Disclaimer : Je ne suis pas une femme, je ne suis pas riche ni n'ai jamais publié de livres. Suis-je J. K. Rowling? Même si l'avis de Schrödinger sur la question serait intéressant, la réponse est non. Cette fanfiction n'est pas non plus mon idée mais une traduction de 'Amalgum – Lockhart's Folly' (/11913447/) de tkepner. Merci à lui de me permettre de traduire ses textes!
Les reviews sont très appréciées mais ne sont bien sûr pas obligatoires.
T/N: Avant d'aller plus loin dans les chapitres j'aimerai faire remarquer un point intéressant! Lorsque l'on cherche des informations sur la durée de vie des Sorciers dans le monde de Rowling, la durée de vie moyenne des sorciers dans les années 1990 est d'environ 137 ans. Il est souvent considéré que les Sorciers et Sorcières grandissent à la même vitesse qu'un Moldu jusqu'à la vingtaine et puis que cela ralentit. Dumbledore, à sa mort, avait 115 ans (né en 1881) et avait l'apparence d'un vieil homme.
A côté de cela, McGonagall est souvent décrite comme âgée mais savez-vous son âge? McGonagall est de 1935, soit 54 ans de moins que Dumbledore (elle a donc 61 ans quand il en a 115). Je ne sais pas pour vous, mais je ne pense pas qu'elle aurait l'apparence âgée décrite dans les livres si on tient compte de cela! Au contraire, elle serait dans la force de l'âge si l'on tient compte du point de vue des Sorciers! Gardez cela en tête dans cette histoire, l'auteur a tenu compte de cela.
Lockhart sourit tout seul lorsque l'alerte de proximité sur sa porte fit entendre un léger carillon. Quelqu'un s'approchait avec l'intention d'entrer. Il attendit patiemment que l'on frappe, disant, "Heurtoir, dis, 'le Professeur Lockhart sera avec vous dans un moment'." Il examina le miroir sur l'intérieur de sa porte, qui montrait ce que les yeux du Heurtoir voyaient.
Il ne put s'empêcher de rire face à l'expression abattue d'Harry Potter. Cela avait été absolument hilarant de se payer la tête du garçon juste avant son cours de Botanique. En tant que farce, cela faisait surement partie des toutes meilleures.
Il avait cru qu'Harry allait se faire éclater des vaisseaux lorsqu'il avait dit, 'Je t'ai donné le goût de la publicité, c'est bien ça?' Et la façon dont les yeux s'étaient écarquillés lorsqu'il avait dit, 'Tu as déjà une vague réputation chez certaines personnes, n'est-ce pas?'
Et puis… et puis… le coup de Colin Crivey! Une autre ligne fantastique! 'Le jour viendra peut-être où, comme moi, tu auras besoin d'avoir toujours des photos dans ta poche, mais je crois que tu n'en es pas encore là, ajouta-t-il avec un petit rire entendu.' Le pauvre Harry avait paru sur le point de faire un infarctus! Et son visage était aussi rouge que les cheveux de Ron. Harry/Gilderoy en avait ri à s'en rouler par terre lorsqu'il était retourné dans son bureau. Bonté divine, c'était vraiment trop facile.
Et ensuite, lorsqu'il avait été dans la salle de classe, via le sortilège d'écoute qu'il avait placé sur les robes du Survivant, il avait entendu Ron dire, 'Tu ferais mieux d'espérer que Crivey ne rencontre pas Ginny, ou ils risquent de commencer un fan club d'Harry Potter'. Ha! Il avait oublié cette pépite. Voilà qui était une vraie opportunité! Quelques mots à quelques-uns des Première Année les plus impressionnables, et Tada! Il pourrait même se porter volontaire pour être le garant de ce petit club. Le potentiel d'hilarité était astronomique!
Il ajouta quelques notes à sa liste et mit ensuite le rouleau dans le tiroir de son bureau. Il se leva et alla ouvrir la porte, un large sourire sur son visage. "Et voici notre chenapan!" dit-il. "Entre, Harry, entre... "
"Tu n'as qu'à écrire les enveloppes!" dit Lockhart à Harry, comme s'il lui faisait une faveur exceptionnelle, pointant du doigt une boîte pleine d'enveloppes sur son bureau, près d'une énorme pile de photos. "La première est pour Gladys Gourdenièze, l'une de mes plus ferventes admiratrices."
Le temps fila pour Lockhart. Il s'assura de parler doucement, comme s'il offrait de véritables conseils au garçon, disant des choses qui semblaient ridicules et auxquelles seuls des amateurs auraient prêté attention, "La renommée est une amie bien peu fidèle, Harry," "La célébrité ne peut donner que ce qu'elle a, ne l'oublie jamais," "L'important n'est pas ce que tu connais mais qui," et "Soigne toujours ton entrée."
Mais pour le professionnel, qui savait qu'il était toujours sur scène, il s'agissait d'information d'importance vitale. Harry réaliserait graduellement que les conseils qu'il tournait en dérision aujourd'hui étaient en fait essentiels à tous politicien, homme d'affaire ou idole sportif accomplis. Si vous agissiez avec assurance, les gens assumaient que vous saviez ce que vous faisiez et vous faisaient confiance, même si vous étiez en réalité complètement perdu quand à ce qu'il se passait réellement! Et les gens vous observaient toujours lorsque vous étiez une personnalité importante ou populaire.
Après quelques heures, il posa le tas de courrier fini dans une boîte, et déplaça les photos et enveloppes inutilisées dans une autre. "Cela suffira pour l'instant," dit-il.
Harry le regarda avec des yeux vitreux.
"Maintenant que la partie 'amusante' est finie, nous avons des affaires sérieuses à discuter." Malheureusement, Harry avait découvert que Lockhart appréciait véritablement signer ses livres et autographes. C'était apaisant et relaxant pour lui. Harry profitait de ces opportunités pour réfléchir à d'autres choses tout en laissant sa part Gilderoy en autopilote.
Harry/Gilderoy s'appuya contre le dossier de sa chaise et observa l'étudiant épuisé secouer légèrement ses doigts tendus.
"Je suis très sérieux, Harry, tu ne peux pas laisser ta renommée te ballotter ainsi, telle une feuille prise dans un courant d'air. J'ai réalisé lorsque j'étais étudiant ici à Poudlard qu'il est nécessaire de prendre le contrôle de son destin, ou il tournera toujours ta vie en enfer. Et je serai plus qu'heureux de t'aider à naviguer ses eaux traitresses, car il n'est que trop aisé pour la célébrité d'échapper à ta prise et te laisser comme un ringard, un inconnu. Il faut travailler à être célèbre."
Le garçon plissa le nez face à lui. Le professeur pouvait imaginer ce qu'il pensait comme s'il lisait son esprit. 'Mais qu'est-ce que raconte cet abruti?'
Il se pencha, saisit et plaça une pile de fins livres sur le bureau. "Sais-tu ce dont il s'agit, Harry?" demanda-t-il doucement.
Le garçon leur accorda un bref regard et eut une expression écœurée. "Ces… fraudes."
"Précisément, mon garçon, précisément," dit Gilderoy. "Et réalises-tu que les éditeurs et auteurs de ces livres s'enrichissent sur ton dos?" Le garçon leva les yeux vers lui, étonné. "C'est vrai, ils ont volé ton nom, ton visage, ta renommée, et ils en gagnent de l'argent à tour de bras." Le garçon fronça les sourcils. "Et tout en racontant des mensonges sur toi à un public crédule."
"Bien sûr, il est acceptable d'exagérer tes actions de temps en temps, tout le monde s'y attend. Mais décrire de la pure fantaisie comme étant la vérité? Ça ne fera que te retomber dessus un jour de la pire façon possible.
"Combien de fois as-tu croisé quelqu'un qui t'a dit, 'Oh, j'ai lu tous les livres des aventures d'Harry Potter, ça doit être génial de vivre dans un château. Est-ce que tu as vraiment un dragon apprivoisé?'
"Ou pire, laisser des choses être connues comme des faits lorsque tu sais que ce sont des mensonges, comme ce qui s'est produit le 31 Octobre 1981."
Le sorcier vit Harry se raidir. "Il y a des livres d'Histoire – Histoire de la Magie Moderne, Grandeur et Décadence de la Magie Noire, et Les Grands Évènements de la Sorcellerie au XXe siècle, pour en nommer juste trois – qui prétende rapporter ce qui s'est produit cette fameuse nuit. Toi et moi savons que ce ne sont que des mensonges. Personne vivant ne sait ce qu'il s'est vraiment produit cette nuit-là.
"D'après les indices et les résidus de sorts, nous pouvons établir des hypothèses quant à la suite d'évènements, mais ce qui a véritablement été dit et ce qu'il s'est vraiment passé? Personne ne le sait. Personne non plus ne sait ce qu'a été ta vie après cet incident. Et pourtant, ces livres…" ll fit un signe de la main vers la pile sur le bureau, "… affirment tous raconter la vérité sans embellissements. Selon ces… fraudes, tu aurais grandi avait une famille d'adoption aimante, avec des frères aînés et des petites sœurs d'adoption qui t'adoraient tous, dans un château dissimulé dans un endroit sûr où tu as vécu de nombreuses aventures, parce que tu es juste ce genre d'enfants qui ne peut pas s'empêcher de vivre de folles escapades. Et ce n'est qu'un ramassis de mensonges, n'est-ce pas?"
L'homme secoua sa tête tristement, "Mais les jeunes sorciers et sorcières, les enfants, ils y croient vraiment. Ils pensent que tu es riche. Ils pensent que tu es gâté pourri. Ils pensent que tu as une famille d'adoption aimante qui est à l'écoute du moindre de tes souhaits. Et lorsque tu n'es pas à la hauteur de leurs attentes, ils te haïssent pour avoir trahi leurs attentes. Tout ce que tu dis ou fais révèle que tu ne sais rien du monde des Sorciers, de nos traditions, de notre histoire. Ils prennent ça comme une indication que tu connais ces choses-là, mais que tu es trop arrogant pour y prêter attention! Tu ne connais vraiment pas ces choses, mais il est plus facile pour eux de croire que tu t'en fiches. Sinon, il leur faudrait admettre que ces livres sont un tissu de mensonges – et personne n'aime admettre s'être fait avoir par un mensonge, car cela les fait paraître idiots."
Le garçon paraissait de plus en plus stupéfait à chaque phrase.
"Et les éditeurs continuent de nourrir cette image que tu t'en fiches en publiant chaque année des livres qui leur disent que leur héros, le Survivant, est toujours un héros, alors qu'en vérité tu es juste un étudiant qui essaye de tirer le meilleur d'une mauvaise situation."
Harry se redressa et cligna des yeux à répétition.
"Et la raison pour laquelle ils font ça est parce que tu les as laissé voler ton nom et ton image, et fabriquer ces histoires fantaisistes. Tu n'as rien fait pour dire, 'Mais ces livres sont un ramassis de mensonges.'"
Les sourcils du garçon se haussèrent.
Mais avant qu'il ne puisse dire un mot, le professeur continua. "Je sais, je sais ce que tu vas dire, mais voilà le problème. En ne leur disant rien, en ne te plaignant pas de ce qu'ils ont fait, tu leur as donné ton accord tacite de continuer à faire ce qu'ils font. En ne leur en parlant pas, tu leur as donné la permission de continuer à raconter des mensonges sur toi, de continuer à vendre des poupées à ton effigie, de continuer à te voler de l'argent. Et même si tu peux penser que l'argent n'est pas important, étant donné la grande richesse de ta famille, en ne faisant rien tu donnes l'impression qu'il est parfaitement normal pour eux de continuer à mentir à ton sujet et de te voler!
"Bien sûr, je sais que tes tuteurs ont été quelques peu laxistes à ce sujet, que les avocats de ta famille ont ignoré le problème, mais cela n'excuse pas l'année dernière. L'année dernière, tu aurais eu amplement le temps de dire à tout le monde que ces livres n'étaient que des mensonges, et pu commencer à rectifier ce qu'ils croient. Tu aurais eu amplement le temps de contacter les éditeurs et de leur dire d'arrêter. Et tu ne l'as pas fait. Que tu n'aies pas su que tu devais le faire n'est pas une excuse qu'ils seront prêts à accepter.
"D'ailleurs, savais-tu qu'ils ont publié trois livres, trois, à propos de ta première année à Poudlard? Et pas un seul d'entre eux ne s'approche de ce qui s'est réellement passé, à part que tu sois le plus jeune Attrapeur depuis un siècle. Et encore, ils décrivent ça comme si tu gagnais les matchs à toi tout seul, pendant que tes coéquipiers t'encouragent depuis leurs balais.
"Et en ne disant rien, tu laisses les gens penser que tu es un vantard arrogant avec des illusions de perfection et de grandeur."
Il marqua un temps d'arrêt et laissa Harry réfléchir à cela. Lockhart pouvait voir le garçon devenir de plus en plus en colère. Et le plus en colère il devenait, le plus facile il serait pour Gilderoy de faire ce qui était nécessaire. Et il avait surprenamment manqué les références de Gilderoy à la fortune de sa famille. Le professeur décida de laisser cela de côté pour l'instant.
"Et je parie que tu penses, 'mais qu'est-ce que je peux faire à ce sujet? Je suis juste un enfant!'
"Hé bien, Harry, ce que je te propose est de laisser mon cabinet d'avocat – Tondeur, Truand et Cogneur (1) – s'occuper de ça pour toi."
(1) "Fleecem, Cheatem and Beatem" chaque mot est une forme contractée pour donner l'impression de noms de famille comme il est courant d'en trouver pour les cabinets d'avocats. Cela veut littéralement dire "Tond-les, Escroque-les et Cogne-les". J'aime bien les 'noms' que j'ai mis mais vous pouvez en suggérer d'autres si vous voulez! Il semble que ce soit aussi un nom souvent utilisé (variant parfois) dans des films, séries, jeux vidéo et livres (par exemple Forest Gump, Prison Break ou Les Sims pour ne citer qu'eux).
Naturellement, en entendant le nom du cabinet, les sourcils d'Harry disparurent à nouveau derrière sa frange. Lockhart dut réprimer un sourire et prétendit ne pas avoir remarqué sa réaction incrédule. Les sorciers, dans de telles situations, ne se rendaient compte de rien et faisaient même preuve de naïveté. La majorité n'aurait pas même tiqué à ce nom.
Il n'allait pas mentionner que ce cabinet lui appartenait. Il l'avait créé le mois précédent et avait engagé des requins triés sur le volet.
"Ce qu'ils feront, sans aucuns frais pour toi, est de poursuivre ces scélérats et de leur faire payer les royalties qu'ils auraient dû te payer tout ce temps. Je réalise bien que tu te fiches de cet argent – si tu te préoccupais de cela tu ne porterais pas ces affreux habits moldus et t'habillerais comme un gentleman. Tu devrais au moins t'habiller d'une façon qui ne suggère pas un romanichel sans-abri s'étant accidentellement égaré dans le château."
Il prétendit ne pas remarquer la rougeur qui colorait le visage du garçon.
"C'est l'une des raisons pour lesquelles les gens ne te prennent pas au sérieux, et pourquoi les Serpentards te tournent en dérision. Si tu ne te prends pas toi-même au sérieux, pourquoi eux le devraient? Ils pensent que tu les insultes en ignorant leur traditions vestimentaires, alors ils s'énervent contre toi parce que tu t'habilles comme un sans-abri."
Harry parut surpris à cette idée. Et il y avait de quoi. D'ici à ce que le Harry du futur apprenne cette leçon, cela avait été bien trop tard pour être utile. Il avait été bien trop occupé à éviter les groupes de Rafleurs, les mitraillages moldus et les raids aériens.
"Bon, maintenant, puisqu'ils savent que tu es riche, beaucoup de gens seront outrés que tu oses t'attaquer aux livres que tous, et je veux bien tous, les enfants magiques possèdent. Pour lutter contre ça, pour contrôler l'opinion je veux dire, je suggère que tu mettes en place une fondation qui utilisera les fonds que tu récupèreras de ces crapules pour fournir aux Nés-Moldus, et aux Sang-Mêlés et Sang-Purs défavorisés du matériel scolaire adéquat.
"Tu sais," dit-il d'une ton cajoleur, "afin qu'ils n'aient pas à utiliser de vieilles affaires ou des baguettes cassées ou défectueuses, afin qu'ils puissent se procurer des livres qui ne tombent pas en morceaux dus à leur âge." Il s'arrêta, couvrit sa bouche et dit "*tousse* *tousse* Ron et Ginny Weasley *tousse* *tousse*" Il laissa retomber sa main et s'éclaircit la gorge, "Désolé pour ça, j'avais un chat dans la gorge."
Harry le fixait, sous le choc.
"Si c'est une bourse d'une fondation, ce n'est pas de la charité après tout, pas vrai? Particulièrement si elle aide un grand nombre de personnes, n'est-ce pas?
"Enfin bref, il y aura une évaluation des revenus dans le processus. Nous ne voudrions pas que de riches snobs comme M. Malfoy, qui peut aisément se payer une baguette, s'attendent à en avoir une gratuite.
"Et, si les fonds sont suffisants – en utilisant seulement les intérêts, pas les capitaux, bien sûr – la Fondation remplacera ces vieux balais décrépis que Poudlard utilise pour enseigner le vol aux Première Année. Ainsi, les futurs étudiants pourront éviter des accidents tels qu'il est survenu pour le pauvre M. Londubat l'an dernier.
"Donc, tu rendrais un immense service à la communauté magique, à tes amis, en faisant ça. Et cela montrerait que tu n'es pas quelqu'un à prendre à la légère. S'ils te contrarient, il y aura des conséquences.
"Et juste soulager toutes inquiétudes que tu pourrais avoir à ce sujet, je serai, moi-même, parmi le Conseil d'Administration de la Fondation Lily Potter pour m'assurer que les fonds soient utilisés dans les buts cités et pas pour remplir les poches de l'un ou l'autre riche Sang-Pur."
Harry releva soudain la tête lorsqu'il entendit le nom de la Fondation.
L'obséquieux professeur eut un sourire entendu. "Oui, cela serait une excellente façon d'honorer la mémoire de ta mère et de garder son nom vivant au sein du monde magique. Et avec seulement une faible quantité d'efforts de ta part. De plus, comme je le disais, cela ne te coûtera pas la moindre Noise. Le cabinet d'avocats prendra ses frais des sommes collectées. Normalement, ces frais légaux peuvent varier de trente à cinquante pourcents, mais pour la Fondation Lily Potter dont j'ai parlé, j'ai convaincu les avocats de descendre à un simple vingt pourcents."
Il sortit un parchemin de sa poche. "Si tu pouvais juste signer ici," il pointa le bas du parchemin, "Ils pourraient commencer immédiatement."
Harry jeta un coup d'œil à la plume qui lui était tendue puis regarda à nouveau Lockhart, le front plissé.
Le professeur se pencha en avant et dit, doucement et sincèrement, "Harry, je te jure sur ma magie que ce que fera cette Fondation te rendra fier." Il regardait le garçon droit dans les yeux, projetant sa sincérité.
"Moi, Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, Troisième Classe, Membre Honoraire de la Ligue de Défense Contre les Forces du Mal, cinq fois lauréat du prix du Sourire le plus Charmeur de Sorcière Hebdo, et ton professeur adoré de Défense Contre les Forces du Mal te promets que ce n'est ni une plaisanterie ni une arnaque, que la Fondation Lily Potter fonctionnera exactement telle que je l'ai promis. Elle fournira aux étudiants dans le besoin les outils qu'il leur faut pour réussir à Poudlard.
"Le contrat ici présent spécifie même que ma compensation en tant que membre du Conseil d'Administration ne dépassera jamais un Gallion par an, et qu'aucun des autres membres ne gagnera plus de 100 Gallions;" Il n'avait pas besoin d'argent, le prestige et l'accès à d'autres riches entrepreneurs le paieraient bien assez pour son temps au Conseil. Sans compter le fait qu'il gagnait une commission d'un pourcent sur chaque Gallion gagné par son cabinet de mécréants et tout nouvel arrangement de licence.
Harry prit la plume avec hésitation et griffonna sa signature au bas du parchemin.
Le professeur prit la plume et signa juste en-dessous du nom d'Harry.
"Excellent, Harry," Gilderoy ronronna pratiquement de satisfaction. Ensuite, il lui tendit un petit couteau en argent. "Utilise-le juste pour te piquer le pouce et laisse tomber quelques gouttes de ton sang sur ta signature."
Avec des mouvements lents, observant le professeur du coin de l'œil, Harry fit comme demandé.
Le professeur agita sa baguette et la coupure sur le doigt d'Harry disparut comme si elle n'avait jamais existé. Harry posa le couteau sur le bureau.
Lockhart prit le couteau et se piqua le pouce, laissant goutter son sang.
Lorsque la troisième goutte toucha le parchemin, Gilderoy eut un large sourire. Une copie du contrat venait juste d'apparaître magiquement dans le bureau du cabinet d'avocats; ils commenceraient première chose au matin.
Lockhart soupira de contentement, rayonnant joyeusement, tandis qu'il roulait le parchemin. "Je te promets, Harry, tu seras étonné de la sympathie que cela génèrera sur le long terme. Les gens parleront de la Fondation Lily Potter et de ce qu'elle fait pendant des générations après toi et moi." Il tapota le rouleau de sa baguette et en donna la nouvelle copie au garçon. "Laisse ton amie, Mlle Granger, jeter un coup d'œil à ce contrat," dit-il en laissant tomber sa copie dans un petit tube à Hibou de Gringotts et en en scellant chaque bout. Il le lança dans la boîte avec le reste du courrier partant. "Je suis sûr qu'elle trouvera cela fascinant. Et elle sera d'accord que je te traite justement. Comme si moi," déclara-t-il dramatiquement, "Moi, j'allais tomber suffisamment bas pour essayer d'entraver la carrière prometteuse que tu as devant toi. Pourquoi ferai-je ça," demanda-t-il de façon rhétorique, "lorsque, en t'aidant, je peux prouver à tout le monde quel fantastique mentor je suis?" Il prit une pose héroïque, avec une main sur sa hanche qui tenait en arrière sa cape d'apparat et en pointant l'index de son autre main à hauteur d'yeux pendant un moment. Puis il se relâcha.
"D'ailleurs, juste au cas où tu changerai d'avis, il y a une clause d'annulation de dix jours avant que le contrat ne devienne permanent. Si tu as la moindre question, n'hésites pas à venir me trouver n'importe quand. Je serai toujours prêt à t'aider à atteindre tes aspirations." Gilderoy rayonna fièrement en direction du garçon et avait hâte de pouvoir montrer à Harry comment gérer sa célébrité.
Harry observa et écouta en silence, réfléchissant clairement à ce qui venait juste de se passer. Ils restèrent assis en silence pendant une minute, tous deux contemplant le futur, mais pour des raisons très différentes, et des buts tout aussi différents. Lockhart savait que le contrat ne valait pas le parchemin sur lequel il était écrit, mais il leur offrait en revanche de solides fondations. De plus, il savait que la seule personne qui pourrait objecter à ce contrat ne le ferait pas puisque cela le révèlerait comme étant le tuteur illégal du garçon. Et en l'absence de contestations, le contrat tiendrait.
"Il y a une chose de plus, Harry."
Le garçon leva les yeux avec curiosité.
"Photos et autographes," dit le sorcier.
Harry grogna.
"Ecoute-moi jusqu'au bout, Harry. Cela pourrait grandement te faciliter la vie ici à Poudlard sur le long terme."
Le garçon soupira dramatiquement et croisa les bras en se rasseyant dans sa chaise.
"Colin Creepy…" (2)
(2) 'Creepy' = flippant, effrayant, repoussant (Creepy ressemble beaucoup à Creevy, soit Creevey en anglais)
Harry haussa à nouveau les sourcils.
"… va réellement te suivre partout. Je connais son genre, vraiment. Il va prendre des photos de toi tout le temps. Que tu le veuilles ou non. C'est ton tout premier paparazzi personnel." Il s'arrêta un moment, perdu dans ses souvenirs. "Ça me ramène au tout début de ma carrière, lorsque j'ai réalisé que j'avais mon premier vrai fan." Il soupira théâtralement.
Harry leva les yeux au ciel.
"M. Creepy est un gentil garçon, vraiment, mais il est tel un pitbull. Une fois qu'il est après toi, il ne s'arrête jamais. Tout ce que tu peux faire est d'établir des limites. Ça m'a pris quelques années pour réaliser cette petite astuce, je peux te le dire!" Il sourit d'un air de conspirateur vers Harry.
Harry soupira encore.
C'était amusant qu'Harry ne se demande même pas comment Gilderoy savait tout ça sur un étudiant qu'il venait tout juste de rencontrer.
"Tu peux soit le menacer soit travailler avec lui. Le premier fera que tout le monde te détestera pour avoir été méchant avec un des Première Année. Le second peut faire une énorme différence en te faisant paraître comme le gentil.
"Voilà comment ça marche. Dis-lui de te retrouver après le dîner Samedi prochain, dis-lui d'amener suffisamment de pellicule. L'excitation lui en fera avoir des vertiges, mais fais-lui promettre de n'en parler à personne, qui que ce soit, ou alors tout le monde viendrait et interfèrerait avec ce que tu as prévu.
"Lorsque vous êtes tous les deux là, passe un marché avec lui. Tu feras de lui ton photographe officiel. Une fois par mois, vous vous retrouverez tous les deux et prendrez des photos de toi dans le château. Une fois par mois, vous passerez en revue ces photos ensemble. Il doit te donner une copie de chaque photo qu'il prend, et vous choisirez ensemble quelles photos vous pouvez vendre."
Harry se redressa brusquement avec un air ahuri, sa bouche s'ouvrant pour protester.
"Attends," le professeur leva un doigt.
Avec un air rebel, Harry se renfonça dans sa chaise.
"En échange, M. Creepy acceptera de ne pas prendre de photos de toi partout où tu vas, et de ne plus jamais te déranger!"
Harry semblait faire une plutôt bonne imitation de poisson rouge – yeux écarquillés et bouche grande ouverte.
"Et de cette façon, tu contrôles ce que les gens voient! Je te garantie qu'il doit déjà avoir des gens lui demandant des photos de toi. Et tu ne veux vraiment pas que chaque photo qu'il prenne soit disponible pour tout le monde dans le Château. Je suis sûr que les Serpentards feraient la queue par douzaines pour acheter des photos de toi te curant le nez, te grattant les fesses ou tombant tête la première après que quelqu'un t'ait fait un croche-patte."
Harry avait l'air alarmé.
"Alors, tu fixes un prix de six Noises pour chaque photo, et il doit faire cinquante-cinquante avec toi. Et si quelqu'un t'amène une photo et veut que tu la signes, fais-lui payer deux Mornilles."
"Deux Mornilles!"
Le garçon risquait d'avoir un contrecoup émotionnel s'il ne prenait pas garde.
"Oui, deux Mornilles. Cela permet plusieurs choses. Premièrement, cela garde des centaines d'étudiants de te submerger, chaque jour, parce qu'ils veulent que tu signes la photo qu'ils viennent juste d'acheter.
"Lorsque tes amis demandent pourquoi tu fais payer les autographes, dis-leur que c'est pour garder les abrutis loin de toi, puisque seul quelqu'un de sérieux sera prêt à payer deux Mornilles pour ton autographe. De plus, tu peux utiliser des photos dédicacées comme récompense pour quelques personnes choisies. Savoir que tu leur donnes quelque chose gratuitement que les gens doivent normalement payer en augmentera la valeur à leurs yeux.
"Mais à tous les autres tu diras que c'est, 'Pour acheter de nouveaux Balais de Quidditch pour les Maisons.'"
Harry le fixa d'un air stupéfait.
"C'est bien ça, tu utiliseras l'argent gagné avec ces photos et ces autographes pour t'assurer que toutes les équipes, pas juste les Serpentards, aient des balais modernes. Cela n'importera plus qu'une équipe ait de meilleurs balais qu'une autre puisqu'elles auront toutes les mêmes balais!"
Harry resta assis, pensif.
"Tu vois comment ça marche, n'est-ce pas? Tu contrôles les photos que les gens voient. Rien d'embarrassant, rien qui puisse être scandaleux. Tu n'as plus à t'inquiéter que des fans à la recherche de photos de toi ne te suivent partout – ils iront tous trouver M. Creepy s'ils veulent de vraies photos. Si quelqu'un veut vraiment ton autographe, alors il doit acheter les photos autorisées de M. Crivey parce que tu ne signeras que les photos prises par M. Crivey. Cela réduira le nombre de personnes prenant des photos de toi subrepticement.
"Et lorsque quelqu'un grommelle d'avoir à payer pour un autographe, rappelle-lui que tu ne fais pas d'argent avec ça, que tout l'argent de ta part va pour une bonne cause – de nouveaux balais de Quidditch. Et comment quelqu'un pourrait te haïr pour ça? Et ça fait de toi un type bien!"
Lockhart se rassit. "Dans tous les cas, prends le temps d'y réfléchir. Si tu es malin, tu le feras. Sinon, tu risques de découvrir un jour que quelqu'un vendait des photos de toi prenant une douche dans la salle de bain." Ce qui était réellement arrivé au Harry de l'autre ligne temporelle. Il avait été extrêmement embarrassé de découvrir la photo de la taille d'un poster. Il l'avait trouvée vers la fin de la guerre, parmi les restes en ruines de la maison démolie d'une sorcière inconnue, sur le mur d'une chambre. C'était assez scandaleux, même selon les standards Moldus, en vérité, et avait été pris dans le vestiaire de Quidditch quelque part durant sa Sixième Année, lorsqu'il avait été Capitaine de l'équipe.
Harry le dévisagea avec horreur. Lockhart haussa un sourcil et hocha lentement la tête.
"Alors, penses-y.
"Si tu décides de suivre ce plan," Gilderoy ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit un rouleau, "voici le contrat que je t'ai suggéré d'utiliser." Il le donna à Harry.
"Et c'est presque le couvre-feu, alors dehors canaille!" Lockhart fit des gestes pour lui faire signe de déguerpir. Harry se leva et avança d'un pas vacillant vers la porte, tenant les contrats et fronçant les sourcils.
Après que la porte se soit fermée, Lockhart poussa un profond soupir. C'était plus difficile qu'il ne s'y était attendu. Mais tout cela était vital afin de garder les pieds du garçon sur terre et pour survivre aux troubles que le professeur savait allaient venir. Les quelques soirs suivants, il expliquerait au garçon, pendant qu'ils écriraient les lettres et signeraient les autographes, les attentes sociales variées que le monde des sorciers avaient pour le Chef d'une Maison. Il enseignerait au garçon comment naviguer les eaux infestées de requins qu'étaient les soi-disantes Maisons de Sang-Pur – Gilderoy avait peut-être été un idiot opportuniste, mais il connaissait parfaitement les règles de la Haute Société Magique.
Le combat physique, comme l'avait appris Harry, n'était qu'une infime partie d'une guerre. Avec les bons encouragements et de la diplomatie, un tacticien doué pouvait empêcher certaine batailles entièrement, et sauver d'innombrables vies ce faisant.
Il tira sa liste de tâches à faire, et la relut une fois de plus, transférant deux points accomplis sur un parchemin noté "Fait".
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Tâches à accomplir en tant que Professeur à Poudlard
Premièrement, améliorer le niveau actuel des étudiants en DCFM de pathétique à un minimum convenable. Et atteindre la gloire d'avoir été le meilleur professeur de DCFM ayant existé!
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Gilderoy essayait tout le temps de modifier l'ordre de ces deux points. Il ne semblait pas comprendre que la gloire suivrait naturellement l'autre sans aucun effort supplémentaire.
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Deuxièmement, Partie A, détruire l'amitié entre Ron et Harry aussi subtilement que possible.
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A l'exception de leur dernière année, Ron s'était retourné contre lui chaque année qu'ils avaient passé à Poudlard. Sa jalousie et ses sautes d'humeur avaient ultimement conduit à la destruction du Monde Magique. Sans parler de l'enfer qu'il avait fait vivre à Hermione année après année, à commencer par leur première année avec ses rabaissements constants et ses commentaires désobligeants et incessants jusqu'à ce qu'il les laisse tomber.
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Deuxièmement, Partie D, Fan Club d'Harry Potter – Ginny, Luna? – Colin pour commencer
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Un fan club d'Harry Potter distrairait Ron.
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Troisièmement, attraper le rat et rétablir la justice pour son Parrain. Utiliser sa position auprès du grand public pour s'assurer que le Ministère n'enterre pas l'histoire. Peut-être écrire un livre centré sur le rat.
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'Et, non accessoirement, engranger de magnifiques gros titres et encore plus de renommée,' chuchota la partie Gilderoy.
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Quatrièmement, aider Neville à gagner confiance en lui afin qu'il devienne le grand sorcier qu'il est capable d'être.
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'Et s'assurer au moins un inébranlable supporter Sang-Pur dans le cas où il aurait jamais besoin de l'aide d'une Ancienne et Noble famille distinguée,' ajouta Gilderoy
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Cinquièmement, Luna Lovegood. S'assurer que les harceleurs n'aient pas la moindre chance.
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Son point de vue excentrique lui avait sauvé la vie plus d'une fois lorsqu'ils étaient en cavale. Il lui devait beaucoup.
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Sixièmement, récupérer le Diadème de Serdaigle dans la Pièce Va-et-Vient, et détruire le fragment d'âme qu'il contient. (Feudeymon?)
Septièmement, récupérer le Médaillon de Serpentard au Square Grimmaurd (dépend de quand Sirius est libéré). (Feudeymon?)
Huitièmement, détruire le Journal et tuer le Basilic dans la Chambre des Secrets, et sauver Ginny Weasley. VOILA qui serait définitivement un livre qu'il publierait. Acquérir des Larmes de Phénix juste au cas où! Garder un œil attentif sur Ginny. Peut-être récupérer la Carte auprès des jumeaux?
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'Et compter ses gains sur le dépeçage du Basilic, le venin à lui seul vaut des dizaines de milliers de Gallions," intervint Gilderoy.
Il lui faudrait attendre pour ça, et laisser l'année s'écouler comme elle l'avait fait auparavant. Après tout, bien qu'il ait su ce qu'était le monstre et où il se trouvait, parler le Fourchelang était un secret qu'il voulait garder aussi longtemps que possible. Publiquement, il dépendait d'Harry pour cela.
L'argent du Basilique couvrirait aisément les frais de Soigneur Psychique de Ginny après coup, et empêcherait les souffrances qu'elle avait endurées après coup dans la précédente ligne temporelle, ce que les Moldus appelaient Syndrome de Stress Post-traumatique. Avant cela, ses mains étaient liées.
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Neuvièmement, récupérer l'Anneau des Gaunt et le détruire. (Utiliser obligatoirement du venin de Basilic pour ça)
Dixièmement, récupérer la Coupe de Poufsouffle et la détruire, ou avoir les Gobelins le faire pour moi.
Onzièmement, retirer TOUS les os de la famille Jedusor du cimetière et les remplacer par quelque chose – peut-être par ceux d'écureuils écrasés ou des restes d'Acromantules? Voyons comment il rallie les Sang-Purs alors qu'il ressemble à une araignée!
Douzièmement, trouver et tuer Nagini? Est-elle déjà un Horcruxe?
Treizièmement que faire de la portion de Jedusor se trouvant dans Harry?
Quatorzièmement, se débarrasser, avec extrême préjudice, de Malfoy et de tous les autres Mangemorts, dans et hors Azkaban. Les priver de leur pouvoir et fortune, qui ont joué une grande part dans le contrôle du Ministère et dans de nombreuses vies ruinées. Sans compter amputer la base financière de Voldepute. (3)
(3) 'Voldewhore': whore voulant dire truie/prostituée (c'est fou le nombre d'insulte sur le nom de Voldemort)
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'Non, récupère leur fortune et achète une maison sur la plage sur ta propre île privée,' ajouta Gilderoy. 'Et trouver moult damoiselles avec qui s'envoyer en l'air. Sinistra semble un bon départ.' Non, attends, c'était seulement sur la liste de Lockhart!
Le passage en revue de la liste s'interrompit abruptement à cause de quelques sérieuses turbulences internes. Harry n'était toujours pas habitué à interagir avec des femmes adultes de la façon dont Gilderoy le voulait.
T/N: BONNE A NEZ! A non, mince, c'est pas ça… BONNE ANNEE!
J'espère que cet chapitre vous fait (ou fera) autant rire que ça a été le cas pour moi! Il est 18h24 le 31/12, je viens de finir de traduire ce chapitre d'une traite pour essayer d'en avoir un de plus pour fêter la nouvelle année avec vous!
T/N 2: Merci, encore et toujours, à Harry-Sterek-1968 pour sa relecture attentive et du report de mes fautes!
