Histoire : Une Touche de Couleur dans le Gris

Livre 1 : Nuancer le noir.

Date : 5 Mai 2019, corrigé en Février 2023

Bêta : Elogane (2019) personne (2023)

Fandom: D Gray Man

Avertissement : Non, je ne possède pas D Gray Man et je ne fais aucun profit avec cette histoire.

Résumé : Après avoir atterri au XIXème siècle, Estelle, prenant le nom d'Eve, devient la dame de compagnie de Tricia Kamelott. Eve prend vite conscience de la différence niveau sociale et genre à cette époque et commence à avoir peur pour son avenir surtout lorsque débarque Road, les jumeaux, Tyki, Allen et même le Comte Millénaire. Sous forme humaine heureusement. Mais l'exorciste part en Inde et les jumeaux sont envoyés en pension. Elle rencontre la Baronne Lucie Belle, la sœur ainé des jumeaux ainsi que sa contrepartie féline puis suit ses employeurs au Portugal lorsque Sheryl gagne les élections.

Trigger du chapitre: Aucun, je pense (dites moi si vous pensez qu'il est nécessaire d'en rajouter un!)


Un petit résumé des vacances au Portugal et franchement, allez voir les vêtements de plage de l'époque et imaginez Tyki dedans, ça vaut bien un fou rire X)

Bonne lecture :D


Nuancer le Noir chapitre 32 : Portugal, plage et Université

Honnêtement, j'aurais voulu pouvoir dire que c'était sympa le portugal mais… je n'en avais pas vu grand chose.

Cela faisait deux semaines que nous étions arrivés et j'étais sortie deux fois du manoir à tout casser. D'un côté, j'étais bien contente de ne pas accompagner les maîtres de maison dans leur pèlerinage des plus grandes villes où Sheryl déblaterait discours sur discours en faisant miroiter sa famille parfaite. D'un autre côté… il n'y avait pas grand chose à faire.

C'était d'un ennui mortel.

Le manoir était dans un coin un peu perdu et il y avait de belles collines boisées tout autour, mais avec seulement mes pauvres petons et ma solitude pour compagnie, ce n'était pas bien amusant non plus… J'étais devenue bien trop dépendante de Tricia, il faut croire. Ne pas la voir, ni elle ni personne d'autres pendant plusieurs jours d'affilé me fit un effet très étrange. Il y avait bien les autres serviteurs, mais ceux déjà sur place ne parlaient pas un mot d'anglais ou de français ou même d'espagnol et les trois autres venus avec nous étaient bien trop occupés. De la même façon, la bibliothèque était jolie mais principalement en portugais ou latin et je n'en comprenais pas un traître mot…

J'étais bien allée en ville une fois par moi même, mais la barrière de la langue empêchait beaucoup de choses et rendait le voyage même un peu terrifiant…

Ne restait alors que peu de choses à faire… hé bien, il y avait toujours le lancer de couteau. Tyki m'ayant diligemment fait pratiquer cette dernière année, j'étais franchement devenu bonne à ça. Ce qui était… un peu étrange ? Le lancer de couteau n'était clairement pas une compétence que je pensais avoir un jour et pourtant ! Je touchais le centre de la cible à pratiquement tous les coups maintenant. C'était à la fois incroyablement gratifiant et en même temps un peu perturbant à chaque fois que je pensais que la cible pourrait bien être un humain un jour.

Il y avait également le piano. Il y avait une salle de musique ici aussi et je n'avais jamais été aussi diligente avec l'instrument. J'avais pu continuer ma transcription en partition des musiques de mon ancien monde et Tiky aimait les essayer lorsqu'il revenait parfois le soir. Il avait découvert un amour pour les styles un peu rapide, jazzy, ce que j'avais envie d'appeler Ragtime mais ne connaissant toujours pas grand chose à la musique, je n'étais vraiment pas sûr de moi. Du coup j'essayais de lui trouver des musiques dans le même style dans mon répertoire mais c'était compliqué de trouver les points communs de mémoire sans pouvoir les réécouter. Ce qui m'avait amené à me plonger dans une pile de livres que le Comte m'avait donnés. Ouais. Le Comte millénaire m'avait donné des devoirs. Je ne m'en remetais pas non plus. Mais le sujet était intéressant, remplis de théories musicales, quelque chose que je n'avais jamais étudié auparavant. En plus, quelques-uns d'entre eux était en français et même si je n'avais plus vraiment de soucis avec l'Anglais après plus d'un an, c'était toujours agréable d'étudier dans sa langue maternelle.

Aider les employés du coin avec leurs tâches en était une possibilité mais ils semblaient étonnement réticents à une main d'œuvre supplémentaire à ma grande confusion. Okay, je n'étais pas la meilleure mais je n'étais pas une catastrophe ambulante non plus, loin de là. Déjà je savais nettoyer de mon monde d'avant (même si je n'aimais pas ça) et j'avais encore plus appris ma première semaine en temps que maid et puis en donnant un coup de main cette dernière année. John m'avait dit que c'est sans doute parce qu'ils me considéraient plus comme une invité des Kamelott plutôt qu'une employée. Ce qui était compréhensible, mon rang était déjà flou au manoir de base mais ici c'était encore pire : j'étais venue en première classe, les maîtres de maisons, quand ils étaient là, ne me traitaient pas comme une employé et je n'avais même pas d'uniforme. Pire, Eliott avait donné des tâches à tous les autres sauf moi. Au moins, John n'avait aucun remord à me passer une partie de son travail, ça m'occupait, ça le faisait terminer plus tôt et il avait ensuite un peu de temps libre bonus à passer avec moi : tout bénef.

Heureusement, il y avait bien eu une fois où Sheryl, n'ayant pas besoin de sa famille, était parti seul en campagne quelques jours laissant Tricia, Tyki et Road au manoir. Tricia, d'étonnement bonne santé malgré tous ses voyages, avait voulu en organiser un de plus et nous étions allés tous les quatre à la plage pour essayer les bains de mer. La pensée était commune à cette époque qu'ils avaient une vertue térapeuthique et Tricia était impatiente de les essayer dans un endroit un peu plus chaud que l'Angleterre. Autant dire que Road avait été extatique de pouvoir me choisir une nouvelle robe… oui, parce qu'à cette époque, on se baignait en robe. Heureusement, le corset n'était pas obligatoire et on pouvait même porter un espèce de pantacourt en dessous ! La tenue des femmes était même assez jolie… Je précise, parce que j'avais été incapable de me retenir de rire lorsque j'avais vu Tyki sortir de la cabine dans sa tunique bariolé. Ce n'était pas moche en soi, mais ça contrastait si complètement avec Tyki que je n'avais pas pu m'en empêcher. Il m'avait fait un croche-patte en retour le méchant… Heureusement que Tricia et Road étaient toujours en train de se préparer ou mon manque de décorum aurait reçu quelques sourcils élevés. Dans l'état, lorsqu'elles étaient enfin sorties des cabines, j'avais fini de convulser sur le sol de rire et me tenait tout sourire à côté d'un Tyki avec l'expression la plus souffreteuse que je n'avais jamais vu.

Wow, maintenant que j'y pensais, c'est fou comme je ne faisais même plus semblant avec Tyki. J'en étais presque revenue à le traiter comme je le ferais avec de bon potes dans l'ancien monde…

Quoi qu'il en soit, le tout avait été une expérience assez surréaliste, il faut le dire… d'une part parce que la pudeur de l'époque s'affrontait affreusement avec toute l'affaire mais aussi parce que les Noahs n'avaient pas cette dite pudeur. Ici, les femmes attendaient la dernière seconde avant d'enlever leur peignoir, les hommes regardaient curieusement le ciel pour ne pas se faire attraper à lorgner le sexe opposé et les enfants se tenaient terriblement tranquilles à côté de leurs parents. De notre côté les choses étaient un petit peu plus… sauvage.

Nous n'étions même pas à la moitié de la bande de sable menant à la mer lorsque Road ne tient plus, enleva son peignoir, le jeta à la tête de Tyki avec une précision effrayante et courut à toute vitesse vers la mer pour se jeter avec un plat retentissant et un hurlement joyeux.

Avant même que Tricia ne puisse exprimer sa vive désapprobation, c'était moi qui me prenait les peignoirs dans la poitrine alors que Tyki se promenait vers les vagues et rejoignait sa nièce sans plus de cérémonie.

Exaspérée, mais malgré tout le menton levé en toute dignité, Tricia suivit le mouvement sans se soucier des regards courroucés alentours. Road l'avait bien formée…

Lui proposant de garder son peignoir également, je restais au bord en regardant les autres patauger, Tricia ne semblant pas très rassurée. Est-ce qu'elle savait même nager ? Je pensais inquiète lorsque je la vis perdre pied une minute avant d'être aussitôt rattrapée par Tyki qui la maintient hors de l'eau.

"Eeeeve !" Cria quelques minutes plus tard Road sans se soucier du moins du monde des regards de tueurs qu'envoyaient les autres vacanciers."Viens te baigner !"

"Je suis très bien ici, je garde les peignoirs !" Je répondis en brandissant le linge en question comme un bouclier. Road fronça les sourcils, semblant terriblement mécontente, avant de sortir de l'eau rapidement et de courir vers moi, envoyant du sable partout en dérapant à mes côtés.

"Road !" Je m'étranglais en essayant de la repousser lorsqu'elle m'enserra, l'eau froide ruisselant de ses cheveux et me gelant la nuque.

"Voilà, tu es mouillée maintenant, aucune raison de rester sur le bord !" Elle chantonna avant de me prendre les mains pour me tirer debout. La petite peste, elle me connaissait trop bien… Je n'aurais pas dû aller avec eux au lac aussi souvent l'année dernière, elle avait compris ma faiblesse pour l'eau froide...

Frissonnant, je posais soigneusement les peignoirs à côté des serviettes, prenant soin de mettre celui de Road tout en dessous sur le sable dans une revanche mesquine. Nerveuse, je suivais la Noah jusqu'à l'eau, glapissant lorsqu'une vague forte me frappa les cuisses.

Essayant de retenir Road qui essayait de me tirer dans l'eau trop rapidement à mon goût, je finis finalement par rejoindre des trois autres en haute mer avec quelques brasses maladroites. C'était toujours pas mon truc la natation… J'avais même l'impression que c'était pire, chaque brasse me demandait un effort à peine surmontable et je manquais de boire la tasse plus d'une fois. Je ne savais pas si c'était mon manque de pratique ou la robe qui me mettait autant en difficulté, mais j'étais bien contente lorsque Tyki me soutient le bras le temps que je me souvienne comment battre efficacement les pieds.

Barbotant quelques minutes de plus, Tricia finit par s'éloigner vers la côte, frigorifiée, et j'en profitais aussitôt pour éclabousser les deux Noahs avec les plus grandes vagues que je pouvais créer. Des années de natations à l'école, ça m'avait appris au moins à faire de bonnes attaques d'eau si ce n'est le crawl.

C'était peut-être la pire idée du monde vu que les deux autres commencèrent aussitôt à m'attaquer à leur tour et que, vous savez, humain vs Noah et tout le tintouin mais je ne regrettais rien. Le visage outré de Road et ahuri de Tyki compensaient largement ma quasi noyade/tentative de meurtre une minute plus tard.

Mais bref, tout ça pour dire qu'à part cet après midi à la plage, le voyage au Portugal avait été assez morne jusqu'à présent. Moi qui était habituée à me faire traîner par ma sœur dans tous les lieux avec une once d'intérêt lorsqu'en voyage, c'était décevant.

Et puis, un jour que je planchais sur les devoirs du Comte, Tyki frappa et entra dans ma chambre. Une pile de vêtements pliés dans les bras, il demanda : "Prête pour une aventure ?" avec un sourire positivement malicieux et je sus aussitôt qu'il m'entraînait dans quelque chose de très illégal.

... après, il fallait voir le niveau d'illégalité. J'étais pas trop chaud pour un meurtre, mais sachant que rien que le fait de porter un pantalon pour une femme ici allait à l'encontre des lois, ça dépendait de ce qu'il proposait, vraiment.


Lundi 3 Mai 1886

Il s'avère que j'allais, en fait, porter un pantalon, mais contrairement à nos autres aventures dans l'Est End, cette fois, les vêtements étaient singulièrement de meilleure qualité. Comme dans qualité de noble, en fait.

"Les gens voient ce qu'ils veulent voir." Dit Tiky en haussant des épaules. "Personne ne veut voir de femme dans leur si prestigieuse académie alors ils n'en verront pas."

"Hmmm…" Je fredonnais douteusement en fixant mes yeux sur ma poitrine. Même bandée (et comme ça avait été drôle de le faire seule…) il y avait une trop forte courbure pour que ça passe pour celle d'un homme. Enfilant le gilet, puis la veste c'était déjà moins voyant et avec les cheveux fermement attachés sous un chapeau à la mode et les lunettes de Tyki sur le nez, j'admis que je pouvais faire un jeune garçon crédible. Si tout du moins j'arrivais à imiter leur langage corporel, ce qui fut moins aisé… Heureusement, j'avais un homme parfaitement disposé à me montrer comment faire sous la main et ce ne fut l'affaire que de quelques essais avant que ça devienne plus ou moins crédible. Maintenant, il fallait seulement s'en rappeler… Mais, hé bien, Tyki avait raison, ce n'est pas comme si nous allions interagir avec qui que ce soit j'avais donc seulement besoin de ne pas paraître trop suspecte de loin.

Se glisser du manoir fut stressant mais finalement pas très difficile étant donné qu'il n'y avait pas grand monde. Tricia était partie avec Sheryl chez des amis, Road était avec eux, il ne restait donc que Tyki, moi et les serviteurs. A l'extérieur du manoir, Tyki sortit un cheval de l'écurie et on chevaucha jusqu'à la ville la plus proche toute bride abattue, avec moi accrochée à sa veste et gémissant de peur au moindre tournant. Tyki était dangereux sur un cheval, sachez-le.

Oui, bon Tyki était dangereux tout le temps, mais vous voyez ce que je veux dire.

En ville, Tyki laissa le cheval chez un ami (ou un akuma, possiblement) et on prit le train pendant deux bonnes heures de plus. À ce point, je commençais à être vraiment curieuse et l'autre ne pipant pas mot, toute l'affaire était plus agaçante qu'elle n'aurait dû l'être.

Mais enfin, enfin, on arriva à Coimbra. Le nom vous dit peut-être quelque chose mais je vous avoue qu'avant ce jour je n'en avais jamais entendu parler. En fait je ne savais pas grand-chose du Portugal dans ma vie d'avant et je n'avais pas non plus appris énormément dessus depuis que j'étais arrivée ici. J'étais donc tout à fait impressionnée lorsqu'on arriva à l'Université de Coimbra.

"Wow." Je sifflais convenablement surprise lorsqu'on se faufila dans la grande cour carrée au milieu d'un groupe d'étudiants tapageurs. La place était immense, surtout après m'être habituée aux ruelles sinueuses de la ville en dessous, et de gigantesques marches de pierres menaient à ce qui semblait être le fils bâtard d'un temple Grec et d'une église Romane. Quelques sculptures et moulures ornaient les murs et une grande tour d'horloge battait la mesure au rythme des étudiants.

"Tu es déjà venu ?" Je demandais curieusement à Tyki lorsqu'il me mena avec confiance à travers les couloirs bondés.

"J'aurais dû." Dit-il en haussant les épaules. "Sheryl m'y avait inscrit pour mes études mais je ne me suis jamais présenté. C'était la première fois que je partais en voyage, Sheryl était livide lorsque je suis revenu, j'ai cru qu'il n'arrêterait jamais de crier." Dit il avec un petit sourire en coin avant de pousser une autre porte nous emmenant dans un couloir plus sombre. "Normalement, il ne devrait y avoir personne à cette heure-ci…" Murmura-t-il alors que nous prenions encore un autre angle, notre environnement maintenant désert.

Enfin, nous arrivions à une grande porte de bois finement ouvragée et Tyki l'entrouvrit légèrement, y jetant un coup d'oeil avant qu'un sourire satisfait ne s'épanouisse sur ses lèvres et qu'il l'ouvre entièrement me laissant découvrir une grande bibliothèque baroque si opulente que ça en piquait presque les yeux.

Partout où l'on tournait l'œil, le bois peint à la feuille d'or formait des arabesques et des volutes qui entouraient délicatement de vieux volumes illustrés. Les bibliothèques, sur deux étages, longeaient les murs tout du long sur deux pièces séparées par une massive arche de pierre. De lourdes tables de bois patiné s'étalaient au milieu des étagères et, au fond, on pouvait apercevoir un vieux clavecin trôner fièrement en dessous d'un tableau grandeur nature.

"Qui est-ce ?" Je chuchotais à Tyki avec respect. Pas tant pour la peinture mais pour le lieu si impressionnant.

"Je n'en ai pas la moindre idée." Me répondit-il nonchalamment alors que nous avancions vers lui jusqu'à s'arrêter au pied du clavecin. "Mais il n'a pas une bonne tête... "

Riant doucement, je laissais Tyki là pour explorer à ma guise. Ici, pas de vitrine ou de barrière pour nous empêcher de toucher les œuvres et je pouvais tout caresser du bout des doigts, que ce soit les moulures dorées ou les vieux livres parcheminés. C'était agréable de sentir la matière et j'aimais ressentir le changement de textures du marbre au bois et respirer les vieux livres et la cire. Même le plafond était impressionnant ! Totalement peint, il écrasait la salle de son poids et même si cela était impressionnant, c'était quand même sacrément…

"Exagéré." Souffla Tyki alors que je me rapprochais en hochant la tête.

"Oui, ça brille un peu trop pour moi, je doute que je serais capable de travailler efficacement dans un tel environnement." Je concédais.

On fit encore quelques autres tours, on trouva même un passage secret derrière une étagère et Tyki me racontant quelques anecdotes historiques. Ensuite on repartit vers le manoir, s'attardant dans la ville avant d'aller à la gare. Dans l'ensemble, c'était une très bonne journée et j'étais heureuse que Tyki m'ait emmenée visiter l'université. C'était agréable de partager des centres d'intérêts et de simplement… traîner ensemble. Tyki était vraiment devenu un bon ami au fil des mois, c'était lui que j'allais voir lorsque j'étais triste ou que quelque chose de drôle m'était arrivé. C'était avec lui que je débattais de mes lectures, me moquais des habitudes des nobles, partait en aventure dans les rues crasseuses de Londres, jouait avec les trois démons, fuyait le Comte… Je n'avais jamais eu une relation comme ça avec quelqu'un d'autre, même dans mon autre vie. Il faut dire, difficile de faire la moitié de ces activités au XXIème siècle… mais vraiment…

"Je suis heureuse de t'avoir rencontré, Tyki." Je murmurais tout à coup, assise à côté de lui dans le train, la tête posée contre la fenêtre.

"Ivy… tu… hum... ?" Balbutia-t-il m'amenant à le regarder, perplexe, avant de comprendre ce que pouvait impliquer ma phrase.

"Mais non, crétin." Je répondis en roulant des yeux et en lui donnant un coup de coude pour faire bonne mesure. Pas très efficace contre un Noah mais ça avait au moins le mérite de faire passer mes sentiments. "Mais, je suis réellement contente de t'avoir rencontré. J'adore Tricia et Road et les jumeaux mais... La vie au manoir aurait quand même été beaucoup moins drôle sans toi." Je lui dis sérieusement en le fixant dans les yeux, ses orbes dorées remplies de confusion avant qu'une certaine douceur ne s'installe.

" Je suis content de t'avoir rencontrée également." Dit-il calmement, m'amenant à sursauter un petit peu. Je ne m'étais attendue à rien de sa part et au fond de moi je savais qu'il devait m'aimer au moins un peu, aucune raison qu'il vienne chercher ma compagnie autrement mais… hé bien c'était chaleureux de l'entendre dire. Semblant remarquer mon trouble, il prit un air désabusé et enchaîna avec un ton faussement désespéré. "Personne n'aime la littérature au manoir, c'en est désolant..."

"Terrible." Je ris.

"Affreux." ajouta-t-il.

"Pitoyable !" je réenchérie.

"Ahah, Terrifiant."

Et on passa quelques bonnes minutes de plus à écumer nos synonymes avant de s'installer dans une conversation confortable.

C'était pas si mal le XIXème finalement…


Voilà, un chap tranquilou, mais en même temps, qu'est-ce qu'elle est pépère la vie d'Eve... Temps mieux pour elle, vous me direz. Le prochain chapitre c'est Eve qui fait la paix avec le Comte Millénaire. One-sided parce que lui c'est pas comme si il avait quelque chose contre elle... enfin, censé, parce que c'était déjà lui le chapitre où le comte devait venir faire coucou donc, bah écoutez, on verra bien :D

Bref, passez une bonne journée, pensez aux reviews et rendez-vous le 5 du mois prochain !