Disclaimer : Je ne suispas une femme, je ne suis pas riche ni n'ai jamais publié de livres. Suis-je J. K. Rowling? Même si l'avis de Schrödinger sur la question serait intéressant, la réponse est non. Cette fanfiction n'est pas non plus mon idée mais une traduction de 'Amalgum – Lockhart's Folly' (/11913447/) de tkepner. Merci à lui de me permettre de traduire ses textes!
Les reviews sont très appréciées mais ne sont bien sûr pas obligatoires.
T/N: Je ne le dis pas assez souvent, mais un grand merci à tous mes reviewers. Je ne réponds pas toujours, mais je lis tous vos commentaires et réactions.
Je remercie la sollicitude de ceux s'étant inquiétés pour moi récemment. J'ai eu certains problèmes avec mes études, particulièrement stressants, mais tout devrait bientôt être réglé, bien que je ne sois pas sûr si cela sera dans le bon sens. Je verrai bien.
Le premier weekend arriva et Lockhart fut tenté d'empêcher les Serpentards de prendre le terrain aux Gryffondors. Puis il réalisa que c'était l'opportunité parfaite pour approfondir le fossé qui se créait entre Ron et Harry. Donc, tôt ce Samedi matin, il rendit visite à Hagrid, chiquement vêtu et portant des robes du mauve le plus pâle, expliquant joyeusement comment garder des kelpies hors d'un puits, comment Hagrid pouvait lui demander conseil quand il le voulait, et comment il avait repoussé une banshee. Il voulait maintenir l'illusion que Gilderoy était un parfait abruti pendant encore un moment.
Après avoir entendu Oliver remettre en question la présence de Colin dans les gradins de Quidditch à travers le sortilège d'écoute sur Harry, Lockhart se pressa de s'y diriger, utilisant un sortilège Caché-en-Pleine-Vue au cas où il arriverait trop tôt. Son timing était de toute beauté, il arriva juste lorsque Ron commença à cracher des limaces et rata l'insulte sur Hermione. Il permit à son sortilège Caché-en-Pleine-Vue de se dissiper lentement tandis qu'il s'approchait.
"On ferait mieux de l'amener chez Hagrid, c'est plus près," dit Harry à Hermione, qui acquiesça bravement, et le duo tira Ron sur ses pieds.
"Que se passe-t-il donc ici," interrompit Lockhart, rayonnant de son sourire le plus brillant vers les deux équipes. "Est-ce que je viens de voir cet idiot se lancer un sort à lui-même?" Les Serpentards, essayant de paraître sombres devant le Professeur, éclatèrent encore de rire. L'équipe de Gryffondor, toujours en colère, faisait néanmoins de son mieux pour serrer les dents et éviter de rire à la situation de Ron, en particulier ses frères.
"Nous allions justement emmener Ron chez Hagrid pour voir s'il peut l'aider avec… ça," expliqua Hermione.
"Pas besoin de ça, absolument nul besoin! Moi, le grand Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, Troisième Classe, Membre Honoraire de la Ligue de Défense Contre les Forces du Mal, cinq fois lauréat du prix du Sourire le plus Charmeur de Sorcière Hebdo, et Professeur de Défense Contre les Forces du Mal favori de Poudlard, peux m'occuper de cela sans aucun problème, vraiment! C'est exactement dans mon champ d'expertise!"
Tandis que Gilderoy se penchait plus près et prétendait étudier le jeune homme, Ron, malgré les limaces qu'il crachait, avait un air paniqué dans les yeux. Harry paraissait presque aussi paniqué que l'était Ron, mais Hermione paraissait être ravie.
Lockhart observa finalement la baguette brisée de Ron, qui crachait toujours de petites étincelles. "Oh ciel," dit le Professeur. "Si c'est la baguette que vous avez utilisée, je pense que je ferai mieux de vous accompagner chez Madame Pomfresh. Il est impossible de dire quel sort vous a vraiment touché. Votre… baguette… a pu dysfonctionner et modifier le sort de façon substantielle. Et comme toute sorcière vous le dira, une baguette défectueuse est un sérieux problème. Vous devriez toujours garder votre baguette bien polie et en parfait état de fonctionnement, n'est-ce pas mesdemoiselles?"
Les sorcières présentes rougirent toutes tout en hochant la tête en assentiment. Ron avait pu rougir lui aussi, mais sa foire à la limace avait déjà tourné son visage si rouge que c'était difficile à dire. Les sorciers éclatèrent tous de rire, à l'exception d'Harry qui parut simplement perplexe.
Le Professeur se redressa. "Naturellement, je pourrais m'en occuper moi-même. Mais il est de règle à Poudlard d'emmener un élève voir le Soigneur de l'école dans une telle situation. Et je ne voudrai pas violer une telle règle, après tout, n'est-ce pas?" Il jeta un coup d'œil aux élèves, attendant les hochements de têtes qui approuveraient qu'il ne devrait pas faire ça. "Quel genre de professionnel serai-je si je faisais cela devant des étudiants? Même nous, Professeurs, avons des règles auxquelles nous devons obéir, vous savez." Il sourit et haussa un sourcil, comme s'il se confiait à des amis.
Hermione eût l'air déchiré entre suivre les règles, et la conduite d'un Professeur, et vouloir aider immédiatement son ami qui avait essayé, et échoué, à la défendre si chevaleresquement.
Gilderoy prit le bras de Ron d'Harry, les empêchant de partir avant que Lockhart ne soit prêt.
Il jeta un coup d'œil à Colin Crivey et sourit, tournant habilement Ron de façon à ce que sur toutes photos, il paraîtrait aider le pauvre enfant.
"A présent que nous avons réglé ça, pourquoi ne retourneriez-vous pas à votre match amical?"
"Quoi?" dit Oliver. "Nous avions réservé le terrain pour nous entraîner ce matin et maintenant ces Serpentards essayent de nous le voler!" Les autres membres de l'équipe hochèrent tous la tête à cela.
"Nous avons un mot du Professeur Rogue disant que nous pouvons utiliser le terrain pour entraîner notre nouvel Attrapeur et nous habituer à nos nouveaux balais!" déclara Flint, son équipe hochant également leurs têtes derrière lui. Il agita le mot.
Le sourire de Lockhart s'élargit encore plus. "Voyons, je ne vois pas le moindre problème alors." Les deux équipes le regardèrent comme s'il avait perdu la tête.
"Je suis sûr que vos deux équipes," il tourna son sourire radieux vers eux tout en plaçant une main sur sa cuisse et en prenant une pose et en maintenant sa prise sur le bras de Ron de l'autre, "ont besoin de s'entraîner maintenant que les vacances sont finies. Même les équipes professionnelles passent quelques semaines à juste revoir leurs anciennes tactiques, à travailler sur leurs difficultés, et à retrouver leur meilleur forme avant d'essayer quoi que ce soit de nouveau au début de leurs saisons," dit-il, encore une fois comme s'il leur confiait un secret.
"En fait," dit-il gaiement, "je pense qu'un match d'entraînement serait parfait. Quelle meilleure façon d'échapper au marasme de l'été qu'un bon vieux match amical!"
Il ignora les regards mauvais que chaque équipe lançait à l'autre tandis que les capitaines se fusillaient des yeux, horrifiés par l'idée de coopérer.
"Oui, voilà qui est juste parfait!" dit-il. Il attendit un moment. "Hé bien, qu'attendez-vous donc?" Il fit des gestes comme s'il leur disait 'déguerpissez!' "Allez-y! Gryffondor peut prendre ces buts," il pointa sur sa gauche. "Et Serpentard, ceux-ci," il pointa sur sa droite. "C'est parti. Je n'ai aucun doute que vous passerez tous un fabuleux moment!"
Aucune des équipes n'était heureuse de sa proposition, mais décidèrent qu'il valait mieux ne pas objecter. Moins d'une minute plus tard, les deux équipes étaient sur leurs balais et dans les airs.
Cela aurait été hilarant de rester et de regarder les deux équipes essayer de se réduire en charpie sans arbitre pour les arrêter, mais il savait qu'aucun vrai problème ne surviendrait. Les Serpentards nécessiteraient des semaines d'entraînement avant de complètement s'habituer à leurs nouveaux balais, déstabilisant leur timing et leur précision. Ils passeraient plus de temps aujourd'hui à éviter de s'écraser dans les gradins et de se rentrer dedans entre eux plutôt que d'essayer de frapper l'équipe adverse. Et ces mêmes difficultés de maniement garderaient les Serpentards protégés des Gryffondors – ils ne seraient jamais là où les Gryffondors s'attendaient à ce qu'ils soient. Tout accident serait juste cela. Et très probablement auto-infligé.
Hermione commença à les suivre lorsqu'Harry/Gilderoy commença à traîner Ron pour aller voir Madame Pomfresh. Il comptait utiliser la plus longue route possible, bien sûr, tout en marchant aussi lentement qu'il pouvait sans que cela ne soit trop évident.
"Ah, Mlle Granger!" dit-il par-dessus son épaule, lui décochant un sourire brillant qui montrait sa dentition parfaite. "Vous pouvez rester ici. Votre inquiétude pour votre camarade est tout à votre honneur, même s'il ne la mérite pas. Je vous assure que M. Weasley se trouve en sûreté entre mes mains. Je le déposerai chez Madame Pomfresh sain et sauf, je vous le promets.
"Si vous ne souhaitez pas regarder jouer votre petit-ami, M. Potter, pourquoi n'iriez-vous pas visiter Hagrid?" Elle rougit à nouveau à son insinuation sur sa relation avec Harry. "J'étais justement à sa cabane, lui parlant d'une excitante histoire de mon livre Bivouac avec une Banshee, il semblait des plus intéressés. C'est une personne si aimable et il m'a dit qu'il avait si hâte de vous voir vous et M. Potter ce matin." Elle s'arrêta, semblant incertaine, et il lui fit signe d'aller vers les gradins de Quidditch. "M. Weasley vous rejoindra en un rien de temps, j'en suis sûr!" dit-il en se dirigeant avec lui vers le Château.
Aussitôt qu'ils furent à l'intérieur, il lança subrepticement un sort qui renforça le sort de limace. Il rendait temporairement le garçon imperméable aux sorts de soin de faible puissance, rendant le travail de Madame Pomfresh bien plus difficile. Connaissant la femme aussi bien, Gilderoy savait que Ron ne sortirait pas de l'Infirmerie avant le déjeuner au plus tôt. Il se pourrait même qu'il ne sorte pas avant la fin du dîner ce soir-là.
Puis il conjura un seau pour le garçon, "Nous ne voudrions pas vexer M. Rusard, n'est-ce pas?" Et tout en paraissant plein de sollicitude pour la condition du garçon, il fit en fait de son mieux pour retarder leur arrivée à l'Infirmerie. Les escaliers étaient, fait amusant, particulièrement coopératifs à cet égard – ils passèrent par le troisième étage au moins quatre fois.
Sur le chemin, il dit, "Quel couple charmant feraient M. Potter et Mlle Granger, ne pensez-vous pas?" Quelle farce absolument magnifique, de poser des questions à une victime pendant que celle-ci ne pouvait pas répondre. Les parents dentistes d'Hermione auraient été fiers de lui.
"Elle est si intelligente, elle semble faite pour lui, ne pensez-vous pas? De plus, elle deviendra assez belle d'ici quelques années et, contrairement à vous, M. Potter peut aisément se permettre de lui acheter tout ce qu'elle mérite. C'est une lectrice avide, de ce que l'on m'a dit, et il est assez riche." Il marqua un temps d'arrêt, et puis continua comme s'il venait juste d'y penser, "Après tout, il pourrait même lui acheter une bibliothèque toute entière si elle le voulait, et cela n'entamerait même pas sa fortune! Et sa garde-robe! Ha! Il pourrait la vêtir de la soie la plus fine d'Acromantule rien qu'avec son argent de poche quotidien."
Ron fit un son étranglé, mais Gilderoy n'était pas sûr de si cela était dû à son commentaire ou à une limace particulièrement grosse. Pas que ce fut important.
"Et il fait preuve de tant de retenue, à garder ses notes juste un peu au-dessus des vôtres lorsqu'il pourrait aisément les surpasser, tout comme elle. Je peux voir ce genre de chose, vous savez. Chercher des monstres de par le monde vous offre la capacité de mesurer précisément les gens que vous rencontrez. Vous devez être d'excellents amis, n'est-ce pas?"
Il y eût de nouveau ce bruit si particulier. Peut-être pas d'aussi excellents amis qu'ils ne l'avaient été cinq minutes plus tôt.
"Mais je me demande cependant pourquoi il ne vous a pas offert de vous acheter une nouvelle baguette, compte tenu de sa richesse. Il pourrait faire de cela un cadeau de Noël en avance." Ils gravirent quelques marches en silence, mis à part pour les régurgitations de limaces de Ron. "C'est ce que je ferai si j'étais votre meilleur ami," dit Gilderoy. "Les meilleurs amis s'achètent des cadeaux pour Noël, et pour chaque noise que vous avez en argent de poche, Harry doit en avoir dix fois le nombre – non, une centaine de fois – en gallions! Avez-vous réalisé cela? Il pourrait vous acheter une baguette sans regretter les gallions investis, pas plus que vous ne regretteriez une noise utilisée pour acheter un bonbon. Mais je suis sûr que ça vous est égal, pas vrai? Vous êtes juste ce genre d'ami, jamais jaloux ou contrarié que votre ami ait tellement plus d'argent et de célébrité que vous n'en aurez jamais. Vous êtes un si bon ami pour être parfaitement heureux de vous tenir dans son ombre, sachant que vous n'aurez jamais autant de facilité que lui. Oui, quand on est aussi connu que M. Potter, les choses vont juste naturellement de la façon dont il le voudrait sans même qu'il ait à s'en donner la peine. Les gens l'abreuveront d'attention, de cadeaux, et d'opportunités simplement parce qu'il est Harry Potter. Enfin, avec sa renommée, je suis sûr qu'il pourrait obtenir la position d'Attrapeur pour les Canons de Chudley sans même avoir à passer une session de qualification, comme vous auriez à le faire. Imaginez juste ce que vous feriez si vous aviez ce qu'il a!"
Ouep, c'était sûr, Ron essayait de dire quelque chose mais les limaces sortaient trop vite. Et à en croire l'expression de ses yeux, il n'avait rien de poli à dire.
"A moins que," et là, Gilderoy/Harry s'arrêta. Il avait eu une idée de génie! "A moins que vous ne soyez l'un de ces sorciers qui apprécient secrètement la douleur et le fait d'être humilié." Il fixa le garçon d'un air innocent. "Croyez-vous qu'il vous laisse passer du temps avec lui pour qu'il puisse paraître meilleur parce que vous êtes si pathétique pour lancer des sorts et étudier? Ce serait le summum de l'humiliation, n'est-ce pas? Pour ceux qui apprécient ce genre de choses, il est vrai que ce serait la relation parfaite!"
Ron paraissait horrifié à cette idée, laissant échapper un "Non!" éperdu alors même qu'il crachait une autre limace.
Le sorcier ignora le déni frénétique du garçon. "Voyons, n'ayez crainte, mon jeune sorcier, votre secret est en sécurité avec moi! Je n'oserai pas même rêver de répandre de telles rumeurs." Ils reprirent leur marche.
Ron parvint à dire, "je ne suis…," avant qu'une nouvelle fournée de limace ne jaillisse.
"Cependant," continua Gilderoy/Harry, ignorant allègrement les protestations difficiles de Ron, "il me faudra toucher un mot au Directeur et à votre Directrice de Maison quant à vos préférences afin qu'ils puissent garder un œil sur vous. Nous ne voudrions pas que ces petits jeux d'humiliation et de douleur n'aillent trop loin et ne nuisent à votre santé physique de façon permanente!"
Ron avait l'air tout bonnement désespéré, "Non! Non!" Et il fut encore une fois interrompu par un geyser de limaces.
"Excellent, je suis si soulagé que vous soyez d'accord."
Les portes de l'Infirmerie arrivaient finalement en vue. "Ah, et nous y voici," dit Harry/Gilderoy, guidant le garçon malade, avec son seau pratiquement plein de limaces, à travers les portes. "Madame Pomfresh," appela-t-il d'une voix bruyante et joviale, "nous avons besoin de votre assistance."
Tandis que la sorcière se pressait dans leur direction, le sorcier se tourna vers le garçon et ajouta, d'une voix forte, "Vous devriez vraiment songer à vous confier à vos deux seuls amis. Je suis sûr qu'ils comprendraient vos besoins uniques. Si vous voulez, je peux même aborder le sujet avec eux afin qu'ils puissent maintenir des niveaux d'humiliation optimaux sans vous laisser insatisfaits."
"Ron donna l'impression qu'il pourrait s'évanouir à tout instant.
Harry savait que Madame Pomfresh haïssait avec passion les gens qui lui disaient comment faire son travail, ce qu'il se mit bien sûr à faire. Elle chassa ce Professeur irritant, et de toute évidence inutile, hors de son Infirmerie en moins d'une minute. Le Charme qu'il esquiva de sa part lorsqu'il atteignit les portes était sûrement un accident. Elle était une Soigneuse, après tout.
Dimanche, le dernier jour de retenue d'Harry, et après une soirée éreintante à rédiger des enveloppes et écouter son Professeur de DCFM discuter de ses livres, entrecoupé de conseils sur comment conter fleurette aux sorcières, en particulier une certaine je-sais-tout aux cheveux broussailleux, Harry entendit une voix, une voix à en couper le souffle, empli d'un venin à en glacer le sang.
§Viens… Viens à moi… que je te déchire…que je t'écorche… que je te tue…§
"Quoi?" dit l'élève à voix haute.
"Je sais!" dit Lockhart. "Six mois consécutifs en tête de la liste des best-sellers! Record battu!"
"Non," dit Harry, affolé. "Cette voix!"
"Pardon?" dit Lockhart, prétendant être déconcerté. "Quelle voix?"
"Cette… cette voix qui disait que… Vous ne l'avez pas entendue?"
Lockhart regarda Harry d'un air absolument stupéfait.
"De quoi parles-tu, Harry? Tu es peut-être en train de t'endormir un petit peu? Nom d'un best-seller! (1) Regarde un peu l'heure! Nous avons été ici pendant près de quatre heures! Je ne l'aurais jamais cru. Le temps a filé à une vitesse, n'est-ce pas?"
(1) L'expression anglaise ici est 'Great Scott!", basiquement l'équivalent de 'Sapristi!' ou de "Non d'un chien!" Mais je me suis dit que la version Lockhart du livre français était plus amusante!
Gilderoy soupira lorsque la porte se referma derrière Harry, se massant les tempes avec lassitude. Maintenant, le jeu allait pouvoir réellement commencer.
Le petit-déjeuner Lundi matin fut une autre victoire pour Lockhart. Il n'avait pas prévu de réaliser cette tâche en particulier avant bien plus tard, mais lorsqu'une opportunité se présente… Et savoir qu'il aidait Neville aussi tôt aidait à amoindrir sa culpabilité à avoir vu le garçon mourir en protégeant une famille de Nés-Moldus, leur donnant le temps de s'échapper après avoir détruit l'Horcruxe de la Coupe de Poufsouffle.
"Par Merlin, Hermione! Cette année va être affreuse," dit le compacteur d'ordures humain. "Avec tout ce travail supplémentaire de cet abruti de professeur de DCFM, en plus de ce qui vient s'ajouter pour tous les autres cours, je pense que je vais me retrouver dans la section des épuisements magiques de l'Infirmerie avant la fin de l'année," se plaignit Ron tandis qu'ils entraient dans la Grande Salle devant plusieurs Serpentards.
"En fait, ce n'est pas si difficile, Ron," le tança Hermione. "Tout ce que le Professeur Lockhart nous a dit de faire est de relire un livre que nous avons tous lu l'année dernière.
"Nous avons un fantastique professeur du nom de Professeur Lockhart. Un professeur avec une vaste expérience du terrain, et plus que volontaire pour partager ces connaissances avec nous. Tu devrais observer et apprendre d'Harry. Il s'en sort assez brillamment et gagne des points pour notre Maison au lieu d'en perdre comme tu le fais." Elle ne vit pas le visage du rouquin s'assombrir à cette comparaison lorsqu'elle se tourna vers son autre meilleur ami. "D'ailleurs, Harry, tu as vraiment de bons résultats. Tu devrais faire pareil dans les autres matières."
"Heu, hmm," dit Harry avec éloquence. "Merci, Hermione. Mais DCFM est facile pour moi. Tout comme la Botanique l'est pour Neville. Je peux pas me comparer à lui, c'est vraiment un génie dans ce sujet," dit Harry lorsqu'ils approchèrent de la table des Gryffondors.
Harry n'avait pas encore repris l'habitude d'être à Poudlard. Si ça avait été le cas, alors il aurait remarqué les Serpentards qui les suivaient, les écoutant attentivement. Et aussi qui étaient ces Serpentards.
"Qu'est-ce que je viens d'entendre?" dit Malfoy d'une voix forte, attirant l'attention de tous ceux présents dans la Grande Salle. "Potty pense que Neville est un génie? Sûrement, Potter, tu te rends compte que Neville est un Cracmol qui ne peut même pas utiliser de la magie de base! Considérer Londubat bon dans quelque chose est une sérieuse insulte. Il est la honte du nom des Londubat." Les deux balourds qui l'accompagnaient, Crabbe et Goyle, ricanèrent à cela, tandis que Pansy Parkinson gloussait derrière sa main.
Gilderoy chercha Neville des yeux. Il était arrivé avant les autres Gryffondors et mangeait. Neville avait sa fourchette à mi-chemin de sa bouche. Alors que Lockhart observait, et que le reste du réfectoire riait, Neville se leva, étant clairement sur le point de sortir de la pièce.
"Cela vous ferait du bien de savoir tenir votre langue, jeune M. Malfoy," dit Lockhart sévèrement, approchant depuis sa position près des portes. Il avait été en train d'attendre qu'Harry et ses amis arrivent pour faire sa propre entrée. Il était trop bien habillé pour une telle occasion, comme d'habitude, portant des vêtements coordonnés dans les tons mauves. "Dix points en moins pour avoir dérangé le petit-déjeuner et dix autres pour répandre des mensonges sur un autre étudiant. Maintenant, allez vous asseoir à votre table et mangez votre petit-déjeuner. Plus vite que ça."
"J'objecte, Professeur Lockhart," dit un préfet de Serpentard, Charlus Gamp. "C'est Potter qui répand des sornettes à propos des prouesses magiques de Londubat. Tout le monde sait qu'il n'est à peine plus qu'un Cracmol. Il est injuste de déduire des points à notre Maison. M. Potter est celui que vous devriez discipliner pour cela."
Cette déclaration fut accompagnée d'un chœur d'approbations venant de la table des Serpentards, et bientôt, certains Serdaigles et Poufsouffles se joignirent à eux.
Les points de Maison gagnés honnêtement par le biais d'un travail supérieur ne devraient pas être perdus par des actes aussi simples, c'était le sentiment général. C'était déjà assez mauvais que le Professeur Rogue tende à s'en prendre aux Gryffondors, ils ne voulaient pas d'un autre professeur qui mette encore plus en l'air le système.
Neville avait déjà atteint le bout de la table, ses larmes à peine contenues, sa tête baissée de honte et son dos courbé en défaite.
"Un instant, M. Londubat." Lockhart se déplaça en direction de Neville et le saisit par l'épaule.
"S'il vous plaît monsieur, stop. Je ne pourrai pas en supporter plus," supplia Neville.
Lockhart pressa doucement l'épaule du Gryffondor. "Tout va bien Neville," dit-il gentiment. "Ils peuvent penser ce qu'ils veulent. Mais ce n'est pas vrai."
"Pas vrai? Je suis l'élève le plus pathétique que l'école ait jamais vu. Je ne peux rien faire." pleura Neville. Les élèves à proximité hochèrent tous la tête en assentiment. Malfoy souriait d'un air satisfait.
"Neville, écoute-moi, tu as tort. Tu ne connais pas ta propre force." Lockhart guida doucement le garçon vers le côté des portes, érigeant subtilement un sortilège insonorisant. "Dis-moi Neville, quel est l'utilité d'une jeune pousse?"
"D'une jeune pousse monsieur? Elle vient juste de sortir de sa phase de graine. Très peu sont utilisables au stade de jeunes pousses, mais si on leur permet de grandir, elles peuvent devenir des herbes, des buissons ou des arbres où ils seront plus utiles," répondit Neville avec fatigue.
"Exactement. Tous ces élèves pré-BUSEs sont au stade de jeunes pousses. Certaines grandissent plus vite que d'autres, d'autres pourront être plus utiles, mais ils restent tous simplement ça, de jeunes pousses. Lorsqu'on leur permet de grandir, ces pousses deviendront des plantes précieuses, chacune unique mais définitivement utile. De ce que je peux voir, M. Londubat, vous deviendrez un arbre gigantesque, qui fournira ombre et abri, fruits et fleurs, et profitera d'un haut niveau de vie. Ne prenez pas ce que les autres disent de vous à cœur. Vous êtes bien plus capable que ce que vous pensez."
"Vous le pensez vraiment, monsieur?" demanda Neville, le désespoir pleinement apparent dans son ton.
"Bien sûr," répondit doucement Lockhart. Il retourna l'enfant vers la Grande Salle. "Vous voudriez une petite démonstration? Fermez vos yeux et imaginez ceci. Vous, votre père, et votre mère, faisant un pique-nique dans une roseraie."
Neville se figea immédiatement et leva les yeux vers lui avec une expression qui n'était pas sans rappeler celle d'un lapin pris dans les phares d'une voiture. "Détends-toi mon garçon. Je sais que c'est dur pour toi, mais un peu d'imagination ne devrait pas faire de mal, pas vrai?" dit Gilderoy/Harry avec autant de confiance qu'il le pouvait. "Maintenant, imagine-toi en train de rire et de jouer à chat avec ton père, et ta mère qui te regarde tendrement. Peux-tu faire ça? Ferme les yeux, ça pourrait t'aider."
Neville hocha lentement la tête. Frictionnant doucement le dos du garçon, Harry/Gilderoy dit à voix basse, "Maintenant, regarde attentivement ta mère. Elle t'aime tellement. Tu peux le voir dans ses yeux, la façon dont ses cheveux sont agités par la brise et la façon dont son sourire te réchauffe de l'intérieur. L'expression de ses yeux lorsqu'elle voit que son petit garçon est quelqu'un qui a grandi pour devenir si fort, tu es ce qu'elle a de plus précieux. Maintenant, regarde-la ouvrir les bras, t'invitant à un câlin. La joie en elle est telle la chaleur qui irradie du soleil." Neville, yeux à présent clos, bougeait comme s'il était en transe, imaginant chacune de ces choses tandis que Gilderoy le guidait à nouveau vers la table des Gryffondors, le garçon ne remarquant qu'à peine qu'il se déplaçait. Les autres élèves les regardaient alors qu'ils revenaient, se demandant ce que le Professeur pouvait bien dire qu'ils n'entendaient pas, les plus jeunes ne réalisant pas qu'Harry/Gilderoy avait lancé un léger sortilège d'insonorisation pour cacher ses mots.
"Maintenant, regarde ton père. Il est l'homme le plus fort du monde entier. Il irradie force et confiance. Approche-toi d'eux et serre-les dans tes bras, Neville. Serre-les fort. Dis-leur que tu les aimes, Neville. Dis-le, avec chaque syllabe montrant combien tu les aimes et veux qu'ils soient avec toi. Dis-le, Neville, dis-le." Neville était subjugué par la vision et des larmes coulaient librement de ses yeux, et pourtant son visage avait l'expression la plus sereine que personne n'ait jamais vue. Certains étaient envieux. Ses lèvres bougèrent lorsqu'il dit tout doucement, "Je vous aime." Merlin soit loué, le sort de silence brouillait aussi le mouvement des lèvres, sinon ceux capables de lire sur les lèvres s'en seraient donnés à cœur joie, pensant que Neville parlait à Lockhart!
"Ressens cet amour affluer à travers tout ton corps, jusque dans tes jambes, jusque dans tes bras, même le bout de tes doigts picote de ce sentiment d'amour."
Lockhart tapota lentement l'épaule de Neville pour lui faire ouvrir les yeux, et de la même voix apaisante, il dit, "Tiens, prends ceci," et il lui donna une baguette de treize pouces de long, faite de bois de cerisier et de crin de licorne. Subrepticement, il annula le sortilège d'insonorisation.
"Maintenant, lève ta baguette et imagine que cet amour afflue jusque dans ton bras et par ta main, tel le flot tranquille de l'eau. A présent dit, Expecto Patronum."
Les lèvres de Neville bougèrent silencieusement lorsqu'il dit, "Expecto Patronum." Le bout de la baguette s'illumina légèrement.
"Excellent, Neville, excellent. Maintenant, dis-le fort, dis-le à haute voix, rends ton père et ta mère fiers de ton amour et de ta confiance alors que tu le dis."
Neville, toujours dans cet état de béatitude, fit exactement ce que son Professeur lui demandait. Une lumière blanche jaillit de la baguette de Neville, éblouissant le réfectoire tout entier. La lumière se modela jusqu'à prendre la forme d'un beagle, qui regarda tout autour de la pièce, cherchant une menace. N'en voyant pas, il commença à gambader autour des pieds de Neville qui le fixait, souriant euphoriquement à cette manifestation visible de son amour pour ses parents. Tandis que tout le monde clignait encore des yeux à la forte lueur, Gilderoy retira doucement la baguette de la main de Neville et la remit de côté dans sa cape, avec les autres.
Tout le monde était sous le choc. Lentement, la lumière s'estompa et la magnifique créature disparut.
"Maintenant, M. Gamp, de quoi s'agissait-il?" demanda Lockhart, se tournant vers le préfet stupéfait, et tirant l'audience hors de sa stupeur.
"Ça, ça monsieur, c'était un Patronus complètement corporel." répondit Charlus avec difficultés.
"Excellent! Cinq points pour Serpentard. Maintenant que vous savez ce dont ce garçon a été capable, vous devriez aussi savoir que le Patronus est un sortilège extrêmement avancé. Laissez-moi aussi vous informer que quatre-vingt-dix-neuf pour cent des étudiants d'ASPICs échouent à en produire un, et même des sorciers hautement qualifiés peuvent ne parvenir qu'à conjurer une brume blanche." Il laissa le temps à sa déclaration d'être intégrée, et poursuivit, "Y a-t-il encore quelqu'un souhaitant dire que ce garçon, qui a accompli un tel phénomène, est autre chose qu'un puissant sorcier?"
Un silence de plomb tomba sur le réfectoire entier alors que tout le monde regardait Neville avec incrédulité. "Dix point pour vous, M. Londubat, pour cette excellente démonstration du Sortilège du Patronus."
Le Professeur de DCFM se tourna pour s'adresser aux élèves, "La magie est entièrement question d'intention et de volonté. Plus profonde est l'intention et plus puissante est la volonté, plus puissante la magie sera. Il s'agit de la nature même de la magie que de répondre à l'intention. C'était l'amour de M. Londubat qui a renforcé son intention, et a fait aujourd'hui de lui le plus jeune sorcier à être parvenu à produire un Patronus. Totalement. Corporel.
"Il y a onze ans, c'était l'amour profond de ses parents qui permit à un jeune bambin de vaincre le plus sombre tyran connu. C'est l'intention qui dirige la magie, et les émotions qui dirigent l'intention. Ce n'est pas la grandeur d'une simple personne, mais la grandeur de la magie.
"Sots sont ceux qui croient avoir atteint une connaissance en profondeur de la magie en ne lisant que des livres, mais échouent misérablement à la comprendre. Il a été prouvé de façon répété que la Magie n'est pas mesurable, elle ne peut être créée, mais seulement transformée d'une forme à une autre. Chacun de vous devra comprendre cela pour devenir véritablement un grand sorcier."
Les autres Professeurs fixaient à la fois Lockhart et Neville, stupéfaits par ce qu'ils venaient juste de voir et d'entendre.
Gilderoy/Harry se pencha en avant et dit doucement, "Allez vous asseoir avec M. Potter et Mlle Granger. Ignorez ce Ron, c'est un idiot."
Neville le regarda en fronçant légèrement les sourcils, mais les sentiments positifs amenés par le Patronus refusaient de se dissiper, et il se dépêcha de rejoindre la table des Gryffondors. Hermione commença très vite une inquisition sur comment il était parvenu à produire le Patronus tandis qu'Harry écoutait attentivement. Ron regardait sa baguette brisée et jetait des regards sombres aux trois autres.
Le Directeur Dumbledore avait décidé de manger dans son bureau ce matin-là, rattrapant du retard sur sa paperasse. En entendant ce qui s'était passé, il se jura d'être présent dans la Grande Salle à chaque repas. Comment cet escroc de Professeur était-il parvenu à faire en sorte que ce désastre ambulant qu'était Neville Londubat lance un Patronus?
Lockhart paraissait être un bouffon et un sorcier narcissique, mais à deux reprises, maintenant, il avait fait preuve de bien plus de compétence que ce que Dumbledore s'était attendu de sa part. Heureusement, il ne semblait que superficiellement intéressé par Harry. Il lui faudrait le surveiller de près, juste au cas où. Dumbledore ne voulait aucune interférence dans ses plans.
Plus tard, alors que Neville se dirigeait vers son premier cours, Hannah Abbott vint le rejoindre et lui dit, "Hé Neville, c'est très cool. Je, je n'avais jamais pensé que tu serais capable de faire quelque chose d'aussi fou." Elle marcha avec lui jusqu'à leur salle de classe, et s'assit même à côté de lui. Voir Neville rougir amusa Harry et Hermione, qui étaient assis sur son autre côté. Ron boudait.
Le reste de la matinée passa en un éclair pour Neville. Le travail de classe lui fournissait une distraction opportune. Mais entre les cours? Il ruminait. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il avait accompli. Il ne parvenait pas à comprendre ce qui s'était produit. Tous ceux des années supérieures disaient qu'il avait lancé un sort très compliqué que nombre de sorciers adultes ne pouvaient même pas rêver de lancer. Et maintenant, il était célèbre! Des gens étaient venus le voir tout le matin. Des gens qui l'avaient ignoré, ou même pris de haut, se battaient presque maintenant pour s'asseoir à côté de lui.
C'était lorsqu'il était sur le point d'aller déjeuner que cela le frappa. Les gens s'attendraient à de grandes choses de sa part. Tout comme chez lui, où sa grand-mère formulait continuellement sa déception en lui, pour ne pas avoir été à la hauteur de ses attentes. Et maintenant, cette déception visible le suivrait ici! Ses jambes flanchèrent, et il vacilla. Si quiconque le considérait comme un échec, il ne décevrait personne.
"Quelque chose ne va pas, M. Londubat?" intervint une voix derrière lui. C'était Susan Bones. D'autres s'assemblaient autour de lui. Il les regarda avec affolement. Il ne pouvait pas supporter de voir ces regards déçus ici, pas ici, comme il les voyait à la maison. Il lui fallait partir d'ici. Il se fraya un chemin à travers le cercle et commença à courir de toutes ses forces à travers le Château. Il courut et courut et courut jusqu'à ce qu'il ne puisse plus courir, et qu'il s'effondre près du lac. Son estomac et ses côtes lui faisaient mal d'avoir tant couru, et de la sueur coulait le long de son visage. Ses jambes semblaient être en feu. Il se haïssait. Il ne pouvait rien faire. Il était pathétique. Il resta juste étendu au sol, trop épuiser pour pleurer.
"Hé bien, M. Londubat, levez-vous!" Le professeur de DCFM se tenait au-dessus de lui. Il lui dit, "Alors vous avez décidé de retrouver la forme en courant? C'est bien. Mais courir en robes, ce n'est pas bon. Vous avez besoin de l'équipement adéquat. Tenez, permettez-moi." Le Professeur agita sa baguette et Neville se retrouva vêtu d'un t-shirt rouge et or seyant, d'un short, et de chaussures de course. Le Professeur, vit Neville, était habillé de la même façon, entièrement en nuances assorties de lilas.
"Voilà, maintenant vous pouvez courir." Lockhart commença à s'éloigner, mais revint. "C'est l'heure de mon jogging, rejoignez-moi et je vous apprendrai une chose ou deux. Allez, mon garçon." Le sorcier persuada le garçon de courir avec lui. Haletant pour chercher sa respiration, Neville parvenait à peine à marcher et laissa Lockhart le trainer autour du lac. Bientôt, il s'effondra encore.
"C'est votre première fois à courir, hein? Mais courir en t-shirt et short," dit Lockhart, "est bien mieux que de courir en robes, ne pensez-vous pas?"
Neville acquiesça, toujours haletant.
"D'une façon similaire, vous découvrirez qu'il est bien plus facile de concentrer votre magie avec une baguette qui vous convient plutôt que celle de votre père," dit Lockhart.
Neville parut horrifié. "Mais c'est la baguette de mon père, monsieur, je ne peux pas m'en séparer. Je ne le peux tout bonnement pas."
"Qui a dit que vous le devriez? Je ne vous demande pas de vous débarrasser de la baguette de votre père, M. Londubat… elle est importante pour vous. Gardez-la avec la baguette de votre mère à une place d'honneur.
"Vous découvrirez que les vêtements de votre père lorsqu'il avait vingt ans ne vous iront pas aujourd'hui, de même, la baguette de votre père ne vous convient pas."
"Non, monsieur, ça ne peut pas être possible." répondit hautainement Neville, imitant sa grand-mère.
"M. Londubat, votre grand-mère voit votre père en vous, mais souvenez-vous que vous êtes tout autant votre mère que vous n'êtes votre père. Votre grand-mère n'est pas parvenue à le voir. Vous devez accepter qu'il y a à la fois de votre mère et de votre père en vous. En n'utilisant que la baguette de votre père, vous vous montrez irrespectueux envers votre mère. Dites-moi, pourquoi n'utilisez-vous que la baguette de votre père et pas celle de votre mère? N'aimez-vous pas et ne respectez-vous pas votre mère?"
Neville paraissait stupéfait. "Je, je…" Neville déglutit difficilement et resta silencieux.
"Tenez, essayez celle-ci," Gilderoy tendit sa baguette au garçon.
Neville la fixa, yeux écarquillés. "Je ne pourrai jamais faire ça, c'est votre baguette!"
"Prenez-la."
Avec réticence, Neville prit la baguette et la tint comme si elle était faite de verre.
"Bien. Maintenant, lancez Wingardium Leviosa sur cette feuille." Lockhart la lui montra.
Le garçon s'exécuta, mais rien ne se produisit.
"Maintenant, essayez votre baguette," dit le sorcier en reprenant sa baguette.
La feuille, vacillante, s'éleva à peine d'un pouce dans les airs.
"Bien. Et à présent, essayez celle-ci," et il donna au garçon la même baguette qu'au matin.
La feuille s'éleva comme une flèche dans les airs et disparut.
Neville regarda un moment en l'air, puis la baguette dans sa main.
"Vous voyez, M. Londubat, combien des baguettes différentes fonctionnent différemment pour le même sorcier."
Neville acquiesça, les yeux ronds.
"Parlez-en à votre grand-mère. Dites-lui que vous avez lancé un Patronus avec une baguette, mais que vous parvenez à peine à lancer un Wingardium Leviosa sur une feuille avec la baguette de votre père. Dites-lui que moi, le grand Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, Troisième Classe, Membre Honoraire de la Ligue de Défense Contre les Forces du Mal, cinq fois lauréat du prix du Sourire le plus Charmeur de Sorcière Hebdo, et votre Professeur de Défense Contre les Forces du Mal préféré, vous ai dit qu'elle vous blesse activement en vous forçant à utiliser une baguette incompatible. Si elle refuse, faites-le moi savoir, je la convaincrai de son erreur."
Ils restèrent ainsi en silence pendant un moment.
"Bien," dit Gilderoy, se frottant les mains l'une contre l'autre, "je ne sais pas pour vous, mais cela m'a creusé l'appétit! Miksy!"
Un elfe de maison apparut. "Professeur Deux, Monsieur, avoir appelé Miksy?"
"Oui, un déjeuner rapide façon pique-nique s'il te plaît!"
"Miksy pouvoir faire ça, Monsieur." Elle disparut.
Plus tard cet après-midi-là, une chouette amena une lettre à la grand-mère de Neville, relatant les évènements du jour. Ce soir-là, des douzaines d'autres chouettes partirent à tire d'aile, relatant aussi les évènements du jour. Le premier de nombre de changements d'ordre cataclysmique que connaîtrait la scène politique des sorciers avait été lancé.
T/N: Je ne sais pas pour vous, mais cette scène avec Neville me touche beaucoup!
D'ailleurs, si ça vous intéresse, je vous invite à chercher ce qu'est la Sophrologie. Une sorte de technique d'auto-hypnose et de suggestion par la parole, comme le fait Harry/Gilderoy ici. Croyez-le ou non, mais cela est très efficace chez certains, et j'ai déjà eu l'occasion de faire découvrir cela à quelques personnes en me mettant à la place du sophrologue.
T/N 2: Je ne le dis jamais assez: un grand merci à Harry-Sterek-1968 pour sa correction de mes (trop nombreuses) erreurs et fautes d'ortographes!
