Histoire : Une Touche de Couleur dans le Gris
Livre 1 : Nuancer le noir.
Date : 5 Mars 2019, corrigé en décembre 2022
Bêta : Nobody
Fandom: D Gray Man
Avertissement : Non, je ne possède pas D Gray Man et je ne fais aucun profit avec cette histoire.
Résumé : Après avoir atterri au XIXème siècle, Estelle, prenant le nom d'Eve, devient la dame de compagnie de Tricia Kamelott. Eve prend vite conscience de la différence niveau sociale et genre à cette époque et commence à avoir peur pour son avenir surtout lorsque débarque Road, les jumeaux, Tyki, Allen et même le Comte Millénaire. Sous forme humaine heureusement. Mais l'exorciste part en Inde et les jumeaux sont envoyés en pension. Eve reçoit des lettres de leur part, cependant, notamment une d'Allen qui l'inquiète beaucoup pour le futur.
Trigger du chapitre: Aucun, je pense (dites moi si vous pensez qu'il est nécessaire d'en rajouter un!)
Devinez qui a (presque, il reste deux paragraphes) finit UAPV ? Ça doit faire des mois voir des années que je n'avais pas (presque) fini un chap d'UAPV avant de poster celui d'NLN! on va essayer de continuer à creuser l'avance :D
Aussi, MiaKoTo ne peut pas beta les deux ou trois prochains chapitres pour raisons personnels, je vais voir si je peux pas soudoyer Elo ou Azy pour le faire, autrement, excusez moi pour mes fautes :3
Bonne lecture !
Nuancer le Noir chapitre 30 : Le chat du Duc
Mardi 9 Mars 1886
Suite à ma décision d'influencer délibérément l'histoire, je me sentais plutôt bien. J'étais, bien sûr, encore un peu stressée et j'attendrais sûrement toujours les prochaines lettres d'Allen avec appréhension, mais autrement, tout allait bien.
En fait, tout allait trop bien…
Depuis le harcèlement d'août et ma mini-dépression d'octobre, rien de trop dramatique n'était arrivé. En fait, je dirais même que les choses s'étaient sensiblement calmées, revenant à peu près au même stade que quelques semaines après mon arrivée au manoir. Sheryl était plus occupé que jamais avec les élections qui arriveraient enfin dans quelques semaines à peine, Tricia était patraque à cause du temps, Tyki était en vadrouille, les jumeaux en pensionnat, Road à l'école et le Comte visitait bien moins souvent qu'avant. Et maintenant que j'avais accepté toute l'affaire Narein, j'attendais le prochain obstacle de pieds ferme, regardant suspicieusement Road à chaque fois qu'elle venait me trouver.
Ça en devenait fatiguant, mais en même temps je ne pouvais pas déloger le sentiment que je ne resterais pas en paix bien longtemps… Heureusement pour moi, finalement, ce n'était pas si dramatique que ça. Rétrospectivement, j'aurais dû me rendre compte que tous ces mois tranquilles étaient une sorte d'excuse divine pour toutes les merdes qui allaient m'arriver ensuite…
En attendant, j'étais tranquillement attablée à mon bureau, bien heureuse de dessiner quelques moments clefs d'Harry Potter à l'aquarelle. C'était la prochaine histoire que je raconterais aux enfants lorsque les jumeaux rentreraient ce week-end et je testais quelque chose de nouveau pour essayer de la rendre plus interactive et facile à raconter. Je bafouillais encore beaucoup et il m'arrivait d'oublier un événement important ou de mélanger les moments, ce qui était sacrément embêtant pour le déroulé de l'histoire alors j'avais pensé dessiner quelques panneaux avec les éléments clefs. Comme cela, ça me permettait de tout bien dire dans l'ordre, de ne rien oublier et d'impliquer un peu plus les enfants dans le conte.
J'espérais que l'histoire leur plairait, ce serait la première moins "classique" et surtout longue m'étant plutôt cantonnée aux Disney jusqu'à présent. J'espérais que je n'aurais pas de problème avec Tricia non plus… Elle était très gentille, mais surtout très catholique et ils n'étaient généralement pas fan de sorciers, sympa ou non… Mais bon, je doutais que les enfants avaient parlé de nos soirées histoires aux maîtres de maisons ou alors ceux-là n'avaient pas pris la peine de m'en toucher un mot. Quoi qu'il en soit, j'en étais au gonflement de la tante marge du troisième livre lorsque je décidais de prendre une pause. M'étirant, je me levais en passant une main dans mes cheveux, m'arrêtant une seconde pour vérifier dans le miroir que j'étais assez convenable pour sortir puis passais la tête dans le couloir.
Personne.
Sifflotant presque, je sortais de ma chambre, prenant soins de refermer la porte avant de me diriger vers l'entrée, frissonnant légèrement. Il faisait certes bien meilleur que le mois dernier, mais il faisait quand même encore froid. Jetant un regard triste par une des grandes fenêtres du couloir, je soupirais avant de continuer mon chemin. J'aurais bien voulu aller faire une balade à cheval ou même simplement m'allonger dans l'herbe au soleil pour lire, mais il n'en était certainement pas question pour l'instant.
Dévalant l'escalier principal, j'étais presque arrivée à la cuisine lorsqu'un grand fracas retentit non loin de moi. Sursautant de surprise, je me dirigeais vers le son, hésitant au bout d'un couloir lorsque je me rendis compte qu'il provenait du bureau de Sheryl. Pourtant, je n'eus pas le temps d'hésiter longtemps car aussitôt, la porte s'ouvrit en claquant contre le mur laissant passer un Sheryl meurtrié.
Grinçant de surprise, je m'aplatis aussitôt contre le mur pour le laisser passer, priant presque pour qu'il ne me remarque pas. Je n'avais vraiment pas envie de me le coltiner lorsqu'il était d'aussi mauvaise humeur… Oui, bon, je n'avais pas envie de me le coltiner en règle générale, mais là particulièrement. Et ça marcha presque en plus ! Sans même me remarquer, il passa devant moi en maugréant, tenant à bout de bras devant lui un… chat?
Clignant des yeux au tableau bizarre, il me fallut une seconde de plus pour remarquer que Sheryl revenait sur ses pas pour s'arrêter devant moi.
"Miss Campbell, vous tombez bien! Pouvez-vous prendre soin de… ça pour moi? Merci." Dit-il en m'enfournant le chat dans les bras, m'obligeant à le prendre si je ne voulais pas qu'il s'écrase par terre. Sans un autre regard, il fit demi-tour et fila dans son bureau, claquant à nouveau la porte derrière lui.
Ooo...kay ?
Baissant le regard sur le chat dans mes bras, je croisais une paire d'orbes dorées et clignais des yeux.
Un chat. Très bien. Les chats me détestaient. Parfait. Hâte d'avoir un bras en sang avant la fin de la journée…
Pourtant, malgré ses oreilles aplaties et sa queue entre les jambes, il ne bougea pas, restant tendu comme une planche entre mes mains. Le regardant d'un œil suspicieux, je finis tout de même par le replacer plus confortablement entre mes bras lorsqu'il ne fit pas mine de m'écharper l'œil. "Qu'est-ce que je vais faire de toi…?" Je murmurais en revenant naturellement au français, nos yeux toujours fixés l'un sur l'autre. Mettant fin au concours de regard impromptu, je sortais lentement du couloir un peu perdue sur ce que je devais faire ensuite.
"Tu as faim?" Je demandais tout à coup lorsque je me rappelais mon but premier de sortir de ma chambre. Recevant un "miaou" qui aurait aussi bien pu être un "oui" qu'un "non" qu'un "meeeeurt" j'haussais les épaules et choisissais mentalement la première option. Aaah, le dénis…
Crapahutant dans les couloirs, la boule de poil boudeuse dans les bras, il ne me fallut pas longtemps pour atteindre les cuisines et passer la tête par l'encadrement de porte. Il y avait simplement Berthe, la cuisinière et Louise en train de couper des carottes. Parfait, ils étaient de mon côté ceux-là.
"Eve ! Bonjour !" Salua Louise avec un sourire timide lorsque j'entrais précautionneusement dans la cuisine.
"Eh bien alors Mamzelle, c'est que maintenant que tu viens nous voir? Ça fait une semaine que j'ai perfectionné cette soupe aux champignons dont tu m'a donné la recette, tu m'en diras des nouvelles!" Dit Berthe un peu plus loin sans même se retourner alors qu'elle touillait une grosse marmite "Tout de même, tu pourrais venir un peu plus souv-..." Ajouta-t-elle en pointant une cuillère en bois dans ma direction avant de se figer en voyant mon chargement. "Un chat ? Eve ! On amène pas un animal dans les cuisines de… attends, est-ce le chat de monsieur le Duc ? Mais oui c'est lui ! Je reconnais cette frimousse." Dit-elle en s'approchant de nous pour caresser le chat sur la tête en tirant un ronronnement. "Viens là, je dois avoir du bon lait frais non loin…" marmonna-t-elle et elle était partie.
"C'est vraiment le chat du Duc ?" Demanda curieusement Louise, délaissant ses carottes pour s'approcher de moi, ayant clairement envie de caresser l'animal mais étant trop timide pour le faire d'elle-même.
"Il faut croire…" Je répondis en regardant le chat de plus prêt. "Je ne savais pas que le Duc avait un chat, mais maintenant que j'y pense, je l'ai déjà vu deux ou trois fois..."
"Oui, mais d'habitude, il ne nous laisse pas l'approcher… Comment as-tu fait ?" Demanda Louise avant de se mordre la lèvre et d'avancer timidement la main pour enfin gratouiller le chat.
"Lord Kamelott me l'a… donné? Je n'ai pas trop compris ce qu'il s'est passé, je te l'avoue, il m'a juste dit de m'occuper de lui et c'est tout." Je répondis en haussant les épaules amenant le chat à feuler en dérangement. "Désolée." Je m'empressais de m'excuser lorsqu'il me lança un regard noir. Si je pouvais encore éviter un coup de dents…
"Viens ici minou, j'ai exactement ce qu'il te faut!" S'exclama Berthe en revenant dans la pièce principale, un bol de lait dans les mains. Le mettant par terre, elle me regarda, s'attendant sûrement à ce que je pose le chat au sol mais j'hésitais un petit peu.
"Tu le connais bien? Est-ce qu'il se comporte correctement? J'ai peur qu'il s'enfuit, on m'a dit de m'occuper de lui, je ne peux pas laisser ça arriver..." Je demandais inquiètes.
"Je ne sais pas du tout, il se promène dans le manoir d'ordinaire, c'est la première fois que je le vois d'aussi près." Répondit Berthe en fronçant les sourcils. " Mais tu as raison, peut-être mieux vaudrait il l'emmener dans le petit salon il y a trop de choses intéressantes dans cette cuisine pour un petit chat. Louise, accompagne Eve avec le lait, veux-tu? Tu iras prendre des couvertures des bêtes pour lui ensuite puis tu reviens directement ici, ces carottes ne vont pas s'éplucher toutes seules!"
"Je peux aider? Ça ne me dérange pas d'éplucher si…" Je commençais à dire mais Berthe m'interrompit aussitôt en me poussant vers la porte.
"Non, non! C'est très gentil, Eve, mais si Monsieur le Marquis t'a donné une tâche, mieux vaut l'y mener à bien! Surveille le chat, veux-tu? Nous nous occupons du dîner." Et puis, comme après coup. "Mais tiens, si tu veux aider, viens manger aux cuisines avec nous ce soir, tu feras la plonge après." Dit-elle avec un sourire maternel avant de faire un signe de la main pour que l'on parte. Avec un petit sourire, j'accompagnais Louise dans les longs couloirs, le chat toujours entre mes bras.
"Je me demandes ce qu'il a fait pour que Lord Kamelott soit si en colères." Je marmonnais à Louise lorsque nous étions à bonne distance d'oreilles indiscrètes.
"Peut-être qu'il a mis le bureau en désordre ? Oh, je payerais chère pour voir sa réaction ! Monsieur le Marquis est toujours si à cheval sur son organisation, je plains toujours Clarisse lorsque c'est à elle de nettoyer le bureau." rit-elle et je souris à mon tour. C'était amusant comme elle semblait toujours plus vive lorsqu'on était seule et redevenait silencieuse lorsqu'on croisait un des maître de maison ou même des employés plus expérimentés. 'Une bonne employés se doit d'être oubliable, Miss Campbell' me revenait alors l'odieuse voix de Marie, l'ancienne femme de ménage en chef. Merlin qu'elle m'agaçait… Même si je n'étais pas fan des méthodes de Road, j'étais quand même bien contente qu'elle l'ait fait partir… "Mais comment s'énerver contre une boule de poile si mignonne ?" Continua Lousie en approchant timidement la main du chat.
"Attention avec tous ces compliments, il ne faudrait pas qu'il prenne la grosse tête." Je le taquinais recevant un coup de dents vicieux en réponse "Aie! Tu exagères, je n'ai rien dit de méchant!" Je gémis presque. Heureusement, nous étions arrivées au petit salon et même si je restais maladroitement quelques minutes de plus plantée là le temps que Louise aille chercher les couvertures, une fois fait, j'installais rapidement le chat près du feu avant de vérifier que les fenêtres étaient bien fermées puis de m'écrouler sur un canapé avec un soupir heureux. Louise était aussitôt repartie avec un regard triste au chat me laissant seul avec lui.
"Ne dis rien à Sheryl…" Je marmonnais en fermant les yeux, prête à faire une sieste ici et maintenant souriant lorsque j'entendis un ronronnement étonnement expressif en réponse. Rouvrant les yeux, je regardais le plafond avant de poser mon regard sur le chat qui lapait son lait tranquillement sur son tas de couverture. "Tu promets de ne pas faire de grabuge si je dors?" Je demandais, ne recevant qu'un regard fixe en réponse. "… Je vais prendre ça pour un oui." Je souris en me rasseyant correctement pour enlever mes chaussures. "Je suis trop fatiguée de toute façon… Je n'aurais pas dû finir ce roman hier soir… ou ce matin, vraiment." Je conclus en m'allongeant sur le sofa faisant dos à la porte. Avec un peu de chance, même si quelqu'un entrait, il ne me verrait pas. Et si on me voit… bah, seul Sheryl poserait problème, vraiment, les employés n'avaient pas leur mot à dire et les autres maîtres de maisons s'étaient habitués à mes "excentricités." alors, pourquoi ne pas en profiter?
J'étais endormie en moins de cinq minutes.
Le réveil fut moins rapide.
Le canapé était horriblement confortable et le feu diffusait une température parfaite dans la salle. En plus, j'avais réussi à trouver quelque chose de pelucheux à caler entre mes bras, m'amenant à une courbure parfaite de mes épaules pour dormir correctement. Vraiment, si ce n'était pas à cause de ce bruit de tic tic tic incessant, je n'aurais pas bouger de là…
Attends? Gné?
Prenant conscience d'une couverture sur moi qui n'était certainement pas là quand je m'étais endormie, j'ouvrais un œil paresseux, mon esprit encore dans les limbes du sommeil, pour trouver le chat de tout à l'heure entre mes bras. "Comment es-tu arrivé là, toi?" Je murmurais en commençant à lui gratouiller les oreilles.
"Oh, sûrement en se faufilant, Mademoiselle adore les câlins." Répondit inopinément tout aussi en français que moi une voix non loin de ma tête. Grinçant de surprise, je glissais en voulant me lever pour voir l'intrus et tombais comme une crêpe. Face contre terre, ma chut tira un feulement coléreux du chat qui était resté dans mes bras lors de ma cascade.
"Tout va bien?" Demanda la voix inquiète, le bruit de tic tic tic s'arrêtant tout à coup.
"On ne peut mieux." Je répondis les joues sans doutes terriblement rouge. Essayant désespérément de retrouver une position convenable, je trébuchais maladroitement sur la couverture avant d'enfin me planter sur mes deux pieds.
"Duc Campbell, je ne savais pas que vous veniez au manoir aujourd'hui, hum, bonjour."Je répondis maladroitement alors qu'il baissait les yeux sur son tricot. Concentré à défaire un nœud coriace, j'en profitais pour remettre en forme ma coiffure et épousseter ma jupe.
"Moi non plus, il faut dire, mais ma fille est rentrée de voyage plus tôt que prévu et Sheryl a été assez aimable pour réunir la famille ici pour un dîner de bienvenue." Dit-il avec un sourire calme et je me rasseyais doucement sur le canapé. S'il allait faire comme si rien ne s'était passé, clairement, ce n'est pas moi qui allait le contredire.
"Oh, votre fille ?" Je demandais un instant confuse alors que je regardais le chat sauter sur l'appuie-tête du fauteuil du Comte me lançant un regard mauvais au passage. Ce n'était pas ma faute! Quelle idée aussi, de venir se glisser dans les bras d'un dormeur…
"Oui, ma fille Lucie, marié à Etienne Belle, le grand frère des jumeaux. C'est une bonne amie de Tricia, n'en avez vous pas entendu parler?"
Oh.
OH.
"Ah si, en effet, Tricia l'a mentionné une fois ou deux." Ou cinq ou six d'ailleurs. Elle en parlait souvent en fait. Tricia semblait impressionnée par la dame et son élégance à la française comme elle le disait. On retiendra qu'elle n'avait jamais fait mention de la même pour moi alors que j'étais française aussi. Bon après, je venais de me rétamer toute seule en tombant d'un canapé devant le Comte Millénaire. C'est sûre que, s'il manquait l'élégance…
Un grand miaou se fit entendre alors que le chat sautait sur les genoux du Comte.
...n'avait-il pas dit "mademoiselle?" Ho je suis stupide… Le chat, ou la chatte plutôt, est Lulubell. Comment-est-ce que ça ne m'avait pas traversé l'esprit plus tôt? Chat du Comte? Pelage noir et yeux dorés? Enfer, elle avait même une tache blanche sur le front qui ressemblait un peu à une stygmate !
Me forçant à penser à ce que j'aurais pu dire d'embêtant en présence du cha… de Lulubell, il me fallut un peu de temps pour sortir de mes pensées et comprendre que le Comte m'avait posé une question. "Excusez-moi?" Je demandais timidement alors qu'il continuait à tricoter, la monstruosité rose tombant en vague sur le pelage noir de Lulubell.
"Je vous demandais si vous pouviez me jouer un air de piano? Il nous reste encore un peu de temps avant l'heure du thé et j'aimes écouter de la musique en tricotant." Dit-il avec un sourire avenant.
Quant à moi, mon sourire s'était tout à coup figé. Qu'est-ce que je devais faire ?! Comment lui dire non ? "Je ne suis pas sûre que…" Je commençais timidement mais il me coupa aussitôt.
"J'insiste, je voudrais voir vos progrès !" Assura-t-il et je ne voyais aucune façon d'en sortir sans être incroyablement impoli. Et je n'avais pas très, très envie de décevoir le Comte. Au cas où vous savez… Alors, la mort dans l'âme, je me levais lentement pour me diriger vers le beau piano à queue dans le coin du salon, m'arrêtant juste une fois sur le banc pour lui demander quoi jouer. "Oh, qu'importe, vraiment, jouez une chanson que vous aimez, voulez-vous?" Dit-il gentiment et je me tournais à nouveau vers le piano avec un regard vide.
Puis, lentement, je posais mes doigts sur les touches d'ivoires.
Ce ne fut pas magique, je ne me mis pas à jouer exceptionnellement bien tout à coup, mais c'était… sympa. Il faut croire, mon don de cet été n'était pas parti et l'entraînement pratiquement quotidien avait aidé. Ça ne faisait pas de mal non plus que j'avais déjà cherché comment jouer les notes de la musique que j'avais choisi auparavant donc c'était bien plus facile de se laisser porter par mon souvenir et mes mains. Tant que je n'y mettais pas trop de cerveaux, je me débrouillais bien.
"Je ne reconnais pas l'air, que jouez-vous?" Demanda tout à coup le Comte me faisant sursauter. Appuyant sur la mauvaise touche, je grimaçais et, déstabilisée, je me mis à chercher le bon son à l'oreille.
"C'est 'See you tomorrow' de l'ensemble 'Dragon' mais joué un peu plus lentement que ça ne devrait l'être. J'ai encore du mal à le jouer à la vitesse normale." Je répondis distraitement, laissant échapper un petit son de victoire lorsque je trouvais enfin la bonne note et continuais à jouer.
"Ah oui ? Qui l'a écrit ?" Continua le comte et je répondis mentalement avant d'hésiter. J'en avais déjà trop dit… cette musique ne sera pas écrite avant des années, était-ce vraiment une bonne idée ? Non, non ça ne l'était pas…
"Je… je ne suis pas sûre…" Je répondis timidement, gardant le regard rivé sur les touches du Piano. Waw, crédibilité + 100 Eve…"J'ai dû l'entendre quelque part. Peut-être dans mon enfance." Bim, carte amnésie en soutien.
"C'est impressionnant que vous vous en souveniez aussi bien." Dit le comte et il avait véritablement l'air impressionné. Malgré moi, je me sentais un peu fière… Incroyable comme cet homme pouvait me… non, nous, car ça arrivait à tout le monde de ce que je pouvais voir, faire sentir la gêne, la honte, l'inquiétude, la fierté ou la joie avec seulement quelques mots. Je comprenais maintenant pourquoi tous ces gens acceptaient de faire un akuma. Sa voix inspirait confiance. Oui, d'une certaine façon…
Le comte millénaire était vraiment terrifiant.
"Je me souviens assez facilement des sons." Je répondis simplement, ne sachant pas trop quoi lui dire.
"Je vois cela." Dit-il et j'entendis sa voix remplit de sourire. "Et vous le jouez à l'oreille qui plus est ! Sans même une partition."
"Ah, c'est juste que je ne sais pas lire la musique, alors il faut bien." Je répondis, mais ses interruptions n'aidaient pas et j'appuyais à nouveau sur une mauvaise note me faisant grincer des dents.
"Il faudra que je vous apprenne." Dit-il et alors que je me retournais vers lui pour lui exprimer à quel point ce n'était pas nécessaire qu'il se donne cette peine, il continua sans me laisser le temps de parler. " Vous avez parlé d'un ensemble ? C'est une série de chansons qui racontent une histoire comme dans un opéra?" demanda-t-il curieux me faisant dérailler de mon train de pensée précédent.
" Euh oui, exactement… C'est l'histoire d'Harold, un jeune viking chétif qui est le plus faible de la tribu malgré qu'il soit le fils du chef. Un jour, il décide de se prouver en tuant un des dragons… uhum, ils sont communs dans cette histoire, ils font souvent des raid sur son île. Quoi qu'il en soit, il arrive à en blesser un mais ne peut l'achever et décide de le libérer. Les musiques racontent son étrange amitié avec ce dragon et comment il va changer lui et sa tribu." j'expliquais bien plus joyeusement que lors de nos échanges précédents.
"Un homme et un dragon ? Ça ressemble à une amitié… intéressante." Dit-il semblant perdu dans ses pensées avant de reprendre ses aiguilles et de me demander si j'en connaissais d'autres de la même série.
Hochant la tête (ça ou autre chose…) je me retournais vers le piano entament les premières notes de "test drive" puis "forbiden friendship" répondants distraitement lorsque le Duc me demandait à quoi correspondait telle ou telle musique. J'étais tellement perdu dans mes souvenirs des films et des livres que lorsque le comte me demanda à nouveau ce que je jouais il me fallut quelques secondes pour sortir de ma tête et comprendre que je n'en avait strictement aucune idée temps bien même que j'avais répondu "Third date" en automatique. J'étais persuadé que la chanson venait de Dragon mais sur ma vie, je n'avais aucune idée de où… et vu comme je m'étais écoutée en boucle les playlists des deux films, c'était très étrange.
Pourtant, je ne m'attardais pas beaucoup plus longtemps sur la question car on frappa à la porte et Tricia entra dans le petit salon d'un air curieux. "Miss et Duc Campbell." Salua-t-elle, notre homonymie l'amusant sans fin. Me relevant du Piano aussitôt, je m'excusais vivement, ayant complètement perdu la notion du temps. "Ne t'en fais pas Eve, je me doutais bien que tu devais être perdue dans un livre." Dit-elle en entrant dans la pièce, le Comte finissant un nœud avant de se lever pour la saluer " Mais je ne me serais pas doutée que c'était toi qui jouais du piano ! Je suis déçue d'avoir raté ce moment, il faudra que tu joues pour moi une prochaine fois." s'exclama-t-elle radieuse et ma grimace ne devait pas être que mental car elle rit aussitôt et m'assura gentiment que je jouais bien avant d'ouvrir la porte un peu plus loin me permettant d'apercevoir une grande femme a l'air dur.
"Puis-je te présenter ma très chère amie, Lucie Belle? Lucie, voici Eve, la jeune damoiselle dont je t'ai si souvent parlé dans mes lettres."
"Enchantée." Dit tranquillement la femme bien qu'elle n'en avait pas vraiment l'air. Son regard était vide et sa posture droite, clairement, elle s'en foutait comme de sa première chaussette. Répondant une platitude égale, je regardais furtivement autour de moi et, bien évidemment, le chat n'était plus là.
Encore une nouvelle personne à surveiller semble-t-il...
Woualah. Un petit chap tranquilou... aussi, juste pour vous dire que c'est bon, j'ai déterminé exactement ce qu'il se passait dans chaque chapitres jusqu'à la fin de NLN à partir de maintenant donc plus d'excuses pour lambiner! On en verra la fin de celle là :D je ne promets rien pour UAPV par contre...
Pensez aux reviews et rendez-vous le 5 du mois prochain !
