties. Road et Tyki nous avaient rejoint pour celles-là et je n'avais vraiment pas eu besoin d'un autre rappel que j'étais entouré d'inhumain. Je n'avais pas pu attraper le totem une seule fois… Mes pauvres réflexes n'arrivaient pas à la cheville des leurs. Par contre, les garçons ne m'aidaient pas du tout. Si c'était possible, ils se trompaient encore plus avec leurs pouvoirs qu'avant. Tyki avait dû passer au moins deux fois à travers ma main pour attraper le totem et moins on parlait des jumeaux et leur tendance à faire s'enflammer les cartes, mieux je me portais. Ils devaient vraiment ne pas avoir une haute estime de moi ou même me trouver carrément stupide s'ils pensaient que je ne remarquais pas leur pouvoirs…
De son côté, Tyki avait eu l'air content de sa bouteille et était déjà venu deux fois prendre un verre dans ma chambre après une dispute avec Sheryl (comme s'il lui faisait un doigt d'honneur dans le dos) et m'en avait élégamment proposé à chaque rencontre même si j'avais toujours dit non. Maintenant que je me débrouillais bien en anglais, qui sait si mes délires ivres ne seraient pas dans cette langue la prochaine fois? Et dans ce cas, je ne voulais même pas imaginer ce que je pouvais raconter et les conséquences qui en découleraient... Et en plus, je n'avais vraiment pas hâte de me taper un nouveau mal de tête.
Quoi qu'il en soit, avec Tricia au lit, les jumeaux en pensionnat, Road à l'école, Sheryl en campagne et Tyki (encore une fois) en vadrouille, c'était à nouveau comme au mois de novembre/décembre mais en dix fois pire avec le froid et la neige en plus. Avec tout ça, impossible de sortir de ma chambre car même le couloir était trop gelé et aller à la bibliothèque devenait une vraie expédition. M'enfin de toute façon, ce n'est pas comme si j'avais besoin de sortir. En fait, j'étais pratiquement devenue une ermite, me déplaçant exclusivement entre la chambre de Tricia et la mienne, mes repas m'étant apportés par des employés et des livres par Road.
Bon, d'accord, je faisais tout de même encore quelques petites choses, notamment avec les demoiselles de la maison. Par exemple, on avait fait un atelier création de poupées avec Road, Louise et Clarisse. Soigneusement amassé autour de ma petite table ronde à côté de la cheminée, nous avions suivi les instructions efficaces de Clarisse et ça avait été une chouette soirée… jusqu'à ce que je vois le résultat de Road, une chose venue tout droit des tréfonds de l'enfer qui hanterait mes prochains cauchemars sans aucun doute. Louise avait pleuré et j'avais été franchement à deux doigts de la suivre. Je savais que Clarisse était le comble du calme stoïque, la reine de la force tranquille et sarcastique mais elle avait gagné encore plus de respect lorsque sa seule réaction à l'immondice de la fillette n'avait été qu'un tressaillement mal à l'aise du menton. Autant dire que la poupée avait malencontreusement terminé dans ma cheminée, un triste accident, je vous assure. On avait plus ou moins banni Road des ateliers coutures après ça mais j'en avais eu quelques autres avec les filles. On les avait délocalisé du jardin à ma chambre, seule pièce complètement chauffée et plus ou moins privé auquel on avait accès. Un chat nous avait même rendu visite une fois ! Aucune idée d'où il était venu, mais la boule de poil noir avait glissé la tête par l'entrebaillement de la porte avec curiosité avant de s'en aller ennuyé lorsqu'il avait croisé mon regard. On avait invité John aussi, à plusieurs reprises, qui plus est, mais le garçon se sentait très mal à l'aise de pénétrer la chambre d'une 'Lady', autorisation ou non.
Aussi, lors d'une occasion notable où un redoux temporaire avait réchauffé mes orteils, j'avais accompagné John à Londres pour ses habituels emplettes et je l'avais aidé la plupart de l'après-midi. Malgré le froid, ça avait été très intéressant de l'observer, marchander et visiter tous ces différents magasins. En plus, ça avait dû être une des, si ce n'est la première fois que je passais autant de temps seule avec lui. Il y avait toujours d'autres gens avec nous au manoir et ce fut une toute nouvelle facette que je lui découvris. Il était, comme je m'y attendais, très sérieux en négoce mais on rigola bien lors de nos balades pour nous y rendre. En fin d'après-midi, juste avant de repartir, je le laissais terminer le dernier magasin pendant que je me dépêchais le long de la rue commerçante jusqu'à une petite boulangerie-pâtisserie nichée dans une contre-allée. Là, j'avais pu dire un rapide bonjour au jeune garçon ramoneur auquel Tyki avait pu trouver un travail. Il avait l'air d'aller déjà mieux, les joues roses et la respiration moins lourde. Et il n'empêche, je me sentais soulagé de ne pas le savoir dans le froid… même si tous les autres enfants orphelins dont il m'avait parlé y était encore. La pensée avait tristement teinté les retrouvailles et je m'étais dépêché de rejoindre John pour retourner au manoir.
Sur une autre note, l'anniversaire de Sheryl était passé sans que nous ne le fêtions vraiment vu que la seule personne qui voulait vraiment le souhaiter, Tricia, était déjà alitée. Après cela, Tyki n'avait pas perdu de temps à se carapater une nouvelle fois, venant tout de même nous faire coucou mi-février pour m'apprendre que le gamin était toujours à la boulangerie et avait l'air de mieux se débrouiller. Ça m'avait fait chaud au cœur, j'avoue... J'espérais vraiment que cela se passerait bien pour lui.
J'avais commencé à recevoir des lettres des jumeaux aussi, c'était sympa. Enfin d'un jumeau. Autant Jasdero s'épanchait sur le papier plus que je ne l'avais jamais entendu parler auparavant, autant Devit pipait à peine un mot au deux, poussant parfois à griffonner un paragraphe à la fin de la lettre de son frère. Ça faisait toujours drôle de voir apparaître une lettre le matin à côté de mon petit déjeuné mais ça ne manquait jamais de me faire plaisir. J'aimais parcourir les mots maladroits des jumeaux et entendre parler de leurs journées. Jasdero s'émerveillait sur toutes les petites choses et ne s'empêchait pas de noter ses observations sur papier. C'était un peu difficile de répondre cependant, il se passait rarement quelque chose de notable au manoir. Étrange n'est-ce pas? On aurait pu croire qu'en colocation avec une demi-douzaine de Noah la vie aurait été un peu plus agitée mais étonnement non.
Bah, je n'allais pas m'en plaindre…
Cependant, ce fut aux environs de début février que je reçu une lettre qui me fit enfin sortir de ma léthargie. Une lettre d'Allen. Après avoir parcouru l'Europe puis explorer l'Asie, à l'aube de ses 14 ans, Allen Walker était arrivé en Inde.
Au départ, ça ne m'avait pas fait grand-chose. Le début était assez similaire à la dizaine d'autres que j'avais pu voir au fil des mois. Allen commençait timidement par répondre aux préoccupations et nouvelles que j'avais donné dans ma dernière lettre et puis, avant de passer à ses propres contes quotidiens, il nous avait remercié chaudement, Tyki et moi, pour les gants "particulièrement robuste." se demandant où nous avions pu dénicher une si bonne qualité. Ce n'était certainement pas moi qui allait lui dire que Tyki était un noble qui aimait jeter l'argent de son frère sur des choses qu'il n'apprécierait particulièrement pas…
Après cela, il commença à développer les nouvelles habituels, la nouvelle ville où il était, chez quel conquête de Cross ils logeaient, son nouveau travail pour subvenir à leurs besoins, les plaintes habituelles sur son maître… Et puis, il dévia un peu de nos habitudes lorsqu'il se mit à parler d'un nouvel ami. Depuis qu'Allen avait commencé à nous envoyer ces lettres, jamais il n'avait parlé de quelqu'un d'autre aussi joyeusement. Il y avait une telle innocente candeur dans ses descriptions de ce qu'ils avaient fait ce jour-là ou de ce qu'ils avaient prévu pour la semaine prochaine… Ça me réchauffait le cœur de le voir ainsi et je ne pu m'empêcher de penser que j'avais hâte que Tyki revienne pour pouvoir lui montrer.
Mais quand même… plus j'avançais dans sa lettre, plus je commençais à sentir un étrange sentiment au fond de mon estomac. C'était un tiraillement étrange, du genre qui te donne envie de vomir mais que tu ne sais pas trop pourquoi.
Et puis, enfin, mon cerveau fit tilt.
Narein.
Me redressant d'un coup dans mon fauteuil, je fixais le mot les yeux ronds. Mais, ce n'était pas possible ! C'était un personnage de l'animé, non? Attends, attends, est-ce que cela voulait dire que ce qui était arrivé dans l'animé allait aussi arrivé ici? Oh nononon, je n'avais pas vu l'animé depuis des années! Pas depuis au moins mes douze ans, je ne m'en souvenais pas du tout ! Voyons, n'y avait-il pas une petite fille exorciste voyante? Et tout un arc avec Lulubell lors de leur voyage en chine? une mission avec Lenalee dans un… Colisée? Et puis celui avec Lavi et le ski ? Et puis l'épisode horrible avec les poulpes aussi… Nooon, c'était n'importe quoi les fillers, je ne voulais pas y faire face en vrai !
Réfléchissons, réfléchissons… Narein était un apprenti, il travaillait pour devenir… pour devenir… médecin ! Oui c'est ça ! Et il avait une sœur qui travaillait chez l'amante de Cross? Et elle avait été tuée ? Et Narein était devenu un akuma ? Peut-être ? Oh non…
J'avais ris, quelques mois plus tôt, lorsqu'Allen m'avait parlé, avec enthousiasme, d'une certaine Anita chez qui il avait passé quelques semaines. Bon, après je m'étais rappelé sa mort et ça avait tout de suite été plus triste… mais pour l'instant, elle était encore en vie et c'était assez étrange de s'inquiéter pour une personne fictive mais en fait réel maintenant mais tout de même encore un peu imaginaire quand même. Parce que deux pages de description sur elle au détour d'une lettre, ça ne s'appelait pas connaître la personne pour moi.
Mais là, c'était encore différent. Je savais que ce personnage allait mourir, c'était la première fois que j'avais une réelle influence depuis que j'étais arrivée ici. Je pouvais prévenir Allen ! L'empêcher de devoir tuer son ami à cause de l'Akuma ! Mais… cela n'avait-il pas été une étape très importante pour lui? Comprendre qu'il n'était pas responsable de tout le monde, prendre conscience des sacrifices de cette guerre sainte… Qu'est-ce que je pensais? Bien sûr que non que je ne pouvais pas sacrifier quelqu'un juste pour une leçon!
Je fis une grimace, mes doigts s'enroulant autour de la lettre au point de la froisser. Ça avait été une pensée fugace, à peine formée, mais je l'avais pensé quand même et ça me dégoûtait. Mais… Je ne connaissais pas ce Narein. Et si sa mort était un moyen de garder Allen en vie ? Et peut-être, si j'étais un peu plus sur de la situation, si ça avait vraiment été un appel de vie ou de mort alors, peut-être, je me serais tu. Mais là, nous en savions si peu sur cette histoire que… je pouvais au moins tenter le coup, non? Cross trouverait bien un moyen de faire passer la leçon autrement et si ça se trouve, ma lettre n'arriverait même pas à temps…
Mais si je ne faisais rien, je savais que j'allais le regretter et me détester. Et je ne voulais vraiment pas me détester. Je m'aimais assez bien moi même ces derniers temps ce serait vraiment dommage d'abandonner ça quand l'estime de sois était une composante clef du bonheur. Déjà que mes perspectives d'avenirs n'étaient pas incroyables, mais si en plus je me tirais moi même des balles dans le pied, ça n'annonçait rien de bon pour mes vieux jours.
Bon, j'hochais la tête avec un regard décidé, la décision était prise même si je n'aurais même pas dû me poser la question à l'origine. Alors, sortant un bout de papier à lettre que m'avait offert Road quelques mois auparavant, j'attrapais ma plume, la même que celui que Sheryl m'avait prêté et que j'oubliais toujours de rendre, et la posais sur le papier, décidée.
Mais maintenant : quoi écrire?
C'était bien beau de décider d'influer pour la première fois sur ses connaissances (réellement, c'était un événement défini et pas juste des personnes cette fois) mais comment faire passer le message? Je ne pouvais clairement pas arriver et faire: "heeeey, Allen, tu sais ton pote Narein? Franchement, tu devrais pas trop traîner avec lui. Ou alors si tu le veux vraiment, fais gaffe à ce que sa sœur soit pas tuée." n'est-ce pas? Oui, on est d'accord, c'était terriblement stupide.
Gémissant, je me passais une main dans les cheveux avant de gémir de plus belle lorsque je vis que ma plume avait déjà laissé une grosse tâche d'encre sur la feuille. Vive la capillarité… Soupirant, je me dis que je pouvais aussi bien faire un brouillon pour une fois… Ça ne ferait pas de mal de bien choisir mes mots pour faire face à cette histoire.
Marmonnant dans ma barbe, il me fallut bien une grosse heure avant d'obtenir quelque chose de potable. Fronçant le nez aux mots qui, après si longtemps à travailler dessus, me semblaient terriblement maladroits, je soupirais de plus belle et sortais une nouvelle feuille.
J'espérais qu'il comprendrait le message.
Lundi 29 Mars 1886
C'est étrange comme juste après avoir envoyé la lettre, j'avais été terriblement anxieuse, attendant une réponse désespérément alors même que je savais qu'il faudrait plusieurs jours de plus avant même que la lettre ne l'atteigne. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de fixer la servante qui amenait le courrier le matin et m'attarder le regard pensif lorsque je voyais une lettre traîner. Il faut croire que c'était bien plus visible que je le pensais car Road finit par me demander ce que j'avais. Je n'avais même pas besoin de mentir, je lui dis simplement que j'attendais la lettre d'un ami. Alors, évidemment, elle se mit à caqueter sur un prétendant imaginaire, ramenant Tricia sur les sentiers de la guerre alors même qu'elle était encore alitée. C'était vraiment uniquement dû au sourire de la dame de maison que je n'avais pas étripé Road. Bon et aussi parce que c'est Road, Noah du rêve, m'enfin, vous voyez ce que je veux dire.
En tout cas, si Road avait vraiment tenté de me détendre (et pas simplement de m'utiliser comme divertissement) il faut bien avouer que ça avait marché. Après des jours à rouler mes globes oculaires si forts alors que les deux filles sortaient des théories de plus en plus absurdes sur mon mystérieux prétendant, j'avais réussi à me faire mal aux yeux et à oublier la source de mon problème de lettre. Si bien que je fus presque surprise lorsque Road m'apporta la lettre temps attendu un matin de Mars, prenant bien soin de rester à mes côtés avec un air innocent alors que je déchirais l'enveloppe frénétiquement.
Sautant pratiquement les salutations d'usages avec à quel point je lisais en diagonal, je m'arrêtais brusquement lorsque je croisais le mot "Narein." C'était bien son nom! Avalant goulûment les prochains mots, je ne pu m'empêcher de soupirer de soulagement lorsque rien n'indiquait une quelconque détresse de la part d'Allen. Son ami devait encore aller bien alors... M'apprêtant à tourner la page pour tout de même m'en assurer, je fus arrêtée dans mon action par une petite main tirant sur ma manche.
"Qu'est-ce que ça veut dire?" Demanda Road en pointant le haut de ma lettre lorsque je me tournais vers elle. Suivant son doigt, je rougissais pratiquement d'embarras lorsque je vis qu'elle pointait la première phrase. 'Dear Violet Lady', une adresse qu'Allen avait commencé à utiliser après que j'ai moi-même inscrit 'Dear Gray Boy' au haut de ma lettre. C'était stupide, mais lorsque Tyki avait commencé à l'appeler comme ça, je n'avais pas pu m'empêcher. Enfin, vous voyez… contracté ça faisait D. Gray Boy et, d'accord, Allen était encore un garçon mais bientôt… Est-ce que j'étais conciente que c'était une private joke qui m'avait mit dans la merde en premier lieu ? Oui. Est-ce que ça m'empêchait d'en faire d'autres ? Hé bien, il semblerait que non vu que ma prochaine lettre était encore une fois déjà adressé comme tel.
hum.
Bref…
"Ah, ce n'est rien d'important, juste une salutation…" Je marmonnais avant de froncer les sourcils et de rabattre le paquet de feuille sur ma poitrine. "Et comment cela se fait-il que tu regardes mon courrier toi?" Je grondais alors que Road reprenait un air innocent.
"Tu l'attendais si impatiemment, je m'inquiétais que ce soit des nouvelles difficiles." Dit-elle avec un sourire lumineux auquel je ne croyais pas un instant. "Il fallait bien que je m'assure que ce n'était rien de grave!"
"Non, non, certainement pas, on ne lit pas le courrier des autres !" Je répondis en éloignant encore plus les lettres comme si elle pouvait les lire au rayon X… Elle ne pouvait pas, n'est-ce pas? L'explication de ses pouvoirs n'était pas très, très détaillée… "En plus, si ça avait été des mauvaises nouvelles, tu l'aurais su très facilement."
"Mais je n'aurais pas su comment le résoudre." fit-elle remarquer avant de concentrer son regard sur les feuilles dans mes bras. "Allez, tu les abîmes, tu ferais mieux de les lire avant que ça ne devienne de la charpie. Je vais chercher mes poupées, tu me rejoins dans le salon quand tu as fini ?" Dit-elle, mais ça ne ressemblait pas à une question et ça ne devait pas vraiment en être une car avant même que je ne puisse ouvrir la bouche pour lui répondre: elle était partie. Roulant violemment des yeux à son comportement, je me laissais tomber sur le bord de mon lit, ressortant les feuilles.
Lisant le reste en quatrième vitesse, je soupirais de soulagement lorsque je ne vis rien de néfaste, souriant même lorsqu'Allen assura qu'il faisait bien attention. Il prenait mes craintes en considération et je ne pouvais m'empêcher de me sentir heureuse. C'était agréable de se sentir écouté.
Malheureusement, je pensais alors que le sourire tombait de mes lèvres et que je m'écroulais sur le lit, mes yeux se perdant dans le plafond, cela ne réglait pas tout.
Au début de D Gray man, soit dans deux à trois ans, Allen était toujours en Inde. Cependant d'après sa lettre, même s'ils partaient pour l'instant, ils pensaient y retourner régulièrement… Dans ce cas, la mort de Narein aurait pu arriver n'importe quand à partir du mois dernier jusqu'à son départ de l'Inde. Comment savoir? Comment y faire quelque chose ? Soupirant, je tournais la tête pour jeter un regard à mes feuilles.
J'imagine, si ce n'est pas une leçon pour Allen, s'en est certainement une pour moi. Même en étant consciente d'un événement, il se peut que je ne puisse rien faire d'autre qu'un avertissement vague. Car même si j'allais en Inde, là, maintenant, tout de suite? Est-ce que mon maigre corps d'Humaine serait capable de sauver Mina? Ou d'empêcher Narein de faire un pacte avec le Comte?
Peu probable…
Et cette situation risquait très fortement de se répéter à l'avenir. Avec des causes qui me tiendraient même plus à cœur. Je n'étais qu'une faible humaine, l'équivalent d'une souris au milieu d'un combat de lions. Que pourrais-je faire lorsqu'Allen rencontrera Miranda en Allemagne? Ou Krory dans un château abandonné? ou tout l'épisode de l'Arche au Japon? Alors que moi, je serais ici, dans un petit manoir en plein cœur du camp "ennemi" à boire du thé avec Tricia ?
Et encore, c'est si j'étais toujours là dans trois ans…
Walaaah, un pitit chapitre avec Allen ! Oui, bon, j'imagine que c'est pas vraiment trop ce que vous vouliez quand vous avez demandé notre blandinet mais j'ai déjà prévenu qu'il ne serait pas de retour en personne avant la fin de NLN doooonc...
Prochain chapitre, ça fait un moment que j'ai plus de plan, mais je verrais bien l'arrivée d'un nouveau perso, c'est trop calme au manoir, il ne faudrait pas qu'Eve s'ennuie... Et peut-être un peu de Comte aussi, ça fait longtemps que je ne les ai pas fait fighter.
Pensez aux reviews et rendez-vous le 5 du mois prochain !
